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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 13 mai 2026 25 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileÉducation & recherche

Macron au Kenya : le grand relooking de la Françafrique

Source d'origine 8 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 90 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:40PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron avait promis de refonder la relation entre la France et l'Afrique sur des bases plus équilibrées. »
  • 3:32InvitéFait
    « C'est un continent que je ne veux plus que la France regarde d'un côté comme étant un précaré, où les dirigeants d'entreprises auraient en quelque sorte tous les droits ou tous les contrats qui leur seraient garantis, parce que c'était l'Afrique francophone, où parfois certains considéraient que la France donnait une forme d'assurance garantie, quoi qu'il advienne, en étant là à faire ou défaire les gouvernements. »
  • 3:53InvitéFait
    « C'est fini. Depuis 2017, c'est terminé, cette époque. »
  • 4:44InvitéFait
    « C'est typique. Effectivement, il y a le style macronique typique, très paternaliste, qui peut être à la fois très mielleux, mais en même temps assez violent et agressif et éminemment méprisant. »
  • 5:22InvitéFait
    « Notamment, il mentionnait l'ancien sommet en 2021 à Montpellier, où il avait invité la société civile. »
  • 8:22InvitéFait
    « La France-Afrique, c'est un système de domination qui est fondé sur une alliance stratégique et asymétrique entre les élites françaises et une partie de leurs homologues africaines. »
  • 9:53PrésentateurFait
    « À l'Afrique de prendre son destin en main, avait-il ajouté, puisqu'il n'y a plus de politique africaine de la France. »
  • 10:56PrésentateurFait
    « le président Macron a estimé que l'Afrique avait oublié de dire merci. »
  • 17:49PrésentateurChiffre
    « 2.895 euros par an pour une inscription en licence contre 178 euros aujourd'hui. »
  • 18:05PrésentateurChiffre
    « 3.941 euros pour une année de master au lieu des 254 euros actuels. »
  • 18:28PrésentateurFait
    « le projet de décret de l'actuel ministre de l'enseignement supérieur, Philippe Baptiste, qui prévoit justement de rendre obligatoire cette augmentation de ces frais à destination des étudiants étrangers. »
  • 22:52PrésentateurFait
    « l'Union européenne est parvenue à se mettre d'accord pour sanctionner des colons extrémistes israéliens coupables de violence contre les Palestiniens et les Palestiniennes en Cisjordanie. »
  • 23:25PrésentateurFait
    « Elle vise également 12 responsables du Hamas ayant pris part aux attentats du 7 octobre en Israël. »
  • 24:11PrésentateurChiffre
    « un enfant palestinien est tué en moyenne chaque semaine depuis janvier 2025 en Cisjordanie occupée. »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Invité11 %
  • Invité 26 %
  • Locuteur 55 %
  • Locuteur 13 %
  • Locuteur 62 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le mardi 12 mai et Tintin est arrivé au Kenya. Oui, vous l'avez compris, Emmanuel Macron a foulé de sa sainte semelle le continent africain. Depuis hier, le président français est à Nairobi, au Kenya, à l'occasion d'un sommet franco-africain nommé Africa Forward. Sur le papier, sommet organisé par la France, disons-le, vise à, je cite, illustrer la richesse et le dynamisme des relations entre le continent africain et donc l'hexagone. Alors de bien vieilles relations, comme chacun le sait, particulièrement chargées d'histoire. Et d'ailleurs, à ce sujet, il n'y a rien qui vous fait tiquer dans ce que je viens de vous dire ?

Plutôt qu'il vous saute aux oreilles ? Bah oui, le Kenya, c'est l'Afrique anglophone. Et ce petit détail, il est loin d'être anodin. Bah oui, il en dit long quand même sur l'état des relations entre la France et ses anciennes colonies. Emmanuel Macron n'y est pas tout à fait en odeur de sainteté, particulièrement au Sahel, au Mali, au Burkina Faso et au Niger. La rupture avec la France est devenue à la fois politique, mais aussi militaire et puis très symbolique, évidemment.

Après près d'une décennie d'interventions contre des groupes djihadistes, Paris est désormais accusé par les régimes militaires au pouvoir, mais aussi par une partie croissante des populations, il faut le dire, d'avoir échoué à rétablir la sécurité, tout en maintenant une forme de tutelle héritée de la France-Afrique, évidemment. Les retraits successifs des forces françaises, les manifestations dites anti-françaises et le rapprochement assumé de ces États avec la Russie traduisent évidemment une bascule profonde dans les équilibres régionaux. Ce rejet de la France, il dépasse évidemment la seule question militaire.

Il exprime aussi une défiance envers l'influence politique, économique et diplomatique française. Évidemment, on l'a dit, le tableau ne s'arrête pas au Sahel. Sur une bonne partie de l'Afrique francophone, la France n'est plus dans la position confortable du partenaire naturel. L'époque où Paris pouvait s'appuyer sans trop d'efforts sur ses réseaux historiques et ses réflexes d'influence, elle est clairement derrière nous. Alors partout, la France tente de reconquérir une légitimité via des partenariats notamment économiques et culturels, tout en naviguant, comme elle le peut, dans les méandres de l'encombrant héritage colonial.

Emmanuel Macron avait promis de refonder la relation entre la France et l'Afrique sur des bases plus équilibrées. Mais son mandat coïncide finalement plutôt avec l'un des reculs les plus marquants de l'influence française depuis les indépendances. Alors si Emmanuel Macron choisit le Kenya pour son sommet, ce n'est donc pas qu'un hasard géographique ou un simple élargissement de partenariats. C'est finalement un aveu politique, celui d'une France qui n'arrive plus à faire fonctionner son modèle historique dans son ancien espace d'influence. Le rapport de force a clairement changé. L'Afrique francophone n'est plus le précaré de la France.

C'est pour ça qu'elle a décidé de mettre cap sur d'autres contrées anglophones, cette fois comme le Kenya. Et Macron s'est chargé, pour ne pas changer, de ripolliner la façade.

3:32
Invité

C'est un continent que je ne veux plus que la France regarde d'un côté comme étant un précaré, où les dirigeants d'entreprises auraient en quelque sorte tous les droits ou tous les contrats qui leur seraient garantis, parce que c'était l'Afrique francophone, où parfois certains considéraient que la France donnait une forme d'assurance garantie, quoi qu'il advienne, en étant là à faire ou défaire les gouvernements. C'est fini. Depuis 2017, c'est terminé, cette époque.

3:56
Présentateur

Entre la France et l'Afrique francophone, ce serait fini. La relation toxique de domination place à l'amour sincère et égalitaire grâce à Emmanuel Macron. Ça, c'est la fable qu'il nous raconte et dont il veut nous faire croire qu'elle est en place depuis son arrivée en 2017. Bien sûr. Et puis, quoi encore ? Hier, sur le plateau de Toujours Debout, mon collègue Cyril Lemba recevait Camille Le Safre, chargée de Campagne pour survie, une association qui lutte justement contre le néocolonialisme français en Afrique.

Et notre invitée, elle est revenue sur ce qu'elle estime au contraire être une vulgaire tentative de relooking, plutôt habituel d'ailleurs, de la relation entre la France et l'Afrique. Je cite qui demeure éminemment asymétrique et néocolonial. On l'écoute.

4:44
Invité

C'est typique. Effectivement, il y a le style macronique typique, très paternaliste, qui peut être à la fois très mielleux, mais en même temps assez violent et agressif et éminemment méprisant. Mais je pense que ce qui est intéressant, c'est de prendre un peu plus de recul et de ne pas uniquement se focaliser sur la personnalité de Macron qui s'est illustrée avec beaucoup de sorties, de propos qui ont été mal vécues par les autorités africaines. Notamment, il mentionnait l'ancien sommet en 2021 à Montpellier, où il avait invité la société civile. Et ça avait été assez mal vécu par pas mal d'autorités, de politiques africaines.

Au-delà de ça, le discours d'Emmanuel Macron, il incarne en fait tout ce qui s'est passé pendant la Ve République autour de cette question de la France-Afrique et donc des relations entre la France et l'Afrique, avec donc toujours ces annonces de rupture, de renouveau. À chaque fois qu'il y a des échéances institutionnelles, officielles autour de ces questions-là, on nous annonce la mort de la France-Afrique à chaque fois, comme si le fait de le répéter, ça allait donner une dimension de vérité à ces annonces-là. Et en fait, c'est juste tout ce qui s'est passé depuis les indépendances juridiques.

À chaque fois, on essaie de relooker, c'est une énième tentative de relooker ces relations qui demeurent éminemment asymétriques, néocoloniales.

6:10
Présentateur

Et d'ailleurs, Macron peut bien relooker ce qu'il veut, comme toujours avec lui, chasser le naturel. Il revient au galop. Hier, au premier jour du sommet au Kenya, ce ne sont pas ces grandes déclarations à la tribune qui ont fait le tour du monde, mais c'est cette intervention. Déjà ? Vous n'êtes pas attendu votre tour.

6:31
Invité

Excusez-moi, tout le monde. Hé ! Je suis désolée, les gars. Mais c'est impossible de parler de la culture, de avoir des gens comme ceux-là, super inspirés, qui viennent ici, faire un discours, avec ce type de bruit. Donc, c'est une total lack de respect. So, I suggest, if you want to have bilaterals or speak about somebody else, I mean something else, you have bilateral rooms or you go outside. If you want to stay here, we listen to the people. And we play the same game. Ok ? Thank you.

7:14
Présentateur

Le président français a jugé donc pertinent de monter sur scène, comme ça, là, pour faire la leçon au public, qu'il trouvait trop dissipé, vraisemblablement, un peu comme un prof, Brigitte, qui a dû lui apprendre ça. Alors, en plus, il ne s'est pas arrêté là, parce qu'il a remis ça un peu plus tard, alors qu'il devait, cette fois, officiellement prendre la parole. Là, on lui avait demandé quelque chose. Et en l'occurrence, il a refusé de commencer son allocution, tant que le silence n'était pas total dans l'assistance. Le silence fait généralement taire le bruit, a-t-il même lancé, avec un sourire, avant de finalement commencer son intervention.

Une intervention, donc, résolument paternaliste, qui a fait beaucoup réagir, notamment sur les réseaux sociaux. La députée de la France Insoumise, Daniel Obono, a commenté sur X. C'est plus fort que lui. Dès qu'il met le pied sur le continent africain, il ne peut pas s'empêcher de se comporter en colons. Et ce n'est pas notre invitée d'hier dans Toujours Debout, Camille Le Safre, qui l'a contredite.

8:19
Invité

La France-Afrique, c'est un système de domination qui est fondé sur une alliance stratégique et asymétrique entre les élites françaises et une partie de leurs homologues africaines. Donc, c'est vrai qu'il y a une convergence d'intérêts de classe entre les dirigeants. Mais on voit que le racisme et particulièrement la négrophobie fait que le naturel revient au galop très vite et que le mépris revient dans le cadre de ces relations-là. Et là, ça s'exprime en particulier envers le public africain. Et c'est vrai qu'on ne voit pas le président Emmanuel Macron offensé par d'autres sujets qui pourraient être un peu plus pris à bras-le-corps en ce moment.

Donc, notamment la guerre au Soudan, la situation en RDC. Il y avait beaucoup de thématiques aussi qui auraient pu être l'objet de l'indignation d'Emmanuel Macron à l'occasion de cet examen des relations entre la France et l'Afrique. Et ce n'est pas le cas, quoi. Mais on voit qu'il se sent chez lui et qu'il y a vraiment une naturalisation de cette présence du président français en terre africaine.

9:25
Présentateur

Et n'allez pas croire que nous avons affaire, là, à une banale erreur de communication ou à un vulgaire dérapage parce que le président français est tout à fait coutumier du fait. En 2017, déjà, le jeune président élu s'était fait remarquer lors de son premier déplacement au Burkina Faso. Alors, pourtant, là encore, il avait bien ripolliné la façade coloniale en déclarant que la France donneuse de leçons s'en était allée. À l'Afrique de prendre son destin en main, avait-il ajouté, puisqu'il n'y a plus de politique africaine de la France. Voilà, ça, c'était ses mots. Mais ses belles déclarations s'étaient très vite heurtées à ça.

10:06
Locuteur 9

Mais moi, je ne veux pas m'occuper de l'électricité dans les universités au Burkina Faso. C'est le travail, c'est le travail du président. Alors, par contre, alors, par contre, je vous rassure, du coup, il s'en va, reste là. Du coup, il est parti réparer la climatisation.

10:47
Présentateur

Bon, et puis, ça n'a jamais vraiment changé. Le 6 janvier 2025 encore, lors de la réception annuelle des ambassadrices et des ambassadeurs français à l'Élysée. Souvenez-vous, le président Macron a estimé que l'Afrique avait oublié de dire merci. Merci, en l'occurrence, à la France pour la lutte contre le terrorisme au Sahel. Encore une belle occasion de se taire, ratée, et de se mettre à dos. Surtout, une bonne partie du continent africain, qui n'a évidemment pas apprécié ses propos et les a jugés paternalistes et méprisants, encore une fois. Alors, à écouter Macron, la relation de la France avec l'Afrique n'est plus qu'amour et bon sentiment, on l'a dit.

Ce n'est pas vraiment nouveau, d'ailleurs, parce que d'autres avant lui ont tenté, cette ficelle un peu grossière quand même, pour pouvoir continuer, évidemment, à tirer profit du continent tout en effaçant la violence de la colonisation. C'est d'ailleurs ce que pointe le journaliste Thomas Deltombe dans Afrique 21. Il met en avant une longue tradition de discours politique français, cherchant à adoucir, voire à réécrire la mémoire coloniale, en mobilisant un imaginaire, justement, autour du métissage, des échanges humains ou des liens affectifs supposés entre les peuples.

Tout ça, évidemment, pour transformer une relation fondamentalement asymétrique en une belle histoire d'amour saine et égalitaire. Alors, bon, pour que ça passe, que la pilule passe, tout ceci repose évidemment sur un récit fantasmé du passé colonial où les relations entre les colonisateurs et les colonisés seraient de belles interactions humaines et culturelles et certainement pas des rapports de force, de domination, d'exploitation fondées sur la hiérarchisation raciale qui ont traumatisé des générations entières, forcément.

Alors, finalement, toutes ces histoires d'amour que racontent les dirigeants français comme Macron, c'est évidemment juste que de la poudre aux yeux pour ne rien changer à la relation initiale. Autrement dit, on ne change pas la structure de la relation, on ne répare pas ce qu'on a brisé, on continue d'ailleurs volontiers de dominer, mais on change juste la manière de la raconter, cette belle histoire, avec des petits cœurs partout autour pour que ça passe mieux. La France change bel et bien de vocabulaire, même de terrain en allant au Kenya, mais ce qu'il faut retenir, c'est que la France ne sort pas de sa relation de domination avec l'Afrique.

Elle la réorganise tout au plus et change de porte d'entrée. Derrière le discours énamouré sur les partenariats équilibrés, on retrouve évidemment les mêmes logiques de fond. On l'orne sur les ressources, sur l'implantation des entreprises françaises, la conquête de nouveaux marchés, notamment dans l'énergie, on le sait, mais aussi les infrastructures ou le numérique. Le vocabulaire, il change peut-être, mais pas la finalité. La recherche de domination et de profit, elle, elle reste intacte. Ce glissement géographique vers l'Afrique anglophone n'est pas une rupture, c'est simplement une adaptation, parce que quand l'ancien dispositif se grippe, la France, elle en cherche un autre.

Et dans cette recomposition, l'Afrique, elle continue d'être pensée moins comme un partenaire égal que comme un espace de projection économique et stratégique et de domination. Donc on l'a dit, la tendresse diplomatique n'est qu'un habillage. La mécanique, elle, elle reste intacte. Et on fait une petite pause avant de continuer avec le reste de l'actualité. Si vous aimez le récap, que vous avez envie qu'on discute ensemble, de connaître les coulisses de l'émission ou même de choisir et de proposer des sujets, je vous attends sur le canal de discussion Instagram. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'infos. Et puis vous le savez, sans vous, pas de récap, pas de médias non plus.

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Hier, le Parlement a définitivement adopté la proposition de loi renforçant l'accès aux soins palliatifs. Le texte a reçu un ultime feu vert du Sénat, trois mois après avoir été voté à l'unanimité par les députés. Son adoption définitive permettra la création de maisons d'accompagnement et de soins palliatifs. Ces structures intermédiaires, elles accueilleront des malades dont l'État n'est plus compatible avec le maintien à domicile, mais qui ne nécessitent pas encore une prise en charge lourde en unité de soins palliatifs, gérées par des organismes publics ou privés à but non lucratif. Elles pourront aussi permettre des séjours pour soulager provisoirement les proches aidants.

Concernant l'aide à mourir, les sénateurs ont été beaucoup plus divisés. Pour la seconde fois, le texte porté par le député Modem Olivier Falorni a été vidé de sa substance avec de nombreux amendements. Comme en première lecture, la droite menée par Retailleau s'est formellement opposée à l'article 2 du texte. C'est lui qui définit les contours d'une procédure d'aide à mourir et les situations auxquelles elle s'appliqueraient. Alors que 600 amendements sont encore à examiner jusqu'à demain, les divergences au Sénat semblent pour l'heure insurmontable, en tout cas pour une adoption rapide. Le gouvernement pourrait donc renvoyer le texte à l'Assemblée pour une adoption avant l'été.

Et pour ne rien manquer des enjeux qui entourent ce texte fortement débattu, on ne peut que vous conseiller de regarder le dernier épisode de notre émission Symptômes Critiques, menée par notre journaliste et Louise Nguyen-Von-Bajou, qui décortique justement les questions de santé.

17:01
Locuteur 1

Depuis les travaux de la Convention citoyenne sur la fin de vie de 2023, la question de la fin de vie et du « droit à mourir » s'impose en effet au cœur du débat public, notamment autour de la notion de dignité et de liberté. Le gouvernement a engagé un processus législatif visant à faire évoluer le cadre actuel de la loi Claes-Leonetti de 2016, jugée par tous insuffisante. Le texte, adopté en deuxième lecture à l'Assemblée après de nombreuses modifications, est désormais entre les mains du Sénat. Alors derrière cette nécessité d'évolution, des questions fondamentales demeurent. Comment concilier la liberté de mourir des patients et la protection des plus vulnérables ?

Préserver le rôle des soignants et une éthique médicale ? Et enfin, quelle place pour la vie qui reste et le deuil dans ce débat ? Pour éclairer ces enjeux, nous avons choisi de croiser trois regards. Celui du vécu, celui du regard médico-judiciaire et celui de la réflexion éthique et déontologique.

17:49
Présentateur

2.895 euros par an pour une inscription en licence contre 178 euros aujourd'hui. 3.941 euros pour une année de master au lieu des 254 euros actuels. Voilà ce qui pourrait rapidement changer pour les étudiants étrangers qui suivent actuellement leurs études en France. Alors que ces droits d'inscription différenciés pour les étrangers existent déjà depuis 2019, ils étaient jusqu'ici peu appliqués par les universités. C'est sans compter sur le projet de décret de l'actuel ministre de l'enseignement supérieur, Philippe Baptiste, qui prévoit justement de rendre obligatoire cette augmentation de ces frais à destination des étudiants étrangers.

Ce mardi, des syndicats d'enseignants et d'étudiants se sont rassemblés un peu partout en France pour protester contre cette mesure. À Paris, plusieurs centaines de personnes ont manifesté jusque devant les bâtiments du ministère de l'enseignement. Notre journaliste Andrei Manivit était sur place.

18:52
Locuteur 5

Moi, à la base, j'avais choisi Paris 1 spécialement parce que je savais que c'était une fac qui n'appliquait pas justement Bienvenue en France, que la présidence avait pris la décision de ne pas l'appliquer. Et là, du coup, ça me fait complètement reconsidérer mon choix d'études supérieures. Moi, je n'ai pas les moyens de payer 3 000 euros pour l'année de licence. Déjà, je galère en ce moment avec mon logement, mon alimentation, etc. Je n'ai pas du tout les moyens financiers. Même si je prenais un travail à côté, ce n'est pas possible. Et mes parents ne peuvent pas m'aider financièrement avec ça. Du coup, 3 000 euros, je ne peux pas. Donc, ça me ferait obligé d'arrêter ma scolarité.

On a une variable d'ajustement. Il y a plein de problèmes. OK, il peut y avoir des problèmes de budget, etc. Mais ça attaque directement sur les étudiants étrangers. Alors que nous, à la base, on est venu aussi pour faire des études, pour apprendre, pour participer aussi à la société. Il y a plein d'étudiants étrangers qui, au final, s'installent en France et contribuent en quelque sorte à l'économie. Mais là, on est considéré comme la variable d'ajustement. On ne veut pas de nous ici. On nous met des frères inscriptions monstres pour nous décourager à venir. Alors que déjà, il faudrait mettre plus d'argent, au final, dans l'éducation.

Il faudrait mettre plus d'argent dans l'université, plus d'argent dans la fac. Ce n'est pas normal qu'on soit à la variable d'ajustement, qu'on soit vu comme quelque chose à gérer et pour faire des rentrées.

20:12
Présentateur

Vous pourrez retrouver ce reportage dans son intégralité dans l'émission du Journal des luttes qui sera diffusée samedi prochain sur Le Média. Vendredi dernier, près de 2000 personnes étaient rassemblées à Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, près de Nantes, pour une mobilisation antimilitariste. Ils étaient réunis pour dire non à la marche vers la guerre, à la militarisation de la société et surtout au projet de porte-avions nouvelle génération, France Libre, comme il doit s'appeler, qui doit donc bientôt voir le jour dans les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Cette première manifestation a été secouée par une charge policière particulièrement violente pour confisquer notamment une marionnette à l'effigie d'Emmanuel Macron. Et c'est terminé par l'immolation d'une maquette d'un porte-avions nommé France Liperticide. Notre journaliste Théo Péron était présent sur place.

21:11
Locuteur 7

Nous ne voulons pas être complices de génocide, de crimes de guerre, parce que les actionnaires de l'industrie de l'armement ne visent qu'à ramasser des dividendes et sont des profiteurs de guerre protégés par Macron et ses gouvernements.

21:27
Locuteur 6

Macron a annoncé en grande pompe une fausse annonce d'ailleurs du porte-avions nouvelle génération, mais ça participe aussi à la militarisation des esprits et à laisser penser qu'il n'y a pas d'autre alternative que la marche à la guerre. Ça lui va bien parce que lui, il fait partie des impérialistes et dans la logique impérialiste, il a raison. Nous, on pense que, y compris sur l'histoire de défense nationale, mais on n'est pas sur une défense nationale, on est encore une fois sur une défense des intérêts capitalistes. Et le porte-avions, on a beau l'appeler France Libre, il a des capitaux mondiaux, internationaux.

22:01
Locuteur 4

La paix pour laquelle nous nous battons, c'est une paix qui est révolutionnaire, une paix qui passe par le démantèlement du complexe militaro-industriel et l'autodéfense populaire. Pas de justice, pas de paix, pas de Palestine Libre, pas de paix, pas de Congo Libre, pas de paix, pas de Soudan Libre, pas de paix, pas d'Iran Libre, pas de paix en fait.

22:16
Invité

Vous pouvez également retrouver ce reportage dans son intégralité

22:41
Présentateur

sur notre chaîne YouTube. Et on termine ce récap avec l'actualité internationale. Hier, l'Union européenne est parvenue à se mettre d'accord pour sanctionner des colons extrémistes israéliens coupables de violence contre les Palestiniens et les Palestiniennes en Cisjordanie. Ces sanctions étaient bloquées depuis des mois par un veto de la Hongrie de Viktor Orban. Alors la récente victoire de Peter Maguiar aux élections législatives hongroises a enfin permis d'obtenir un accord politique. Les sanctions prévoient un gel des avoirs dans l'Union européenne et une interdiction d'entrée dans l'UE pour sept colons israéliens.

Elle vise également 12 responsables du Hamas ayant pris part aux attentats du 7 octobre en Israël. Ces sanctions font également suite à deux mois de violence continue à l'encontre des Palestiniens et alors qu'Israël a récemment introduit des mesures visant à renforcer son contrôle sur le territoire de la Cisjordanie alors même que toutes les colonies sont considérées comme illégales en vertu du droit international. L'UE examine actuellement d'autres options comme une interdiction commerciale des produits provenant des colonies ou des droits de douane sur les importations.

Bon nombre de ces mesures restent difficiles à adopter car elles nécessiteraient un accord unanime ou une majorité qualifiée parmi les États membres de l'UE. Selon les derniers chiffres de l'UNICEF publiés ce jour, un enfant palestinien est tué en moyenne chaque semaine depuis janvier 2025 en Cisjordanie occupée. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via email si vous nous regardez à la télé. Pour nous soutenir, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Abonnez-vous aux médias. Faites un don défiscalisable. Tout est sur notre site Internet.

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