Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingyoutube.com· 24 novembre 2021 26 minFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiNumériqueSolidarités & famille

Discours - Bruno Le Maire - Congrès UMIH 2021

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:51PrésentateurFait
    « le taux d'emploi le plus élevé depuis 50 ans. »
  • 9:07PrésentateurChiffre
    « qui est estimé au moins à 6,25 % pour 2021, »
  • 18:02PrésentateurChiffre
    « Il y a 11 milliards d'euros »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Notre cher Jean-Baptiste Lemoyne, M. le Président, cher Roland Egui, j'ai deux bonnes raisons d'être très heureux d'être parmi vous aujourd'hui à Strasbourg. La première raison, c'est que je suis à Strasbourg et que je suis en Alsace et que chacun connaît mon amour pour l'Alsace.

Je peux remercier les élus qui sont présents, saluer le président du Conseil régional du Grand Est, cher Jean Rottner, saluer le président de la collectivité européenne d'Alsace, Frédéric Biéry, qui est un vieil ami, qui est totalement engagé pour l'Alsace, totalement engagé pour la culture alsacienne, totalement engagé pour le succès de son territoire et que je remercie de son travail, de son professionnalisme et de sa disponibilité pour ses concitoyens. Je veux également saluer un jeune conseiller départemental. C'est vous dire mon amour de l'Alsace, j'ai accepté de me séparer de mon meilleur conseiller qui incarne à mes yeux la relève en Alsace, Charles-Hitzen Stuhl.

C'est vous dire à quel point je suis prêt à donner beaucoup pour ce territoire. C'est un territoire que j'aime pour sa culture, pour son sens du travail, pour sa rigueur. Je pense que la rigueur est de bon ton dans le travail que l'on peut effectuer et évidemment aussi pour sa gastronomie, pour ses paysages, pour son art de vivre. Donc j'espère bien qu'au déjeuner, j'aurai droit à ma flamme fucheux que j'ai dévorée par palanté entière quand j'étais étudiant ici, au Spézle, au Kouglof.

Et puis si jamais on veut faire un peu plus festif, je goûterai volontiers un peu de foie gras d'oie, quitte à irriter, a posteriori, notre ami André Daguin, chez qui j'avais été déguster, un excellent foie gras de canard. Mais nous sommes bien le seul pays au monde, la France, où on peut se disputer pour savoir si le foie gras d'Alsace, le foie gras d'oie, est meilleur que le foie gras de canard du Sud-Ouest. Je vous laisse trancher cette épineuse question. Et par ailleurs, je n'oublie pas, mes amis viticulteurs, parce que tout cela, sans Riesling, sans guébours ou sans pinot noir, manquerait sacrément de saveur. Donc n'oubliez pas non plus qu'il y ait quelque chose dans les verres.

L'eau pétillante, c'est très bien, mais comme disait ma grand-mère qui avait cette petite affiche dans sa cuisine, l'eau fait pleurer, le vin fait chanter. La deuxième raison, c'est que je suis, cher Roland, avec mes amis restaurateurs, mes amis hôteliers. Et je voudrais vous dire un immense bravo. Bravo pour la manière dont vous avez tenu le choc pendant cette crise. Bravo pour la manière dont vous êtes tenu debout alors que vos établissements étaient à terre. Bravo pour la solidarité dont vous avez fait preuve, tu l'as rappelé, cher Roland, pour les personnels hospitaliers, pour les routiers.

Vous avez laissé vos établissements ouverts alors qu'ils auraient dû rester fermés uniquement pour permettre à ceux qui ont sauvé notre vie quotidienne de se nourrir correctement et de se loger correctement. Bravo pour votre capacité d'adaptation. Même si elle m'a coûté très cher, parce que le click and collect, mes enfants m'ont adoré et ça m'a coûté une fortune. Mais enfin, quand même, quel sens de l'adaptation que d'avoir mis sur pied de nouvelles façons de se restaurer pendant la crise alors que vos établissements étaient fermés. Bravo pour votre force de caractère.

Vous êtes un métier de tempérament et moi, j'aime les hommes et les femmes de tempérament et je tiens à saluer le tempérament dont vous avez fait preuve. Je tiens à saluer votre solidarité. Vous n'êtes pas uniquement une part de l'économie française, vous êtes la France tout court. Alors du coup, grâce à cet engagement, vous voilà maintenant prêt à redémarrer. Et je suis heureux de voir que l'activité redémarre, qu'elle redémarre très fort dans la restauration, fort également de l'hôtellerie, même si j'ai conscience aussi, j'y reviendrai, que dans certains territoires, dans certaines villes, dans certaines métropoles, le retour des touristes étrangers se fait attendre.

Le Parlement européen ici à Strasbourg, il a été fermé pendant des mois et je sais que pour les hôteliers de Strasbourg, ça reste très compliqué. Je suis là aussi pour voir les difficultés en face. Mais vous vous êtes tenus debout et c'est pour cela que vous êtes prêts à redémarrer. Vous n'avez jamais laissé tomber. Et l'État non plus, reconnaissons-le, même si je ne suis pas là pour vous tresser des lauriers avec Jean-Baptiste Lemoyne, mais l'État ne vous a pas laissé tomber non plus. L'État était présent. Il a fait ce qu'il avait à faire. Il vous a protégé.

Il a protégé non seulement un secteur économique qui représente un million d'emplois, parce que vous représentez un million d'emplois, 300 000 entreprises, mais il a protégé bien davantage que cela. Parce que les emplois, la rigueur, on les retrouve. Les entreprises, elles peuvent se recréer. Mais ce que nous avons protégé, qui est plus précieux que tout, c'est un savoir-faire exceptionnel. Ce que nous avons protégé, c'est une culture. Ce que nous avons protégé et défendu, c'est un art de vivre.

Et donc, s'il y a bien un motif de fierté pour nous, pour Jean-Baptiste et pour moi, pour le gouvernement, et je pense pour le président de la République, c'est que le quoi qu'il en coûte était une décision justifiée, efficace, et si c'était à refaire, je referais exactement la même chose. Et à tous ceux qui nous expliquent que nous avons cramé la caisse, nous avons au contraire évité que disparaissent des établissements, des savoir-faire et une culture qui sont plus précieux que tout. Si c'était à refaire, nous le referions. Quand je dis que vous êtes la France, ce n'est pas une expression comme cela en passant, c'est la réalité historique.

Jamais oublier que nous sommes la seule nation au monde où gastronomie et histoire vont de pair. Ou au lendemain du G7 de Biarritz qu'évoquait Jean-Baptiste Lemoyne, il m'est arrivé de surprendre une discussion entre l'ancien président américain Donald Trump et un autre chef d'Etat. Et on ne parlait pas de la question de la prolifération nucléaire en Iran. On ne parlait pas du problème de la déstabilisation mondiale. On ne parlait pas du problème de la menace russe. On parlait du menu de la veille au soir pour vanter la gastronomie française. Eh bien, il n'y en a qu'en France que c'est comme ça.

Et je n'oublie jamais non plus comme ministre des Finances qu'un de mes très, très anciens prédécesseurs, Nicolas Fouquet, surintendant des Finances du roi Louis XIV, a perdu son poste et a perdu sa vie à cause de vous, à cause des restaurateurs, à cause de François Vattel qui avait servi un menu beaucoup trop somptueux, qui avait rendu le roi fou de jalousie si bien qu'il s'était débarrassé de Nicolas Fouquet et que, je le rappelle, François Vattel s'était donné la mort ensuite. Alors, s'il vous plaît, travaillons mieux ensemble, plus humblement, plus modestement, mais avec tout autant d'efficacité au service de la gastronomie française.

Alors, nous allons continuer à nous parler avec la même liberté que celle qui a animé nos débats avec Roland Aiguille. Et je tiens à vous dire, dans un temps où parfois il est de bon ton de critiquer les corps intermédiaires, que Roland a été et est un grand président de l'UMI, qu'il a toujours été là pour répondre à nos interrogations, qu'il a permis de canaliser vos colères, vos interrogations, vos inquiétudes, qui étaient parfaitement légitimes.

Et vous comprenez, si on est dans un monde où à chaque fois qu'un ministre se déplace, il n'a comme interlocuteur qu'un seul patron de restaurant, un seul patron d'hôtel, un seul patron de bar, un seul patron de discothèque, quand voulez-vous qu'il se fasse une idée juste de la situation de la nation tout entière ? Pour avoir une idée juste de la nation tout entière, nous avons besoin de corps intermédiaires, nous avons besoin de représentants crédibles et efficaces. Et bien je peux vous dire que Roland Aiguille, que son vice-président également, vous avez été des interlocuteurs fiables, honnêtes, déterminés et courageux et que nous vous en remercions.

Quels sont maintenant les défis devant nous ? Au moment où l'économie française redémarre comme jamais elle n'a redémarré depuis 50 ans. Je rappelle que nous avons aujourd'hui le taux d'emploi le plus élevé depuis 50 ans. Ça veut dire que des gens qui étaient éloignés du marché du travail, des personnes de plus de 50 ans qui avaient renoncé à trouver un emploi, des jeunes qui s'étaient mis à l'écart, reviennent sur le marché du travail. Nous avons un niveau de croissance qui est estimé au moins à 6,25 % pour 2021, plus de 4 % pour 2022. Et je peux vous dire que quand je me déplace à l'étranger, ça rend beaucoup de monde jaloux.

Eh bien notre première responsabilité, c'est de ne pas gâcher tout cela en manquant de sens des responsabilités. Notre première responsabilité, c'est que jamais nous ne soyons plus obligés, en raison de la crise sanitaire, de fermer un seul établissement hôtelier ou de restauration en France dans les semaines qui viennent. Ça, c'est notre responsabilité collective. Ça, c'est le premier défi. Ça, c'est la première chose pour laquelle nous devons nous battre. Parce que ça a été trop dur. Ça a été trop dur économiquement, ça a été trop dur financièrement, surtout, ça a été trop dur moralement pour beaucoup d'entre vous.

Parce que je sais très bien qu'au-delà des inquiétudes financières, de l'argent qui ne rentre pas, vous avez eu une inquiétude humaine pour vous, pour vos salariés auxquels vous êtes profondément attachés. Je mesure à quel point, quand on est habitué à se lever à 5 heures du matin pour aller chercher l'approvisionnement, pour préparer ses menus, pour préparer sa cuisine, c'est dur de rester chez soi. Je mesure à quel point c'est difficile quand on est dans un métier de convivialité de voir sa salle vide.

Je mesure à quel point, humainement, c'est insupportable quand on aime travailler en équipe, d'avoir ces équipes qui restent chez elles parce que votre établissement est fermé, rideau fermé, les chaises posées sur les tables. C'est inhumain et nous ne devons pas le revivre. C'est pourquoi j'appelle chacun à faire respecter, avec une rigueur toute alsacienne, le contrôle du pass sanitaire dans ces établissements. Pas de relâchement. Pas de relâchement sur le contrôle du pass sanitaire et sur le respect des règles sanitaires.

Le deuxième défi, parmi les quatre défis immédiats que nous avons devant nous, Jean-Baptiste a longuement évoqué les grandes perspectives, mais je voudrais vraiment revenir aux défis immédiats que nous avons devant nous parce que cette période est vitale pour nous tous. C'est le recrutement. C'est un défi majeur. Je trouve que je voyage beaucoup à l'étranger et je vois, j'étais aux Etats-Unis il y a quelques semaines, qu'est-ce que j'ai vu ? J'ai vu des métropoles comme New York, comme Washington où la moitié des établissements sont fermés et quand vous discutez avec les patrons de ces établissements, vous vous dites mais désolé, on ne peut pas ouvrir, on n'a personne pour servir en salle.

Impossible de trouver du personnel de salle, impossible de recruter. On ne peut pas se résigner à avoir autant de difficultés de recrutement dans notre pays. Et donc il faut apporter un certain nombre de réponses. Nous en proposons quatre. Et ces réponses-là sont de la responsabilité de tous. Comme toujours, les succès sont collectifs, les échecs sont individuels. Nous y arriverons si nous sommes capables de nous serrer les coudes et d'avoir une stratégie commune sur cette question du recrutement. Nous, notre responsabilité, celle de l'Etat, celle des pouvoirs publics, nous l'avons assumée avec le président de la République.

C'est de dire qu'en période de reprise, alors qu'il y a autant d'emplois non pourvus, il faut faire respecter les règles de l'assurance chômage. L'assurance chômage, ce n'est pas une rémunération, c'est une protection. Et donc nous ferons respecter ces règles. Si on vous offre des offres d'emplois raisonnables, correctement rémunérées, qui correspondent à votre qualification, à votre formation, libre à vous de les refuser, mais libre à nous, dans ce cas, de ne pas vous accorder d'indemnisation du chômage. La deuxième condition pour réussir sur cette question du recrutement, c'est la question de la rémunération. Mais ça ne résume pas tout.

Et ce serait trop simple de se dire qu'il suffit d'augmenter les rémunérations pour que le métier devienne plus attractif. Mais c'est un point de passage important. C'est même un point de passage décisif. Je sais que Roland Aiguille est totalement engagé dans cette négociation. Je souhaite que les négociations salariales permettant une augmentation substantielle des salariés qui travaillent dans vos établissements puissent être conclues dans les semaines qui viennent, je l'espère, avant la fin de l'année 2021. En tout cas, c'est l'espoir que je mets dans ces négociations. De notre côté, toujours sur les rémunérations, je vous confirme que nous avons engagé la défiscalisation des pourbois.

Vous allez tous me dire, je sais très bien, les pourbois étaient déjà défiscalisés. Non, ils ne l'étaient pas. Donc le ministre des Finances jetait un voile pudique sur ce sujet-là. Mais désormais, c'est officiel, c'est autorisé, vous pouvez défiscaliser les pourbois. Enfin, la troisième façon d'améliorer le recrutement, c'est l'évolution des carrières.

Je pense qu'il est très important, et je sais que vous êtes très attachés, d'offrir des perspectives d'évolution de carrière à vos salariés, qu'ils soient chefs de rang, qu'ils soient dans une brigade, qu'ils soient serveurs, qu'ils soient cuisiniers, qu'ils travaillent au service de chambre dans un hôtel, que vous puissiez en discuter avec eux pour dire, voilà, tu vas pouvoir monter dans l'établissement, parce qu'en plus, ça correspond à la réalité de la vie dans vos métiers. Je ne connais pas beaucoup de métiers où on peut commencer au service d'étage et finir à la fin directeur de l'établissement.

Pourtant, c'est le cas, c'est ce que vous devez valoriser et c'est ce qui rendra votre métier encore plus attractif. Le dernier point, après la question de la rémunération, de l'évolution des carrières, c'est l'organisation du temps de travail. J'ai l'occasion de discuter des dizaines de fois avec chacun d'entre vous. Il y a des choses qui me surprennent, mais c'est la réalité. Aujourd'hui, un jeune, vous lui proposez un CDI, nous, c'était notre rêve quand on avait 20 ans, ça n'est plus le rêve d'un jeune de 20 ans.

Il va dire, il nous faut plus de souplesse, plus de liberté, je peux vouloir venir, pouvoir partir quand cela me plaît, je veux pouvoir disposer de mes week-ends, je ne veux pas consacrer toutes les soirées à mon métier. Alors, on peut balayer ça d'un revers de la main en disant, nos jeunes sont devenus des feignants. Je pense que c'est une erreur, je vous le dis avec toute ma franchise. Nos jeunes, ils sont créatifs, ils sont prêts à travailler, ils ont envie de réussir. Et je pense qu'il vaut toujours mieux tabler sur le caractère positif des uns plutôt que de se focaliser sur les défauts d'une toute petite minorité.

L'immense majorité des jeunes en France est prête à travailler, prête à s'engager, veut réussir, demande simplement qu'on prenne davantage compte de leur organisation du temps de travail, des questions de pause, des questions de vide dans la journée, des questions de sacrifice de soirée, de sacrifice de week-end. Je souhaite que nous en discutions ensemble. Et je souhaite que vous ouvriez ce chantier-là, je sais que c'est déjà le cas, parce que c'est une des conditions pour relever ce défi du recrutement. Enfin, Jean-Baptiste l'a indiqué. Moi, je crois beaucoup à une campagne de communication.

Quand on a des dizaines de milliers d'emplois qui ne sont pas pourvus comme cela, il faut prendre le problème à bras-le-corps et exactement comme on l'a fait lorsque nos armées avaient du mal à recruter, aller expliquer au grand public qu'il y a des dizaines de milliers d'emplois à pourvoir dans vos métiers, que ces emplois vont être bien rémunérés, que ces emplois ont des perspectives de carrière, que ces emplois permettent d'apprendre une foule de choses, qu'ils sont humains, qu'ils sont conviviaux, je suis favorable à ce que le plus vite possible, on lance une campagne de communication sur les métiers d'hôtellerie et de restauration pour les valoriser et vous permettre de trouver les salariés dont vous avez besoin.

Le troisième grand défi, c'est la trésorerie. Sur la trésorerie, je rappelle juste, parce qu'il est toujours bon de rappeler des choses qui ne sont pas toujours connues, que nous avons engagé l'étalement du paiement des cotisations sociales, que nous l'avons élargi de 36 mois à 5 ans, que cela donne un peu d'air pour le remboursement des cotisations sociales et que c'est une aide importante à la trésorerie. Mais je sais aussi que votre préoccupation majeure, c'est des prêts garantis par l'État et que, ici, vous souhaiteriez, on m'a transmis votre revendication, qu'on étende à 10 ans, à 12 ans, au lieu de 4, le rééchelonnement des remboursements, peut-être 2 années de plus.

Moi, je vais vous dire, je ne suis pas certain que ce soit dans l'intérêt collectif. Cela peut être dans l'intérêt de certains établissements qui ont des difficultés, je vais y revenir. Je ne suis pas sûr que ce soit dans l'intérêt collectif du secteur qui a besoin de tourner la page de ces prêts garantis par l'État le plus vite possible. Il y a 11 milliards d'euros qui ont été souscrits au total et qui sont garantis par l'État. Mais j'écoute ce que vous me dites. J'écoute vos inquiétudes. Je ne suis pas là pour balayer les choses une fois encore d'un revers de la main et faire comme si ça n'existait pas. Il y a des inquiétudes, il faut y répondre.

D'abord, je suis favorable au lissage de ces prêts garantis par l'État. J'ai également ouvert, vous le savez, la possibilité de souscrire à de nouveaux prêts garantis par l'État au moins jusqu'à l'été 2022 si ça peut soulager certains. Je souhaite également qu'il y ait une solution qui soit apportée individuellement dans le cadre départemental à chaque entreprise, restaurant, bar ou hôtel qui serait en difficulté. J'ai reçu récemment Gérard Fofadel qui doit accompagner des entreprises en sortie de crise au niveau départemental. Vous ne serez pas laissé seul face à votre conseiller bancaire.

Je ne veux pas de tête à tête entre un hôtelier, un restaurateur en difficulté financière pour rembourser son prêt garanti par l'État et le conseiller bancaire. Et l'engagement que je prends, c'est que chacun d'entre vous qui aurait une difficulté de son remboursement de son prêt garanti par l'État sera traité non pas en face-à-face avec son conseiller bancaire mais aura droit à une médiation avec les pouvoirs publics et le conseiller bancaire pour trouver une solution qui lui soit appropriée. Avec une procédure accélérée, l'étalement si nécessaire, la réduction des dettes aussi si c'est nécessaire.

Je n'exclus absolument pas la possibilité de réduire la dette d'un restaurateur ou d'un hôtelier dans le cadre de cette commission départementale, pas en face-à-face avec les conseillers bancaires pour que chaque difficulté soit résolue. Et je prends cet engagement qu'aucun d'entre vous ne sera laissé seul dans ces difficultés et qu'aucun d'entre vous ne sera laissé seul face à son conseiller bancaire. J'ai demandé à ce qu'on renforce ces dispositifs de conseillers départementaux précisément pour que le traitement se fasse différemment.

Enfin, puisque je sais que l'inquiétude est profonde, je propose que nous ayons un rendez-vous sur une base trimestrielle qui pourrait commencer dès le mois de janvier 2022 sur l'examen de la situation de trésorerie de tous les établissements d'hôtellerie et de restauration pour voir si oui ou non ce problème de remboursement des PGE continue à être une difficulté ou pas pour vos entreprises de façon à ce que tous les 3 mois avec Roland Aiguille avec vos représentants nous puissions faire le point et nous assurer que la promesse que je vous fais de ne laisser tomber personne soit une promesse tenue et réalisée et que nous adaptions les dispositifs si jamais il y a besoin d'adaptation.

Donc vous le voyez sur cette question majeure des prêts garantis par l'Etat nous prenons des dispositions nous renforçons l'accompagnement nous permettons le lissage nous regardons au cas par cas si un étalement et une réduction du niveau de dette est nécessaire et tous les 3 mois on fait le point ensemble pour nous assurer que personne ne se retrouve confronté à des difficultés insurmontables. Enfin le 4ème défi c'est le défi de la numérisation. C'est un défi qui paraît très lointain en réalité c'est un défi extraordinairement concret il est important pour vous pour le réseau pour la réputation de vos établissements pour l'attractivité pour la capacité à faire venir des clients.

Je vais vous dire ma conviction depuis plus de 4 ans que je livre un combat sur ce sujet. Nous ne devons pas nous laisser dévorer par les géants du numérique. Nous ne devons pas nous laisser prendre nos données. Nous ne devons pas nous laisser prendre notre valeur par les géants du numérique et nous devons nous organiser pour résister aux géants du numérique et faire à l'économie réelle que vous représentez toute sa place défendre ses intérêts défendre sa valeur défendre ses résultats. J'ai livré ce combat je continuerai à le livrer parce que moi je crois à la concurrence mais une concurrence sur une base qui soit équitable avec les mêmes règles pour tous.

Et il n'y a pas de concurrence équitable quand il y a de la manipulation des données de la réputation d'un établissement sur Internet. Il n'y a pas de concurrence équitable quand vous vous payez un impôt sur les sociétés même si nous l'avons abaissé à 25% 15% pour les plus petites entreprises et que les géants du digital eux qui travaillent dans le secteur du tourisme et de l'hôtellerie ne payent que des impôts négligeables parce qu'ils peuvent délocaliser leurs profits de France vers l'Irlande ou vers d'autres paradis fiscaux. Cette concurrence équitable c'est celle que je défendrai je vous protégerai face aux géants du numérique. Voilà les 4 défis dont je voulais vous parler aujourd'hui.

Le défi sanitaire c'est le plus urgent il est quotidien il est immédiat le défi du recrutement le défi de la trésorerie avec les engagements que je prends devant vous sur les prêts garantis par l'Etat et le défi enfin de la numérisation de notre économie. Plus globalement je veux vous dire à quel point je suis convaincu que l'économie française est sur de bons rails de quoi qu'il en coûte à marcher. Et là encore à tous ceux qui critiquent les dépenses qui ont été faites moi je me réfère à des examens neutres et honnêtes des décisions que nous avons prises.

Je regarde ce que dit l'OCDE je regarde ce que dit la commission européenne je regarde ce que vient de dire un institut des politiques publiques qui a établi que nos dépenses supplémentaires nous ont amené à 115% de dettes publiques mais que si nous avions laissé faire des dizaines de milliers de faillites des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires c'est pas à 115% de dettes publiques que nous serions c'est à 126% de dettes publiques que nous serions.

Nous avons évité une crise économique nous avons évité une crise sociale nous avons aussi évité disons-le simplement une crise politique car je suis certain que des faillites par dizaines de milliers et des chômeurs par millions cela mène tout droit à une crise politique et nous avons réussi dans cette politique de protection et de relance parce que je vous le dis vous avez fait preuve d'une capacité de résistance exceptionnelle résistance économique résistance morale résistance humaine beaucoup d'entre vous auraient pu laisser tomber vous n'avez jamais laissé tomber beaucoup d'entre vous auraient pu baisser des bras personne d'entre vous n'a baissé des bras et c'est bien pour cela que quelles que soient les circonstances à tout moment dans les mois dans les années qui viennent vous pourrez compter personnellement sur moi sur mon engagement sur ma disponibilité l'économie française est sur de bons rails elle est bien lancée et bien il faut accélérer s'assurer que tout le monde embarque à bord que personne n'est laissé à quai et avec nos amis restaurateurs avec nos amis hôteliers avec tous ceux qui font le bonheur français parce que vous êtes ceux qui font le bonheur français nous allons ouvrir enfin des perspectives positives pour la nation française et pour les français merci à tous merci à tous

25:33
Locuteur

merci à tous