Ce que nous préparent Barnier et Macron pour le budget 2025 | Instant Porcher
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« Le gouvernement a pour objectif de ramener le déficit à 5% du PIB en 2025, alors qu'il pourrait atteindre 6,1% en 2024. »
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« Il table sur des économies de l'ordre de 60 milliards d'euros. »
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« Et pas de surprise, pour deux tiers de l'effort, ce sera une réduction des dépenses publiques. »
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« Le Premier ministre disait être attaché aux services publics, à l'école, au sport. »
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« Alors que Michel Barnier disait miser sur l'éducation et l'école, le budget prévoit la suppression de 4 000 postes d'enseignants. »
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« L'État compte faire des économies sur la sécurité sociale. »
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« Les retraites seront indexées sur l'inflation avec 6 mois de retard en juillet 2025. »
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« L'État compte faire 400 millions d'euros sur l'assurance chômage. »
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« 3,8 milliards d'économies sur l'ONDAM, l'objectif national des dépenses d'assurance maladie. »
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« 2,4 milliards d'économies sur les aides aux entreprises. »
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« 9,8 milliards de recettes concernent des mesures de mise à contribution des profits des entreprises. »
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« Ça correspond à 20,6% de l'impôt sur les sociétés du haut titre de 2024 pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur ou égal à 1 milliard et inférieur à 3 milliards d'euros et à 41,2% pour celles qui atteignent au moins 3 milliards de chiffre d'affaires. »
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« Cette mesure exceptionnelle et ciblée devrait rapporter 8 milliards en 2025, 4 milliards en 2026. »
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« Maxime Combe, économiste, alerté, le budget 2025 organise un choc récessif d'environ 2% du PIB qui aura sûrement un effet négatif sur l'activité en 2025. »
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Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Ça, c'est la mauvaise politique économique. On n'entend plus parler de Bruno Le Maire, là. Ah oui, alors, ni de Bruno Le Maire, ni de Macron. Je veux dire, ce budget désavoue complètement la politique de Macron. C'est-à-dire que c'est un choc d'une grande ampleur, l'ampleur de la Grèce, qui va avoir un impact sur l'économie. Ce qu'on a dit la semaine dernière, c'est que nous allons rentrer en récession. Si le plan est appliqué, là, nous rentrons en récession, c'est sûr.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porché, avec tous les discours qu'on entend autour de nous. Notre meilleure arme, c'est de les connaître et de les comprendre. Vous êtes plus de 60 000 à avoir signé notre grande pétition pour une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT. Continuez de signer et de partager cette pétition sur tnt.lemédiatv.fr. Merci beaucoup. On vous le rappelle, Le Média ne vit que par votre soutien, alors n'hésitez pas à vous abonner à partir de 5 euros par mois. Bonjour Thomas. Salut Isa.
Alors avec toi aujourd'hui au programme, l'État annonce son budget pour 2025 et ça va être très concret pour les Français, c'est parti. La bataille du budget a commencé, on en parlait déjà la semaine dernière. Le projet de loi de finances pour 2025 est tombé. Michel Barnier avait prévenu, ça va être dur, on va analyser tout ça. Le gouvernement a pour objectif de ramener le déficit à 5% du PIB en 2025, alors qu'il pourrait atteindre 6,1% en 2024. Il table sur des économies de l'ordre de 60 milliards d'euros. Et pas de surprise, pour deux tiers de l'effort, ce sera une réduction des dépenses publiques. Concrètement, cela veut dire moins de budget pour les services et missions de l'État.
Le gouvernement, lui, parle de maîtrise ou de meilleure efficacité ou encore de réorientation. J'avais écouté attentivement les deux heures de discours de politique générale de M. Barnier. Le Premier ministre disait être attaché aux services publics, à l'école, au sport. Résultat du PLF 2025, la mission sport, jeunesse et vie associative perd 3 millions. La plupart des missions restent quasi stables, donc pas d'investissement. Et une annonce a pas mal choqué. Alors que Michel Barnier disait miser sur l'éducation et l'école, le budget prévoit la suppression de 4 000 postes d'enseignants. Il prévoit aussi 2 000 embauches d'accompagnement d'élèves en situation de handicap.
Ça fait au final quand même moins de 2 000 équivalentes en plein pour l'éducation nationale. En tout, l'État prévoit moins de 2 200 postes. Les missions budget, compte public ou encore travail et emploi sont concernées. Encore une fois, pas de surprise, l'État compte faire des économies sur la sécurité sociale. Pour moderniser notre système de santé, protéger notre hôpital et soutenir les professionnels de santé, 3,5 milliards de mesures nouvelles seront engagées. Dans le même temps, un effort d'économie sera conduit, notamment sur la fraude et sur l'efficience des dépenses de santé, qui permettra de dégager près de 4 milliards d'économies.
Les retraites seront indexées sur l'inflation avec 6 mois de retard en juillet 2025. L'État compte faire 400 millions d'euros sur l'assurance chômage ou encore 3,8 milliards d'économies sur l'ONDAM, l'objectif national des dépenses d'assurance maladie, en passant notamment par, je cite, la maîtrise des prix des produits de santé, le ticket modérateur, l'optimisation des achats à l'hôpital ou encore la baisse du plafond des indemnités journalières. On le note aussi, 2,4 milliards d'économies sur les aides aux entreprises. Malgré tout, le gouvernement maintient que ce budget réoriente pour une meilleure efficacité et que les services publics sont primordiaux.
Thomas, sur le volet dépenses, là, c'est quoi un peu ton analyse et ton ressenti ? Déjà, il y a une baisse de la dépense globale qui se concentre majoritairement sur un certain nombre de secteurs. Le premier, celui qui prend en pleine tête les économies, c'est l'éducation. C'est quand même déjà, ça révèle pour moi quelque chose parce que l'éducation, ça devrait être un des postes les plus importants. Alors, pour beaucoup, c'est une dépense. Pour moi, ça reste plutôt un investissement puisque quand on forme bien des personnes, on les forme à trouver un métier. Et puis après, en fait, ils remboursent tout ce qu'ils ont coûté finalement à la société parce qu'on les a bien formés.
Si on commence à faire des économies sur l'éducation, pour moi, c'est la colonne vertébrale de la société. Après, vous allez avoir, à mon avis, pas mal d'autres problèmes un peu plus tard. Donc, le premier, c'est l'éducation. Puis ensuite, il y a la santé qui prend, il y a l'emploi, il y a le sport, il y a le budget solidarité, notamment la protection de l'enfance. Donc, en réalité, la majorité des Français vont s'appauvrir. Même si, directement sur leur fiche de paie, il n'y aura pas d'appauvrissement, quand on va prendre en compte l'ensemble du revenu, parce que vous savez, on l'a dit souvent d'ici, il y a trois types de revenus. Il y a le revenu que vous avez avec votre salaire.
Il y a le revenu que vous avez après prestation. Donc, plus de 50% augmente leur revenu. Ça augmente leur revenu disponible. Donc, profite plutôt du modèle social. Et puis après, vous avez le revenu en tenant compte de l'offre de services publics. Et là, cette offre de services publics va être drastiquement appauvrie. Et donc, tous les Français, finalement, vont payer très fortement, peut-être pas de manière directe, mais indirectement, cette cure d'austérité. D'ailleurs, l'éducation nationale, l'intersyndicale sonne l'alerte et veut rencontrer le ministre. C'est inquiétant pour toi, cette baisse de postes ?
2 000 postes en solde, mais 4 000 en fait dans l'éducation nationale, puis des aides aux élèves handicapés qui fait une perte de 2 000. Mais le problème, c'est que c'est un problème parce qu'il y a beaucoup d'enseignants qui vous le disent depuis des années, et nous le constatons tous les jours, qu'il y a un manque de moyens et d'investissement. Il y a eu un manque déjà dans la revalorisation des enseignants. Et puis, il y a eu un manque d'investissement. Les baisses de dotations aux collectivités locales ont eu des coupes aussi importantes chez le périscolaire. Et donc là, on va assister très assez rapidement, vous le verrez, à une dégradation très forte de l'éducation nationale.
Et je veux dire, moi, je me dis, mais qu'est-ce qu'on a appris, en fait, de cette pandémie ? Vous savez, je me souviendrai toujours de cette scène pour moi parce qu'elle doit être vraiment dans la tête de tout le monde. C'est Emmanuel Macron qui fait ce déplacement dans ce CHU de Rouen, un an avant la crise de la pandémie de la Covid. Et il y a une aide-soignante qui lui dit, il y a des fermetures de lits, il y a des fermetures de services, on a besoin vraiment de moyens supplémentaires. Et lui, il botte en touche en lui disant, il n'y a pas d'argent magique, c'est cette fameuse phrase. Il lui dit, il faut réduire la dette et les déficits, au revoir, circuler, il n'y a rien à voir.
Et puis après, en pleine pandémie, quand tout le monde est confiné à la maison, que les hôpitaux sont les seuls, finalement, à faire tenir la société, il est à Mulhouse et là, il commence à dire, je vais faire un plan massif d'investissement dans l'hôpital public après la pandémie. Et donc, vous voyez, c'est ça, c'est ça, c'est la mauvaise politique économique. C'est-à-dire qu'on ne fait rien parce qu'on a fait des cadeaux aux plus riches. Puis à un moment, on se retrouve face à un choc externe et on n'est pas prêt, on va faire l'investissement. Et il va se passer la même chose dans la santé, dans l'éducation, probablement aussi dans l'emploi.
C'est-à-dire que là, il va y avoir des coupes, ça va tenir, mais de manière très difficile. Et puis à un moment, ça va, pour x, y raisons, casser. Et là, on va dire, ah ben, il aurait fallu faire un plan massif. Et le prochain président, qui ne sera pas Macron, normalement, puisqu'il ne peut pas se représenter, le prochain président dira, ah mais moi, j'arrive, c'est la catastrophe, ça fait 20 ans que ça se passe mal. Donc je vais rajouter 200 millions, 300 millions par-ci, par-là et soyez contents et taisez-vous. Mais en réalité, voilà, il y a un processus d'appauvrissement qui est mis en place.
Et ce qui, moi, me choque beaucoup, c'est qu'on fait payer, finalement, la majorité des Français en attaquant la santé, en attaquant l'école, en attaquant le sport, en attaquant le budget de la solidarité, c'est-à-dire la protection de l'enfance. On attaque, finalement, l'ensemble des Français. À cause de quoi ? À cause d'une politique qui n'a pas porté ses fruits, la politique de l'offre, de baisse de la fiscalité qui n'a pas eu l'effet escompté. Et à cause de micmacs qui ont été faits à Bercy, d'ingénierie comptable, on peut dire ça pour ne pas dire autre chose, qui ont été faits à Bercy et d'une dissolution qui a fait que ça a perturbé un petit peu tout ça.
Donc trois éléments dont les Français n'ont absolument rien à voir avec ça. Et c'est eux qui vont payer la facture à la fin. Pendant que les dividendes ont explosé dans cette même période, on en a déjà parlé. Et sur la santé, on en reparlera avec le projet de loi de finances de la Sécurité sociale. Mais ce qui est prévu, c'est qu'on paye plus nos médicaments, qu'on paye plus les petits restes à charge quand on va avoir le médecin. On voit moins d'achats à l'hôpital, comme si on faisait déjà trop d'achats à l'hôpital. Enfin, voilà ce qui est prévu. Donc on va évidemment en reparler.
Il y a déjà les gens plus pauvres qui font des arbitrages pour aller chez le médecin ou même pour aller chez des spécialistes. Il y a des temps d'attente qui sont très longs. Les spécialistes coûtent un peu plus cher. Et donc, il y a déjà des gens qui font ces arbitrages-là. Et là, en fait, qu'est-ce qui va se passer ? C'est-à-dire que la Sécu va rembourser moins. La mutuelle va prendre en charge la différence. Et puis, elle va vous le refaire payer après, puisque c'est la mutuelle et c'est vous qui l'a payé. Donc, au final, ça va assainir les comptes. Mais vous voyez, on fait un transfert très clair de ce qui est public au privé.
C'est-à-dire la part de la Sécurité sociale, elle va s'abaisser. Elle va être transférée au privé. Les mutuelles vont être très contentes. Elles vont augmenter le prix des mutuelles. Et elles vont prendre plus en charge et augmenter le prix des mutuelles. Donc, en fait, c'est exactement ça. C'est-à-dire que la protection, quoi qu'il arrive, les gens vont la prendre. Sauf que soit elle est publique, soit elle est privée. Or, là, il y a une volonté d'affaiblir la partie publique pour qu'elle devienne de plus en plus privée.
Il y a Nicolas Da Silva, qui est économiste spécialiste dans la Sécurité sociale, qui montrait que si, justement, on stoppait un petit peu le transfert vers les complémentaires et qu'on remettait sur la Sécu, ça coûterait moins cher aux Français, tout simplement. Parce que la Sécurité sociale, il n'y a pas une troisième partie prenante qui s'appelle les actionnaires à rémunérer, ce qui n'est pas le cas des mutuelles. Les mutuelles, vous avez tout l'organisme, le fonctionnement à rémunérer, plus vous avez en plus des actionnaires. Et le but d'une mutuelle est avant tout quand même de faire du profit. On va parler maintenant du volet recettes pour équilibrer.
Si on peut dire ça comme ça, on va se rendre compte qu'en fait, ça n'équilibre pas trop. Le projet de loi de finances prévoit aussi d'augmenter ses recettes de 20 milliards. Donc la baisse des recettes, on le rappelle, c'est la première cause du déficit, parle de la taxation. Michel Barnier parle de justice fiscale. Tout d'abord, les grandes entreprises. 9,8 milliards de recettes concernent des mesures de mise à contribution des profits des entreprises. Ça passe par une contribution exceptionnelle et temporaire, une taxe exceptionnelle pour les entreprises de fret maritime, suspension de la baisse de la CVAE et la fiscalisation des rachats d'actions.
On a les détails de la contribution, Thomas, tu demandais déjà la semaine dernière. Ça correspond à 20,6% de l'impôt sur les sociétés du haut titre de 2024 pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur ou égal à 1 milliard et inférieur à 3 milliards d'euros et à 41,2% pour celles qui atteignent au moins 3 milliards de chiffre d'affaires. Cette mesure exceptionnelle et ciblée devrait rapporter 8 milliards en 2025, 4 milliards en 2026. Et le gouvernement propose d'instaurer une taxe de 8% sur le montant de la réduction de capital résultant de l'annulation des actions rachetées. Et ça cible encore une fois les plus grandes entreprises, ça nous expliquera tout ça.
Sur les particuliers, 2,2 milliards concernent un appôt pour les hauts revenus avec un taux moyen minimum de 20%. Ce mécanisme ciblé s'appliquera aux contribuables associés à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus dont le revenu référence dépasse 250 000 euros pour un célibataire et 500 000 euros pour un couple. Ces mesures seront ciblées et exceptionnelles. Ça a été rappelé plusieurs fois afin, je cite, de ne pas pénaliser la compétitivité, l'investissement et la croissance. Donc le gouvernement a précisé ça, il l'a précisé plusieurs fois.
Par contre, il y a aussi 3 milliards de recettes récupérées sur la hausse des assises sur l'énergie, mais le gouvernement assure une baisse de facture de 9%. Thomas Chang, il va y avoir une grosse bataille politique sur ce volet recettes-là, parmi avant ce que contre les députés un petit peu macronistes. Toi, qu'est-ce que tu penses de cette partie recettes et de cette partie fiscalité ? Mettre à contribution effectivement les grands groupes, ça fait longtemps que c'est dans le débat. Tout le monde commence à se dire qu'effectivement, il y a eu ce qu'on a appelé des profits imprévus avec l'inflation.
Tout le monde se rend compte que l'inflation a été une forme de rapport de force avec certains qui en ont profité et d'autres qui en ont pâti. La majorité des ménages en ont pâti. Puis les distributeurs et les producteurs ont fait des bénéfices records. Donc il fallait qu'elles se posent cette question. Maintenant, il faut voir comment ça va se passer. Parce qu'en fait, ces grandes entreprises, plus elles sont élevées, plus elles ont des filiales, plus elles ont des mécanismes d'optimisation avec des prix comptables. C'est-à-dire qu'elles s'arrangent pour avoir des prix qui sont suffisamment faibles pour ne pas payer trop d'impôts en France.
Et puis les payer ailleurs en Europe de manière très simple, parce qu'il y a la liberté des capitaux dans le marché unique européen. Et il faudra voir si elles ne font pas ça, justement, si elles n'abusent pas de ce droit parce que c'est légal pour se substituer à l'impôt. Et c'est là que va se jouer vraiment... Une fois que la loi sera là, il y aura un impôt théorique. Mais après, il faut qu'il soit appliqué. Et c'est à ce niveau-là que va se jouer une grosse part importante de ces mesures. Et comme moi, je vois qu'il y a des coupes, là, par exemple, sur Bercy... Et c'est ça que je m'ai demandé. Bah oui. Normalement, c'est Bercy qui est chargé de surveiller ces grosses entreprises.
Donc ça, il va falloir faire attention. Et c'est pareil pour la contribution au revenu. C'est-à-dire que la plupart des gens aujourd'hui qui gagnent les montants que tu as annoncés, qui vont dépasser les 500 000 euros, ces gens-là, ils payent déjà quasiment 20 % d'impôt sur le revenu. C'est quand on monte très, très haut à des revenus qui sont au-dessus, mais très, très élevés, où là, effectivement, on peut s'arranger pour ne pas être payé en revenu, mais être payé en dividende et donc échapper à l'impôt sur le revenu. Il y a des holdings que l'on crée. C'est ce que font les très, très grandes familles riches.
Donc, elles arrivent toujours à trouver des espèces de vastes communicants pour quand même toucher leur dû, leur argent, tout en évitant une partie de la pression fiscale. Donc, très bien pour ces mesures-là. Très bien. C'est une contribution exceptionnelle. Très, très bien. Mais après, il faut que ce taux ne soit pas que théorique, qu'il soit réellement appliqué. Sinon, ça ne va rien apporter. D'ailleurs, la contribution spéciale, ils l'ont estimé à 2 milliards. Vous voyez, c'est beaucoup moins que l'ISF, qui était à 4 milliards.
Donc, moi, je pense qu'il aurait plutôt, plutôt que de taxer déjà les revenus, il aurait fait plutôt aller sur le patrimoine, parce que c'est ça, aujourd'hui, la vraie richesse. C'est parce que vous gagnez. Enfin, là, on parle de salaire énorme, où les gens, effectivement, s'enrichissent. Mais ce qui vous rend très, très riche, c'est le patrimoine, qui, là, s'est décuplé ces dernières années et qui a progressé à un taux supérieur à la croissance. Donc, il aurait fallu taxer sur le patrimoine. Là, il n'y a pas de taxe sur le patrimoine. Mais ça rapporte beaucoup. Il est très concentré. Je crois que c'est plus de 90 % du patrimoine qui est concentré dans 10 % des ménages.
Mais je pense que c'était trop frontal pour Emmanuel Macron. Parce qu'Emmanuel Macron a baissé les taxes sur le patrimoine. C'était la première mesure. Là, on attaquait, d'un point de vue politique, vraiment, les réformes de Macron. Déjà que là, c'est quand même... Un aveu que la politique de Macron n'a pas fonctionné. Puisqu'on revient sur un certain nombre de choses que lui avait fixées comme des lignes rouges. Donc, il ne fallait pas aller sur le patrimoine, je pense, d'un point de vue purement politique. Mais en termes d'efficacité, on aurait récupéré, par exemple, deux fois plus d'argent que sur la taxe exceptionnelle sur les revenus.
Et on aurait impacté vraiment des gens qui avaient énormément de patrimoine. Ce qui aurait été beaucoup plus juste. Quand on voit l'austérité qui est très dure, quand même, sur l'école, la santé, les gens passent, même les taxes sur l'électricité, il va falloir qu'on éclaircie ça. Parce qu'il y a des gens qui sont inquiets. Et ce qui a été demandé, entre guillemets, demandé ou rattrapé aux plus riches, on voit que, finalement, c'est peut-être les plus pauvres et ou les classes moyennes qui vont payer plus dans cette... Bien sûr. ...effort national. Et ça risque d'être des effets d'annonce. Pourquoi je dis ça ?
Parce que c'est des mesures exceptionnelles, temporaires, etc., qu'on demande aux plus riches en disant s'il vous plaît, etc., alors qu'on rappelle que les plus riches paient moins d'impôts en proportion que les classes moyennes. Alors que du côté des dépenses, c'est quelque chose de structurel qui va s'instaurer dans la durée. Donc, il y a quand même une différence de traitement sur la demande de l'effort. Oui, oui. Bien sûr. Et c'est fait de manière à penser, en fait, que les riches et les entreprises vont contribuer. Parce qu'eux, on les frappe directement.
On les frappe sur le revenu, on les frappe sur leurs profits, alors que les classes populaires, on ne les frappe pas directement, mais on les frappe sur leur service public, qui est un patrimoine. On l'a souvent dit ici, le service public, c'est le patrimoine du pauvre. Mais in fine, ils payent très, très cher. Et puis, vous savez, quand vous êtes très riche et qu'on vous retire une petite partie de votre revenu, il vous en reste encore beaucoup. Si on mettait, par exemple, 10% d'impôts sur tout le monde, 10% d'impôts sur les très riches, vous avez de quoi vivre complètement sur un très pauvre. Parfois, vous basculez dans l'extrême pauvreté.
Donc, en fait, ce que l'on retire aux classes populaires va être beaucoup plus facile. On va se sentir peut-être pas dès les premiers mois, parce que ça ne touche rien à la fiche de paye. Mais dans un an ou deux, on va très vite sentir qu'il y a des problèmes. Et je veux dire, les gilets jaunes, ils manifestaient pour la hausse des prix de l'essence, mais ils manifestaient pour plein d'autres choses aussi. Pour l'abandon des services publics dans les villes, pour les salaires qui n'augmentaient pas, pour les entreprises qui avaient quitté les territoires, les délocalisations.
Il y avait tout un tas d'études qui avaient montré qu'il n'y avait pas que cette hausse de taxes, mais cette hausse de taxes qui avait entraîné, en fait, la colère. Mais derrière, il y avait tout un tas de politiques qui avaient été mises en place dans ces territoires depuis 20, 30 ans et qui n'avaient pas eu d'impact positif pour ces gens. Dans les mesures qui font du bruit aussi, c'est le budget de l'Elysée, de l'Assemblée nationale et du Sénat dont le PLF prévoit une augmentation de plusieurs millions d'euros.
Les pouvoirs publics, l'Assemblée nationale, le Sénat notamment, font leur demande de dotation lors de la construction du projet de loi de finances au gouvernement. Et au titre, encore une fois, de la séparation des pouvoirs, le gouvernement se doit d'inscrire ses demandes de crédit, ses demandes de dotation au sein du projet de loi de finances, donc du budget, sans négociation. Et il appartient ensuite à l'Assemblée nationale et au Sénat lors des débats parlementaires qui auront lieu dans les semaines à venir de trancher et de modifier les demandes initiales qui ont été formulées.
L'austérité, là, c'est pas pour eux ? On a vraiment l'impression que le monde politique est une espèce de caste à part qui se bat beaucoup pour défendre ses postes, qui arrive à se recaser à droite, à gauche, chez Macron. Et on voit beaucoup de gens qui quittent le navire de Macron pour aller trouver une terre d'asile dans certains partis de gauche. Donc, la politique est un monde à part et c'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui refusent de voter, etc., bien que ce soit absolument essentiel. Mais là, c'est une preuve supplémentaire.
On ne peut pas demander aux Français de faire des efforts massifs, de faire un des plus gros plans d'austérité qui n'a jamais été fait en France, qui est l'équivalent, rappelons-le, pour que les gens l'aient en tête, en termes de pourcentage du PIB, équivalent à celui de la Grèce en avril 2010. On ne peut pas faire ça et de l'autre, ne pas s'imposer une cure d'austérité. Vous savez, moi, je me souviens à Yanis Varoufakis quand il était ministre des Finances. Il a fait le tour de l'Europe. Il a voyagé en seconde classe. Il a dit, voilà, c'est l'austérité.
Il y a tout un tas de gens dans des pays même qui n'ont pas besoin de s'inficher des cures d'austérité, comme dans les pays nordiques, qui font très attention au budget de l'État. Nous, on baisse partout, on baisse dans les points les plus importants. Encore une fois, santé, emploi, éducation, sport. Et de l'autre côté, sur l'Assemblée, le Sénat et la présidence, on augmente. C'est quand même pas entendable, ça. Par rapport à ce qu'a dit Maude Bréjean, apparemment, ça va se décider au Parlement. Donc, on va évidemment surveiller ça. Il y a un budget qui a été, entre guillemets, rehaussé. C'est celui de la justice.
On passe de 10,1 à 10,2 milliards, je cite, pour notamment sécuriser les prisons. Michel Barnier, il met toute sa communication autour de l'efficacité de la dépense publique. Si on la réduit, c'est pour qu'elle soit plus efficace, etc. Est-ce que sur la justice, c'était le plus urgent de construire des places de prison ? Non, mais déjà, sur la justice, il y a une augmentation, mais elle est beaucoup moins élevée que ce qui était prévu au départ. Parce qu'effectivement, la justice aussi, il y a un gros problème de personnel, encore une fois. Et ils avaient demandé qu'il y ait un peu plus de personnel, notamment pour qu'on puisse avoir une justice qui soit moins lente sur certains dossiers.
et ça avait été prévu et puis finalement, ça augmentera, mais moins vite que ce qui était prévu au départ. En fait, le budget qui augmente significativement, c'est le budget de la sécurité et des armées. Bon, on a un contexte géopolitique qui est quand même très particulier. Ne l'oublions pas. Il y a la guerre aux portes de l'Europe. Nous savons, avec cette guerre, que nous avons une armée qui très rapidement aurait des problèmes de consommation intermédiaire si elle était en guerre. Donc, aujourd'hui, la plupart des pays se réarment et c'est une question géopolitique qu'il faut également traiter. Le seul problème, c'est qu'il y a plein de chantiers.
Je veux dire, nous sommes face à une trentaine d'années où la dépense publique a augmenté beaucoup moins vite que les années précédentes. Et là, elle va encore augmenter moins vite. Donc, il y a plein de choses à traiter. L'éducation est à traiter. La recherche est à traiter. La santé est à traiter. L'innovation, les investissements sont à traiter. Les services publics dans beaucoup de villes sont à traiter. La sécurité, pour beaucoup de villes, certains redemandent un retour de la police municipale, police de proximité, etc. Il va y avoir besoin d'un certain nombre de fonds. Mais après, il faut voir où est-ce qu'ils sont alloués. Et puis, il ne faut pas que ce soit...
Enfin, on ne peut pas... Je ne sais pas comment on établit cet ordre en disant que telle chose est plus prioritaire que l'éducation. Donc là, il y a vraiment des choix politiques qui ont quand même été faits. Oui, les syndicats, le syndicat de la magistrature, etc., les personnels de justice, en fait, demandent surtout des moyens pour permettre de faire justice sans biais, dans des bonnes conditions, etc. Et que c'est prouvé. Plus on construit des places de prison, plus on met plus de gens en prison. En fait, ça ne règle pas du tout le problème. Mais après, il y a quand même des investissements qui doivent être faits dans nos prisons. Investissement, oui, mais là, c'est une nouvelle place.
Oui, bien sûr. Mais une nouvelle place, quand on lit des rapports, si vous êtes trop nombreux dans certaines cellules, ça peut désengranger un certain nombre de cellules. Il faut voir pourquoi c'est fait. Voilà, c'est ça. Et avec le tailleau, il va falloir aller plus loin. Les gardiens de prison sont très mal payés. Les prisons sont dans un état qui ne devrait pas être acceptable dans la cinquième ou sixième puissance, dans la sixième puissance mondiale. Et il y a une surpopulation carcérale, notamment dans les cellules. Et là, il va falloir désengorger ça aussi. Alors, on disait au tout début, ce budget a pour objectif de réduire le fameux déficit.
Sauf qu'il est calculé en pourcentage du PIB. Maxime Combe, économiste, alerté, le budget 2025 organise un choc récessif d'environ 2% du PIB qui aura sûrement un effet négatif sur l'activité en 2025 et in fine, une baisse des recettes fiscales. Le tout en sacrifiant les malades, les services publics et la transition écologique. Rien ne va. Ce que je me demandais, moi aussi, c'est si on baisse le PIB, ça ne va pas remplir l'objectif de réduction du déficit vu que c'est en pourcentage du PIB. Est-ce qu'on n'est pas un peu dans le serpent qui se mord la queue ? Si, mais c'est ce qu'on a dit la semaine dernière.
Là, ce que dit Maxime Combe, très bon économiste et que j'apprécie beaucoup, il dit exactement ce qu'on a dit la dernière fois. C'est-à-dire que c'est un choc d'une grande ampleur, l'ampleur de la Grèce qui va avoir un impact sur l'économie. Ce qu'on a dit la semaine dernière c'est que nous allons rentrer en récession. Si le plan est appliqué là, nous rentrons en récession, c'est sûr. C'est-à-dire que tout le monde le chiffre aujourd'hui, y compris, parce qu'il y a une époque où il y a eu ce qu'on appelait ceux qui croyaient en l'austérité. C'était l'austérité expansive. Ils pensaient que si on faisait une austérité, ça allait relancer l'économie. C'était en 2010.
Ils se sont rendus compte que ce n'est pas du tout le cas. Aujourd'hui, plus personne n'est de cette école. Mais ils vous disent, ils vous chiffrent là, tous les économistes, Banque de France, etc. Ils vous chiffrent l'impact que ça va avoir sur la croissance. Certains parlent de 0,6 point. Mais on est sur des prévisions. S'il est appliqué, on va avoir une perte de croissance, c'est sûr. On va rentrer en récession quasiment sûre. Ça veut dire que le PIB va augmenter moins vite que prévu. Et il est possible qu'après, les déficits en pourcentage de PIB, la dette en pourcentage de PIB ne diminue pas, mais augmente. Ça a été le cas pour la Grèce.
La dette en pourcentage de PIB a augmenté en Grèce. Donc, vous voyez, c'est ça en fait. Quand vous avez des mesures et que vous n'avez pas l'effet escompté, finalement, votre taux reste le même. Par exemple, le taux des prélèvements obligatoires qui est souvent mis en avant. On vous dit souvent, oui, vous savez, en France, on a un taux de prélèvement obligatoire de 45,1, qui est plus de 45 %. Quand on regarde en 2017, avant que Macron arrive, ce taux de prélèvement obligatoire était à 45,1 %. Il baisse de 70 milliards les impôts. Et aujourd'hui, quel est le taux de prélèvement obligatoire ? Eh bien, il est de 45,3 %. Il a augmenté. Il a augmenté en pourcentage de PIB.
Pourquoi il a augmenté ? Parce que l'impact sur le PIB n'a pas été escompté, malgré les 70 milliards de baisse d'impôts. Donc, oui, tout à fait. Il est possible qu'on ait des déficits qui augmentent, une dette qui augmente et qui va justifier d'autres plans d'austérité comme ça a été le cas pour la Grèce. Et rappelons-le, la Grèce aujourd'hui a le même niveau de richesse qu'en 2001. Donc, c'est-à-dire qu'elle a perdu comme si elle a perdu 22 années de croissance. C'est l'inverse de toute évolution de l'économie qui doit s'enrichir année après année. Justement, tu parles du bilan d'Emmanuel Macron. Est-ce qu'on ne devrait pas l'événement précédent pour l'état des comptes qu'il nous laisse ?
Si, c'est ça. Parce qu'on n'entend plus parler de Bruno Le Maire, là. Ah oui, ni de Bruno Le Maire, ni de Macron. Vous vous rendez compte, quand même, là, je veux dire, ce budget désavoue complètement la politique de Macron. Il désavoue complètement. Je ne sais pas comment on va finir le quinquennat de Macron s'il finit. Parce que là, on ne sait pas. Parce que vous vous rendez compte, là, qu'est-ce qui se passe ? Alors, ce budget, moi, je suis plutôt opposé à ce budget parce qu'il va nous amener à la récession. Mais s'il n'est pas voté, qu'est-ce qui se passe ? Si le pays est bloqué, c'est l'instabilité politique.
Si l'instabilité politique dure trop longtemps, là, on va avoir un problème avec les marchés financiers. Là, on va avoir un problème avec les agences de notation. Et là, les taux vont effectivement augmenter. Parce que les gens aiment nos dettes. Les gens ne voient pas de problème majeur à notre pays. Mais s'il y a une instabilité politique, là, il va y avoir un problème. Vous voyez ? Et franchement, il est possible que je ne sais pas comment ça va finir. Mais là, Macron est complètement désavoué dans sa politique, dans sa politique économique, dans les urnes, il a été désavoué. Je ne sais pas ce qui va rester du macronisme, mais pas grand-chose.
Il va rester quelques familles qui se sont devenues, quelques entreprises qui sont devenues extrêmement riches grâce à lui. Mais le reste du pays va être par terre. L'examen du budget commence mercredi en commission des finances, puis les débats à l'Assemblée nationale le 21 octobre. Merci, Thomas. Et merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique, de direct par jour, du terrain, du reportage, mais aussi de l'enquête. Le média, c'est 25 travailleurs et travailleuses qui produisent de l'information au quotidien.
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