20 heures : [émission du 8 mars 2009]
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Temps de parole
- Présentateur78 %
- Invité4 %
- Invité 24 %
- Locuteur 43 %
- Invité 32 %
- Invité 42 %
- Locuteur 92 %
≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il est 20h, voici les titres de l'actualité de ce dimanche soir. Nous reviendrons sur ce dramatique accident. Hier soir, après le match Lille-Lyon, un RER a percuté un groupe de supporters à leur sortie du Stade de France. Ils s'étaient aventurés sur la voie et le bilan est de deux morts, deux adolescents et onze blessés. Elie Domota réagit à l'enquête judiciaire pour provocation à la haine raciale. Enquête lancée à son encontre par le parquet de Pointe-à-Pitre. Vous entendrez le leader Guadeloupé du LKP. Le spectre des années noires en Irlande du Nord. Deux soldats britanniques ont été tués en Ulster à la suite de l'attaque d'un commando.
Maryse Burgot nous expliquera si la paix pourrait être menacée ou s'il s'agit d'un action isolé. La partie magazine de votre journal ce soir avec notre invité Vincent Lindon qui vient nous parler d'un film qu'il aime. Welcome, signé Philippe Luret. Il nous entraîne dans l'univers des clandestins qui rêvent d'un Eldorado. Notre grand format nous emmènera justement à Calais, rencontres et témoignages à suivre. La fin des vacances de février est l'heure des bilans. Les petites stations de ski au prix attractif. Hier vous le verrez, leur épingle du jeu. Enfin le sport et la France qui chute au coup de dévisse. Le football et les résultats de la Ligue 1. Paris talonne Lyon.
L'OL qui jouera mercredi contre le Barça. Nous irons en Catalogne à la découverte de ce club exceptionnel. Bonsoir à tous et merci d'être avec nous. Que s'est-il passé hier soir après la rencontre au Stade de France entre Lyon et Lille ? Comment des supporters lillois se sont retrouvés sur les voies du RER ? Il était 23h45 lorsque l'accident a eu lieu. Une rame a alors percuté plusieurs personnes. Le bilan est lourd. Deux adolescents ont été tués et onze personnes ont été blessées. Apparemment le groupe s'était perdu. Le point ce soir. Aurélia Guimain, Mathieu Niven-Gloski et Marie Cazot. Appés par le RER, les victimes sont évacuées tant bien que mal dans l'obscurité des lieux.
Le choc a été tel que les pompiers sondent même le canal en contrebas, pensant que quelqu'un a pu être projeté. Ce RER rentrait du dépôt lorsqu'il a percuté un groupe de personnes qui longeaient la voie. Le conducteur n'a pas pu les éviter. La nuit, il fait noir. C'est un endroit qui est un endroit de circulation, c'est un endroit technique. Donc il n'y a pas de lampalais. Il est dans le noir. Tout à coup, il a dans sa vision, dans son champ de vision, une forme, des formes humaines. Ça va très vite, ça ne dure même pas une seconde. Au Stade de France, le match Lyon-Lille venait de s'achever par un feu d'artifice.
Alors que la foule se dirige massivement vers cette gare RER, un petit groupe de supporters lillois s'aventure sur la voie.
Ils voulaient récupérer le bus, mais ils sont passés sur les rails. Je trouve ça bizarre quand même qu'ils montent là-haut parce qu'il s'est fermé là déjà.
Entre le Stade de France et le parking des autocars, quelques centaines de mètres à parcourir et une voie ferrée à contourner. Malgré les consignes des Stadiers qui balisent le parcours, les supporters lillois se sont-ils perdus ? Ont-ils eu peur de manquer le départ du bus qui devait les reconduire dans le nord ? En tout cas, le raccourci emprunté a coûté la vie à deux adolescents de 10 et 18 ans.
La priorité absolue pour nous, c'est d'expliquer, d'expliquer, d'expliquer encore qu'une voie de chemin de fer, c'est toujours un lieu danger. Toujours un lieu de danger de mort. Et qu'on ne peut pas franchir cela sans y être invité expressément par un agent de la SNCF.
Le bilan est lourd. Deux morts et onze blessés, dont trois hospitalisés dans un état grave. Alors on vient de le voir, le président de la SNCF a donc très vite réagi. Guillaume Pépi qui a reconnu qu'il s'agit d'un accident sans précédent. Réaction de la maire de Lille également, Martine Aubry, qui a exprimé sa solidarité avec les familles de victimes. Dans le nord, cet après-midi, Sophie Rodier et Dominique Masse sont allés à la rencontre des supporters, mais également des proches des victimes.
Tous les deux habitaient Outreau. Jordan, 10 ans, et Sullivan, 18 ans. Depuis ce matin, leurs amis se retrouvent dans le quartier pour évoquer leur mémoire. Quand on a su ça, il y a eu des larmes et puis de quoi. Alors voilà, on a eu le corps troublé. C'est pour ça qu'on est tous rassemblés pour eux. Sur le mur, un graffiti a été tracé en souvenir du petit garçon. Sa famille habite à l'immeuble. Dans l'accident, son père, son frère et sa sœur ont tous été blessés. Jordan et Sullivan étaient licenciés du club de football d'Outreau. Le maire vient d'apprendre la nouvelle.
On est encore sous le choc et avec mes collègues, bien sûr qu'on va faire le maximum pour leur apporter, pour apporter aux deux familles notre soutien. Tous les supporters lillois accusent le coup jusqu'au président du club. C'est un drame humain. Donc nous sommes de tout cœur avec ces gens qui vivent ce drame épouvantablement. Toutefois, les supporters qui étaient hier soir au Stade de France ne sont pas surpris par l'accident. Tout le monde se dépêche à rentrer. Il y a des mouvements de foule. Les gens se perdent. Et après, ils font n'importe quoi. On passe au-dessus du périphérique. On passe en ligne de chemin de fer. Et puis après, malheureusement, il arrive ce qui arrive.
Aujourd'hui, ces supporters demandent le réaménagement des abords du Stade de France.
Direction la Martinique, maintenant, où le début du week-end avait été marqué par des affrontements entre jeunes et gendarmes. La tension sociale est bien réelle sur place. Et ce sont des médiateurs qui tentent parfois de calmer les esprits au sein de la population. Comme vous allez le voir dans le reportage à Fort-de-France de Julien Beaumont et José Boulestex. Première étape des médiateurs, cet entrepôt. Lors des affrontements de vendredi soir, un incendie a éclaté ici. Peu de dégâts car des encadrants du quartier sont intervenus aussitôt.
Comme ils connaissent le quartier très bien, ce sont les grands frères, comme on a vu tout à l'heure. Donc il n'y a pas de soucis pour pouvoir faire le travail. Et c'est ce qui a permis que le bâtiment n'a pas pris feu.
Direction ensuite le lotissement HLM Mont-Gérald. Ici, comme dans tous les coins chauds, la ville de Fort-de-France s'appuie sur des grands frères. Un dispositif qui fonctionne depuis plus d'un mois. Tous ont multiplié ces derniers jours les messages d'explication.
On a fait un travail de communication avec les jeunes. C'est-à-dire qu'on a dit que ce n'est pas la peine de faire tout ça, que ça va se régler. On a parlé, on a parlé, on est humain, on parle, c'est la communication. Donc après ça a fait son travail tout seul et puis que bon, ça s'est calmé. A l'écoute de la population, ils ont aussi saisi une lassitude générale face à une situation qui n'évolue pas.
Il faut que ça s'accepter, parce que ça va dégénérer, ça va aller trop loin. Alors il faut que tout se calme, pour que tout se calme, pour que tout soit d'accord. Les patrons, comme vous dit, vous voyez, parce que ça n'a pas fini loin. Et c'est tout le monde qui va en payer.
Dernière action, récente, des sorties en mer entre jeunes des quartiers et médiateurs. Le meilleur moyen de faciliter le dialogue.
Ils les font faire de la gueule, aller en mer, calmer le jeu comme ça. C'est une très bonne relation avec la nature. Et sur ce cadre-là, cet environnement, c'est un bon exutoire aussi. Voilà. Hop, hop, hop, hop, hop, hop, hop.
Calmer le jeu après plus d'un mois de grève. Voilà ce que beaucoup attendent ici. Et surtout, tous espèrent que les négociations vont aboutir au plus vite. Les Antilles toujours et cette enquête judiciaire qui a donc été ouverte après une interview d'Elido Mota devant les caméras de télé Guadeloupe. Les gendarmes ont saisi les cassettes de cet entretien. Et le parquet de Pointe-à-Pitre va s'interroger sur ses propos. Le leader du LKP a affirmé que si les entrepreneurs refusaient d'appliquer l'accord négocié, ils devraient quitter la Guadeloupe, ajoutant qu'il ne laissera pas une bande de béquets rétablir l'esclavage. Alors, Elido Mota a-t-il été trop loin ?
Benoît Duquen l'a rencontré à Pointe-à-Pitre. On l'écoute.
Est-ce que c'est des propos que vous dites, je suis allé un peu trop loin, en disant que ça irait faux, ou bien que vous le maintenez aujourd'hui ? Écoutez, ces propos, il ne faut pas les retirer de leur contexte, premièrement. Deuxièmement, ce ne sont pas du tout des propos racistes, ce sont des propos qui reflètent la réalité sociale, économique, culturelle et historique et sociologique de la Guadeloupe. Nier cet état de fait, aujourd'hui, je crois que c'est fait preuve de racisme à notre égard, nous les Guadeloupéens d'origine africaine et indienne.
On a quand même l'impression dans votre discours qu'il y a quelquefois justement un double discours, très conciliant avec les médias nationaux, très conciliant avec l'extérieur et puis très dur éventuellement à l'intérieur et très pousse au crime à l'intérieur.
Non, non, non, je crois que c'est ce que les gens veulent faire croire, mais aujourd'hui, je crois qu'il ne faut pas nier que les rapports en Guadeloupe sont construits sous des rapports de classe et de race depuis 400 ans et ces rapports persistent. Alors aujourd'hui, s'il faut aller les expliquer devant un tribunal, nous sommes sereins, nos avocats sont saisis de cette affaire-là et nous sommes prêts.
Et demain soir à 22h10, ne manquez pas le magazine Complément de requête qui reviendra sur la crise dans les Antilles. Dans l'actualité à l'étranger, on avait presque oublié ce conflit historique et il vient de ressurgir avec l'assassinat hier soir de deux soldats britanniques dans une caserne en Irlande du Nord. Ils ont été tués par un commando qui se revendique de l'Ira authentique. Alors, s'agit-il d'un acte isolé ou d'un vrai regain de tension dans la province d'Olster à Londres ? Marie-Sburgo. Catholiques et protestants ensemble ce matin sur les lieux de l'attentat. Une manifestation spontanée de soutien aux familles des soldats assassinés.
Certains sont trop jeunes pour avoir vécu les années de plomb en Irlande du Nord, mais tous sont là pour dire leur attachement aux accords de paix. C'est absolument ridicule. Les gens qui font cela ne sont pas des êtres humains. C'est tragique. On ne veut pas que tout cela revienne. On en a eu assez. Assez d'un conflit sanglant symbolisé par ces murs de séparation. 3 600 morts. Belfast transformé en champ de bataille et des attentats quotidiens. Les protestants se battaient pour rester rattachés à la couronne britannique. Les républicains catholiques voulaient une réunification avec l'Irlande.
Il faudra plus de 3 décennies de guerre pour qu'enfin les leaders des deux camps signent la paix et partagent le pouvoir. C'est alors un succès personnel pour Tony Blair, d'où l'extrême fermeté ce matin de son successeur. Aucun assassinat ne pourra faire dérailler le processus de paix qui a le soutien de la majorité des Irlandais du Nord. Les catholiques du Sinn Féin condamnent eux aussi ces attentats. Les soupçons se portent ce soir sur des groupuscules opposées à la paix. Selon la police locale, la menace de ces quelques groupuscules républicains dissidents serait remontée ces dernières semaines à un niveau très élevé.
Des membres des forces spéciales britanniques seraient d'ailleurs de retour en Irlande du Nord. La provocation du jour, elle est signée du président soudanais Omar El-Bechir qui est poursuivi, vous le savez, depuis cette semaine par la Cour pénale internationale. Et bien, il a menacé aujourd'hui les ONG, le corps diplomatique et l'ONU en dansant. Et cela lors d'une visite au Darfour. Dans son discours, il leur a rappelé qu'il devait respecter les lois locales et qu'à défaut, il serait expulsé. En bref et en image toujours, le pape Benoît XVI a annoncé ce matin lors de la prière de l'Angélus qu'il se rendrait en Israël du 8 au 15 mai prochain.
L'officialisation de ce voyage intervient quelques semaines après la polémique provoquée par la levée de l'excommunication d'un évêque intégriste qui a nié la Shoah. 20h10, merci d'être avec nous à suivre ce soir le succès des petites stations de sport d'hiver cette année. Nous verrons pourquoi notre grand format lié à la sortie d'un film « Welcome » qui revient sur les sorts des clandestins à Calais, qui revient d'Eldorado, Vincent Lindon et notre invité. Un dimanche de sport, les résultats du week-end et puis nous irons à Barcelone découvrir un club atypique, le futur adversaire de Lyon en Ligue des Champions.
Mais avant cela, cet accident sur une route du Gers près du village de Ville-Contale où plusieurs cyclistes ont été renversés par une voiture ce matin. Un homme a été tué, cette autre personne blessée gravement lors de la collision. Le conducteur du véhicule, un militaire de 23 ans, a été contrôlé positif à l'alcool et a été placé en garde à vue. Un dimanche soir de fin de vacances de février. Demain matin, toutes les académies auront repris le chemin de l'école. Certains ont pu profiter de la montagne et sachez que ce sont les petites ou moyennes stations de ski qui attirent de plus en plus de monde et les prix attractifs ne sont que l'une des clés de ce succès.
Exemple, dans le Vercors, à Méaudre, Benoît Gadret, Philippe Évec. C'est le dernier week-end des vacances d'hiver et les conditions d'enneigement restent excellentes pour la saison. 1,50 m de hauteur à 1 600 m d'altitude, il a encore neigé ces dernières 48 heures. Près de 50 cm tombés en une seule nuit.
C'est une petite station, agréable, pas trop chère et les moniteurs sont super cools. Donc bon, pour nous, avec les enfants, ça va très très bien.
De la neige et un coût de séjour abordable. Voilà pourquoi Méaudre ne connaît pas la crise. Plus de 30% de chiffre d'affaires pour les remontées mécaniques.
Et des cours de ski surfréquentés. Les 25 moniteurs ont connu un hiver sans répit.
Nous avons eu une nouvelle clientèle qui est arrivée sur Méaudre. Des clients qui allaient généralement sur les stations un peu plus importantes. Et vu la crise, ils se retrouvent chez nous. Et c'est tant mieux pour la station de Méaudre.
Cet engouement pour les stations village profite aux commerçants. Ce loueur de ski, par exemple. Son chiffre d'affaires est en hausse de plus de 20%.
C'est une très bonne saison, longue. Donc elle a commencé début décembre. Il y a encore de la neige pour faire peut-être bien 15 jours. Donc oui, c'est une bonne saison.
Les activités hors ski bénéficient également d'une bonne fréquentation. Comme ce centre de bien-être, ouvert il y a seulement 3 mois.
Cette association de froid et de chaud, en hiver, comme ça, c'est le top. Ça marche bien pour moi. Ça marche bien.
Avec le réchauffement climatique, les stations de moyenne montagne paraissaient menacées.
La question est maintenant de savoir si cet hiver froid n'était qu'un écran de fumée.
Notre invité ce dimanche soir, c'est Vincent Lindon. Bonsoir, merci d'être avec nous. Vous êtes là pour nous parler d'un film qui vous tient à cœur. Il s'appelle Welcome. Il revient sur la situation des clandestins à Calais. Des hommes qui rêvent de passer de l'autre côté de la Manche après avoir effectué des milliers de kilomètres. Commençons ce soir par un reportage. Vincent Nguyen et Jean-Sébastien Desbordes pour 13h15 le samedi s'étaient rendus à Calais. Ils ont rencontré des bénévoles qui aident ces immigrés à survivre. Voici le grand format de ce soir. On se retrouve juste après. L'Angleterre est en face à 30 petits kilomètres.
Et Londres appelle des centaines d'hommes et de femmes venus de pays où il ne fait pas bon vivre. Et qui voudraient, cachés dans des camions, dans le ventre de ces bateaux, passer la Manche. En fermant le centre d'accueil de Sangatte il y a six ans, la France pensait régler le problème. Mais les migrants se sont cachés dans les bois autour de Calais. Ils ont surnommé leur campement Jungle et c'est resté. Maintenant, des jungles, il y en a un peu partout dans le nord. Et tant pis s'il n'y a pas d'arbre. Ici, ils sont 25, tous érythréens. Mais vous y verrez aussi quelques Français. Louise n'habite pas là, non. Mais elle vient tous les jours. En voisine.
C'est ma maman.
C'est la qui est une maman.
Moi, les gens me disent Maman Louise. Maman Louise. Je les aime trop. C'est ça la vie.
Merci. La vie, c'est un bon café et des amis. Et dans le coin, les migrants en comptent une quinzaine. Deux fois par semaine, Marie-Claire, Claude, Lily, Elisabeth prennent leur voiture et emmènent Jonas, Jombi, Futsum ou Salama. Ils les emmènent à la douche. Aider les clandestins, c'est pas vraiment légal. Mais Jérémy et les autres ont choisi de flirter avec les limites de la loi. Par humanité. Une savonnette et un peu d'eau, ça peut être le plus beau des cadeaux. Leur voyage a duré parfois des années. Le Soudan, la Libye, puis l'Italie, où on les affichait et relevait leurs empreintes. Espérant avoir la paix une fois en Angleterre, certains s'esquintent l'identité à coups de rasoir.
Ne plus être pour être libre. L'Angleterre a tout pris. Le téléphone, Monique, c'est son truc.
A 32 o'clock, ok ?
This evening, no problemes, il n'y a jamais de problème. Bye bye !
Chaque jour, elle repart du camp les mains pleines de portables pour les recharger. Quand elle est chez elle, Monique, dans son intérieur douillet, elle ne peut pas s'empêcher de penser au camp, à la pluie, au froid. Et elle se dit que les téléphones, c'est un peu de chaleur.
Bah, ils téléphonent à leur famille, et puis bon, ils écoutent la musique, hein, le soir.
En attendant, euh, minuit de partir au parking, ils écoutent un peu de musique. Moi, j'entends dire qu'elle ferait pas mal et de faire son travail à la maison, plutôt que de s'occuper des étrangers, moi-ci.
Ça me blesse quand même, hein, quand on entend des propos, euh... Mais enfin, on continue.
Faut passer au-dessus de tout ça, parce que sinon, il n'y a plus personne qui va les aider. Dans le Nord-Pas-de-Calais, il y a des gens qui aident, ceux qui rêvent d'ailleurs. Et puis des rêveurs, qui pour enfin répondre à l'appel de Londres, attendent le feu vert du ciel. Voilà Vincent Lindon, un reportage qui fait écho au film de Phil Pluré. Juste pour information, cette femme, Monique, qu'on vient de voir dans le reportage, a été placée en garde à vue durant 9h, tout simplement parce qu'elle aide... Faut savoir que la loi française est particulière, en tout cas, il y a un article du Code pénal, c'est ça qui précise qu'on peut pas aider...
On peut pas venir en aide à une personne qui est en situation irrégulière. Alors, euh... On est passible, la loi dit qu'on est passible de 5 ans de prison et de 30 000 euros d'amende. C'est vrai qu'elle n'est pas appliquée. Mais c'est pas parce qu'elle n'est pas appliquée qu'elle ne peut pas être appliquée. Et le meilleur moyen qu'une loi ne soit pas appliquée, c'est qu'elle n'existe pas. Mais des bénévoles, comme cette dame et comme d'autres... L'association de terre d'errance qui fait beaucoup de choses. Oui, comme Salam, il y a plein de bénévoles. Ce rôle est joué par mon épouse dans le film, Marion. Et ces gens-là, aussi, font la garde à vue de temps en temps.
Et il faut savoir que c'est terrible de faire la garde à vue. On vous prend 4 heures, 8 heures, 16 heures, 32 heures, et si on est 32 de trop, 16 de trop, 8 de trop, juste parce qu'ils viennent en aide à des gens. On peut pas, je pense, enlever le droit à quelqu'un d'avoir de la compassion pour quelqu'un d'autre. On peut ne pas le faire. On peut pas punir quelqu'un qui le fait. Je vais reprendre une phrase qu'on a souvent entendue. En même temps, la France, Calais, ne peut pas accueillir toute la misère du monde. C'est une phrase que vous avez dû entendre depuis quelques temps. Virgule, c'est une phrase de Michel Rocard. Virgule, mais il faut y amener sa part, ou en faire le maximum.
Je ne sais plus exactement quels sont les vrais termes de Michel Rocard, mais il y a une virgule, on ne donne jamais la deuxième partie. Ben, non, mais Pierre de Coubertin disait, l'important, c'est de participer. Il faut faire le plus possible, le mieux qu'on peut. Et ce qu'on peut faire, moi, je n'ai absolument aucune prétention de réguler les flux migratoires.
Mais par contre, je pense que puisqu'ils sont là, puisque ces gens sont là à Calais, mais il y a d'autres endroits où il y a des migrants, mais à Calais, ben, essayer d'avoir un peu de respect, de dignité, de faire en sorte que de toute façon, puisqu'ils sont là, c'est mieux qu'ils aient chaud, c'est mieux qu'ils aient à boire, c'est mieux qu'ils aient à manger que le contraire. C'est mieux et c'est obligatoire. On va continuer de parler de tout cela. Voilà pour la réalité. Mais est-ce que Welcome est vraiment, vraiment une fiction ? Vous allez nous le dire. Film très touchant, signé Phil Pleuré. Avec vous, donc Vincent Lindon, le film avec Pascal Deschamps et Yann Moine.
Et on se retrouve juste après. Bilal, un jeune cure d'échouer à Calais, veut rejoindre la fille qu'il aime en Angleterre. Ça pourrait être une histoire vraie, car dès Bilal, il y en a des milliers. C'est vrai que ce qui se passe à Calais aujourd'hui, c'est un peu notre frontière mexicaine à nous, que c'était riche d'une dramaturgie forte, et que je suis allé voir de plus près pour essayer d'aller au fond de cette dramaturgie. Entre Simon, le maître nageur, et le jeune homme, se noue une relation d'amitié. Welcome, ou quand le migrant n'est plus une silhouette anonyme, dans un journal télévisé, mais un individu qui vous ressemble. C'est des mecs que je dépanne.
On a tous des peurs, on a tous des forces, des fragilités, et donc en se plongeant dans le personnage de Bilal, on se retrouve. Donc on se dit, ça pourrait être moi. Donc on se sent concerné. Qu'est-ce qui se passe ? Il se passe que monsieur fait venir les clandestins dans l'immeuble et qu'il... C'est bon, ça va. Non, ça va pas. Regardez ça dans quel état il est. Ils sont crassés, ils ont la gale et ils volent. Moi, je vous préviens, j'appelle le syndicat. Vas-y, appelle-le. Pour jouer Bilal, le réalisateur a auditionné des centaines de jeunes avant de choisir un gamin de la banlieue parisienne, qui a lui aussi découvert une réalité.
De montrer ça au cinéma, je trouve que ça fait ouvrir les yeux aux jeunes qui sont là, qui se laissent un peu aller. Il faut se rendre compte aussi que dans la vie, il y a des gens qui en chient. Vous allez être mis en examen à monsieur Calma pour aider la personne en situation irrégulière.
Un grand sujet traité à hauteur d'homme. Avec cette histoire simple que les acteurs servent avec tout leur cœur, Welcome ira droit au vôtre. Vincent Landon, d'abord j'ai l'impression que ce film vous a secoué, touché plus qu'un autre. Oui, il m'a secoué. Ça s'est passé parallèlement avec le personnage. Au début, moi j'ai voulu faire ce film pour des raisons d'acteur. J'ai trouvé que le rôle était absolument formidable. Le scénario ? Le scénario était propice à une grande dramaturgie et à un film romanesque où il y a deux histoires d'amour qui se heurtent à l'absurdité du monde. Ensuite, il se passe quelque chose quand vous arrivez à Calais ?
Et ensuite, quand j'arrive à Calais, entre lire un film qui se passe à Calais et arriver à Calais, c'est pas pareil. Et j'étais sur les lieux du crime. Et donc tout d'un coup, c'est vrai que j'ai réagi comme acteur comme le personnage Simon réagit dans le film. Au départ, il apprend à nager à un jeune kurde pour essayer de reconquérir la femme qu'il aime et qui est en train de le quitter. Avec une vraie distance au départ. C'est la raison de départ. Mais après, il tombe sur un jeune homme de 17 ans qui est peut-être un fils qu'il n'a pas eu, peut-être lui quand il était jeune. Il y a l'espoir, la force. C'est un jeune kurde qui est prêt à tout.
Voilà, son radeau, c'est aller en Angleterre pour une histoire d'amour d'ailleurs. Exactement. Mais il veut le faire, enfin pas n'importe comment, à la nage. Alors qu'avant d'arriver, il savait à peine nager. Et c'est vous qui allez lui donner ses cours pour essayer de venir en aide à une personne en situation irrégulière, en lui apprenant à nager, en l'aidant à traverser la Manche et aussi en le recueillant chez moi. Et c'est l'histoire d'amour amical entre ces deux hommes aussi dont il est question.
Est-ce que cela veut dire que désormais on vous verra dans des films plus, on va dire, plus politiques ou au contraire vous vous dites, bah écoutez j'ai fait ce film-là, maintenant j'aimerais bien faire une bonne comédie, ça me fera du bien. Ça sera aucun des deux, je ferai le film qui m'arrivera et qui me plaira. J'ai envie de, mon métier c'est acteur, c'est d'interpréter des personnages, ce que je demande c'est qu'ils soient insérés dans des très grandes histoires et j'espère que j'en verrai d'autres et j'en croiserai d'autres comme ça. Mais non, je vais pas m'arrêter là non plus. Non, il n'y aura pas de stop dans cette carrière, j'espère en tout cas.
Vous pouvez généralement pas regarder vos films, c'est ça je crois ? Vous aimez pas ça parce que vous avez peur de pas vous trouver bon ? Parce que ça me regarde plus, ça me regarde pas, je n'ai pas le recul, je sais pas si vous avez remarqué, mais quand on n'est pas en forme, il suffit qu'on sorte et que les gens vous disent, bah écoute je se trouve très bien et inversement des fois on se trouve très bien, on se dit ce soir, ça va bien se passer et les gens me disent, mais c'est bizarre, t'as mauvaise mine. Donc j'en ai déduit que j'avais pas un bon recul sur moi et donc je préfère ne pas me mêler des films que j'ai faits une fois qu'ils sont faits.
J'ai vu celui-là, j'ai pleuré, j'ai adoré, mais je ne les revois pas à outrance, voilà. En tout cas vous pouvez l'aimer celui-là, vraiment, c'est un film simple, beau et touchant, Welcome qui sent mercredi sur les écrans. Merci beaucoup, Vincent Lagoon, d'être venu sur le plateau, vous pouvez rester avec nous. Comme chaque semaine on regarde le box-office des sorties cinéma avec 4 films, anglo-saxons en tête, Watchmen, les gardiens, film américain adapté d'une bande dessinée, puis une comédie avec Jennifer Aniston, Marley et moi. Bon démarrage pour Harvey Milk, un film de Gus Van Sant pour lequel Sean Penn a eu l'Oscar du meilleur acteur.
Et enfin, La Chance for Love, une romance londonienne avec Emma Thompson et Dustin Hoffman. Vous avez le temps d'aller au cinéma, encore en salle ? Ah oui, oui, je vais très souvent au cinéma. Alors le sport ce dimanche, vous aimez le sport, oui ? Oui. Alors une drôle de désillusion en tout cas pour l'équipe de France de tennis. On nous annonçait les nouveaux mousquetaires, et bien ils ont été défaits dès le premier tour. En Tchéquie, Gilles Simon s'est incliné cet après-midi en 3-7 face à Radek, Stépanek. Voilà le football avec un mot de la Ligue 1, avec la victoire de Rennes ce soir de A0 face à Auxerre.
Et puis le Paris Saint-Germain, lui qui s'est rapproché hier soir de Lyon, en tête du classement après sa victoire 1-0 à l'Orient. Très beau but signé Ludovic Diouli. Un point seulement, c'est par le PSG de l'Olympique Lyonnais. Les Lyonnais qui retrouveront en Ligue des Champions le FC Barcelone cette semaine un huitième de finale face à un club mythique en Catalogne. Le Barça, c'est une religion. Reportage sur place, Manuel Tissier et Jean-François Monnier. Au bout de cet escalier, les Lyonnais ont un immense défi à relever. Face à eux, en lettres d'or, ils vont découvrir la devise du FC Barcelone, plus qu'un club.
Les plus grands joueurs du monde ont porté la tunique bleue et grenat, de Johan Cruyff à Diego Maradona. En passant par Ronaldo, Figo et Ronaldinho. Leur prouesse habite encore le plus grand stade d'Europe et ses 98 000 places que l'on visite comme un monument.
Je m'attendais à voir ça, un stade gigantesque et magnifique. Je suis tellement heureux d'être ici. C'est un mythe de venir voir ce stade, c'est quand même très important.
Barcelone, capitale de la Catalogne. Un million et demi d'habitants, 100 000 socios. Ils sont les propriétaires à part entière du club. Des sociétaires qui ne manquent aucun match. Ce soir-là, c'est la panique dans l'une des 400 peignas de la ville.
La télé est en panne et le Barça joue sa place en finale de la Coupe du Roi.
Johan Pérez a 70 ans. Il est socio depuis 60 ans. La carte de socio se transmet de père en fils. Elle ne s'achète pas. Pendant la dictature de Franco, les socios catalans avaient interdiction de se regrouper. Le Barça est devenu un symbole. La façon que l'on avait d'être indépendant durant les 30-40 ans du franquisme, notre seul rayon de soleil, c'était le sport. Le foot avec le Barça. Le cyclisme avec le Tour de Catalogne. Et pendant toutes ces années, Franco a voulu tuer le Barça et le Tour de Catalogne. Mais il n'a jamais réussi. Soulagement, la télé a fonctionné. Et Lionel Messi envoie Barcelone en finale.
Au lendemain du match, le héros Messi apparaît furtivement au centre d'entraînement. Dans la banlieue de Barcelone, le club a érigé un complexe de 130 000 mètres carrés. Les jeunes poussent, y côtoient leurs idoles. Et c'est là que les entraîneurs inculquent à tous les stagiaires la philosophie de jeu du Barça. Chez les jeunes, comme en équipe première, on essaye de combiner, d'attaquer. Et même si c'est difficile, c'est notre manière de jouer depuis toujours. Dans la vitrine du musée le plus visité de Catalogne, la Coupe des champions d'Europe. Barcelone l'a gagnée deux fois. Et ces jeunes lyonnais en vacances savent que si leur équipe élimine le Barça mercredi, ce sera plus qu'un exploit.
De la mode maintenant, avec les collections prêt-à-porter féminin hiver 2009-2010, entre modernité et tradition. Nous vous présentons ce soir les créations de chez Lanvin, la plus ancienne maison de couture française encore en activité. Estelle Collin, Olivier Robert. Jusqu'au dernier instant, l'obsession du détail.
Voilà tout le travail d'Albert Elbache chez Lanvin pour qui la mode n'ait rien d'autre qu'un dialogue avec les femmes. Plume, satin, volume, pas mal de poésie. De quoi réécrire les fondamentaux de Jeanne Lanvin, la fondatrice de la maison, sans oublier son époque.
Elle qui a fondu la maison, moi quand je suis rentré, j'ai pas détruit son patrimoine, j'ai pas détruit son histoire, je l'ai pris. Et en même temps, j'ai essayé de le pousser pour les femmes d'aujourd'hui.
Côté travail, pas d'excès conceptuel, mais un doux dialogue entre le tissu et la peau.
Est-ce que le côté Isabelle encore...
Sur cette robe, par exemple, 30 séances de travail pour parfaire ce qu'il est déjà.
J'adore toutes ces histoires de laboratoire, d'essayer des choses, d'essayer des tissus, d'essayer des techniques. Tout vient aussi par les essais.
C'est pas juste de venir le matin et de dire, oh c'est le rouge, oh c'est le jaune. C'est pas du tout là.
Sans rêve, la mode n'existe pas, a-t-il coutume de dire. Si bien que chacun de ces défilés se termine par une douce euphorie et un tonnerre d'applaudissements.
Comme chaque dimanche, quelques repères avec l'agenda de la semaine. Lundi, on suivra les résultats des discussions entre Nicolas Sarkozy et son homologue au Mexique sur le dossier Florence Cassé, condamnée à 60 ans de prison. Jeudi, on attend le discours de Jean-Loup Dabadi, scénariste, dialoguiste, parolier, qui deviendra immortel à l'académie française. Et puis dimanche prochain, du rugby avec le 15 de France qui se rend en Angleterre à Twickenham pour le tournoi des 6 nations. Match à suivre, bien sûr, sur France 2. Avant de refermer le journal, je vous rappelle l'une des informations du jour. C'est le choc et l'émotion au sein du club de football de Lille.
Hier soir, à l'issue du match face à Lyon, plusieurs supporters ont été fauchés par un RER. A leur sortie du Stade de France, 2 adolescents de 10 et 18 ans ont perdu la vie et 11 autres blessés. Merci Vincent Lindon, bonne semaine à vous. Voilà, c'est la fin de l'actualité de ce dimanche soir. Merci à vous d'être fidèles à ce journal. Tout de suite, la météo, Nathalie Riouet, 20h35. Saint-Jacques-Lamec, une comédie de Colline Serrault avec Muriel Robin. Pour l'information demain, vous retrouverez à 13h. Et Lise Lucet, passez une très belle soirée. L'info en continu, c'est aussi sur france2.fr.