Femmes, poids et carrière : ce que la statistique nous apprend - En toute subjectivité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43InvitéFait
« Dans les pays développés, la corrélation entre le poids des personnes et leurs revenus est presque entièrement le fait des femmes. »
Temps de parole
- Invité88 %
- Présentateur12 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
7h21 en toute subjectivité ce matin avec la directrice déléguée de la rédaction de l'Express, Anne Rosencher, bonjour. Bonjour Nicolas, bonjour à tous. Ce matin, Anne, vous nous parlez d'une enquête parue dans l'hebdomadaire britannique The Economist sur l'économie de la minceur.
Oui, et la fin va vous étonner comme on dit sur TikTok. En effet, cette enquête passionnante remet en question ce qu'on pensait savoir sur la corrélation entre le poids des personnes et leurs revenus. Comme beaucoup, j'étais persuadée que dans les pays développés, plus on est riche et plus la probabilité d'être mince est élevée, parce que plus on est riche et plus on a les moyens de bien se nourrir. Or, les statistiques montrent que c'est un peu plus compliqué que cela. Dans les pays développés, la corrélation entre le poids des personnes et leurs revenus est presque entièrement le fait des femmes.
En d'autres thèmes, les femmes riches sont beaucoup plus minces que les femmes pauvres, mais les hommes riches sont à peu près aussi gros que les hommes pauvres. En Italie, par exemple, on dénombre la même proportion d'hommes obèses chez les 20% des revenus les plus bas qu'au sein des 20% des revenus les plus élevés. Alors que pour les italiennes, vous avez un écart, vous avez un écart, excusez-moi, de plus de 5 points entre ces deux catégories sociales. En France, c'est encore plus spectaculaire. La proportion des femmes obèses passe de 18% chez les françaises les plus pauvres à 8% seulement chez les plus riches.
Une corrélation impressionnante est beaucoup plus marquée que pour nos compatriotes masculins.
Et comment explique-t-on alors cette divergence de destin pondéral ?
Oui, il y a plusieurs facteurs. Maisie Economiste met en avant le résultat de recherches menées aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Danemark qui démontrent que les femmes en surpoids ont des salaires bien inférieurs aux autres. Bien sûr, cet écart grandit au fur et à à mesure que vous grimpez l'échelle des salaires et que passent les possibilités de promotion. Or cette pénalité-là n'existe pas ou peu chez les hommes. On connaissait déjà la préférence culturelle pour la minceur féminine, via la mode ou les films, mais à cette dernière s'ajoute la puissante incitation du marché. Les femmes perçoivent que le fait de ne pas être mince peut leur coûter cher au premier sens du terme.
Ces études ouvrent la porte à une myriade de réflexions. J'en retiendrai deux. Déjà, il est intéressant de noter que dans nos sociétés, un homme bien en chair et généralement vu comme un bon vivant, comme son équivalent féminin, peut être perçu comme manquant de volonté. L'autre réflexion touche au cœur d'une hypocrisie moderne. C'est la façon dont les méthodes minceurs ont réussi à perdurer dans une ère où le discours majoritaire de façade est le « body positive », lequel clame qu'il faut s'aimer et s'assumer comme on est. L'astuce, car c'en est une, est que les bons vieux régimes se sont recyclés en contrebande dans le discours sur le bien-être.
On ne s'affame plus pour être maigre façon Kate Moss, non. On est intolérant au gluten ou on soigne son microbiote. Vraiment, parfois, l'époque est fascinante. Merci Anne.
Et, uh…