Les Républicains : "On est chez les fous", estime Gérald Darmanin
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. On vient de l'entendre, le groupe Fiat-Chrysler retire sa proposition de fusion faite à Renault. Le gouvernement français attendait avant de donner sa réponse. Est-ce qu'il a trop attendu ?
Non, je ne crois pas qu'il ait trop attendu. Ce qu'on attend de l'actionnaire, l'État français, ce qu'on attend de l'État français, et Bruno Le Maire l'a très bien dit, c'est évidemment de protéger l'emploi industriel en France, respecter ses partenaires déjà, les japonais, mais de respecter les 49 000 emplois industriels de Renault en France. Il a demandé des garanties, ce Conseil d'administration, l'État français a demandé des garanties par la voix de son ministre de l'Économie et des Finances. Il a bien fait. Si ces garanties ne sont pas réunies, nous le regrettons. Peut-être que demain, après-demain ou la semaine prochaine, si j'ose dire, on pourra encore discuter avec ce géant italien.
Mais c'était normal d'attendre effectivement que ces garanties soient respectées.
Vous dites que ce n'est pas définitif. Les discussions pourraient reprendre.
Elles pourraient reprendre peut-être dans les prochains temps. On verra bien. Je pense qu'il ne faut pas fermer la porte. Il faut continuer à travailler parce qu'il y a une industrie automobile qui doit continuer à se rénover. Il y a le véhicule autonome, il y a la batterie électrique. Il y a bien sûr plein d'enjeux pour l'industrie automobile européenne. Mais aujourd'hui, Bruno Le Maire l'a très bien dit encore une fois, il faut protéger les emplois industriels français.
Si on ne l'avait pas fait, si on ne l'avait pas fait, et que dans quelques mois, vous seriez tous aperçus qu'il y avait des restructurations et des emplois en moins en France, vous auriez dit que vous n'allez pas protéger les intérêts des Français et des emplois français. Voilà. La France, elle défend les intérêts français.
Elle vous a surpris, cette réaction, ce retrait du groupe Fiat-Chrysler cette nuit ?
Moi, je n'étais pas dans le dossier en premier puisque c'est Bruno Le Maire qui l'a porté. Ce qui est intéressant, c'est que le ministre de l'Économie, c'est-à-dire l'État français, dans ce conseil d'administration, a dit à la fois qu'il nous faut du temps pour que ces conditions soient réunies, et que Fiat puisse notamment nous dire qu'il respecte ces conditions d'emploi industrielles. Et puis deuxièmement, il fallait parler avec les Japonais, parce qu'il fallait que les Japonais, bien sûr, aient donné une voie par Nissan, une voie favorable dans le prochain conseil d'administration. Ces conditions n'étaient pas encore remplies.
Et donc demander du temps pour un mariage, excusez-moi de le dire, c'est normal. J'espère qu'il peut y avoir des mariages qui naissent au bout de quelques jours et on va à la mairie et on est très heureux toute sa vie. Mais enfin, un peu de réflexion permet sans doute de mieux comprendre la mariée.
Et c'est les leçons de ce qui est arrivé avec General Electric qui ont conduit le gouvernement français à réclamer justement ces garanties, comme vous le disiez à l'instant, pour la préservation de l'emploi ?
On ne peut pas comparer, me semble-t-il, les choses. On ne peut pas comparer les secteurs.
General Electric avait pris des engagements qui n'ont pas été tenus et qui aboutissent à la suppression de plus d'un millier d'emplois sur le site de Belfort.
Bon, pour l'instant, General Electric n'a pas supprimé ce millier d'emplois. Vous avez vu qu'une fois encore, l'État français a demandé qu'il revoie ce plan, qu'il s'engage pour les mille autres emplois qui sont sur le site. Et il faut diversifier le site à Belfort. Je pense que ce n'est pas du tout comparable. En revanche, ce qui est certain, c'est que Renault est une grande entreprise française qui a face à elle d'énormes défis. Elle s'est déjà internationalisée avec nos amis japonais. Les choses se regardaient avec Fiat, encore une fois, parce qu'il y a manifestement un certain nombre de révolutions qu'il faut prendre, et notamment le véhicule autonome.
Mais ce n'est pas pour autant qu'il faille se précipiter. Et les conditions mises par l'État français, c'était les conditions de protection de l'emploi français. Moi, je suis très heureux de participer à un gouvernement qui protège l'État français, qui regarde l'avenir, qui n'est pas contre les mariages, mais qui protège les intérêts français. Renault ne va pas le payer à long terme, Gérald Darmanin ? Non, je ne le crois pas. D'abord, Renault a désormais des dirigeants qui travaillent, et je les connais bien, travaillent bien à l'avenir d'une grande entreprise.
Je connais d'ailleurs la capacité des gens de Renault, des ouvriers comme des ingénieurs, à se relever des crises économiques que nous avons connues sur notre territoire, et d'être très international. Donc je crois que Renault va pouvoir travailler, continuer à travailler, faire des coopérations, et puis sans doute répond, encore une fois, à l'industrie automobile de demain. Et de la batterie électrique aux véhicules autonomes, il y a quelque chose d'incroyable qui va se passer dans cette industrie, et beaucoup d'emplois, demain, pourront sans doute être créés.
Et moi, personnellement, je suis très attaché à l'industrie, et je suis très heureux qu'il y ait une industrie un peu patriotique qui fait attention aux intérêts français.
Et pour en finir avec ce dossier, vous dites donc que, pour le gouvernement français, tout n'est pas terminé. Ça veut dire que le gouvernement français souhaiterait que Fiat-Chrysler, pourquoi pas, remette sa proposition sur la table dans les jours ou les semaines qui viennent.
Non, le gouvernement français voulait, un, que les conditions, notamment d'emploi industriel et de respect de nos partenaires japonais soient réunies. Il n'était pas manifestement réuni, puisque Fiat a retiré son offre et nous le respectons. Mais si demain, Fiat vient à revenir et à rediscuter, je suis certain que, par la voix de Bruno Le Maire, nous continuerons les discussions.
Alors, sur un tout autre dossier politique, celui-là, qui concerne votre ancienne famille politique, en tout cas votre ancien parti, Les Républicains, la crise s'aggrave aux Républicains à la suite de l'échec de l'aïs de François-Xavier Bellamy aux Européennes. Et hier, c'est donc la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, qui a annoncé qu'elle claquait la porte du parti.
En femme libre, j'ai décidé de quitter Les Républicains. J'ai décidé de quitter Les Républicains parce que j'ai acquis la conviction que la refondation de la droite ne pourra pas se faire à l'intérieur et qu'elle doit se faire à l'extérieur du parti. Parce que le parti est cadenassé de l'intérieur. Il est cadenassé dans son organisation, mais il est aussi cadenassé dans ses idées.
Et vous, ce départ, il vous réjouit. Le journal Le Parisien vous cite ce matin, Gérald Darmanin, Valérie Pécresse est montée dans le canot de sauvetage du Titanic, dites-vous. Les dirigeants LR sont devenus trop radioactifs.
Ah, moi, je ne suis pas réjoui que le Titanic ou que Tchernobyl existent. Donc, il n'y a pas de problème avec ça. Moi, je regarde les choses avec un petit peu de recul. Qu'est-ce qui se passe ? Il se passe que la droite française, telle qu'elle est représentée de façon partisane, c'est-à-dire les Républicains, s'est rétrécie. Elle s'est rétrécie depuis la candidature de François Fillon. Puis ensuite, il y a eu Laurent Wauquiez, qui était déjà rétréci par rapport à François Fillon. Puis M. Bellamy, qui était le rétrécissement de Laurent Wauquiez. Ça se termine à 8%. Ça se termine à 8% parce que les LR ne comprennent pas deux choses.
D'abord qu'il faut un chef, et il n'y a pas de chef manifestement dans le parti des Républicains. Il n'y a pas de chef sincère, même si M. Wauquiez est parti. Il n'y a pas de chef qui incarne l'avenir des Républicains. La droite, c'était avant tout un chef. Ce n'est plus le cas. Et puis deuxièmement, surtout, j'allais dire, c'est une cohérence idéologique. Où est la cohérence idéologique des Républicains ? En 2017, lorsqu'Edouard Philippe a été nommé Premier ministre, j'ai dit au bureau politique, avec d'autres, que nous devions comprendre la main tendue par Emmanuel Macron.
Qu'est-ce que ça voulait dire un jeune président talentueux qui venait d'un gouvernement de gauche, qui disait « moi je travaille avec des gens aussi de droite parce que le pays connaît une situation économique et politique très difficile, élu face à Marine Le Pen. Et je demande à un Premier ministre, qui n'est pas de ma famille politique, de venir travailler avec nous. Plutôt que de répondre à cette main tendue, avec des réformes que nous faisons, qui ne sont pas de droite et de gauche, qui sont de bon sens.
Vous écoutez, la place de la droite aujourd'hui, elle est donc avec Emmanuel Macron.
Je ne crois pas que les Français raisonnent comme ça désormais. Mais en 2017, ce qui était certain, c'est que la droite de gouvernement, la droite qui croyait à l'Europe, la droite qui croyait à l'industrie, la droite qui croyait à l'économie, elle aurait dû entendre cette main tendue, participer, me semble-t-il, à la refondation du pays, préférer son pays à son parti. Et qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ceux qui ont été au Trocadéro, ceux qui ont soutenu François Fillon jusqu'au bout, ceux qui désormais s'en vont du parti politique que vous évoquez. Eh bien, ils s'aperçoivent que non seulement nous sommes partis parce qu'ils nous ont exclus, mais en plus, ils ont exclu leurs électeurs.
Les électeurs aujourd'hui, ils ne sont plus de droite et de gauche, me semble-t-il. Ils ont peut-être des cultures de droite et de gauche. Mais ils ne sont plus de droite et de gauche comme on l'était il y a encore 15 ans. Ils souhaitent que notre pays réussisse devant un triple danger, intérieurement, le danger que représente Marine Le Pen et qui est un danger très important. Moi, ça fait 20 ans que je vote contre le Front National puisque je vous rappelle que la première fois que j'ai voté, c'était contre Jean-Marie Le Pen à la présidence de la République. Ça commence à faire un petit bout. Ils sont très inquiets devant le deuxième défi qu'est l'Europe qui se décompose à vue d'œil.
Regardez ce qui se passe en Angleterre, ce qui se passe en Italie. Et puis ils sont très inquiets, me semble-t-il, les Français, qui soient de droite ou de gauche face à la mondialisation et aux géants chinois, américains, russes que nous rencontrons et qui, bien sûr, veulent prendre des parts de marché que nous avons. Et en attendant, on se demande de savoir quelle sera la ligne économique des Républicains. Est-ce qu'il faut augmenter le SMIC ou être contre la privatisation de l'ADP ? On est chez les fous. Donc Mme Pécresse, un peu tard, comme dirait la fable de La Fontaine, s'est aperçue qu'elle n'avait rien à faire là.
D'autres questions pour vous, Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes Publics, invité de France Info ce matin, juste après l'info 8h41. David Doba. La France commémore depuis quelques minutes maintenant le débarquement allié du 6 juin 1944 dans un contexte diplomatique délicat. La rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump sera particulièrement scrutée. Le président américain est attendu à 10h20 à Caen avant une cérémonie à Colville-sur-Mer et un tête-à-tête avec le chef de l'État à partir de 13h. La prudence de l'État français aura eu raison du rapprochement entre Renault-Nissan et Fiat-Chrysler. Le groupe a retiré cette nuit sa proposition de fusion.
Bruno Le Maire, ce matin, dit prendre acte de cette décision. Un procédé qui interpelle quant à la période choisie après les européennes et avant les municipales. Réaction de Gérard Collomb hier soir après une journée de perquisition à son domicile mais aussi à l'hôtel de ville de Lyon. Perquisition menée dans le cadre d'une enquête préliminaire sur les soupçons de détournement de fonds publics au bénéfice de son ex-compagne. En grève depuis bientôt 3 mois maintenant, les urgentistes toujours mobilisés et manifestations parisiennes aujourd'hui. Ils s'élanceront à 13h30 de Montparnasse direction le ministère de la Santé.
Ils dénoncent les conditions de travail, les services saturés et l'épuisement professionnel. Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes Publics, notre invité ce matin sur France Info. Est-ce que vous dites à Valérie Pécresse qui a donc quitté Les Républicains et à ses amis, bienvenue dans la majorité, comme vous l'avez fait avec d'autres élus, les Républicains, des maires notamment ces derniers jours, vous et d'autres ministres du gouvernement ? Je n'ai pas de conseil politique à donner à Valérie Pécresse
qui a beaucoup d'expérience. Je pense que la pente naturelle serait de soutenir le mouvement du gouvernement et de soutenir les réformes que fait Edouard Philippe et que souhaite faire Emmanuel Macron. Je pense que la pente naturelle serait d'arrêter l'égoïsme personnel et de s'apercevoir qu'on a un président de la République courageux qui essaie de dépasser les clivages, les anciens clivages que les Français ne veulent plus. Mais je suis un peu dubitatif sur la capacité désormais du personnel politique tel que nous connaissons à dépasser son égoïsme pour travailler pour le pays. Voilà, donc je le regrette.
Maintenant, moi, je juge sur les faits et nous regarderons ce que fera Valérie Pécresse et une partie de ses amis demain.
Mais est-ce que c'est très sain et très sage de faire comme vous le faites un appel à la droite à rejoindre Emmanuel Macron à la majorité dès lors que ça ferait du rassemblement national, donc de l'extrême droite, la seule alternative à cette majorité ?
Mais ce qui est très sain, pardon de le dire, c'est qu'en politique, il faut rassembler. Si un homme politique passe son temps à exclure tous les gens avec qui il pourrait travailler, parce que la France, comme dirait le général de Gaulle, c'est pas la droite, c'est pas la gauche, c'est tout ça ensemble.
Si Emmanuel Macron, si le Premier ministre, si les membres du gouvernement passaient son temps à exclure, à excommunier, à regarder le passé, sans se dire que demain, devant les événements incroyables que nous avons à relever comme défis, et notamment le fait que le Front National, en effet, fait un score très important, nous sommes en train de se dire, ben voilà, il faut pas travailler ensemble parce que vous étiez pas dans la barque depuis le début, on risque pas d'avancer beaucoup.
Donc la seule alternative, c'est Marine Le Pen ?
Ben écoutez, les Français manifestement souhaitent, par leur vote, et depuis manifestement un certain temps, et au moins depuis l'action présidentielle, une opposition entre un parti nationaliste et un parti qui se voudrait parti de gouvernement, on va le dire comme cela. C'est quand même pas de la faute d'Emmanuel Macron si les autres sont pas capables de proposer ni un chef ni une cohérence idéologique. C'est quand même pas de la faute d'Emmanuel Macron si le parti socialiste n'est plus socialiste et si les républicains, pour le coup, ont parfois des discours qui sont contre la république. Je vois le député, M.
Aubert, il dit, dans les colonnes, je crois, du Figaro, qu'il n'est pas contre-travailler avec Marion Maréchal-Le Pen.
Julien Aubert, député du Vaucluse.
Alors, moi, c'est formidable. J'ai accepté d'aller travailler avec Emmanuel Macron parce que le premier ministre qui a été choisi était de ma famille politique. J'ai toujours appelé à voter contre le Front National et j'ai gagné d'ailleurs dans des territoires où le Front National faisait des scores extrêmement importants. Jamais, contrairement à M. Aubert, d'ailleurs, le candidat du Front National s'était désisté en ma faveur pour les élections, ce qui lui est arrivé en 2017. On exclut Sébastien Lecornu ou Gérald Darmanin parce qu'il travaille avec Édouard Philippe et que ce serait absolument affreux. Par contre, on laisse M.
Aubert dans le parti des républicains et ça ne fait, vous aurez constaté, aucun espèce de bruit. Ça vous dit, Gérald Darmanin, c'est agir contre la République, c'est ce que vous venez de dire. Les gens qui font des alliances avec Marion Maréchal-Le Pen, pardon de le dire, ce n'est pas ma République. Et ça ne choque personne. En deux ans, je ne sais pas si vous avez vu le glissement de la droite française et M. Wauquiez en est responsable, ça ne choque personne que des députés, des députés, des représentants du Parlement, du parti gaulliste ou qui se prétendaient gaullistes, puissent faire des alliances avec Marion Maréchal-Le Pen.
En revanche, on monte du doigt ceux qui travaillent à la réforme du pays, du code du travail, de la fiscalité. Les républicains ont perdu toute matrice idéologique et il est grand temps effectivement que de quitter Titanic pour un certain nombre d'élus.
Vous dites, la droite n'a pas de chef, le problème c'est aussi qu'elle n'a pas de chef, elle n'a pas donc de matrice idéologique. Est-ce que le chef de cette droite populaire et sociale d'ailleurs dont vous vous réclamez, ça ne pourrait pas être votre ami Xavier Bertrand ?
Alors Xavier Bertrand est mon ami, c'est un excellent président de région, mais moi il me semble, il me semble que le président Macron peut être ce chef-là. Il peut parler au peuple dans ses profondeurs. Le président Macron, il fait la politique que souhaitent les classes populaires. Simplement, nous avons un sujet, c'est que pour l'instant, il faut bien avouer que nous n'avons pas réussi à les convaincre. Elles ne votent pas pour vous,
elles ont voté massivement
pour le Rassemblement National
et les élections européennes.
Vous avez bien raison et c'est l'objet sans doute d'une réflexion que la majorité doit avoir, qu'elle doit se remettre aussi en cause et ça commence par les ministres et par moi-même. Nous n'avons pas réussi à convaincre malgré une politique qui lui est favorable les classes populaires et les classes moyennes pour l'instant.
Donc le président des riches, ce n'est pas totalement faux, Gérald Narmanin ?
Non, je ne crois pas que ce soit comme ça que les cartes électorales fonctionnent. Il y a des endroits, je prends l'exemple de la ville de Lille par exemple, ou même la ville de Tourcoing où la République en marche a fait les quasiment 20% des élections européennes et pourtant, on ne peut pas dire qu'à Lille et à Tourcoing il y ait beaucoup de riches. En revanche, je constate que dans les quartiers très populaires, dans les communes rurales, dans les lieux où on n'est pas dans les métropoles, où il y a plus de difficultés parce qu'on appelle ça la France périphérique pour faire extrêmement vite, j'essaie de caricaturer évidemment, nous n'avons pas réussi à convoquer une majorité d'électeurs.
C'est très inquiétant effectivement. Si vous prenez la carte électorale de la région des Hauts-de-France, la métropole lilloise, il y a des riches, il y a des pauvres dans la métropole lilloise, elle vote Emmanuel Macron, elle a voté Nathalie Loiseau et puis à côté, il y a un océan. Cet océan, c'est l'océan du Front National.
Aujourd'hui, vous êtes le parti des gagnants de la mondialisation, c'est la fameuse Start-up Nation, c'est ça ?
Aujourd'hui, nous avons plutôt séduit les bourgeoisies de droite et de gauche et une partie, je voudrais le dire quand même, des personnes âgées.
Si vous avez séduit ces bourgeoisies, c'est parce qu'elles se reconnaissent dans votre politique ? La suppression de l'ISF, la taxe, le fameux président des riches ?
Non, si tous ceux à qui on avait supprimé l'ISF, c'était simplement nos électeurs, nous ne ferions pas 20%, mais 1. Bon, donc il faut savoir raison garder. Au-delà en tout cas, une politique qui a séduit ces catégories. Nous séduisons des gens qui croient en l'Europe, qui pensent qu'il y a un avenir pour leur territoire, qui pensent qu'effectivement la France peut conquérir des parts de marché, que leurs enfants peuvent avoir de meilleure vie qu'eux, et effectivement des gens qui ont de l'espoir.
Nous ne séduisons pas les gens qui se disent je ne me ressens pas dans cette société, pour l'instant, mais moi je crois qu'Emmanuel Macron pourra y arriver, d'abord parce que le travail et les travailleurs, c'est la première politique qu'une classe populaire demande.
Et Emmanuel Macron fait tout ce qu'il peut, et je crois que le Premier ministre le dira encore dans son discours de politique générale, en baissant la taxe d'habitation, en mettant en place le dédoublement des classes, en ayant une politique de fermeté en termes de sécurité, simplement il est vrai que la famille électorale populaire, pardon, de la secrétaire de mairie, du policier municipal, de l'ouvrier, de l'employé de chez Auchan, elle attend des preuves. Elle n'attend pas simplement des déclarations. Mais vous savez, l'électorat populaire, il est difficile à séduire. Mais une fois qu'il est séduit, il est fidèle. Et moi je suis certain qu'Emmanuel Macron arrivera à le séduire.
Gérald Darmanin, les contribuables qui nous écoutent, ceux qui résident en tout cas dans des départements numérotés entre 50 et 976, ont jusqu'à ce soir pour faire leur déclaration de revenus. Ils ont été nombreux à le faire en début de semaine. Le site impots.gouv.fr a bugué. Est-ce que ça va bien se passer ce soir ?
Ça s'est bien passé depuis 48 heures. Vous l'aurez constaté, il y a eu à partir de 21h30 mardi soir, me semble-t-il, un moment très étonnant de 3 millions de personnes qui sont connectées en même temps. Sans doute ont-ils regardé les journaux télévisés, ils se sont dit il faut que je fasse ma déclaration d'impôt, il ne me reste plus que quelques minutes. Il y a une tendance...
Vous ne l'aviez pas prévu ça ? C'était un peu prévisible.
Écoutez, à 3 millions, non. Ça ne s'est jamais passé dans l'histoire de impots.gouv.fr, pardon de le dire. Peut-être que nous aurons dû le prévoir, vous avez raison. Mais en tout cas, ce qui est très intéressant, c'est que le site des impots qui tient l'essentiel de vos données fiscales, puisque c'est des déclarations préremplies numériques parce que vous n'aimeriez sans doute pas que vos données fiscales soient publiées. Donc elle s'est protégée pendant 2 heures, ce site, et puis après on l'a réouvert, et désormais les choses fonctionnent bien. Ce que je peux dire, c'est d'abord effectivement qu'on a laissé 48 heures de plus pour déclarer ses impôts.
J'ai reçu énormément de messages de soutien. Sans doute c'est la politique la plus positive que j'ai pu mener, puisque le nombre de Français qui m'ont dit merci des 48 heures de plus parce que j'ai un peu...
Les Français aiment bien les délais. J'ai un peu procrastiné. Ce soir minuit, c'est fini, c'est sûr. Ce soir minuit, c'est fini. Il n'y aura pas de nouveau délai.
Ce soir minuit, c'est fini. Et vous savez quoi ? L'année prochaine, ce ne sera pas du tout le cas puisqu'une grande partie des Français ne feront plus grâce à l'impôt à la source de déclarations d'impôts. De déclarations de revenus d'ailleurs qui feront payer les impôts.
Plus de déclarations de revenus pour une majorité de Français l'année prochaine.
Oui, pour plus de 11 millions de nos foyers fiscaux, sur à peu près les 30 millions qu'il y a de foyers fiscaux. On enverra une déclaration qui sera une déclaration tacite. Vous la relirez. S'il y a une erreur, vous direz aux impôts qu'il y a une erreur. Et l'essentiel de ces contribuables verront qu'il n'y a pas d'erreur. Et donc, ne sont plus obligés ni de renvoyer papier ni de remplir en numérique leurs déclarations. C'est une grande simplicité grâce à l'impôt à la source.
Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes Publics, notre invité ce matin sur France Info. 8h51, le tour de l'actualité avec David Doba. 75e anniversaire du débarquement de Normandie. Côté français cette fois-ci. 30 000 personnes attendues. La première pierre d'un mémorial britannique. Mais les yeux et les caméras seront tournés vers Donald Trump. Rencontre attendue à partir de 11h avec le chef de l'État. Après une commémoration au cimetière militaire de Colville-sur-Mer, les deux hommes dont les relations, vous le savez, se sont quelque peu refroidies au fil des mois, se retrouveront pour un tête-à-tête et un déjeuner. Valérie Pécresse quitte les Républicains.
Elle a annoncé hier soir sur France 2. Elle dénonce un parti cadenassé de l'intérieur. C'est une information que vous révèle France Info. Ce matin, deux agents hospitaliers de l'hôpital Necker à Paris suspendus à titre conservatoire. Le 26 mai, ils avaient malmené une patiente mineure et handicapée. Et puis, cette mauvaise passe pour Neymar, la star du PSG et forfait pour la Copa América. Il s'est foulé la cheville lors d'un match amical. Hier, c'était face au Qatar. Quelques minutes plus tôt, la Brésilienne qui l'accuse de viol avait pris la parole dans les médias. Elle reconnaît avoir voulu une relation sexuelle avec lui.
Mais selon elle, il serait devenu agressif et violent une fois dans la chambre d'hôtel. Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes Publics, notre invité ce matin sur France Info. Renaud Delis.
Gérald Darmanin, le gouvernement a annoncé 5 milliards de baisse d'impôt dès 2020. Vous avez dit que 95% des contribuables français seraient concernés. Quand les Français verront-ils les effets de cette baisse d'impôt ?
Dès le mois de janvier de l'année prochaine puisque grâce à l'impôt à la source dès le mois de janvier vous verrez cette augmentation de pouvoir d'achat. S'il n'y avait pas eu l'impôt à la source vous auriez attendu septembre-octobre de l'année 2020. Il me semble que le Premier ministre fait un discours de politique générale la semaine prochaine et il aura sans doute l'occasion de préciser un certain nombre de choses.
Quelles seront les catégories concernées et quel sera le montant moyen de cette baisse d'impôt ? Vous aviez évoqué autour de 300-350 euros ?
C'est à peu près ça. Le Premier ministre encore une fois fait un discours de politique générale. Dans son discours de politique générale il donnera un certain nombre d'éléments de calendrier des réformes des économies et des bonnes nouvelles et notamment sans doute celle de la baisse d'impôt.
Et notamment peut-être l'abaissement de la première tranche celle qui est aujourd'hui à 14% ?
Alors je peux répéter comme dans la cité de la peur plusieurs fois la même phrase laissez le Premier ministre faire son travail croyez bien que vous serez les premiers informés vous connaissez la réplique.
Gérald Darmanin nous sommes le 6 juin 75 ans après le débarquement allié en Normandie commémoration ce matin Emmanuel Macron est en ce moment avec Theresa May et puis en fin de matinée il sera avec Donald Trump et l'entretien entre les deux hommes va durer une demi-heure. Ils n'ont rien à se dire les présidents français et américains aujourd'hui ?
D'abord on est dans une journée de commémoration il y a eu des jeunes gens beaucoup plus jeunes que moi de 18, de 19, de 20 ans qui sont allés se faire tuer sur les plages de Normandie non pas pour prendre le soleil comme nous avons le droit de le faire aujourd'hui mais pour libérer le monde libre et libérer le monde qui n'était pas libre et qui est devenu le monde libre et justement la France. Donc d'abord merci aux américains merci aux jeunes américains et le président Trump est le bienvenu bien évidemment en France et nous remercions cette grande nation qui nous a en partie libérés.
Je pense que c'est un moment de commémoration c'est pas un moment où on fait de la politique politicienne et vous savez les vrais amis
C'est un moment diplomatique aussi
oui bien sûr mais comme tout moment politique mais pour autant les vrais amis ce qui est le cas entre la France et les Etats-Unis l'amitié entre la France et les Etats-Unis est éternelle ça n'empêche pas que les vrais amis puissent de temps en temps avoir des désaccords moi avec mes vrais amis j'ai parfois des désaccords parfois des dissensions parfois la question c'est sur quoi on est d'accord
parfois on se fait un peu la tête avec quoi
parfois on se fait un peu la tête on est d'accord sur beaucoup de choses puisque je vous rappelle que nos soldats encore aujourd'hui travaillent ensemble c'était le cas au Burkina Faso voilà quelques jours pour libérer des otages pour lutter contre le terrorisme ils sont d'accord sur l'essentiel après nous avons des différences c'est normal la France n'est pas les Etats-Unis les Etats-Unis ne sont pas la France chacun protège aussi ses intérêts
Est-ce que vous redoutez justement Gérald Darmanin que la dégradation des relations commerciales en particulier entre la France et les Etats-Unis et aussi entre les Etats-Unis et l'Union Européenne ait des conséquences notamment sur la croissance
oui de manière générale on fait attention à plein de choses on fait attention à la dégradation commerciale entre les Etats-Unis et la Chine dans un premier temps entre la Chine et les Etats-Unis mais aussi dans ce qui se passe en Italie moi je suis encore plus inquiet de ce qui se passe en Italie que ce qui se passe vis-à-vis de la politique américaine lorsqu'on voit un gouvernement italien qui manifestement ne tient pas ses comptes publics et dont les spreads c'est-à-dire les taux d'intérêt augmentent très fortement notre premier partenaire après l'Allemagne ce sont quand même les pays européens notamment l'Italie nous avons beaucoup d'imbrications avec l'Italie je suis encore plus inquiet de ce qui se passe en Italie ou ce qui se passe avec le Brexit dans la certitude de rassure personne
l'Union européenne doit sanctionner l'Italie ?
moi je ne suis pas à la commission européenne je n'ai pas d'opinion
rappelé à l'ordre l'Italie
non mais je n'ai pas d'opinion je pense qu'il faut à la fois respecter la volonté des peuples et en même temps se dire que quand on est dans l'Union européenne on accepte l'idée que nous avons une monnaie en commun et que nous ne pouvons pas faire n'importe quoi ce qui est certain c'est que la démagogie d'une campagne électorale donne quelques mois après la politique de monsieur Salvini et c'est une leçon pour tout le monde y compris d'ailleurs pour la France à la fin les comptes publics quand ils ne sont pas tenus c'est le peuple et les classes sociales les plus populaires qui le payent parce que les augmentations d'intérêt ça empêche aujourd'hui les jeunes Italiens de devenir propriétaires voilà c'est ça pourquoi on tient des comptes publics c'est pas une lubie de Bercy c'est effectivement le fait qu'il faut savoir protéger le peuple parfois contre la démagogie et il faut effectivement faire attention aux bonnes finances
vous parliez du Brexit quand Donald Trump demande à Theresa May d'être plus dur dans les négociations avec les dirigeants européens et qu'il s'exprime depuis le sol du Royaume-Uni ça vous choque ?
ça me choque pas plus que ça vous savez quand le général de Gaulle faisait le tour du monde pour dire au Vietnam ou en Chine un certain nombre de choses on ne repassait pas on parlait de Donald Trump au général de Gaulle non mais c'est un grand dirigeant international la vérité c'est que monsieur Trump il fait la politique des intérêts américains il est tout à fait normal que les français et les européens fassent la politique des français et des européens et nous avons grâce à Emmanuel Macron un dirigeant entendu dans le monde et en Europe et je suis bien heureux que les élections européennes aient renforcé la légitimité du président français pour parler à monsieur Trump et lui dire les 4 vérités lorsqu'on a besoin de dire 4 vérités entre amis
Vous évoquiez à l'instant Gérald Darmanin la nécessité de tenir les comptes publics Bruno Le Maire votre collègue a annoncé hier qu'il entendait engager d'ici la fin de l'année la privatisation de la française des jeux est-ce que les comptes de l'Etat sont aussi dans d'aussi mauvais état qu'il faille privatiser rapidement après ADB maintenant la FDJ Alors rapidement tout est relatif quand même ça fait 2 ans
donc ça fera 3 ans pour une privatisation on ne peut pas dire que ce soit le rythme du marché non non on ne peut pas dire qu'on ait fait ça rapidement
Il faut renflouer donc les caisses de l'Etat
Il faut que l'on puisse se dire est-ce que c'est stratégique de gérer la française des jeux est-ce que c'est stratégique de gérer votre loterie ou l'auto que vous faites peut-être en famille le dimanche à condition que l'Etat régule ou est-ce que c'est plus stratégique de vanter la batterie électrique de demain c'est ce qu'on va faire on vend la française des jeux on garde la régulation pour qu'il ne se passe pas n'importe quoi et avec cet argent on fait le fonds d'innovation qui permet de faire la batterie électrique qui sauvera peut-être Renault ou Peugeot demain Mais ça rapporte la française des jeux
tous les jours à l'Etat
Non mais c'est pas le sujet que ça rapporte ou ça rapporte pas ça rapportera demain il y a des taxes toujours sur la française des jeux la France ne dit pas je ne touche plus les taxes de la française des jeux ce qui est stratégique c'est pas de s'occuper des loteries ce qui est stratégique c'est de s'occuper de la batterie électrique la France ça doit être le pays demain de la batterie électrique et il y a des gens des partenaires privés à condition que nous régulons et il y a des conditions pour cela dans la privatisation que l'Etat doit se concentrer sur l'essentiel c'est-à-dire l'avenir des français
Gérald Darmanin ministre de l'Action et des Comptes Publics invité de France Info ce matin merci à vous merci à vous
Gérald Darmanin