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interviewBFMTV· 23 mars 2026 7 min

Guerre au Moyen-Orient: l'interview en intégralité de Catherine Vautrin, ministre des Armées

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Madame la ministre, bonsoir. Merci d'accorder cette interview à BFM TV. Vous êtes en fait la première ministre occidentale et ministre de la Défense qui plus est, ministre des Armées, à visiter le Golfe depuis le début de cette guerre. Quel est en fait le sens de ce déplacement ?

0:19
Catherine Vautrin

Bonsoir. Merci à vous. Vous le savez, la France a signé des accords de partenariat avec différents pays du Golfe. Et lorsque vous avez un accord de partenariat, par définition, vous êtes engagé. Il s'avère que ces pays, les Émirats arabes unis, le Qatar, sont aujourd'hui des pays qui ont été attaqués. Et l'objectif de la France, c'est d'être fidèle à sa parole, fidèle à son engagement. Et donc si le président de la République m'a demandé de faire cette tournée, c'est pour aller rencontrer mes homologues. J'ai également vu le président des Émirats. Je verrai l'émir demain au Qatar. L'objectif, c'est très concrètement d'échanger avec eux. C'est bien évidemment de porter la parole de la France.

1:08
Présentateur

Porter la parole de la France, aider ces pays à se défendre ?

1:10
Catherine Vautrin

Bien sûr, aider ces pays à se défendre. Parce que vous le savez, dès le début du conflit, la volonté de la France était évidemment la protection de nos ressortissants. Nous sommes probablement le pays qui a le plus de ressortissants dans la zone. Et comme vous le savez, le début de la guerre était la fin des vacances scolaires. Donc il y avait de très nombreux touristes français. Et je salue d'ailleurs le personnel de nos ambassades qui ont beaucoup accompagné pour aider au retour. Le deuxième élément, c'est d'honorer bien évidemment ces accords de défense. Et nous avons des forces présentes, notamment des forces présentes aux Émirats que j'ai rencontrées aujourd'hui.

Et je voudrais insister non seulement sur leur présence, mais sur leur opérationnalité. Parce que ces forces qui étaient là, qui sont prépositionnées, elles étaient opérationnelles dès le premier jour où l'on nous a demandé d'accompagner la défense des pays attaqués.

2:04
Présentateur

En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que une partie des soldats français qui sont présents ici ont aidé à intercepter des missiles ou des drones qui risquaient de frapper et nous ressortissant évidemment les habitants de la région.

2:14
Catherine Vautrin

C'est cela un accord de défense. C'est cela une approche qui est une approche exclusivement défensive, c'est-à-dire la protection des populations, la protection des intérêts. Et c'est ce que nous avons fait aux côtés de ces pays. C'est ce que nous faisons aux côtés de ces pays.

2:30
Présentateur

C'est un effort militaire important. On est capable de le tenir dans la longueur.

2:33
Catherine Vautrin

C'est un effort militaire important déjà par la présence de nos forces, puisque aux Émirats, nous avons de façon permanente plus de 1000 personnes qui sont là. Et ce qui veut dire que la particularité, c'est que, évidemment, ces populations sont passées en opération extérieure. Ces militaires ont des familles et c'est toute la particularité. C'était une exception. En général, le militaire en opération extérieure n'est pas avec sa famille. Et donc, il y a eu également tout un travail pour raccompagner l'ensemble des familles qui le souhaitaient, les familles, les enfants, de façon à ce qu'ils repartent en France, ce qui s'est fait pour plus de 500 personnes, conjoints et enfants.

3:14
Présentateur

Quelles sont les attentes de nos partenaires dans la région aujourd'hui ?

3:17
Catherine Vautrin

Les attentes de nos partenaires sont d'une part, bien évidemment, l'accompagnement dans ce savoir-faire, le partage d'informations, qui est également un élément tout à fait important. Et je voudrais souligner combien des entretiens que j'ai eus me permettent de dire la reconnaissance de nos partenaires. Ce qui est mis en avant, c'est le respect de l'engagement et l'opérationnalité immédiate de la France, qui est tout à fait soulignée par nos partenaires. Et aujourd'hui, il y a une très bonne coopération entre nos partenaires et nos armées.

3:52
Présentateur

Et ça, c'était rendu pensé parce que, justement, il y avait des bases prépositionnées qui permettaient...

3:56
Catherine Vautrin

Et c'est non seulement les bases prépositionnées, comme vous le dites fort justement, mais également par l'entraînement. Parce que quand on parle de maintien en condition opérationnelle, c'est tout à fait ce que nous vivons. C'est-à-dire à la fois le maintien en condition opérationnelle de nos hommes, mais également de nos matériels. Et vous l'avez vu dans les... Si je dézoome un peu et que je regarde ce qui a été fait, par exemple, en Méditerranée orientale, dès que le président de la République a souhaité que des frégates viennent au sud de Chypre ou dans l'opération Aspides en mer Rouge, nous avons immédiatement des frégates qui ont été en capacité de venir sur zone.

C'est dire l'importance de ce maintien en fait en condition opérationnelle de l'armée de l'air, de la marine et de l'armée de terre.

4:42
Présentateur

C'est des moyens militaires qui sont mis au service d'une diplomatie. Ça permet d'appuyer en fait la position, enfin les tentatives d'organisation diplomatique de la France.

4:51
Catherine Vautrin

Et puis ce sont des moyens militaires qui sont mis au service de la désescalade. Car la volonté de la France s'est éviée. Le président de la République, dans son adresse aux Français, dès le début du conflit, nous devions être le 3 ou le 4 mars, immédiatement le président de la République a dit combien la France souhaitait que nous puissions renouer avec la voie diplomatique. Et qu'en d'autres termes, cet accompagnement de la défense, c'est effectivement un élément qui doit également permettre l'approche diplomatique. Les deux sont totalement complémentaires. Je le répète, la France est dans une logique totalement défensive.

5:28
Présentateur

C'est une guerre qui pourrait durer. On n'en connaît pas la longueur en fait.

5:32
Catherine Vautrin

Bien sûr, vous avez raison. Personne au moment où nous nous parlons n'est en capacité de dire comment les choses vont évoluer. Et donc, bien évidemment, nous avons à gérer cette organisation de nos personnels, comme bien évidemment l'organisation du fonctionnement, y compris aussi, et ça c'est le travail que fait le Quai d'Orsay, de nos services. Parce que je parle beaucoup de nos armées en ma qualité de ministre de la Défense, mais je voudrais bien sûr associer nos services consulaires qui ont une activité complètement différente, d'accompagnement de l'ensemble des résidents. Il y en a 6 000 au Qatar, il y a 66 000 personnes aux Émirats.

C'est dire si c'est un travail de tous les instants et qui nécessite une approche toute particulière et des renforts pour nos services.

6:20
Présentateur

Alors on a parlé évidemment de nos ressortissants, on a parlé de nos soldats, nos munitions, ça va être un sujet si ça dure.

6:29
Catherine Vautrin

Alors vous imaginez bien que ça fait partie des sujets que nous travaillons, avec bien évidemment des accompagnements, c'est vrai des munitions, c'est vrai des pièces détachées, parce que par définition, nos matériels sont très sollicités. Ils nécessitent donc des maintiens en condition opérationnelle, et ces maintiens en condition opérationnelle nécessitent par définition que nous puissions compléter. Et ce sont évidemment des trajets qui se font entre la France et les différents théâtres d'opération. Et c'est d'ailleurs souvent à l'occasion de ces théâtres que nous utilisons les avions en retour pour rapatrier une partie de nos personnels.