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ChroniqueFrance Inter (sur YouTube)· 20 mars 2026 3 minComplaisantDivertissement

Martin Parr - Le billet de François Morel

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Présentateur

Et c'est le moment d'accueillir François Morel. Bonjour. Bonjour. Lorsqu'on va voir l'exposition de Martin Parr au musée du jeu de paume, on se dit qu'il y a un grand absent. Martin Parr lui-même, qui aurait sans doute trouvé beaucoup d'intérêt à photographier la foule des visiteurs en train de regarder la foule photographiée sur grand format. C'est le lot des grandes expositions d'aujourd'hui. On se retrouve non devant des œuvres, mais devant un public qui regarde des œuvres et subrepticement parfois, entre deux oreilles, au-dessus de quelques crânes, parmi deux coiffures, on réussit à distinguer un bout de toile, un morceau de tableau, un échantillon de photographie. J'exagère un peu.

Parfois, parmi les mouvements de la foule, il arrive qu'on se retrouve en première ligne, juste devant la toile, le tableau, la photographie. Et là, pour peu qu'on ait un peu de conscience, un peu de considération pour ses semblables, on se dit qu'il ne faut pas rester trop longtemps, parce qu'on bouche la vue. Si Martin Parr avait été là, on aurait eu des chances de faire partie de la photo, et donc d'intégrer une œuvre d'art. Si vous êtes trop loin de Paris, si vous n'avez pas envie de faire partie de la foule qui se presse devant les photos de... Martin Parr, puisque désormais plus personne ne pourra avoir la chance d'intégrer une photo de...

Martin Parr, vous avez la possibilité d'acquérir un livre très beau, très précieux, qui est une sorte d'édifice voué à la platitude, un monument consacré à l'ordinaire, à la banalité, autant dire à l'humanité. Un livre de photos qui revendique le cliché. Complètement paresseux et étourdi, c'est le titre du livre. Martin Parr nous regarde avec des yeux d'entomologistes, par exemple quand nous sommes à la fois sur la plage et sous la pluie. « J'aime bien quand il pleut sur la plage », raconte Martin Parr. Parce que les gens y font des choses intéressantes, ils essaient de se couvrir, ils essaient d'éviter la pluie, ils courent partout. On court partout. Martin Parr nous regarde.

Au bout de perches à selfies, des milliers de photographies sont prises chaque jour, aussitôt prises, aussitôt oubliées. Il n'existe plus beaucoup d'albums photos dans lesquels on range nos souvenirs. Mais il restera les photos de… Martin Parr pour nous saisir, nous raconter, nous interroger. Des photos qui resteront comme un témoignage irremplaçable. Des photos si hallucinantes et pourtant si ressemblantes. Le livre co-écrit avec Wendy Jones et édité chez Michel Laffont. L'exposition a lieu au jeu de paume jusqu'au 24 mai. Vous n'y serez pas seul, allez-y quand même. Et merci Vincent Delerme. I scream balnéer. Martin.