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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 22 novembre 2018 24 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieInstitutions & élections

Pierre Laurent au sujet des Gilets jaunes : "La marmite est en train d'exploser"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous cette évolution au PCF : jeu de chaise musicale ou division ?

  • 2:19FerméeRéponse directe

    Vous passez la main ou on vous a poussé vers la porte ?

  • 3:17OuverteRéponse directe

    Où est la ligne de dissension au PCF ?

  • 4:31OuverteRéponse directe

    Sur les relations avec la France insoumise, faut-il tirer ça au clair ?

  • 5:19OuverteRéponse directe

    Quelle sera la nouvelle ligne sur la France insoumise ?

  • 8:22FerméeRéponse directe

    Le mouvement des Gilets jaunes est-il poujadiste ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:51Invité politiqueFait
    « Il y a un vrai changement de génération qui a été entamé dans les groupes parlementaires du parti. »
  • 2:22Invité politiqueFait
    « J'avais initialement proposé de rester secrétaire national et d'aider la nouvelle équipe à s'installer dans les deux années à venir. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « On voit bien que la société capitaliste est en train d'entrer dans une impasse profonde. »
  • 4:06Invité politiqueFait
    « Je voyais dans l'humanité de ce matin, il y a une société coopérative alternative aux plateformes qui est en train de naître, Mobicop. »
  • 4:36Invité politiqueFait
    « Nous, on pense qu'il n'y a pas d'alternative à un travail, une coopération, même si elle est traversée de débats avec toutes les forces de la gauche nouvelle. »
  • 5:35Invité politiqueFait
    « Oui, on a envie de se faire respecter. »
  • 6:45Invité politiqueFait
    « C'est qu'au cœur des difficultés, il y a un problème, c'est qu'il faut affronter la puissance du capital, et du capital qui est aujourd'hui multinational. »
  • 7:12Invité politiqueFait
    « Un peu, oui. »
  • 7:45Invité politiqueFait
    « Regardez, cette semaine, on a d'un côté les gilets jaunes, des gens qui n'arrivent pas, qui en ont marre qu'on les matraque, qu'on matraque leur pouvoir d'achat, et de l'autre côté, Carlos Ghosn. »
  • 8:32Invité politiqueFait
    « Non, moi je crois que c'est une grave erreur de jugement du président de la République. »
  • 9:10Invité politiqueFait
    « C'est une lutte sociale, c'est pas du coup jadisme, c'est pas une lutte idéologique. »
  • 10:29Invité politiqueFait
    « Il faut réouvrir en grand le dossier du pouvoir d'achat. »
  • 12:09Invité politiqueFait
    « Si on veut de l'argent pour financer la transition écologique, on peut aller en chercher ailleurs. »
  • 12:24Invité politiqueChiffre
    « Au bout des concessions privées, on chiffre à 32 milliards d'euros les dividendes qui auront empauché les concessionnaires privés des autoroutes. »
  • 13:36Invité politiqueFait
    « Le plus vite possible, non. »
  • 14:06Invité politiqueFait
    « Nous, nous considérons que pour en tout cas plusieurs décennies encore, nous aurons besoin de nucléaire. »
  • 15:30Invité politiqueFait
    « Regardez ce qu'a fait l'Allemagne. Ils ont été très vite dans cette direction. Ils ont fait exploser leur production charbonnière et tout le monde dit qu'écologiquement, c'est une catastrophe. »
  • 17:57Invité politiqueFait
    « Mais je ne suis absolument pas productiviste. Nous avons rompu avec et le productivisme et le consumérisme. »
  • 19:15Invité politiqueFait
    « Non mais je vois effectivement comme vous avec inquiétude ces incidents et c'est clair qu'il y a des forces politiques et des militants qui essayent d'instrumentaliser cette colère populaire. »
  • 21:25Invité politiqueFait
    « Mais est-ce qu'on se rend compte que la situation des dom-toms de la Réunion, de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane est-ce qu'on se rend compte à quel point elle est violente ? »
  • 21:47Invité politiqueChiffre
    « Il y a 40% de la jeunesse au chômage. »

Temps de parole

  • Pierre Laurent69 %
  • Présentateur19 %
  • Invité7 %
  • Invité 22 %

3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Et avec Alexandra Ben Saïd, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 le secrétaire national sortant du Parti communiste, sénateur de Paris. Intervenez au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et via l'application France Inter. Pierre Laurent, bonjour. Bonjour. Et merci d'être dans ce studio de France Inter. Le prochain congrès du PC à partir de demain devrait entériner ce changement de direction. C'est le député du Nord, Fabien Roussel, qui devrait vous succéder. Vous resteriez numéro 2, je ne sais pas si le terme est bien choisi, numéro 2 du parti à la tête de son parlement.

Expliquez-nous, pour commencer cette évolution, Pierre Laurent, vous passez simplement la main à une autre génération via un jeu de chaise musicale ou alors le parti est divisé entre deux voire trois lignes. Que se passe-t-il ?

0:51
Pierre Laurent

Il y a un vrai changement de génération qui a été entamé dans les groupes parlementaires du parti. Il y a beaucoup de jeunes parlementaires, hommes et femmes, au Sénat, à l'Assemblée nationale. Et puis dans les fédérations, dans les départements aussi, il y a la montée d'une nouvelle génération. Donc il y avait une demande de renouvellement qui était forte, qu'on essaye de faire en mêlant l'expérience et les nouvelles générations. Et puis effectivement, il y a un débat politique.

Il y a un débat politique sur la manière dont il faut allier l'affirmation plus forte des idées communistes que nous croyons profondément nécessaires à la reconstruction de la gauche et toujours une politique d'unité, de rassemblement, parce que nous sommes très inquiets de la situation. Et la manière de manier ces deux choses a fait débat dans le parti communiste, singulièrement après l'élection présidentielle dernière. Et je pense qu'on est entrant, on le verra dans le texte qui sera adopté finalement au Congrès, parce que ce texte a beaucoup évolué au fil de la discussion.

1:50
Présentateur

Oui, ce n'est pas fini, il est encore à préciser.

1:52
Pierre Laurent

Ça discutait encore hier soir sur ce texte dans la commission qui s'occupe de ça. Mais finalement, on va vers une ligne qui a des aspects critiques sur les dernières années.

2:01
Présentateur

Donc sur votre bilan ?

2:03
Pierre Laurent

Oui, sur mon bilan, enfin sur celui de la direction sortante, mais qui en même temps, je pense, avance vers un bon équilibre entre l'affirmation communiste et le maintien d'une ligne unitaire de rassemblement.

2:16
Présentateur

Pierre Laurent, que les choses soient claires pour tout le monde, vous passez la main ou on vous a poussé vers la porte ?

2:22
Pierre Laurent

J'avais initialement proposé de rester secrétaire national et d'aider la nouvelle équipe à s'installer dans les deux années à venir. J'avais donné comme échéance à peu près 2020, parce que c'est le moment où il faudra être prêt pour la prochaine élection présidentielle. Bon, c'est vrai qu'il y a eu une poussée pour que le changement se fasse plus rapidement. Bon, comme moi, je n'avais pas non plus fait de ça une question tabou, parce qu'au Parti communiste, on ne s'accroche pas au poste. Bon, je vais trouver une autre forme d'implication dans la direction. Je vais rester très impliqué dans la direction. Vous serez numéro deux ?

Oui, on n'aime pas beaucoup ce genre de truc au Parti communiste, mais c'est un peu ça. Disons qu'on va conduire ensemble la liste de la direction. C'est Fabien qui devient le secrétaire national. Et moi, je vais présider ce qu'on appelle le Conseil national. Mais oui, je continuerai de jouer un rôle important dans la direction.

3:17
Invité

Elle est où, finalement, la ligne de dissension, on va dire ? La raison pour laquelle vous prenez, en effet, un peu de recul. Est-ce que c'est dans le rapprochement avec la France insoumise, peut-être ce chemin que vous avez fait ensemble, et qui a affaibli le parti avec Jean-Luc Mélenchon ?

3:32
Pierre Laurent

Oui, bien sûr, ça fait partie du débat. Mais plus profondément, c'est quoi ce qui nous importe ? C'est qu'on voit bien que la société capitaliste est en train d'entrer dans une impasse profonde. Et je pense, je l'ai déjà dit souvent, que dans ce siècle, on va se poser la question d'inventer un autre mode de développement. On le voit au plan social, au plan écologique. Et nous, on pense que les idées communistes d'aujourd'hui ont une grande modernité pour ça. Mais c'est vrai qu'on n'arrive pas à ce que ça se traduise par un renforcement de la place de nos idées et du parti, bien que ces idées grandissent.

Je voyais dans l'humanité de ce matin, il y a une société coopérative alternative aux plateformes qui est en train de naître, Mobicop, qui montre qu'il y a des gens qui cherchent d'autres modèles économiques. Donc, il faut qu'on avance dans cette direction. Et c'est ça, plutôt, ce paradoxe-là, qui nous fait réfléchir sur pourquoi nous n'arrivons pas à traduire cette percée politique d'idées nouvelles dans l'influence du Parti communiste.

4:31
Invité

Mais sur les relations avec la France insoumise, ça aussi, il va falloir tirer ça au clair ? Il va falloir prendre une nouvelle ligne ?

4:36
Pierre Laurent

Ça, c'est très clair, je dirais, du point de vue du Parti communiste. Nous, on pense qu'il n'y a pas d'alternative à un travail, une coopération, même si elle est traversée de débats avec toutes les forces de la gauche nouvelle. Parce que si nous ne faisons pas ça, on va laisser la place à l'extrême droite, comme on le voit en Europe. Donc, cette coopération, elle est nécessaire. Mais, effectivement, on a des partenaires, notamment la France insoumise, qui ne jouent pas vraiment ce jeu-là, qui, pour le moment, pensent, en tout cas, la France insoumise l'a pensé un temps, qu'à elle toute seule, elle allait occuper tout cet espace.

Et ça ne sera pas le cas, parce que la gauche va rester pluraliste et le Parti communiste a un rôle très utile à jouer. Donc, il faut que tout le monde retrouve le chemin de coopération politique plus utile.

5:19
Présentateur

Mais, Pierre Laurent, la nouvelle ligne, ce sera quoi dans ce débat-là ? Quelle relation avec la France insoumise ? J'ai lu dans Le Monde qu'un cadre communiste disait de manière anonyme, la ligne, c'est de se faire respecter à gauche. C'est ça, le sujet ?

5:35
Pierre Laurent

Oui, on a envie de se faire respecter. Il y a beaucoup de communistes qui ont été meurtris par l'élection présidentielle. Parce qu'effectivement, on a soutenu, et j'avais plaidé pour ça, la candidature de Jean-Luc Mélenchon, après beaucoup de débats, justement parce que ce candidat, et je pense que ça ne l'a pas aidé à franchir la barre de la qualification au premier tour de l'élection présidentielle, n'a pas respecté les communistes, qui pourtant le soutenaient, et les a un peu traités.

Donc, oui, il y a une demande de respect de nos idées, mais ce respect qu'on veut se voir manifester à l'égard de nos idées, parce qu'elles sont utiles à la gauche, évidemment, nous, on veut aussi respecter les autres forces pour ce qu'elles sont. Et je pense que ces relations de coopération utile entre ces forces aient le chemin indispensable pour reconstruire une gauche forte.

6:25
Invité

Alors, on l'entend, il y a la stratégie politique pour reconstruire une gauche forte, et puis il y a les idées. Avec la France insoumise, expliquez-nous, vous dites qu'il faut respecter nos idées aussi, c'est quoi la différence cardinale ? S'il y en a une avec LF.

6:38
Pierre Laurent

Je pense que nous, nous accordons une très grande importance à ce qu'on appelle, excusez-moi, du jargon, la question de classe. C'est quoi ? C'est qu'au cœur des difficultés, il y a un problème, c'est qu'il faut affronter la puissance du capital, et du capital qui est aujourd'hui multinational. Et il faut s'en donner les moyens. Et on ne contournera pas cette question. Et cette question-là, d'aller gagner du pouvoir dans la bataille sociale de l'entreprise, de ne pas laisser tout le pouvoir à ces grandes multinationales, pour nous, cette question-là, elle est essentielle.

7:10
Invité

Vous trouvez qu'ils sont mous là-dessus ?

7:12
Pierre Laurent

Un peu, oui. Et j'ai vu parfois, oui, à la France insoumise, théoriser l'idée que cette question-là, il fallait la relativiser aujourd'hui par rapport à d'autres questions. La question sociale, la question écologique. La question des classes. Par exemple, oui, même pour traiter la question écologique, qu'on voit bien, qu'on bute sur la puissance de ces multinationales, qui imposent pas seulement leur exigence de rentabilité, mais même maintenant, qui cherchent à imposer leur mode de vie à la société entière. Il faut reprendre du pouvoir par rapport à tout ça. Et la question de l'argent est au cœur de ça.

Regardez, cette semaine, on a d'un côté les gilets jaunes, des gens qui n'arrivent pas, qui en ont marre qu'on les matraque, qu'on matraque leur pouvoir d'achat, et de l'autre côté, Carlos Ghosn. Pour moi, on a le résumé en une semaine de ce qui ne va pas dans le monde actuel.

8:00
Présentateur

Alors, on va venir à chacun de ces dossiers, à la fois les gilets jaunes pour commencer, Carlos Ghosn, juste après. C'est un mouvement dont on a dit qu'il était spontané, venu d'Internet, en dehors des syndicats, en dehors des partis politiques. On a vu que c'est, au départ, une revendication sur le prix des carburants, puis que ça change très très vite. Est-ce que vous diriez, comme le président de la République, Pierre Laurent, que c'est un mouvement poujadis ? Ça existe dans l'histoire de France ? Est-ce que ça ressemble à ça ou c'est tout à fait autre chose ?

8:32
Pierre Laurent

Non, moi je crois que c'est une grave erreur de jugement du président de la République. Le président de la République récolte en fait la colère qu'il a semée depuis le premier jour. Il a assumé sa politique en disant, avec beaucoup d'arrogance, en disant, on va servir les premiers de cordée et toute la société va avancer derrière ça. Et il a mis en oeuvre ça, la suppression de l'ISF, les cadeaux fiscaux, etc.

Et pendant ce temps-là, il ne comprend pas, ou alors il ne veut pas le comprendre, qu'il y a des millions de gens et pas seulement les plus en difficulté, mais en fait tous ceux qui travaillent, qui n'arrivent plus à s'en sortir et qui ne comprennent pas pourquoi on tape sur ceux qui travaillent. Et c'est ça, cette colère-là. Donc c'est une lutte sociale, c'est pas du coup jadisme, c'est pas une lutte idéologique. Non, le premier accès de colère, il est venu des retraités. Quand il y a eu l'affaire, on se rappelle, tout le monde avait été surpris par la puissance des manifestations des retraités qui d'un seul coup sont descendues dans la rue.

Cette alerte a été ignorée par le gouvernement, après beaucoup d'autres. Et les organisations syndicales avaient alerté sur le fait que dans les entreprises, les luttes sur le pouvoir d'achat étaient en train de redevenir les luttes premières. Donc cette question, elle est montée depuis des mois. Le gouvernement n'a pas voulu l'entendre. Ça explose, excusez-moi, sur la question de l'essence. Mais en fait, c'est une colère profonde sur la question du pouvoir d'achat.

9:50
Invité

Donc ça, c'est le constat. Mais sur la question de comment on en sort, ce matin, il y a deux propositions sur la transition écologique et comment elle peut être populaire. Il y a deux propositions sur la table. Il y a François Bayrou au Modem et qui est partenaire de la majorité qui dit qu'il faudrait réfléchir à cette hausse des taxes en janvier. Il faudrait peut-être, sous-entendu, revenir dessus ou la moduler en fonction du prix du baril. Et puis, vous avez François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, qui dit « Bon, bien, Pierre-Laurent Berger, CFDT, il a peut-être raison. Il faut faire une conférence écologique, sociale.

Et là, il dit « Peut-être pas un Grenelle, mais des débats dans les territoires. » Est-ce que là, Pierre-Laurent, il y a une de ces deux propositions qui vous agréent ?

10:29
Pierre Laurent

Il faut faire les deux. Il faut réouvrir en grand le dossier du pouvoir d'achat. Alors, ça passe par le fait qu'effectivement, on cesse d'augmenter les taxes comme on le fait. Mais ça passe par d'autres choses. Il faut réaugmenter les salaires dans les entreprises. Parce que, on vit dans un pays

10:43
Présentateur

où les salaires, c'est une question tabou. Sur la taxe carburant, quand vous dites « Il faut moduler les choses », ça veut dire quoi ? François Bayrou dit « S'il y a des variations du prix du pétrole, à ce moment-là, on a une taxe flottante qui s'ajuste ». Non, non, il faut arrêter

10:55
Pierre Laurent

avec l'augmentation des taxes sur le carburant parce que c'est un prélèvement très injuste qui frappe indistinctement les gens, quel que soit leur niveau de revenu. Mais là, vous vous rendez bien compte que si on veut aller

11:06
Invité

vers moins d'émissions,

11:07
Pierre Laurent

comment est-ce qu'on... C'est le signal pris ? Non, mais si, justement... Et ensuite, il y a le dossier écologique. Et si on veut traiter le dossier écologique, il faut le traiter dans son ensemble. Je rappelle une chose, quand même. C'est quand la loi de transition écologique a été discutée, la question des transports ne faisait pas partie de cette loi. Nous l'avons dénoncée. Nous avons dit « Mais pourquoi la question des transports ne fait pas partie du débat écologique ? » Et pourquoi elle ne faisait pas partie de ça ? Parce que le gouvernement voulait au même moment faire la loi sur le ferroviaire. Donc ne voulait pas discuter du développement du service public ferroviaire.

Parce que si on veut parler des émissions de gaz à effet de serre, il faut parler des camions sur les routes. Qu'est-ce qui encourage le développement du trafic fret par la route qui est une catastrophe écologique ? Eh bien, c'est le fait qu'on ne développe pas le transport public ferroviaire. Donc si on veut avoir...

11:54
Présentateur

Mais il faudrait un moratoire sur la fiscalité aujourd'hui, c'est ça ? La fiscalité des carburants ? Alexandra le disait qu'il va y avoir des hausses encore jusqu'à la fin du quinquennat et les prochaines sont pour début janvier. On fait quoi ? On suspend cette perspective ?

12:09
Pierre Laurent

Si on veut de l'argent pour financer la transition écologique, on peut aller en chercher ailleurs. Par exemple, on propose, nous, de renationaliser les sociétés d'autoroutes. On les a privées. C'est Sarkozy qui les a privatisées. Au bout des concessions privées, on chiffre à 32 milliards d'euros les dividendes qui auront empauché les concessionnaires privés des autoroutes. Ça, c'est les automobilistes qui payent. On n'a qu'à récupérer cet argent pour financer de la transition écologique. Donc, si on veut aller chercher de l'argent, allons le chercher dans les poches de Total, dans les poches des sociétés.

12:45
Présentateur

Mais en janvier, pas dans les poches des Français. C'est ça qu'on comprenne bien. Mais en janvier,

12:48
Pierre Laurent

pas dans les poches des Français qui n'arrivent pas à finir leur fin de mois.

12:50
Invité

Donc, il faut arrêter toute hausse de taxes sur les carburants d'ici la fin du quinquennat. C'est ça que vous dites ce matin ?

12:55
Pierre Laurent

Oui, je pense que la hausse des taxes qui est très injuste n'est pas la voie pour conduire la transition écologique.

13:02
Présentateur

On a déjà une petite idée. On va en avoir une plus précise la semaine prochaine de ce à quoi va ressembler la PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie. Le sens de l'histoire. On verra donc le rythme. C'est de sortir progressivement du nucléaire. Historiquement, les communistes ont une relation amicale. Je vais dire ce mot à défaut d'un autre. Amicale avec le nucléaire français. Êtes-vous désormais favorable à ce que des réacteurs soient fermés, huit ou plus, et qu'on aille même le plus vite possible,

13:35
Pierre Laurent

Pierre Laurent ? Le plus vite possible, non. Et je vais vous dire pourquoi. Là aussi, c'est un problème global. Il faut savoir comment on va répondre aux besoins énergétiques du pays. Ce qui nous a conduits à une époque il y a très longtemps à être favorables au nucléaire, c'était que c'était une politique cohérente d'indépendance énergétique de la France. Et aujourd'hui, il faut, c'est la même chose, se poser la question globalement. Pour produire de l'électricité, sans augmenter les émissions de gaz à effet de serre, nous, nous considérons que pour en tout cas plusieurs décennies encore, nous aurons besoin de nucléaire. Donc, il faut un mix énergétique dans lequel il y aura du nucléaire.

Il y a beaucoup de choses à dire sur la manière dont on conduit la politique énergétique nucléaire en France aujourd'hui, avec le recours à la sous-traitance et l'éclatement de DF. Mais donc,

14:24
Invité

les fermetures de sites, de réacteurs, c'est ça qui est en jeu. Par exemple,

14:28
Pierre Laurent

on dit, il faut développer à fond la voiture électrique pour produire moins. Mais si on développe la voiture électrique, il faudra un réseau électrique capable de répondre. J'étais au salon de l'automobile, je discutais avec les constructeurs automobiles de cette question, avec les organisations syndicales. Ils disent, si demain matin, tout le monde avait une voiture électrique, le réseau ne tient pas le coup. Donc, si on veut être cohérent, on se dit, on développe la voiture électrique ou la voiture hybride pour arrêter le diesel, par exemple, ce qui est une politique vers laquelle il faut s'engager. Et là, le plus vite possible.

Mais à ce moment-là, il faut se poser la question de la production électrique. Et on aura besoin, à notre avis, de nucléaire. Parce que les énergies renouvelables intermittentes ne suffisent pas à répondre à ça.

15:12
Invité

58 réacteurs nucléaires, on va fermer Fessenheim, ça, ça paraît à peu près sûr. Il ne faut pas en fermer d'autres d'ici 2035 ?

15:20
Pierre Laurent

A condition, si on en ferme d'autres, il faut prouver que les alternatives qu'on développe sont capables de répondre dans de bonnes conditions et des bonnes conditions de sécurité à la production. Regardez ce qu'a fait l'Allemagne. Ils ont été très vite dans cette direction. Ils ont fait exploser leur production charbonnière et tout le monde dit qu'écologiquement, c'est une catastrophe. Donc, si on veut des alternatives durables à ça, ça ne se fera pas. C'est faux de dire, moi, je crois que ce n'est pas vrai de dire, qu'en 5, 10, 15 ans, on va régler le problème et on va remplacer le nucléaire par autre chose.

15:51
Invité

Pourtant, il y a l'urgence écologique.

15:53
Pierre Laurent

Oui, mais l'urgence écologique, elle porte principalement sur la question du climat et le nucléaire n'est pas responsable de cette question. Le nucléaire pose une autre question qui est sérieuse, qui est celle de la sécurité avec laquelle on ne peut pas jouer, ça c'est clair, et la question du traitement des déchets. Donc, il y a des questions écologiques à se poser aussi dans ce domaine-là. Mais la question du climat et la question du nucléaire n'ont pas de lien, même si elles en ont un, c'est que le nucléaire ne produit pas de gaz à effet de serre.

16:23
Présentateur

La voie est singulière dans le paysage qui consiste à dire de la part de tout le monde, il faut en sortir le plus vite possible. Des trois scénarios sur la table pour le gouvernement, c'est le premier qu'il faut saisir, c'est-à-dire 2030, pas 2035, pas 2040, vous semblez ne pas partager ce sentiment d'urgence.

16:43
Pierre Laurent

Oui, mais non, non, non, je partage totalement le sentiment d'urgence climatique à fond et justement parce que je le partage, je dis ce que je dis sur la question énergétique et vous savez, les gens qui sont prêts à un débat sérieux sur ces questions ne prennent pas du tout les communistes. J'ai souvent discuté de cette question, y compris avec Nicolas Hulot et qui est quelqu'un avec lequel on peut avoir un dialogue de fond sur ces questions.

17:10
Présentateur

Stéphane est au standard. Bonjour et bienvenue.

17:13
Invité

Bonjour France Inter.

17:15
Présentateur

On vous écoute Stéphane.

17:17
Invité

Alors, M. Laurent, en même temps, vous critiquez le tout en même temps du gouvernement mais en même temps vous-même, vous dites qu'il faut faire quelque chose pour l'environnement mais vous êtes pour le productivisme. Est-ce que vous pensez que sur une base qui fait l'unanimité au sein du monde scientifique qui est une base de 1700 kilos équivalents CO2 par an et par habitant, vous pensez que c'est soutenable votre discours ? En même temps, c'est lui en même temps, vous dites en même temps que le gouvernement mélange tout mais vous-même, vous n'êtes pas clair.

Me semble-t-il, la solution ne serait pas peut-être d'aller vers de la sobriété ce qui demanderait une remise en cause totale et complète de notre mode de production ?

17:52
Présentateur

Merci Stéphane pour cette question. Est-ce qu'on peut être en même temps l'un et l'autre ? Pierre-Laurent vous répond.

17:57
Pierre Laurent

Mais je ne suis absolument pas productiviste. Nous avons rompu avec et le productivisme et le consumérisme et c'est à outrance du monde capitaliste actuel. Et effectivement, je pense qu'il faut des modes de développement, un mode de développement productif totalement différent. et il y a un chapitre entier du texte que nous sommes en train de discuter dans notre congrès qui porte cette question d'une refonte du modèle productif pour aller vers d'autres conceptions et de la production et de la consommation.

18:30
Présentateur

On est au standard maintenant avec Aurélie. Bienvenue sur Inter.

18:34
Invité

Bonjour à tous. Bonjour M. Laurent.

18:36
Présentateur

Bonjour.

18:37
Invité

Je vous laissez si vous partagez le contexte suivant d'un mouvement qui était apolitique. Les Gilets jaunes sont devenus de plus en plus infiltrés par l'extrême droite. On assiste à des agressions homophobes, racistes. Hier, il y a même eu des dénonciations de migrants, ce qui m'a profondément choquée. Est-ce que vous ne pensez pas que ce mouvement finalement est en train de dériver complètement vers une tendance fascisante en fait ?

19:05
Présentateur

Merci Aurélie pour cette question. Pierre, sur l'application France Inter, pourquoi les Gilets jaunes se rapprochent du Rassemblement National et pas du Parti Communiste ? Pierre Laurent ?

19:15
Pierre Laurent

Non mais je vois effectivement comme vous avec inquiétude ces incidents et c'est clair qu'il y a des forces politiques et des militants qui essayent d'instrumentaliser cette colère populaire. Personne n'est dupe, enfin en tout cas moi je ne suis pas dupe de ça. Donc je ne confonds pas la colère populaire sur le pouvoir d'achat qui a été à l'origine de ce mouvement et les instrumentalisations politiques à laquelle se livrent les uns et les autres et d'ailleurs personnellement j'évite tout ce qui pourrait ressembler à une instrumentalisation politique donc je pense la majorité de ceux qui ont porté un gilet jaune ne veulent pas.

19:55
Présentateur

Samedi, Pierre Laurent, un rassemblement est prévu, en tout cas les Gilets jaunes appellent un rassemblement à Paris. Certains membres de la France insoumise ont pu prendre samedi dernier part à différentes mobilisations. est-ce que vous l'avez compris ? Est-ce que vous samedi vous pourriez le faire Pierre Laurent comme communiste vous ou vos proches être place de la Concorde si c'est là que ça se passe à Paris aux côtés des Gilets jaunes ?

20:19
Pierre Laurent

D'abord samedi je serai au congrès du parti communiste parce qu'on va être en congrès pendant trois jours. Si j'étais dans la rue samedi après-midi j'irais d'abord et avant tout à la manifestation contre les violences faites aux femmes place de la Madeleine si je ne m'abuse qui a lieu ce jour-là et qui est pour moi la grande manifestation du 24 novembre mais d'ailleurs Madeleine Concorde

20:38
Présentateur

c'est pas très très loin excusez-moi

20:40
Pierre Laurent

Mais je crois que la préfecture leur a demandé de changer un peu le parcours Mais est-ce que vous iriez

20:44
Présentateur

rejoindre les Gilets jaunes ?

20:46
Pierre Laurent

Mais il y a sur des barrages dans des initiatives des militants communistes qui ont participé à certaines de ces opérations je le répète on voit bien que dans la manifestation de samedi il va y avoir aussi des tentatives d'instrumentalisation politique moi j'ai pas envie de me livrer à ça et je vais pas manifester aux côtés de Laurent Wauquiez ou de je ne sais quel dirigeant du Front National

21:07
Invité

Pierre Laurent à la Réunion le mouvement est parti des Gilets jaunes mais là il est devenu extrêmement violent avec un couvre-feu des administrations des services publics fermés c'est du jamais vu depuis 30 ans l'exécutif promet un maintien de l'ordre intraitable contre ceux qui piquent qui cassent est-ce que c'est devenu incontrôlable ?

21:25
Pierre Laurent

Mais est-ce qu'on se rend compte que la situation des dom-toms de la Réunion de la Martinique de la Guadeloupe de la Guyane est-ce qu'on se rend compte à quel point elle est violente quand vous avez dans ces départements d'outre-mer il y a eu des événements très importants en Guyane il y a quelques mois mais en vérité la situation elle est explosive en permanence dans ces territoires d'outre-mer pourquoi ?

parce qu'il y a 40% de la jeunesse au chômage rien n'est fait pour le développement endogène de ces territoires on prétend rétablir l'ordre mais où et quand on prend la mesure de la situation de détresse sociale qu'il y a dans ces territoires et si le gouvernement continue à ne vouloir rien entendre ni les racines de la colère des gilets jaunes ni ce qui se passe à la réunion ni ce qui se passera peut-être demain dans les quartiers populaires de nos villes et bien il est à côté du monde réel il y a une France qui souffre profondément qui ne voit pas d'avenir ni pour elle ni pour la jeunesse de demain dans les politiques qui sont menées aujourd'hui et on a des gouvernements en France en Europe qui dit on continue on continue on continue avec les mêmes politiques et bien cette marmite là elle est en train d'exploser et moi ce qui m'inquiète c'est que si d'un côté le gouvernement continue et de l'autre côté la gauche ne se redresse pas et bien ça va ouvrir la porte comme on le voit en Europe à des mouvements politiques extrêmement inquiétants donc il faut prendre la mesure de ça pour changer de cap politique et le plus vite possible

22:48
Présentateur

alors précisément la commission européenne va retoquer le budget italien entamer une procédure de sanctions est-ce que selon vous l'application des règles européennes qui sont connues et qui s'appliquent à tous les pays membres est-ce que l'application de ces règles est un déni de démocratie ?

23:07
Pierre Laurent

moi je crois que les gouvernements devraient rester maîtres effectivement enfin les gouvernements et les parlements devraient rester maîtres de leurs choix budgétaires et que c'est un problème la manière dont fonctionne actuellement l'Union Européenne sur des orientations qui on le voit bien sont rejetées de plus en plus par les différents peuples européens mais dans cette affaire de l'Italie pour prendre le cas rien ne va ni l'attitude de la commission européenne ni le budget qui est présenté par Salvini qui n'est pas un budget social parce que c'est un budget qui creuse les déficits pour continuer aussi à faire lui aussi des cadeaux aux patronats aux multinationales c'est un budget le budget Salvini compatible avec Berlusconi donc c'est ce face à face cet étau dans lequel on essaye de nous enfermer en Europe entre d'un côté les libéraux et de l'autre côté les forces populistes d'extrême droite qui est un très grave danger et il faut au contraire des politiques sociales qui devraient être menées dans les pays mais accompagnées par les politiques européennes à l'inverse de ce qu'on fait aujourd'hui

24:14
Présentateur

Pierre Laurent merci merci à vous et bon congrès du parti communiste à partir de demain et pour tout le week-end merci à vous et bonne manifestation samedi place de la Madeleine puisque vous nous avez dit où vous seriez à l'inverse

24:29
Locuteur

à l'inverse de la Madeleine que vous ayez à l'inverse à l'inverse de la Madeleine qui s'est mis

Pierre Laurent au sujet des Gilets jaunes : "La marmite est en train d'exploser" — Pierre Laurent · Pourquijevote