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interviewRMC· 13 février 2024

🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview politique de Sébastien Chenu sur RMC

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

sont aujourd'hui en grève, aujourd'hui et hier en grève, dont la situation ne cesse de se dégrader. Nous, on a déposé d'ailleurs au Rassemblement National une proposition de loi pour revoir leur barème sur les indices kilométriques. Mais notre pays va de crise en crise et le Président de la République surfe sur ces crises.

En fait, c'est-à-dire que le Président de la République a peur en ce qui concerne les agriculteurs, il leur a menti. Comment ça, il leur a menti ? C'est pour ça qu'aujourd'hui, il les reçoit.

Comment ça, il leur a menti ? D'abord, il a peur. Il a peur de faire un mauvais salon de l'agriculture.

Il les reçoit à toute vitesse. Gabriel Attal reçoit les jeunes agriculteurs. Ils ont compris qu'en termes d'image, puisque ce sont des gens qui ne sont attachés qu'à l'image, Gabriel Attal et le gouvernement, il n'y a que l'image et la com qui les intéressent.

Donc ils se disent « Ouh là là, notre image va en prendre un coup. Vite, recevons encore une fois les agriculteurs. » Ils ont menti.

Ils les reçoivent chaque année avant le salon de l'agriculture, dit les...

Ils insistent d'ailleurs tous les deux pour dire qu'ils les reçoivent parce qu'il y a cette crise du monde agricole. C'est eux-mêmes d'ailleurs qui insistent là-dessus. Oui, ils ont menti.

Ils ont menti parce que ce qu'ils ont raconté pour calmer les agriculteurs il y a 15 jours, en réalité, ce sont des balivernes. Regardez, le calcul des retraites des agriculteurs. Est-ce que les choses ont avancé ?

Rien n'a avancé. Le traité du Mercosur...

Mais il n'y a pas de baguette magique pour changer les lois en 15 jours ? Non, non, non. La réforme des retraites des agriculteurs, ça a été annoncé il y a très longtemps au moment de la réforme des retraites, au moment du débat sur la réforme des retraites.

Ça n'est toujours pas réalisé. Le Mercosur, on se rend compte de quoi ? Le 12, c'était il y a quelques jours, hier ou avant-hier, au Parlement européen, à la Commission européenne, on entend les négociations sur le Mercosur continuent.

Bien entendu, on sait qu'il y a des gouvernements et des chefs d'État qui ne sont pas d'accord, mais l'Union européenne continuait à négocier sur le Mercosur. Si la France ne signe pas, il n'y a pas d'accord. Donc on continue.

Et puis, Emmanuel Macron, il a dit qu'il n'y a pas. Donc d'accord, ok, c'est toujours la même logique. Donc en fait, Emmanuel Macron, à Paris, dit « Je me scandalise du Mercosur, c'est honteux, on va regarder ça ».

Et puis au Parlement européen, à la Commission de Bruxelles, on continue. Pas de problème, on continue. Il n'y a pas de traité aujourd'hui, il n'est pas signé, et la France ne signera pas, dit Emmanuel Macron.

Mais ce n'est pas visiblement ce que les Européens entendent, en tous les cas. Et ce n'est pas ce qui est relayé au Parlement européen et à la Commission européenne. Et j'ajoute une nouvelle chose sur les transpositions.

On s'aperçoit que la France continue à surtransposer. On a découvert un bidule qui s'appelle le nodule, c'est-à-dire en fait sur les phytos. Ou une transposition française, inventée en France, qui est encore plus dure que les directives européennes.

Et bien ça continue. Donc les agriculteurs, ils ont très bien compris qu'on les a baladés jusqu'à présent, et que s'ils ne montent pas le ton, s'ils ne poussent pas le gouvernement à bouger, et bien on reviendra à la case départ, comme les gilets jaunes sont revenus à la case départ en leur temps. Donc ils ont raison de maintenir la pression, c'est ce que vous nous dites ce matin.

Ils ont raison parce que sinon c'est notre agriculture qui va être effacée. Et je crois que quelque part c'est aussi à travers ces obsessions de la décroissance qui sont relayées par les députés européens d'Emmanuel Macron par exemple, et puis par la gauche, c'est notre agriculture qui va être effacée. Donc oui, bien entendu, pour faire changer les logiques, il faut maintenir une certaine forme de pression.

Mais Sébastien Genu, en 12 jours, s'il y a 12 jours, la conférence de presse de Gabriel Attal, des choses ont été faites, par exemple sur le GNR, le gazole non routier, la taxe qui était prévue, elle n'existe plus. Il y a tout de même des choses qui ont été faites. Mais oui, mais la trousse, ce n'est pas une victoire sur le GNR, c'est simplement une source d'ennui en moins, c'est simplement des difficultés fiscales en moins.

Nous, on avait proposé lors du débat sur le budget, en septembre et octobre, on avait proposé qu'on ne revienne pas sur la taxation du GNR qui bénéficiait d'un avantage fiscal. À l'époque, Bruno Le Maire nous avait traité de tous les noms. Vous êtes des démagos, vous êtes inconséquents, c'est scandaleux.

Mais finalement, ils y reviennent. Que de temps perdu. Et ça fait 7 ans qu'ils sont aux manettes.

Si vous voulez, la crise agricole, elle ne date pas d'il y a 15 jours. Vous me dites que ça fait 15 jours qu'ils s'en occupent. Très bien, d'accord, mais ça fait 7 ans qu'ils sont aux manettes.

Et ça fait 15 jours qu'ils s'en occupent. Il y a un problème. Sébastien Chenu, votre parti, le Rassemblement National, lance cet après-midi une commission d'enquête sur les raisons de la perte de souveraineté alimentaire de la France.

Qu'est-ce que vous allez essayer de démontrer avec cette commission d'enquête ? On veut savoir qui, finalement, sont aussi les gagnants de cette crise agricole et de cette crise alimentaire. Vous avez une idée là-dessus ?

Oui, bien sûr qu'on a une idée. C'est qui ? On voit bien les prix, par exemple, de l'alimentaire n'ont jamais été aussi hauts.

Et de l'autre côté, les agriculteurs n'arrivent pas à boucler leur fin de mois. Ça veut dire qu'il y a des intermédiaires, les grandes centrales d'achat, les industries de l'agroalimentaire, la distribution, qui forcément, à un moment ou à un autre, sont gagnants. Et d'ailleurs, il suffit de regarder les chiffres.

Ils sont gagnants. Donc on veut voir comment ces intermédiaires sont gagnants, pourquoi, à quel niveau, et comment on corrige tout cela. Il n'y a pas que les agriculteurs qui maintiennent la pression, il y a aussi les contrôleurs de train qui menacent d'une grève dès ce week-end.

Pourquoi autre chose ? Ils disent, ils font la même chose que les agriculteurs. Ils disent, on manque de considération, on n'est pas assez payé.

Est-ce que c'est un mouvement de grève que vous soutenez ? Alors il y a le fond et il y a la forme. Sur le fond, moi je les comprends parfaitement.

Sur le fond, je comprends. Des Français qui ont des problèmes de pouvoir d'achat, qui travaillent, qui se lèvent tous les matins, qui sont dans des situations parfois difficiles. Quand on est contrôleur, on se retrouve à une certaine forme parfois d'agressivité.

Je comprends sur le fond. Sur la forme, j'ai des réserves parce que les Français, sincèrement, en bavent tellement qu'ils se retrouvaient à nouveau en période de vacances bloquées. Je pense qu'il faut évidemment revoir ça.

Mais ça dit deux choses. D'abord un manque d'anticipation, encore une fois. On ne propose jamais des mesures pérennes aux Français sur leur pouvoir d'achat.

De la SNCF, mais aussi du gouvernement qui doit accompagner et qui là, encore une fois, se retrouve comme un lapin dans les phares d'une voiture à se dire nous voilà encore pris. Et puis, si vous voulez, la SNCF, enfin les contrôleurs grévistes de la SNCF ont compris une chose. Il y a deux syndicats sur quatre.

Oui, deux syndicats sur quatre. Vous avez raison. Ils ont compris une chose, c'est qu'il faut mettre la pression sur le gouvernement dans les moments les plus difficiles pour les Français pour le voir bouger.

Mais malheureusement, ce gouvernement anticipe si peu, pratique si peu le dialogue social, prend si peu en considération la souffrance des Français, qu'effectivement, on arrive à des situations totalement aberrantes où il faut bloquer pour se faire entendre. C'est l'inverse du dialogue social sur lequel, je vous le rappelle, notre République qui est une République sociale repose également. Sébastien Chenu, j'en viens à cette proposition des Républicains.

Ce matin, référendum d'initiative partagée sur l'immigration. Est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce qu'on pourrait arrêter de faire de la politique sur le dos des Mahorais ?

Est-ce que des Républicains à Gérald de Darmanin...

Vous proposiez, vous aussi, un référendum sur l'immigration ? Non, non, mais nous, on propose des choses sérieuses depuis très longtemps. C'est pas sérieux ce que proposent les Républicains ?

Non, non, non, c'est toujours Monsieur Plus. Nous, on veut résoudre les problèmes des Mahorais. Et Marine Le Pen, depuis très longtemps, je vous rappelle qu'en 2018...

C'est pas que sur Mayotte, le référendum d'initiative partagée derrière. Bien sûr, mais je vous rappelle qu'en 2018, Marine Le Pen a déposé une proposition de loi sur le rétablissement, sur la fin du droit du sol à Mayotte, mais partout en France. Et je pense qu'il faut prendre les problèmes avec sérieux.

Il ne faut pas attendre qu'il y ait un souci. Et à Mayotte, c'est plus qu'un souci. C'est une crise énorme.

Comment ne pas penser à nos compatriotes Mahorais pour ensuite sortir ce qui peut s'apparenter à un gadget ? Je vais revenir au sujet de Mayotte plus précisément. Mais juste sur le référendum d'initiative partagée sur l'immigration, vous dites que ce n'est pas sérieux.

Pourquoi ? Mais non, parce qu'on a l'impression que les Républicains font de la politique sur le dos des Mahorais. Les Républicains proposent des réformes sur l'immigration au moins depuis 2017.

Encore des amendements sur la dernière loi de décembre. En 2008, François Barron, ministre de l'Outre-mer, disait qu'il faut revenir sur le droit du sol. En 2005.

En 2008, c'était Christian Estrosi qui le disait. Que s'est-il passé ? On les a vus aussi à l'œuvre.

Donc aujourd'hui, on a eu une super idée, on va faire un référendum d'initiative partagée. Je pense qu'il faut prendre les choses sérieusement. Savoir où on est et où on va.

Où on en est à Mayotte. Ce qu'on veut pour notre pays. Ce n'est pas sur Mayotte.

C'est Mayotte le déclencheur. C'est plutôt la censure du Conseil constitutionnel dans un certain nombre de dispositions de la loi immigration. Justement.

Quand Gérald Darmanin dit que le droit du sol est attractif pour une immigration incontrôlée à Mayotte. Mais s'il l'est à Mayotte, le droit du sol, s'il est attractif, il l'est partout sur le territoire. Et c'est bien ce que nous disons.

Donc il faut solutionner ceci en revenant sur le droit du sol. Ce qui n'empêchera pas des gens d'ailleurs de pouvoir se faire naturaliser, d'acquérir la nationalité française selon un certain nombre de critères. La réforme du droit du sol ne fait pas partie en l'espèce du référendum d'initiative partagée que proposent les Républicains.

Mais venons-en à Mayotte. Mais qu'est-ce qu'il propose les Républicains en fait ? Puisque vous voulez en parler, il propose notamment de durcir les conditions du développement familial.

Il propose...

Nous on a un référendum, on propose depuis longtemps un référendum avec un texte de Marine Le Pen. Mais je comprends que vous soutiendrez pas les initiatives des Républicains. Non mais là, il se réveille un beau jour en disant que nous allons faire un référendum d'initiative partagée de l'efficacité.

Vous parlez de Mayotte. À Mayotte, il n'y a pas d'aide médicale d'État que vous proposez de supprimer, que les Républicains proposent de supprimer. Je précise, c'est un dispositif qui permet notamment aux étrangers en situation irrégulière, précisément aux étrangers en situation irrégulière, de bénéficier d'un accès aux soins.

Pas d'aide médicale d'État à Mayotte, Sébastien Chenu, et pourtant l'immigration explose. Ils ne viennent pas pour l'AME. Non mais ils viennent pour d'autres choses.

D'abord parce que les Comores sont beaucoup plus pauvres que Mayotte. C'est pas un sujet de pompe aspirante. Mayotte, ce n'est pas Monaco non plus.

Non mais personne ne dit que Mayotte, on peut se dire ce matin. Mais Mayotte, c'est le département le plus pauvre de France. Mais ça reste plus riche que les Comores.

Et vous savez qu'il y a aussi la volonté pour les Comores de s'approprier Mayotte. Il y a la revendication comorienne de s'approprier Mayotte. Et ils le font en envoyant les leurs, finalement, accoucher, s'installer et vivre à Mayotte.

Ils viennent juste parce que le niveau de vie, l'espoir de trouver un emploi, de faire étudier leurs enfants...

Le niveau de vie, c'est aussi des aides. Le fait de pouvoir scolariser des gens, leur trouver un logement, leur trouver un emploi, ça ne repose pas sur rien. C'est bien l'argent des Français.

Pour en mettre ses enfants à l'école, c'est une pompe aspirante. Oui, ce sont les Français qui financent l'école publique avec leurs impôts. Donc évidemment.

Mais, Darmanin le dit, le droit du sol, c'est attractif pour l'immigration. Mais ça l'est partout. Donc Mayotte bénéficie déjà d'un régime avec une certaine forme de dérogation en ce qui concerne l'immigration.

Eh bien nous, nous considérons que la fin du droit du sol, c'est une proposition que nous portons pour toute la France. Ce n'est pas de l'opportunisme politique puisque là encore, quand on compare Mayotte et l'Hexagone, Sébastien Chenu, ça n'a quand même pas grand-chose à voir. Mayotte, 48% de population immigrée, on en est très très loin en métropole.

Mais Mayotte est notre avenir si nous ne faisons rien. Pourquoi ? Parce que demain, les migrations économiques sont aujourd'hui très importantes. 34 millions d'immigrés demain en France ?

Laissez-moi vous expliquer. Demain, les migrations climatiques vont concerner des millions d'êtres humains. Donc si nous ne faisons pas en sorte de mettre des frontières, de contrôler notre espace, de savoir qui peut entrer, qui peut se maintenir, qui peut être français, qui n'a pas le droit, eh bien demain, dans 50 ans, eh bien nous aurons ces problèmes face à nous.

Il faut les anticiper. On nous dit matin, midi et soir, attention, le climat, la difficulté liée au climat va provoquer des catastrophes. Oui, les migrations climatiques, les migrations climatiques sont devant nous.

Sébastien Chenu, à Mayotte, la restriction de l'accès à la nationalité votée en 2018 a conduit à ce qu'on appelle une nouvelle fraude. Les fausses reconnaissances de paternité. Aujourd'hui, un enfant né à Mayotte peut se voir délivrer un certificat de paternité par quelqu'un de maorais sous condition d'un échange financier.

Je te donne un chèque, tu me donnes une reconnaissance de paternité. Est-ce qu'il faut des tests ADN ? Nous, nous avions demandé en tous les cas en France qu'il puisse y avoir, notamment pour les mineurs non accompagnés, des tests ADN pour savoir s'ils étaient vraiment mineurs, etc.

C'est un autre sujet. C'est un autre sujet. Mais ça veut dire que l'idée du test ADN peut faire irruption dans le débat.

Moi, je n'y vois pas forcément d'inconvénients. On peut regarder ça. Il faut un parent ou deux parents français.

Vous savez très bien que le droit du sol, qui est arrivé à peu près en 1889, enfin au 19e siècle, il a beaucoup évolué. Il est devenu une automaticité. D'ailleurs, à l'époque, le gouvernement Balladur était revenu.

La gauche l'a remis en place. Donc nous, nous considérons...

Aujourd'hui, il faut le réclamer à 18 ans et avoir vécu un certain nombre d'années. Eh bien, nous considérons qu'aujourd'hui, il ne faut pas qu'il n'y ait d'automaticité. Ce n'est pas parce que vous naissez en France qu'automatiquement, vous devez être français.

Mais vous dites, y compris si des parents déclarent l'enfant, si un père déclare des enfants, pourquoi pas test ADN demain pour vérifier que ce n'est pas une fausse déclaration de paternité ? Écoutez, en tous les cas, Mayotte, dans cette situation particulière, je pense que l'ouverture des tests ADN, le recours aux tests ADN pour lutter contre l'immigration incontrôlée dans notre pays, et Mayotte fait partie de notre pays, est une possibilité qu'il ne faut pas exclure. Et donc, si je vous ai bien compris, 2027, si vous arrivez au pouvoir, plus de droit du sol ?

Non, mais ça veut dire qu'on peut quand même devenir français. Non, mais ça veut dire qu'on peut quand même continuer à devenir français. Vous supprimez le droit du sol.

Il n'y a plus d'automaticité. Oui, la fin du droit du sol. Ça veut dire que, mais vous savez, le droit du sol ne s'applique pas dans tous les pays.

C'est une spécificité française aussi. Mais ça veut dire qu'on pourra devenir français selon d'autres critères. Et ce ne sera pas automatique.

Bah oui, je pense que c'est le minimum. Et dans le cas de Mayotte, il faut une réforme constitutionnelle, Sébastien Chouinu, pour que le droit du sol soit enterriné. Est-ce que le Rassemblement national la votera ?

On a demandé la fin du droit du sol à Mayotte. Donc, on est plutôt disposé à regarder ça avec bienveillance. Mais nous, nous considérons qu'il faut aller plus loin.

La fin du droit du sol. Vous la voterez ? S'il n'y a pas des cavaliers, si derrière, il n'y a pas d'autre chose.

Parce que j'ai vu aussi que la fin du visa territorialisé qui visait à envoyer les milliers de migrants en métropole. Vous dites oui, si c'est que le droit du sol à Mayotte, ou qu'il votera sans condition. Vous réclamerez pas qu'il soit étendu à...

On va regarder le texte. Mais ce premier pas, nous l'avons demandé pour Mayotte, pour soulager les Mahorais. Nous allons évidemment le voter.

Mais j'attire l'attention du gouvernement pour pas qu'il se retrouve dans le même piège que la loi immigration. C'est est-ce que le Conseil constitutionnel validerait ça ? Parce que là, ce n'est plus une exception.

On sort finalement Mayotte du même droit que les autres départements français. Donc, est-ce qu'il est possible qu'un département français soit à ce point sorti du droit commun ? C'est une question de constitutionnalité.

Et j'aimerais que le gouvernement y réfléchisse avant de nous convoquer en Congrès. Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale, député de l'Assemblée nationale du Nord. Est-ce que la moitié, près de la moitié d'un gouvernement composé de millionnaires, ça vous choque ?

De ministres millionnaires ? Mais c'est pas ça qui me choque en réalité. C'est pas que les gens aient pu gagner un moment ou un autre leur vie à l'extérieur avec Dupont-Moréchi.

Les ministres peuvent être millionnaires. Ce serait bien aussi qu'il y ait des ministres qui arrivent de la vie réelle et qui ne le soient pas. Mais on a l'impression que c'est la politique qu'il mène qui est au bénéfice des millionnaires avec Emmanuel Macron.

C'est la politique menée par le gouvernement d'Emmanuel Macron au bénéfice de quelques-uns. Et ça, ça me choque davantage. Parce que vous pouvez avoir...

Je vous ai coupé. Vous alliez parler d'Éric Diopont-Moréchi. Vous dites qu'il a gagné sa vie honnêtement.

Il les mérite. Il y a des gens très riches qui ont une conscience sociale. Jean-Louis Borloo était un avocat richissime.

Il a eu une conscience sociale lorsqu'il a aidé le Valenciennois dont je suis voisin à se sortir de la difficulté. Donc, ce n'est pas le sujet. Simplement, c'est la politique qu'on mène.

Le gouvernement d'Emmanuel Macron mène une politique au bénéfice d'une France qui va déjà très bien et uniquement de celle-ci. Parce qu'elle est où la mobilisation du gouvernement d'Emmanuel Macron pour les ouvriers d'Eternite à Holchim dans ma circonscription ? Elle est où la mobilisation du gouvernement pour les infirmiers libéraux en grève aujourd'hui ?

C'est ça qui m'importe. La moitié des ministres millionnaires, ça ne vous choque pas ? C'est-à-dire la proportion non plus ne vous choque pas davantage ?

Non, ce qui me choque, c'est la politique qui le mène. Vous, vous n'êtes pas millionnaire, pardon ? Non, non, mais ma déclaration de patrimoine est en ligne, elle est consultable.

Marine Le Pen, je le précise pour nos auditeurs, puisque toutes les déclarations de patrimoine le sont, elle dispose d'un patrimoine supérieur à un million, ce qui en fait une millionnaire. Mais lorsqu'on est propriétaire, ce qui n'est pas mon cas, à Paris, d'un patrimoine, on est souvent à un moment de sa vie, lorsqu'on a dépassé 50 ans, amené à avoir un patrimoine qui a évidemment beaucoup monté. Parmi les ministres dont on parle, enfin ex-ministres dont on parle beaucoup aujourd'hui, Sébastien Chenu, il y a Elisabeth Borne, l'ancienne première ministre, qui va retrouver les bancs de l'Assemblée.

Est-ce que vous avez hâte de la retrouver ? Non, non, non, pas du tout. Elle va devenir députée, elle va siéger avec vous.

Je n'ai hâte du tout de la retrouver. Elisabeth Borne était parfaitement odieuse, avait un mépris total du Parlement, Madame 49-3. Alors, elle va voir ce que c'est qu'être députée, elle va voir ce que c'est que siéger la nuit, elle va voir ce que c'est qu'être frustrée parce qu'un gouvernement répond à côté de la plaque.

Donc, bienvenue dans la vraie vie politique, Madame Borne, et bienvenue dans la confrontation des idées qu'elle détestait. Il y a Elisabeth Borne, il y a d'autres ministres, l'ancien ministre du Travail, Olivier Dussopt, l'ancien porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, c'est un ministre des Transports, Clément Beaune. Quel accueil vous leur réservez ?

Est-ce qu'il y a une tradition d'accueil républicain ? Non, il n'y a pas de tradition particulière. En tant que vice-président de l'Assemblée nationale, je m'attacherai évidemment à traiter ces nouveaux députés exactement de la même façon que tous les autres et ils reviennent dans le chaudron de la politique.

On va voir de quoi ils sont capables et on va voir s'ils ont le même regard sur la politique qui est menée par le gouvernement lorsqu'on est un député de base. Vous pensez qu'ils vont changer de regard ? Je pense que leurs électeurs qu'ils vont retrouver ou qu'ils vont enfin recroiser vont pouvoir leur rappeler que la politique qui est menée n'est pas au bénéfice des Français.

D'un mot, Sébastien Chenu, demain, hommage national à Robert Badinter, vous y serez ? Le Rassemblement national y sera ? Le Rassemblement national n'exclut pas d'y être.

Moi, j'aimais ces combats. Moi, je suis un abolitionniste. Donc, voilà, dépinisation de l'homosexualité, fin de la peine de mort.

Moi, je souscrivais à ces combats. Je pense que la société se porte mieux avec ça, même si je sais qu'il y a beaucoup de Français qui sont très...

Il a fait avancer la société ? Oui, oui, incontestablement. Tout le monde ne dit pas ça dans votre parti.

D'accord, mais c'est normal parce que je pense que, par exemple, la fin de la peine de mort, on ne la comprend que s'il y a la perpétuité réelle dans notre pays. Or, aujourd'hui...

Qui existe, dit Éric Dupont-Moretti. Qui existe avec...

Non, mais d'accord, c'est 30 ans et 22 ans de sûreté. Donc, ce n'est pas la perpétuité réelle. Et 30 ans de sûreté pour la perpétuité incompréhensible.

Pour un certain nombre de cas très particuliers. Un nombre de cas très particuliers. Le terrorisme en fait partie.

Mais ça veut dire qu'il faut des peines sévères. Il faut une justice qui ne soit pas laxiste si on veut de l'autre côté comprendre que la peine de mort n'est pas une solution. Vous n'êtes pas nostalgique de la peine de mort ?

Non, pas du tout, non. Merci Sébastien Chenu. Bientôt 8h52 sur BFM TV et RMC.

Je retiens donc que le Rassemblement national sera vraisemblablement demain à l'hommage rendu à l'ancien garde des Sceaux Robert Badinter qui a supprimé la peine de mort. Je retiens aussi que vous taxez Emmanuel Macron de mentir aux agriculteurs sur la crise. Emmanuel Macron qui je le rappelle recevra à partir de demain les syndicats agricoles un à un.

Merci à vous. 8h52 sur BFM TV et RMC. Bonne journée à vous.

Bonne journée à tous.

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