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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 janvier 2026 23 min

Crise agricole, Venezuela, soupçons d'ingérences américaines ... Le "8h30 franceinfo" de Maud Bregeon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur

France Info.

0:02
Présentateur

Bonjour Maud Bréjean. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour Agathe. On va parler de Donald Trump qui cherche à humilier le président de l'interdiction des portables au lycée. Avec vous, la porte-parole du gouvernement. Mais d'abord, c'est l'image de cette matinée des tracteurs d'agriculteurs dans les rues de la capitale, au pied de la Tour Eiffel ou devant l'Arc de Triomphe.

0:26
Auditeur

On demande d'être reçu à Matignon pour porter nos doléances et on a demandé aux forces de l'ordre une réponse. Et tant qu'on n'a pas de réponse, on ne bougera pas. Je envoie la Tour Eiffel à mes salariés. Il faut qu'ils voient où je suis quand même. Mais bon, ce n'est pas notre place ici normalement. On doit être chez nous, en train de bosser. On ne doit pas être là. On n'y arrive pas.

0:42
Présentateur

Un appel à manifester devant l'Assemblée nationale a aussi été lancé à 10h par la coordination rurale. Maud Bréjean, est-ce que vous avez laissé faire et est-ce que vous allez laisser passer ?

0:53
Maud Bregeon

D'abord, le gouvernement a toujours été dans le dialogue avec les agriculteurs et avec les organisations syndicales. Je rappelle que le Premier ministre a reçu les organisations syndicales le 22 décembre. Il les a de nouveau reçues cette semaine, le 5 et 6 janvier. Donc, ce dialogue-là, ces échanges-là, cette écoute-là, ça existe. Pour autant, la situation qu'on voit depuis cette nuit, depuis ce matin, n'est pas acceptable. Et donc, sur l'appel à manifester devant l'Assemblée nationale, comme sur les tracteurs qui sont en ce moment même sur la place de l'Étoile à l'Arc de Triomphe, je n'ai qu'une chose à dire, tout ça est illégal, nous ne laissons pas faire et nous ne laisserons pas faire.

Il n'y a pas d'urgence avec les agriculteurs particulièrement ? Il y a un cadre prévu pour les manifestations qui s'applique à tout le monde. Vous déclarez une manifestation, cette manifestation peut être interdite si elle contrevient à l'ordre public, mais en tout état de cause. On a laissé, je pense, avec une forme de bienveillance, en tout cas avec du dialogue, avec de la mesure, les expressions se faire. Mais bloquer partiellement la 13, comme c'est le cas ce matin, ou tenter de venir devant l'Assemblée nationale avec toute la symbolique que ça induit, c'est encore une fois illégal. Et donc, je le redis, le ministre de l'Intérieur ne laissera pas faire.

2:02
Invité

Et donc, une centaine de tracteurs sont rentrés dans Paris. Ils veulent également bloquer le périphérique parisien, le marché de Rangis, les aéroports parisiens. Comment vous allez les empêcher ?

2:10
Maud Bregeon

Je vous redis ce que j'ai dit à l'instant, avec un dispositif de maintien de l'ordre.

2:15
Invité

Il n'a pas marché, votre dispositif de maintien de l'ordre pour la Tour Eiffel et pour l'Arc de Père.

2:17
Maud Bregeon

Qui est adapté. Vous avez aujourd'hui une centaine de tracteurs qui sont bloqués précisément parce que des blocages ont été mis en place par le ministère de l'Intérieur, notamment Porte d'Auteuil.

2:27
Invité

Ils ont coupé des arbres sur la 13, là ?

2:29
Maud Bregeon

Je dis une chose, je dis une chose. Le dialogue existe et le dialogue doit continuer à exister. C'est par les échanges entre le gouvernement et les agriculteurs, avec les organisations syndicales, avec Bruxelles aussi, qui a un rôle à jouer avec le Parlement européen vis-à-vis du Mercosur, que nous arriverons à trouver un débouché qui soit vertueux. Et on va en parler.

2:47
Présentateur

Mais aujourd'hui, vous dites qu'il faut évacuer les tracteurs d'agriculteurs, il faut lever les barrages. Oui. Vous attendez que les forces de l'ordre...

2:53
Maud Bregeon

Je dis que le gouvernement ne cautionne pas les blocages, qu'encore une fois, ce qui se passe ce matin est illégal et que donc nous ne le laisserons pas faire. Je dis ensuite qu'il y a un certain nombre de mesures qui ont déjà été mises sur la table par le Premier ministre, que le gouvernement, que le Président de la République a été extrêmement clair vis-à-vis du Mercosur.

3:13
Présentateur

Non, justement, pardon Maude Bréjon, mais ça fait des décennies. Ils ont deux revendications, la dermatose nodulaire contagieuse et le Mercosur. Et sur ces deux sujets, vous n'avez pas réussi à les rassurer. Et d'ailleurs, le Mercosur doit être signé demain par les 27. Je ne peux pas vous laisser dire ça. Sur la DNC, d'abord. Il ne va pas être signé le Mercosur ?

3:28
Maud Bregeon

Sur la DNC, puisque je prends vos points dans l'ordre. On a mis le paquet sur la vaccination. C'était aussi le souhait des agriculteurs et c'était la recommandation des scientifiques. On s'était engagé à vacciner le cheptel arriégeois dans sa totalité d'ici au 31 décembre. Cet engagement a été tenu. Il y a aujourd'hui, dans les dix départements du Sud-Ouest concernés, plus de 80% du cheptel qui est vacciné. Et nous avons bon espoir d'arriver au bout de cette vaccination d'ici à la fin du mois. Donc, les choses avancent. En parallèle, les mesures financières de compensation et de soutien aux agriculteurs, je pense notamment aux fonds d'urgence de plus de 10 millions, ont été mises en place.

Donc, je ne peux pas aujourd'hui laisser dire que le gouvernement serait resté les bras croisés. Quant au Mercosur,

4:11
Présentateur

vous n'avez pas réussi à l'empêcher. Emmanuel Macron avait dit qu'il ne passait pas, qu'il s'y opposerait. Et finalement, il va passer.

4:17
Maud Bregeon

La position de la France a été claire et constante. D'abord, pour remettre un peu de rationnel dans un débat qui en perd parfois, nous ne sommes pas, par principe, opposés aux accords commerciaux. Nous avons signé certains accords commerciaux qui bénéficient en partie à l'agriculture. Nous disons une chose simple. Les accords commerciaux, lorsqu'ils sont mis en place, doivent être justes et équitables. Or, le Mercosur n'est ni juste, ni équitable. Le président de la République, le gouvernement, ont donc exigé des conditions qui permettent de protéger les agriculteurs. Je pense notamment aux éleveurs. Je pense à la filière de l'éthanol.

Et les consommateurs, qui, à la fin, mangeront les produits qui seraient éventuellement importés.

4:59
Invité

Ce n'est pas une humiliation pour la France, quand même ?

5:01
Maud Bregeon

Il y a eu trois exigences. Il y a eu des avancées sur certaines. Je pense à la question de la clause de sauvegarde. Pour que les gens qui nous écoutent comprennent, la clause de sauvegarde, c'est un mécanisme de frein qui permet de freiner les imports si, notamment, les prix sont déstabilisés et si ça contrevient à l'intérêt de nos propres agriculteurs. Et c'est assez technique, mais le compte n'y est pas. Là-dessus, ça a avancé. Sur les mesures miroir, en revanche, le compte n'y est pas. Sur les contrôles, ils ont commencé, renforcés, pardonnez-moi, au 1er janvier. Nous n'avons pas pu constater aujourd'hui, en tout cas pas d'une façon suffisamment importante, leur effectivité.

Mais ce n'est pas ça la question.

5:34
Présentateur

La conclusion, c'est que vous n'avez pas réussi à empêcher que ce traité soit voté et signé.

5:38
Maud Bregeon

Le président de la République s'est rendu à Bruxelles, vous avez suivi cela avant les vacances de Noël, pour demander un report. La France a gagné ce bras de fer. Il y a effectivement un vote qui aura lieu demain. Je dis ce matin une chose simple, c'est un accord d'un autre temps. D'un autre temps. Cet accord, lorsqu'il a été écrit, j'avais pour ma part 8 ans. Il a été écrit dans un contexte international, dans un rapport au commerce, dans un rapport à la mondialisation,

6:07
Invité

qui est aujourd'hui complètement dépassé. Le Mercosur va passer normalement le lundi, il va être signé au Paraguay. La question qu'on vous pose, c'est demain, ce sont les 27 qui se prononceront à Bruxelles, on en parle, est-ce que la France votera pour, est-ce qu'elle va s'abstenir ou est-ce qu'elle va voter contre ?

6:18
Maud Bregeon

Je laisserai le président de la République et le Premier ministre donner leur réponse définitive à l'aune des trois conditions, notamment, que je viens d'évoquer. Et on verra ce qui éventuellement se dénoue ou pas dans les prochaines heures. Mais à l'heure où je vous parle, ce traité n'est toujours pas acceptable. Je voudrais en revanche appuyer sur une chose. Le vote de vendredi et l'éventuelle signature, si elle advenait lundi, ce n'est pas la fin de l'histoire. Et la messe ne sera pas dite. Il existe encore des étapes après cette décision-là. Je fais notamment référence à deux choses. D'abord, le Parlement européen a la possibilité de saisir la Cour de justice de l'Union européenne.

C'est la responsabilité des parlementaires européens. Si le Parlement européen le fait, alors cette procédure d'adoption est suspendue. Et le deuxième point, le deuxième point qui est extrêmement important, si vote, il devait y avoir, c'est la ratification par le Parlement européen. Et là encore, les députés européens, on a eu une élection européenne en France en 2019. Mais moi, je voyais bien que la France n'a pas réussi à imposer ses plus. Les députés européens auront une responsabilité majeure dans ce vote. Et il n'est absolument pas acquis aujourd'hui qu'il y ait une majorité au Parlement européen.

Je vous rappelle qu'à deux reprises, en 2020 et en 2025, le Parlement européen s'est prononcé contre certains aspects du Mercosur.

7:44
Présentateur

Maude Bréjon, les insoumis, les communistes réclament un débat au Parlement sur la capture de Nicolas Maduro. Est-ce que c'est nécessaire ?

7:53
Maud Bregeon

En tout cas, cette demande est légitime, me semble-t-il. On fait face à un événement géopolitique international absolument majeur. Donc ça ne me choque pas que des parlementaires souhaitent que la représentation nationale puisse se saisir de tous les enjeux associés à cet événement qui, encore une fois, vont bien au-delà de la question du Venezuela, concernent la position de l'Europe vis-à-vis des États-Unis d'Amérique notamment, la question du réarmement de l'Europe, du réarmement de la France, tant sur le plan militaire que sur le plan économique. Donc c'est tout sauf un petit sujet.

Et d'ailleurs, le Premier ministre a donné une suite favorable à cette demande hier lors des questions au gouvernement et a précisé que ce débat devrait avoir lieu dans les 15 jours à venir.

8:42
Présentateur

Après l'opération américaine, le Président a une réaction en deux temps. Il s'est d'abord réjoui pour le peuple vénézuéen avant de rétropédaler et de condamner la méthode employée. C'est vous qui l'avez annoncé d'ailleurs en tant que porte-parole. Vous savez pourquoi il a changé d'avis, Emmanuel Macron ?

8:56
Maud Bregeon

Alors il n'y a eu, pardonnez-moi Agathe Lambré, aucun rétropédalage. Il y a eu une réaction, non, il y a eu une réaction de la France qui est d'abord advenue le dimanche. Il fallait écouter tant ce que disait le Quai d'Orsay que l'Elysée. Et on a dit au fond une chose simple, et c'est ce qu'a redit le Président de la République en Conseil des ministres. J'y étais donc je peux en témoigner. C'est effectivement moi qui l'ai rapporté. D'une part, Nicolas Maduro a une responsabilité implacable vis-à-vis de son peuple, à qui il a confisqué sa liberté. et volé les élections en 2024. Deuxièmement, ce qui s'est passé contrevient évidemment au droit international.

Et la France est du côté du droit international, défend le droit international parce que c'est ce qui nous permet à tous de garantir la paix et la stabilité dans le monde autant que faire se peut. Et troisièmement, il faut se projeter dans l'après-Maduro. Et donc la transition doit être démocratique et pacifique. Et ça commence notamment par la libération des prisonniers politiques.

9:54
Invité

La seule autonomie qu'il nous reste, c'est une autonomie de commentaire, déplore l'ancien Premier ministre Édouard Philippe dans le Figaro. Vous êtes dans le commentaire, Madame Bréjean ?

10:01
Maud Bregeon

Vous savez, je trouve que cette déclaration contraste avec ce qui s'est passé notamment hier. Hier, il y a eu une grande réunion, vous savez, de la coalition des volontaires relatif à ce qui se passe en Ukraine. Le Président Volodymyr Zelensky était présent, le Président de la République, la coalition des volontaires. Bon, et les États-Unis étaient à bord, ce qui constitue un fait politique majeur. Ensemble, nous avons réussi à dessiner les premières lignes de ce que seraient les garanties de paix nécessaires pour l'Ukraine et le rôle des uns et des autres.

C'est un événement, c'est une croisée des chemins, un moment de bascule absolument très important à nos yeux, qui a été permis grâce à l'Union européenne, grâce à l'implication du Président de la République, grâce aux Allemands, grâce aux Anglais. Et donc c'est bien, me semble-t-il, la preuve vivante, s'il en fallait une, que l'Union européenne n'est pas dans la diplomatie du commentaire, mais est au contraire directement impliquée dans ce qui la touche directement.

11:09
Présentateur

Maude Bréjouan, vous le dites, l'Union européenne, le Président. Pourtant, Donald Trump n'hésite pas à s'en prendre violemment aux Européens, et en particulier à Emmanuel Macron, devant la Chambre des représentants, mardi. Le Président américain s'est amusé à moquer notre Président, qui, dans une conversation qu'il aurait eue avec lui, aurait cédé à ces pressions et accepté d'augmenter les prix des médicaments que Donald Trump juge trop bas en France. Emmanuel Macron, qui l'aurait aussi supplié, selon lui, écoutez cet extrait.

11:40
Locuteur 7

Ok, voilà comment ça va se passer, Emmanuel. Si lundi, tu n'as pas accepté tout ce que je demande, je mets des droits de douane à 25% sur tout ce qui vient de France.

11:50
Locuteur 2

Non, non, non, tu ne peux pas faire ça.

11:55
Locuteur 7

Si, je peux. Emmanuel m'a dit, Donald, ok, c'est d'accord, j'adorerais augmenter le prix des médicaments de 200%, ce serait un honneur. S'il te plaît, Donald, ne le dis pas à ma population, je t'en supplie.

12:08
Présentateur

Comment vous qualifiez cela, Maude Bréjean ? Est-ce que ça signifie que la France, que le président, n'est pas prise au sérieux ?

12:20
Maud Bregeon

C'est absurde, et je n'en dirai pas plus, sans quoi je serais là encore, en tout cas vous pourriez le dire, dans la diplomatie du commentaire. Donc je n'ai pas plus de commentaire à faire sur ce genre de déclaration. C'est humiliant ? Je n'ai pas plus de commentaire à faire. Ce que je peux dire, c'est que tout ça est évidemment, si c'est nécessaire de le préciser pour vos auditeurs, bien loin de la réalité.

12:41
Invité

Est-ce que vous avez un commentaire à faire sur le fait que Donald Trump étudie, je cite, activement un achat du Groenland, a annoncé la Maison-Blanche, qui n'exclut pas non plus une option militaire ?

12:49
Maud Bregeon

Notre position, elle est extrêmement simple. Il y a eu une déclaration à laquelle la France a participé. Le Groenland appartient à son peuple et au Danemark. Et donc notre position est extrêmement claire, est extrêmement ferme. Nous, notre enjeu, c'est de permettre à la France et à l'Union Européenne de se prendre en main sur le plan militaire. Je rappelle que nous n'avons toujours pas de budget. Je rappelle que le budget de la France comporte une hausse des moyens de la défense de 6,7 milliards, d'où l'urgence absolue de voter un budget. Parce que là encore, je fais un très léger pas de côté, si vous me le permettez.

Lorsqu'on n'est pas capable de voter un budget qui permet une hausse des moyens désarmés, c'est aussi un message qu'on envoie, notamment aux Américains.

13:34
Présentateur

Un message de faiblesse sur la scène internationale. On en reparle dans un instant du budget de l'interdiction des téléphones aussi au lycée. Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement. 2026, année très judiciaire, Paul.

13:51
Invité

Que oui, chère Agathe, que c'est une affaire complexe que je vais essayer de vous résumer en quelques mots en quatre épisodes. Épisode 1, selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, l'administration Trump aurait conditionnel, aurait envisagé des sanctions contre les juges du tribunal correctionnel de Paris, ayant condamné Marine Le Pen en mars dernier. Épisode 2, une semaine avant l'ouverture du procès en appel, le président du tribunal de Paris met en garde contre une éventuelle ingérence américaine. Épisode 3, le Rassemblement National dénoncière une pression inadmissible du président du tribunal.

Épisode 4, ce matin, Rémi Hesse, procureur général près de la cour de cassation, en appelle à la sérénité sur France Info.

14:21
Présentateur

Pour ce qui est des risques d'ingérence américaine, il faut être très prudent, parce qu'à ce stade, il n'y a que des bruits de presse et il n'y a rien de très tangible. Ça m'inspire qu'il faut être vraiment, aujourd'hui, très vigilant et très ferme sur les principes qui fondent notre état de droit. Est-ce que l'heure est grave ? Est-ce que ça vous inquiète, madame ?

14:43
Maud Bregeon

Les soupçons d'ingérence auxquelles vous faites référence, qui viendraient des Etats-Unis et qui toucheraient le procès de madame Le Pen en appel, ne sont pas avérées. Donc il faut être extrêmement prudent. Et d'ailleurs, le président du tribunal judiciaire l'a été dans son intervention. J'ai noté qu'il parlait là au conditionnel et qu'encore une fois, il appelait à la vigilance. Et nous sommes évidemment vigilants vis-à-vis de l'ensemble des risques d'ingérence. Mais en tout état de cause, il s'agit là aujourd'hui de spéculation. C'est une fake news ?

Quand vous reprenez l'article de presse en question, vous avez des propos rapportés, anonymes, sans qu'on sache bien d'où ils viennent exactement. Ce que je vous dis, en tout cas, vu de la fenêtre de la France, c'est qu'aujourd'hui, ce n'est pas avéré. Donc voilà, on parle là de spéculation, même si, bien sûr, nous sommes vigilants.

15:34
Présentateur

Maude Bréjon, le projet de loi pour interdire le téléphone portable au lycée et pour interdire aussi les réseaux sociaux, au moins de 15 ans, a été présenté hier au syndicat de personnel et aux fédérations de parents d'élèves. Le texte doit arriver au Parlement fin janvier. On écoute Jérôme Fournier, secrétaire national du syndicat enseignant SE UNESA.

15:52
Locuteur 6

On est en train de faire une usine à gaz, comme d'habitude à l'éducation nationale. En cours, on peut en avoir besoin pour des raisons pédagogiques, donc il faudra l'écrire comme une dérogation. Les internes, il faudra bien leur permettre de l'utiliser, donc il va falloir écrire dans le règlement intérieur à quelle heure, dans quel cadre, à quel endroit ils auront une dérogation. Quand les élèves utilisent leur téléphone pour badger à la cantine ou pour emprunter un livre au CDI, il faudra aussi écrire dans les règlements intérieurs.

16:17
Présentateur

On peut vraiment empêcher, Maude Bréjon, les lycéens d'utiliser leur téléphone ? Alors, trois choses.

16:24
Maud Bregeon

D'abord, le temps de l'apprentissage, le temps de l'école, le temps du lycée. Ce n'est pas le temps du téléphone et ce n'est pas le temps des réseaux sociaux. Je pense que tous les parents et tous les adultes qui nous écoutent aujourd'hui peuvent évidemment le comprendre. Ensuite, deux chiffres, 44% pour parler des réseaux sociaux, pardonnez-moi, des ados ont un réseau social avant 13 ans. Et l'OMS estime à 1 sur 10 le nombre d'adolescents qui a une utilisation qui contrevient à sa santé mentale. Ce que je veux dire là, c'est que ce n'est pas uniquement une régulation numérique. C'est une mesure de protection des mineurs et c'est une mesure de santé publique. Il faut qu'on arrive à avancer.

Je remarque qu'au Parlement, bon nombre d'initiatives existent. Je pense à la proposition de loi de Laure Miller, qui est députée EPR, qui a fait un gros travail sur ces sujets-là. Je pense à la mission partée par Arthur Delaporte, qui est un député PS, et Stéphane Vogeta, qui était député EPR, sur ces questions-là. Mais je pense à Agnès Sébrenne. Il y a plusieurs véhicules législatifs. Je pense à Agnès Sébrenne, sénatrice LR. Mais lequel est le bon alors ? Qui a travaillé aussi sur ces questions ? C'est la proposition de Laure Miller-Gabriel Attal. Notre ambition, elle est d'une part d'être le plus efficace possible et le plus transpartisan possible.

Parce qu'encore une fois, ne pas légiférer, c'est une assistance à génération en danger. Et je pense que l'immense majorité des parlementaires, encore une fois, je ne vous en ai cité que quelques-uns, la liste n'est pas exhaustive. Et je m'excuse auprès de ceux qui écouteraient ce matin et que je n'ai pas cité. Mais ils ont été nombreux à travailler sur ces sujets. C'est une très bonne chose. Le président de la République le porte depuis longtemps. Gabriel Attal aussi. C'est quelque chose qui, chez nous, nous, Renaissance, puisque c'est ma famille politique, vient de loin. Et donc, voilà, c'est légitime qu'on avance.

Et ensuite, quant à la remarque qui a été faite, je voudrais juste dire une chose. Il y a un cadre national, mais il y aura bien sûr des applications qui seront locales.

18:16
Invité

Vous, Renaissance, vous, au gouvernement, vous voulez un budget d'ici 20 janvier. C'est tellement compliqué. Camille de Montchalin, ministre des Comptes Publics, a dit ce matin sur RTL qu'elle n'exclut rien qui puisse donner un budget à la fin en français. Est-ce que ça veut dire, ce matin, pour être très clair sur France Info, que vous êtes résolue à utiliser le 49.3 ?

18:32
Maud Bregeon

Ça veut dire qu'il faut sortir du tunnel budgétaire. Ça l'a fait trois mois que l'on discute. Ça a apporté ses fruits. Le projet de loi de finances de la Sécurité sociale a été adopté 149.3. C'était la première fois depuis 2022. Pour autant, l'absence de budget n'est pas sans conséquence. Je parlais de la hausse des moyens des armées. Je pourrais parler de la création de postes pour la justice, de postes pour le ministère de l'Intérieur. Donc, il faut avancer. Avant de parler de procédure, je reviens toujours à la même chose. Que voulons-nous dans ce budget ? J'entends M. Retailleau, j'entends M. Hollande, là encore sur votre antenne, lundi dernier, avant-hier matin, pardon.

J'entends Elisabeth Borne nous demander l'utilisation du 49.3. Enfin, j'imagine que dans leur tête, ce n'est pas exactement sur le même budget. Et quand il appelle au 49.3, M. Retailleau ne pense pas exactement au même budget que lorsque c'est François Hollande qui le demande. Il demande un pacte de non-censure. Donc, il faut qu'on arrive à s'accorder. Il reste aujourd'hui encore quelques points de blocage. Je pense à la question du déficit. Est-ce qu'on est bien tous d'accord qu'il doit être inférieur à 5% ?

19:35
Présentateur

La question du déficit ? La question de la taxation des plus riches ?

19:37
Maud Bregeon

La question de la taxation des plus riches ? La question des collectivités territoriales ?

19:41
Présentateur

Est-ce que la solution proposée par le Parti socialiste ? Pardon, Maud Bréjon. La solution proposée par le Parti socialiste et François Hollande, c'est-à-dire un 49.3 et un pacte de non-censure noué entre les socialistes et le gouvernement, est-ce que c'est ça la solution ? Vous êtes quand même porte-parole du gouvernement. Vous pouvez nous dire, on est déjà presque mi-janvier là.

19:58
Maud Bregeon

La solution, c'est de s'accorder sur ce qu'on veut mettre dans ce budget. Et ensuite, on pourra parler des enjeux de procédure.

20:06
Présentateur

Je ne suis pas... Vous ne voulez rien nous dire ? Vous ne voulez pas reconnaître que le 49.3 est inéluctable ?

20:12
Maud Bregeon

Je ne reconnais pas que le 49.3 est inéluctable. Pourquoi Maud Bréjon dit qu'elle n'exclut rien ? Parce que par principe, il faut sortir de ce tunnel budgétaire. La Constitution donne des outils. La Constitution donne des outils pour doter la France d'un budget. Le vote est un outil. Le 49.3 est également un outil. Les ordonnances pourraient être aussi un outil. Je dis une chose simple, il faut qu'on s'accorde sur le fond de ce budget. Prenez la question, pardonnez-moi, prenez la question de la surtaxe pour les sociétés. Ça concerne 400 grandes entreprises. Bon, elle était de 8 milliards l'année dernière. Elle était de 4 milliards dans le budget tel qu'il a été proposé.

L'Assemblée l'a porté à 6, le Sénat à 0. C'est bien la preuve qu'on n'y est pas. On n'aura pas la réponse à notre question.

20:58
Invité

Il est 8h56, l'heure de la question qui est retrouvée sur Instagram et le TikTok de France Info. Aujourd'hui, la question qui hésite. L'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo se lance officiellement dans la bataille de la mairie de Paris, invitée du 20h de TF1 hier soir. Je suis candidate pour être la prochaine maire de Paris. Donc aujourd'hui, l'urgence est à l'action. C'est pour ça que je me présente, pour faire de Paris une ville heureuse. Un sondage Ipsos le mois dernier lui prête 7% d'intention de vote. Premier tour à Paris au coude à coude avec le candidat RN. Que pensez-vous de cette candidature ?

21:28
Maud Bregeon

Je n'en pense pas grand-chose. Madame Knafo est libre de présenter sa candidature. Nous sommes en démocratie. Ce que je pense pour ma part, c'est que Paris a besoin d'alternance. Paris a besoin d'alternance. Je ne suis pas parisienne. Je ne vote pas à Paris. Mais vous voulez l'alternance à Paris ?

21:44
Présentateur

Si j'étais parisienne, si j'étais élue à Paris, je ferais le choix de l'alternance. Maude Bréjean, vous faites le choix de l'alternance, pardon, mais vous êtes très discrète dans cette campagne pour les municipales. Est-ce que vous soutenez le candidat officiel de Renaissance, Pierre-Yves Bournazel, ou Rachida Detti, qui est soutenu par LR, et par quelques macronistes ?

22:02
Maud Bregeon

Mon souhait, c'est que notre famille politique, qui va de Renaissance à LR, puisse, dans les différentes villes où nous ne sommes pas élues au premier tour, se retrouver lorsque c'est possible au second. Ensuite, ce sera le choix des candidats. Comme le 49, vous ne répondez pas. Pour ma part, je suis porte-parole du gouvernement, et je ne suis pas parisienne. Mais ce n'est pas très sympa pour Pierre Bournazel. Vous avez dit que vous étiez membre de Renaissance tout à l'heure. C'est le candidat de votre parti. Et je suis collègue de Rachida Detti au gouvernement, qui fait un travail formidable, qui fait un travail formidable au ministère de la Culture.

22:34
Invité

C'est la question qui hésite. On a bien trouvé le titre, quoi. Vous hésitez. Je ? Vous hésitez entre Rachida Detti et Pierre-Yves Bournazel.

22:39
Maud Bregeon

Je ne suis pas parisienne et je ne vote pas à Paris, mais je peux vous dire que je soutiens Jean-Yves Senand à Anthony, qui est maire d'Anthony, qui a fait un travail formidable depuis qu'il a succédé à Patrick de Végean en 2003. Je vous invite à aller voir ce qu'il fait là-bas. Merci beaucoup, Maud Bréjean.

22:51
Présentateur

Vous me direz si pour la présidentielle, vous hésitez aussi entre deux candidats, ou si vous arrivez à remettre... Vous m'aurez investi à Yad Lambré. Merci d'être venu sur France Info. Merci, Paul. Merci, Agathe.