Lionel Zinsou : "Avec Emmanuel Macron, on renverse la table, on oublie l'assistance et le paternalisme"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
Lionel Zinsou, comment le Président de la République s'est-il préparé ? Que lui avez-vous conseillé ?
- 2:53ComplaisanteÉludée
Vous ne souhaitez pas 98% de satisfaits ? Vous ne souhaitez pas des scores soviétiques ?
- 4:48RelanceRéponse partielle
Alors tout de même, l'aide au développement qui passe à 0,55% du PIB, le fonds d'un milliard d'euros pour les PME en Afrique, la présence de soldats français au Sahel, c'est bien une politique de la France en Afrique, ça non, Lionel Zinsou ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56PrésentateurFait
« On renverse la table, on fait des propositions complètement nouvelles, on oublie l'assistance, le paternalisme. »
- 3:28Invité politiqueFait
« Il l'a retenu hier. »
- 4:50Invité politiqueFait
« Il n'y a plus de politique africaine de la France. »
- 4:53Invité politiqueChiffre
« l'aide au développement qui passe à 0,55% du PIB »
- 4:55Invité politiqueChiffre
« le fonds d'un milliard d'euros pour les PME en Afrique »
Temps de parole
- Présentateur82 %
- Invité politique18 %
≈ 7,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Hélène Roussel, le 5-7.
6h22, bonjour Lionel Zinsou. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin dans le 5-7 de France Inter. Vous êtes le président de Terra Nova, proche et partisan d'Emmanuel Macron, ancien Premier ministre du Bénin, économiste. Première tournée donc pour le chef de l'État en Afrique. Discours hier devant 800 étudiants à Ouagadougou au Burkina Faso. Lionel Zinsou, comment le Président de la République s'est-il préparé ? Que lui avez-vous conseillé ?
Ah mais je ne suis pas conseiller d'Emmanuel Macron.
Vous en aviez parlé avec lui.
Ce que je comprends, il y a quelques années. Je crois que c'est des idées qui lui sont chères depuis quelques années. Je crois qu'il a une expérience directe pour avoir été en stage de l'ENA au Nigeria, donc il n'y a pas si longtemps puisqu'il est très jeune. Non, je crois qu'il a travaillé avec ce nouveau conseil présidentiel pour l'Afrique, fait de gens un petit peu atypiques qui sont beaucoup des entrepreneurs, en même temps français et africains pour la plupart d'entre eux, c'est-à-dire des binationaux avec une vraie expérience de terrain, et qui sont je crois une voix différente qui murmure à son oreille. Je crois qu'ils ont beaucoup travaillé.
Quand je les ai croisés, ils avaient l'air de beaucoup travailler. Ils ont beaucoup étudié, ils ont fait des micro-trottoirs à Ouagadougou pour avoir un peu comme ça le verbatim. Que pensent, que disent les jeunes Africains sur leur rêve, sur leur avenir, sur leur passé ? Est-ce que la France est du côté de leur avenir ou de leur passé ? Je crois qu'ils ont beaucoup travaillé comme ça. Et puis, il y a cette synthèse, mais qui était déjà annoncée dans la campagne électorale, sur cette espèce d'élan assez fort, assez lyrique sur l'Afrique d'avenir.
Et je pense que ça va être de plus en plus au fil des deux jours qui viennent, avec la rencontre des start-up au Ghana, avec les propositions concrètes sur l'Europe. Ça va être très tourné vers... On renverse la table, on fait des propositions complètement nouvelles, on oublie l'assistance, le paternalisme. Et je crois simplement que c'est une génération qui parlait à une génération, et que l'Afrique est tellement jeune qu'elle s'identifie à un président jeune. D'ailleurs, beaucoup de pays souhaitent des institutions réformées, des présidents jeunes, des paysages politiques qui changeraient aussi profondément que le paysage français. Et puis, c'est une démocratie vivante, le Burkina.
Et ça se sentait bien dans les questions des étudiants. Je me suis dit, jamais en Afrique, on interpelle comme ça un président en direct. Et il répond.
Oui, il y a eu une séance de questions-réponses assez agitée, oui. Voilà. Vous disiez au quotidien à la tribune hier que, vu d'Afrique où les moins de 20 ans sont majoritaires, Emmanuel Macron apparaît comme le prince de la jeunesse, le titre de l'empereur Auguste à Rome. Alors Emmanuel Macron hier a été applaudi, c'est vrai. Chahuté aussi. On a vu des Burkina fiascos fleurir sur les réseaux hier soir. C'est pas gagné. Gagné quand même pour le prince de la jeunesse, Lionel Zinsou.
Non mais vous ne souhaitez pas 98% de satisfaits ? Vous ne souhaitez pas des scores soviétiques ? La France est une grande puissance, qui a une histoire complexe. C'est, je crois aujourd'hui, surtout pour un pays comme le Burkina, une alliée, une amie, un partenaire de développement. Mais cela étant, il y a toute une jeunesse un peu rebelle qui considère que l'Occident, l'Europe, la France en particulier, continue de porter le poids du passé, même si c'est un homme qui est né 17 ans après les indépendances, Emmanuel Macron.
Il l'a retenu hier.
Beaucoup de jeunes gens veulent qu'il assume l'histoire dans sa complexité. Il n'y a pas 100% de gens qui sont ouverts à cette amitié. Mais il y a une très très grande majorité. L'adhésion de la population en profondeur à cette amitié est très forte. Elle n'est pas du tout exclusive non plus. La France est en concurrence avec d'autres pays. mais, si vous voulez, le français et la partie culturelle, la partie, je dirais, immatérielle du discours, tout ce qui est culturel, éducatif, linguistique, emparez-vous de la langue. Ce français, c'est votre langue et c'est vous qui êtes en train de l'enrichir. Je crois que c'était très très fort, beaucoup plus fort que d'habitude.
Et puis, vous savez, il y a une chose à quoi, je crois que tout le monde a été très sensible en Afrique de l'Ouest, quand vous voulez partir sans offenser votre hôte, vous lui demandez deux fois, je vous demande la route. C'est ça notre expression, je vous demande la route. Et sa dernière phrase, c'est se tournant vers les étudiants et le président Caboret, et maintenant je vais vous demander la route. Ça, c'est du français francophone. Je crois que tout le monde a été très touché. Il a demandé deux fois la route. Et puis après, il a dit, cette route est votre route. Vous voyez, c'est le poids de la langue, de la culture. Mais là, c'était une expression tellement typiquement burkinable.
Emmanuel Macron a expliqué aussi qu'il était d'une génération qui ne vient pas dire à l'Afrique ce qu'elle doit faire. Il n'y a plus de politique africaine de la France. Alors tout de même, l'aide au développement qui passe à 0,55% du PIB, le fonds d'un milliard d'euros pour les PME en Afrique, la présence de soldats français au Sahel, c'est bien une politique de la France en Afrique, ça non, Lionel Zinsou ?
Je crois que ça désigne l'idée d'une normalisation. C'est-à-dire, si il faut aller contre une espèce de vision folklorique, il y aurait une politique étrangère de la France. Et puis, alors, elle ne serait pas la même, avec les mêmes principes, les mêmes valeurs, les mêmes convictions, les mêmes moyens, si on parle du Moyen-Orient, si on parle de l'Amérique latine, si on parle de l'Europe de l'Est, je crois que c'est une façon de dire, il y a normalisation des relations.
Je crois que le discours sera complété aujourd'hui, il me semble, par le sommet Europe-Afrique, un concours, un rassemblement de chefs d'État incroyable, dont il est quand même possible qu'on voit là, moins le président de la République française, que le leader européen, et je pense que les initiatives seront européennes.
Une autre façon aussi de normaliser la relation, parce qu'il y a toute une série de problèmes, où c'est vraiment toute l'Union africaine, de plus en plus responsable, institution très forte maintenant de l'Union africaine, diplomatiquement, peut-être demain militairement, en tout cas diplomatiquement et un peu économiquement, une Afrique intégrée qui parle à une Europe intégrée.
Je pense que l'acte 2 du voyage va être différent, et l'acte 3 au Ghana, c'est un acte anglophone, je pense que le président va parler en anglais, et c'est un acte où il va dans les incubateurs, et on va parler vitalité, créativité, puisqu'il y a une vague de technologies et d'entrepreneuriat en Afrique, dont il est par ailleurs un peu un symbole, il est un peu le président mondial des start-up. C'est trois présidents en un, si vous voulez, que l'Afrique reçoit le président de l'Europe, le président des start-up, et puis quand même le président de la République française.
Qui vous a conquis hier, on l'entend.
Oui, on se connaît depuis quelques temps.
Lionel Zassou, président de Terra Nova, ancien Premier ministre du Bénin, merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin sur France Inter. Bonne journée à vous.
Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.