"C'est un petit exploit de réaliser des Jeux 100% accessibles en transports en commun", selon Valérie Pécresse
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Comme en sport, attention à ne pas lever les bras avant la ligne d'arrivée. Mais peut-on déjà se réjouir de l'organisation des Jeux de Paris 2024 ? On va en parler avec l'invité de France Inter ce matin, présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. Bonjour.
Bonjour.
Vous avez, je crois comme moi, la voix un peu éraillée après avoir assisté à un combat de boxe, notamment hier.
À un combat de boxe où je soutenais une jeune gargeoise d'Avina, malheureusement, qui a perdu. Et puis le basket 3-3, où là on a gagné, et puis le concert de Yusundur après. Donc forcément, ça casse un peu la voix.
On va parler de ces Jeux de Paris 2024, on va parler de ce qui doit se passer après aussi, selon vous, sur le plan politique. Les questions, les réactions des auditeurs, comme d'habitude, au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter avec l'onglet Réagir. Un petit mot d'abord de ce qui va un peu moins bien du côté de Paris 2024, c'est le feuilleton de la baignade dans la Seine. Les entraînements du triathlon mixte qui a lieu en ce moment ont été annulés ce week-end, samedi et dimanche. On voit que ça tient pour les compétitions.
Elles peuvent avoir lieu sur ces Jeux Olympiques, mais sur le fait de rendre baignable durablement la Seine pour les Parisiens, pour les Franciliens, pour les Touristes. On voit qu'il y aura encore beaucoup de travail, on n'y est pas encore.
Et pourtant, c'est évidemment l'objectif, parce que cette question de la baignabilité de la Seine, ça doit être un héritage écologique pour la France, pour la France toute entière. Donc, il faudra continuer d'y travailler.
Vous y croyez vraiment ? À quelle échéance ?
Je crois que dans toutes les capitales qui ont réussi à faire ça, je parlais l'autre jour avec des collègues danois, c'est vraiment quelque chose qui apporte un bien-être à la population et qui apporte aussi, évidemment, pour tout le territoire, une transition écologique très forte. Donc, oui, c'est un objectif à tenir, pas seulement pour la Seine, pour tous les fleuves des grandes villes, pour tous les fleuves des grandes villes de France.
Vous ne donnez pas d'échéance ?
Moi, je pense qu'il faut qu'on maintienne. On aggravit une bonne partie de la montagne, donc ce serait dommage de baisser les bras maintenant.
Vous restez prudente aussi sur votre propre baignade dans la Seine, puisque vous avez dit que vous le feriez, mais sans caméra ?
Moi, j'ai dit que je le ferais quand le grand public le ferait, avec le grand public, puisque ce n'était pas ma responsabilité. Moi, ma responsabilité, vous la connaissez, mon défi olympique à moi, c'est de réaliser des Jeux 100% accessibles en transport en commun, ce qui est une première mondiale. Et comme tous les grands sportifs, je reste extrêmement vigilante et concentrée sur l'objectif.
On va parler effectivement de votre sujet prioritaire, qui est celui des transports. Pour terminer sur la Seine, on ne vous sent pas totalement confiante. Il y a une athlète belge qui est tombée malade mercredi. La Fédération internationale de triathlon a dit que c'était monnaie courante pour ce genre de compétition, mais on vous sent prudente pour l'instant.
Écoutez, moi, je fais confiance à l'État et à la mairie de Paris qui sont en charge de ce sujet-là.
Sur les transports, votre sentiment, donc, dix jours après la cérémonie d'ouverture, vous partagez l'enthousiasme des visiteurs. Tout se passe bien. Pour l'instant, c'est vrai qu'il y avait beaucoup de craintes avant ces Jeux olympiques. Le bilan semble, pour l'instant, très positif.
Mais ce qu'il faut vraiment que tous les Français réalisent, c'est que c'est un petit exploit de faire des Jeux 100% accessibles en transport en commun. Et c'est un exploit, évidemment, d'organisation, mais c'est aussi un exploit écologique. Parce que ce sont aussi des transports 100% décarbonés. On n'a mis en place que des transports électriques ou des transports au biogaz. Donc, aujourd'hui, cette médaille d'or, si jamais nous l'avons, parce qu'on a encore une semaine à bien fonctionner, eh bien, à mon avis, on ne sera pas détrôné par Los Angeles, si vous voyez ce que je veux dire. Donc, on va la garder pendant longtemps. On sera un exemple.
Et moi, la joie des spectateurs, le bonheur dans le métro, dans les RER des spectateurs, c'est ma plus belle raison.
Vous dites déjà que Los Angeles ne pourra pas faire aussi bien en termes de transport ?
Non, parce qu'en fait, ils n'ont pas du tout le réseau de transport que nous avons. Et puis, pour les Jeux, nous l'avons encore étoffé. La grande surprise des spectateurs qui arrivent, c'est de pouvoir arriver de l'aéroport d'Orly, directement dans Paris, en 20 minutes, en métro, avec la nouvelle ligne 14. C'est de découvrir la gare de Saint-Denis-Pé-L-RER. C'est de commencer à prendre, il ne sera vraiment en action complète qu'en décembre, le RERE de la Défense jusqu'à la gare du Nord, en 11 minutes. Vous voyez, c'est des choses qui changent complètement le visage de l'Île-de-France.
Mais vous savez bien que le ressenti d'un voyageur qui a le temps, qui est en vacances, qui est là pour les Jeux Olympiques, qui va voir, je ne sais pas, un match de beach volley au Champ de Mars, forcément, n'est pas le même que celui d'un Francilien qui se lève tous les matins à l'aube pour aller prendre son RER ou son métro. Est-ce que vous garantissez que ces Jeux Olympiques vont amener également une amélioration du service pour les Franciliens au quotidien ?
Alors, la réponse est bien sûr. Mais ce qui est vrai aussi, et je le dis parce que c'est important, c'est qu'on voit aujourd'hui des spectateurs qui non seulement, effectivement, sont de bonne humeur, mais aussi sont très disciplinés. J'insiste. Parce qu'en fait...
Vous voulez dire que si ça ne marche pas dans l'année, c'est aussi de la faute des Franciliens ?
Non, mais parce qu'on a donné beaucoup de consignes, et des consignes assez contraignantes. Ça m'a été reproché, mais j'ai dit, par exemple, pour le Stade de France, je vous invite à prendre la ligne 14, il faudra marcher 20 minutes, mais ce sera très confortable. Pour le Parc des Princes, je vous invite à prendre le RERC, il faudra marcher un peu plus, mais ce sera beaucoup plus capacitaire. Et les spectateurs ont suivi les consignes. Ils ont massivement téléchargé l'application, ils ont massivement téléchargé l'application, et ils ont vraiment suivi les consignes. Et c'est vrai aussi qu'on a renforcé la présence humaine, donc ça, il faut qu'on y réfléchisse, pour pouvoir guider les flux.
Et ça nous aide énormément à ce que ça se passe bien, à ce que ce soit fluide. Par exemple, à faire en sorte que tout le monde se répartisse raisonnablement dans le train, au lieu d'être tout le temps vraiment cramé de monde au centre, et avec des voitures qui sont mal équilibrées.
Donc ça peut être des pistes d'amélioration, plus de personnel sur les quais, et plus de fréquences aussi. Vous avez augmenté sur certaines lignes la fréquence des trains. Oui, alors, on a augmenté. Vous pourriez le pérenniser à la rentrée ?
Non, parce qu'en fait, ça n'aurait pas de sens. On a, en fait, adapté notre plan de transport aux épreuves. Donc, je ne vais pas remettre sur la ligne de métro 9 autant de métros que, si je dois desservir Roland-Garros et le Parc des Princes. Ça n'a pas de sens non plus de calibrer la... Enfin, vous voyez, le transport d'hiver n'est pas du tout le même. Le transport d'hiver, c'est un transport en heure de pointe. Aujourd'hui, notre défi, c'est de vider le Stade de France deux fois par jour. Vous voyez, ce n'est pas du tout les mêmes défis. C'est de desservir Saint-Quentin en Yvelines.
Sur les prix, le fameux ticket de métro, on est passé de la promesse de transport gratuit au ticket de métro à 4 euros. Vous n'en profiterez pas pour... Peut-être pas le laisser à 4 euros, mais augmenter le prix pour les Français.
Je rappelle que la promesse des transports gratuits avait été faite par le Cojo et le Président de la République qui m'ont ensuite repassé le bébé en me disant qu'on n'a pas les 250 millions. En fait, le plan de transport que nous avons fait, avec les 125 plans B, avec la signalétique, avec la sécurité, avec l'information voyageur, avec tout ça, c'est un plan de transport qui coûte 250 millions. Et moi, je ne voulais pas laisser cette dette aux Franciliens en septembre. Donc, il fallait effectivement équilibrer le budget. C'est ça, les tarifs JO.
Mais je crois, et c'est important pour moi, que tous les spectateurs et les athlètes qui viennent aujourd'hui savent qu'ils en ont pour leur argent. Et en avoir pour leur argent, c'est quand même un sentiment...
Le ticket de métro repassera aux tarifs d'avant JO ou il sera plus important ?
Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
Exactement au même. Vous ne l'augmenterez pas même de quelques dizaines de centimes.
Mais il repassera en septembre aux tarifs d'avant JO.
Une question, justement, sur les transports en Ile-de-France. aux standards de France Inter de Pierre. Bonjour, Pierre. Est-ce que vous nous entendez, Pierre ? Vous êtes avec nous ? Pierre, je crois qu'on vous entend. Bonjour.
Oui, bonjour. Je voulais poser une question à Mme Pécresse, responsable avec la région Ile-de-France des transports en région parisienne. Qu'en est-il de l'accessibilité, en particulier du métro urbain, aux personnes de la mobilité réduite ? Sachant qu'actuellement, c'est le zéro absolu.
Oui, merci beaucoup, Pierre. On sait qu'effectivement, l'accessibilité est un gros point noir, en particulier du métro et en général des transports en Ile-de-France, Valérie Pécresse.
Alors, je ne vous laisse pas dire en général, mais la question... Dans le métro, c'est une station sur dix à peu près qui est accessible. C'est absolument ça.
Et en Ile-de-France, la moitié.
Alors, on est aujourd'hui à 90% des personnes montantes dans les transports en commun d'Ile-de-France qui ont accès à un parcours accessible. Ça veut dire que tous les transports de surface sont accessibles, 100%. Ça a été un énorme travail. C'est pour ça, moi, je ne veux pas minimiser l'énorme travail qui a été fait pour ces Jeux par Ile-de-France Mobilité, par la RATP, par la SNCF, par SNCF Réseau. Parce que, par exemple, pour les gares de la SNCF, on s'était donné comme objectif 174 gares accessibles. La SNCF, SNCF Gare et Condition, nous en a fait 180.
Donc, moi, je voudrais qu'on soit positif quand même parce que ce travail énorme qui a été fait par tout le monde pour justement aider à l'accessibilité, il existe. Les 150 navettes gratuites qu'Ile-de-France Mobilité a mis en place, pas gratuites, pardon, les 150 navettes à petit prix qui ont été mises en place pour 4 euros par Ile-de-France Mobilité pour toutes les personnes en situation de handicap, elles existent. D'ailleurs, on peut encore les réserver pour aller aux épreuves. Donc, il y a eu un effort colossal sur l'accessibilité. Mais dans le métro,
ça restera compliqué structurellement.
La seule chose qui reste à faire vraiment aujourd'hui, on continue la mise en accessibilité des gares pour la Grande Couronne. Pierre a raison de le dire. Et pour le métro, pour le métro, moi, j'ai un plan. Depuis le début, je pense qu'il faut qu'on aille beaucoup plus loin. Les Jeux paralympiques vont être l'occasion d'une prise de conscience de cet enjeu de société qu'est le handicap. Et je pense qu'il faut qu'on fasse un plan État, ville de Paris, région, un tiers, un tiers, un tiers. Et que d'ici 10 ans, on se mette en situation de rendre le métro accessible.
C'est un énorme travail, c'est des chantiers énormes, c'est colossal, c'est 2 milliards d'euros et c'est aussi beaucoup de désagréments aussi pour les Parisiens. Donc, il faudra le faire progressivement. Mais je pense qu'on ne peut pas faire l'impasse sur l'accessibilité du métro historique. Mais toutes les nouvelles lignes qu'on ouvre de métro sont 100% accessibles. 14, 15, 16, 17, 18. Toutes les nouvelles lignes qui vont ouvrir seront 100% accessibles. Une question de Thierry.
Et le A et le B aussi. Toujours sur les transports. Il souligne, Thierry, sur l'application de France Inter que les transports sont très bons pendant les JO parce que des Parisiens sont en congé et d'autres jouent le jeu en faisant du télétravail. Comment vous envisagez la période des Jeux paralympiques qui sera fin août, début septembre, jusqu'au 8 septembre, quand beaucoup de Parisiens seront revenus ?
Alors, les chiffres donnent tort à cette idée que les Parisiens sont partis. En réalité, on a regardé toutes les validations. On a regardé toutes les validations de tickets. Nous avons aujourd'hui 500 000 personnes de plus qu'un été normal et les Franciliens sont là. Alors, ce n'est pas les mêmes. Effectivement, ceux qui travaillent sont beaucoup en télétravail mais il y a énormément de Franciliens qui sont restés pour voir les JO. Donc, en fait, on transporte autant de Franciliens qu'un été normal et on a rajouté 20% de touristes de plus. Donc, pas d'inquiétude
pour les Jeux paralympiques.
Aujourd'hui, on transporte 7 millions de personnes. Pour les Jeux paralympiques, on sera en jauge d'hiver. Là, on peut aller jusqu'à 9 millions. Donc, il y aura beaucoup plus de choses. Ce que j'ai dit aux transporteurs, à tous les opérateurs, c'est que je voulais une vigilance absolue sur les transports scolaires et notamment sur les transports de rentrée. Voilà.
On commence déjà à se projeter dans l'héritage de ces Jeux, héritage symbolique notamment. Est-ce que vous souhaitez, comme Anne Hidalgo, conserver la vasque olympique et son ballon ?
Mais c'est une évidence comme on a conservé la tour Eiffel à la fin de l'exposition universelle. Il faut qu'on conserve cette vasque. Pour moi, il n'y a même pas de question. Ou ça ?
Pas forcément aux Tuileries. Je crois que le Louvre a dit qu'il n'était pas favorable.
Il va falloir qu'on mette tout le monde d'accord. Il faut qu'on la garde. Moi, je pense que sa place est aux Tuileries. Maintenant, s'il faut la déplacer, on trouvera bien un endroit.
Moins positif, toujours sur la question de l'héritage, peut-être au parc de la Villette, dans le nord de Paris. Certaines associations ont aussi dénoncé un nettoyage social des SDF chassés de la capitale, un pas de plus aussi vers une société de la surveillance. Est-ce que ça peut être ça aussi, l'héritage des Jeux Olympiques ?
Deux sujets. Sur l'hébergement d'urgence des SDF, la région avait mis à la disposition de l'État pour ces Jeux, pour mettre à l'abri un certain nombre de personnes sans abri, trois lycées. Donc, on avait trois lycées vides, on les a mis à la disposition de l'État pour pouvoir accueillir ces personnes sans domicile fixe. Donc, il y a eu un gros, gros effort qui a été fait aussi sur l'hébergement d'urgence dans Paris, ça c'est important de le dire, et on a pris notre part de l'effort. Et puis, sur la question de la sécurité, c'est vrai qu'il y a des pas en avant qui ont été faits en matière de sécurité. La présence policière...
Une loi qui a permis la vidéosurveillance aidée par l'intelligence artificielle ?
Oui, absolument. Des drones de surveillance dont on a réussi
à avoir... Est-ce que ça doit être pérennisé, tous ces systèmes de surveillance, d'après vous ?
Moi, je vais vous dire, de toutes les façons, on n'aura pas la même présence policière à la rentrée. Je veux dire, la présence policière, elle est inédite, mais parce qu'il y avait un risque sécuritaire inédit. Je ne vous décris pas la situation du monde. Je pense qu'à France Inter, les auditeurs sont bien au fait des conflits mondiaux qui font que ces jeux se déroulaient sous très haute surveillance, très haute vigilance. Donc, évidemment, il y aura beaucoup moins de présence policière, mais on va en garder. On va en garder, notamment dans les transports en commun, ce qui est important pour nous. Ça va être un héritage des jeux. Et puis, en septembre, il va falloir trouver une majorité.
Il va falloir trouver une majorité au Parlement pour maintenir un certain nombre des dispositifs des jeux, notamment les caméras GoPro dont nous avons équipé tous les contrôleurs et tous les agents de sécurité des transports. Normalement, ça s'arrête en octobre. On en a besoin. On en a besoin pour protéger ces personnels, mais on en a aussi besoin pour la déontologie policière. Donc, c'est important de maintenir ça. Important aussi de maintenir l'intelligence artificielle dans les transports parce que ça permet sur les colis suspects, sur les mouvements de foule, de faire d'énormes progrès.
Le texte que vous appelez de vos voeux sur la sécurité et les caméras GoPro serait voté, si on fait de la politique fiction, par une majorité qui pencherait à droite. Alors, est-ce qu'Emmanuel Macron, dès la semaine prochaine, doit nommer un gouvernement de droite ?
Mais vous savez, je ne pense pas
que la sécurité
soit de droite. J'espère qu'on trouvera aussi des personnalités de gauche qui seront capables de se rendre compte que c'est un enjeu pour la France d'avoir une capitale sûre, une capitale hospitalière à tous les Français et à tous les étrangers.
Est-ce qu'Emmanuel Macron doit nommer un Premier ministre dès la semaine prochaine après la fin des Jeux Olympiques ? Et qui doit être ce Premier ministre d'après vous ?
Il y a un peu urgence à avoir un gouvernement, effectivement. Moi, j'ai appelé à une trêve olympique dès l'annonce de la dissolution parce que je savais que cette dissolution allait aboutir à quelque chose d'assez catastrophique en termes d'éparpillement des forces politiques. Cette trêve olympique, aujourd'hui, elle va prendre fin dans une semaine et il y a deux urgences. Un, maintenir la même énergie pour l'organisation des Jeux Paralympiques et de la rentrée parce que, je vous le dis, les Jeux Paralympiques vont être vraiment l'occasion de changer de regard sur le handicap. Il faut que ce soit une réussite,
tout autant que les Jeux Olympiques. Avec un gouvernement actuel qui continue à gérer les affaires.
Le baron, un autre défi, le bouclage du budget 2025 qui est là aussi un budget introuvable avec 30 milliards d'économies à faire.
Alors comment on fait ?
C'est une bonne question qu'il faut poser au Président de la République. Je pense qu'il faut qu'il choisisse rapidement un Premier ministre et il faut surtout qu'il y ait un esprit de responsabilité au sein de tous les partis politiques pour essayer de faire ces 30 milliards d'économies sans lesquels la France va être mise sous surveillance par la Banque Centrale Européenne, par le FMI et ce serait évidemment un drame pour notre pays.
Mais vous ne donnez pas de nom pour Matignon ?
Je ne suis pas Présidente de la République. C'est lui qui l'est et c'est à lui de trouver la voie de sortie.
Certains dans votre famille politique évoquent Xavier Bertrand, Michel Barnier ?
Ce qui est sûr c'est que oui si j'avais été élue Présidente de la République ça n'a pas été le choix des Français j'aurais sans doute choisi Xavier Bertrand c'est un très bon candidat face à Lucie Castet si vous me permettez il n'y a pas de match.
Emmanuel Macron ne doit pas nommer la candidate proposée par le nouveau Front Populaire qui représente aujourd'hui la première force politique à l'Assemblée Nationale.
Mais la première force politique à l'Assemblée Nationale c'est celle qui s'alliera avec Renaissance. Donc aujourd'hui le sujet c'est la compétence c'est l'expérience c'est la capacité à gérer le pays là encore je vous l'ai dit il n'y a pas de match entre des grandes personnalités de la droite qui ont déjà géré des très grandes collectivités des très grands ministères qui ont eu des tas de responsabilités y compris au plan international et Mme Castet dont le bilan à la mairie de Paris on ne peut pas dire est un programme politique en soi.
Le groupe de droite dirigé par Laurent Wauquiez aujourd'hui doit s'allier avec Renaissance avec la majorité d'Emmanuel Macron l'ex-majorité pardon
je crois que la droite pour représenter un espoir pour le pays doit rester indépendante elle doit rester indépendante on n'est pas les supplétifs de la Macronie la béquille de la Macronie mais on n'est pas non plus évidemment le marche-pied du rassemblement national il faut qu'on lutte contre la montée des extrêmes ça doit être notre premier j'allais dire notre premier axe directeur le deuxième c'est que évidemment on est responsable on est responsable et quand le pays est vraiment dans la panade et bien on est à la hauteur de nos responsabilités donc il faut s'allier avec le camp d'Emmanuel Macron avec un grand P donc ça veut dire qu'il faut aider non pas un camp mais un pays la France le nôtre notre pays il est sous surveillance aujourd'hui parce qu'on est en déficit excessif notre pays il peut voir son économie s'effondrer donc le sujet aujourd'hui il est social il est économique c'est de réussir à porter un budget pour la France à porter un projet de loi de financement de la sécurité sociale et des aides sociales pour 2025 c'est de sauver la France pardon je suis peut-être un peu grandiloquente mais puisque aujourd'hui on est si fier de notre maillot si fier de notre drapeau je crois que cette question de la fierté patriotique elle doit se ressentir aussi dans l'attitude qu'auront les partis politiques au parlement à partir de la mi-août
vous dites justement comme Emmanuel Macron on a vu sur ces Jeux Olympiques qu'on pouvait travailler main dans la main lui le président de la république vous présidente de droite de la région Anne Hidalgo maire socialiste de Paris vous dites que c'est un exemple ce travail que vous avez fait tous les trois avec des tensions parfois
je serais moins enthousiaste que lui parce que en fait quand c'est facile quand c'est des décisions de dépenses publiques comme les Jeux on arrive à s'entendre même si parfois il y a des tensions moi je voulais équilibrer le budget je voulais pas du quoi qu'il en coûte je voulais pas laisser de dette mais bon après on peut avoir des divergences politiques mais on peut s'entendre quand il s'agit de décisions très difficiles comme l'immigration la fiscalité les économies budgétaires vous voyez là on est d'accord sur rien et c'est là que c'est beaucoup plus difficile de s'entendre et beaucoup plus difficile de trouver une majorité et c'est là qu'il faut un sacré esprit de responsabilité et sortir des postures
donc on n'y est pas encore si je vous entends bien
ah mais non on n'y est pas du tout du tout
merci beaucoup Valérie Pécresse présidente de la région Ile-de-France et invitée ce matin du grand entretien du 6-9 la revue de presse dans un instant
Valérie Pécresse