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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 17 janvier 2013 6 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfense

Marine Le Pen : Sur l'intervention militaire française au Mali

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  • 4:31PrésentateurChiffre
    « Entre 2009 et 2014, 17% des effectifs de l'armée française auront été supprimés. »
  • 4:44PrésentateurChiffre
    « Notre budget militaire s'établit désormais à 1,6% du PIB seulement. »

Temps de parole

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Présentateur

Mes chers compatriotes de métropole, de l'outre-mer et de l'étranger, un éclairage politique sur l'offensive lancée par la France contre les fondamentalistes islamiques au Mali s'impose. Oui, vous le savez, nous soutenons cette opération française. Parce qu'elle est une réponse légitime à la demande du gouvernement modéré d'un pays ami, francophone et allié historique de la France. La France puissance mondiale, la France puissance d'équilibre a des devoirs particuliers dans le monde qu'elle s'honore à remplir dans l'intérêt des nations amies et dans notre intérêt supérieur lorsque la cause est juste. C'est le cas cette fois-ci.

D'autant que la France et le Mali sont liés par une coopération de défense, ce qui rend d'ailleurs très superficiel et inutile les débats sur l'implication ou pas de l'OTAN ou de l'Union européenne. La France est une grande puissance qui a les capacités de mener des interventions en toute indépendance chaque fois que c'est nécessaire, sans avoir besoin d'être nécessairement le vassal de quelqu'un. Si des coalitions sont parfois nécessaires, c'est à la France et à elle seule de déterminer l'intérêt ou non de sa participation. L'avancée islamiste au Mali doit être stoppée. Et je fais confiance à nos courageux soldats et à notre armée pour y parvenir dans les meilleurs délais.

Permettez-moi sur ce point d'avoir une pensée émue et attristée pour les familles de nos soldats déjà disparus dans cette opération et pour les victimes françaises de la tentative de libération de notre tâche en Somalie. Leur mort n'aura pas été inutile et c'est pour la France que le combat aura été mené avec courage. De cette intervention au Mali dépend de la sécurité de la région, la sécurité de nos compatriotes là-bas et la sécurité de l'Europe et de la France qui n'ont aucun intérêt à voir se développer une nouvelle poche fondamentaliste à quelques milliers de kilomètres de leurs frontières et qui pourraient, sans intervention, se répandre demain dans de nombreux autres pays d'Afrique.

Mais notre soutien à cette opération française nécessite un autre éclairage, tout aussi essentiel. D'abord, si les mafias islamistes lourdement armées sont parties à l'assaut du Mali, c'est en premier lieu à cause de la chute du gouvernement libyen et de l'arrivée au pouvoir des djihadistes dans ce pays qui très vite y ont imposé la charia. L'action des gouvernements français de Nicolas Sarkozy, soutenue par le Parti Socialiste, a consisté à aider, à financer et à armer ces islamistes en Libye. Même chose en Syrie, où François Hollande, dans la continuité de Nicolas Sarkozy, soutient ouvertement les rebelles djihadistes contre le gouvernement en place.

L'intervention au Mali soulève donc ce cruel paradoxe. Nous combattons là-bas les islamistes que nous avons mis au pouvoir en Libye et que nous voulons mettre au pouvoir en Syrie. La faute stratégique politique de nos dirigeants UMP et PS est criante et si lourde de conséquences. C'est cette incohérence diplomatique désastreuse qu'il faut pointer du doigt. Voilà pourquoi il est absurde de mettre sur le même plan ces trois guerres. Vous le savez, nous en avons dénoncé deux. Seules contre tous, il faut le dire.

C'est-à-dire celle de Libye et de Syrie parce qu'elles visaient à mettre au pouvoir des islamistes dangereux et parce qu'elles allaient déstabiliser des régions entières, ce qui n'a pas manqué. Et nous approuvons celle du Mali parce qu'elle est exactement à l'opposé. Il s'agit de repousser l'emprise islamiste et d'aider un vieil allié de la France. Encore une fois, sûrement mal conseillé par sa muse Botule, Bernard-Henri Lévy a donc eu l'occasion d'étaler la nullité de ses analyses stratégiques et leur perversité. Le Mali n'est pas à la Libye.

Et si le dénommé BHL souhaite toutes ces guerres qui n'ont rien à voir les unes avec les autres, c'est d'abord parce qu'il est un vatanguerre, parce que l'odeur du sang l'excite, parce que le bruit des missiles, surtout quand ils sont siglés de l'OTAN, le fait intérieurement tressaillir de joie, lui qui n'a jamais entendu réellement siffler à ses oreilles que les balles de tennis. Rappelons au passage que la lutte contre le fondamentalisme islamique doit se faire partout, au Mali, mais aussi en France, où le combat n'est pas véritablement mené et où la République ne fait que reculer depuis des années face à toutes les pressions que seules nous avons le courage de dénoncer haut et fort.

Enfin, comment ne pas voir avec cette crise l'impérieuse nécessité de cesser l'entreprise de casse de nos armées ? L'utilisation de la défense nationale comme variable d'ajustement budgétaire, qui se traduit par une baisse constante des moyens et des effectifs, n'est pas acceptable. Elle est dangereuse. Nous sommes aujourd'hui au bord du point de rupture. Tous les spécialistes de la question militaire le disent. Entre 2009 et 2014, 17% des effectifs de l'armée française auront été supprimés. Et notre budget militaire s'établit désormais à 1,6% du PIB seulement.

Investir dans notre défense, c'est investir pour l'économie et l'emploi, c'est investir pour notre avenir, c'est préserver les intérêts de la France, c'est permettre son rayonnement, c'est l'autoriser à être respecté partout dans le monde, c'est assurer enfin notre sécurité. Nous demandons en cinq ans un budget militaire rétabli à 2% du PIB et l'arrêt immédiat de la baisse des effectifs. Les matériels obsolètes ou cassés doivent être remplacés ou réparés pour permettre à nos forces de fonctionner en toute sécurité. C'est cela, une grande puissance moderne. Mes chers compatriotes, soyons toujours et en toutes circonstances derrière nos soldats et derrière notre armée, fiers de leur action.

Le rôle du politique est de définir une vision stratégique cohérente, respectueuse de nos intérêts. L'UMP et le PS ont gravement échoué en ce sens, quand nous, nous avons vu juste.