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interviewEurope 1 — La Grande interview· 29 avril 2026 21 min

La grande interview de Laurence Ferrari avec Eric Ciotti

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1. La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.

0:07
Éric Ciotti

Et notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Éric Ciotti, maire de Nice, président et député de l'UDR. Bonjour à vous. Bonjour. Bienvenue sur notre antenne. Merci beaucoup. Parlons d'abord peut-être du rapport Charles Agloncle. Les membres de la commission d'enquête ont voté sur l'audiovisuel public, ont voté pour sa publication. Il s'en est fallu de peu pour que le coup près de la censure ne tombe. Qu'est-ce que cela symbolise pour vous ?

0:29
Présentateur

Cela symbolise l'idée que la gauche considère que l'audiovisuel public lui appartient et que donc il n'y a rien à voir, circuler, il n'y a rien à voir. C'est extrêmement choquant. D'abord, cela en dit beaucoup sur la relation à la démocratie, à la liberté de la presse, à la liberté aussi du travail parlementaire. Parce que refuser de publier le rapport d'une commission d'enquête aurait été quasiment inédit. C'est museler le travail de Compte. Il n'y a eu qu'un précédent sur l'argent des syndicats. Il n'y a eu qu'un précédent. C'est museler le travail de contrôle de l'Assemblée nationale.

Et donc, quelque part, oui, cela dit que la gauche n'a pas envie de la transparence, de la vérité, que la gauche est dans la dépense. C'est qu'elle considère que l'audiovisuel public et sa propriété, c'était aussi l'enjeu de cette commission que j'ai voulu. Lorsqu'il y a eu ces révélations sur les relations, allez, on va dire un peu endogamiques, entre M. Patrick Cohen, entre M. Legrand et des responsables du Parti Socialiste, cette collusion, eh bien, le travail de la commission a été remarquable. Et je veux rendre hommage à Charles Lalonde, qui est député de mon groupe. Qui a subi de nombreuses attaques, de nombreuses menaces. Il a été attaqué, menacé, non. Étonné, non. Choqué, oui.

Mais on voit bien que certains ont eu très peur de cette commission, de ce qu'elle allait trouver, de ce qu'elle allait dire. Il y aura un avant et un après cette commission. Et j'espère, moi, je ne suis pas loin de là un ennemi du service public. On a besoin d'un service public de qualité. On a besoin d'un service public neutre. Donc, vous n'êtes pas pour la privatisation, comme le Rassemblement national le souhaite, dans une pétition. Il peut y avoir des regroupements. C'est aussi une des conclusions du rapport à l'oncle. Pour faire un milliard et demi d'économies, ce débat, ce n'était pas celui de la commission. Mais il faut dépenser moins.

C'était l'objet que nous voulions aussi rechercher. Et il faut de l'indépendance. Ce sont les contribuables qui payent l'audiovisuel public. C'est avec leur argent. Donc, on attend à tout le moins qu'il y ait de la neutralité quand c'est l'impôt qui paye. Mais est-ce que vous êtes pour la privatisation ou pas ? Ou ce n'est pas du tout l'objectif ? Je pense que le service public, dans sa configuration actuelle, est trop gros. 4 milliards de dépenses. Il doit y avoir des secteurs qui soient fusionnés. Peut-être d'autres privatisés. Mais il faut qu'il reste une partie, un service public, que ce soit pour la radio ou que ce soit pour la télévision.

3:00
Éric Ciotti

Donc, vous n'êtes pas d'accord avec le Rassemblement national ?

3:01
Présentateur

Il y a une nuance là-dessus.

3:04
Éric Ciotti

Charles Hallon, que pourrait-il vous remplacer à la tête du groupe UDR ? Lorsque, puisque vous avez été élu maire de Nice, vous devrez évidemment quitter l'Assemblée nationale ?

3:12
Présentateur

C'est une question qui se pose, que trancheront les députés de notre groupe. Cette question va se poser dans quelques semaines, peut-être dans quelques jours, quand le recours déposé par M. Estrosi contre mon élection, mauvais joueur, va être tranché. Nous le verrons bien, mais en tout cas, ça sera choisi dans la Concorde, au sein de notre groupe.

3:34
Éric Ciotti

Mais qui choisira ? Ce seront les députés ?

3:36
Présentateur

Les députés, bien sûr. Les députés, d'accord.

3:37
Éric Ciotti

Et il fait partie de ceux qui pourraient, évidemment...

3:39
Présentateur

Absolument, des 17 députés de notre groupe.

3:41
Éric Ciotti

Parlons des préoccupations des Français. Pouvoir d'achat, évidemment, c'est omniprésent dans leur quotidien. La fermeture du Détroit-Dormoz est une catastrophe et a des conséquences sur l'économie mondiale. Le prix du sans-plomb a repassé la barre des 2 euros hier. Est-ce que la batterie d'aide qu'a proposée le gouvernement est suffisante pour vous ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que vous demandez, là encore, d'aller sur une baisse de la TVA qui impacterait très lourdement nos finances publiques, Eric Ciotti ?

4:05
Présentateur

Naturellement, il faut changer de braquet, changer de méthode. Là, on met un placebo sur une jambe de bois. La situation est extrêmement préoccupante. Il y a la question du prix. Il y a la question de la pénurie qui a soulevé le PDG Total.

4:20
Éric Ciotti

Alors, écoutons, monsieur le ministre de l'Économie.

4:23
Présentateur

Il n'y aura jamais de pénurie. Je fais plutôt confiance au PDG Total qu'à ceux qui nous gouvernent avec les compétences qui les caractérisent. Voilà, monsieur Alescure est sans doute beaucoup moins compétent que monsieur Pouyanné. Pour connaître de ces questions, il y a un risque de pénurie sur le carburant. Il y a un risque de pénurie sur certaines matières premières, comme l'aluminium, aujourd'hui, qui est un composant essentiel pour l'automobile, pour l'aéronautique. Les prix ont explosé, mais il y a aussi cette menace sur la disponibilité. Donc, pour revenir à votre question, ce que nous demandons, c'est la baisse de la TVA. Nous ne pouvons pas voir l'État s'enrichir.

Aujourd'hui, l'État s'enrichit sur le dos des Français. Lorsqu'un niçois fait le plein promenade des Anglais sur du gazole à 2,20 euros aujourd'hui, eh bien, il y a environ 1,40 euros, 1,50 euros pour l'État. C'est une forme de raquette. D'autres pays l'ont fait. L'Espagne, l'Italie. Nous, ce que nous demandons, c'est une baisse structurelle de la TVA, et du moins qu'il n'y ait pas la TVA sur la taxe, déjà, parce qu'on est dans ce monde où il y a une imagination débordante pour l'impôt, la taxe sur la taxe. Je l'avais demandé dès 2021, donc ce n'est pas nouveau. Alors, bien sûr, vous allez me dire...

5:46
Éric Ciotti

Mais pourtant, vous êtes un tenant de la rigueur budgétaire. Vous allez me dire, oui, on réveille nos déficits publics.

5:50
Présentateur

La rigueur budgétaire, elle impose la baisse des dépenses inutiles. Et qu'on arrête, comme vient de le dire un rapport qui est sorti ce matin, on a augmenté l'année dernière les dépenses publiques 2025 de 32 milliards, et on a augmenté les impôts de 23 milliards. Donc, on envoie à l'Europe une copie en disant, on a tenu à peu près nos déficits à cause de l'augmentation des impôts. C'est cette logique qu'il faut aujourd'hui inverser. Donc, oui, on peut baisser la TVA afin d'éviter de racketter les Français.

6:23
Éric Ciotti

Temporairement ?

6:24
Présentateur

Non, de façon structurelle. Et il faut baisser de façon encore plus forte, encore plus massive les dépenses. C'est ce que j'ai fait à Nice, on peut y revenir. C'est à une autre échelle, mais je crois que le chemin, il est là. Baisser les impôts, ce qui rend obligatoire la baisse des dépenses inutiles. Il y a beaucoup de gabegies dans ce pays. Il y a beaucoup de dépenses qui ne servent à rien. Il y a beaucoup de gens qui se goinfrent. Il faut arrêter tout ça et il faut baisser les impôts.

6:53
Éric Ciotti

Et est-ce qu'il faut travailler plus ? Le 1er mai, évidemment, c'est la fête du travail. Est-ce que vous dites que les Français ne travaillent pas assez ?

7:00
Présentateur

Il faut structurellement travailler plus. Il faut sans doute travailler plus. La gauche, je pense qu'il faut aller même plus. Plus de liberté. Pourquoi il y a un temps de travail aujourd'hui ? Je crois que ça doit être la relation contractuelle entre le salarié et l'entreprise. Avec certaines limites qu'il faut peut-être poser. On est dans un pays... Il faut revenir sur les 35 heures. Moi, je suis pour la liberté du temps de travail. Qu'est-ce que c'est ce contingentement ? S'il y a des gens qui veulent travailler beaucoup pour gagner plus, ils doivent pouvoir le faire avec certaines limites. Bien entendu, je le redis, mais allons vers la liberté.

Arrêtons avec les normes, la régulation, tout ce qui empêche les gens de vivre aujourd'hui et de gagner leur argent. Oui, on ne travaille pas assez, la semaine, la journée et sur la durée de la vie aussi. Il faut avoir la vérité de le dire. Donc, il faudra réformer tout cela.

7:54
Éric Ciotti

Alors, jusqu'à quel âge le report de l'âge de départ dégale sur la traite ? Parce que le RN est sur 62 ans, vous êtes sur 67 ?

8:00
Présentateur

Je crois que ce n'est pas une question de limite d'âge, c'est d'ailleurs le faux débat. La question, ce sont le nombre d'annuités. Ceux qui ont commencé très tôt doivent partir plus tôt et notamment, beaucoup plus aujourd'hui. On est à 42, 43, c'est un minimum. Mais avec des nuances pour les métiers de grande pénibilité. Parce que ce ne sont pas les mêmes métiers quand on est dans un bureau ou quand on est dans une mine ou dans un abattoir ou dans un chantier de travaux publics. Donc, il faut avoir ces nuances. Mais on a, je crois, pris le mauvais axe là-dessus. La question, c'est le nombre d'annuités. Et il faut dire la vérité aux Français.

Bien sûr, compte tenu de l'évolution démographique, du vieillissement de la population, de la faiblesse de la natalité aussi, qui est sans doute la principale menace pour notre pays aujourd'hui, pour notre continent, il faudra demain travailler un peu plus.

8:58
Éric Ciotti

Alors justement, pour remédier à ces problèmes de pénurie de main-d'oeuvre que vous évoquez, faut-il plus d'immigration, une immigration choisie, une immigration de travail, Éric Ciotti ? On a eu cette petite phrase d'Emmanuel Macron hier qui qualifiait de maboule ceux qui voulaient une politique de fermeté vis-à-vis d'Algérie et concernant évidemment l'immigration. Quelle est votre solution à vous ? Immigration choisie, travail ?

9:17
Présentateur

On peut se demander qui sont les maboules quand on voit ceux qui nous dirigent et qui ont conduit le pays dans cet état. On nous dit depuis des années, il y a un problème pour les travailleurs, on a besoin d'immigration. Mais regardez, depuis l'élection de M. Macron 2017, il y a eu près de 4 millions d'étrangers qui sont arrivés légalement dans notre pays. Est-ce qu'ils sont venus travailler ? Bien sûr que non. 92% de ceux qui arrivent en France ne viennent pas pour travailler. Et c'est ce coût gigantesque à plusieurs dizaines de milliards d'euros qui aujourd'hui pèse sur nos finances publiques.

D'ailleurs, je vous annonce ce matin, notre groupe, comme je l'avais fait sur l'audiovisuel public, va lancer une commission d'enquête sur le coût de l'immigration. Il faut qu'on ait la vérité des chiffres parce qu'on nous ment depuis des années. On nous dit qu'on a besoin d'immigration pour travailler, mais ceux qui arrivent ne viennent pas travailler. Et il représente aujourd'hui une change lourde, trop lourde pour notre pays. Et M. Macron est le premier responsable de cette situation, comme ceux qui le gouvernent en son nom aujourd'hui. Donc pas besoin de faire comme l'Espagne qui régularise 500 000 protestants. Mais ça, c'est une folie. C'est une folie qu'il faut arrêter.

On ne peut pas laisser, justement, l'Espagne faire en sorte que toute l'Europe subisse cette politique. J'ai demandé, j'étais le premier à le faire, qu'il y ait un contrôle, voire une fermeture des frontières avec l'Espagne, beaucoup plus ferme. Et il faut arrêter avec cette libre circulation des étrangers. Je suis favorable, bien entendu, parce que c'est l'essence même de l'Europe, à ce qu'il y ait une libre circulation des Européens, mais il ne peut pas y avoir une libre circulation des étrangers. C'est pour ça qu'il faut ce système de double frontière que nous défendons et que nous proposons.

11:13
Éric Ciotti

Éric Ciottier, revenons un instant sur cette phrase maboule qui a beaucoup heurté. Elle visait évidemment Bruno Retailleau, qui a sèchement répondu à Emmanuel Macron. Il dit, le problème, ce ne sont pas les médecins algériens, mais c'est les centaines d'OQTF dangereux qui n'ont plus rien à France et que le régime d'Algé refuse de reprendre. J'imagine que vous dites la même chose que Bruno Retailleau.

11:31
Présentateur

Je dis, je ne sais pas si c'est la même chose que M. Retailleau. M. Retailleau, quand il était ministre de l'Intérieur, aurait pu agir sur cette question. Il ne l'a pas fait, il n'a pas quitté le gouvernement à cette époque. En avait-il les moyens ? Qu'est-ce qu'il est allé faire dans cette galère ? On pourrait lui renvoyer la question. Mais naturellement, c'est le vrai sujet. Il y a eu l'année dernière, je crois, 22 000 obligations de quitter le territoire qui frappaient des ressortissants algériens. Un peu moins de 3 000 à peine ont été exécutés. C'est une insulte à la France.

Et on vient s'agenouiller devant ce régime, qui est un régime dictatorial, qui est un régime qui oppresse les opposants, qui est un régime qui emprisonne des Français. Notamment, on a encore notre ressortissant, le journaliste Christophe Gleize, qui est dans les géoles algériennes. On a un pays qui fait voter une loi contre la France. Et on a un président de la République qui, en permanence, je ne sais pas ce qu'il craint, s'incline devant l'Algérie. C'est totalement scandaleux. Et comme cette question des médecins étrangers, là aussi, depuis des années, ce n'est pas nouveau, j'en conviens, on marche sur la tête. On a une pénurie.

On empêche des jeunes Français étudiants qui travaillent de façon très forte, très lourde. On les prive, après la première année, de devenir médecin. Donc, on contingente nos talents, alors qu'on a un des meilleurs systèmes de formation des médecins au monde français. Et on va chercher des médecins étrangers dont on n'est pas certain, je ne fais pas de faux procès, qu'ils aient la même qualité de formation. Ça veut dire que... Les opétences ne tournent pas aujourd'hui. C'est le système... Que rien ne fonctionne. Mais à cause de qui ? À cause de ceux qui ont mis le pays dans cet état. Aujourd'hui, on est... Et c'est un exemple de plus la santé. On pourrait parler de l'éducation.

On pourrait parler de la justice. Nos grands systèmes, nos grands services publics sont à terre. Ils s'effondrent. Et parallèlement, on le disait tout à l'heure, les Français n'ont jamais payé autant d'impôts. Plus on paye, moins ça fonctionne. Et plus on dépense dans des endroits où ça ne sert à rien. Moi, j'aimerais qu'on dépense pour la justice, pour la sécurité, pour l'armée, pour l'hôpital. Bien sûr. Mais on dépense dans des systèmes sociaux où on donne des allocations, où on paye 50 000 chambres, lits d'hôtels, chaque nuit en Ile-de-France pour des étrangers, souvent en situation irrégulière. Le système marche sur la tête. Ça veut dire quoi, politiquement ? Parce que...

Il faut le remettre à part ? Moi, je ne suis pas... Il faut tout faire tomber ? Je ne suis pas dans le constat. Je suis dans l'action. Il faut, en effet, changer ceux qui sont les comptables de cette situation. Il faut tout changer l'année prochaine. Il faut balayer ceux qui sont, aujourd'hui, les faux soyeurs de notre nation. On nous dit, ils ont de l'expérience, ils ont de la compétence. Ils ont de la compétence pour avoir créé 3 500 milliards d'euros de dettes, pour avoir laissé rentrer 4 millions d'étrangers, pour avoir fait doubler le nombre de tentatives d'homicide et d'homicide dans notre pays.

C'est ça, le bilan de ce qui nous gouverne, pour nous avoir fait perdre toute crédibilité à l'international. Donc, il faut balayer, aujourd'hui, ceux qui ont confisqué le pouvoir aux Français pour leur petit confort et pour leur petite tambouille politique.

14:55
Éric Ciotti

Éric Ciotti, Marine Le Pen, affirmait hier dans un entretien à l'AFP qu'elle préférerait pour 2027, si les juges la laissent être candidate, bien sûr, un affrontement entre le RN et le Bloc Central. Plutôt que d'affronter LFI, est-ce que, pour vous, la présidentielle va se jouer entre le Bloc RN-UDR, puisque vous êtes alliée de Marine Le Pen, et le Bloc Central ? Où est-ce que ça sera LFI pour vous ?

15:17
Présentateur

Je ne sais pas. Je ne suis pas dans le commentaire. C'est plus votre rôle. Marine Le Pen ne l'est, non ? C'est le rôle des politologues.

15:26
Éric Ciotti

Non, ça, c'est une déclaration de la République.

15:27
Présentateur

Elle a raison. Le débat serait plus clair, parce que, d'un côté, le Bloc Central, c'est ceux qui nous ont mis dans cette situation. C'est ceux qui nous ont plongés dans la décandance et dans le déclin.

15:38
Éric Ciotti

Elle ne veut pas un vote de rejet. Elle veut un vote d'adhésion. Ça serait un vote d'adhésion.

15:40
Présentateur

Ça serait un vote clair. Et elle a raison, parce qu'elle est courageuse et elle est ambitieuse. Après, c'est aux Français décidés. Nous gagnerons par la force de notre projet et par, je dirais, la comparaison avec ceux qui, je le répète, ont plongé la France dans une situation de quasi-cao et de faillite budgétaire. Non, je ne serai pas candidat. Je viens d'être élu maire de Nice. C'est une fonction extraordinaire. Mais je prendrai ma part à la victoire du camp national et du camp du redressement national.

16:16
Éric Ciotti

Est-ce que Jordan Bardella détaillait son programme économique dans un entretien accordé au JDD ? Est-ce que tout vous va ? Est-ce que vous êtes plus raccord avec la ligne Bardella, un peu plus libérale et pro-entreprise, que celle de Marine Le Pen qui est plus étatiste ?

16:28
Présentateur

C'est un faux débat. Je ne vois pas de différence. Lisons les programmes. Le programme aujourd'hui du RN, c'est moins d'impôts, moins de dépenses. Mais après, on a des différences. Moi, je ne suis pas membre du Rassemblement national. J'ai un parti indépendant qui porte le nom du dernier parti du général de Gaulle. Et c'est moi qui incarne cette ligne d'une droite qui croit en la liberté économique, qui croit en l'autorité, qui défend l'identité. Ce n'est plus les Républicains qui sont aujourd'hui la petite route secours de la Macronie alliée au Parti Socialiste à l'Assemblée nationale. Mais donc, avec le RN, je revendique cette alliance. Elle est forte, elle est puissante, elle est loyale.

Et on l'a démontré aux élections municipales. Mais nous avons des différences, nous avons des divergences, même sur les retraites. On en parlait tout à l'heure. On n'a pas la même position. Moi, je souhaite qu'on aille un peu plus loin sur la baisse des impôts. Je fais le pari de la confiance dans ceux qui investissent. Mais nos différences, elles sont infiniment moindres que ce qui nous rassemble. Et ce qui nous rassemble, c'est cette envie et cette conviction de redresser le pays.

17:35
Éric Ciotti

Parlons de Nice, parce que là, vous avez un laboratoire à ciel ouvert.

17:40
Présentateur

Je n'aime pas le mot laboratoire.

17:41
Éric Ciotti

Non, mais enfin, vous allez mettre en pratique vos idées. C'est le terrain

17:44
Présentateur

pour mettre en pratique mes convictions.

17:46
Éric Ciotti

Plus qu'ambitieux, vous visez 60 millions d'euros d'économie en 2026.

17:49
Présentateur

Où est-ce que vous coupez, Éric Ciotti ? On a coupé, et c'est déjà fait. D'abord, j'ai commencé par baisser les impôts. Ça a été ma première mesure. C'était mon premier engagement de campagne. Je l'ai respecté en trois semaines. Nous avons, la semaine dernière, baissé les impôts des Niçoises et des Niçois de 53 millions d'euros. C'est une baisse inédite, massive, de la taxe foncière, de la taxe sur les ordures ménagères, de la taxe d'habitation. Donc, c'est un gain de pouvoir d'achat pour quelqu'un qui a un appartement de trois pièces en centre-ville de 3 à 400 euros. Ce n'est pas rien. C'est un engagement puissant et j'ai voulu commencer par là.

Et le même jour, on a baissé de 60 millions d'euros, donc un peu plus les dépenses. Qu'est-ce qu'on a fait ? On a divisé par deux les frais de petit four qui étaient à 2 millions d'euros avec des repas à 200 000 euros, un repas à 200 000 euros l'année dernière. On a divisé par deux le parc de véhicules. Nous avons diminué d'un tiers quasiment les indemnités des élus. C'est un gain d'un million d'euros. J'ai supprimé les frais de représentation pour le maire. J'ai trouvé des frais d'avocat au pénal, sur des affaires pénales qui touchaient la municipalité de 1 million et demi d'euros. On va arrêter tout ça. On va arrêter la gabegie. On va diviser par deux les frais de communication.

J'ai supprimé le magazine municipal. On n'a pas besoin d'une pravda. Il y a de la presse qui est libre. Je souhaite qu'elle soit encore plus libre. Les niçois peuvent s'informer librement. Ils peuvent regarder ces news. Ils peuvent lire ce matin. Ils peuvent faire leur jugement. Ils n'ont pas besoin d'un bulletin municipal qui coûtait 600 000 euros. Écoutez Europe 1 naturellement. Voilà. Mais on a toute une liste. On va faire des chantiers moins coûteux. On va regarder les procédures de commandes publiques. L'ambition, c'est un faux débat. Vous savez, dire dépenser sur des choses qui ne servent à rien, c'est de l'ambition.

Quand on détruit un théâtre, quand on détruit un palais des congrès et que ça coûte 500 millions d'euros pour les reconstruire, ça, ce n'est pas de l'ambition. Ça, c'est qu'on dilapide de l'argent public. Et l'argent public, il ne tombe pas du ciel en pluie fine. Et il faut que ceux qui croient qu'ils sont propriétaires de cet argent comprennent. C'est l'argent de ceux qui travaillent. C'est l'argent des contribuables. Et on ne peut pas faire n'importe quoi avec l'argent public. Donc, ce qu'on a fait à Nice, je veux que ça soit demain un modèle pour le pays.

Mais on a démontré qu'en quelques jours, parole tenue, engagement de campagne, un mois plus tard, on baisse les impôts, on baisse les dépenses.

20:23
Éric Ciotti

Merci beaucoup, Eric Ciotti, d'être venu ce matin sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.

20:27
Présentateur

Merci, Eric Ciotti. Merci, Laurence Ferrari. Dans un instant, sur Europe 1, vos signatures du mercredi. A tout de suite.