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interviewyoutube.com· 6 juillet 2017 30 min

Valérie Pécresse, Présidente de la région Île-de-France | Interview | VivaTech

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Bonjour à tous. C'est un très grand plaisir d'accueillir Valérie Pécresse, la présidente de la région parisienne, région Île-de-France. C'est d'autant plus un plaisir que vous faites un travail exceptionnel, non seulement sur la restructuration de la région, sur les grands investissements, mais sur ce qui nous touche énormément ici à Viva Technologies, c'est-à-dire les start-up. Et ça, il y a peu de régions françaises qui font autant que vous. Et je pensais que ce serait très intéressant qu'on partage un petit peu ce que vous faites.

Alors peut-être d'abord, avant de rentrer dans le détail sur les start-up, quelques mots sur les choix que vous avez faits, puisque vous avez fait des choix importants, que ce soit sur les infrastructures, sur le transport. Peut-être juste deux mots là-dessus et puis on va rentrer dans le vif des start-up.

1:02
Valérie Pécresse

Oui, l'objectif de la région, c'est de devenir la plus attractive pour la création d'emplois et pour la qualité de vie. Et donc, ça amène des choix. Et le premier des choix que nous avons fait, c'est celui de la révolution des transports. Et le deuxième des choix que nous faisons, c'est celui de l'éducation. Donc, dans ces deux domaines, nous avons mis le paquet, 9 milliards sur la rénovation des transports. Tous les trains et les RER seront neufs ou rénovés d'ici 2021 en Ile-de-France. Et nous accueillerons le RER Nouvelle Génération avec le contrat du siècle qui a été signé avec les Hauts-de-France, avec Alstom et Bombardier.

Et puis, du côté des lycées, 5 milliards d'euros pour avoir des lycées totalement connectés, totalement numériques et en même temps, des lycées qui soient décents et modernes pour nos lycéens.

1:52
Présentateur

Alors, vous n'hésitez pas à prendre beaucoup de chantiers à la fois. Vous avez fait des choix. Et puis, vous avez décidé de faire de la région parisienne, la région Paris-Ile-de-France, la Smart Region, la région intelligente, maligne, astucieuse. Ça ne fait que 18 mois que vous êtes élue et vous avez déjà pas mal engagé de choses. Où est-ce que vous en êtes?

2:18
Valérie Pécresse

Alors, d'abord, on a mis un accélérateur énorme, un coup d'accélérateur énorme sur les réseaux parce qu'il n'y aura pas de start-up sans fleurs qui écloreront dans toute l'île de France s'il n'y a pas des réseaux fibrés partout dans les territoires. Aujourd'hui, le mouvement de la tech, il est d'abord parisien et nous, nous voulons qu'il soit francilien. Nous voulons qu'on puisse travailler près de chez soi, créer son entreprise près de chez soi. Alors, la bonne nouvelle, c'est qu'aujourd'hui, je peux annoncer que l'île de France en 2021 sera, si les opérateurs tiennent les engagements qu'ils ont passé avec chaque département, avec l'aide de la région, sera entièrement fibré en 2021.

Et ça veut dire qu'en Seine-et-Marne, ça veut dire que dans les Yvelines, en Essonne, dans le Val d'Oise, on aura la fibre qui arrivera même dans les villages.

3:15
Présentateur

C'est formidable. 2021 va être une année exceptionnelle parce que, si j'ai bien compris, vous avez vos 9 milliards d'investissements dans les transports qui vont arriver à leur maturité avec les trains tout neufs. Et puis, il y a cette rénovation de la connexion fibrée pour l'ensemble de la région Île-de-France.

3:37
Valérie Pécresse

Oui, alors il y a des départements. Ce sera 2020 et des départements. Ce sera un petit peu plus long. C'est pour ça que je donne la date de 2021. Et vous avez compris que je veux avoir fait ça avant la fin de mon mandat. Parce qu'il y a beaucoup d'hommes et de femmes politiques qui s'engagent à faire des choses. Mais ils disent c'est pour dans 10 ans. Moi, non. C'est pour avant la fin de mon mandat pour que je puisse être jugée sur mes résultats.

3:57
Présentateur

Formidable. Alors, qu'est ce qui vous a amené à choisir l'idée de smart region ou de smart région, la région intelligente, la région maligne?

4:09
Valérie Pécresse

Le sujet, c'est que le numérique, la révolution numérique est en train à la fois de changer l'économie francilienne, mais elle est aussi en train de changer la vie francilienne avec les services que le numérique peut désormais apporter. Donc, sur tous les domaines de l'action francilienne, la smart région, c'est une région qui crée plus d'emplois et c'est une région qui crée plus de valeurs et puis qui crée plus de services. Alors, c'est dans tous les domaines sur les transports. C'est la fin du ticket de métro. On aura d'ici là encore 2021, on aura tout sur smartphone, tout électronique.

Il n'y aura plus de ticket de métro et on pourra avoir avec son pass Navigo toute une série de services associés sur le domaine des transports. Sur d'autres services, l'Internet des objets, on est en train de développer toute une série de capteurs et l'idée, c'est de mettre des capteurs en l'île de France partout pour avoir toute une série de nouveaux services. Et d'ailleurs, on travaille avec les startups pour savoir quels nouveaux services définir. Par exemple, vous savez que l'année dernière, on a été très durement frappé par les inondations. Les inondations, ça se prévoit, ça se prévoit avec des capteurs. On n'avait pas assez de capteurs pour prévoir l'ampleur des inondations.

On peut aussi travailler sur la pollution de l'air. La pollution de l'air aujourd'hui se déplace en Ile-de-France. Si on veut lutter efficacement contre la pollution, il nous faut des capteurs. Donc on est en train d'avoir toute une stratégie de capteurs. Pareil sur les transports. Savoir s'il y a des gens à l'arrêt de bus ou pas, ça peut conditionner le trajet du bus et le rendre plus rapide. Faire du transport en réalité à la demande. Donc on est en train de travailler sur tous ces aspects-là.

5:55
Présentateur

Mais ça a aussi des avantages sur le plan de l'empreinte carbone dans ce cas.

6:01
Valérie Pécresse

Alors tout mon objectif en Ile-de-France, c'est de lutter contre le métro boulot d'Odo. Je ne veux plus qu'on soit une région où on passe deux heures de transport dans les transports par jour. Je souhaite qu'on travaille près de chez soi. Là aussi, c'est une ambition que nous avons. C'est de créer mille lieux qu'on appelle les tiers lieux, des lieux de co-working en banlieue de façon à ce qu'on puisse travailler près de chez soi, télétravailler avec des réseaux, évidemment de la fibre. On mettra aussi des lieux de micro-working dans les gares parce que le banlieusard, il n'arrive jamais à recharger son portable. Et quand il arrive à la fin de sa journée, il n'a pas son portable chargé.

On mettra le Wi-Fi dans les trains et on mettra le Wi-Fi aussi dans les gares dès l'année prochaine.

6:42
Présentateur

Alors vous avez des start-up ici, par exemple, si vous voulez qu'il y ait un chargement, il y a Charlie qui fait ça de manière tout à fait remarquable. Alors Charlie, je ne sais pas s'ils sont dans la salle, mais croyez moi, ils vont vous capter à la sortie. Ils ont des petites boîtes magiques pour et qui sont mobiles. Vous pouvez les mettre à n'importe quel endroit et c'est formidable. Alors moi, je dois d'abord vous rendre hommage parce que l'année dernière, c'était notre première expérience de Viva Technologies. Et vous avez décidé d'être présente. Vous allez voir tout à l'heure sur votre stand, c'est assez extraordinaire, extrêmement bien fréquenté.

Vous avez beaucoup de monde et les start-up sont très heureuses. Alors moi, ce que ce qu'on a voulu faire avec Viva Technologies, c'est d'offrir aux start-up un endroit où elles ont la possibilité de s'exprimer, de rencontrer les grands investisseurs mondiaux, de travailler avec les grandes entreprises. Et vous allez voir tout à l'heure, ça marche formidablement bien. Alors de votre côté, j'ai compris que vous voulez créer un véritable écosystème pour les start-up. D'ailleurs, vous avez commencé à nous en dire deux mots. Peut-être que vous pouvez un petit peu élaborer sur ce que vous avez envie de leur proposer.

7:54
Valérie Pécresse

Alors en 18 mois, on a aidé avec les aides de la région 1000 start-up. 1000 start-up en 18 mois aidés par la région avec un dispositif qui s'appelle Innovup. Innovup, c'est, et donc je le dis à tous ceux qui ne connaissent pas le dispositif, allez regarder. C'est un dispositif qui permet vraiment de financer des investissements en innovation. Nous aidons aussi au prototypage. Cette année, on a fait un appel à projet d'un million d'euros pour aider les start-up à faire des prototypes, notamment dans l'impression additive, l'impression 3D. L'année prochaine, notre Innovup proto, c'est un million d'euros pour l'intelligence artificielle et...

Ah, zut, que je me souvienne, l'intelligence artificielle et puis quoi d'autre ? Zut, zut, zut. Zut, bon, je vais vous le retrouver.

8:52
Présentateur

Vous allez le retrouver tout à l'heure.

8:54
Valérie Pécresse

Bon, donc, internet proto, oui, et la robotique, bien sûr. L'internet, l'intelligence artificielle et la robotique, un million d'euros pour faire des prototypes. Et par ailleurs, nous avons passé ce qu'on appelle le Small Business Act régional, c'est-à-dire que sur tous les marchés de la région, et nous passons 2 milliards d'euros par an de commandes publiques, que ce soit sur de la publicité, que ce soit sur de l'accompagnement des lycées, du logement, des transports. Nous passons 2 milliards d'euros de commandes publiques, et sur ces 2 milliards, nous avons mis en place un système qui permet que les start-up puissent candidater.

Nous avons une plateforme qui s'appelle Maximilien, et sur Maximilien, vous avez tous les appels d'offres que passe la région Île-de-France si jamais vous êtes concerné. Voilà. Et le déménagement du siège à Saint-Ouen va être aussi l'occasion pour nous d'avoir un bâtiment totalement connecté, avec toute une série de services corporate, si je puis dire, et que nous voulons absolument à la pointe du progrès, et puis nous voulons donner à voir les start-up de l'Île-de-France. Alors, d'ici septembre, je prépare ce qu'on appelle Île-de-France Start-up, qui sera, sur le modèle de Tel Aviv Start-up, un annuaire auto-alimenté par les start-up elles-mêmes, de toutes les start-up de l'Île-de-France.

Nous devons donner à voir le fait que nous sommes l'équivalent d'une Silicon Valley, et que nous avons désormais en Île-de-France un écosystème de start-up extrêmement dynamique, et les investisseurs viennent me voir et me disent, les fonds d'investissement, dans quelle start-up, Mme Pécresse, je dois investir. Donc je dois donner à voir l'ensemble de cet écosystème de start-up. C'est aussi la région qui finance les incubateurs de l'Île-de-France, et on en finance un certain nombre qui sont extrêmement performants.

10:48
Présentateur

Alors, vous avez souligné ce qui se passe sur la Silicon Valley, un des grands secrets du succès de la Silicon Valley, c'est le fait que vous avez l'université qui travaille avec les fonds d'investissement et avec les start-upers. Et quand ils travaillent ensemble, ça change de manière assez formidable la relation, et ça leur donne accès aux laboratoires de recherche et aux capitaux. Est-ce qu'on peut imaginer un jour qu'il y ait quelque chose d'équivalent en Île-de-France, autour de Saclay, au cours de Jouy-en-Josasse ?

11:27
Valérie Pécresse

Alors, sur Saclay, on fait énormément de choses. J'ai pris la présidence de l'établissement public d'aménagement de Saclay. C'est un projet que je connais bien, puisque je l'ai lancé quand j'étais ministre de l'enseignement supérieur de la recherche. On est en train de faire un accord avec toutes les sociétés d'accélération du transfert de technologie, pour là aussi donner à voir tout ce qui se fait et ouvrir les laboratoires. Le problème qu'on a, c'est l'open data. Et nous, nous voulons que la région soit en open data, et que toutes les datas de la région soient données à voir, et que les start-up puissent se saisir de ces datas et les utiliser pour créer de la valeur.

Donc on veut faire un double numérique de la région. C'est la Smart Région Initiative, dans tous les domaines, de l'immobilier jusqu'au laboratoire de recherche. Et cette Smart Région Initiative, ça permettra de donner des informations. Toutes les informations, toutes nos informations seront mises en open data, y compris les datas de transport, qui sont très importantes.

12:26
Présentateur

Mais ça, c'est très important, parce que le président Chirac, c'était Thierry Breton, qui était à l'époque ministre de l'économie et des finances. Il avait demandé un rapport sur l'économie de l'immatériel. Et nous avions suggéré, avec Jean-Pierre Jouillet, l'ouverture des données. Ça a été lettre morte. Et donc, on est maintenant 12 ans après. Donc si vous réussissez à le faire, je crois que ce sera assez fantastique.

12:58
Valérie Pécresse

Oui, et c'est une source extraordinaire de création de valeur pour les start-up, parce qu'elles vont avoir la data. Et elles pourront imaginer des nouveaux services pour les habitants à partir des données qu'on mettra en ligne.

13:08
Présentateur

Oui, et une source aussi de création de valeur pour la région. Pour tout le business de la région. Je veux dire, ça, c'est formidable. Bravo.

13:15
Valérie Pécresse

Je vous donne un exemple. Là, nous allons présenter à Vivatech, Anotea. Anotea, c'est quoi ? C'est le site que vous avez peut-être tous rêvé d'avoir et qui n'existait pas jusqu'à présent. C'est le TripAdvisor de la formation professionnelle. Parce que la formation professionnelle, c'est un espèce d'énorme maquis. Quand vous voulez vous professionnaliser, vous reconvertir, etc. Personne ne sait où aller. Et le problème, c'est que tu as une myriade de formations et personne ne sait comment on les évalue. Donc ça s'appellera Anotea. Et ce sera un site où on pourra noter et évaluer toutes les formations professionnelles et les faire évaluer par ceux qui les auront suivies.

qui diront si ça leur a permis ou pas d'accéder à des meilleures qualifications, des meilleurs postes. Donc une vraie logique d'évaluation des services publics dans la région. Parce que franchement, on dépense 600 millions d'euros, nous, pour la formation professionnelle avec pratiquement aucune évaluation de la performance derrière.

14:12
Présentateur

Mais même pour les entreprises, c'est très important de pouvoir mesurer, de savoir vers qui diriger. Vous le faites un tout petit peu plus. On le fait, bien entendu, on le fait un peu plus. Mais s'il y a un instrument de mesure qui nous permet de le faire mieux, bravo. Alors, vous avez pas mal de priorités. Et puis il y a, vous l'avez cité, la robotique et la dimension industrielle. Un des problèmes auxquels on est confronté en France, c'est le fait que le tissu industriel est en train de se dissoudre depuis quelques années. Et ce serait bien si vous partagiez un petit peu vos priorités dans le domaine industriel et liées d'ailleurs à la technologie.

Je pense que ça intéressera tout le monde.

14:54
Valérie Pécresse

Alors, on va rendre public notre plan industrie cette semaine. L'objectif, c'est de travailler sur des grandes filières et là encore, de les structurer. Ce qui est très étonnant, c'est que l'Île-de-France, en réalité, elle est première dans beaucoup de domaines. Et personne ne le sait. Là, nous ouvrons le Bourget demain. Et nous sommes la première région aéronautique d'Europe. Personne n'en parle. On attaque beaucoup la voiture en ce moment, mais personne ne parle de la voiture du futur qui sera autonome, qui sera connectée, qui sera non polluante et qui sera silencieuse. Et elle se construira en Île-de-France.

On a 150 000 emplois dans le secteur de l'automobile et les transports en Île-de-France. Donc il faut qu'on ait une vision d'une nouvelle industrie qui utilise évidemment toute la puissance du numérique pour se réinventer. On a perdu 150 000 emplois industriels dans la région. On peut les retrouver. On peut les retrouver en jouant, justement, la production additive, l'impression additive. On peut les retrouver en jouant la tech parce qu'en lien avec nos laboratoires, 40% de la recherche se fait en Île-de-France. Donc en lien avec nos laboratoires. Et il faut qu'on soit à la croisée des chemins entre les labos et le secteur privé, les investisseurs.

Et la région, c'est l'entremetteur naturel de ces acteurs. Et c'est pour ça qu'on crée des incubateurs. Mais on va aussi créer ce qu'on appellera des territoires d'innovation dans lesquels on mettra vraiment tout le monde ensemble sur des sujets comme l'aéronautique, sur des sujets comme l'usine du futur, etc.

16:22
Présentateur

Tout à l'heure, quand nous discutions un petit peu avant d'entrer en scène, si j'ose dire, on a évoqué le problème des langues. Et on parle, on voit bien que beaucoup de services vont à l'étranger. Et tout à l'heure, vous me disiez qu'un de vos soucis, c'était de favoriser l'apprentissage des langues très tôt, de manière à ce que tout le monde puisse parler une deuxième langue et peut-être même une troisième. C'est-à-dire le français, plutôt bien, j'espère. L'anglais est peut-être une troisième. Est-ce que vous pouvez dire un mot là-dessus ? Parce que je crois que c'est très important.

17:00
Valérie Pécresse

Oui. Je suis persuadée qu'il faut mettre le multilinguisme au cœur de l'Ile-de-France. La région Ile-de-France, c'est par nature une région multilingue. Elle est multilingue et ça doit se refléter dans les lycées, dans les centres de formation d'apprentis, dans les universités et aussi dans la formation professionnelle des salariés. Aujourd'hui, j'ai 50% des jeunes d'Ile-de-France qui ne sont pas capables d'envisager de travailler en anglais, 50%. Et le niveau moyen des franciliens adultes, il est au niveau débutant pour l'anglais. Moyen, le niveau moyen. Donc on a un sujet, le premier sujet, c'est l'anglais, c'est la région bilingue.

Donc on va travailler avec les startups et je vais lancer des appels à projets là aussi pour que des startups rentrent dans les lycées avec Speak Easy, avec Open Classroom, avec toutes les startups qui inventent des logiciels pour perfectionner en anglais, pour s'évaluer. Nous allons travailler avec les proviseurs de lycées pour que les startups rentrent dans les lycées, qu'elles rentrent dans les CFA. Là encore, sur les centres de formation d'apprentissage, le sujet de la langue est important. Par exemple, les Allemands veulent nous recruter, nous apprentis, mais il faut parler l'allemand. Or l'allemand, c'est évidemment pas la première chose qu'on apprend dans un CFA, vous imaginez bien.

Donc le sujet, il est là, il faut qu'on forme, il faut qu'on forme à l'anglais, à l'allemand, et puis il faut qu'on forme au code, au codage. Et ça, c'est aussi en train de se faire, c'est un autre de langage qui doit être maîtrisé par les Franciliens. Et puis enfin, je veux travailler sur les Franciliens qui ont des origines dans le monde entier. Les synophones familiaux, les lusophones, les arabophones, on a des jeunes qui, par leur langue maternelle, pourraient porter cette idée de région multilingue et à qui on n'apprend pas leur langue maternelle à l'école, faute de prof.

Donc on a un sujet, je vais vous donner un chiffre qui est horrible, dans l'Académie de Versailles, qui n'est pas la plus déshéritée d'Ile-de-France.

19:00
Présentateur

C'est pas la plus mauvaise.

19:01
Valérie Pécresse

C'est pas la plus déshéritée. Dans l'Académie de Versailles, 84% des LV2 sont fonds espagnols. Donc 84% de LV2 espagnols, si vous rajoutez 10% de LV2 anglais pour ceux qui ont pris l'allemand en première langue, ça fait 94% des cours de langue qui sont donnés dans l'Académie de Versailles, c'est espagnol, anglais ou allemand. Voilà, il y a quand même besoin de parler d'autres langues. On est une région monde, donc on doit offrir la diversité des enseignements linguistiques.

Et j'ai proposé que dans le cadre, notamment de l'arrivée des JO, de la perspective de l'Expo universelle, et puis pour relancer le tourisme, qui est un vivier d'emplois non délocalisable extraordinaire, on réapprenne les langues à nos enfants et aussi aux professionnels.

19:46
Présentateur

Oui, mais en plus, vous allez avoir dans ce cas la possibilité de créer des emplois dans des domaines qui sont actuellement sous-traités dans un certain nombre de pays. Et dès lors que les gens vont pouvoir parler l'anglais couramment ou l'espagnol ou demain, pourquoi pas le mandarin, on va pouvoir développer pas mal d'emplois. Et d'ailleurs, si vous promenez tout à l'heure, vous allez voir une chose intéressante. Il y a un hackathon où il y a pas mal de codeurs qui sont en train de se battre pour gagner des concours. Et puis, vous allez voir aussi que toutes les startups... Sur quels thèmes ? Plusieurs thèmes. Ils ont huit thèmes sur lesquels ils sont en train de se battre.

Il y en a un qui touche l'assurance. Il y en a un autre qui concerne Microsoft. Il y en a un autre financé par Publicis pour trouver des solutions intéressantes de connexion. Il y a énormément de thèmes qui sont là. Et puis, toutes les startups ont eu à présenter leur business plan en anglais, puisqu'il y en avait 1 600 investisseurs qui étaient là. Et je vous assure que si vous réussissez à développer le tissu de startup dans votre région, très facilement, vous allez avoir votre deuxième langue qui va venir presque naturellement.

20:58
Valérie Pécresse

Alors nous, on a fait 2 hackathons récemment, mais on va reprogrammer parce que c'était très riche. Un hackathon sur le lycée du futur, 100% numérique. Quel service il doit offrir aux jeunes lycéens ? Et un hackathon sur le tourisme, parce qu'on est en train de travailler sur une application numérique unique qui donnerait à voir toutes les richesses de l'Île-de-France et qui s'appellerait Welcome in Paris Region. Et on veut savoir ce qu'on mettrait comme service supplémentaire sur cette application touristique. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce qu'on peut créer comme nouveau service pour les touristes ?

Objectivement, pardon, on va dire les choses un peu cash, on a vécu sur nos acquis en matière de tourisme. Voilà, la Tour Eiffel et Versailles et Euro Disney, Disneyland. Maintenant, il faut qu'on aille chercher les touristes. Il y a franchement une poussée de ce marché mondial dont nous n'avons pas profité. Alors, il y a eu évidemment le drame des attentats terroristes qui a été comme un espèce de révélateur du fait qu'on n'était pas bon pour l'accueil, on n'était pas bon pour la sécurité, on n'était pas bon pour la dessert des aéroports. Enfin voilà, donc on est en train de travailler là-dessus et on a besoin des start-up pour être une région beaucoup plus accueillante pour les étrangers.

22:07
Présentateur

Ah si, déjà, on accueille les étrangers en parlant leur langue, on aura fait un grand progrès. Oui, énorme ! Madame la Présidente, le thème central de Viva Technologies, cette année, c'est l'intelligence artificielle. Et l'intelligence artificielle est partout, y compris d'ailleurs à La Poste, puisque nous avons le président de La Poste qui est avec nous. Et vous allez voir tout à l'heure, si vous allez visiter le centre de La Poste, vous serez étonné de tout ce que La Poste a réussi à faire et à quel point elle s'est modernisée. Alors moi, je voudrais revenir un peu sur vos projets et sur les initiatives de la région sur l'intelligence artificielle.

Est-ce que vous pouvez partager avec nous ? Et si c'est possible, nous donner quelques informations un peu en avance. Ne nous donnez pas uniquement les informations que vous avez déjà données. Si vous pouvez nous confier quelques petites choses, ce serait pas mal.

23:02
Valérie Pécresse

Donc, j'ai déjà commencé à dire que nous allions lancer un appel Innovable Proto sur l'intelligence artificielle dotée d'un million d'euros, dont les prototypes seront présentés en 2018, éventuellement à VivaTech. Et cet Innovable Proto sera sur l'intelligence artificielle et sur la robotique. Donc on peut candidater. Il y a un jury qui sélectionne et on montre les prototypes. Donc ça, c'est la première chose qu'on va faire, ce 1 million d'euros. Mais on a d'autres choses. Et il faut que je vous les dise parce que c'est effectivement scoop.

Nous avons décidé de mettre 50 millions d'euros cette année au lieu de 2018 sur le dispositif Innovable dont je vous parlais en partenariat avec la BPI qui nous aide à instruire les dossiers et 40 millions d'euros sur un autre dispositif qui s'appelle PME. Vous avez une PME qui déjà fonctionne. Vous voulez la moderniser, vous voulez la mettre à l'heure du numérique. Vous avez 40 millions d'euros qui vous attendent. Et c'est vraiment très important. C'est une augmentation des aides de près de 50% cette année. Et ça, c'est ce que je voulais annoncer chez vous.

24:13
Présentateur

Voilà, qui est très gentil.

24:14
Valérie Pécresse

Alors, c'est pas 10 milliards. C'est pas 10 milliards. Ça n'est pas 10 milliards, mais c'est concret et c'est dès cette année. Voilà.

24:21
Présentateur

Voilà. Alors, moi, j'ai une question. Comme vous le savez, j'ai quitté la direction opérationnelle de Publicis. Et donc, je me pose des tas de questions. Qu'est ce que je peux faire dans l'avenir? Et puis, j'ai regardé mon bulletin de naissance et je me suis dit tiens, j'ai l'âge de faire une start up. Et j'ai donc décidé de faire prochainement ma start up. Je l'installe où de votre point de vue? À quel endroit me recommanderiez-vous de le faire?

24:49
Valérie Pécresse

Ça dépend dans quel domaine.

24:51
Présentateur

Ah, je ne peux pas vous le dire encore.

24:53
Valérie Pécresse

Oui, ça dépend dans quel domaine.

24:54
Présentateur

Je vous le dirai bientôt, mais là, je...

24:57
Valérie Pécresse

Moi, ce que je veux, c'est que vraiment l'économie des start up se répande dans toute l'île de France. Donc, si vous êtes sur les biotech, je vous dirais d'aller dans la vallée des biotech autour de Villejuive.

25:04
Présentateur

Je ne serai pas dans les biotech.

25:06
Valérie Pécresse

Si vous êtes, alors après, sur tout ce qui est système embarqué, si vous êtes sur tout ce qui est effectivement intelligence artificielle. Oui, oui. À ce moment-là, vous pourriez venir vous mettre à Saclay, à côté des incubateurs de Saclay.

25:20
Présentateur

Voilà, voilà. Donc, je vois à peu près où j'irai.

25:23
Valérie Pécresse

Mais vous pouvez aussi rester dans Paris si vous avez envie et aller vous faire vous installer à côté du laboratoire d'intelligence artificielle de Facebook. Voilà. Alors... Ou de la Digital Fonderie de General Electric ou de la Alphresiné Station F. Mais mon objectif, c'est vraiment de faire en sorte que sur la centaine d'incubateurs franciliens, je veux dire, chacun puisse trouver un lieu d'incubation près de chez soi pour éviter de cramer les transports et de tout centraliser sur Paris.

25:55
Présentateur

Super. Alors, moi, j'ai encore un petit point à aborder. Quand on voit un peu tout ce qui se passe sur le plan politique... Alors, aujourd'hui, on n'a pas le droit de parler politique, donc on n'en parlera pas. Il y a quand même une chose qui apparaît très clairement, c'est que de plus en plus, les gens ont envie de participer.

Et la question que j'ai envie de vous poser, c'est, en tant que président de la région et compte tenu du fait que vous allez en faire la raison la plus numérique que l'on connaisse en France, compte tenu du fait aussi que vous allez la fibrer, si j'ose dire, un peu partout, est-ce que vous n'avez pas aussi une petite arrière-pensée qui est de faire participer davantage les franciliens aux différentes décisions, de les consulter de manière plus régulière et de faire en sorte qu'il y ait une espèce d'économie participative ?

26:51
Valérie Pécresse

Si. D'ailleurs, on a déjà commencé. Alors, on a commencé avec des moyens modestes parce que les franciliens ne sont pas habitués à ce qu'on les consulte aussi directement. Mais par exemple, sur le Grand Paris des bus, où on a pour la première fois en 70 ans refait toutes les lignes de bus de Paris et de la banlieue, on a demandé aux franciliens de participer, de dire où est-ce qu'ils voulaient leurs arrêts de bus. On a eu 5000 contributions, ce qui n'est pas négligeable. Sur le schéma de l'enseignement supérieur et de la recherche qu'on a mis en ligne avec une participation citoyenne, on a eu 600 contributions de chercheurs, d'enseignants et d'étudiants.

Donc, en réalité, on voit bien, mais ça va aussi sur le choix de la couleur du mobilier dans les nouveaux RER qu'on a mis en ligne. Et on a eu une participation, plusieurs centaines de franciliens. Alors, ça reste encore marginal. On a 12 millions d'habitants. Donc, le sujet, c'est qu'il faut rendre cette participation des citoyens beaucoup plus active. Je vous parlais du hackathon qu'on a fait sur le lycée du futur. On l'a fait avec des lycéens. Et c'était extraordinaire de faire de créativité parce que c'est des usagers eux-mêmes qui nous disaient ce dont ils avaient besoin. Donc, il faut qu'on le fasse beaucoup plus.

Et effectivement, je pense que la nouvelle politique, avec un grand P, pas politicienne, la nouvelle politique, elle sera dans une participation citoyenne beaucoup plus forte et beaucoup plus en amont. Parce qu'en réalité, on consulte les citoyens quand on a déjà pris le choix. Vous voyez, je ferme les voies sur berge, vous êtes pour, vous êtes contre. Bon, ben, si la décision est déjà prise, bon. Mais le sujet, c'est plus en amont de dire, bon ben voilà, si je voulais moins polluer Paris, quelles sont les solutions ? Inventons-les.

Et je pense que, par exemple, l'aide au changement de véhicules, l'incitation aux véhicules électriques, aux véhicules hybrides, aux scooters électriques, tout ça, c'est de l'écologie incitative qu'on pourrait mettre en place et qui aurait pu être pensé, si on avait demandé aux Franciliens, quoi pour vous faire changer de voiture ? Quelles mesures pour vous faire changer de voiture ?

28:47
Présentateur

C'est formidable. Vous savez, vous me faites penser que vous êtes davantage une PDGR, si j'ose dire, qu'une présidente politique.

28:55
Valérie Pécresse

J'avais prévenu en même temps, parce que j'avais dit que je voulais être une présidente entrepreneur dans une région pro-business. Donc voilà, j'ai pas trompé sur la marchandise. Mais c'est important parce que je crois qu'il faut montrer aussi l'image que l'administration, c'est moderne. L'administration, ça doit pas être la bureaucratie. Alors c'est encore un peu lourd, les aides de la région. Je pense qu'il y en a peut-être ici qui les ont sollicitées. Ils ont peut-être eu le sentiment que leur dossier était trop lourd, etc. N'hésitez pas, envoyez des mails, informez la présidente si jamais les dossiers sont trop compliqués. On les simplifiera.

L'objectif, c'est de débureaucratiser tout ça.

29:30
Présentateur

C'est génial. Merci beaucoup. Mesdames et messieurs, merci de votre attention. Valérie Pécresse, présidente de la région Paris-Île-de-France. Merci.

29:40
Valérie Pécresse

Merci. Et bravo à Vivatec, c'est superbe.

Valérie Pécresse, Présidente de la région Île-de-France | Interview | VivaTech — Valérie Pécresse · Pourquijevote