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Discours / meetingINA (sur YouTube)· 13 mars 2017 15 minAutoproduitFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & familleRetraites

Arlette Laguiller - Campagne présidentielle 1995 | Archive INA

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Arlette LaguillerChiffre
    « Résultat, alors que les profits et les revenus du capital ont pris 10 ans d'avance, les salaires eux ont pris 10 ans de retard. »
  • 0:45Arlette LaguillerFait
    « Ce sont les dirigeants de ces partis devenus ministres grâce au suffrage des ouvriers qui se sont mis à affirmé plus fort que la droite n'osait le faire depuis longtemps, que les patrons avaient raison de faire le maximum de profit. »
  • 1:00Arlette LaguillerFait
    « Ce sont eux qui ont décidé en 1982 le premier blocage des salaires. »
  • 3:00Arlette LaguillerFait
    « Il faut cesser de verser de l'argent à fond perdu au patronat, arrêter toutes les aides, toutes les subventions qui ne servent qu'à enrichir encore plus ceux qui sont déjà riches sans créer un seul emploi. »
  • 3:30Arlette LaguillerPromesse
    « L'État doit embaucher immédiatement du personnel dans les hôpitaux, à la poste, à la SNCF, dans l'enseignement parce que c'est nécessaire pour avoir des services publics de qualité. »
  • 4:30Arlette LaguillerPromesse
    « Il faut augmenter les ressources de l'État en ramenant au moins l'impôt sur les bénéfices des sociétés des 33 % actuels au 50 % d'il y a 10 ans. »
  • 5:00Arlette LaguillerPromesse
    « Il faut rétablir les tranches supérieures d'imposition sur les hauts revenus. »
  • 5:30Arlette LaguillerPromesse
    « Il faut supprimer la CSG sur les bas salaires et sur les retraites, mais en revanche l'élargir à tous les autres revenus, surtout ceux du capital, avec une forte progressivité pour les hauts revenus. »

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Arlette Laguiller

[Musique] Oui, cette division de la société en classe n'a jamais été aussi évidente qu'aujourd'hui. Oui, aujourd'hui tout le monde peut voir que le fossé qui sépare ceux qui accumulent des profits et ceux qui vivent de leur seul travail s'est approfondi. Il s'élargit de jour en jour. Ceux qui gouvernent ce pays depuis 20 ans que la crise ont commencé ont volontairement consciemment cris creusé l'écart entre la petite couche de riches et la majorité de la population pour compenser les effets de la crise qui ne permettai pas à la production de continuer à augmenter faute de clients pouvant payer.

La bourgeoisie avec l'aide du gouvernement de tous les gouvernements à peser sur les salaires afin que les marges du patronat et des capitalistes en général ne diminuent pas. Résultat, alors que les profits et les revenus du capital ont pris 10 ans d'avance, les salaires eux ont pris 10 ans de retard. [Musique] Et surtout surtout le chômage a augmenté dans des conditions dramatiques car le patronat n'a pas eu à essayer de maintenir sa production pour maintenir ses profits. Diminuer les coûts en licenciant lui a suffi. Pour la bourgeoisie, c'était et c'est une période d'argent facile. Les gouvernements successifs, toute étiquette confondue, ont imposé au travailleurs le blocage des salaires.

Et comme il n'y a pour ainsi dire pas de famille de travailleur sans un chômeur ou sans un jeune qui cherche un emploi, cela pèse encore plus sur le niveau de vie de tous. Lorsqu'à commencé cette longue période de stagnation, de croissance faible, voire de recul qui caractérise l'économie depuis quelques 20 ans, ce personnel politique a fait en sorte que la minorité de riches non seulement ne souffre pas de la stagnation économique, mais au contraire en tire profit. Après 1981, les dirigeants socialistes appuyés pendant 3 ans par le Parti communiste, ont alors fait pire que de ne pas organiser la résistance des travailleurs aux attaques patronales.

Ils ont utilisé le crédit qu'ils avaient parmi les travailleurs pour les désarmer, pour les ligoter face aux attaques. Ce sont les dirigeants de ces partis devenus ministres grâce au suffrage des ouvriers qui se sont mis à affirmé plus fort que la droite n'osait le faire depuis longtemps, que les patrons avaient raison de faire le maximum de profit et qu'il n'y avait pas moyen de combattre le chômage autrement qu'en aidant les entreprises capitalistes à être de plus en plus riche. Ce sont eux qui ont décidé ce sont eux qui ont décidé en 1982 le premier blocage des salaires.

Non seulement les ministres de l'Union de la gauche ont pris la responsabilité de plans de restructuration qui impliquait de nombreux licenciements, mais ils ont affirmé qu'il le faisait dans l'intérêt bien compris des ouvriers. Non seulement ils ont décidé ce blocage des salaires, mais ils ont dit que c'était la seule politique réaliste. Ne pas compromettre l'expérience de l'Union de la gauche. Voilà l'argument avec lequel ils ont compromis de haut en bas les militants ouvriers qui accordaient leur confiance au Parti socialiste ou au parti communiste en les amenant à répercuter auprès des travailleurs leur réalisme de ces messieurs les ministres de gauche.

Voilà l'argument qui leur a servi de lettre motive pour justifier l'injustifiable. Voilà comment ils ont mis leurs militants au service de la guerre patronale. Voilà comment ils ont démoralisé la classe ouvrière. Comment ils l'ont laissé sans objectif revendicatif, sans programme, c'est-à-dire sans espoir. Le Parti communiste d'abord puis le Parti socialiste ont fini par payer eux-mêmes cette politique sur le plan électoral. Mais si cher qu'il l' payé, ce n'est rien à côté du prix payé par la grande masse des travailleurs. Tu tu peux nous donner tes réactions meting Darlet là ? Oui, c'était comme j'espérais avec beaucoup de monde, avec beaucoup d'enthousiasme et on va voter dimanche.

Si on vote pour elle, si elle a beaucoup de voix au premier tour, ce sera un vote pour la lutte. ce sera un vote pour le 3ème tour social dont il y a besoin aujourd'hui. Mais ce qui est sûr, c'est que la candidature d'Arlette quand même donne espoir et on a aujourd'hui des travailleurs qui certainement donneront leur voix, je le pense, je l'espère, euh dans le cadre de cette campagne au premier tour pour l'être, je dis pas au deuxème tour, mais au 3è tour, on les retrouvera dans la bagarre. Ça, j'en suis convaincu parce qu'en 93, on avait donné un exemple. vraiment ce qu' a dit Harlette.

Moi je suis d'accord à 100 % avec et autour de moi, il y a plein de gens qui sont d'accord et qui voteront pour elle cette fois pour la première fois. Oui, ceux qui se proposent de voter pour ma candidature sont de plus en plus nombreux. Mais il y en a aussi certains qui, tout en étant d'accord avec ce que je dis, tout en pensant qu'il faudrait effectivement appliquer le plan d'urgence que je propose, hésite à faire ce geste parce qu'on leur dit par ailleurs qu'il faut voter utile et cela dès le premier tour. Et bien oui, il faut voter utile. Mais voter utile pour tra unur, c'est émettre le vote qui servira le mieux à défendre les intérêts de sa classe.

n'est pas apporter sa voix à un politicien professionnel qui ne se dit socialiste que pour mieux tromper les masses populaires et qui mènerait ensuite, s'il était élu, la même politique que ses rivaux de droite comme le Parti socialiste l'a fait de 1981 à 1986 et de 88 à 93. Parmi les triplés dont on nous dit qu'ils ont une chance d'être élus, il y a deux vrais jumeaux, Chiraak et Baladur. Ils appartiennent aux mêmes parties. Ils ont gouverné ensemble et ce qui les sépare, ce n'est que leurs ambitions personnelles respectives. Mais pour le troisème, Jospin, il faut des verres grossissants, vraiment puissants pour voir des différences entre son programme et celui des deux autres.

Il se dit de gauche mais à quoi sert une gauche qui ne sait faire que la politique de la droite ? J'avais dit en 1974, j'ai répété en 1980-188 que les travailleurs n'avaient rien de bon à attendre du faux homme de gauche Kemy Terran. Les faits m'ont donné raison car les différents gouvernements socialistes qui se sont succédés sous sa présidence, y compris celui auquel participèrent des ministres communistes et qui mis en place le blocage des salaires, ont tous mené une politique consistant à faire supporter le poids de la crise aux classes laborieuses. la même politique que celle que poursuivit le gouvernement Chirac de 86 à 88 et le gouvernement Baladur de 1993 à aujourd'hui.

Et Lionel Jospin qui prétend à l'héritage au moins partiel de Mitteran voudrait que les travailleurs lui délivrent un chèque en blanc en votant pour lui dès le premier tour. Et bien non, les travailleurs doivent montrer qu'ils n'acceptent plus ce jeu de qui gagne perd qu'on leur propose à chaque élection. qui gagne perd parce qu'à chaque fois que la droite est écartée du gouvernement grâce aux voies des classes populaires, le Parti socialiste prend le relais pour continuer en fait la même politique que cette droite.

Et la seule manière de montrer qu'on accepte plus cela, c'est de voter pour ma candidature parce que je suis la seule candidate qui se réclame de la classe ouvrière et qui n'a aucune responsabilité directe ou indirecte dans la politique menée depuis 14 ans. Parce que vous savez tous que les voix qui se porteront sur mon nom, je n'en ferai pas un marche-pied pour mener une carrière de politicien parce que je représente un courant politique qui est resté fidèle aux idéaux du mouvement ouvrier et qui ne s'est jamais compromis dans le soutien d'un gouvernement bourgeois ou des dictatures staliniennes. que de ou 3 millions de travailleuses et de travailleurs fassent ce geste n'est pas utopique.

Tout le monde sait aujourd'hui que c'est une possibilité et je dis à tous ceux qui hésitent qu'ils doivent le faire car c'est le vote le plus utile que peuvent émettre aujourd'hui les travailleurs. La politique qu'il faudrait mener est à l'exacte opposé de celle qui a été poursuivie jusqu'à présent. La première des urgences, c'est le chômage. Il faut cesser de verser de l'argent à fond perdu au patronat, arrêter toutes les aides, toutes les subventions qui ne servent qu'à enrichir encore plus ceux qui sont déjà riches sans créer un seul emploi. Ces milliards dépensés jusqu'ici en pure perte doivent être utilisés directement par l'État.

D'abord pour créer des emplois dans les services publics qui servent à tous. L'État doit embaucher immédiatement du personnel dans les hôpitaux, à la poste, à la SNCF, dans l'enseignement parce que c'est nécessaire pour avoir des services publics de qualité. Jusqu'ici, c'est en effet sur les services publics qu'on a économisé pour pouvoir donner au patronat. Il faut inverser le mouvement. Il faut reprendre au patronat pour donner aux services publics parce que ces services sont utiles à la population et parce qu'il n'y a aucune raison que l'argent public ne serve qu'à produire du profit privé.

Et puis il faut aussi que l'État investisse dans les domaines où cela est nécessaire en créant directement des emplois. Depuis des années, la construction de logements populaire stagne ou recule. Et bien, il faut que l'État prenne directement en charge la construction de tels logements. Il faudrait construire des écoles nouvelles et aussi reconstruire des anciennes dont on sait que ce sont des dangers publics comme ces dizaines de CES paillerons qui sont encore utilisés sans qu'on ne fense rien jusqu'au prochain incendie mortel.

Peut-être l'État pourrait ouvrir de grands travaux dans bien d'autres domaines encore, développer des infrastructure collective, créer des parcs, des espaces verts dans les villes ou les banlieux où la population est entassée. Désenclaver ces banlieux pour les rendre plus vivables. Et tout cela, il faudrait le faire sans passer par les marchands de béton, sans que les fonds publics servent à enrichir ceci plus éventuellement quelques hommes politiques gratifiés d'une bonne commission pour s'être entremis dans des attributions de marché.

et qu'on ne nous dise pas qu'il n'y a pas d'argent, l'État pourrait dégager des centaines de milliards de recettes supplémentaires rien qu'en revenant en arrière sur tous les avantages accordés au cours des années précédentes aux entreprises capitalistes d'une part, aux riches prix individuellement d'autre part. Il faut augmenter les ressources de l'État en ramenant au moins l'impôt sur les bénéfices des sociétés des 33 % actuels au 50 % d'il y a 10 ans. Il faut rétablir les tranches supérieures d'imposition sur les hauts revenus. Pourquoi ce cadeau a-t-il été fait au plus favorisé ? Est-ce que cela permet de créer des emplois ? C'est un cadeau de politicien au service des riches.

Et ce qui est significatif, c'est que Lionel Jospin ne parle pas de revenir sur cette injustice. Au lieu de diminuer les dépenses de sécurité sociale, y compris celles qui sont indispensables comme on le fait depuis des années, il faut rétablir ces ressources en ramenant les cotisations patronales au moins à leur niveau antérieur. Il faut supprimer la CSG. sur les bas salaires et sur les retraites, mais en revanche l'élargir à tous les autres revenus, surtout ceux du capital, avec une forte progressivité pour les hauts revenus. Il faut supprimer tous les dégrèvements de charge dont les plus riches bénéficient scandaleusement.

Il faut supprimer tous les abattements et dégrèvements dont bénéficient ceux qui ont des revenus élevés provenant de placement de capitaux. Il faut supprimer tous les passes-droits du type de lavoir fiscal qui permettent à certains grands patrons de payer relativement moins d'impôts que leurs ouvriers les plus mal payés. Il faut un véritable impôt sur les grandes fortunes. C'est pour ce plan d'urgence, pour les chômeurs et les travailleurs que vous vous prononcerez en votant pour ma candidature. Et si vous êtes des millions à le faire, cela fera un choc suffisant.

pour que les travailleurs, les chômeurs, les jeunes puissent vérifier qu'ils seront nombreux à exiger de celui qui sera élu qu'il tienne même les promesses qu'il n'a pas faites. [Musique]