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interviewC à vous (sur YouTube)· 2 mars 2026 52 min

Guerre en Iran : et maintenant ? - C à Vous l’Intégrale - 02/02/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir. "C à vous" en direct jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce lundi avec Emilie, Pierre, Patrick et Lorrain.

Ce soir, le risque d'un embrasement généralisé. - E.Macron: Nous vivons actuellement, au plan géopolitique, une date de rupture pleine de risques.

A cela s'ajoute la guerre en cours au Proche et Moyen-Orient, qui porte et portera son lot d'instabilités et d'embrasements à nos frontières. Avec un Iran aux capacités nucléaires et balistiques non encore détruites. - A.-E.Lemoine: Le Liban est désormais visé, des ripostes de la République islamiste sur Israël et les pays du Golfe...

Au 3e jour, est-ce qu'on en sait plus? - P.Cohen: Ca tourne autour du changement de régime pour D.Trump.

Tout à l'heure, il a expliqué que les Etats-Unis étaient sous le coup d'une menace impérieuse et imminente de la part de l'Iran sans qu'on en sache davantage. - A.-E.Lemoine: Trump joue un véritable coup de poker.

C'est votre analyse, J.Vaïsse. Vous êtes historien et fondateur du Forum de Paris sur la paix.

Vous dites qu'il pourrait renverser un régime sanguinaire sans troupes au sol. T.Gomart, directeur de l'Institut français des relations internationales.

Merci de votre présence à tous les deux. La priorité absolue de la France est d'assurer la sécurité de ses 400 000 ressortissants recensés en Israël et dans le Golfe persique. - E.Gossuin: On a vécu une journée horrible.

Je pensais pas voir ça un jour. - Je préfère rester bloqué ici. - L.Amar: 400 000 Français bloqués par la guerre au Moyen-Orient.

Parmi eux, des influenceurs, mais aussi des touristes de passage. Vous entendrez leur témoignage et leurs inquiétudes. - A.-E.Lemoine: Dans ce contexte, il faut être vigilants face aux fausses informations. - E.Tran Nguyen: Il y en a plein, des fausses vidéos de bombardements ou d'incendies à Dubaï.

Il y a même des fausses photos du Guide suprême A.Khamenei. L'IA devient une nouvelle arme de cette guerre suprême de l'information. - A.-E.Lemoine: On verra aussi le bilan des crues, celui du Salon de l'agriculture et le témoignage bouleversant d'E.Malagré. - E.Malagré: De temps en temps, je touche mon ventre.

Je me regarde devant la glace et je fais comme si j'étais enceinte. - Je me suis aussi boxé le ventre parce que je suis en colère contre lui. - L.Sénéchal: E.Malagré sera à la table de "C à vous".

Elle revient avec un documentaire diffusé demain sur France 5 qui parle de ces femmes qui ont voulu avoir un enfant et qui n'ont pas pu, également des femmes qui n'ont pas voulu avoir d'enfant et qui vivent mal cette injonction à la maternité. - A.-E.Lemoine: Après 20h, MC Solaar et Zaho.

Votre OEil, Pierre? - P.Lescure: "J'en fais toute une histoire", la réédition du dernier livre de Nora Ephron.

On lui doit plein de scénarios emballants dont "Quand Harry rencontre Sally". - L.Sénéchal: On vient de vivre la 3e journée de guerre qui a démarré samedi matin à 7h30.

Des frappes revendiquées une heure plus tard par D.Trump, en chef de guerre, casquette vissée sur le crâne. ... - L.Sénéchal: L'opération s'appelle "Epic Fury", et "Lion rugissant" côté Israélien.

Téhéran est touchée. Explosion. La résidence du Guide suprême est frappée par un déluge de feu.

Le Mossad savait qu'il recevait d'autres hauts dirigeants, l'occasion rêvée de décapiter le régime. 40 hauts gradés éliminés dont A.Khamenei en plein jour, dira l'armée israélienne.

La mort a été confirmée dans la soirée à la télévision. Le régime organise immédiatement des manifestations anti-américaines. Pas de vacance du pouvoir.

On peut voir des scènes de liesse. Ces manifestants ont été encouragés par D.Trump à s'emparer du pouvoir. "Ce sera à vous de le prendre et ce sera votre seule chance pour des générations." Les Etats-Unis et Israël ont aussi piraté la principale application iranienne de prière pendant le ramadan. 5 millions d'utilisateurs ont reçu ces messages de propagande.

Piratée aussi, la 3e chaîne d'Iran qui diffuse des messages de Trump et de B.Nétanyahou. Le Premier ministre israélien pousse les Iraniens à la révolte. ... - L.Sénéchal: Le régime n'a pas dit son dernier mot.

A.Khamenei est érigé en martyr. Son image accompagne des frappes tous azimuts.

Israël est d'abord touchée par certains missiles ou drones qui passent à travers le Dôme de fer. Dans le centre d'Israël, une frappe iranienne a fait 9 morts, de disparus et 46 blessés. Le régime frappe les pays qui abritent des bases américaines et même les zones résidentielles de ces pays.

Au Qatar, les drones explosent en plein Doha. La foule fuit la chute de débris de missiles dans une zone urbaine. Aux Emirats, le hall d'un hôtel est en flammes.

Les touristes filment, médusés, des scènes de guerre dans des décors d'habitude paradisiaques. Des habitations de Bahreïn sont touchées. Les aéroports de Dubaï et du Koweït sont touchés.

Les espaces aériens se ferment aux vols commerciaux. Les passagers d'un Rio-Dubaï font marche arrière. ... - L.Sénéchal: Scènes de panique à l'aéroport de Dubaï, touché par un drone iranien.

C'est l'un des plus grands aéroports au monde. Il a fermé samedi et n'a rouvert que partiellement aujourd'hui. Les touristes s'entassent jusque sur le parking. "L'Iran se battra quel que soit le prix", dit le régime.

Il ferme le détroit d'Ormuz et intercepte des pétroliers. Suspension de la production de pétrole et effet quasi immédiat sur le prix du gazole en Europe. Les Etats-Unis subissent leurs premières pertes.

Ici, une bavure du Koweït sur des avions de chasse F-15. Les pilotes sont sains et saufs. Ailleurs, 4 soldats américains ont été tués.

Aux Etats-Unis, ça réveille le spectre des guerres coûteuses en Irak et en Afghanistan. ... - L.Sénéchal: L'Iran frappe aussi les alliés des Etats-Unis.

Ici, une base britannique évacuée à Chypre. Le Royaume-Uni met à la disposition certains de ses sites pour les troupes américaines en réaction. La France, enfin, dégâts matériels limités sur la base d'Abou Dhabi.

Le gouvernement promet de protéger les alliés dans la région. - J.-N.Barrot: Nous nous engageons à assurer leur défense en fonction de leur demande de manière proportionnée et conformément au principe de légitime défense collective prévu par le droit international. - A.-E.Lemoine: Analyse juste après l'Edito de P.Cohen.

Une guerre qui ressemble à un saut dans l'inconnu. - P.Cohen: Incertitude des 2 côtés du front.

Côté iranien, la question est: "Est-ce qu'on tue une dictature en tuant le dictateur?" L'histoire, de ce point de vue, ne donne pas de réponse. Aucun conflit de l'histoire moderne a débuté par l'élimination du chef suprême de la puissance adverse.

Est-ce que le régime des mollahs peut survivre? Pour l'instant, la réponse est oui. L'armée de Téhéran continue d'envoyer des missiles partout dans la région.

Ce qui reste du gouvernement iranien appelle la population à se rassembler à Téhéran en soutien à la République islamique. Pas de cap clair de la part de D.Trump.

Quelle est la finalité de l'opération et quels seront les moyens mobilisés, pendant quelle durée? A ces 3 questions, D.Trump semblait répondre qu'il fallait un changement de régime à Téhéran, uniquement des moyens aériens et pas de troupes au sol dans une campagne d'environ 4 semaines.

Ce soir, c'est moins clair. D.Trump de déclarer que les Etats-Unis avaient les moyens de tenir plus longtemps que 4 semaines.

Il y a aussi cette déclaration choc dans le tabloïd "New York Post". Il dit ceci. Revirement considérable et incertitude supplémentaire.

Samedi, D.Trump s'en remettait aux Iraniens eux-mêmes pour abattre la révolution islamique une fois ces dirigeants éliminés. ... - P.Cohen: "Attendez que les bombes aient fini de tomber et saisissez votre chance", disait D.Trump, mais pas question de s'en mêler davantage.

P.Hegseth ajoutait que cette intervention en Iran n'était pas un exercice de construction de la démocratie. ... - P.Cohen: Pas question de réitérer les échecs américains en Irak et en Afghanistan, mais dans quel but?

Est-ce pour promouvoir une solution à la vénézuélienne? C'est-à-dire le maintien d'une dictature issue du régime actuel, mais qui céderait aux exigences de sécurité israélo-américaines? On ne sait pas.

L'administration américaine donne le sentiment de ne pas savoir où elle va. D.Trump a toujours affiché son opposition à tout engagement militaire prolongé à l'étranger.

En 2024, il faisait campagne comme étant le candidat de la paix face à K.Harris après avoir, à de multiples reprises, fustigé les guerres inutiles menées par les Etats-Unis. ... - P.Cohen: Il y a des dizaines de déclarations comme ça signées Trump.

La perspective de troupes au sol, évoquée par le même Trump ce soir, ajouterait au contraste et au risque d'enlisement, même si ce ne sont que des paroles. Les Etats-Unis n'ont déployé aucune capacité militaire au sol à l'heure où nous nous parlons dans la région. Sur le plan intérieur, Trump ne tire, pour l'instant, aucun bénéfice de son coup d'éclat.

Je ne parle pas seulement des quelques manifestations pacifistes. Celle-ci, en Californie, avec l'inusable J.Fonda. ... - P.Cohen: C'est l'opposition progressiste, démocrate aux Etats-Unis.

Dans les rangs républicains, c'est la même absence d'enthousiasme. Dans les premiers sondages, les frappes en Iran n'ont le soutien que de seulement un quart à un tiers de l'opinion américaine. - A.-E.Lemoine: Ce n'est peut-être pas surprenant.

T.Gomart, cette guerre, si elle est déclenchée maintenant, c'est pas un calendrier qu'avait prévu D.Trump.

C'est un choix d'opportunité? - T.Gomart: Probablement.

Sur un calcul plus rationnel, sans doute aurait-il préféré intervenir après la Coupe du monde qui se tiendra cet été et avant les midterms, pour essayer de créer une cohésion nationale qui, apparemment, n'est pas au rendez-vous. Il faut remettre ça dans une autre perspective. Les choses n'ont pas commencé ce week-end, mais en juin dernier pour D.Trump et l'Iran.

Il avait déjà participé aux opérations lancées en premier par Israël. C'est l'élément très frappant. On est très focalisés sur D.Trump, pour des raisons évidentes, mais le grand vainqueur, sur un pur plan militaire, de ce qui se passe, c'est B.Nétanyahou.

Au fond, il a attiré vers lui la puissance américaine. - A.-E.Lemoine: Une guerre en forme "de saut dans l'inconnu", souligne Patrick.

Vous parlez de "coup de poker". Pourquoi? - J.Vaisse: Si on suit un raisonnement possible de Trump, il faudrait un carré d'as pour que tout fonctionne.

Il faudrait d'abord que le régime s'écroule. Ensuite, que le pays ne se fragmente pas et que quelqu'un récupère la mise, un homme fort. C'est peut-être R.Pahlavi ou un général de l'armée régulière.

Ensuite, il faut qu'il y ait des élections, d'une façon ou d'une autre, et que les Etats-Unis puissent quitter la région. Au bout du compte, la politique de cette administration n'est pas de retourner dans le bourbier du Moyen-Orient, mais de se tourner vers l'hémisphère occidental, c'est-à-dire l'Amérique latine. C'est la priorité fixée par le document de stratégie nationale.

D'autre part, c'est vers la Chine. Il faudrait qu'il y ait les 4 as pour réussir ce pari et pour que les Etats-Unis puissent partir. Là, on prend le chemin inverse.

On peut être sceptiques sur l'idée que ça va continuer si longtemps et qu'il y ait des troupes au sol. Les cordes de rappel politiques sont si fortes, la tentation de crier victoire, quel que soit l'état du rapport de force... - A.-E.Lemoine: Il a estimé qu'il pourrait faire chuter le régime sans intervention au sol.

C'est là où vous dites que c'est improbable. - J.Vaisse: La population pourrait...

Il y a un historique, celui des manifestations réprimées dans le sang en 2009, en 2018, Femme, Vie, Liberté il y a quelques années et l'horrible massacre de janvier. La répression compte probablement des dizaines de milliers de morts. Le régime a vacillé et ça a donné la fenêtre d'opportunité.

En échange, D.Trump dit aux manifestants que c'est à eux de jouer pour renverser le régime. - A.-E.Lemoine: Comment comprendre le revirement de D.Trump qui n'envisageait pas d'intervention au sol et qui, maintenant, l'envisage et laisse entendre que ce n'est pas impossible? - T.Gomart: Il est dans ce que les militaires appellent une logique de conduite et pas une logique stratégique.

Sait-il lui-même ce qu'il veut faire? La question reste ouverte. Il pourrait s'arrêter ce soir et avoir une victoire en termes médiatiques puisqu'il a tué le Guide suprême.

Israéliens et Américains ont inventé le bombardement stratégique ciblé qui fonctionne dès le premier jour. S'il souhaitait s'arrêter là, il pourrait ensuite parader en disant qu'il a tué son adversaire. Idem pour B.Nétanyahou.

La grande difficulté en termes militaires, c'est que c'est toujours plus facile de commencer une opération que de la finir et de la traduire en termes politiques. En réalité, la série d'inconnues, c'est la réaction de la population iranienne. Elle a probablement été très refroidie au mois de janvier.

En janvier, il avait déjà dit "allez-y, je suis là". La répression a fait plusieurs milliers de morts. C'est une situation extrêmement cavalière par rapport au peuple iranien, qui est un peuple encadré par les forces profondes du régime. - P.Cohen: Vous nous dites qu'il n'y a pas de plan? - T.Gomart: Je pense qu'il n'y en a pas. - J.Vaisse: Sur ces interventions militaires...

C'est une vieille histoire. Souvenez-vous de C.Powell, qui avait gagné la guerre du Golfe et avait été secrétaire d'Etat de G.Bush au moment de l'Irak.

Il avait édicté une doctrine pour savoir quand intervenir et ne pas intervenir. Dans Ces conditions, il y avait le fait d'avoir un objectif clair, d'avoir le soutien de la population américaine, ce qui n'est pas le cas, le soutien international également, le fait d'avoir épuisé toutes les options de négociation. Ce n'est pas le cas.

D.Trump a trahi le processus de négociation en cours. C'est peut-être la raison pour laquelle le Guide suprême se trouvait avec ses hommes sans se méfier de ces frappes.

Enfin, il fallait avoir une stratégie de sortie. Aucune de ces conditions n'est remplie aujourd'hui. Il n'y a pas de plan. - A.-E.Lemoine: Si l'Iran reste une dictature, ce n'est pas le problème des Etats-Unis.

C'est ce qu'on comprend. - P.Cohen: Pas celui de Trump, en tout cas. - T.Gomart: Il y a un antagonisme fondamental entre la République islamique d'Iran et les Etats-Unis.

Le mythe, c'est la prise d'otages de l'ambassade des Etats-Unis en 1979. D.Trump y a fait référence dans son discours.

Quand on écoute son discours, il y a une symbolique visuelle évidente et manichéenne. Il est en blanc sur fond noir. On ne sait pas s'il cherche un changement de régime, la destruction de l'arsenal balistique, ce qui est la priorité d'Israël, ou la fin du programme nucléaire. - P.Cohen: Est-ce qu'on peut imaginer un découplage stratégique entre Israël et les Etats-Unis ou est-ce une opération qui ne fonctionne que main dans la main? - T.Gomart: Je pense qu'il y a un risque de découplage assez rapide.

D.Trump pourrait s'arrêter tout de suite. Ce n'est pas l'intérêt d'Israël.

Israël peut accepter les représailles à partir du moment où la puissance américaine et la puissance israélienne font tout pour détruire définitivement l'arsenal balistique. Le besoin de durer est beaucoup plus du côté israélien. - J.Vaisse: Trump est en assez mauvaise posture.

Il fait quelque chose qui va à l'encontre de ce qu'il avait annoncé et de ce que sa base Maga souhaite. Les conséquences économiques vont être sensibles, y compris sur l'inflation. Pour l'instant, s'il n'y a pas de renversement de régime, il n'aura pas cette victoire.

Il aura des forces de rappel à l'intérieur côté démocrate et surtout côté républicain. Les choses ne se présentent pas bien. - A.-E.Lemoine: Sur la question nucléaire, vous dites que le fait qu'il ait rejeté la voie des négociations va encourager la prolifération nucléaire? - J.Vaisse: Cette guerre montre encore une fois qu'il y a ceux pourvus de l'arme et ceux qui ne le sont pas.

Quand on est pas pourvus, on est susceptibles de faire l'objet d'une intervention militaire. Ca a été le cas de l'Irak, de la Syrie, de la Libye et maintenant de l'Iran. Ce ne sera pas le cas de la Corée du Nord parce qu'elle a l'arme nucléaire.

Trump, qui avait déchiré le traité négocié, y compris par la France en 2015...

En 2018, il en était sorti. Ce traité était bon pour traiter la question pendant 10 ans. Il avait dit qu'il n'était pas assez bon, mais n'avait rien proposé à la place. - P.Cohen: Il en était sorti pour des raisons purement intérieures, pour défaire ce qu'avait fait Obama. - J.Vaisse: Là, il veut changer le régime en Iran.

Tous les autres dans la région, y compris les voisins du Golfe qui ont été frappés, vont vouloir se doter de l'arme nucléaire. - T.Gomart: Il faut aussi faire preuve de perspectives historiques.

Israël avait bombardé le programme nucléaire iranien dans les années 80. Quelle que soit l'issue, il est certain qu'on va avoir un changement de position internationale de l'Iran. Ca va forcément obliger l'Iran à changer son attitude sur la scène internationale. - P.Cohen: L'une des caractéristiques de la séquence, c'est que D.Trump parle beaucoup aux journalistes.

Il appelle tout le temps les journalistes, plusieurs fois par jour. C'est pas le cas habituellement. Hier, il a parlé au "New York Times" pour dire qu'il avait 3 très bons choix de candidats pour diriger l'Iran.

On ne sait pas exactement lesquels. Le 28 janvier dernier, devant la commission des affaires étrangères du Sénat, voici comment M.Rubio envisageait un Iran sans A.Khamenei. ... - P.Cohen: "La possibilité d'avoir quelqu'un avec lequel on pourrait travailler".

Est-ce que c'est le scénario à la vénézuélienne? - J.Vaisse: Là, on est loin du changement de régime.

On change la politique du régime et pas le régime. Moi, je pense qu'ils s'accommoderaient très bien d'un général, peut-être même des Gardiens de la révolution, l'armature du régime, à partir du moment où celui-ci se comporterait comme D.Rodriguez au Venezuela.

Quand il a capturé Maduro, il a laissé en place le régime chaviste. Ce n'est pas la prix Nobel de la paix qui est au pouvoir, mais le même régime qu'auparavant. Simplement, il est soumis à Washington.

Sur le style Trump, c'est impressionnant. Dans la conférence de presse de tout à l'heure, il remettait une médaille, il a parlé de l'Iran, de la salle de bal de la Maison-Blanche, des rideaux qu'il mettrait dans cette salle de bal, puis il est revenu sur l'Iran. Il y a un manque de solennité, de sérieux. - P.Lescure: Il a dit qu'il aimait beaucoup le doré. - J.Vaisse: Il n'a pas fait d'adresse, à part celle qui a marqué le début de la guerre.

D'ailleurs, Trump et ses subordonnés étaient absents des talk-shows de samedi et dimanche. On voit la grande indécision. Tout repose sur un seul homme, sur sa psychologie et son indétermination. - P.Cohen: Il a fait une vidéo sur Truth Social, mais ne disait pas grand-chose. - T.Gomart: Ce qu'a réussi D.Trump, que ce soit dans le cas du Venezuela ou sur l'Iran, c'est d'impressionner les dictateurs.

Il a montré qu'il pouvait faire une opération. Là, il vient de montrer qu'en une journée, il pouvait tuer le Guide suprême, ennemi depuis 1979. Ca, ça crée un effet médiatique extrêmement fort, au moment où on a une situation avec des leaders type Poutine qui se retrouvent avec des appuis en moins. - A.-E.Lemoine: C'est clairement un allié en moins. - T.Gomart: L'Iran et le Venezuela sont affaiblis.

C'est aussi un message envoyé à la Chine. Ce qui est difficile, c'est de distinguer ce qui relève de l'impact médiatique, et là, il est exceptionnel parce qu'il feuilletonne tout. Il nous oblige à commenter ce qu'il fait. - P.Cohen: On y sera encore demain. - T.Gomart: C'est plus simple de savoir si c'est l'effet produit dans l'espace cognitif que l'effet produit sur le terrain et sa traduction politique.

Désormais, nous sommes condamnés à commenter sans cesse les décisions de D.Trump. - A.-E.Lemoine: La Chine et la Russie sont spectatrices de ces événements, jusque-là? - J.Vaisse: La Russie bénéficie du fait que l'Amérique est occupée ailleurs, y compris en partie pour ses capacités militaires et les capacités de protection aérienne.

C'est plutôt bien pour la Russie. Ce qui est moins bien, c'est que deux de ses alliés sont attaqués sans qu'elle parvienne à les aider. Bientôt, il y aura peut-être Cuba.

D'autre part, l'Iran fournissait jusqu'à présent du matériel militaire, notamment des drones, pour l'offensive en Ukraine. Elle ne pourra plus les fournir. Poutine est réduit à l'impuissance sur ce dossier. - T.Gomart: C'est peut-être pas une bonne nouvelle pour les Ukrainiens.

Si ça dure, il y aura des moyens militaires et notamment antiaériens, qui seront déportés. Ca explique aussi les réactions de Zelensky. - P.Lescure: En France, c'était un discours prévu de longue date et qui résonne avec l'actualité.

E.Macron a annoncé cet après-midi que la France entrait dans une nouvelle étape de la dissuasion nucléaire, qu'il a qualifiée de "dissuasion avancée". "Une évolution majeure de la doctrine française à laquelle 8 pays européens ont accepté de participer". - E.Macron: Des contacts ont été pris avec un premier groupe d'alliés, à commencer par notre partenaire essentiel, l'Allemagne.

Ils ont répondu favorablement à l'offre de la France. Nous entrons sur le chemin de ce que j'appellerais la dissuasion avancée, mais ce que je souhaite plus que tout, vous l'aurez compris, c'est que les Européens reprennent le contrôle de leur propre destin. - P.Lescure: Ces pays pourront notamment accueillir des forces stratégiques françaises, mais il n'y aura que la France qui pourra décider de déclencher le feu nucléaire.

Cette prise de décision unique fixe les limites de cette nouvelle dissuasion? - T.Gomart: C'est un discours très important qu'E.Macron a prononcé aujourd'hui.

Il signe son double mandat. Il avait prononcé un discours en février 2020 sur la dissuasion nucléaire. Celui-ci marque une inflexion majeure sur 3 points principaux.

Celui que vous avez évoqué, c'est-à-dire un dialogue de haut niveau avec des pays européens...

Le discours du président était accompagné d'un communiqué franco-allemand qui explique la mise en oeuvre de cette décision. Ensuite, il y a une décision très importante. La France va augmenter son nombre de têtes nucléaires.

Le président de la République a annoncé que la communication sur le nombre des têtes allait cesser. En termes techniques, il a expliqué le principe de l'épaulement. Il a rappelé que la dissuasion nucléaire n'est pas conventionnelle, mais qu'il y a un partage des rôles à avoir avec les Européens dans une logique de défense européenne en matière conventionnelle.

Il y a l'alerte avancée, la frappe dans la profondeur et, enfin, le 3e m'échappe...

Justin va s'en souvenir...

Alerte avancée, frappe dans la profondeur et...

J'ai un trou complet. - J.Vaisse: Il faut avoir des alternatives au "tout ou rien", notamment la possibilité de frapper loin et d'avoir un programme européen qui permette de frapper loin.

C'est un complément indispensable à la dissuasion. - T.Gomart: C'est une coopération anglaise, britannique, française et allemande. - A.-E.Lemoine: Je rappelle votre essai, "Qui contrôle qui?", J.Vaïsse, et votre tribune dans "Le Monde".

Vous restez avec nous pour la Story de L.Amar. - L.Amar: C'est l'histoire de près de 400 000 Français bloqués par la guerre.

Ils sont expatriés ou en vacances aux Emirats arabes unis, au Liban ou en Israël. Ils se retrouvent à l'épicentre du conflit. Les pays du Golfe ont fermé ou restreint leur espace aérien.

L'aéroport de Dubaï a été visé par un drone iranien et évacué en urgence. Dubaï est la 2de patrie de beaucoup d'influenceurs qui s'y sont installés. - Je suis ressortissante française.

J'espère que la France va me protéger. - Je suis bloqué à Dubaï. Il y a zéro vol!

C'est une situation d'urgence. - Comment c'est possible qu'Abou Dhabi soit bombardée? - Allez vous faire foutre! - L.Amar: Colère Maeva Ghennan.

Voir des influenceurs appeler à l'aide alors que beaucoup ont quitté la France pour échapper à l'impôt, ça suscite des moqueries. ... - "Mon pays que j'aime, qui me manque!

Je veux Rentrer à la maison"! - L.Amar: Nabila a répondu à ces critiques depuis Dubaï avec un message.

Il y a ceux qui vivent aux Emirats et il y a les autres qui sont juste de passage pour les vacances scolaires comme l'ex-miss E.Gossuin avec sa famille. - E.Gossuin: C'est une journée horrible.

Des missiles, des frappes, des sortes de drones. Je sais pas si ça va exploser. Si vous avez des nouvelles pour rentrer, n'hésitez pas. - L.Amar: Même galère et même inquiétude pour Sandra, bloquée aux Emirats avec sa fille de 14 ans qui vit très mal la situation. - On a entendu de grosses détonations.

Ma fille a vraiment paniqué. Elle était en pleurs. Elle ne s'y attendait pas du tout.

J'essaie de la rassurer. Elle ne veut pas sortir de l'hôtel. C'est comme si on était dans un cauchemar.

On n'est pas dans la vie réelle. On est livrés à nous-mêmes. - L.Amar: Au Qatar, tous les vols sont annulés au moins jusqu'à demain.

L'aéroport de Doha a fermé samedi matin. Notre photojournaliste y était à ce moment-là. - On a commencé à voir les tableaux d'affichage passer du vert au rouge.

Tous les vols annulés les uns après les autres. Le premier missile de la journée est passé au-dessus de nos têtes vers 14h. Je préfère rester 3 jours ici être sûr que le vol arrivera à Paris plutôt que de forcer pour avoir un avion et que ce soit dangereux. - L.Amar: Il est célèbre pour ses photos lors des JO de 2024.

Il a été pris en charge d'abord dans un gymnase puis dans un hôtel. Il s'est réveillé ce matin avec ce message d'alerte sur son téléphone. ... "Calme et prudence", ce sont les mots du Quai d'Orsay pour les ressortissants dans la région. - J.-N.Barrot: Je sais l'angoisse de leur famille et de nos compatriotes.

Consultez régulièrement le site diplomatie.gouv.fr.

Les consignes y sont mises à jour quotidiennement. Aux Français de passage, inscrivez-vous sur le Fil Ariane. C'est indispensable pour vous localiser et vous informer. - L.Amar: Le Fil Ariane, c'est cette application qui permet d'informer en temps réel les ressortissants français à l'étranger en cas de crise.

Certains ont pu rentrer. Quelques vols depuis le Liban sont assurés. Ecoutez l'immense soulagement de ceux qui ont réussi à partir. - On a traversé la route dans un état inimaginable.

Les bombes étaient sur nos têtes. - On rentre de Beyrouth. C'était très éprouvant.

On a angoissé jusqu'à ce que l'avion décolle. - Je fais partie des personnes qui sont nées là-bas. J'ai mes grands-parents...

J'ai des oncles et j'ai des tantes. On pense à eux. On a la chance de pouvoir partir, mais tout le monde n'a pas cette chance. - L.Amar: On est encore loin d'une reprise générale du trafic, mais un vol en provenance d'Abou Dhabi doit arriver à Roissy dans quelques minutes.

Le Quai d'Orsay promet de rapatrier tous ceux qui le souhaitent dès que cela sera possible. Cela risque de prendre du temps. - J.Vaïsse: On a vu ceux qui réussissent à partir.

Il y a au Liban une grande communauté française. Il y a des Libanais qui sont sous les bombes. Les services rendus par le Quai d'Orsay à travers le Fil d'Ariane et tout le dispositif, ce sont parmi les 1ers au monde.

La France fait beaucoup plus que tous les autres pays. - T.Gomart: Le président de la République l'a rappelé.

La sécurité des ressortissants français est une priorité. Mais la République est bonne mère. Quand on écoute certaines déclarations...

On a parfois l'impression qu'un Français, dès qu'il a un problème, il faut envoyer le GIGN pour venir le chercher. - E.Tran Nguyen: Ca fait 3 jours que les bombes pleuvent.

Il y a beaucoup d'images aériennes des bombardements, mais beaucoup d'entre elles sont trompeuses. Cette vidéo date par exemple du mois de juin dernier quand Israël avait ciblé des sites stratégiques en Iran. En riposte, l'Iran avait envoyé une pluie de missiles balistiques dont certains avaient traversé le Dôme de fer.

Ces vidéos sont des vraies vidéos de bombardement, ce qui n'est pas le cas de celle qu'on va voir là, fabriquée par l'IA. Ca, ça a été totalement créé. On peut les repérer grâce aux plateformes qui mentionnent de plus en plus le fait que c'est de l'IA.

Si cet hôtel a bien pris feu après une attaque de missiles iraniens...

Ca, c'est le vrai hôtel. Il y a eu le Burj Khalifa qu'on a vu. Mais elle n'a jamais pris feu.

Une autre vidéo impressionnante qui a été vue près de 6 millions de fois...

Ce sont des combats aériens tirés non pas de l'IA, mais de jeux vidéo. On a fait passer ça pour ce qui se passe en ce moment au Moyen-Orient. Des fausses images qui peuvent nourrir les théories du complot.

Il y a eu de nombreux doutes sur la mort du Guide suprême. Cette vidéo est une allocution du Guide suprême qui a été présentée comme la preuve qu'il était toujours en vie. Cette vidéo date du 12 février.

Il y a eu aussi des vidéos présumées de lui pour dire qu'il était mort. Sa mort a été confirmée...

Il y a eu des photos publiques. On peut voir ces photos. Ca n'est pas des photos de lui qui ont été prises.

Elles n'ont pas été diffusées. On ne va pas les voir. Quand on interroge les téléspectateurs, ils nous disent qu'ils font attention.

Mais dans cette guerre qui est aussi une guerre de l'information, l'IA va devenir une arme comme une autre. - T.Gomart: On ne sait plus qui croire, où se situe la vérité.

On n'a jamais été aussi informés et ça n'a jamais été aussi difficile de comprendre ce qui se passe sur le terrain. Ca donne beaucoup de valeur au travail des journalistes sur le terrain. - J.Vaïsse: Et au financement des correspondants sur le terrain, qui sont capables d'attester.

Au vrai journalisme, par rapport à tout le commentariat et la glose sur ce qui peut se passer. - A.-E.Lemoine: Le 5/5 de L.Sénéchal.

Verdict imminent dans le procès Paty. - L.Sénéchal: Le délibéré est attendu d'une minute à l'autre après les réquisitions plus sévères qu'en première instance.

Les réquisitions sont plus sévères à l'encontre de l'imam et du père de l'ado. La famille de S.Paty a réclamé une peine exemplaire. - Sur les 2 agitateurs, pour les appeler comme ça, des peines qui sont lourdes, symboliques.

J'avais demandé un symbole fort comme l'avait été Samuel. Je crois qu'on a été entendus. Au niveau des symboles, c'est une bonne chose. - L.Sénéchal: L'imam "n'a tiré aucune conséquence de ses actes ni de la mort de S.Paty".

Un avocat avait choqué en accusant S.Paty. Pour son client, il réclame la clémence. - L'association de malfaiteurs terroristes au point d'aller condamner des gens comme notre client ou B.Chnina, un père de famille, effondré dans le box, qui n'a rien à voir avec les terroristes...

C'est une infamie, un outrage au droit, une injure. - L.Sénéchal: Le procès a été marqué par des incidents exceptionnels. 2 magistrates ont été remplacées après la mise en cause de leur impartialité.

Le ministre L.Nunez écrit depuis sa boîte mail personnelle à la présidente de la cour pour rectifier son témoignage. Avant la décision, la défense de Sefrioui annonce un pourvoi en cassation en cas de condamnation. - A.-E.Lemoine: La natalité continue à chuter en France. - L.Sénéchal: Moins de 55 000 naissances.

La natalité est devenue un combat pour E.Macron. Il a écrit une lettre à tous les Français de 29 ans pour les sensibiliser sur la question de l'infertilité, relancer la natalité, en appeler aux Français et surtout aux femmes, ça n'a rien de nouveau en France. - C.de Gaulle: La France moderne pourrait compter 100 millions d'habitants. - G.Pompidou: Chacune de ces naissances représente un acte de foi dans l'avenir. - J.Chirac: On constate que ce n'est pas le cas... - E.Macron: Notre France sera aussi plus forte par la relance de cette natalité.

Un grand plan de lutte contre ce fléau sera engagé pour permettre ce réarmement démographique - L.Sénéchal: Ce désormais célèbre discours d'E.Macron en janvier...

Il a beaucoup été moqué et il a mis en colère une femme en particulier, E.Malagré, qui n'a jamais pu être maman. - E.Malagré: Je ne peux pas avoir d'enfants.

Ca fera de moi une femelle défaillante? Une femme qui ne participe pas à la grandeur de la France? Dans la société, une femme sans enfant, ça dérange. - L.Sénéchal: On connaissait le combat E.Malagré contre l'endométriose.

C'est aussi la cause de son infertilité. Cette injonction à être mère heurte aussi d'autres femmes à qui elle donne la parole dans un documentaire qui s'intitule "Pourquoi t'as pas d'enfants?".

Il y a celles qui n'ont pas d'enfants par choix et celles qui disent avoir été trahies par leur ventre. - E.Malagré: De temps en temps, je touche mon ventre et je me regarde devant la glace.

Je fais comme si j'étais enceinte. Ca vous arrive? - Je l'ai fait. - Ca m'est arrivé aussi. - J'ai tout imaginé. - Moi, je l'ai fait beaucoup et je me suis boxé et le ventre parce que je suis en colère après mon ventre.

C'est lui qui m'a empêchée. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, E.Malagré.

On est ravis de votre présence ce soir à l'occasion de ce documentaire très personnel qui vous a sauvé la vie à vous, littéralement. - E.Malagré: Ca a été thérapeutique.

J'ai débuté ce film, j'étais engluée dans mon obsession d'avoir des enfants. J'ai rencontré des femmes qui ne pouvaient pas en avoir et qui avaient déjà fait le chemin du deuil de la parentalité. Mes chères affranchies, mes femmes libres qui n'en veulent pas. - A.-E.Lemoine: La douleur de ne pas avoir d'enfants ne se réveille pas à chaque fois que vous voyez une femme enceinte? - E.Malagré: C'est assez récent.

Je jalousais la moindre poussette. J'avais envie de voler les enfants des autres. Maintenant, ça va. - A.-E.Lemoine: On vit dans une société qui culpabilise, qui renvoie sans arrêt à cette absence de maternité.

La fameuse question "pourquoi tu n'as pas d'enfants?", c'est une question qu'on pose rarement aux hommes. - E.Malagré: On tolère un peu plus qu'ils n'en aient pas.

On se dit qu'ils sont carriéristes. Chez les femmes, ça implique qu'on est un peu louche, un peu sorcière, forcément égoïste. Il y a un truc qui cloche. "Pourquoi t'as pas d'enfants", ça peut réveiller des douleurs.

Ca demande à celles qui n'en veulent pas de se justifier. Cette question n'est pas malveillante, mais maladroite. - A.-E.Lemoine: Vous évoquez le parcours de la PMA, la procréation médicalement assistée. - L.Sénéchal: Cette PMA, il y a assez peu de chances qu'elle aboutisse.

En 2019, 50 % seulement des couples qui sont passés par une FIV sont devenus parents par la voie médicale au bout de 8 ans. La PMA, ce sont aussi des années de souffrance. - J'allais avoir 38 ans.

On a commencé un protocole PMA avec des inséminations artificielles. Protocole intense. 25 jours de stimulations avec des bonnes doses.

Ca s'est pas bien fini. Aucun ovocyte n'a tenu les jours nécessaires pour créer un embryon. On nous l'a appris par téléphone.

La personne nous a dit: "Ecoutez, madame, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? On vous donne un traitement de cheval et vous êtes mauvaise répondeuse." - A.-E.Lemoine: On comprend la colère.

Vous avez vécu un parcours de PMA de 10 ans. - E.Malagré: Non, pas 10 ans.

Mais j'ai été enfermée dans mon obsession pendant 10 ans. J'aurais aimé qu'on me dise avant que je pouvais embrasser cette vie sans enfant, qui peut être remplie et joyeuse. - A.-E.Lemoine: Vous dites avoir perdu 10 ans de votre vie.

On ne se remet jamais de ce parcours? - E.Malagré: Ca laisse des séquelles toute sa vie.

Les arrêts naturels de grossesse que j'ai faits à répétition, la grossesse extra-utérine, ce sont des stigmates que je vais porter pour toujours et qui m'ont beaucoup fragilisée. Ce sont des petits chagrins qu'on porte en nous pour toujours. - A.-E.Lemoine: Vous avez aussi rencontré des femmes qui n'ont pas d'enfant par choix. - L.Sénéchal: Par exemple, M.James. - M.James: Le mot est lâché.

Libre. Absolument libre. J'ai envie, je fais.

J'ai pas envie, je fais pas. Avec un enfant, c'est pas comme ça que ça se passe. C'est génial d'avoir un homme dans sa vie, même plusieurs... - L.Sénéchal: Il y a un côté punk chez B.Dalle aussi.

Les enfants, très peu pour elle. - B.Dalle: Moi, ma vie perso passe bien avant.

Tu prends perpète. Comme je serais pas une bonne maman, parce que je m'en occuperai pas...

J'ai des copines, leur rêve, c'était d'avoir des enfants. Je le respecte et je le comprends. Pour moi, ça aurait été "Alien".

Si j'avais eu un enfant, je l'aurais appelé Alien. - E.Malagré: Béatrice, quoi...

Ca fait du bien aussi d'entendre ça. - L.Sénéchal: C'est féministe, cette parole. - E.Malagré: C'est une femme libre.

Ca m'a fait un bien fou. Ca m'a fait déculpabiliser. Le film a continué d'infuser en moi après le tournage.

Aujourd'hui, même si je ne transmets rien, ça va aussi. Je revendique le droit à une vie banale. - E.Tran Nguyen: Il y a des femmes qui sont allées jusqu'à la ligature des trompes.

C'est une décision radicale et définitive. - Quand ça coïncide avec le fait que tu ne veux pas d'enfants, pourquoi s'infliger une contraception si on sait qu'on veut pas d'enfants? On me disait souvent que ça dépendait de mon conjoint, de ma vie.

Moi, il y avait ce contre-pied de dire: "Je sais que je n'en veux pas, c'est mon choix. Personne n'aura son mot à dire." - E.Malagré: Ca me questionne.

C'est vraiment intime. Je me demande pourquoi je m'accroche. Est-ce que, ce que vous avez fait, c'est pas jusqu'au-boutiste? - E.Tran Nguyen: Elle l'a fait à 31 ans.

C'est très jeune. Ca vous questionne. - E.Malagré: On a chacun ses limites.

Ca peut être la mienne. Moi, qui me suis accrochée alors que ça ne servait à rien...

Et je m'y accroche toujours. J'ai envie de le garder comme souvenir. Chacun fait ce qu'il veut.

C'est un manifeste pour la liberté. On n'a pas le droit de juger les décisions des femmes ni de les commenter. Il faut nous laisser tranquilles.

On a envie de faire des enfants, c'est cool. On n'a pas envie, c'est cool aussi. - L.Sénéchal: Vous dites que l'injonction de maternité s'est mise partout, y compris dans les milieux sportifs.

Les sportives de haut niveau ont des enfants. Cette injonction vient blesser des sportives qui ne veulent pas d'enfants. - E.Malagré: On l'apprend grâce à M.Patouillet, notre championne olympique.

C'est la première qui m'a dit qu'elle n'avait pas envie de répondre à ma question. Elle n'avait pas envie de se justifier. Je n'ai eu que des badass!

Je suis sortie gonflée à bloc. J'ai réussi à retourner la question. Je vous la pose!

Pourquoi vous avez des enfants? Dans ce contexte social, politique, écologique, pourquoi avez-vous fait des enfants? - P.Cohen: Je suis suffisamment vieux pour en avoir fait au siècle dernier. - A.-E.Lemoine: La question se poserait autrement? - P.Cohen: Je ne me la pose pas. - A.-E.Lemoine: Je les ai tous faits au XXIe siècle! - E.Malagré: Il y a aussi cette injonction au plus haut niveau de l'Etat.

On peut inverser la question. On peut se dire qu'on est dans un pays où le service public ne va pas très bien. Monsieur le président, donnez-nous les moyens de faire des enfants si vous voulez qu'on ponde! - A.-E.Lemoine: "Pourquoi t'as pas d'enfants?", c'est demain, 21h05 et c'est un très chouette documentaire.

On vous retrouve aussi sur scène au Théâtre de Passy dans la pièce "La soirée avait si bien commencé". Dans un instant, L'OEil de Pierre, le Bonus de Lorrain,

Guerre en Iran : et maintenant ? - C à Vous l’Intégrale - 02/02/2026 — Christophe Gomart · Pourquijevote