Mobilisation du 5 décembre : un beau succès à prolonger (France 24, 05/12/19)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
danièle obono député la france insoumise de la dix septième circonscription de paris également membre de la commission des lois bonsoir merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation alors 800 6000 personnes aujourd'hui dans la rue selon ministère de l'intérieur un million et demi selon la cgt la france a soumise est satisfaite de cette mobilisation va la france insoumise je pense que toutes les personnes qui se sont rendues en manifestations à paris et dans tout le pays ont pu constater la force et la dynamique de cette mobilisation très forte effectivement est très inspirante et très encourageant pour la suite parce qu'il faudra une suite plusieurs appels de retour du type sont déjà annoncés parce que on sait que le gouvernement ne va pas retirer sa réforme sans que le rapport de force s'accroissent et je crois que c'est ça l'objectif cette réforme est une mauvaise réforme non pas qu'il s'agisse de se contenter du système il faut l'améliorer mais le tirer vers le haut alors comment on a dit qu'on pourrait l'améliorer de le tirer vers le bas eh bien il ya plusieurs leviers qui peuvent être utilisés d abord partant du constat que nos pays la france n'a jamais été aussi riche et ce qui a fait le progrès social dans ce pays et dans d'autres d'ailleurs dans le monde ce n'est pas de faire travailler les gens plus longtemps mais de les faire travailler moi parce que la productivité a augmenté c'est ça d'ailleurs qui a permis l'augmentation de la durée de l'espérance de vie et donc la question c'est comment on partage ses richesses qui sont produites par les salariés pour faire en sorte qu'on vivre dignement en activité et aussi en retraite on pourrait par exemple utiliser le levier des salaires en augmentant les salaires puisque vous savez que la retraite c'est une partie de la salle r du salaire qui est socialisé l'augmentation des salaires permettrait de remplir les caisses en payant par exemple les femmes au même niveau que les hommes vous savez que systématiquement dans une majorité de pays des femmes sont payées au moins 20% - on remplirait les caisses de la retraite si on prenait sur les dividendes la france est un des champions d'europe du monde de reversement des dividendes c'est à dire du surprofit et ferait part des entreprises qui est donné aux actionnaires en répartition mieux c'est c'est ses bénéfices encore une fois qu'ils sont produits par le travail des salariés est bien là aussi on trouverait de la marge de manoeuvre tout comme un dernier exemple en arrêtant d'exonérer de cotisation des cotisations qui servent à la protection sociale les entreprises là aussi on aurait de la marge de manoeuvre dont vous voyez les leviers existent le problème c'est que ce gouvernement et bille en tête dans l'idée que le système ne marche pas et donc il faut laisser la finance faire la régulation et c'est ce que vous avez montré dans ce qu'on a vu ce reportage sur le fameux système à capitalisation c'est vers là que le gouvernement avait été veut aller parlant de justement du côté de l'exécutif de la méthodologie qui a été employé en réalité à ce jour on ne sait pas exactement quelles seront les contours définitifs de cette réforme on connaît les grandes orientations mais là il ya un bras de fer qui s'engage alors qu'on n'a pas exactement les données de cette de cette réforme c'est assez inhabituel tout de même écouter au sein de l'exécutif selon vous retarde la sorte que joint la définition exacte de cette heure je pense qu'ils ont conscience que plus il est clair on est plus les gens verront à quel point cette réforme est mauvaise mais on sent une manière de jauger un peu au regard mai puis de la moby lines gagné d'essayer de gagner du temps mais en vérité on a déjà les grandes lignes et y compris les premiers les premières annonces qui ont été faites par monsieur delevoye et par le gouvernement en expliquant par exemple le système à points on sait déjà que le gouvernement entend maintenir la part des retraites dans le produit intérieur brut à un taux stable un taux de 12% alors même que le nombre de retraités va augmenter donc ce qui mécaniquement va faire baisser le niveau des pensions donc ça on le sait ils l'ont affirmé c'est là dessus qu'ils veulent tenir on sait aussi qu'ils veulent mettre en place ce système à points en tenant compte dans le calcul de l'ensemble de la carrière c'est à dire que pour les personnes les femmes les mères de familles qui ont des enfants les personnes précaires qui ont eu des parcours un peu chaotique avec des longues périodes de chômage faxon sénégalité voilà tout ça va être pris en compte donc ça va baisser mécaniquement le niveau des frais donc c'est vrai que les contours ne sont pas je pense ici à man encore éclairé par le gouvernement mais les grandes lignes le sont et je laisserais monsieur fillon la dernière puisque c'est lui qui a qui a expliqué ça pendant la la campagne présidentielle en disant très crûment devant un parterre de chefs d'entreprise que la vérité des prix c'est que la retraite parfois c'est une manière de faire baisser le niveau des pensions et que ça mène vers la capitalisation donc voilà effectivement il ya un flou mais quand il ya un flou comme on dit il ya un loup et le loup est là est derrière se cache la perspective de capitalisation et donc la remise en cause d'un système par solidarité l'ampleur de la mobilisation d'aujourd'hui au delà ils ont la protestation contre cette réforme des retraites ça reflète aussi un mal être un peu plus généralisé de peur disons de déclassement d'une partie de la population française c'est plus qu'une peur vous savez depuis plus d'un an maintenant il y a dans tout le pays des mobilisations des rassemblements tous les tous les samedis à les actes des gilets jaunes qui ont révélé le degré de précarité voire de misère notamment des retraités on en a vu beaucoup sur les sur les ronds points les les gilets jaunes de toutes les conditions sociales dans tout le pays qui ont expliqué que il n'en pouvait plus il n'arrivait même pas à finir les femmes moi qui se terminait le dise que les excès et les inégalités fiscales pesé le plus sur ce qu'ils avaient besoin de plus de solidarité donc oui il ya cette colère là et puis beaucoup de secteurs par exemple celui des hôpitaux sont mobilisés depuis des mois et des mois sans que le gouvernement ne l'ait ne les entendent et je crois que c'est aussi pour ça qu'il ya une telle mobilisation le 5 c'est à la fois la défense d'une idée de la société le tous ensemble c'est une opposition au chacun pour soi que veut construire le gouvernement et donc je crois que cette colère générale se généralise autour du 5 du 5 décembre et des prochaines dates mais ça renvoie à une remise en cause du monde que veut construire monsieur macron et que je crois une majorité des français heureux rejette alors aujourd'hui au sein des cortèges à paris d'ailleurs vous y étiez vous même il y avait le patron enfin votre chef de file de la france a soumises jean luc mélenchon il a dit en lien avec la présence de cadres du rassemblement national au sein de ces cortèges que marine le pen je le cite un faisait un progrès en direction de but à nice mme c'est une déclaration qui venant de jean luc mélenchon a quand même beaucoup surpris qu'est ce qu'il a voulu dire par là je pense qu'il était très ironique sur cette question je rappelle que c'est il a quand même entendu il y avait une sorte de convergence je ne crois pas les jeux je peux vous assurer que c'était tout à fait ironique et je crois que les positions de marine le pen d'ailleurs sur la retraite à 60 ans sur lequel elle s'est opposée sur l'augmentation du smic sur lequel elle est contre montre que cette organisation est ce mouvement sont en vérité des mouvements qui promeuvent de travailler jusque jusqu'à la tombe et qui ne sont pas pour un véritable partage des richesses donc voilà la vérité c'est que il se raccroche à cette mobilisation où il n'était pas le bien il n'étaient pas les bienvenus et je peux vous assurer que s'il y avait des membres du front national dans ces cortèges ils se sont fait tout petit et non pas afficher leur leur leur couleur politique parce qu' il n'aurait pas été il ne serait pas resté très longtemps je crois que plus largement dans ses cordes tech se trouvaient beaucoup de français et françaises d'ailleurs quel que soit le vote qu'ils aient fait auquel effet à la présidentielle ce qui est important c'est que il n'y ait mobilisation massive autour d'une revendication progressiste qui va à l'encontre qui est à l'encontre de tout ce que défend marine le pen et qui justement rassemble largement quelles que soient les étiquettes quelles que soient les confessions quelques ailleurs sert français sur dix disent soutenir le mouvement vous expliquer cette part de la population française qui est d'ailleurs bien différente par exemple du mouvement deux grèves de 1995 avec lequel on établit beaucoup de parallèles ces jours ci à l'époque le mouvement était peu compris par une partie la population aujourd'hui sept français sur dix comment vous expliquez ce il ya un ras-le-bol général je parlais tout à l'heure des gilets jaunes et dans la manifestation un des cortèges en tout cas c'est un appareil qui a été le plus applaudi c'était celui des pompiers les pompiers qui sont voilà un secteur très très aimé de la population et qui a quelques semaines se prenait là une répression féroce du pouvoir qui se faisait gazés et qui se faisait attaquer par des policiers et je crois que ça a dit justement tout le décalage et toute la rupture qui a aujourd'hui entre la population et le pouvoir quand on arrive à mettre les pompiers dans la rue qui se font applaudir par les manifestants et qui se font attaquer réprimées par la police voilà ça dit aujourd'hui l'état de la france deux ans et demi après deux ans et demi de pouvoir macro nist c'est une france en colère mais une france qui refuse de se soumettre émanant même a hérité d'une situation fut quand même compliqué au niveau des retraites ça fait 30 ans qu'on essaie de réformer il faut quand même mettre un pied dans la fourmilière non ah oui mais je crois qu'il a participé d'ailleurs dans le précédent gouvernement à l'ensemble des réformes qui ont eu lieu sur ce sujet et ses réformes dont on voit aujourd'hui les conséquences avec l'augmentation du niveau de pauvreté chez les retraités mais aujourd'hui on est dans une situation où le nouveau gouvernement est une nouvelle majorité ne veut pas passer au bout de deux ans et demi à rejeter sur les autres la responsabilité des politiques qui sont en train de mettre en oeuvre il pourrait choisir de faire autrement parce qu'il est possible et je voulais dit je voulais montrer avec les différents exemples qu'on pourrait faire autrement justement si on veut sauver non seulement sauver le système de retraite par répartition mais l'améliorer et puis faire en sorte qu'ils soient à la hauteur des défis qui nous attend nous entrons dans une nouvelle phase de l'histoire je pense économique de ce pays avec l'enjeu de la transition écologique donc avec la nécessité de relancer l'activité autour de nouveaux secteurs donc de former et donc de former sur toute la vie donc il ya tout un champ et de nouveaux horizons qui s'ouvrent si ce gouvernement était véritablement conscient des enjeux notamment sur cette question là il ferait autrement et serait possible de faire autrement de partager le travail et de partager les richesses pour que en activité comme en retraite tout le monde puisse vivre une vie décente donc je crois que là la vérité des prix par rapport à ce régime c'est qu'il ne souhaite pas faire autrement il veut s'inscrire dans une continuité qui nous mène à la catastrophe et voilà pourquoi c'est important qu'il y ait autant de gens dans la rue aujourd'hui et demain parce que ça doit continuer si on veut qu'il retire sa réforme merci beaucoup danièle obono d'avoir réagi ce soir sur france 24
Danièle Obono