"L'eau ce n'est pas substituable", Carole Delga et Delphine Batho débattent de l'urgence climatique
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ce dont on crève, c'est l'absence d'une vision de l'avenir, en fait. Ce que disait Caractère tout à l'heure. On est, pardon, mais dans une situation d'urgence vitale. Ça brûle de partout. Il y a des territoires dans lesquels il n'y a plus d'eau. L'eau, je suis désolée, ce n'est pas substituable. On ne peut pas remplacer l'eau par autre chose dans le même type de débat qu'on a sur l'énergie. Et on serait en train de s'intéresser, je ne sais pas, au réglage de tel ou tel boulon, etc. Alors que fondamentalement, en fait, c'est le modèle qui est en cause. Donc c'est ça le projet de la décroissance. C'est un nouveau récit. Et après, ça a des conséquences concrètes.
Et la première conséquence concrète, c'est le renoncement à un certain nombre de projets et de décisions qui sont destructrices et qu'on ne peut plus se permettre. Moi, je suis, Carole, d'accord avec toi sur la question du ferroviaire. Ça implique que ce n'est pas trop tard pour remettre en cause le projet d'autoroute à 69 avec 44 km de bitume, 400 hectares de terres agricoles artificialisées, des zones humides détruites. Carole Delga, vous soutenez, vous le projet d'autoroute ?
Oui, je le soutiens. Je ne suis pas sûre que ce soit le sujet de la table. Oui, je soutiens le projet d'autoroute entre Toulouse et Castres parce que c'est une route qui, actuellement, est très accidentogène. C'est aussi un territoire où le taux de pauvreté...
Ça fait cher du mort à éviter.
Oui, non, non, mais tout à fait. Mais on va aller jusqu'au bout. Le territoire de Castres-Mazamé, c'est un territoire où le niveau de pauvreté est supérieur de 20% à la moyenne nationale. C'est un territoire qui a perdu en population. Et moi, je suis pour stopper l'hypermétropolisation. Mais je suis aussi pour que les gens de ces territoires puissent vivre dignement et qu'ils puissent avoir de l'emploi. Et avoir de l'emploi, moi, j'ai des chefs d'entreprise et pas qu'un chef d'entreprise. Ce n'est pas juste les laboratoires Fabre.
C'est des dizaines de chefs d'entreprise qui me disent que les conditions de livraison, les conditions qu'on a besoin d'aller à Toulouse pour avoir une autorisation administrative et ainsi de suite, eh bien, elles sont infernales avec la route qui existe. Les opposants m'ont dit qu'il faut financer une étude d'alternative. Je l'ai financée. La région l'a financée toute seule. Il n'y a pas de solution alternative à moyen terme. Alors, moi, je ne veux pas que dans ce sud du Tarn, il y ait un sentiment d'abandon, que les populations soient plus pauvres de 20% quand même que le reste de la France. Et moi, je n'ai pas envie qu'il y ait des entreprises qui se barrent. Voilà, c'est tout.
Moi, j'ai envie que les gens puissent vivre au pays et qu'ils puissent vivre dignement avec de l'activité. S'ils n'ont pas des déplacements à faire, s'ils ont le boulot à côté, ça sera très bien.
Carole Delga