François Hollande : "Il peut y avoir un embrasement du monde"
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un ancien président de la République, aujourd'hui député socialiste de Corrèze. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. François Hollande, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, on va revenir sur le congrès du PS, sur la fin du conclave sur les retraites, mais on voulait évidemment vous entendre d'abord sur l'escalade militaire entre Israël et l'Iran depuis vendredi.
François Hollande, à quoi assiste-t-on à vos yeux avec l'ouverture de ce front iranien par Israël, à un basculement historique au Moyen-Orient, à l'aboutissement d'une recomposition totale de la région, au risque d'un embrasement général ? Qu'est-ce qui se joue, selon vous, avec cette nouvelle guerre ? Si ce joue, c'est non seulement l'avenir de cette région, mais c'est aussi l'équilibre du monde.
Car si la force s'impose, comme elle s'est déjà imposée en Ukraine, si Israël va jusqu'au bout, au-delà de son droit légitime, à se défendre et empêcher l'Iran de disposer de l'arme nucléaire, jusqu'à abattre le dirigeant de l'Iran, même si l'on sait que ça n'aura pas forcément d'effet direct, oui, il peut y avoir un embrasement du monde. Et c'est la raison pour laquelle la volonté de la communauté internationale, si elle existe encore, si elle existe encore, c'est de demander une désescalade.
Mais le responsable de la situation, au-delà de ce que l'on peut dire, de la volonté d'Israël d'aller jusqu'au bout, et donc de Netanyahou d'être dans une forme de fuite en avant, même s'il a le droit légitime de se défendre par rapport à la possession de l'arme nucléaire, c'est Donald Trump le responsable. Bien sûr que l'Iran est responsable de tout ce qui s'est produit. Mais je vais rappeler ce qu'était la situation lorsque il y a eu un accord sur le nucléaire iranien.
Durant mon quinquennat, il y a eu un effort négociant très long, c'était Laurent Fabius qui était ministre des Affaires étrangères, et nous avions conclu un accord, Obama était président des Etats-Unis, qui faisait que l'Iran ne pouvait plus accéder à l'arme nucléaire avec des vérifications qui...
Oui, mais ça c'était il y a dix ans, François Hollande. Oui, non, non, mais j'y viens.
C'est parce que, arrivant au pouvoir, Donald Trump a brisé cet accord, et sorti de l'accord, qu'il y a eu donc, de la part de l'Iran, une poursuite de son programme d'enrichissement, et donc une menace nucléaire. Et aujourd'hui encore, Donald Trump a laissé penser qu'il pouvait y avoir une négociation, visiblement, Netanyahou ne l'a pas crue, et il y a eu cette intervention. Et aujourd'hui même, il quitte le sommet du G7, et on ne sait pas si c'est pour encourager Netanyahou à aller jusqu'au bout de l'opération militaire, ou si c'est pour faire pression sur le régime iranien, pour le convaincre d'aller le plus vite possible à la négociation.
Ben là, on ne sait pas, mais ce qu'on sait, c'est ce qu'il vient de déclarer Donald Trump, et c'est une parenthèse, mais c'est vrai qu'il vient de le déclarer, à l'instant, il estime, il a déclaré que son départ anticipé du G7 n'avait rien à voir avec un cessez-le-feu entre Israël et l'Iran, et il a reproché à Emmanuel Macron, parce qu'il avait laissé dire ça à Emmanuel Macron, qu'il partait pour gérer un cessez-le-feu entre Israël et l'Iran, de ne rien comprendre, volontairement ou pas, Emmanuel Macron ne comprend jamais rien, a dit Donald Trump là, il y a quelques minutes.
Oui, je ne vais pas commenter ce que peut dire Donald Trump d'Emmanuel Macron, même si, entre dirigeants, ce type de déclaration, dans un monde civilisé, ça ne se fait pas. Entre alliés, ça ne se fait pas. Mais est-ce que Donald Trump se considère encore aujourd'hui comme lié par des relations internationales stables, et considère les pays européens comme des alliés ? Alors après, il y a les hypothèses.
Mais parce que quelle doit être la position de la France ? On vous entend ce matin, vous dites qu'il faut la désescalade, et on ne demande pas la désescalade, et si jamais la communauté internationale devait exister encore. Bon, on voit qu'elle est mise à mal, la communauté internationale, là, il y a la voie de la France, qui vaut encore quelque chose, non ? Oui, la voie de la France,
comme la voie des Européens. Qu'est-ce que vous dites ce matin ? C'est de dire qu'il faut cesser le feu en Iran, de manière à ce qu'il n'y ait pas d'atteinte contre les populations civiles, et en Iran et en Israël, qu'il faut rappeler le nombre de morts, et en Israël et en Iran, la volonté, ça doit être de retourner vers la négociation. Est-ce que la négociation est possible ? C'est la question. Est-ce que l'Iran veut aller à la négociation ou préfère continuer ?
Dans son programme nucléaire, à se doter de l'arme nucléaire. C'est ce que dit Israël. Mais Israël dit qu'ils sont à moins d'eux de l'avoir, l'arme.
Oui, c'est ce que je viens d'expliquer. Ça fait des années qu'ils progressent dans l'enrichissement. Et donc, si l'Iran ne va pas à la négociation, il est tout à fait à craindre qu'Israël continue ses frappes et que même les États-Unis puissent l'accompagner. Et Benjamin Netanyahou va plus loin encore sur NBC en affirmant que tuer le guide suprême permettra de mettre fin au conflit. C'est ça qui permettra de mettre fin au conflit. Votre réaction à une déclaration de ce genre ? Cette déclaration a deux objets. Le premier, c'est de faire une pression directe sur l'ayatollah. Je vous tue si vous n'allez pas à la négociation pour renoncer à l'arme nucléaire.
Mais la deuxième hypothèse, c'est qu'ils peuvent le faire. Ils ont tous les moyens, toutes les capacités pour le faire. Et si ça se faisait, est-ce que ça renverserait le régime iranien ? C'est une hypothèse qui est, à mon avis, assez osée. Car nous savons bien que dans ce type de situation, le pays fait davantage bloc qu'il ne se divise.
Mais vous imaginez là que ça peut s'arrêter dans quelques jours, dans quelques semaines, que les Iraniens repartent à la table des négociations. Vous pensez que Donald Trump va jouer ça ? Donald Trump n'exclut pas de pouvoir participer aux côtés d'Israël aux frappes contre l'Iran, là. On ne va pas trop vers la désescalade, c'est ça que je veux dire.
Le problème avec Donald Trump, c'est que lui-même ne sait pas exactement ce qu'il veut. Et qu'il peut changer de position du jour au lendemain. Hier, il souhaitait négocier avec l'Iran pour que l'Iran n'accède pas à l'arme nucléaire. Aujourd'hui, il donne le sentiment de soutenir Netanyahou, y compris dans une offensive qui prendrait cette ampleur. Donc, ce qui peut être au mieux compris, c'est que nous sommes dans un moment clé.
Est-ce que face à cette pression sur l'Iran, qui est forte, à la fois sur le plan militaire et sur le plan du risque, y compris pour ses propres dirigeants, est-ce que l'Iran va à la négociation dans les heures qui viennent, dans les jours qui viennent, et à ce moment-là, il peut y avoir une désescalade, où si l'Iran continue à prétendre pouvoir accéder à l'arme nucléaire et à ne pas rentrer dans un processus de négociation, le pire est à craindre. En tout cas, l'attaque d'Israël sur l'Iran, François Hollande a entraîné le report de la conférence à l'ONU sur la possible reconnaissance de l'État palestinien. Emmanuel Macron précisant qu'elle aura lieu au plus vite.
vous regrettez l'annulation de cette conférence ? Je crois qu'elle ne pouvait pas se tenir, dès lors que les pays de la région ne souhaitaient plus s'y engager dans le contexte que nous connaissons, c'est-à-dire de la guerre entre l'Iran et Israël. À partir de là, oui, il faudra qu'elle soit reprise, puisqu'il faut aussi un cessez-le-feu à Gaza, et le plus rapidement possible, et qu'il faut aussi trouver une solution à deux États. Et la solution à deux États suppose de reconnaître les droits des Palestiniens à disposer de cet État.
Vous pensez qu'Emmanuel Macron doit reconnaître, dans les prochaines semaines, l'État de Palestine ?
Je pense que la première exigence, c'est le cessez-le-feu, là aussi, sur la pression qu'il faut exercer sur Israël. C'est-à-dire arrêter cette opération, elle a atteint au-delà même de ses objectifs, puisque nous avons une population à Gaza qui est affamée, nous avons des bombardements qui continuent, cette nuit encore, il y a eu des morts à Gaza. Donc arrêtez cette opération, et ensuite rentrez dans une négociation. Et si vous ne le faites pas, oui, il y aura nécessairement une initiative diplomatique qui sera prise.
Alors ce sera une déclaration formelle de reconnaissance, ça ne changera rien sur le terrain, à la réalité de ce que vivent les Gazaouis, ou de ce qu'espèrent les Palestiniens, c'est-à-dire le droit à un État, et ce qu'espèrent les Israéliens, c'est-à-dire le droit à la sécurité. Mais il faut bien qu'il y ait un moment des étapes diplomatiques.
On a retrouvé en 2012, dans votre programme, François Hollande, ça remonte, vous disiez « je soutiendrai la reconnaissance de l'État palestinien ».
Oui, nous avons failli aboutir, l'idée était une reconnaissance, pas simplement par la France, l'idée c'était une reconnaissance par l'ensemble des parties prenantes, en l'occurrence Israël aussi. Nous avions imaginé une conférence qui aurait pu se tenir en 2016, elle était prévue au dernier moment, Netanyahou l'a annulée. Israël est vent debout contre la France, à cause du salon aéronautique du Bourget. Le gouvernement français a ordonné de condamner l'accès au stand de cinq industriels israéliens de l'armement, exposant des armes offensives, des armes susceptibles d'être utilisées à Gaza. Décision scandaleuse, a dit le président israélien Isaac Herzog. Qu'en pensez-vous ?
C'est une décision qui s'imposait, dans un contexte où il y a des pays belligérants, présenter des armes offensives aurait été compris comme un accompagnement ou une incitation à la poursuite d'un conflit. Donc il était nécessaire que les organisateurs de ce salon, c'est-à-dire le gouvernement, puissent dire qu'il n'y aura pas de présentation d'armes offensives israéliennes.
Encore un mot sur l'international, avant d'arriver à la situation de la France et du conclave, on va vous entendre sur le conclave sur les retraites, que vous a inspiré l'expédition du navire humanitaire vers Gaza, la flottille, avec Greta Thunberg, Rima Hassan et d'autres ? Quel regard vous avez porté sur ça ?
Des opérations comme celle-là, ce n'est pas humanitaire, ce n'est pas pour apporter des vivres en grand nombre, c'est des opérations spectaculaires, c'est un peu différent. C'est-à-dire, si l'objectif était de dire, il se passe une tragédie à Gaza, cet objectif est compris.
Si c'est simplement pour mettre en cause l'État d'Israël, utiliser encore un vocabulaire anti-sioniste, cette opération pouvait être regardée comme organisée politiquement, ce qui était d'ailleurs le cas, récupérer politiquement ce qui était vrai, et ensuite de faire de, non pas Greta Thunberg, mais de la personne qui l'accompagnait, une héroïne, puisque ça a été jusque-là, de la part du dirigeant de la France insoumise, de considérer que c'était elle l'héroïne. Alors que, je rappelle, qu'elle a tout à fait le droit de défendre la cause palestinienne, mais qu'elle remet en cause l'État d'Israël.
Allez, venons-en à la France, dernière séance de négociations aujourd'hui entre les partenaires sociaux réunis en conclave, ce conclave voulu par François Bayrou. S'il y a un accord, François Hollande, entre la CFDT et le MEDEF, qui porte sur la pénibilité, sans toucher aux 64 ans, est-ce que vous le soutenez ? Est-ce que le PS doit le soutenir ? Je n'engagerai pas le PS, mais moi je soutiendrai tout accord qui sera signé par les partenaires sociaux. Je suis attaché à la démocratie sociale, au dialogue social. Il y a eu une volonté d'ouvrir une négociation.
Elle aurait pu, on n'est pas encore au terme de cette discussion, elle aurait pu déboucher sur un accord plus ample, mais c'est un accord qui va améliorer, ou qui est supposé améliorer, la vie de personnes qui ont travaillé longtemps, ont eu des métiers pénibles, et les femmes. S'il n'y a pas d'accord, alors là, c'est pour ça que la pression doit être encore forte sur le patronat. S'il n'y a pas d'accord, si les syndicats réformistes disent qu'ils ont été floués, alors je pense que le gouvernement aura de grandes difficultés à l'Assemblée nationale.
Il y aurait motif de censurer François Bayrou, dans ce cas-là, s'il n'y a pas d'accord ? Il y aurait, à vos yeux, motif de censurer François Bayrou et son gouvernement ?
C'était quand même un des arguments qui avait été avancé pour la non-censure, le fait qu'il puisse y avoir un conclave, une négociation, et que l'accord puisse être trouvé pour améliorer la situation des salariés et des personnes qui vont accéder à la retraite. Donc je veux croire, qu'il faut peut-être prendre encore du temps, mais je veux croire que le patronat va comprendre qu'il est nécessaire de conclure un accord. Car, qu'est-ce qui est à craindre pour les entreprises ? Je comprends le souci des entreprises. C'est l'instabilité.
Donc, je pense que le prix de la stabilité, c'est de donner à des personnes, notamment les femmes, notamment ceux qui ont des métiers pénibles, des améliorations de leur situation par rapport à la loi Borne.
La France insoumise dit qu'on ne se contente pas d'un accord à minima. Nous, ce qu'on a dit, c'est abrogation des 64 ans. Et s'il n'y a pas abrogation des 64 ans, c'est la censure.
Vous vous dites non ? C'est leur position, oui. La position, la mienne, celle des socialistes, a été toujours de vouloir que le dialogue social puisse l'emporter. Il y a un dialogue, dans un contexte politique, qui n'est pas celui que l'on pourrait espérer. Bon, la gauche n'est pas majoritaire à l'Assemblée nationale, à ce que je sache. Donc, à partir de là, toute amélioration de situation, dès lors qu'il ne peut pas être revenu à 62 ans, toute amélioration de la situation va dans l'intérêt, je pense, de notre pays. François Bayrou présentera mi-juillet sa copie pour le budget 2026. Il veut 40 milliards d'économies et va demander un effort à tous les Français pour reprendre ces termes.
Les pistes d'une TVA sociale ou d'une année blanche circulent. Vous y êtes favorable ? Je pense que cette méthode n'est pas la bonne. C'est-à-dire d'avancer des propositions qui, chaque fois, suscitent, à tort ou à raison, mais plutôt à raison, une certaine indignation ou une certaine inquiétude. Bon, j'attends du Premier ministre, de son gouvernement, qu'il présente enfin une proposition globale avec des efforts qui peuvent être demandés car il en faudra. Il y a un déficit, il y a un endettement. Il faut donc des efforts. Ces efforts devraient être partagés.
Donc, il n'est pas concevable qu'il n'y ait aucune disposition sur les fortunes les plus importantes de notre pays ou les ménages les plus favorisés. Donc, il est nécessaire qu'il y ait un bloc de propositions. Ensuite, vraisemblablement, je suis dans l'opposition, ce plan ne m'agréera pas puisqu'il sera sûrement déséquilibré. Il y a une majorité qui est au centre et au centre-droit, pour ne pas dire à droite. Mais, à partir de là, on verra ce qu'il y a lieu de faire. Est-ce qu'il y a la stabilité, là encore, qu'il faut chercher ou est-ce qu'il faut aller vers la censure ? Vers la censure.
Quel est votre point de vue ? Parce qu'on a pu lire dans la tribune dimanche que vous aviez envoyé un SMS, je ne sais pas si c'est vrai ou pas, à François Bayrou en lui disant j'ai payé ma dette. En gros, je n'étais pas censuré sur le budget. Je n'étais pas censuré quand on t'a dit submersion migratoire. Ça y est, ma dette est payée. Ma dette renvoyant à son soutien au moment de votre élection à vous. Est-ce que c'est vrai ?
Oui, j'ai dit que j'avais non pas simplement payé ma dette parce que je ne suis pas dans une relation comme ça qui voudrait que ce soit une affaire personnelle. Ce que je crois, c'est qu'à un moment, l'intérêt du pays justifie qu'il y ait une stabilité avec un gouvernement qui ne me convient pas, quelles que soient les relations que j'ai pu avoir dans le passé avec François Bayrou. Mais à partir de là, je reviens à votre question. Si certains pensent à la censure, la censure, si elle devait intervenir, il peut y avoir des raisons, si elle devait intervenir, elle aboutirait nécessairement, si le Rassemblement national s'y ajoute, à donc renverser un gouvernement et à une dissolution possible.
Je ne souhaite pas des élections avant 2027. Pourquoi ?
Pourquoi ?
Parce que je considère qu'aujourd'hui, ces élections, soit ne changeraient rien à la situation de l'Assemblée nationale, soit seraient encore un risque supplémentaire de l'extrême droite. Donc à partir de là, je pense que la seule élection qu'il convient de préparer pour l'ensemble des forces politiques, c'est l'élection présidentielle. En attendant...
En attendant quoi ?
En attendant...
La question c'est de dire pendant un an et demi, on ne fait rien ou pas grand chose pour maintenir le gouvernement...
C'est au gouvernement de faire des propos de dire, il ne peut agir.
Mais ça vous satisfait ? Edouard Philippe parlait de l'immobilisme depuis des mois et des mois.
Edouard Philippe, il est dans cette majorité. Moi, je ne le suis pas. Ce n'est pas moi qui fixe l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.
Mais c'est vous qui pouvez faire tomber ou pas le gouvernement.
Enfin, vous et les autres. Je pense qu'on a une responsabilité particulière. C'est-à-dire que ce gouvernement, s'il devait tomber, il serait remplacé par qui ? Par un autre ministre qui serait de la même majorité poursuivant la même politique. Quel est le sens de tout ça ? Sauf si ce gouvernement multiplie éventuellement des provocations. On a dit ce qu'on avait à dire sur le conclave ou sur le budget. S'il y avait, dès là, des choses qui seraient intolérables, tout à fait légitime de dire qu'on ne peut pas les supporter. Mais autrement, ma position, c'est de dire nous sommes dans la minorité, nous devons travailler pour qu'il n'y ait rien de pire qui soit imposé au pays.
C'est-à-dire aucune mauvaise décision, voire même qu'il puisse y avoir des améliorations. C'est le sens du conclave. Et puis ensuite, il y aura des élections. Et les élections permettront d'avoir un président de la République et une majorité à l'Assemblée Nationale. Pardon ?
Si jamais il y avait dissolution, si jamais il y avait de nouvelles élections, justement...
Oui, quelle est votre question ?
La question, c'est...
La ligne... Oui, alors, je peux l'anticiper si vous voulez. Je peux aussi faire des questions. Donc, alors, s'il y avait une solution, la question, c'est est-ce que vous feriez un accord avec elle ? Il y a des mots importants, quand même, Nicolas Maillard-Rossignol, a demandé solennellement à Olivier Faure de dire et écrire et affirmer unanimement qu'il n'y aura pas, sous aucun prétexte, ni au plan national, ni local, même en cas de dissolution, d'alliance avec la France insoumise. Refus d'Olivier Faure, qui estime que le Congrès tranche cette question de ligne. Alors, c'est tranché, c'est pas tranché ? C'est quoi ? Alors, je pense que c'est... On attend une réponse.
Oui, oui, mais c'est pas moi qui suis premier secrétaire du Parti Socialiste. Il y a deux, en fait, il y a deux lignes au Parti Socialiste, chacun l'a compris. Il y en a une qui a eu un peu plus de voix.
Mais il a gagné.
Donc, Olivier Faure a gagné. Il a gagné. Vous l'avez félicité ? Mais oui, mais il a gagné. Vous l'avez félicité Olivier Faure ? Il a donc cette responsabilité de donner ce qui devrait être la position du Parti Socialiste. Moi, je vais vous donner la mienne. La mienne, c'est qu'il ne peut pas y avoir d'accord avec LFI pour quelles raisons ?
Parce que sur beaucoup de sujets internationaux, beaucoup de sujets liés à la vie politique et la manière de la mener, beaucoup de sujets, y compris sur les questions économiques et sociales, il y a une contradiction tellement forte entre les positions de LFI et les positions de la gauche qui n'est pas LFI, eh bien, qu'il n'est pas possible d'avoir un accord électoral aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle je plaide pour qu'il n'y ait pas de dissolution et pour qu'il y ait une élection présidentielle le moment venu, c'est-à-dire en 2027, parce que je rappelle que pour une élection présidentielle, il n'y a pas besoin d'avoir un accord électoral.
Vous ne voulez pas répondre à ma question ? Vous avez félicité Olivier Faure ?
Oui, j'ai dit qu'il était le premier secrétaire, il avait été élu. Je ne peux pas aller beaucoup plus loin quand même. Oui, ça veut dire non. Vous ne l'avez pas félicité. Une primaire de la gauche pour désigner un candidat pour 2027, c'est ce que souhaite Olivier Faure. Il a tort, la gauche peut se permettre de partir désunie et divisée ? La priorité, c'est que le Parti Socialiste doit avoir un programme. C'est quand même la condition pour figurer dans une élection présidentielle, soit directement, soit par le passage par une primaire. Donc, le premier devoir du premier secrétaire, c'est de préparer un programme.
Et sur la base de ce programme, voir s'il est compatible avec les autres familles de la gauche, justifiant qu'il puisse y avoir une primaire. Mais je vais vous raconter ce qu'est quand même une élection présidentielle. Une élection présidentielle, ce n'est pas un accord entre partis. Une élection présidentielle, ce n'est pas une tractation, ce n'est même pas une primaire plus ou moins organisée. Une élection présidentielle, c'est une figure avec une candidature avec un projet et une vision pour le pays. Et ça, ça ne se discute pas, ça ne se négocie pas. Et c'est un rapport entre les Français et cette figure-là qui doit donner confiance et qui doit fixer... Ça peut passer
par une primaire, non ?
Non, ça ne peut pas forcément passer par une primaire. Moi, j'ai eu cette procédure dans le cadre du Parti Socialiste, ce n'était pas toute la gauche, c'était le Parti Socialiste. Je pense que la formule des primaires a montré toutes ses limites, voire même ses dangers. Donc, je pense que l'élection présidentielle, c'est bien sûr un candidat qui est issu d'une famille politique et qui va porter ce projet, donner sa vision. Et aujourd'hui, il faut incarner... vous voyez le mot qui compte, c'est l'incarnation d'une autorité car il faut une autorité dans ce pays. Il faut une autorité rassurante. Le monde est totalement déstabilisé.
Il y a une peur qui monte partout dans toutes les catégories de la population. Il faut une autorité rassurante. rassurante. Vous ? Non, je ne vais pas m'ajouter à cette liste. Moi, j'ai déjà été préhentiel. Je donne ce qu'est une élection préhentiel et ce que doit être un mandat présidentiel.
François Hollande, deux petites questions pour terminer. Lors du congrès du Parti Socialiste dimanche, le député socialiste, Jérôme Guedj, a parlé de Jean-Luc Mélenchon comme d'un salopard antisémite. Votre avis ? Jean-Luc Mélenchon a demandé des excuses.
Oui, Jérôme Guedj s'est exprimé.
Il a dit je regrette salopard, je garde antisémite,
mais Jérôme Guedj, ça fait des mois et des mois qu'il est insulté, qu'il est agressé par les amis de Jean-Luc Mélenchon, qu'il est accusé de tout. Et à un moment, on voudrait que ce député qui a eu une relation plus personnelle avec Jean-Luc Mélenchon, dont il a été autrefois il y a longtemps un des plus proches, et on voudrait qu'il ne réagisse pas quand il se fait à chaque fois, non pas simplement sermonner, ça, ça fait partie de la vie politique, mais accuser, montrer du doigt, donc moi je soutiens, non pas les mots, mais je soutiens ce que Jérôme Guedj, quant à l'antisémitisme, écoute, les filles et tout sauf un barrage contre l'antisémitisme.
Un dernier mot, Nicolas Sarkozy exclut de la Légion d'honneur après sa condamnation définitive à un an de prison ferme dans l'affaire des écoutes, vous comprenez cette décision ou elle vous choque ? Je n'ai ni à la comprendre, ni à être choquée, c'est l'application stricte du règlement. Ce n'est pas d'ailleurs le président de la République, Emmanuel Macron, qui en a décidé, c'est le chancelier de l'ordre de la Légion d'honneur. Et il n'avait pas de choix.
Toute personne condamnée, personne n'avait imaginé que ça pouvait être un président de la République, toute personne disposant, ayant été distinguée de la Légion d'honneur ou de l'ordre national du mérite, toute personne condamnée à plus d'un an de prison est prise à la Légion d'honneur. Il n'y avait pas d'autre choix. Et je pense que c'était évidemment douloureux. Sous-titrage ST' 501
François Hollande