Marine Le Pen en tête des intentions de vote : "Ca peut encore bouger" • FRANCE 24
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est le retour de l'essentiel politique. Chaque dimanche soir, votre rendez-vous avec l'actualité politique française. Et avec nous ce soir, Émilie Zapalski, bonsoir. Bonsoir. Éditorialiste et conseillère en communication politique. On va beaucoup parler de la présidentielle évidemment. Plusieurs candidats étaient en campagne ce weekend avec un rendez-vous incontournable de la rentrée la braderie de Lille, Marine Tondolier, Gabriel Atal. On fait le déplacement. Jean-Luc Mélenchon également, il en a profité pour [musique] tenir un meeting. Le Rassemblement national, lui, n'était pas de la partie mais il était sur toutes les lèvres.
L'accord sur l'immigration conclua, avec le leader de l'extrême droite britannique, [musique] Nigel Farage, a suscité beaucoup de critiques, y compris à droite. [musique] Enfin, les sondages continuent eux de donner Marine Le Pen largement en tête du premier tour de la présidentielle avec 34 à 36 % des voix. Un score qui résiste aux polémiques et paraît stabilisé. Cette année, elle avait donc des aerts de campagne présidentielle. La braderie de l'île, grand rendez-vous populaire et festif, a accueilli plusieurs candidats à l'Élysée. Ils ont déambulé devant les stands comme Gabriel Atal du Parti Renaissance et Marine Tondelier des écologistes.
Jean-Luc Mélenchon lui a carrément tenu un meeting devant plusieurs milliers de personnes. Écoutez, voici ce qu'il faut faire d'urgence. Bloquez les prix. [acclamation] bloquer les marges de profit qui ne peuvent continuer [acclamation]
[applaudissements]
tel qu'elles sont. Bloquer les loyers pour ne pas être expulsé avant l'hiver. [acclamation]
[applaudissements]
Augmenter les chairs et d'abord [acclamation] le SMIC. Voilà, un discours de tris qu4 d'heure pour Jean-Luc Mélenchon très axé sur les sujets sociaux et économiques. Il est rodé à l'exercice de campagne Jean-Luc Mélenchon. Il démarre fort là. Ah oui, il démarre fort. Puis ça fait un moment, moi j'avais l'impression que c'est depuis les municipales qu'il a commencé à à préparer le terrain en fait de cette candidature qui est très forte, qui réussit bien, qui est fortement ciblée sur les jeunes aussi he qu' récupère pas mal un électorat jeune. Donc oui, c'est un grand tribun, on le sait. il est fortement sur les questions sociales. Donc il y a une résonance.
La braderie de Lille, on s'écarte de Paris des côtés cible CSP plus hein quelque part. On vient un peu parler aux gens plus modestes, aux gens de la province hein, des territoires comme on dit maintenant différemment. Euh et donc il s'adresse avec ses sujets sociaux. Je pense qu'il marque des points. Euh, il a commencé tôt, il marque des points forts. Il il a vraiment préampté quelque part euh le terrain de la gauche. Derrière, on voit Raphaël Gluxman et puis ceux qui participent à la primaire socialiste qui ont un petit peu du mal à se faire entendre et surtout à se différencier, à avoir des thématiques assez fortes parce que Mélenchon vraiment a ratissait large en terme de thème.
Et puis il faut le dire, ils ont travaillé, ils ont travaillé un programme depuis longtemps chez la France insoumise y compris un programme budgétaire. C'est assez solide, c'est un axe très particulier mais en tout cas il y a eu du travail qui a été élaboré et il a éclipsé durant cette ce weekend ses concurrents. Gabriel Atal, Marine Tandelier qui était également à Lille. On les a moins moins entendu. On les entend moins parce que on sait moins ce qu'il vendent. Alors Marie Tandelier évidemment c'est ce qu'invent écologiste. Cabriel Aal c'est pas encore très clair.
On sait ce qu'il vend, il vend la concurrence avec Édouard Philippe donc il veut être partout pour essayer de rattraper son retard et éventuellement de s'imposer dans ce centre un peu mou je dirais que représente le postmcronisme. Mais oui, ils sont complètement éclipsés. Marine Tellelier elle a du mal. Bon en plus elle elle va accoucher prochainement. Je crois que c'est fin septembre mais elle a du mal d'abord parce qu'elle est prise entre les deux feux. Elle veut pas abandonner la France insoumise et en même temps parler au reste de la gauche. C'est difficile hein, c'est même chose que municipale. C'était très compliqué comme posture. Elle reste sur ça.
Euh et puis Gabriel Atal, bah oui, on sait pas très bien ce qu'il vend. Il a pas encore affiné vraiment sa candidature en terme de contenu. C'est simplement l'image qui vend. Alors, pendant que tous ces candidats arpentaient les rues de Lille, Jordan Bardella a été élu en mini tournée en Europe en déplacement en Italie samedi. Et avant cela, au Royaume-Uni, il y a signé un protocole d'accord sur l'immigration avec le leader d'extrême droite britannique Nigel Farage. Concrètement, si le RN arrive au pouvoir en France et si réforme UK gouverne au Royaume-Uni, la France s'engage à récupérer les migrants interceptés dans la Manche et à les renvoyer chez eux.
Une décision qui a déclenché une plus de critique à gauche mais aussi à droite. Je l'ai interprété comme le signe parfait d'un amateurisme. Je ne sais pas s'il avait lu le mémorandum. En tout cas, l'objectif ce serait de transformer la France en un vaste centre de retour pour tous les immigrés illégaux qui tenteraient de passer la manche et qui se retrouveraient en Grande-Bretagne. Dans la vie politique, tout compte, les images comptent. Et et Dieu sait si je pense que Jordan Bardella euh c'est que l'image c'est important. Donc s'afficher avec quelqu'un euh qui ne veut plus d'Europe, qui veut balancer par-dessus bord l'Europe, c'est en soi un message.
Il a fait l'unanimité contre lui ce weekend Jordan Bardella. Euh on peut parler d'un nouveau faux pas du président du Rassemblement national. Moi, je serais plus prudente en fait sur cette espèce de communication à deux têtes que joue toujours Marine Le Pen et Jordan Bardella. Alors, c'est possible qu'il y a un petit peu de friture. On sait que Jordan Bardella avait pris ses aises en tant que potentiel candidat à la présidentielle.
C'est peut-être un renoncement pour lui, mais j'ai l'impression qu'il y a quand même un jeu parce que exactement comme le dit Bruno Rotaillot, Marine Le Pen n'aurait pas pu se rendre auprès de ce responsable politique parce que trop marqué Brexit, trop marqué contre l'Europe, Jordan Bardella peut le faire sans que ça entche trop l'image de Marine Le Pen. Et j'ai l'impression que ça se joue quand même beaucoup là-dessus. pareil sur le plan économique qui va défendre une vision beaucoup plus libérale qui n'est pas du tout défendue par Marine Le Pen puisqu'elle est beaucoup plus sur le pouvoir d'achat une approche beaucoup plus sociale. Et finalement faut croire les deux.
J'ai l'impression que les deux euh réussissent beaucoup au Rassemblement national. C'est un duo qui a été porteur avant qui continue à être porteur. Ça touche aussi un électorat différent des jeunes qui veulent le remplacement donc qui veulent Jordan Bardella. Ça touche un électorat côté Marine Le Pen plus traditionnel avec ce que ça représente la famille Le Pen. J'ai l'impression que voilà cette cette format de tête, elle séduit quand même pas mal un large électorat. Oui, ça a l'air de fonctionner en tout cas puisque malgré toutes ces polémiques autour du Rassemblement national, les sondages restent très favorables à Marine Le Pen.
La dernière enquête IPSOS BVA saisi pour le Parisien la donne entre 34 et 36 % des suffrages au premier tour selon les scénarios. très loin devant ses adversaires, Édouard Philippe qui lui apparaît comme le mieux placé derrière elle tandis que Jean-Luc Mélenchon progresse également. Ce qui est frappant, c'est donc que malgré ses polémiques, malgré sa condamnation et alors même que la campagne commence à peine, on voit que son électorat est extrêmement solide. Oui, comme je vous le disais, je pense que ce ce côté de tête, ça marche bien. Elle a pris les devants, elle représente l'alternative, c'est-à-dire on a on a on l'a pas encore essayé donc voilà tout se pourit.
L'alternative dont par dont on parle beaucoup aujourd'hui avec l'Allemagne. Euh on a une alternative sur Deutland là qui qui renouvelle on renouvelle complètement. On n pas essayé ce pan là. Il y a cette idée quand même derrière un électorat un petit peu plus large que ce qu'il y avait avant qui était vraiment attaché au Front National auparavant. Euh il faut dire aussi qu'à côté, je le disais, les les propositions ne sont pas encore très musclées. Donc il faut attendre. On n même pas en campagne présidentielle que déjà on on on l'imaginerait gagnante. Moi je pense que ça va être beaucoup plus dur quand même.
Le chemin va être plus difficile parce que on sait très bien le Rassemblement national que dès qu'on se penche sur le détail, sur le sérieux, sur le sérieux budgétaire notamment, on l'a vu en difficulté devant le MEDEF, c'est beaucoup plus compliqué. Donc ça peut encore bouger selon vous dans les mois à venir. Elle va pas faire toute la course en tête dans les sondages pense je pense que ça ça peut bouger. Ça peut bouger fortement. On peut avoir des surprises. C'est vrai qu'on l'imagine quand même au deuxème tour mais ça peut bouger et ça peut bouger par rapport à qui sera en candidat en face d'elle. Pour l'instant on a l'impression que les jeux sont faits mais on est que en septembre.
Je pense que ça sera fin décembre qu'on saura plus s'il y a véritablement un poids du côté gauche autre que Jean-Luc Mélenchon qui prend le relais des Macronistes pour l'instant. On parle d'Édouard Philippe. Est-ce que ça sera vraiment ça ? Euh je trouve qu'on a tendance à aller un petit peu vite en besogne sur bah voilà c'est Marine Le Pen candidate. Ça va être beaucoup plus compliqué pour eux. On le sait hein. Dès qu'on est dans le détail, dès qu'on est sur une approche plus rationnelle des choses, même leur budget leur budget il est pas costaud. les retraites 60 62 ans, c'est pas clair. Il y a encore beaucoup de choses à creuser.
C'est peut-être comme ça que les autres candidats, en les mettant face à leur calcul, face à leurs difficultés, face au contenu qui vont plus les confronter. Ils sont partis tôt les candidats et les Français, ils sont déjà dans la campagne ou pas ? Je sais pas. Non, j'ai l'impression qu'il soit un petit peu encore, il y a beaucoup de défiance. Il y a il y a il y a une envie évidemment d'un espoir, d'un homme ou d'une femme providentielle, mais il y a beaucoup de de méfiance, je pense.
Ce qu'il y a, c'est que chaque candidat, enfin, il y a beaucoup de candidats à l'intérieur des partis, donc ils se font déjà la concurrence entre eux, Atal, Philippe, donc c'est même pas c'est la près très très près campagne. Ils sont partis très tôt. Oui, nous aussi à France 4. Merci beaucoup Émilie Zapelski d'être venu pour cette première essentielle politique de la saison. Restez avec nous. Fatima Tawan prend le relais pour le journal de l'Afrique.