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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 13 octobre 2019 54 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalSécuritéInstitutions & élections

Nicolas Bay : "Il y a des départements entiers où les Français sont minoritaires"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 32 %Attaque 50 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que le rejet de Sylvie Goulard est un camouflet pour la France ?

  • 3:29RelanceRéponse partielle

    Le Parlement européen est-il plus démocratique que la France ?

  • 5:39OuverteRéponse partielle

    La compétence de Sylvie Goulard n'était pas en cause ?

  • 6:30RelanceÉludée

    On ne lui a pas fait payer son éthique plutôt que sa compétence ?

  • 8:05FerméeRéponse partielle

    Soutenez-vous le libre-échange avec la Grande-Bretagne ?

  • 10:44OuverteRéponse directe

    Quelles relations commerciales avec la Grande-Bretagne après le Brexit ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:52Invité politiqueFait
    « Malheureusement oui. Malheureusement c'est évidemment un affaiblissement de la France dans les institutions européennes. »
  • 2:01Invité politiqueFait
    « Il avait annoncé au début de son quinquennat qu'il allait tout révolutionner en Europe, qu'il allait finalement imprimer sa patte et il a échoué systématiquement. »
  • 2:35Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron s'est entêté. Tout le monde savait bien qu'il y avait de forts soupçons à l'égard de Sylvie Goulard, de conflits d'intérêts. »
  • 5:59Invité politiqueFait
    « Elle a été interrogée par, je cite cet exemple-là, sur le dieselgate. Elle a reconnu assez benoîtement qu'elle ne connaissait pas la question. »
  • 8:10Invité politiqueFait
    « On ne défend pas l'idée d'un protectionnisme douanier à l'égard des pays de l'Union européenne. »
  • 8:22Invité politiqueFait
    « Boris Johnson, qu'est-ce qu'il fait ? Il essaye de proposer une sortie ordonnée dans les meilleures conditions possibles de la Grande-Bretagne. »
  • 8:50Invité politiqueFait
    « On ne veut pas de no deal, c'est-à-dire on ne veut pas un Brexit sans accord. Et deux, on ne veut pas du plan pourtant raisonnable qui a été proposé par Boris Johnson. »
  • 10:30Invité politiqueFait
    « On a supprimé les protections douanières à l'intérieur, et on a dit, en contrepartie, on va mettre des protections à l'extérieur. »
  • 25:25Invité politiqueChiffre
    « plus de 400 000 entrées chaque année »
  • 25:45Invité politiqueChiffre
    « 96% d'entre elles ne sont pas expulsées »
  • 26:32Invité politiqueChiffre
    « 255 000 titres de séjour, 120 000 demandeurs d'asile »
  • 27:36Invité politiquePromesse
    « il faut donc supprimer les incitations qui font qu'il y a beaucoup de gens qui viennent en se disant il y a un eldorado français »
  • 27:47Invité politiquePromesse
    « il faut ensuite expulser »
  • 28:13Invité politiquePromesse
    « il faut que ces aides financières qu'on accorde aux pays africains soient conditionnées par la maîtrise des flux migratoires »
  • 30:19Invité politiqueChiffre
    « on verse 5,6 milliards d'euros à la Turquie pour maîtriser les flux migratoires »
  • 40:10Invité politiquePromesse
    « nous voulons modifier la loi pour que le voile soit interdit dans l'espace public »
  • 43:17Invité politiqueChiffre
    « combien il y a eu de mosquées radicales qui ont été fermées ? Quasiment aucune »
  • 43:30Invité politiqueChiffre
    « combien d'associations dans la mouvance des frères musulmans ou des salafistes a été dissoute ? Aucune »
  • 45:39Invité politiqueFait
    « en réalité tant qu'on augmente la durée de cotisation on n'a réglé rien au problème »
  • 46:12Invité politiqueFait
    « la baisse des pensions et l'augmentation de la durée de cotisation »
  • 51:17Invité politiqueFait
    « la PMA tout court telle qu'elle est actuellement dans le droit français elle permet elle est accessible aux couples qui sont dans des situations d'infertilité »
  • 52:17Invité politiqueChiffre
    « 8% des voix aux dernières élections européennes »
  • 52:58Invité politiqueFait
    « ce sera avec nous ce sera à nos côtés la droite populaire animée par Thierry Mariani était une structure à l'intérieur de LR aujourd'hui c'est un partenaire du Rassemblement National »

Temps de parole

  • Nicolas Bay73 %
  • Présentateur13 %
  • Invité6 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 24 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans Questions politiques, le rendez-vous politique de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Merci de nous être fidèles tous les dimanches. Notre invité aujourd'hui est député européen Rassemblement National, sans doute celui qui connaît le mieux les questions européennes au RN. L'homme des alliances et des stratégies à Strasbourg comme à Bruxelles, il est le vice-président du cinquième groupe le plus important au Parlement européen.

Nouveau groupe fondé l'été dernier dans la foulée des élections, Idées pour Identité et Démocratie, Idées qui réunit les eurodéputés de neuf pays, dont les Français du RN, les Italiens de la Ligue, les Allemands de l'AFD ou encore les Autrichiens du FPO. Avec lui nous reviendrons sur l'actualité et les grands enjeux du débat public en Europe et bien sûr en France. Questions politiques étant directes avec l'eurodéputé Rassemblement National Nicolas B. Vos questions, vos réactions, vos commentaires sur l'application France Inter ou sur les réseaux avec le hashtag QuestionPol. France Inter, questions politiques, Ali Badoui. Bonjour Nicolas B. Bonjour.

Et bienvenue pour vous interroger l'équipe de questions politiques, Jeff Wittenberg de France Télévisions. Bonjour Jeff. Bonjour Ali, bonjour à tous. Françoise Fressoz du journal Le Monde, bonjour Françoise. Bonjour Ali, bonjour à tous. Et Yaël Gauze, le chef du service politique de France Inter, bonjour Yaël. Bonjour Ali, bonjour tout le monde. Yaël qui a préparé votre portrait Nicolas B et nous le découvrirons ensemble dans quelques minutes avant de revenir en France. Passons d'abord par l'Europe, l'actualité européenne. C'est donc notamment le Parlement européen qui a rejeté la candidature de la française Sylvie Goulard au poste de commissaire européenne.

On a dit que c'était un camouflet pour le président de la République. Est-ce que vous diriez que c'est un camouflet pour la France tout court ?

1:52
Nicolas Bay

Malheureusement oui. Malheureusement c'est évidemment un affaiblissement de la France dans les institutions européennes. Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron se trouve isolé, fragilisé sur la scène européenne. Il avait annoncé au début de son quinquennat qu'il allait tout révolutionner en Europe, qu'il allait finalement imprimer sa patte et il a échoué systématiquement. On l'a vu sur les questions migratoires il y a quelques mois où finalement il n'a jamais été capable d'imposer sa vision des choses.

2:14
Présentateur

Attendez je vous coupe, on va reproposer un candidat, tout n'est pas arrêté là. On va avoir un nouveau candidat.

2:22
Nicolas Bay

Non bien sûr, évidemment, mais vous savez tous les pays dont le commissaire européen a fusé sont amenés à présenter un nouveau candidat qui sera à nouveau auditionné. J'espère qu'il ne ratera pas ce deuxième casting. Mais évidemment que ça fragilise la position de la France. Emmanuel Macron s'est entêté. Tout le monde savait bien qu'il y avait de forts soupçons à l'égard de Sylvie Goulard, de conflits d'intérêts. Elle avait été rémunérée à un haut niveau par un sing-sang américain. Tout le monde pensait qu'elle était finalement députée française au Parlement européen. Il s'est avéré qu'elle était peut-être une lobbyiste américaine dans les institutions européennes.

Elle a été interrogée par les députés, par nos collègues Thierry Mariani, Virginie Geron du Rassemblement National et d'autres. Elle n'a pas été capable d'apporter des explications ni claires ni convaincantes. Donc les députés européens, ils ont usé de leurs prérogatives. Ils ont rejeté cette candidature. Et toutes les petits conciliabules auxquelles Macron s'était livré pendant plusieurs semaines n'ont pas du tout empêché les députés européens, tous partis et pays confondus, de décider de rejeter cette candidature.

3:21
Invité

Vous passez votre temps, c'est vrai, à dire que l'Europe est un système antidémocratique, une URSS, disait même Marine Le Pen récemment, que la France devrait quitter. Là, avec ce vote du Parlement européen, ce rejet de Sylvie Goulard, le Parlement européen est très démocratique, plus démocratique qu'en France finalement, vous diriez ça ?

3:37
Nicolas Bay

Non, je ne dis pas ça. Je pense que les institutions européennes, d'une manière générale, ont un vrai problème de fonctionnement démocratique. Le Parlement européen, élu à la proportionnelle intégrale dans tous les États membres, est sans doute l'institution qui a la plus grande légitimité démocratique, contrairement à la Commission. Mais la Commission européenne, le problème, c'est qu'elle accapare l'essentiel des pouvoirs. Elle a l'initiative législative, elle a ensuite le contrôle de l'application des directives.

Et donc, quand on critique le caractère non démocratique de l'Union européenne, c'est malheureusement bien une réalité, et c'est une réalité du fait du pouvoir exorbitant de la Commission.

4:12
Invité

La preuve que non, si je peux me permettre, c'est que finalement, ce sont les élus du peuple qui ont le dernier mot et qui ont refusé la candidature de Sylvie Goulard. Donc ce n'est pas la Commission européenne qui, dans cet équilibre, gagne. Donc vous ne pouvez pas dire que l'Europe, aujourd'hui, n'est pas démocratique.

4:27
Nicolas Bay

Non, mais vous conviendrez que le petit pouvoir du Parlement européen de rejeter un ou quelques commissaires européens en début de mandature, n'empêche pas que, ensuite, pendant 5 ans, c'est la Commission européenne qui a la main. Elle a la main d'abord parce qu'elle a l'exclusivité de l'initiative législative, c'est-à-dire que le Parlement n'intervient qu'après, une fois que la Commission propose un texte. Pas sur tous les sujets. Et ensuite, dans l'application des directives, c'est la Commission qui a la main et elle a même un pouvoir exorbitant depuis le traité de Lisbonne, c'est qu'elle est garante des traités et de l'État de droit et donc elle peut faire la leçon aux États membres.

5:02
Invité

Vous ne connaissez même pas une amélioration de la démocratie dans les institutions européennes ? Une amélioration au moins de la démocratie ?

5:08
Nicolas Bay

Oui, mais on parle de tellement bas. En réalité, pourquoi les institutions européennes suscitent autant de défiance de la part des citoyens ? C'est justement parce que les commissaires européens, en réalité, ils sont désignés dans un petit mercato au Conseil, validés ensuite par le Parlement européen. La plupart des citoyens ne connaissent pas ces commissaires européens qui, par ailleurs, ont des pouvoirs considérables. Aujourd'hui, les lois qui sont votées à l'Assemblée nationale, elles sont pour l'immense majorité d'entre elles, soit des transpositions des directives européennes, soit des transpositions de recommandations de la Commission européenne. Françoise Presseuse.

5:39
Présentateur

La compétence de Sylvie Goulard, visiblement, n'était pas en cause. Vous confirmez ?

5:43
Nicolas Bay

Non, je ne confirme pas. En réalité, dans les auditions, il y a eu deux aspects. Il y a eu la question du conflit d'intérêts sur lequel elle n'a pas été capable d'être convaincante, mais il y a aussi un certain nombre de sujets qui relevaient directement de son portefeuille où elle n'a pas convaincu. Elle a été interrogée par, je cite cet exemple-là, sur le dieselgate. Elle a reconnu assez benoîtement qu'elle ne connaissait pas la question et donc elle n'était pas en mesure d'apporter des réponses.

6:05
Présentateur

Ah ben ça, c'est plutôt bon signe, plutôt que de raconter des bêtises, de dire qu'on n'est pas au courant.

6:10
Nicolas Bay

C'était peut-être une preuve d'honnêteté, mais ce n'était pas une preuve de compétence. Et par conséquent, les députés européens, ils analysent aussi cet aspect-là. Ils ont eu le sentiment qu'elle avait un portefeuille très large. Ça a été d'ailleurs largement loué par les macronistes. Mais le résultat, c'est qu'elle n'avait pas forcément des vraies compétences techniques sur tous les sujets qui touchaient ce portefeuille.

6:26
Présentateur

Il y avait quand même une attaque sur sa moralité, ou en tout cas sur son éthique. Or, dans l'affaire des emplois fictifs du Modem, elle n'était pas mise en examen. Vous, vous l'êtes dans l'affaire du financement de votre parti. Donc, est-ce qu'on ne lui a pas fait payer, au fond, quelque chose qui était beaucoup plus important, moins important que ce qui s'est prévu ?

6:45
Nicolas Bay

Madame Goulard, elle est présumée innocente. Et je ne connais pas le détail de son dossier judiciaire concernant l'affaire des assistants parlementaires, qui n'est pas du tout des financements de partis politiques. Moi, ce que je sais simplement, c'est que nous, on n'a pas commis d'infraction. Et donc, on n'a pas commis d'infraction.

6:58
Invité

Vous, vous êtes mis en examen, Nicolas Bell, pour détournement de son public.

7:02
Nicolas Bay

Oui, mais moi, j'ai eu l'occasion de m'expliquer dix fois là-dessus. On peut le faire une onzième fois avec plaisir.

7:05
Invité

Non, mais ce n'est pas gênant de poser des questions. Non, non, ce n'est pas la question. Excusez-moi, ce n'est pas...

7:09
Nicolas Bay

Est-ce qu'il ne faut pas être plus propre pour pouvoir lui poser des questions ? La question, c'est le conflit d'intérêts, c'est ça, qui a animé l'essentiel de l'audition de Sylvie Goulard au Parlement européen à Bruxelles. C'est sur son financement par un think tank américain. En clair, est-ce qu'elle est la représentante des intérêts publics français, nationaux ou européens ? Ou est-ce qu'elle est la représentante d'intérêts privés étrangers ? En l'occurrence américains, c'est ça la question centrale. Et c'est là-dessus qu'elle n'a pas été convaincante.

7:35
Présentateur

On tranchait. On va passer à un autre sujet européen. La date du Brexit approche. Personne ne sait lequel des scénarios de sortie l'emportera. Boris Johnson vient de décider d'instaurer le zéro taxe douanière à l'entrée du marché britannique en cas de no deal. Ça veut dire que le marché britannique restera complètement ouvert aux importations. Vous soutenez le Brexit, quitte à ce qu'il n'y ait pas de deal. Mais le programme du RN est protectionniste. On y trouve la volonté de surtaxer les importations, les importations de produits extra-européens notamment. Vous critiquez le libre-échange. Est-ce que vous soutenez la décision de Boris Johnson ?

8:10
Nicolas Bay

Plusieurs choses. D'abord, on ne défend pas l'idée d'un protectionnisme douanier à l'égard des pays de l'Union européenne. On n'a jamais dit qu'il fallait instaurer des taxes douanières à l'égard de l'Angleterre, par exemple. Ensuite, Boris Johnson, qu'est-ce qu'il fait ? Il essaye de proposer une sortie ordonnée dans les meilleures conditions possibles de la Grande-Bretagne. Les Britanniques ont voté en juin 2016, c'est-à-dire il y a trois ans et demi pour sortir de l'Union européenne. Aujourd'hui, Michel Barnier et Jean-Claude Juncker, qui gèrent le Brexit pour la Commission européenne, au nom de la Commission européenne, ils disent, nous, un, on ne veut pas de... Ah, c'est pas vrai ?

Laissez-moi terminer. Un, on ne veut pas de no deal, c'est-à-dire on ne veut pas un Brexit sans accord. Et deux, on ne veut pas du plan pourtant raisonnable qui a été proposé par Boris Johnson. Qu'est-ce qu'il propose ? Il propose simplement un système où à la fois la Grande-Bretagne sortirait de l'Union douanière et du marché commun, mais en même temps, on ne restaurerait pas une frontière dure entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, c'est-à-dire, en clair, on honore et on protège les accords du Vendredi 5 qui sont très importants et qui ont permis de mettre fin à la guerre là-bas.

9:14
Présentateur

Mais vous voulez taxer l'importation de produits extra-européens. La Grande-Bretagne, une fois qu'elle sera sortie de l'Union européenne, faudra-t-il taxer les produits qu'on importera de chez eux ?

9:22
Nicolas Bay

Je crois qu'il aurait fallu, avant de faire un texte, négocier entre Thérèse Hamet et Michel Barnier, deux personnes qui étaient contre le Brexit, qui aboutissaient à maintenir en réalité la Grande-Bretagne dans tous les dispositifs de l'Union européenne, au moins jusqu'en 2022, il aurait fallu commencer par poser la question de savoir quelle relation commerciale veut la Grande-Bretagne avec l'Union européenne. Et ensuite, une fois qu'on négocie un accord commercial avec une absence de droit de douane, un accord de libre-échange ou un certain nombre de tarifs douaniers assez faibles, eh bien, ça permet ensuite d'avoir un cadre protecteur.

On n'a pas mis cette question en avant au début de la négociation.

10:01
Présentateur

Donc vous soutenez le libre-échange avec la Grande-Bretagne ?

10:03
Nicolas Bay

Non, mais moi, je ne suis pas opposé, encore une fois, au marché commun. Je ne suis pas, par exemple, je ne souhaite pas qu'on rétablisse des protections... Honnêtement, on ne comprend pas. Non, mais bien sûr, si, je vais vous dire, c'est très simple. C'est très simple. Qu'est-ce qu'on a fait avec l'Union européenne ? On a supprimé les protections douanières à l'intérieur, et on a dit, en contrepartie, on va mettre des protections à l'extérieur. Exactement comme pour les frontières, d'ailleurs. On a fait Schengen, libre circulation à l'intérieur, et on a dit, en contrepartie, vous allez voir, on va faire les frontières extérieures. Eh bien, à chaque fois, ils ont fait la même chose.

On a supprimé les protections à l'intérieur, mais on a aussi supprimé les protections à l'extérieur. Et donc, ce qu'il faut, c'est rétablir des protections à l'échelle continentale, à l'échelle européenne, ne pas avoir des produits qui arrivent de l'autre bout du monde, qui polluent, évidemment, en venant.

10:41
Présentateur

Non, mais je vous parle de la Grande-Bretagne dans le cadre du Brexit. Quelles sont les relations, et est-ce qu'il fallait aller jusqu'au Brexit, si vous défendez la thèse qu'au fond, il faudrait que rien ne change, finalement ? Non, ce n'est pas ça.

10:52
Nicolas Bay

La Grande-Bretagne veut sortir de l'Union européenne, de tout le cadre contraignant de l'Union européenne. Quelle est une relation commerciale privilégiée, ensuite, avec les pays européens, avec l'Union européenne ? Ce n'est pas une mauvaise chose en soi. On n'est pas opposé à avoir des relations commerciales qui soient facilitées avec la Grande-Bretagne. On y a même un intérêt direct, ça ne vous aura pas échappé. Mais si la Grande-Bretagne sort de l'Union douanière, à ce moment-là, elle se retrouve à devoir négocier avec l'Europe, mais aussi avec tous les pays du monde, ses propres accords commerciaux. C'est ce que veut Boris Johnson, parce que c'est le sens du Brexit.

Et ce qui a voulu empêcher, en fait, la Commission européenne, dans la négociation, c'est finalement que la Grande-Bretagne retrouve une liberté en matière commerciale.

11:29
Présentateur

Vous souhaitez un accord de dernière minute entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne ?

11:32
Nicolas Bay

Moi, je pense qu'un accord tel que Boris Johnson le propose, me semble raisonnable, conforme à la fois aux intérêts de la Grande-Bretagne et aux intérêts des pays de l'Union européenne. Donc, je pense que ce sera une erreur majeure de rester absolument inflexible, comme l'est aujourd'hui Jean-Claude Juncker, avec, évidemment, des conséquences qui seront lourdes, y compris, et peut-être même en première ligne pour la France, parce que, pour des raisons de proximité géographique et de volume d'échanges commerciaux entre la Grande-Bretagne et la France, on est sans doute l'un des pays les plus exposés.

11:58
Présentateur

Je parlais donc d'IDÉ, Identité et Démocratie, le groupe politique au Parlement européen dont vous êtes le vice-président, qui est situé à la droite, voire à l'extrême droite de l'échiquier politique. Les Brexiteurs que vous aimez, que vous soutenez, Nigel Farage, n'ont pas voulu vous rejoindre, n'ont pas voulu participer avec vous à ce groupe. Pourquoi ?

12:16
Nicolas Bay

C'est pas tout à fait ça. D'abord, nous ne sommes pas d'extrême droite, ensuite, nous sommes des nationaux, des patriotes, ensuite... Ce que dit Valeurs Actuelles ? Non. Eh oui, qui pédient. Valeurs Actuelles ne dit pas que nous sommes d'extrême droite. À ce site Valeurs Actuelles, le parti d'extrême droite du Parlement européen, c'était le 13 juin. S'ils l'ont dit. Nigel Farage, c'est plutôt nous qui avons souhaité... Et juste pour la remarque,

12:34
Présentateur

vous êtes assis le plus à droite, quand on regarde l'hémicycle du Parlement européen, vous êtes à la droite de la droite, à l'extrême droite du Parlement européen, le siège 20 à Strasbourg comme à Bruxelles. Donc ce serait... Il est topographiquement à l'extrême droite.

12:45
Nicolas Bay

Donc la décision administrative du Parlement européen serait un argument irréfutable. Ça me semble quand même un peu léger. C'est en réalité Nigel Farage, dont nous ne souhaitions pas spécialement faire un groupe avec lui. Pourquoi ? Parce qu'il défend des positions politiques qui ne sont pas... Nous, on a fait un groupe cohérent. On a mis le temps pour ça. Dans la précédente mandature, on avait un groupe beaucoup plus petit. Aujourd'hui, on a un groupe important, vous l'avez dit, 73 députés, 76...

13:07
Présentateur

Cinquième groupe qui deviendrait peut-être le quatrième en cas de Brexit.

13:12
Nicolas Bay

Oui, il deviendra le quatrième groupe du Parlement européen.

13:14
Présentateur

C'est-à-dire que vous applaudirez le Brexit le jour où vous bénéficierez ?

13:17
Nicolas Bay

Écoutez, nous, on a toujours dit qu'il fallait honorer le vote des Britanniques, le vote souverain, par référendum à la majorité absolue. Je plaisantais. Donc évidemment, on sera le quatrième groupe du Parlement européen, sans doute dans quelques semaines, je l'espère. Et on est un groupe qui a une place importante, parce qu'aujourd'hui, les socialistes et le PPE n'ont plus une majorité à eux seuls dans l'hémicycle de Strasbourg. Donc ça place les groupes de taille intermédiaire comme le nôtre dans une position charnière, arbitrale, et on peut avoir donc une influence importante.

Et nous nous y préparons, parce que nous pensons qu'un certain nombre de très mauvaises orientations actuelles de l'Union européenne peuvent être corrigées. Jeff Wittenberg, encore une question sur l'Europe, et on passera au portrait de Nicolas Bay.

13:53
Invité

Malgré tous les défauts de l'Europe, que vous êtes les premiers à souligner, est-ce que cet imbruglio, est-ce que les interminables sous-bressaux de ce Brexit vont donner envie à d'autres pays de quitter l'Union européenne ? Est-ce que, paradoxalement, ça ne donne pas une solidité à l'Europe ? Est-ce que, finalement, on peut revenir sur la construction européenne ? L'Europe, ce n'est pas si mal que ça, puisque c'est si dur d'en sortir.

14:14
Nicolas Bay

Non, je crois que la Commission européenne donne la plus mauvaise image qui soit des institutions européennes. Pourquoi ? Parce qu'on a l'impression qu'entrer dans l'Union européenne, c'est facile, et on l'a fait avec beaucoup de légèreté pour les pays de l'Est, notamment. Et ensuite, en sortir, c'est impossible, c'est-à-dire qu'elle se comporte un peu comme une secte. Et à mon avis, c'est une très mauvaise image pour les institutions européennes. Mais, encore une fois, les Britanniques décident de sortir, on doit accepter leur choix. Le fait que la Commission européenne ait oscillé entre deux positions.

La première, c'est en gros que ça se passe le plus mal possible pour dissuader éventuellement d'autres de faire pareil. Et puis, ensuite, faire en sorte, finalement, que la Grande-Bretagne ne sorte pas de l'Union européenne avec le fameux backstop qui permettait, en fait, de maintenir dans tous les dispositifs, y compris avec la même contribution financière d'environ 5 milliards d'euros par an, la Grande-Bretagne. Tout ça, c'est méprisant à l'égard du peuple et du choix du peuple souverain.

14:59
Présentateur

Midi 20, l'eurodéputé Rassemblement National Nicolas Bay, vice-président du groupe Identité et Démocratie au Parlement européen est l'invité de Questions politiques jusqu'à 13h. Questions politiques. Vous connaissez la tradition, Nicolas Bay. Votre portrait, il est signé Yaël Gauze.

15:17
Invité

Nicolas Bay, dans ses mémoires, tome 2, Jean-Marie Le Pen règle ses comptes avec beaucoup, beaucoup de monde, mais pas avec vous, vous avez de la chance. Voilà ce qu'il écrit. Nicolas Bay, il me devait tout, Nicolas Bay, après son équipé chez Maigret, c'est moi qui l'avais repêché et fait nommé en Normandie. Et c'est vrai que vous êtes tellement identifié au RN d'aujourd'hui qu'on en oublierait presque vos états de service antérieurs. Ancien leader MNR, adversaire de Marine Le Pen au Régional 2004 en Ile-de-France, une tanguie de la politique, le château de son père, l'argent de son père, c'est ce que vous disiez d'elle à l'époque.

Et aujourd'hui, on voit surtout le gendre idéal du RN, costume toujours élégant, Ray-Ban, pas aujourd'hui, mais Ray-Ban souvent, petite barbe, très polie. Mais ça ne fait pas de vous un modéré, loin de là. Dans ce RN dédiabolisé, vous restez sur les fondamentaux, insécurité, communautarisme et immigration zéro.

16:06
Nicolas Bay

Il faut les expulser. Ce sont des clandestins. La place des clandestins, il faut être clair, c'est dans les charters, c'est pas dans des camps qui seraient construits

16:12
Invité

avec l'argent public. Vous étiez sur LCI, pour le dire, le 10 septembre 2016. Sur les sujets de société, vous n'avez pas bougé. Anti-Pax à 20 ans, anti-mariage gay à 36 ans, anti-PMA pour toutes, maintenant que vous avez passé la quarantaine. Le réseau catho du RN, c'est vous, proche des identitaires, proche de Philippe Vardon. Le grand remplacement, Zemmour en parle, vous, vous le théorisez politiquement. Et quand votre collègue, Thierry Mariani, organise une excursion chez Bachar el-Assad, vous n'hésitez pas, vous sautez dans l'avion.

16:41
Nicolas Bay

Au cours de notre déplacement, nous nous sommes rendus à Maloula, ce petit village chrétien martyrisé par les djihadistes, qui heureusement a été reconquis il y a maintenant 3 ans par l'armée syrienne.

16:53
Invité

Voilà, extrait de cette vidéo postée, tweetée par Thierry Mariani à votre retour de Damas. Finalement, plus qu'avec Marine Le Pen, qui s'est méfiée de vous et a fait monter en numéro 2 Jordan Bardella, c'est avec Marion Maréchal que les atomes sont les plus crochus. Vous étiez invité à sa convention fin septembre, mais en bon soldat, vous n'y êtes pas allé. Marion Maréchal renonce aujourd'hui à la présidentielle, mais peut-être y aura-t-il des jours meilleurs, car l'union des droites, ça, ça fait une sacrée différence avec Marine Le Pen, vous, vous y croyez toujours.

17:22
Présentateur

Ou pas ? Réponse Nicolas Bay.

17:24
Nicolas Bay

Non, moi je crois que l'union des droites n'est pas tellement le sujet aujourd'hui. Le sujet, c'est comment on rassemble toutes les forces qui ne veulent pas du mondialisme de Macron, qui ne veulent pas de la suppression de toutes les protections économiques, qui ne veulent pas d'une immigration massive dont il est aujourd'hui le représentant dans la politique qu'il mène. donc je ne vais pas commenter le portrait que vous venez de faire de moi, il y a des choses avec lesquelles je serai d'accord, d'autres ou peut-être un peu moins, mais ce n'est pas le plus important.

Le plus important, c'est, je pense, et vous l'avez souligné, et je vous en remercie, qu'il y a une certaine constance dans les convictions. Moi je suis un militant politique avant tout, j'ai des responsabilités aujourd'hui, j'ai été dans le passé secrétaire général du Front National, aujourd'hui, j'anime notre groupe au Parlement européen, mais voilà, j'ai des convictions, je les défends, et je pense les défendre avec modération, contrairement à ce que vous avez dit, mais aussi avec intransigeance. Voilà, si on change d'idée, de conviction au gré des sondages, je pense qu'on se déconsidère et qu'on n'est pas à la hauteur de ce que nécessite l'action publique.

La convention de Marion Maréchal, le 28 septembre, vous y étiez invité ? Je crois qu'il y avait une invitation un peu générale qui était lancée aux responsables politiques, mais moi j'ai fait le constat, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, que c'était une réunion qui avait vocation à animer le débat, un débat de philosophie, de philosophie politique, avec des intellectuels, c'était pas forcément la place. Des intellectuels ? Oui, il y avait Exemmour, Raphaël Lanthoven, etc. Il y avait des débats, d'ailleurs à mon avis, intéressants, mais c'est pas forcément le rôle de ceux qui sont engagés dans l'action électorale d'être présents à cette réunion. Vous aviez envie d'y aller ?

Non, mais c'est pas la question. Vous êtes freiné ou quoi ? Pourquoi vous êtes freiné ? Marion Maréchal a fait un choix que moi je respecte parfaitement, qui est de ne plus être dans l'action électorale et partisane. Elle est dans le métapolitique, elle l'a dit, elle a créé une école, elle veut participer au débat des idées, c'est très légitime, c'est très respectable. Mais c'est pas la question pourquoi vous n'y êtes pas allé ? Est-ce que Marie-Nepal vous a dit

19:16
Invité

si Nicolas vous y allait ? Non,

19:17
Nicolas Bay

il n'y a rien eu de tel. Personne ne m'a dit si je devais y aller ou pas, j'ai simplement fait le constat que c'était une réunion qui n'était pas directement dans mon champ d'intervention habituel, c'est tout.

19:27
Invité

Mais avec Marine Le Pen, c'est l'assurance pour Macron d'être réélu en 2022. Vous savez qui a prononcé cette phrase ?

19:35
Nicolas Bay

Oui, j'ai entendu ça de la part de Robert Ménard.

19:37
Invité

Le maire de Béziers. Qu'en pensez-vous ? Il a raison ? Est-ce que la frontière ne s'appelle pas Marine Le Pen ?

19:41
Nicolas Bay

En fait, je pense qu'il y a une vision trop statique. Il se dit que compte tenu du rapport de force électorale actuelle, ça pourrait être vrai. Mais en réalité, on sait très bien qu'il va se passer près de trois ans avant la prochaine élection présidentielle. On voit aujourd'hui que le Rassemblement national et Marine Le Pen en tant que présidente du Rassemblement national est non seulement la principale, mais en réalité la seule vraie force politique qui demeure face à Emmanuel Macron et qu'Emmanuel Macron par ailleurs dans la politique qu'il mène est de plus en plus rejetée par les Français.

20:09
Invité

Il y avait 30% d'écart en 2017. Qu'est-ce qui peut faire changer la donne en 2022 selon vous ? Mais les événements ! Les événements ?

20:16
Nicolas Bay

Les événements ! Quand les Français, qu'ils s'expriment par les urnes européennes, qu'ils s'expriment dans la rue avec les gilets jaunes, sont méprisés par le gouvernement et par Emmanuel Macron, lorsqu'aucune des grandes orientations politiques que les Français attendraient, sans doute majoritairement dans notre pays, ne sont prises par le gouvernement qui fait exactement le contraire. Les Français voudraient plus de protection économique, on dérégule. Ils voudraient moins d'immigration, on n'a jamais eu une immigration aussi élevée qu'aujourd'hui. Mais est-ce qu'il va en parler ?

20:42
Invité

On va en parler voter Marine Le Pen, vous le pensez ?

20:44
Nicolas Bay

Oui, je pense que notre famille politique, la question de la présidentielle, c'est pas tout de suite qu'elle se pose. On a des municipales, des départementales, des régionales avant. Donc en politique, c'est comme en athlétisme, on saute les ailes les unes après les autres. Mais évidemment, nous nous préparons à cette échéance présidentielle de 2022. Je crois que Marine Le Pen s'y prépare. Et nous serons à la hauteur de ce que les Français attendent à ce moment-là.

Mais aujourd'hui, notre rôle de parti d'opposition, c'est d'être présent pour défendre les Français pied à pied sur le dossier des retraites, sur les questions européennes, sur la politique sociale, parce que le gouvernement mène une politique qui va à l'inverse des intérêts fondamentaux de la France et des Français. Françoise Fresseuse.

21:25
Présentateur

La question que je me pose, c'est est-ce qu'il y a tellement d'antinomie finalement entre Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen ? Vous, vous êtes exactement le représentant au fond des deux. C'est-à-dire que vous êtes derrière Marine Le Pen, mais vous êtes aussi très proche des thèses de Marion Maréchal Le Pen. Et donc, c'est là-dessus que je voudrais aussi vous interroger quand, par exemple, Éric Zemmour affirme les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ou bien se battent pour leur libération ? Est-ce que vous êtes de ce combat-là ?

21:52
Nicolas Bay

D'abord, je sais que sur la première partie de votre question, Marion Maréchal était un député du Rassemblement National, très pugnace, très performante pendant la précédente mandature. On peut toujours, et je sais que ça fait partie de l'exercice médiatique, de voir des fictions des oppositions qui souvent n'existent pas. En réalité, il y a des sensibilités différentes qui existent et tant mieux. Et tant mieux parce que s'il n'y avait pas sur un certain nombre de sujets des nuances d'opposition des uns et des autres, eh bien on ne serait pas une grande force politique. On serait une secte.

22:22
Présentateur

Enfin là, ce serait des divergences

22:23
Nicolas Bay

de stratégie profonde. On peut avoir évidemment des personnes qui sont particulièrement attachées au rôle de l'État dans l'économie, d'autres qui sont particulièrement attachées à l'aménagement du territoire, les protections économiques et d'autres qui sont très attachées à la liberté d'entreprendre, à la baisse de la fiscalité, de la bureaucratie. Tout ça n'est pas antinomique. Et c'est valable dans d'autres domaines. Sur les propos d'Éric Zemmour, soyons clairs, il a le droit de le dire. Et on a le droit. Et vous le diriez vous aussi. Et on a le droit. Non mais je ne dis pas que vous le diriez exactement avec les mêmes mots. Mais quand il parle...

Appel à la guerre civile, vous seriez aujourd'hui là. Non, non, évidemment. Il n'a pas fait d'appel à la guerre civile. Que les jeunes se battent. Il a dit qu'il y a un risque que nous soyons demain minoritaires sur la terre de nos ancêtres.

22:59
Présentateur

Le grand remplacement. Il a employé l'expression

23:00
Nicolas Bay

Marion Maréchal également. Est-ce que vous, vous l'employez ? Non mais moi, je ne m'amuse pas à utiliser les concepts et à leur donner la signification que je voudrais. Pourquoi avez-vous ces scrupules alors que eux n'hésitent pas à employer l'expression ? Je vais vous répondre sur le fond. Lorsque vous avez des cages d'escalier où les Français sont minoritaires, des quartiers entiers où les Français sont minoritaires, des villes et même des départements entiers où ils sont minoritaires, posez la question légitime. Il y a des départements en France où les Français sont minoritaires ? Je ne suis pas sûr que les Français soient encore majoritaires. Oui, par exemple.

Qu'est-ce que vous appelez les Français ? Les Français, c'est-à-dire des personnes naturellement, historiquement. Ce n'est pas ceux qui ont de la nationalité française ? Évidemment, il y a, mais il y a toujours eu, et c'est très respectable et ça ne pose aucune difficulté, des personnes qui sont arrivées plus récemment sur le territoire national et dès lors qu'ils ont le respect de la France et qu'ils ont acquis la nationalité française, moi je les considère évidemment comme des Français comme les autres. C'est heureux, mais les minoritaires en s'en somme vous avez dit. Écoutez, il y a des endroits où il y a des personnes qui non seulement sont arrivées...

Non, non, mais on vous reprenait où des personnes sont arrivées récemment mais où en réalité elles n'ont rien fait pour s'assimiler à la nation française et elles manifestent parfois de façon très vive et même parfois violente de l'animosité, de la défiance à l'égard de la France. Mais vous en gombez des gens qui sont nés en France aussi ? Non mais attendez, être inquiet sur cette situation où les Français pourraient devenir minoritaires dans certains quartiers ou dans certaines villes dans leur propre pays, c'est légitime. Un, c'est légitime de poser la question et on a le droit de le penser mais deux, on a surtout le droit de le dire.

ça fait partie de la liberté d'expression et voir ceux qui aujourd'hui incapables d'argumenter sur le fond préfèrent essayer de censurer ses propos et bien je trouve ça assez désolant dans la patrie de Voltaire.

24:47
Présentateur

Donc vous reprenez le contenu de l'expression grand remplacement est-ce que vous iriez jusqu'à parler de la nécessité d'une remigration puisque l'auteur de l'expression le grand remplacement Renaud Camus propose lui la remigration c'est-à-dire le renvoi chez eux qu'ils soient de nationalité française ou pas de tous ceux qui viennent de l'autre côté de la Méditerranée ?

25:05
Nicolas Bay

Je vais vous répondre très clairement je ne souhaite pas qu'on remette en cause l'état de droit et un certain nombre de droits acquis en revanche moi je pense que Marine Le Pen a eu une bonne formule l'autre jour elle a évoqué s'agissant de la question de l'immigration le fait que la France était un peu un bateau qui coule quand le bateau coule et qu'il y a une voie d'eau importante c'est-à-dire l'immigration de masse que nous subissons plus de 400 000 entrées chaque année et bien il y a deux nécessités il y a la nécessité de colmater la voie d'eau c'est-à-dire le moratoire arrêter l'immigration il y a une deuxième nécessité c'est décoper il y a des personnes qui sont entrées illégalement ou qui se sont maintenues illégalement en France elles doivent être expulsées il y a le droit d'asile qui a été dévoyé qui fait que des personnes déboutées du droit d'asile 96% d'entre elles ne sont pas expulsées elles doivent l'être il y a enfin des personnes qui ont un titre de séjour régulier commettent des délits ou des crimes en France ils doivent on doit leur retirer c'est une décision administrative leur titre de séjour et les expulser et enfin et enfin il y a des personnes qui ont un titre de séjour qui ont bénéficié de la générosité de la France qui ont été accueillies par la France et on peut très bien leur dire à l'expiration de ce titre de séjour au bout de 5 ans au bout de 10 ans que cette générosité elle n'a pas un caractère définitif et irréversible et on peut parfaitement leur demander donc la remigration ne vous choque pas je ne sais pas ce que ce terme recouvre s'il s'agit de remettre en cause des droits acquis fondamentaux notamment la sanité française je ne dis pas que je partage cette thèse en revanche s'il s'agit de dire que quand on a depuis 40 ans une immigration massive qu'on a 400 000 personnes qui rentrent chaque année 255 000 titres de séjour 120 000 demandeurs d'asile 40 000 ne noyez pas nos auditeurs et nos téléspectateurs

26:39
Présentateur

sous les chiffres parlons des questions très pratiques il faut inverser la tendance Nicolas B est-ce qu'il y a des moyens très pratiques pour mettre en place la politique que vous appelez de vos voeux à part construire un mur par exemple à Vintimis comme les Etats-Unis veulent en construire un avec le Mexique est-ce qu'il faut donc ce mur à Vintimis est-ce qu'il faut organiser des charters hebdomadaires pour reconduire chez eux les immigrés irréguliers ?

27:00
Nicolas Bay

il y a deux aspects en amont il y a évidemment la question des frontières donc rétablir des vrais contrôles aux frontières nationales et protéger de manière effective ce qui n'est pas le cas aujourd'hui les frontières extérieures le mur non mais protéger les frontières extérieures on l'a toujours fait dans l'histoire les Américains le font avec un mur on n'est pas obligé de construire des murs on peut avoir des contrôles et ça peut s'avérer très efficace il y a beaucoup de pays qui le font donc il ne faut pas croire que c'est illusoire ensuite il y a la question des pompes aspirantes des incitations à l'immigration elles sont nombreuses on a cité dans le débat sur l'immigration l'aide médicale d'état des personnes viennent pour des pathologies longues et lourdes se faire soigner gratuitement en France évidemment c'est très incitatif il faut donc supprimer les incitations qui font qu'il y a beaucoup de gens qui viennent en se disant il y a un eldorado français il y a un eldorado européen on sera logé on sera nourri on sera soigné en France et donc il faut supprimer ces aides et puis moi je crois que il faut ensuite expulser ce que je disais tout à l'heure le corollaire de cette fermeté en matière migratoire moi j'ai beaucoup travaillé là-dessus au Parlement européen c'est une vraie politique ambitieuse de développement du continent africain beaucoup de questions oui construire des infrastructures routières de télécommunication d'électricité ça permettrait aussi à des sociétés françaises européennes de reprendre pied dans ces pays ce serait gagnant-gagnant et il faut que ces aides financières qu'on accorde aux pays africains soient conditionnées par la maîtrise des flux migratoires et conditionnées aussi par les laissés-passés consulaires qui doivent donner pour récupérer leurs ressortissants beaucoup de questions à vous poser

28:25
Invité

il y a El Gauze puis Françoise Fresseuse et ensuite Jeff dans ce débat qui a eu lieu à l'Assemblée puis mercredi au Sénat Edouard Philippe a parlé de quotas d'immigration c'est nouveau il a bougé et vous vous avez répondu par la voix de Stéphane Ravier votre collègue sénateur quotas d'expulsion ça marche comment c'est quoi des quotas d'expulsion ?

28:39
Nicolas Bay

en réalité quand on a une immigration de masse avec 2 millions de personnes qui vont entrer pendant le quinquennat

28:45
Invité

on a compris le problème c'est quoi un quotas d'expulsion ?

28:47
Nicolas Bay

et bien dire pas dans les actes l'immigration actuelle je pense qu'il ne faut pas des quotas d'admission il faut des objectifs annuels d'expulsion Françoise Fresseuse

29:02
Présentateur

quand on vous entend sur l'immigration on a l'impression qu'au fond on a un marché mondial où les immigrés vont choisir leur pays en fonction des avantages sociaux vous regardez aujourd'hui la situation en Turquie vous voyez les attaques de la Turquie contre les Kurdes en Syrie qu'est-ce que ça fait ?

déstabilisation de la région sans doute de nouvelles migrations est-ce que c'est pas temps de voir aussi le problème mondial c'est-à-dire que les gens qui rentrent en France ils viennent pas pour le plaisir ils viennent parce qu'il y a d'énormes événements mondiaux donc est-ce que ça suffit de leur dire non non venez pas on veut pas de vous rester à vos frontières et construisant des murs c'est pas la réponse

29:39
Nicolas Bay

il y a deux choses d'abord l'immense majorité de ceux qui viennent en France et en Europe ne fuient pas la guerre ils viennent pour des raisons économiques voilà il y en a une petite partie qui fuient la guerre et ensuite quand vous avez 260 millions de personnes dans le monde qui habitent dans des pays en guerre ça peut pas suffire à soi seul comme critère pour qu'ils viennent en France ou en Europe mais vous avez tout à fait raison il y a la question géopolitique la question de comment on défend nos intérêts pour éviter justement des flux migratoires anarchiques vers l'Europe et vers la France notamment dans cette région là et vous pensez que la France

30:12
Présentateur

peut se défendre toute seule sans besoin d'Europe je ne dis pas ça

30:15
Nicolas Bay

non mais c'est les coopérations européennes qui sont efficaces regardez ce qui se passe avec la Turquie on verse 5,6 milliards d'euros à la Turquie pour maîtriser les flux migratoires ce qu'elle fait peu ou mal et l'action qu'elle mène dessert nos intérêts elle agit on a la Turquie islamiste d'Erdogan qui intervient militairement sur le sol syrien et ce qui va aboutir à renforcer les factions islamistes Daesh Al-Nosra sur le sol syrien on aurait dû depuis des années au lieu de parier sur un hypothétique effondrement du pouvoir de Damas au lieu de parier sur des prétendues forces démocratiques opposées à Bachar el-Assad qui en réalité prétendument démocratiques oui bien sûr prétendument démocratiques lorsqu'on parle des Kurdes parce que je vous signale non je ne parle pas des Kurdes je parle des opposants à Bachar el-Assad qui aujourd'hui combattent les Kurdes aux côtés des Turcs l'armée syrienne libre qui s'était disloquée il y a quelques années aujourd'hui ils sont aux côtés d'Erdogan contre les Kurdes et donc on aurait dû utiliser les liens privilégiés anciens que nous avons avec la Syrie pour avoir un partenariat militaire diplomatique fort avec la Syrie qui peut être et qui pourra être demain un fôle

31:23
Invité

ils ont les yeux sur 300 000 morts non mais c'est pas on peut faire

31:26
Nicolas Bay

passer notre temps à avoir des considérations morales et des jugements de valeur sur tel ou tel pays tel ou tel régime mais à ce moment là Macron ne ferait pas venir au G7 l'Iran donc notre intérêt à nous c'est que la Syrie actuelle le pouvoir de Damas parvienne à éradiquer ce qu'ils sont en train de faire l'état islamique Al-Nosra les groupes islamistes sur son sol c'est quasiment terminé il ne reste plus que la poche d'Iglib et la Syrie qui est un pays de 20 millions d'habitants peut devenir demain un pôle de stabilité dans la région notre intérêt à nous c'est plutôt d'avoir une stabilité de la Syrie plutôt que d'avoir aujourd'hui la Syrie avec laquelle les relations sont rompues et la Turquie qui mène des raids militaires sur le territoire syrien ce qui va permettre de raviver l'état islamique avec un atelier des terroristes qui vont agir non mais le problème encore une fois on peut avoir plein de critiques sur Bachar el-Assad sur la manière dont il exerge le pouvoir mais d'abord on n'a pas tellement de moyens d'intervenir dans ce domaine là et surtout on peut faire juste le constat lucide que le seul qui agit réellement et concrètement sur le terrain avec le soutien de la Russie de l'aviation russe contre les groupes islamistes ça reste Bachar el-Assad et les combattants kurdes qu'est-ce qu'il faut faire du coup aujourd'hui

32:38
Invité

il faut imposer des sanctions à Ankara il faut intervenir militairement pour empêcher ce qui est en train de se passer là-bas

32:44
Nicolas Bay

c'est que la France et d'ailleurs les nations européennes d'une manière générale sont totalement absentes alors qu'elles sont en première ligne non il y a eu des sanctions la France a suspendu ses exportations militaires on voit bien que ce sont les Etats-Unis principalement qui défendent leurs intérêts qui ne sont pas les nôtres de manière évidente ils jouent la carte de l'Arabie Saoudite contre l'Iran contre la Syrie et ils ont fait preuve de beaucoup de mensuétude à l'écart à Ankara il faut faire preuve d'une absolue fermeté à l'égard d'Erdogan il ne faut pas accepter qu'il intervienne comme ça on est au Kurdistan c'est vrai il utilise le prétexte de la question kurde qui est une question très sensible pour agir mais il agit militairement sur le territoire souverain de la Syrie et évidemment il le fait de manière unilatérale sans aval de l'ONU en violation de toutes les règles du droit international donc on serait en droit évidemment non seulement de protester mais de...

mais toute la classe politique française proteste vous n'êtes pas différent d'Emmanuel Macron il faut aller un peu plus loin il faut passer des chantage il faut arrêter de lui verser 5,6 milliards d'euros par an il faut aussi engager des sanctions économiques ce qu'on a fait pour beaucoup moins de ça à l'égard de beaucoup de pays d'ailleurs

33:44
Présentateur

question simple la Turquie doit-elle être exclue du conseil de l'Europe et de l'OTAN ?

33:50
Nicolas Bay

je pense en tout cas que on peut qu'on ne rompe pas les relations diplomatiques avec la Turquie c'est une chose moi je ne suis pas sûr que comment dire exclure un pays d'une instance internationale qui est une instance de dialogue ce soit très utile on l'a fait dans d'autres circonstances regardez ce qui s'est passé avec la Russie ils ont tous dit on va écarter la Russie du G7 et maintenant ils sont très embêtés ils ne savent pas comment faire venir la Russie dans le G7 parce qu'en fait c'est une grande puissance avec laquelle on a des liens forts et avec lesquels on doit pouvoir travailler demain donc je ne dis pas qu'il faut prononcer immédiatement des sanctions symboliques de cette nature mais il faut exercer une pression très forte défendre nos intérêts dans la région mais défendre nos intérêts dans la région ça commence notamment par le rétablissement de relations diplomatiques avec la CIEI

34:34
Présentateur

encore une question sur la région avant de revenir en France la France Jeff le disait a décidé de suspendre comme l'Allemagne ses exportations d'armes vers la Turquie faudrait-il faire la même chose avec l'Arabie Saoudite cesser ou suspendre les ventes d'armes à l'Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis dans le cadre de leur guerre contre le Yémen pour qu'ils n'emploient pas des armes françaises dans leur offensive contre les rebelles outils

34:57
Nicolas Bay

moi je pense qu'il y a une erreur fondamentale qui a consisté à faire des états du Golfe le Qatar et l'Arabie Saoudite des partenaires privilégiés la France à qui on a non seulement livré des armes avec lesquels on a des liens économiques très forts à qui on a donné des avantages fiscaux exorbitants jusque sur le sol français et d'un autre côté affirmer qu'on combattrait l'islamisme alors que ces pays là en réalité sont les financeurs et les soutiens des groupes islamistes dans la région et ça nous renvoie à la discussion précédente mais vous ne répondez pas s'agissant des émirats arabes unis c'est une situation un peu différente c'est un pays qui combat l'islamisme qui place par exemple l'UOIF qui est une organisation proche des frères musulmans sur la liste des organisations terroristes donc on ne peut pas dire que les émirats ne combattent pas le terrorisme mais c'est vrai qu'il y a cette guerre effroyable au Yémen qui est menée conjointement par les émirats et par l'Arabie Saoudite et donc on devrait faire en sorte que les armements français qui engagent l'image de la France la réputation de la France et bien ne soient pas utilisés à des guerres qui sont donc il faut suspendre

35:58
Présentateur

les exportations d'armes françaises à l'Arabie Saoudite pas aux émirats arabes unis

36:04
Nicolas Bay

il faut suspendre

36:04
Présentateur

les ventes d'armes françaises au Qatar par exemple

36:06
Nicolas Bay

vous savez en géopolitique le meilleur moyen de se défaire d'une relation avec un allié qu'on juge non conforme à nos intérêts et bien c'est d'être capable de nouer des alliances avec d'autres et c'est ce que nous n'avons pas fait nous n'avons pas fait parce qu'on a été trop soumis aux intérêts américains depuis des décennies et on a perdu énormément au Moyen-Orient à ma question en l'occurrence les principaux clients

36:28
Présentateur

de l'armement français sont le Qatar l'Arabie Saoudite est-ce qu'il faut cesser de leur vendre des armes

36:32
Nicolas Bay

on doit évidemment conditionner les accords commerciaux en matière de vente d'armes à l'utilisation qu'ils feront ensuite de ces armes c'est évident Jeff Visterberg et on revient en France

36:40
Invité

je voudrais revenir en France mais en restant dans ces questions de façon indirecte sur la phrase d'Eric Zemmour quand il dit les français ne se sentent plus chez eux on comprend aussi autre chose est-ce que si c'est en substance ce qu'il a dit que vous lui accordiez le droit de le dire et que vous étiez même peut-être d'accord qu'est-ce que vous appelez des français on vous a demandé ça tout à l'heure et on n'a pas finalement prolongé si par exemple une majorité de français de confession musulmane habite quelque part est-ce que ça vous pose un problème ?

37:08
Nicolas Bay

moi je considère que chacun est libre d'avoir les options philosophiques ou religieuses qu'il souhaite et je suis très attaché et le rassemblement national est très attaché à la liberté individuelle à la liberté religieuse ce qui nous pose problème c'est l'islamisme le communautarisme islamique les revendications politico-religieuses qui ne sont pas le fait j'en conviens volontiers de tous les musulmans bien sûr mais les revendications politico-religieuses ce qui modifie nos lois nos règles et bien ça c'est évidemment inacceptable et il faut être intraitable sur ce point

37:42
Présentateur

alors justement Nicolas la liberté de conscience que vous défendez à l'instant liberté et nécessité de respecter les lois républicaines que vous venez de rappeler dans l'actualité il y a cette scène qui s'est produite avant-hier vendredi au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté des enfants d'une école primaire de Belfort étaient venus voir le fonctionnement d'une institution démocratique et un élu du rassemblement national Julien Odoul a demandé à la présidente de la région d'exiger d'une mère de famille qui accompagnait son petit garçon qu'elle retire son voile islamique argument de Julien Odoul après l'assassinat de nos quatre policiers nous ne pouvons pas tolérer cette provocation communautariste quel rapport entre une mère à qui rien n'interdit de porter le voile dans ce cadre là et qui accompagne une sortie de classe de son fils et l'attentat à la préfecture de police de Paris

38:32
Nicolas Bay

alors si vous me permettez distinguons le fond de la forme sur la question du voile nous nous sommes au rassemblement national favorable à l'interdiction du voile islamique dans l'espace public pourquoi ?

parce que nous considérons que le port du voile non non mais ne rejons pas le débat sur le voile je vais vous répondre très précisément mais le port du voile c'est soit un acte militant de revendications politico-religieuses soit un acte de soumission parce que beaucoup de femmes on le sait très bien portent le voile parce qu'elles ont la pression et parfois plus que la pression de leur entourage religieux et familial on connaît votre discours là sur la question mais vous avez raison dans l'état actuel du droit il n'est pas interdit pour une femme de porter le voile donc vous condamnez les propos ?

donc ce que je dis non je pense que c'est une maladresse d'un jeune élu régional évidemment je ne l'aurais pas dit et je ne l'aurais pas fait comme ça

39:14
Présentateur

mais est-ce que vous le condamnez ?

39:16
Nicolas Bay

oui je pense que je vous dis c'est une maladresse je pense que c'est des propos qui étaient malvenus qui étaient je ne pense pas que je sois soupçonnable de la moindre faiblesse à l'égard du communautarisme ou des revendications politico-religieuses en France et je pense qu'il faut combattre cela mais en revanche nous devons assortir cette fermeté du respect de la dignité de chacun et là je parle un peu comme père de famille mettre en cause une femme à côté de son enfant en bas âge je pense que c'est une maladresse que c'est malvenu d'après vous qu'est-ce qui restera dans la tête

39:49
Présentateur

du petit garçon qui a vu sa mère pleurer insultée par des élus ARN parce qu'elle portait un foulard ?

39:54
Nicolas Bay

je pense qu'il oubliera cette scène qui a sent été douloureuse pour lui mais au-delà de cela je vous dis sur le fond il faut être intraitable sur la défense de notre identité de notre sécurité et refuser l'islamisme refuser le communautarisme et dans cet esprit-là nous voulons modifier la loi pour que le voile soit interdit dans l'espace public voilà pour autant il faut respecter les personnes et je pense que c'était inutilement blessant et agressif

40:21
Invité

donc grand mea culpa ARN ce matin c'est rare on le notera et Marlène Schiappa secrétaire d'Etat à l'égalité hommes-femmes disait ceci c'est en humiliant les mères publiquement devant leurs enfants que l'on crée du communautarisme finalement dans cette histoire de Bourgogne-Franche-Comté est-ce que en privant d'accès si on suivait Julien Audoul votre collègue d'accès à cette maman dans l'enceinte de l'hémicycle du conseil régional est-ce que finalement on ne ferme pas la porte à

40:47
Nicolas Bay

très franchement le communautarisme il se développe de manière ininterrompue en France à cause de l'immigration massive et anarchique et à cause de la faiblesse de la veillerie des pouvoirs publics à l'égard des groupes islamistes sur notre sol donc n'inversons pas quand même les rôles et les responsabilités de chacun moi je vous dis très clairement c'est une maladresse qui a été commise et je la connais très volontiers maintenant attaquons-nous enfin au vrai problème c'est-à-dire l'immigration qu'a généré le communautarisme le communautarisme qui aboutit à l'islamisme au terrorisme sur notre sol et voilà on peut toujours le lien

41:20
Présentateur

entre cette mère de famille qui porte le voile et le terrorisme sur notre sol vous faites le lien dans la même phrase

41:27
Nicolas Bay

dans la même phrase Nicolas Bey non je vous dis simplement que l'immigration totalement anarchique que la France a subie a généré le communautarisme dans un certain nombre de quartiers que les pouvoirs publics se sont soumis à ce communautarisme parfois par clientélisme électoral en finançant des organisations nous parlons de ce qui s'est passé vendredi au conseil régional non pas tout à fait on parle d'un autre sujet et que ce communautarisme a fait le lit de l'islamisme sur notre sol maintenant je vous ai répondu très clairement sur ce qui s'est passé en Bourgogne-Franche-Comté encore une fois distinguons le fond de la forme oui il faudrait interdire le voile islamique dans l'espace public mais en l'état actuel du droit ça n'est pas le cas et par ailleurs respectons les personnes dont acte

42:05
Invité

est-ce que vous observez et donc si oui j'imagine approuver le tournant à la tête du pouvoir la vigilance contre l'islamisme qu'apprenait Emmanuel Macron lors des obsèques des quatre policiers est-ce que vous non pas vous l'applaudissez mais disons vous non j'applaudis pas je me doute que vous n'applaudissez pas Emmanuel Macron je n'applaudis pas

42:23
Nicolas Bay

Christophe Castaner qui arrive en nous disant qu'il n'y a aucun élément qui laisse penser que c'est un radicalisé vous savez que c'est plus compliqué que cela oui alors que évidemment on avait un faisceau d'éléments un faisceau de présomption qui montre que c'est une attaque islamiste avant même que on ait l'effet qu'il pas le jour où il s'exprime mais si en réalité bien sûr que si la note qui lui révise c'est pas ça il ne s'est beaucoup expliqué il ne comprend rien mais il laissez Nicolas B le modus operandi qui consiste à tuer au couteau par égorgement quatre de ses collègues de la part de quelqu'un qui était converti à l'islam et qui fréquentait une mosquée radicale à Gonesse évidemment qui refusait de serrer la main de ses collègues féminines évidemment que c'est un faisceau d'éléments qui laisse penser que c'était une action islamiste et le nier était une bêtise évidemment énorme et une faute politique majeure alors on va parler d'islamisme et d'immigration maintenant vous avez posé la question des propos de Macron sur l'islamisme mais on n'en est plus à tenir des paroles y compris des paroles hautes il faut des actes combien il y a eu de mosquées radicales qui ont été fermées quasiment aucune combien il y a eu d'imams radicaux qui ont été expulsés quasiment aucun combien d'associations dans la mouvance des frères musulmans ou des salafistes a été dissoute aucune donc il ne suffit pas d'aller faire des belles paroles

43:36
Présentateur

vous oubliez assez rapidement quand même que la France a des troupes et des soldats engagés au Sahel qui se battent contre Acmi il y a des soldats qui se battent en Syrie contre Daesh que des policiers ont été tués en France en combattant le terrorisme comme si finalement il n'y avait pas des soldats français en Syrie qui se battent contre Daesh il y a des forces spéciales

43:53
Nicolas Bay

dans la région oui c'est beaucoup plus nuancer que ça malheureusement l'attitude qui a été celle de la France notamment sous François Hollande ça a consisté plutôt à soutenir les groupes islamistes contre le régime syrien c'est à dire en pratique à faire le jeu de Daesh et d'Al-Nasra enfin c'est un autre sujet

44:08
Présentateur

est-ce qu'il faut corriger la loi de 1905 ?

44:12
Nicolas Bay

moi je pense que la loi de 1905 elle offre c'est une loi qui est équilibrée qui offre des garanties solides de défense de la laïcité la laïcité c'est la neutralité philosophique et religieuse des institutions et ça fixe un cadre qui doit être respecté et ceux qui aujourd'hui disent il faut modifier la loi de 1905 c'est en réalité ceux qui considèrent qu'elle empêche une certaine forme d'islam qui est en réalité un islam politique de s'insérer pleinement dans la société française et moi je suis en désaccord total avec ça je pense que c'est un cadre juridique aujourd'hui qui est protecteur protecteur de notre mode de vie de nos valeurs de nos lois républicaines et que quelles que soient les convictions individuelles de chacun on a l'obligation quand on est un citoyen français ou qu'on est installé en France et bien de respecter strictement ce cadre

45:02
Présentateur

on va changer de sujet Nicolas B et nous arrêter sur un enjeu qui concerne absolument tous les français qui est celui des retraites Yael Goz

45:09
Invité

est-ce que vous

45:10
Présentateur

maintenez toujours

45:11
Invité

l'idée qu'il faut partir à 60 ans âge légal de départ à la retraite est-ce que ça vous paraît juste est-ce que c'est finançable ?

45:18
Nicolas Bay

Si vous me permettez je vais vous répondre précisément mais il faut arrêter de traiter la question des retraites sous un angle purement comptable il faut avoir une vision politique François Fillon avait fait une réforme il a dit on va augmenter la durée de cotisation on va passer à l'âge légal à 62 ans et ça va régler le problème on a vu que ça ne règle rien et aujourd'hui on a Macron et Delevoix qui nous disent on va passer à 64 ans l'âge pivot etc en réalité tant qu'on augmente la durée de cotisation on n'a règle rien au problème quel est le problème de notre système de retraite par répartition c'est qu'on a un nombre de cotisants qui est insuffisant par rapport à un nombre de pensionnés les pensionnés ayant cotisé et donc elle réduit cette retraite c'est un droit évidemment acquis aujourd'hui Macron essaye de détricoter le système il a frappé durement les retraités avec la hausse de la CSG maintenant la deuxième étape c'est le passage à une retrate par point avec à la clé le point qui baissera en réalité par décision de Bercy validée par l'Assemblée nationale c'est à dire en clair la baisse des pensions et l'augmentation de la durée de cotisation mais le passage du système de retraite par répartition à ce système par point qui a un immense inconvénient qui est de ne plus reposer sur la solidarité intergénérationnelle et bien c'est évidemment avec un objectif précis qu'il y ait une baisse des pensions voilà aujourd'hui je vous réponds si vous augmentez la durée de cotisation ce que vous gagnez sur les caisses de retraite vous le perdez dans un contexte de chômage de masse sur l'assurance chômage en réalité parce que si vous avez des personnes qui restent deux ans de plus dans leur poste et bien vous avez autant de personnes qui vont attendre de plus à Pôle emploi donc en réalité ça ne règle rien la solution pour équilibrer notre système de retraite c'est du boulot et des berceaux c'est à dire l'emploi évidemment revenir à un niveau de chômage raisonnable et augmenter la natalité la natalité c'est un des leviers les plus puissants qui existent et alors vous faites comment ?

ça a un impact à 20 ans des mesures fiscales et sociales c'est ce qu'on fait plein de pays regardez ce qu'a fait Victor Robin en Hongrie regardez ce qu'a fait Matteo Salvini lorsqu'il était aux affaires il y a quelques mois vous prenez un certain nombre de mesures pour inciter à la natalité des familles qui du coup parce qu'il y a ces aides sociales et fiscales décident d'avoir trois enfants au lieu de deux d'avoir quatre enfants au lieu de trois et à ce moment là vous savez quand même que la France a un des meilleurs taux de natalité

47:25
Invité

de l'Union Européenne bien supérieur à celui de la Hongrie

47:27
Nicolas Bay

il est quand même un peu en berne d'abord ensuite c'est vrai qu'il est un peu plus haut il est un peu plus haut que la plupart de nos voisins c'est d'ailleurs en partie lié à l'immigration massive que nous avons subi et qui a d'autres conséquences identité sécuritaire dont on parlait à l'instant moi je pense qu'on pourrait avoir une politique nataliste beaucoup plus dynamique beaucoup plus efficace mais évidemment c'est avec c'est la question économique et donc c'est la question des protections et donc c'est la question de la baisse de la fiscalité et donc c'est la question de la réindustrialisation qui est derrière en réalité si on a une vision purement comptable de l'équilibre des caisses de retraite et bien on va augmenter la durée de cotisation on dira aux gens vous allez travailler jusqu'à 70 ou 75 ans et ça n'agglomérera rien au problème parce que au lieu d'avoir 6 millions de chômeurs comme aujourd'hui réel toutes catégories confondues on en aura 6 millions 5 ou 7 millions

48:14
Présentateur

Nicolas Bay on vous prend en mots vous dites aux français faites des bébés faites des bébés c'est ce qui est aussi en jeu dans le cadre de la loi de bioéthique et donc de la question de la PMA pour toutes les femmes et faites peut-être aussi des bébés

48:27
Invité

par procréation médicalement assistée effectivement Marine Le Pen dit qu'elle n'a aucun problème à voir un enfant élevé par un couple gay ou lesbien et vous Nicolas Bay la question

48:36
Nicolas Bay

de la procréation médicalement assistée étendue au couple de femmes pose en fait plusieurs problèmes un problème que Marine Le Pen a largement évoqué à la tribune de l'Assemblée nationale qui est un problème qui est lié à l'état civil mais elle pose aussi un autre problème c'est que c'est d'ailleurs un argument qui a été utilisé par l'Académie de médecine des hautes autorités médicales cet argument a été balayé d'un revers de main pour des raisons idéologiques par Mme Buzyn et qui dit l'altérité homme-femme père-mère est un des éléments très importants de la construction personnelle et psychologique d'un enfant voilà et évacuer totalement cet aspect au profit de la seule

49:15
Présentateur

donc faites des bébés mais pas les couples de femmes de l'homme sexe non c'est pas ça

49:17
Nicolas Bay

je crois que quand on fait un choix de société on ne peut pas faire en sorte que la loi s'adapte uniquement au souhait au désir individuel des adultes

49:32
Présentateur

elle s'adapte à une réalité

49:33
Nicolas Bay

on doit avoir non on doit avoir en tête l'intérêt général et l'intérêt général c'est l'intérêt des enfants l'intérêt supérieur de l'enfant qui doit être protégé et l'intérêt supérieur vous savez il y a des enfants qui vivent qui grandissent sans père parfois sans père et sans mère c'est souvent une souffrance qui évidemment ça résulte des accidents de la vie des drames des accidents des séparations mais créer de toutes pièces

49:58
Présentateur

non mais c'est pas ça je veux dire si ça existe déjà dans la société française

50:01
Nicolas Bay

il faut le reconnaître une situation il reste deux minutes où l'enfant serait délibérément par la décision du législateur privé de son père et de la connaissance de son père et bien évidemment ça ne me semble pas du tout conforme à l'intérêt de l'enfant et donc des générations vous approcherez si vous arrivez au pouvoir cette loi écoutez il y a une cohérence politique nous sommes au rassemblement national et nous l'avons exprimé clairement dans le débat parlementaire dans le débat médiatique aussi dans la rue pour un certain nombre d'entre nous opposés à cette extension de la PMA pour les raisons que je viens d'indiquer donc la cohérence politique c'est évidemment de revenir sur ces dispositions législatives aussi lorsque nous arrivons au pouvoir mais d'ailleurs c'est d'un projet donc oui bien sûr vous savez aujourd'hui c'est d'ailleurs c'est ce qui a mis en évidence pour les français que la droite et la gauche sont interchangeables c'est que quand les républicains étaient en opposition ils expliquaient qu'ils étaient en désaccord avec le projet du parti socialiste et puis quand ils arrivaient au pouvoir jamais ils n'abrogeaient on l'a vu sur un nombre incalculable de sujets voilà la cohérence politique c'est d'abroger un texte qui nous semble fondamentalement mauvais fondamentalement non conforme à l'intérêt général et donc nous appliquerons ce principe dans ce domaine là comme dans d'autres

51:08
Présentateur

encore une question sur le sujet avant de passer à autre chose est-ce que vous êtes opposé du coup à la PMA tout court ?

51:14
Nicolas Bay

non je dis non non la PMA tout court telle qu'elle est actuellement dans le droit français elle permet elle est accessible aux couples qui sont dans des situations d'infertilité c'est à dire qu'elle qui désirent l'enfant elle permet finalement de de corriger une situation pathologique voilà mais la question de la PMA étendue aux couples de femmes c'est une autre question c'est de savoir finalement est-ce que ce qui est techniquement et scientifiquement possible devient automatiquement sur le plan politique et éthiquement souhaitable je ne le crois pas puisque le camp

51:48
Présentateur

l'église est contre tout simplement la PMA on va changer de sujet et pour clore l'émission encore un mot sur l'avenir ce qui vous attend votre stratégie Nicolas Bay il y a il gosse

51:57
Invité

Christian Jacob est favori chez l'LR pour présider le parti il a dit dans Valeurs Actuelles qu'il refusait toute alliance avec vous toute référence à l'extrême droite vous ferez comment après quand c'est lui si lui est élu

52:08
Nicolas Bay

écoutez si il est élu LR continuera de disparaître aujourd'hui c'est un petit parti c'est un parti qui a un poids électoral très modeste 8% des voix aux dernières élections européennes d'ailleurs c'est pas un hasard si dans une longue émission d'une heure on en parle on parle de la élection interne qu'elle eue aujourd'hui en quelques minutes à la fin parce qu'en réalité c'est pas un sujet central les républicains moi ce que je vois aujourd'hui c'est que c'est un parti et c'est vrai dans son électorat sans doute aussi dans ses cartes et ses élus qui est partagé il y a Christian Estrosi Gérard Larcher qui finalement sont compatibles en tout point avec Macron et avec ses orientations politiques mais je vois aussi c'est vrai y compris un peu dans ma génération des personnalités comme Julien Aubert ou comme Guillaume Larivet qui défendent la souveraineté nationale qui défendent la fermeté contre l'immigration oui mais je leur dis que c'est une chose d'avoir ce projet j'ai pas de raison de mettre en doute leur sincérité mais s'ils veulent être cohérents et le mettre en oeuvre ce sera avec nous ce sera à nos côtés la droite populaire animée par Thierry Mariani était une structure à l'intérieur de LR aujourd'hui c'est un partenaire du Rassemblement National nous nous sommes prêts à ce rassemblement et nous tendons la main à tous ceux qui ont des convictions les partagent avec nous et veulent les mettre en oeuvre en France contre Macron

53:13
Présentateur

une immense exposition Léonard de Vinci va commencer au Louvre Matteo Salvini la ligue disent que Vinci est italien il faut leur rendre la Joconde ce sont vos alliés qu'est-ce que vous leur répondez ?

53:23
Nicolas Bay

on peut avoir des points de désaccord avec nos alliés donc moi je pense que la Joconde est très bien je ne veux pas m'engager dans des querelles d'historiens compliqués vous venez d'ouvrir une belle polémique en tout cas je me réjouis d'avoir cette très belle exposition qui a eu lieu à Milan je crois il y a quelques semaines et qui maintenant va être au Louvre

53:46
Présentateur

l'émission se termine merci Nicolas B bon dimanche merci à Alexandre Gilardi et à toute l'équipe technique de questions politiques rendez-vous la semaine prochaine merci à vous

Nicolas Bay : "Il y a des départements entiers où les Français sont minoritaires" — Nicolas Bay · Pourquijevote