Jean-Louis Borloo : "Il faut des coalitions sur chacun des six grands sujets"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:37OuverteRéponse directe
Comment le mécanicien voit-il la voiture France quand il en ouvre le capot en cette mi-2023 ?
- 1:39RelanceRéponse partielle
Pensez-vous qu'un an après, un an après la présidentielle, le sursaut a eu lieu ?
- 5:23OuverteRéponse directe
Est-ce que les CNR ça marche ?
- 6:35RelanceRéponse partielle
À quoi ça sert les CNR logement ?
- 8:56RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce qui a raté à vos yeux dans la réforme des retraites ?
- 11:23OuverteRéponse directe
Et le projet de loi immigration qui arrive ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:43Invité politiqueChiffre
« Vous avez l'État, 400 milliards avec 80 déficits, et les collectivités locales dans leur coin à 300 milliards. »
- 5:56Invité politiqueChiffre
« Qui peut être content ou se contenter d'avoir 40 000 mineurs isolés près des gares, d'avoir 700 000, 800 000 personnes qui n'ont ni avenir, ni départ du territoire, que les obligations de quitter le territoire sont appliquées à 9% ? »
- 8:03Invité politiqueFait
« Le paritarisme, qu'est-ce qu'on en fait ? C'est la guerre avec les syndicats ? »
- 17:00Invité politiqueChiffre
« Vous aviez voulu électrifier l'Afrique et on a signé 3 milliards et demi de fonds européens par an. Pendant juste 15 ans, ça suffisait. »
- 24:07Invité politiqueChiffre
« Il y a 20 ans, on produisait 250 000 logements, on est passé avec le même outil à 500 000, on retombe à 250 000. »
Temps de parole
- Jean-Louis Borloo72 %
- Invité12 %
- Présentateur8 %
- Auditeur4 %
- Auditeur 23 %
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Et avec Léa Salamé, nous recevons aujourd'hui le président de la Fondation Énergie pour le Monde. Question réaction 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jean-Louis Borloo, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, on est très heureux de vous entendre ce matin car votre parole est rare. On ne va pas refaire le CV mais tout de même, vous avez été maire de Valenciennes, ministre de la Ville, de l'Emploi, du Travail, du Logement, de l'Économie, des Finances, de l'Écologie. Aujourd'hui, vous vous définissez comme un mécanicien de l'action publique.
Alors, comment le mécanicien voit-il la voiture France quand il en ouvre le capot en cette mi-2023, après cinq mois de crise sociale, une inflation toujours très forte et dans un contexte de guerre en Europe ? Comme vous.
On est dans un paradoxe extraordinaire d'un pays avec des talents fous, plateau de Saclay, il y a 300 labos, il y a des médailles filles, enfin bon, il y a des tas de trucs qui vont bien. Mais ce qui fait l'essentiel de notre nation, les poutres essentielles, qui fait qu'on vit ensemble, le logement, la sécurité, la justice, l'énergie, l'état de nos prisons avec les sorties sèches, on voit bien que ces poutres, elles sont en train de s'effilter petit à petit. Et moi, j'ai un peu le sentiment qu'on va finir par se lancer des anathèmes dans tous les sens.
Vous dites que ça va mal finir. Vous dites que ça va mal finir dans un petit livre que vous avez publié il y a un an, 17 jours précisément avant l'élection présidentielle. C'était un manifeste, c'est un manifeste, ça s'appelle l'alarme, clair, percutant, didactique, 92 pages, sorte de plaidoyer pour une vraie décentralisation. Vous parliez dans ce livre des fameuses poutres essentielles de la République qui étaient fissurées, en danger. Vous écriviez le sursaut doit être immédiat, ordonné, coordonné, puissant parce que ça va mal finir. Bref, l'alarme a sonné, il faut se réveiller. Pensez-vous qu'un an après, un an après la présidentielle, le sursaut a eu lieu ?
Quel est le fond de la question ? Le fond de la question, c'est qu'on est dans un imaginaire dans lequel l'État est globalement tout puissant. Sauf que depuis qu'on a cet imaginaire, il y a eu l'Europe, les régions, les agglos, le paritarisme. Si vous regardez l'architecture des pouvoirs publics, 500 milliards gérés par les partenaires sociaux, ce qui fait la vie quotidienne des gens, la Caisse Nationale de l'Allocation Familiale, la Caisse Nationale de Vieillesse, Clacnam, etc., qui sont dans leur coin. Vous avez l'État, 400 milliards avec 80 déficits, et les collectivités locales dans leur coin à 300 milliards.
Or, aucun des sujets essentiels, madame, aucun, je vais vous donner deux exemples, aucun ne peut se traiter par un seul des acteurs. Vous prenez l'éducation, vous prenez les enfants. Un enfant, quand il est à Grigny, Henri IV, il n'est pas dans la même configuration. Pour élever un enfant, vous savez, le dicton africain, il faut tout un village pour élever un enfant. Eh bien, un enfant, il faut qu'il y ait autour de lui de la santé, de l'association, la collectivité locale, le département, ses travailleurs sociaux, et l'éducation nationale. Vous prenez le problème du logement. On va vers une crise, on est à moins 40% de production. Le logement, ce n'est pas juste l'État.
Le logement, c'est la ville, c'est l'agglomération, c'est le département, c'est les régions, c'est les HLM, c'est le privé, c'est la fiscalité.
Donc, on en entend trop de l'État et pas assez de la décentralisation.
Vous savez, moi, je pense à ce grand discours de De Gaulle en 1969, qui a d'ailleurs provoqué son départ, quand il disait, Français, Françaises, il faut redonner aux provinces le pouvoir d'agir pour ce qui est de la proximité. Il faut que les forces vives et les partenaires sociaux soient engagés, et il faut que l'État fasse la part qui concerne l'État. C'est le fameux référendum. Relisez-le, il n'a pas pris une ride. Il était en avance, il est parti à l'époque. Aujourd'hui, on a un point d'architecture des pouvoirs publics. Moi, ma conviction, c'est qu'il faut des coalitions sur chacun des six grands sujets. Ce n'est pas un acteur qui va régler le problème.
Vous ne construirez pas de prison sans l'accord du département de la région. Qui s'occupe, par exemple, des mamans, des mamans isolées, des familles monoparentales, des adultes handicapés ? C'est la Caisse nationale de la location familiale qui a un budget supérieur à celui de l'éducation nationale. Donc, on vit en silo. Donc, moi, ce que je dis, au lieu de pleurnicher et de ça, ce que je dis, nos capacités de redressement sont gigantesques, à condition qu'il y ait, sur les six sujets, un diagnostic, une feuille de route, et que chaque partenaire dise quelle est sa part de contribution dans son champ de responsabilité.
Dans l'alarme, la proposition charnière du livre résidait dans l'idée de créer un Conseil national de la République avec des coalitions, à l'image de celle que vous aviez mise en place dans votre territoire, le Valenciennois, et une méthode, dans tous les domaines, ce que vous avez décrit à l'instant, mettre autour de la table tous les acteurs, Etats, collectivités, partenaires sociaux, afin de faire un diagnostic objectif, partager, définir une feuille de route commune et co-construire des solutions. Emmanuel Macron vous a écouté. Ça s'appelle les CNR aujourd'hui. CNR Santé, CNR Logement, CNR Jeunesse. Est-ce que ça marche ?
Écoutez, ça débute, ça démarre. Est-ce que ça va dans le bon sens, ça ? Oui, d'une manière générale, ça va dans le bon sens. Mais il faut bien comprendre qu'il faut toujours partir d'un document écrit. On est la France de l'oral. Alors, on fait des discours, et après, on donne des solutions orales. La vérité, pour mobiliser tout le monde, il faut une feuille de route rédigée. Diagnostique. Prenez l'exemple de l'immigration, par exemple. Mais on va les déchirer, ça va être épouvantable.
Alors que, objectivement, qui peut être content ou se contenter d'avoir 40 000 mineurs isolés près des gares, d'avoir 700 000, 800 000 personnes qui n'ont ni avenir, ni départ du territoire, que les obligations de quitter le territoire sont appliquées à 9%. Il ne s'agit pas de dire, c'est l'extrême loi, non, on a des sujets extrêmement opérationnels. Alors, comment on fait ? Eh bien, on écrit la loi, on écrit la situation, diagnostic, l'OFPRA, combien de temps, modification, est-ce qu'il faut que le tribunal administratif ne soit pas en harmonie avec le tribunal judiciaire ?
On écrit les dysfonctionnements, ça se décrit, et après, chaque partie prenant, sur une feuille écrite, chaque partie prenant ne pas apporter sa réponse. Prenez le logement,
prenez le CNR logement, on avait reçu Véronique Bédague, il a mis en place, Emmanuel Macron, un CNR logement pendant plusieurs mois, tous les acteurs, ce que vous ne pourrez pas parler, ont disputé ensemble, ont établi un diagnostic, ont établi des solutions, c'était dirigé par la patronne de Nexity, donc Véronique Bédague, et Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre. A la fin, ils ont donné les solutions, et eux-mêmes sont allés dans les médias pour dire, on est déçus. Donc à quoi ça sert, si vous voulez ? Les diagnostics ne sont-ils pas déjà connus ? À quoi ça sert ? Pourquoi ça ne va pas jusqu'au bout ?
Il faut un, le diagnostic, et deux, rédiger ensemble, mais ça prend des centaines d'heures. Le Grenelle du Environnement, ça a pris des milliers d'heures. Le plan de cohésion sociale, ça a pris des milliers d'heures. La rénovation urbaine, ça a pris des milliers d'heures. Mais il faut rédiger. Pour que chaque acteur puisse apporter sa contribution, le bon jour, à la bonne heure, tel que c'est prévu, il faut écrire et il faut rédiger. Donc vous dites que c'est superficiel, en fait,
ça ne sert à rien de se réunir, et de dire, voilà, des solutions...
Je dis qu'il faut perfectionner la méthode. Ce que je dis surtout aux Français, c'est que ces six grands chantiers, il faut qu'on les traite. Et ces six grands chantiers, ils sont vitaux, et on a la capacité de le faire. Moi, je suis un enthousiaste, un optimiste. Les marges de manœuvre sont concernées. Je vous donne un exemple. Personne ne sait qui fait quoi, en réalité. Vous savez, vous, que fait la CNAF, la CNAM ? Je vous donne un exemple. Le paritarisme, qu'est-ce qu'on en fait ? C'est la guerre avec les syndicats ? C'est eux qui président la Caisse nationale de l'assurance vieillesse. On a un changement d'équipe, là. Sylvie Binet qui arrive. Il va y avoir un nouveau patron du MEDEF.
Il va y avoir... Marie... Pardon. Marie-Lise Léon, Sylvie Binet. Bon. C'est quoi la place du paritarisme ? Ils continuent à gérer 500 milliards, mais en fait, c'est l'État qui décide et qui nomme les gens. Quelle est, dans notre société moderne, la place moderne du paritarisme français ? Voilà. Donc, je pense qu'on a un problème d'architecture. On a des dirigeants globalement engagés, Pluton qui essaie de bien faire, un pays intelligent, et on a quand même des résultats qui ne sont pas très très bons. Est-ce qu'on peut se poser juste la question de notre architecture de l'action publique ? Comment on fonctionne ?
Mais regardez, appliquez-le à la réforme des retraites, parce que c'est ça qui s'est passé pendant 5 mois. Qu'est-ce qui a raté à vos yeux, puisque vous avez été critique de cette réforme et de la méthode ?
Qu'il faille globalement allonger la durée de cotisation ou de travail, je veux dire, ça me paraît tout à fait raisonnable. On a des partenaires sociaux. Il faut qu'on se mette d'accord sur l'objectif et puis voir les moyens d'y arriver. Pourquoi il y a de la tension aujourd'hui ? Parce que, vous savez, on dit toujours, il pleut toujours ou c'est mouillé.
Donc quand vous êtes une famille et que la gamine se fait bousculer à la gare de Lisieux, que le passeport faut 6 mois, que le service public, vous avez l'impression, à l'hôpital, regardez ce passé au Chut de Grenoble, vous avez le sentiment, alors que vous avez fait le Covid, vous étiez en première ligne, c'est pour vous que les services publics sont plus importants. Pardon, c'est ni pour vous ni pour moi. C'est pour les gens qui en ont vraiment besoin. Et ceux-là, ils ont le sentiment qu'ils ont été en première ligne pour un problème de déficit. Je veux dire, il faut qu'on apprenne à dialoguer et à trouver des solutions.
Moi, je suis convaincu, on aurait pu faire du Touraine amélioré, on aurait pu faire des tas de choses. Mais pour ça, il faut le vouloir, non ? Non, mais on était parti, pardon, sur un système qui était le système à points, qui était progressiste, où il y avait des partenaires sociaux. Bref, maintenant, c'est derrière nous le sujet.
Oui, mais d'accord, mais sur le fond, il décide 64 ans. À un moment, il prend la décision, il dit que ce sera 64 ans. Et que les syndicats suivent ou pas, ce sera 64 ans. À la fin, c'est 64 ans. D'une certaine manière, il y est arrivé.
Non, mais vous voulez ça ?
Non, la question, c'est de savoir... Au fond, c'est aussi ça de gouverner, c'est de décider, d'appliquer, d'utiliser au Parlement tous les biais possibles, 49-3, 47 ans, etc.
Mais moi, je ne critique pas le processus tel qu'il a été fait. Ce que je vous dis, madame, simplement, c'est que vous pouvez faire ça, mais si en même temps, l'ensemble des services publics, la politique du logement énergétique, le système judiciaire, la sécurité dans la rue, le contrôle du peuplement, quand même, je veux dire, on a quand même le droit de contrôler notre peuplement. Moi, je veux dire, je ne comprends pas une seconde que personne à gauche ou à droite se satisfait de la situation actuelle. C'est-à-dire qu'on traite le problème méthodiquement et méthodologiquement ou on va partir sur un truc inflammable qui me paraît extrêmement dangereux.
Et là, le projet de loi immigration qui arrive ?
Alors, oui, je pense qu'il faut rédiger d'abord le diagnostic et ensuite faire les propositions. La France se précipite avec toujours des solutions avant de regarder les raisons pour lesquelles on en est là. On n'est pas un pays de crétins. Si un truc ne marche pas, il a été une bonne décision il y a 20 ans. Tout a évolué. Il faut s'adapter. Il faut trouver... Si nous ne mettons pas tous les pouvoirs publics, quels qu'ils soient, en ordre de marche, ensemble, dans la partie qui les concerne, nous n'y arriverons pas.
Une question au standard d'Inter. C'est Emeraude qui nous appelle de Roubaix. Bonjour.
Bonjour. On vous écoute. Oui, merci. Bonjour et merci à toute l'équipe de France Inter pour le travail que vous faites. Moi, je suis de Roubaix, mais originaire de Valenciennes, Jean-Louis. J'ai beaucoup collaboré avec Dominique Riquet. Donc, c'était un vrai plaisir. La question est assez simple par rapport à ce que vous venez de dire. Je trouve que notre région est un bel exemple et le travail que fait Xavier Bertrand est intéressant puisqu'il nous soutient. Moi, je suis directrice d'un organisme de formation qui est d'éducation permanente pour apprendre tout au long de la vie. Donc, j'aide les plus démunis.
Et ma question, c'est comment vous verriez la sixième république après tout ce que vous venez de nous dire ?
Merci Emeraude pour cette question. Alors, à quoi ressemblerait une sixième république, Jean-Louis Borloo ?
Je vous renvoie au référendum qu'avait proposé Charles de Gaulle. Il faut, pour que l'action publique marche bien, il faut mettre le pouvoir de décision, y compris législatif, là où il doit être. Je vous donne un exemple. On ne peut pas avoir une politique du logement. On a décentralisé de manière réelle un certain nombre de choses. Sauf que les décrets, les circulaires, elles sont d'État. Et donc, on est dans une cacophonie absolument épouvantable. Moi, je pense qu'il faut qu'il y ait des sujets qui relèvent de la province avec un pouvoir législatif de province, avec des évaluations, des sujets qui relèvent de l'État et des sujets qui relèvent du paritarisme.
On peut même imaginer des choses intelligentes. C'est quoi le paritarisme demain ? C'est juste, on va s'engueuler, on fait des manifestations ? C'est le plus gros budget de finances publiques de notre pays.
Oui, mais ça fait 20 ans qu'on dit ça.
Non, non, pardon. Et ça ne marche pas.
Et les syndicats perdent, à part sur la réforme des retraites où ils ont retrouvé des couleurs.
Je parle du rôle En fait, c'est assez simple après la guerre. L'État faisait tout et les syndicats faisaient la sécu. Au moins, on savait qui était responsable, qui était le chef. Depuis, il s'est passé plein de choses. Il y a l'Europe, il y a l'euro, plus de dévélation compétitive, il y a les régions, les départements qui sont plus autorités des préfets, il y a les agglos, il y a les villes, les autorités indépendantes. On est un pays émietté. Un pays émietté, il ne peut pas continuer à être conduit par une ou deux personnes.
Comment vous expliquez, Jean-Louis Borloo, la sanction continue du Rassemblement National et de Marine Le Pen ? Vous êtes un combattant de l'extrême droite depuis longtemps, 88 députés à l'Assemblée Nationale, des sondages au beau fixe, que ce soit les sondages de popularité de Marine Le Pen, de Jordan Bardella ou les sondages d'intention de vote pour les européennes ou la présidentielle. Comment vous l'analysez ? Qu'est-ce qu'il apporte ?
Si vous voulez, quand les fonds d'amende, les poudres, pardon d'être obsédés, mais essentiels ne fonctionnent pas, quand vous avez l'impression qu'à Bordeaux, la maman est le petit, quand vous avez l'impression que le service public ne marche pas, quand vous appelez et qu'on ne vous répond pas, quand vous voyez que les sorties de prison se font dans des conditions, on est condamné pour la dixième fois pour le traitement indigne, quand vous voyez que la chaîne justice-police est embolisée, quand vous voyez on a failli avoir une crise de l'énergie l'été dernier alors qu'on était exportateurs nets, quand vous voyez l'école, quand vous voyez l'hôpital, c'est-à-dire la complexité entre l'hôpital prisé par les élus, l'agence, l'ARS, l'agence, enfin tout ça et l'État, tout ça est une machine que plus personne ne comprend et qu'il faut remettre à plat qui fait quoi dans ce pays ?
C'est pour ça qu'elle monte ? Qui est responsable de quoi ? Oui, parce que quand vous êtes dans l'incertitude, quand vous avez le sentiment hier, ici, votre micro, Dominique de Villepin disait ça, il disait il va y avoir de plus en plus de tensions parce qu'il y a un sentiment de dégradation des services publics. Or, la dégradation des services publics, pardon, elle touche surtout une partie de la population. Donc, il faut reprendre le contrôle de la gestion des affaires publiques. Et puis, vous avez un affaire beaucoup plus large qui est le sentiment d'un certain nombre d'Européens que le destin leur échappe un peu, que tout va à une vitesse absolument folle.
Vous avez cette conférence mondiale aujourd'hui. Mais c'est depuis 2009 qu'à Copenhague, il y a eu un engagement des pays du Nord de financer à hauteur de 100 milliards les pays pauvres. Ça n'a pas été fait. Après, on a inventé des trucs pour expliquer. On l'a fait, on a financé le tramway de Singapour. Enfin, c'est une blague. Et c'était financé, je rappelle, par les pays émetteurs de CO2 et plus ils amélioraient leur performance, moins ils payaient. On ne l'a pas fait. Qu'est-ce qui va se passer ? Tout le monde comprend bien. L'Afrique aujourd'hui, c'est 1 milliard 200 millions de personnes, 2 milliards et demi dans 20 ans, 40% des moins de 20 ans.
Il y a toujours 60% des gens qui n'ont pas d'accès à l'énergie. Mais l'énergie, c'est la base de tout. C'est la base pour les mamans, c'est la sécurité. Elle fait quoi la jeunesse africaine ? Elle marche sur des chemins de terre vers la lumière et vers la musique. Et dans des villes qui ne peuvent plus les accueillir. Donc tout ça. Et alors, on annonce des chiffres extraordinaires pour ne rien faire. En réalité, prenons les problèmes un par un. On commence par quoi ? La base de la base, y compris pour l'eau, c'est l'énergie. Qu'on mette à la division de l'Afrique par exemple, les moyens, moi j'avais...
Vous aviez voulu électrifier l'Afrique et on a signé 3 milliards et demi de fonds européens par an. Pendant juste 15 ans, ça suffisait. Et puis ça s'est perdu dans... Il y a eu d'autres priorités. Il y a eu de... Bon. Voilà. Donc on peut traiter les problèmes. C'est à force de les grossir, de les généraliser qu'on ne les traite pas.
Eric nous appelle du Val-d'Oise. Bonjour, bienvenue.
Bonjour à tous. Bonjour M. Borloo.
Bonjour.
Je voudrais simplement vous exprimer un paradoxe. C'est qu'au niveau national, notamment, moi en commission, le gouvernement officiellement ne veut pas du tout du tout discuter et il a dit par la voix d'Olivier Véran son porte-parole avec le RN. Donc moi, je suis d'accord avec vous qu'il faut justement prendre tout l'effort, discuter avec tout le monde et au niveau national et officiellement, par principe, on refuse au niveau gouvernemental de discuter avec le RN et peut-être 40% de la population. Comment voulez-vous que ça soit compréhensible ? On vous écoute mais ça ne marche pas. Vous dites qu'on va travailler tous ensemble sauf le RN. Est-ce que ça a du sens ?
Merci Eric.
Vous êtes militant rassemblement national ou vous êtes...
J'y vais de plus en plus parce que j'en ai marre. Parce qu'il y a des choses qui sont... C'est pour ça que vous entendez mon ton qui est un peu élevé parce que je pars vers ce parti parce que par principe on le refuse alors qu'il y a des choses qui sont intelligentes et je me dis mais quel ostracisme ! Ça n'a pas de sens. Je n'ai pas écouté des gens par principe.
Merci Eric pour cette question. Jean-Louis Borloo vous répond.
Si vous voulez moi je ne suis pas dans le champ de la politique. Je dis simplement je veux que les mamans de notre pays que le logement qui est le lieu d'unis ça fonctionne. Ce n'est pas un sujet de parler avec le FN, le PS, la NUPES etc. C'est juste que les opérateurs aillent au fond des questions pour les résoudre. Quand on met 40 milliards sur le logement avec des décisions nationales la même pour Chambéry et pour Mayotte et que l'État est en conflit avec les partenaires sociaux lui a piqué 10 milliards dans les 7 dernières années et qu'on constate à une crise de développement je pense que notre mécanisme n'est pas bon. Vous fuyez un peu
la question. Non, c'est la question de citoyens ce n'est pas une question politicienne. Hier à Dominique de Villepin on lui a dit qu'est-ce que vous diriez à un Français qui expliquerait j'ai essayé la gauche j'ai essayé la droite j'ai essayé le centre avec Emmanuel Macron rien n'a marché maintenant je vais à Marine Le Pen je ne vous demande pas un jugement moral mais est-ce que c'est quelque chose qui vous inquiète ou non ?
Mais ça m'inquiète autant que de la violence le débat écologique entre le Grenelle et l'environnement il y a 15 ans ou après des milliers d'heures il y a 250 décisions signées par les ONG par les agriculteurs par les industriels par la CGT par les collectivités et je vois aujourd'hui le niveau de tension je dis il faut qu'on refasse nation et on ne fait nation qu'en faisant des choses ensemble pas en faisant des déclarations voilà après il y a le champ politique comme dit Dominique de Villepin probablement en tous les cas pas assez documenté préalablement moi je ne suis pas dans ce champ-là je suis parti il y a 12 ans je sais que vous êtes parti de la politique donc c'est pour ça votre parole est libre ma contribution est peut-être plus utile justement parce que je ne suis pas dans ce champ-là
Caroline nous appelle de la Drôme bonjour
oui bonjour
on vous écoute
moi j'aurais aimé savoir ce que Jean-Louis Borloo pense au sujet des décisions qui ont été prises hier sur le mouvement du soulèvement de la terre
merci dissolution hier effectivement au conseil des ministres des soulèvements de la terre décision contestée devant le conseil d'état par le mouvement écologiste le gouvernement reproche au collectif d'appeler et de participer à des violences qu'en pensez-vous Jean-Louis Borloo ?
tout ça tout ça me navre enfin que dans ce pays enfin où tout le monde a à peu près la même conscience sur le problème de l'eau sur le problème du dérèglement climatique sur les problèmes migratoires les réfugiés climatiques qu'on n'arrive pas on peut ne pas être d'accord sur 20% mais je vous jure que vous réunissez tout le monde 80% des points il y aura des chemins et des points d'accord nous exacerbons le malentendu par impuissance voilà j'ai le sentiment que notre impuissance apparente parce qu'on sait résoudre un certain de problèmes notre impuissance apparente amène à des oui à de la tension dans tous les domaines et je trouve ça impitoisable on est un grand pays on a des forces vives exceptionnelles vous savez c'est comme le progrès c'est comme la guerre il faut juste bien s'organiser il faut étudier le terrain avant faire la topographie avoir l'information savoir quand on envoie tel ou tel corps d'armée c'est un mode d'organisation on a un point de gouvernance alors bizarrement un pays de plus en plus émietté sur lequel l'état est émietté dans les pouvoirs l'architecture est fracturé on ne peut pas continuer à avoir un ou deux décideurs donnant le là tout le temps quant à la conférence de ce matin initiée par la France je trouve que c'est une bonne chose
alors vous avez arrêté la politique il y a 11 ans vous vous êtes retiré totalement ça ne va peut-être pas vous plaire mais on a un tsunami un tsunami de réaction sur les réseaux et sur la plateforme France Inter pour dire Borloo à Matignon
non mais attendez moi je suis parti ça va
je vous les livre je vous les livre
non mais ça me touche beaucoup mais vous savez voilà j'ai été heureux de faire Valenciennes vraiment j'ai j'ai j'ai c'était dur mais j'ai pris trouvé tellement d'affection j'étais très heureux d'être ministre de tout ce que vous avez raconté j'étais très heureux de m'occuper d'Afrique aujourd'hui je fais d'autres choses mais si je peux
mais si on vous appelait on vous disait de nous
la question ne se pose pas non non non la question est non je ne vais pas tourner autour du pot en revanche si je peux continuer mais je ne peux pas le faire seul moi je veux bien je vais essayer de refaire une proposition diagnostique et de solution mais vous l'avez envoyé
l'alarme à Emmanuel Macron
mais pas qu'à Emmanuel à Dominique de Villepin à Thierry Breton parce que ce n'était pas une note pour écoutez-moi écoutez-moi je ne peux pas le faire tout seul tout ça je veux bien qu'on ne soit pas d'accord avec 20-30% je ne prétends pas que j'ai la solution et en plus je ne l'ai pas moi tout seul mais on a besoin qu'un salaire de français des maires des syndicalistes des artisans des entrepreneurs des élus disent attendez on va changer le modèle on va redéfinir le récit national on va le faire en fraternité et au moins il y a 80% des objectifs qu'on partage mais j'aurai besoin à ce moment-là d'un soutien populaire
mais vous êtes optimiste
je suis très vous savez
vous êtes très pessimiste
je suis très optimiste si on prend les moyens voilà on a de telles marges de progression telles marges je vous donne un exemple il y a 20 ans on produisait 250 000 logements on est passé avec le même outil à 500 000 on retombe à 250 000 donc on a un problème d'organisation donc je suis c'est pas parce qu'il y a une difficulté si elle est identifiée c'est que vous avez des marges de manœuvre considérables et quand je joue à ce pays je me dis on a des marges de manœuvre considérables merci Jean-Louis Borloo
merci Jean-Louis Borloo
d'avoir été à notre micro il est 8h48 merci Jean-Louis Borloo
Jean-Louis Borloo