Salon de l'agriculture : "Venez investir au Maroc, on pourra travailler tous ensemble" affirme Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l'Agriculture
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Questions et réponses
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Comment êtes-vous accueilli ici depuis samedi dans le contexte qui est celui d'aujourd'hui où le président de la République et le gouvernement insistent sur la production française pour retrouver de la souveraineté alimentaire ?
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Vous fournissez en gros les tomates l'hiver, reine de vos productions du côté d'Agadir et la France prend le relais l'été car il fait trop chaud chez vous pour en produire. La ministre de l'agriculture française Annie Gennevard dit que la saisonnalité n'est plus respectée.
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Vous confirmez ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Il y a un sujet, il y a un problème au niveau de la tomate cerise, puisque les exportations de tomates cerises marocaines vers l'Europe via la France a été multipliées par 2,5 depuis 2018, 150 000 tonnes chaque année. Vous répondez quoi aux personnes qui estiment que vous exportez trop de tomates cerises vers l'Europe ?
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Vous dites que le produit a évolué. Justement, la France et le Maroc ont annoncé la reprise du comité tomate.
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Un comité qui a été mis en sommeil depuis 2020, qui réunit les filières françaises et marocaines. Vous en attendez quoi ? Un nouvel accord ? Une mise à jour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Nous sommes très heureux d'être là. Nous avons été très très bien accueillis, que ce soit par les simples visiteurs ou bien par les professionnels eux-mêmes. »
- 1:16Invité politiqueFait
« Et nous avons eu des entretiens avec les professionnels très intéressants, très fructueux et c'est tout un honneur à nous d'être là. »
- 2:07Invité politiqueFait
« A ma connaissance il n'y a pas de saisonnalité dans l'accord. »
- 2:18Invité politiqueChiffre
« Au-delà on paie les droits de douane comme n'importe quel pays. »
- 4:05Invité politiqueFait
« Le Maroc continue à importer, il importe beaucoup plus. »
- 4:40Invité politiquePromesse
« On peut multiplier par 10 la viande. »
- 5:54Invité politiqueFait
« Ce sont des partenaires. On ne voit que des partenaires aujourd'hui. On n'a pas de divergence réellement. »
- 6:36Invité politiquePromesse
« Et ces changements climatiques, on doit les transformer comme un plus et non pas un moins. »
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En direct du Salon international de l'agriculture, cette semaine internationale, la preuve aujourd'hui car nous nous trouvons sur le stand du Maroc qui rappelle une médina. On peut y goûter les spécialités, thé à la menthe, pâtisserie mais aussi les fruits et légumes et notamment la tomate, sujet qui fâche. Bonsoir Rachid Ben Ali. Bonsoir. Vous êtes le président de la Comadère, Confédération marocaine de l'agriculture, le Maroc invité d'honneur, ce qui fait d'ailleurs un petit peu polémique car des producteurs français dénoncent la concurrence déloyale des maraîchers marocains. 75% des tomates consommées en France viennent de votre pays.
Bonne condition météo évidemment toute l'année et coût de la main d'oeuvre très inférieur. Alors première question, comment êtes-vous accueilli ici depuis samedi dans le contexte qui est celui d'aujourd'hui où le président de la République et le gouvernement insistent sur la production française pour retrouver de la souveraineté alimentaire ?
Franchement nous sommes très heureux d'être là. Nous avons été très très bien accueillis, que ce soit par les simples visiteurs ou bien par les professionnels eux-mêmes. Et nous avons eu des entretiens avec les professionnels très intéressants, très fructueux et c'est tout un honneur à nous d'être là. Et je remercie vraiment la France et tous les organisateurs et tout ce qui se passe autour. Nous sommes vraiment très contents, un très bon accueil.
Des échanges avec notamment la filière des légumes et de la tomate puisqu'il y a cet accord signé il y a 25 ans entre la France et l'Europe qui n'est pas remis en cause. En gros cet accord c'est tomate contre céréales signé car nous sommes déficitaires en production de tomates alors que la demande augmente. On le rappelle c'est 14 kg de tomates consommées chaque année par les français avec un sujet de saison. Vous fournissez en gros les tomates l'hiver, reine de vos productions du côté d'Agadir et la France prend le relais l'été car il fait trop chaud chez vous pour en produire. La ministre de l'agriculture française Annie Gennevard dit que la saisonnalité n'est plus respectée.
L'association Légumes de France également, vous confirmez ?
A ma connaissance il n'y a pas de saisonnalité dans l'accord. Ah. Il n'y avait pas de saisonnalité donc il y a un accord, il y a des échanges. En certains moments on passe, on ne paie pas de droits de douane jusqu'à un certain donnage. Au-delà on paie les droits de douane comme n'importe quel pays. Donc de ce côté-là il n'y a pas de saisonnalité, on continue normalement, il n'y a pas de problème réellement, il n'y a pas de problème dans ce côté-là.
Donc vous confirmez que vous envoyez des tomates en France et en Europe toute l'année ?
Oui, ils sont importés toute l'année, je ne pense pas que c'est bloqué par aucun accord, il n'y a aucune décision qui les a bloqués. Donc c'est comme on apporte du blé toute l'année, il n'y a pas que le blé. D'ailleurs il y a des échanges avec l'Europe et je pense qu'on a trop focalisé sur la tomate. La tomate pour nous c'est un produit, un produit parmi tant d'autres. Nous avons aussi, c'est un produit, c'est un fruit, bon la tomate est là mais il n'y a pas que ça. Aujourd'hui nous sommes très heureux d'avoir repris des échanges avec la France, des échanges au niveau politique, diplomatique.
Mais maintenant on doit transformer cette relation qui est très très bénéfique pour tout le monde, on doit la transformer et aller vers l'avant. Il y a un potentiel énorme qui attendent nos deux pays.
A l'origine cet accord concernait la tomate classique, si j'ose dire, sauf qu'on laissait aux producteurs français les tomates un peu plus spécifiques, comme la tomate cerise. Il y a un sujet, il y a un problème au niveau de la tomate cerise, puisque les exportations de tomates cerises marocaines vers l'Europe via la France a été multipliées par 2,5 depuis 2018, 150 000 tonnes chaque année. Vous répondez quoi aux personnes qui estiment que vous exportez trop de tomates cerises vers l'Europe ?
C'est vrai qu'on a misplié par 2,5 peut-être, ça a été misplié, je n'ai pas le chiffre en tête, parce qu'en tant que commandaire je regroupe toutes les activités. Mais il y a la même chose, on pouvait le faire aussi au niveau du blé. Le Maroc continue à importer, il importe beaucoup plus. Maintenant nos agriculteurs sont des très bons commerçants, ils arrivent à placer leurs produits. Donc maintenant on demande aux exportateurs français de faire la même chose et de placer le produit, surtout qu'on est acheteur. On est demandeurs, avec les changements climatiques. De fruits et légumes français ?
On est demandeurs d'autres choses, il n'y a pas que les fruits et légumes, on est demandeurs du lait. Moi ça me fait mal de voir qu'on apporte quelque chose comme 60 millions d'euros uniquement de viande, alors qu'on peut importer facilement 600 millions d'euros. On peut multiplier par 10 la viande. Et on a été avec madame la ministre hier pour voir le potentiel d'animaux que vous avez en France, il y a un potentiel énorme, que ce soit pour le lait ou pour la viande ou pour les animaux vifs. Ça c'est un potentiel qu'on doit profiter. Et également pour les céréales. Et ça parce que nous avons, on se complète, nous avons une agriculture qui se complète.
Donc maintenant, c'est ces échanges qu'on doit développer, réellement.
J'en reviens à la tomate. Vous dites que le produit a évolué. Justement, la France et le Maroc ont annoncé la reprise du comité tomate. Un comité qui a été mis en sommeil depuis 2020, qui réunit les filières françaises et marocaines. Vous en attendez quoi ? Un nouvel accord ? Une mise à jour ?
Il n'y a pas de changement d'accord. C'est juste le comité qui va se réunir pour prendre des décisions de la procédure normale qu'ils ont l'habitude de faire. Ça a été un petit peu interromptu pendant un certain temps, mais maintenant ça va reprendre. Mais il n'y a pas de rénégociation d'accord, loin de ça. Donc c'est juste des échanges qui vont se retrouver pour les échanges, pour mieux formaliser leur partenariat. Ce sont des partenaires. On ne voit que des partenaires aujourd'hui. On n'a pas de divergence réellement.
Rachid Ben Ali avec nous sur France Info, qui représente, je le rappelle, la Confédération de l'agriculture marocaine. Le syndicat le plus virulent à votre rencontre est la coordination rurale. On se souvient des manifestations l'an dernier dans le sud-ouest contre les tomates marocaines. On y revient. Un syndicat qui a pris de l'ampleur, ça ne vous a pas échappé, lors des dernières élections professionnelles. Estimez-vous que vous êtes encore les bienvenus en France ? Craignez-vous pour l'avenir ?
Pas du tout. L'avenir, moi je le vois vraiment un avenir en rose. Il y a un potentiel énorme. Et on doit, on est très intelligent quand même pour dépasser ce stade. On est des êtres professionnels entre nous. On trouvera un moyen d'aller vers l'avant. Il y a un potentiel énorme. Et il y a des changements climatiques qui nous touchent tous. Et ces changements climatiques, on doit les transformer comme un plus et non pas un moins. On doit transformer. Aujourd'hui, si on a un problème de la tomate, on parle de la tomate. Parce que nous avons des conditions climatiques qui nous permettent d'avoir de la tomate. Peut-être moins cher. Peut-être...
Mais de l'autre côté, les conditions climatiques au niveau de la France, c'est exactement de la même manière. Ça leur permet aujourd'hui, on produit du blé en France à moins de 200 euros la tonne. Alors qu'au Maroc, on ne peut pas produire à moins de 300, 350 tonnes la tonne. Mais ce n'est pas pour ça qu'on va stigmatiser le blé français en disant que c'est un problème qui ne conste pas du tout. Ce n'est pas ça. C'est parce que nos conditions climatiques ne permettent pas de le faire.
Le Maroc a besoin de la France. La France du Maroc, on l'a bien compris. La sécheresse, vous en souffrez. Est-ce que vous parviendrez à produire autant demain qu'aujourd'hui ?
On parviendra. On y arrivera. On arrivera parce qu'on a tout ce qu'il faut. C'est-à-dire, quand je dis tout ce qu'il faut, aujourd'hui, on produit à base de l'eau de mer, de dessalement, avec de l'énergie propre. Et ça, ça nous donne vraiment de la culture durable. Et c'est un avenir. C'est ce que j'ai dit aux agriculteurs hier. Venez investir au Maroc, qui a un potentiel énorme. On pourra travailler tous ensemble. Et ça, il y a les transferts de technologie aussi qu'il ne faut pas oublier dans les deux sens. Aujourd'hui, je sais que la France a des problèmes, aujourd'hui, du sud de la France, avec le changement climatique, la température augmente et tout.
Et là, on peut introduire d'autres produits. On a cette expérience qu'on doit vraiment partager avec les Français.
Toute dernière question, oui ou non, le roi Mohamed VI va-t-il venir en France pour ce salon de l'agriculture ? L'invitation a été lancée par Emmanuel Macron.
Je ne suis pas au courant du tout. Je suis désolé. Je ne suis pas dans les choses politiques. Je suis dans l'agriculture, tout simplement. Merci beaucoup.
Merci beaucoup, Rachid Ben Ali. Je rappelle que vous êtes le président de la Commadaire, Confédération marocaine de l'agriculture. L'invité éco ce soir sur France Info. Merci.