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interviewRMC — Face à Face· 15 avril 2022 52 min

Une heure pour l'Elysée : À quoi ressemblerait la France sous Marine Le Pen ? - 15/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Présidentiel 2022, une heure pour l'Elysée, Apothéine de Valherbe.

0:17
Marine Le Pen

Bonjour Marine Le Pen, bonjour, merci de répondre à mes questions ce matin, une heure, une heure, pour essayer de comprendre à quoi ressemblerait la France sous Marine Le Pen. Vous êtes donc bien sûr la candidate du Rassemblement National à la présidence de la République, qualifiée pour le second tour. Dans huit jours, vous pourriez être présidente de la République. Je voudrais qu'on commence tout de suite avec un mot que vous avez beaucoup utilisé hier soir au meeting que vous avez tenu ici à Avignon. Vous avez utilisé le mot barrage. Vous avez appelé les Français à faire barrage à Emmanuel Macron. Mais la vérité, c'est que le barrage, il est face à vous.

On a vu depuis, dès le lendemain du premier tour, le constat, c'est que tout le monde veut faire barrage à Marine Le Pen. Vous vous imaginez que ce serait finalement, comme à chaque fois, tout le monde qui se lève contre vous. Mais c'est qui tout le monde ? Votre monde ? Non, pas notre monde. Ce sont les sportifs, ce sont les artistes, ce sont les entreprises, c'est le MEDEF, c'est les principaux syndicats.

1:08
Présentateur

C'est-à-dire ceux qui, en réalité, ont le plus bénéficié de la politique d'Emmanuel Macron. C'est tout ce que je dénonce, en fait. C'est qu'en fait, la politique n'est pas faite aujourd'hui. Ce n'est pas le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, comme c'est exigé dans la Constitution française. C'est le gouvernement, par un petit nombre, pour un petit nombre. Donc voilà, c'est un choix. Certains en ont bénéficié, ils bénéficient de la mondialisation sauvage, ils y vivent très bien. Et puis, je crois qu'il y a l'immense majorité du peuple français qui en vit en réalité très mal.

Et c'est à cette immense majorité du peuple français que je viens dire, Eh bien, défendez vos propres intérêts. N'ayez pas peur de toute cette agitation de ces anathèmes qui sont lancés du jour au lendemain, d'ailleurs. Le vendredi, j'étais un challenger. Le lundi, je suis Belzébute. Bon, moi, je veux bien, mais je pense que chacun a pu... Ça fait des années que vous êtes Belzébute, si je vous... Non, je ne crois pas, non, non. Je veux dire, vous imaginez peut-être que cette fois-ci, les choses auraient changé, justement. J'imaginais qu'on était dans une démocratie, qu'il y avait deux projets qui se faisaient face, comme ça existe dans toutes les démocraties.

Mais les oppositions, elles sont parfois précisément sur votre programme.

2:17
Marine Le Pen

Mais vous dites le mot démocratie. On n'est pas en démocratie ? On n'est pas en démocratie aujourd'hui ?

2:20
Présentateur

Je pense que dans une démocratie, encore une fois, on se confonde sur les idées, on se confonde sur le projet. Moi, c'est ça que je souhaite faire. J'ai été assez frappé de voir le président de la République commencer à lancer des anathèmes, des injures. C'est quoi des anathèmes ? C'est quand il dit, avec Marine Le Pen, c'est l'extrême droite qui revient ? Bien sûr. C'est évidemment un anathème. Donc, on a le droit, encore une fois, d'avoir une pensée qui est différente dans une démocratie. C'est même le fondement de la démocratie. Donc, moi, je viens présenter un projet. Je le présente depuis huit mois. Je suis allée sur le terrain. J'ai rencontré des dizaines de milliers de Français.

30 semaines de campagne pour, non seulement présenter ce projet, mais l'affiner avec eux, le frotter à leur réalité, le frotter à leurs espérances, le frotter à leurs besoins. J'attends, juste en face de moi, qu'il y ait un candidat qui fasse la même chose.

3:13
Marine Le Pen

Alors, justement, sur les critiques, elles sont parfois sur le fond. Alors, venons-en au fond. François Hollande, par exemple, hier, qui appelle donc à voter contre vous, il dit, si Marine Le Pen arrivait à l'Elysée, il y aurait trois remises en cause fondamentales. La Constitution, l'appartenance de la France à l'Union Européenne et l'OTAN. Il a raison. Ah non, il a tort. Il a tort les trois fois. Non, non, il a tort les trois fois.

3:34
Présentateur

Une remise en cause, oui, il y aurait une remise en cause fondamentale de la Constitution. Non, il n'y aurait pas une remise en cause fondamentale de la Constitution. Il y aurait un référendum pour faire une révision constitutionnelle. Je rappelle qu'il y en a eu trois dans les 20 dernières années. Trois révisions constitutionnelles. Et la seule différence, c'est que là, c'est le peuple qui serait consulté. Et dans cette révision constitutionnelle, il y aurait des ajouts, c'est-à-dire en transfert de la loi vers la Constitution, des choses qui apparaissent importantes.

Il y aurait la priorité nationale qui serait intégrée, si les Français le souhaitent, si les Français le votent, c'est-à-dire la possibilité d'accorder des droits supplémentaires aux Français par rapport aux étrangers qui viennent sur notre sol. Et puis, il y aurait un article qui me paraît très important et qui dit qu'en fait, la Constitution, parce qu'elle est la loi suprême du peuple souverain, est supérieure en autorité à des textes internationaux qui pourraient lui être contraires.

4:29
Marine Le Pen

En fait, vous dites exactement la même chose que François Hollande. Vous dites précisément que c'est une forme de remise en cause de la Constitution.

4:35
Présentateur

Mais enfin, toute révision de la Constitution serait dans ces cas-là une remise en cause. Ce n'est pas vrai.

4:40
Marine Le Pen

Les référendums que vous voulez faire, et vous le savez, il y a un certain nombre de constitutionnalistes qui, depuis plusieurs jours, sont sur tous les plateaux pour dire que ce serait même, l'expression a été lancée, une forme de coup d'État constitutionnel.

4:53
Présentateur

Mais enfin, ce propos n'est pas sérieux, puisque ce que je propose, c'est ce qu'a fait le général de Gaulle en 1962. Ça voudrait dire que nous sommes aujourd'hui, nous vivons aujourd'hui sous un coup d'État. C'est-à-dire que l'élection présidentielle que nous sommes en train d'organiser, là, qui a eu lieu dimanche dernier et qui aura lieu le 24 avril, est illégale ? Vous respecterez la hiérarchie des lois. Mais bien sûr que oui. Tout ceci, je crois, ce sont des propos qui ont peu de sens...

5:20
Marine Le Pen

Quand il dit l'appartenance de la France à l'Union Européenne, parce que, certes, vous ne dites plus de manière assumée que vous sortiriez de l'Union Européenne. Mais dans les faits, ce que vous venez de déclarer, c'est-à-dire l'idée que notre loi française serait supérieure, quoi qu'il arrive, à la loi européenne. Non, pas notre loi, notre constitution. Mais ça veut bien dire qu'au fond, vous ne prendrez de l'Europe que ce que vous avez envie de prendre. Ça n'est pas accepté, le principe même de l'Europe. Je ne dis pas que c'est bien ou que c'est pas bien, ça c'est aux Français de juger. Je dis juste que vous ne pouvez pas dire que vous ne sortez pas de l'Europe.

C'est une manière de sortir de l'Europe.

5:52
Présentateur

Non, Madame de Malabre, ça n'est pas une manière de sortir de l'Europe. Les autres Européens considéreront que c'est une manière de sortir de l'Europe. Ça m'étonnerait bien puisque l'Allemagne elle-même a une constitution et une cour constitutionnelle qui indiquent de la manière la plus claire qui soit que les traités internationaux qui seraient contraires à la constitution... Pour certains domaines en particulier. Que les traités internationaux qui seraient contraires à la constitution allemande ne peuvent pas s'appliquer en droit allemand. Mais c'est normal. Madame de Malabre, c'est la démocratie. Il n'y a personne au-dessus du peuple français. Le peuple français est souverain.

C'est lui qui décide. Et par conséquent, il ne peut pas y avoir de textes qui soient des textes d'émanation étrangère, internationale, qui aillent à l'encontre de la loi suprême que les Français se sont choisis. C'est parfaitement naturel. Donc, encore une fois, l'Allemagne fait la même chose. Je crois qu'il y a beaucoup de fantasmes autour de tout ça. Mais en réalité, ça n'est que l'application de la constitution.

6:52
Marine Le Pen

C'est précisément la raison pour laquelle je veux qu'on puisse prendre le temps ce matin. C'est justement pour voir ce qui est vrai ou ce qui n'est pas vrai dans les critiques qui peuvent être faites à votre endroit. Mais vous avez notamment utilisé le mot référendum et vous avez parlé du général de Gaulle. Vous ferez des référendums, dites-vous, sur un certain nombre de sujets. Est-ce que si les Français vous disent non, vous vous engagez à quitter la présidence de la République ? Mais bien sûr que non. Puisque précisément...

7:13
Présentateur

Pas très gaulliste, finalement. Non, mais vous vous trompez. La réalité, c'est que, si vous voulez, ce que je veux faire, c'est une utilisation plus fréquente, plus normalisée du référendum. On a modifié les conditions du référendum dans une révision constitutionnelle, madame de Malherbe, en 95, je vous rappelle. On a élargi les capacités du champ d'action des référendums. Avec désormais deux articles qui vous permettent de l'actionner. Et en réalité, on n'utilise pas le référendum. On l'a utilisé une fois en 2005. Et lorsque les Français ont dit non, eh bien, on a violé leur volonté. Donc moi, je m'engage à une chose.

C'est que lorsque les Français voteront oui ou voteront non, je respecterai absolument leur volonté. Absolument. Mais justement, je veux qu'on puisse utiliser plus souvent des référendums parce que je veux qu'on arrête de faire de la consultation des Français un choix sur des personnes. Je veux qu'on fasse des choix sur des projets.

8:10
Marine Le Pen

Mais il y a un référendum qui est pour vous la clé de voûte de toute votre politique. C'est celui que vous voulez d'ailleurs proposer très vite après avoir été élu. C'est ce référendum sur les questions d'immigration, sur les questions d'identité, de préférence nationale. Si à ce référendum-là, les Français disent non, dans les faits, vous resteriez quand même présidente ?

8:27
Présentateur

Oui, je resterai quand même présidente car j'aurais été élu quelques semaines. Et ce serait pour le coup un refus presque de tout votre programme ? Mais non, pas de tout mon programme. J'ai beaucoup d'autres choses. C'est quand même une clé de voûte. C'est pas une clé de voûte, c'est un élément important. C'est un élément important de souveraineté que de pouvoir maîtriser, encore une fois, nos frontières et maîtriser une politique d'immigration qui est depuis des années, en même temps, massive, anarchique et qui crée des problèmes qui sont des problèmes très importants dans la société.

Et même, je vais vous dire, qui aspirent en fait une partie importante de l'énergie de la société pour régler les conséquences de cette immigration anarchique. Étonnamment, vous en avez très peu parlé. Je vous rappelle que l'article 3 de la Constitution, la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Voilà, donc le référendum, ça fait partie de la Ve République. Moi, si vous voulez, mon projet, puisque vous m'interrogez en arrivant sur quelle est la France de Marine Le Pen. Eh bien, la France de Marine Le Pen, c'est la France de la Ve République. C'est la France qui respecte la Constitution française.

C'est une France laïque, indivisible, démocratique et sociale. Car je crois que nous ne sommes plus rien de ces quatre éléments fondamentaux de notre République. Donc, je vais réinvestir en réalité les principes républicains, les faire vivre à nouveau, mais les faire vivre vraiment, pas uniquement sur le papier.

9:54
Marine Le Pen

Vous avez parlé hier beaucoup, je vous ai écouté dans ce meeting, j'ai été y assister, de pouvoir d'achat, on va y revenir, d'égalité comme vous dites. Mais vous avez à peine parlé d'immigration. Est-ce que c'est devenu presque un tabou ?

10:08
Présentateur

Ah mais pas du tout, c'est absolument pas un tabou.

10:10
Marine Le Pen

Ou en tout cas, vous voulez montrer un autre visage.

10:13
Présentateur

Mais pas du tout, je pense que c'est la partie la plus connue par les Français de mon projet. Je veux dire, ils savent pertinemment que je veux... Ça vous encombre ? Limiter... Mais je viens de vous dire l'inverse. Je le redis à votre antenne, ça n'est pas un tabou. Tous les Français savent que je veux limiter l'immigration. Je veux la limiter parce qu'encore une fois, on ne maîtrise plus rien dans ce domaine. Que se multiplie la présence de clandestins sur notre territoire. Que tout cela, ça a un coût considérable pour la société française. Un coût financier, mais aussi un coût en termes de sécurité. Et donc, il n'y a aucune difficulté là-dessus.

Entendez-moi tous, je vais régler le problème de l'immigration. Et accessoirement, je vais aussi régler le problème du communautarisme. qui en est la conséquence et qui, je crois, est une fracturation de notre pays et rond avec, justement, cette indivisibilité de la France.

11:07
Marine Le Pen

Vous avez peut-être vu que Boris Johnson a annoncé aujourd'hui qu'il a signé un accord avec le Rwanda pour externaliser les clandestins. Il va envoyer au Rwanda les demandeurs d'asile arrivés illégalement dans l'île de la Grande-Bretagne. Et il espère ainsi dissuader les traversées clandestines de la Manche qui sont en augmentation. Est-ce que ça pourrait vous inspirer, ça ? Faire une sorte d'externalisation ? On confie à un autre pays, comme le Rwanda, nos clandestins ?

11:32
Présentateur

Ça pourrait, mais j'ai une mesure qui est, je crois, plus efficace que celle-là, qui est dans mon projet, qui consiste à faire en sorte que les demandes d'asile ne puissent pouvoir être effectuées que dans l'intégralité des consulats et des ambassades de France dans n'importe quel pays du monde. Avant d'arriver sur le territoire français. Exactement. Et comme ça, elles seront traitées à l'extérieur du pays et ne pourront rejoindre la France que ceux qui auront eu l'autorisation de la rejoindre. Parce que le problème aujourd'hui est le suivant.

Il y a énormément de gens qui viennent, qui demandent l'asile, parce qu'en réalité, c'est devenu aussi, pour beaucoup d'entre eux, une filière d'immigration, et qui, évidemment, sont déboutés de ce droit d'asile. Ils sont ici aujourd'hui. Ça, c'est pour, effectivement, ceux qui voudraient venir à partir de maintenant. Mais laissez-moi juste terminer. Parce qu'ils sont déboutés du droit d'asile et le problème, c'est qu'ils restent sur le territoire national en étant donc des clandestins. Et ça, je veux éviter cela. Et donc, la mesure que je propose permet d'éviter cela et, évidemment, de permettre à ceux qui ont l'asile de rejoindre le territoire national.

On ira même les chercher pour les amener en France.

12:35
Marine Le Pen

Vous allez aller les chercher, y compris les enfants, les familles ? Vous allez les mettre où en attendant ? Si leur pays, le temps de faire les papiers, d'organiser que les pays dont ils sont originaires les accueillent, vous le savez bien, nombre d'entre eux, quand on leur dit, voilà, il y a quelqu'un qui a eu le refus du droit d'asile ici, il faut qu'ils repartent chez vous, l'Algérie, un certain nombre de pays, souvent ne les accueillent pas vraiment. Et c'est ce qui rend très compliqué dans les faits, le renvoi de ceux qui n'ont pas obtenu l'asile ici. Qu'est-ce que vous allez faire entre-temps ? Vous allez faire quoi entre-temps ?

13:06
Présentateur

Vous allez les mettre où ? Non, mais là, c'est différent. Ce que vous êtes en train de me dire, c'est qu'il y a un certain nombre de pays qui refusent la réadmission de leurs propres compatriotes. C'est-à-dire qu'ils violent...

13:14
Marine Le Pen

Vous savez bien, c'est une des raisons

13:15
Présentateur

pour lesquelles il y en a beaucoup qui restent. Donc, ils violent le droit international. Donc, je vais mettre en place une grande fermeté dans ce domaine, parce que je crois que ces pays ne peuvent pas, ne peuvent pas, violer ainsi, impunément, le droit international. Donc, les choses seront très claires. Tant qu'ils n'accepteront pas la réadmission des personnes qui sont indésirables sur notre territoire, eh bien, il n'y aura plus rien. Il n'y aura plus de visa, il n'y aura plus d'aide au développement, il n'y aura plus de transfert d'argent, il n'y aura même plus de capacité pour les dirigeants de ces pays de pouvoir se rendre propriétaires de biens dans le nôtre. Je vais être très ferme.

13:56
Marine Le Pen

Tout ça, j'ai bien compris. Oui, et en plus, tous ces derniers jours, vous êtes nombreux à leur bien expliquer. Mais en attendant, vous ne répondez pas à ma question, qu'est-ce que vous faites de ces gens qui sont sur le territoire français, qui pour nombre d'entre eux sont des familles, sont là, on se souvient évidemment de l'affaire Léonarda qui avait été une grande affaire à une époque, mais au fond, ce sont toujours des femmes, des hommes, des enfants, en attendant que le pays, comme vous le dites, réponde à la fermeté que vous allez leur imposer, ils sont là. Vous faites quoi ?

14:22
Présentateur

Je suis désolé, mais s'ils sont en situation clandestine, ils sont dans des centres de rétention, c'est la loi française. Là, pour le coup, je n'invente rien, je ne crée rien, ils sont en centre de rétention le temps qu'ils puissent être ramenés dans leur pays. Il y en a quand même un certain nombre,

14:38
Marine Le Pen

comme vous le dites, qui font l'objet de QTF et qui sont partout sur le territoire. Vous allez les prendre et les mettre dans des centres en attendant que les pays les accueille ?

14:45
Présentateur

C'est l'application de la loi, madame de madame. C'est l'application de la loi française. Je veux dire, on s'est trop habitués à ce que la loi française ne soit pas respectée dans notre pays. La loi, donc si on a le minimum de respect à l'égard des Français, on fait appliquer la loi qui a été votée par leurs représentants. C'est aussi simple que cela. Vous voyez, ça, ça s'appelle, encore une fois, la démocratie et l'état de droit, pour le coup. Vous voulez toujours interdire le voile partout

15:13
Marine Le Pen

parce que Robert Ménard, que j'ai interrogé il y a quelques jours, disait, j'étais au départ d'accord avec elle, mais aujourd'hui, j'estime que c'est une erreur et que ce n'est pas réaliste.

15:20
Présentateur

Moi, je pense que c'est réaliste. Mais, encore une fois, je le dis depuis longtemps, je ne sais pas pourquoi ce thème du voile réémerge. Ce n'est quand même pas l'élément, c'est un élément qui est dans la loi, il n'y a aucune difficulté, mais ce n'est pas l'élément, en fait, le plus fondamentalement urgent, celui-là. Moi, je n'en sais rien, c'est vous qui me dites si c'est urgent ou pas. C'est dans la loi. Ce n'est pas urgent, finalement. Non, non, mais ce n'est pas ce que je dis. Je dis que vous ne cessez de me parler de cela. Je ne sais pas pourquoi.

15:48
Marine Le Pen

Non, mais ce n'est pas parce que vous ne parlez plus d'immigration dans vos meetings que nous,

15:56
Présentateur

c'est aussi du contenu de la loi que je vais proposer pour lutter contre le fondamentalisme islamiste. Ça veut dire qu'il faut aussi... Vous parlez aussi de la barbe et de la djellaba. Non, mais non, il faut aussi supprimer tous les financements aux associations islamistes. Il faut interdire leur constitution. Il faut interdire les frères musulmans et le salafisme. Il faut fermer les mosquées qui sont des mosquées qui font la promotion de l'islam radical. Vous voyez, c'est un ensemble, si vous voulez. Or, qu'est-ce que je dis ? Je dis le voile est en fait imposé par les islamistes.

Au fur et à mesure du temps, ils ont utilisé le voile comme un uniforme qu'ils imposent aux femmes et c'est vrai qu'il leur impose puisqu'en réalité, les femmes qui ne le portent pas sont isolées, sont victimes de pression, sont parfois d'ailleurs insultées, leur... Comment disent-ils ? Leur pudeur est mis en cause et moi, je ne l'admets pas. En France, toutes les femmes doivent pouvoir vivre librement et je veux les préserver de toute pression.

17:04
Marine Le Pen

Mais certaines disent qu'elles sont libres. Vous avez sans doute vu l'échange entre Emmanuel Macron et une femme voilée à Strasbourg. Il lui pose la question, il lui dit mais est-ce que vous le portez librement ? Elle répond ah oui, oui, c'est un choix, c'est un choix, c'est un choix et il la félicite.

17:15
Présentateur

Vous lui auriez dit quoi ? Il n'y a qu'un malheur, c'est que celles qui ne le portent pas, elles n'ont pas le choix en réalité de ne pas le porter. Donc, vraiment, je considère que l'interdiction du voile est essentielle. Essentielle ? Donc vous m'avez dit c'est pas une urgence parce que finalement c'est quand même essentiel. Ce que je veux dire c'est que ce n'est pas la seule mesure, ça n'est pas la seule mesure, c'est un ensemble. Je veux lutter contre l'idéologie totalitaire islamiste et il n'y a pas que le voile, ça ne passe pas que par l'interdiction du voile, sinon ce serait objectivement pour le coup ça apparaît très dirisoire.

C'est une loi qui est très complète que les Français d'ailleurs peuvent aller lire sur mon site. Moi je les enjoins à le faire pour qu'ils comprennent que c'est pour protéger les principes constitutionnels qui sont les nôtres que je veux lutter contre cette idéologie totalitaire. Parce que cette idéologie totalitaire elle s'attaque à la laïcité, elle s'attaque à l'égalité entre les hommes et les femmes, elle s'attaque à la liberté de choisir une religion ou de quitter une religion, elle s'attaque à tous ces principes qui sont l'ADN de notre pays. Eh bien moi je vais défendre nos principes constitutionnels. Encore une fois vous avez évoqué aussi la barbe islamiste et la djellaba.

Est-ce que vous l'avez dit dans le site qui a évoqué ça ? C'est votre directeur de campagne ? Non, non, c'est faux. Il le conteste formellement.

18:27
Marine Le Pen

C'est faux ?

18:27
Présentateur

Il ne l'a jamais dit ? Donc vous n'interdirez ni la djellaba ni la barbe islamiste ? J'interdirais les uniformes islamistes. C'est quoi un uniforme islamiste ? Écoutez, la loi déterminera de manière très précise ce qui correspond à des vêtements.

18:38
Marine Le Pen

Et vous allez prendre un double centimètre pour voir si les chevilles sont montrées ? Madame,

18:45
Présentateur

vous savez, il y a des signes d'un certain nombre d'idéologies totalitaires par le passé qui ont fait beaucoup de mal à notre continent me semble-t-il. Eh bien ces signes distinctifs sont évidemment et Dieu merci, interdits. Eh bien il en sera de même pour les signes de l'idéologie islamiste. Ce sont des signes d'être du côté de l'ennemi. Nous y arriverons. Voilà.

19:05
Marine Le Pen

Vous y arriverez. Vous vous en donnerez les moyens. Oui, oui, on s'en donnera les moyens. Encore un mot sur les questions de référendum. Vous pourriez faire un référendum sur la peine de mort ? On ne peut pas, c'est anticonstitutionnel.

19:15
Présentateur

Le référendum ne peut pas, si vous voulez, le référendum d'initiative citoyenne que je veux mettre en œuvre et qui permet à 500 000 citoyens de pouvoir soumettre au vote de l'ensemble des Français soit un projet de loi, soit soumettre l'abrogation d'une loi qui aurait été votée. Eh bien, il y a deux limites à cela. Il y a le fait que le référendum d'initiative citoyenne ne peut pas réviser la Constitution puisque par définition ce sont d'autres voies de révision. Le référendum dit présidentiel et le vote par les assemblées qui peut réviser la loi, la Constitution, pardon, et lorsque, par exemple, un référendum mettrait en cause un élément vital pour le pays.

Par exemple, un référendum d'initiative citoyenne ne pourrait pas proposer par exemple la suppression de l'armée. Voilà. Quand ça touche à la sécurité intérieure du pays ou à la sécurité extérieure du pays, le référendum d'initiative citoyenne ne peut pas y toucher. Donc, c'est très clair, vous ne ferez pas de référendum,

20:19
Marine Le Pen

vous ne rouvrirez pas la question de la peine de mort. En plus, j'y suis opposé. Fin de la libre circulation des biens et des marchandises. Là encore, je ne vois pas très bien en quoi vous restez dans l'Union Européenne si vous mettez fin à cette sécurité. Vous avez lu ça, vous ? Dans les faits, vous dites que vous allez vérifier d'où viennent les gens qui ne voulaient pas par exemple les accords de Dublin, c'est-à-dire la circulation aussi au sein même de l'espace Schengen. Dans les faits, avec vous, c'est fini ? Non mais attendez,

20:46
Présentateur

je crois qu'il y a eu vraiment une ambiguïté sur ce sujet. Eh bien, levez cette ambiguïté. Non mais pardon, cette ambiguïté créée par mes adversaires. Il considère que la lutte contre la fraude que je veux mettre en œuvre est une entrave à la libre circulation des produits. Non mais je tombe de ma chaise quand on me dit cela d'ailleurs. Parce que la libre circulation, ce n'est pas la loi de la jungle. Ça veut dire qu'on n'a pas à accepter que des produits qui peuvent être dangereux pour les Français, dangereux pour nos enfants, dangereux pour notre sécurité alimentaire, puissent tranquillement traverser les frontières au motif qu'il y a la libre circulation.

Donc moi, je veux faire un grand ministère de lutte contre les fraudes. Alors les fraudes, c'est les fraudes fiscales, c'est les fraudes sociales, mais pas seulement. C'est aussi les fraudes aux importations. Il y a, selon un rapport sénatorial, 25% d'importations alimentaires frauduleuses. Vous vous rendez compte ? Mais on est bien placés là, il y a quelques jours.

21:39
Marine Le Pen

C'est pourquoi une importation frauduleuse ?

21:42
Présentateur

C'est une importation de production qui ne respecte pas les normes qui sont imposées par l'Union Européenne. Parce que nous nous imposons des normes. Mais regardez ce qu'il y a eu en France, les scandales, 8... Vous avez raison.

21:52
Marine Le Pen

C'était en France, il n'y avait rien à voir avec l'Europe.

21:54
Présentateur

Non, ce n'était pas en France, non, non. C'était importé d'un pays de l'Union Européenne. Ce qui veut dire que... Mais il y a des usines en France qui n'ont pas respecté les normes d'hygiène. C'est pas mieux, c'est pas pire parce que ça vient d'ailleurs. Mais c'est pas pire, mais c'est pas mieux. Et par conséquent, les normes que nous nous imposons, les contrôles que nous nous imposons, qui ne sont pas suffisants d'ailleurs, je le dis très clairement, eh bien, ils doivent aussi porter sur les productions qui sont importées. D'abord, parce que ça crée une concurrence déloyale.

22:22
Marine Le Pen

Mais je reviens sur le scandale Butoni. Le scandale Butoni,

22:24
Présentateur

c'est dans une usine française. Oui, enfin, il y en a... L'autre scandale, c'est dans une usine belge. Ça, c'est Kinder.

22:30
Marine Le Pen

Voilà, d'accord ? Mais là, en l'occurrence Butoni, qui est quand même un drame absolu, c'est dans une usine française. Je ne vois pas en quoi le fait qu'un produit vienne de l'étranger, ce serait pire.

22:37
Présentateur

Eh bien, je vais vous expliquer. Voilà. Voilà, je vais vous expliquer. Très bien, allez-y. Alors, c'est pire. Parce que vous avez raison, que ce soit en France ou que ce soit dans n'importe quel pays, évidemment, c'est terriblement dangereux parce qu'il y a des enfants qui sont morts, là. Vous voyez ? Voilà. Les grands scandales du XXIe siècle seront des scandales alimentaires. Sachez-le. Donc, il faut anticiper cela. Et il faut mettre en place vraiment des contrôles qui sont extrêmement sérieux parce que les normes que nous nous sommes imposées sont des choix de société qu'il faut aussi faire respecter.

Mais c'est plus problématique encore quand ils sont importés de l'étranger parce que le fait que ces produits ne respectent pas les normes crée en réalité une concurrence déloyale à l'égard de nos propres producteurs. Vous comprenez bien que lorsque nos, par exemple, agriculteurs sont obligés de respecter des normes, qu'ils ne peuvent pas utiliser un certain nombre de produits qui sont très efficaces mais qui, parfois, peuvent être dangereux pour la santé et qu'on les met en concurrence avec des importations de produits qui, eux, utilisent ces produits-là.

Au-delà du problème sanitaire que ça pose, ça pose aussi le problème que ça coûte moins cher à produire lorsque c'est utilisé sans respecter les normes. Et donc, on se retrouve au supermarché avec des produits français qui sont soumis à des normes et donc qui peuvent être un petit peu plus chers et des produits étrangers qui ne respectent pas les normes et qui peuvent être non seulement dangereux mais de surcroît qui rompent la concurrence loyale que nous attendons de ces importations. Voilà la raison pour laquelle je veux mettre en place ce grand ministère contre les fraudes. Mais en quoi cela est une atteinte à la circulation des produits ?

C'est juste la mise en œuvre d'une circulation loyale et sûre des produits.

24:17
Marine Le Pen

Marine Le Pen, il est 8h56, on est ensemble encore pendant une demi-heure pour justement pouvoir aller au bout de toutes ces questions. Vous avez développé votre politique étrangère, je ne vais pas y revenir, elle a été largement commentée depuis deux jours. Vous voulez mettre fin notamment au couple un peu sacro-saint à vos yeux, trop sacro-saint sans doute jusqu'à présent franco-allemand.

24:36
Présentateur

Pas vraiment, ce n'est pas vraiment ça. Non, ce n'est pas ça. Non, ce n'est pas vraiment ça. J'ai dit qu'au contraire, d'ailleurs, je souhaitais enrichir les liens entre la France et l'Allemagne, notamment par le fait de développer l'apprentissage de la langue allemande, le fait de faire plus de coopération entre les chercheurs, d'échanges entre les enseignants allemands et français. Donc, j'ai pas mal de projets pour renforcer ce lien entre nos deux pays. Ce à quoi je veux mettre fin, c'est la coopération industrielle en matière d'armement.

Pour une raison très simple, c'est qu'en réalité, l'Allemagne a une vision qui est radicalement différente, une philosophie qui est radicalement différente de la nôtre. Donc, nous travaillons ensemble sur la mise en œuvre d'armement, mais qu'en réalité, sur lequel nous n'avons pas la même politique d'exportation. Donc, je pense que c'est une coopération qui est inutile et donc, la France doit pouvoir envisager elle-même de trouver le successeur du Charles Leclerc, de fabriquer le successeur du Rafale. Cette coopération avec l'Allemagne en matière d'industrie d'armement, il faut l'arrêter.

25:54
Marine Le Pen

les massacres du peuple ukrainien. Est-ce que vous parliez de... Est-ce que vous parleriez de génocide ? Non, je ne parlerai pas de génocide. Emmanuel Macron non plus. Il ne parle pas de génocide contrairement à Joe Biden ou Justin Trudeau. Oui, mais il est sûr

26:09
Présentateur

qu'il s'agit de crimes de guerre. Voilà. Là, c'est une évidence. Ce sont des crimes de guerre. Ce sont des civils désarmés qui ont été massacrés. Donc, on est clairement dans le cas de crimes de guerre. Vous souhaiteriez

26:22
Marine Le Pen

que Vladimir Poutine soit jugé

26:23
Présentateur

pour crimes de guerre ? Non, mais d'abord, il faut une enquête de l'ONU. Je suis désolé. Bien sûr, bien sûr. Mais je vous demande simplement votre souhait. Je ne dis pas qu'il n'y aurait pas d'enquête. Je ne dis pas

26:33
Marine Le Pen

qu'il n'y aurait pas

26:33
Présentateur

de tribunal. Je comprends qu'on se laisse, évidemment, comment dire, on tient des propos qui sont liés à l'émotion et c'est normal. Mais le rôle des responsables politiques, eux, c'est justement de respecter le droit international. Donc, le droit international, il oblige à faire une enquête de l'ONU et je le souhaite d'ailleurs ou de la Cour pénale internationale. Je l'ai réclamé d'ailleurs au moment, il y a plusieurs semaines, à Mariupol. Je l'ai réclamé évidemment à Bouchard. Donc, laissons, encore une fois, les enquêtes se mener et les responsables de ces massacres évidemment devront être condamnés.

Et si les responsables de ces massacres ont agi sur ordre d'un gouvernement, alors ce pays-là doit être mis au banc du concert des nations. Mes propos sont extrêmement clairs dans ce domaine.

27:28
Marine Le Pen

Vous dites qu'il ne faut pas se laisser guider par l'émotion. Vous ne vous êtes pas laissé guider par l'émotion, enfin, vos députés européens, parce qu'ils n'ont pas voté la résolution en faveur de la protection des enfants d'Ukraine. Alors que vous n'étiez pas défavorable à l'idée d'accueillir les Ukrainiens ici. Je n'ai pas très bien compris pourquoi du coup.

27:42
Présentateur

Alors, vous leur demanderez parce que moi, je ne suis plus député européen. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'on a fait une résolution pour condamner... Ils ont fait une résolution pour condamner l'invasion russe en Ukraine, pour soutenir l'Ukraine. Ce n'est pas seulement qu'ils l'ont voté. Ils ont été à l'origine de cette résolution. Donc, vous me dites qu'ils ne l'ont pas voté, je ne sais pas. Ils se sont quoi alors ? Ils ont fait quoi ? Ils se sont abstenus. Ils se sont abstenus.

S'ils se sont abstenus, c'est probablement parce que dans l'ensemble de cette résolution, il y avait d'autres éléments qui étaient des éléments notamment qui pouvaient avoir des conséquences sur les Français. Très clairement, je l'ai dit, je me suis exprimé sur les sanctions qui ont été réclamées d'ailleurs par la France et dont j'ai dit dès le départ, attention, ces sanctions vont avoir plus de conséquences en fait sur les Français qu'ils ne vont en avoir sur la Russie. Et je ne veux pas, si vous voulez, que les Français soient en réalité économiquement dans le domaine de leur pouvoir d'achat, les victimes de sanctions qui de surcroît ne seraient pas efficaces.

Mais il y a aussi un autre moyen après tout. On pourrait très bien aussi demander à tous les pays qui sont pour des sanctions de payer les conséquences aussi, c'est-à-dire de contribuer pour que les peuples comme le peuple français ne subissent pas de plein fouet les conséquences de ces sanctions. Je ne comprends pas très bien. Qui paierait pour quoi ? Je ne sais pas, par exemple, les États-Unis veulent supprimer l'importation de gaz russe.

La suppression de l'importation de gaz russe va avoir une conséquence, c'est que, si tant est qu'elle soit mise en œuvre, car ce n'est pas le cas pour l'instant, ce serait de multiplier par 4, 5, 6 peut-être le prix du gaz et de l'électricité des Français. Eh bien, les Américains qui du coup vendraient le gaz liquéfié et qui vont donc faire des bénéfices importants pourraient en quelque sorte verser des sommes à la France pour compenser, pour permettre de compenser cette explosion des prix qui est la conséquence de sanctions à l'égard de la Russie. Voilà une idée parmi tant d'autres.

Mais ce qui est sûr, c'est que moi, je protégerai les Français et je ne prendrai aucune décision qui peut aggraver la situation qui est la leur. Il y a 400 000 pauvres de plus depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron. 400 000 pauvres de plus. Il y a donc 9 800 000 pauvres dans notre pays. Si on veut aggraver la situation de ces personnes et faire tomber encore de nouveaux Français dans la pauvreté, je suis en désaccord avec cela et je continuerai à les protéger.

30:10
Marine Le Pen

Marine Le Pen, vous l'avez sans doute vu, il y a une centaine d'étudiants de la Sorbonne qui occupent l'université, qui vous renvoient d'ailleurs dos à dos. Ils disent ni Macron, ni Le Pen, la révolution est un devoir. Ils refusent de choisir entre vous deux. Ce qu'on voit dans cette université, il y a un certain nombre de manifestations qui sont aussi appelées à se tenir ce week-end. Il y a également Sciences Po qui est fermée. Est-ce que ce n'est pas un peu la préfiguration de ce qui se passera mécaniquement si vous arrivez au pouvoir ? Vous aurez des manifestations d'étudiants, vous aurez des blocages d'université. Je voudrais juste qu'on se projette. Qu'est-ce que vous faites face à ça ?

Est-ce que vous leur parlez ? Est-ce que vous les laissez faire ? Est-ce que vous les virez

30:48
Présentateur

de ces occupations ? Qu'est-ce que vous faites ? Sciences Po, ils ont raté le cours démocratie ou ils ont séché ? Ils faisaient quoi ? Ils sont partis en week-end ? Le cours démocratie, le cours constitution. Nous sommes un pays qui a la chance immense d'avoir un système démocratique immense. Je trouve que ces petits jeunes devraient respecter cette démocratie. Il y a des élections et ils ne peuvent pas par des blocages, enfin je ne le crois pas, je crois que c'est profondément antidémocratique, s'opposer à la volonté exprimée par le peuple français.

Et que ce soit des étudiants de Sciences Po, c'est quand même très inquiétant je trouve pour le coup, vous voyez, parce que ce sont ceux qui justement étudient les sciences politiques. donc étudient notre système démocratique, étudient notre constitution. Voici la réponse

31:35
Marine Le Pen

que vous leur faites dans les faits. Est-ce que vous allez, est-ce que si vous étiez présidente, vous iriez leur parler pour essayer de les convaincre ? Est-ce que vous enverriez la police pour libérer ces universités ?

31:48
Présentateur

Qu'est-ce que vous feriez ? Pour l'instant, c'est Emmanuel Macron qui est président. Je crois qu'il a fait le choix de mettre fin, me semble-t-il, au blocage de... Ça n'a pas complètement marché. Pour l'instant, il se voit encore dans l'université. Écoutez, nous verrons bien. Nous verrons bien. S'il y a des blocages dans le pays, vous verrez bien. Moi, ce que je veux, c'est expliquer, encore une fois, à tous que... Mais vous l'anticipez, j'imagine bien que vous l'avez prévu. Vous savez bien que ça va se passer. Eh bien, ils manifesteront. Ils ont le droit de manifester. C'est la liberté de manifestation. Mais j'avoue que manifester entre deux tours d'une élection, c'est assez étonnant.

Moi, je trouve qu'ils devraient plutôt faire des campagnes pour pousser les jeunes à aller voter. Vous voyez, parce que c'est très important que les jeunes votent. Parce que les choix qui sont faits aujourd'hui vont déterminer, très certainement, leur entrée dans la vie active, les impôts qu'ils vont payer. Enfin, avec moi, qu'ils ne paieront pas puisque je suis pour l'exonération d'impôts sur le revenu pour les moins de 30 ans. Mais la création de richesses dans notre pays, la création d'emplois, le modèle écologique localiste que je veux mettre en œuvre ou le modèle mondialiste, ultra-libéral que veut continuer Emmanuel Macron.

32:53
Marine Le Pen

Il y a un modèle pour les jeunes, ce sont notamment... Alors, il y a les artistes, bon, ça, ce n'est pas très surprenant qui se lèvent contre votre candidature.

33:00
Présentateur

Si, ça vous a surpris ? Ben si, moi, je trouve ça surprenant. Je ne comprends pas pourquoi les artistes s'élèvent contre mon projet. Parce qu'en l'occurrence, mon projet vise à accélérer la création culturelle, vise à mettre en place des pépinières d'artistes pour permettre à tous les artistes de France, car il y en a beaucoup qui n'ont pas de relation dans le milieu, qui ne connaissent personne et qui doivent pouvoir rencontrer leur public. Donc, je veux faire des pépinières d'artistes pour qu'ils puissent exposer leurs œuvres, les sculpteurs, les peintres et rencontrer un public.

Je ne comprends pas parce que je veux mettre en place un service national du patrimoine pour permettre à tous les jeunes de 18 à 25 ans de pouvoir passer six mois rémunérés auprès d'associations, auprès de municipalités, auprès de structures de l'État pour entretenir et défendre le patrimoine national qui est notre patrimoine à nous tous. Donc, je suis sûr que les acteurs du milieu de la culture ne peuvent être que sensibilisés à cela. Donc, non, je ne comprends pas objectivement pourquoi ils s'opposent.

34:09
Marine Le Pen

Il y a aussi les sportifs, Marine Le Pen, et ça, je voudrais y revenir aussi parce que vous parliez de la jeunesse à l'instant. Les sportifs, ça fait vraiment partie des modèles aussi pour la jeunesse. Il y a eu cette tribune dans Le Parisien il y a deux jours où il y avait notamment des portes-drapeaux, vous qui êtes si attachés aux drapeaux français, des portes-drapeaux qui ont incarné la France, notamment dans les Jeux Olympiques, qui disent être opposés à votre arrivée. Et puis ce matin, il y a même les acteurs du sport, les présidents de clubs qui disent ceci. Ils sont évidemment contre votre arrivée au pouvoir.

Ils appellent à voter Emmanuel Macron et ils disent les rares prises de position de Marine Le Pen sur le sport sont révélatrices d'une vision nationaliste stigmatisante, contraire aux valeurs qui fondent

34:44
Présentateur

notre engagement sportif. Oui, mais vous voyez, tous ces gens-là, moi je veux bien tout ce qu'on veut, mais tous ces gens, il faut qu'ils comprennent qu'ils ne peuvent pas être heureux tous seuls. Voilà. Parce qu'un peuple, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Une nation, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Bien sûr, tous ces sportifs, ils gagnent très très bien leur vie. Pas tous, hein ?

35:00
Marine Le Pen

Non, dans les équipes par exemple olympiques, il y en a un certain nombre

35:04
Présentateur

qui ont un job à côté. Je vais vous dire, tous ceux qui sont sur la liste là, objectivement, dans leur immense majorité, ils gagnent très bien leur vie. C'est tant mieux pour eux, ce n'est pas le sujet. Mais il faut qu'ils pensent à ceux qui ne la gagnent pas. Il faut qu'ils pensent à ceux qui n'arrivent pas à terminer les fins de mois. Il faut qu'ils pensent à ceux qui n'arrivent plus à mettre de l'essence dans leur voiture parce que l'essence est trop chère. qui sont en train de se poser la question de savoir dans quel magasin ils vont aller pour essayer d'acheter les derniers repas de leurs enfants à la fin du mois. Donc, il faut qu'ils fassent preuve de générosité.

Il faut qu'ils fassent preuve de fraternité parce que c'est ça aussi une nation. C'est ça aussi un peuple. C'est ce sentiment de fraternité qui fait que, eh bien, on essaye de régler les problèmes de ceux qui sont dans notre société les plus vulnérables. Moi, je n'ai jamais fait de proposition qui puisse modifier de quelque manière que ce soit leur activité. Donc, encore une fois, je les appelle d'abord à ne pas juger avant de voir. Parce que vous savez, on parlait de culture tout à l'heure.

Moi, je me souviens quand on a fait la campagne municipale à Hénin-Beaumont avec Steve Briouat, le milieu culturel d'Hénin-Beaumont était vent debout contre la candidature de Steve Briouat parce qu'elle était pleine d'a priori en disant il va baisser la culture, il va supprimer les subventions, il va... Bon. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, jamais, l'offre culturelle n'a été aussi importante à Hénin-Beaumont que depuis que Steve Briouat est maire de la ville.

Et les acteurs de la vie culturelle d'Hénin-Beaumont se sont rendus compte qu'ils avaient des a priori sur la gestion rassemblement national d'une ville et que tout avait été fait au contraire pour les aider, pour faciliter la création culturelle, pour faciliter l'offre culturelle parce qu'on parle souvent de déserts médicaux mais il y a aussi des déserts culturels. Il y a des tas d'endroits en France et je pense que c'est vraiment quelque chose auquel je souhaite m'atteler. Il y a des tas d'endroits en France qui n'ont en fait accès à aucune offre culturelle.

Donc l'idée c'est aussi de permettre à tous les Français puisque mon slogan de second tour vous le savez c'est pour tous les Français permettre à tous les Français de pouvoir avoir accès à une offre culturelle. Vous président vous iriez soutenir l'équipe de France à la Coupe du Monde au Qatar ? Je n'aurais pas choisi le Qatar moi. Honnêtement je... Mais vous iriez une fois que c'est fait une fois que c'est décidé vous ne le coterez pas. Mais si on est en finale si on est en finale évidemment j'irais soutenir l'équipe de France. Vous n'iriez pas dès le début vous iriez seulement si on est en finale. Je crois que je vais avoir beaucoup de travail.

37:29
Marine Le Pen

Je dirais qu'on parle de l'économie parce que vous dites justement bah non moi je vais rétablir une forme de confiance avec tous. Vous parliez hier de croissance rétablir la prospérité la croissance j'ai bien entendu ces mots sauf qu'il y a aussi de nombreux chefs d'entreprise qui appellent à faire barrage contre vous. Ils disent que le rayonnement je vous parle du MEDEF je vous parle de la une des échos hier quotidien de référence du monde économique la une des échos hier c'était votre visage avec marqué les dangers d'un programme et puis il n'y a pas que les grands patrons avec le MEDEF il y a aussi la CPME c'est-à-dire

37:58
Présentateur

Non non pardon la CPME ne donne pas de conseils de vote.

38:02
Marine Le Pen

Ils ont dit que le programme d'Emmanuel Macron leur était davantage favorable.

38:05
Présentateur

Non je pense qu'ils se trompent en l'occurrence.

38:07
Marine Le Pen

Mais même le monde rural vous êtes en effet davantage élu dans le monde rural mais la FNSEA personne en fait n'appelle à voter pour vous.

38:15
Présentateur

Oui mais vous savez je pense que dans notre pays en réalité il y a beaucoup de gens qui s'expriment avec une forme de crainte à l'égard du pouvoir. Ils ont peur ? Je pense qu'ils se disent qu'ils pourraient éventuellement s'ils prenaient une position inverse se le voir reprocher.

38:31
Marine Le Pen

Avoir des représailles ?

38:32
Présentateur

Des représailles je ne sais pas peut-être peut-être ça pourrait exister oui bien sûr on serait moins entendu peut-être moins bien traité mais je crois surtout que c'est aux Français de se faire une opinion. Et si les Français lisent mon programme économique et les chefs d'entreprise d'ailleurs de manière générale et particulièrement les chefs d'entreprise des TPE-PME parce que moi mon programme c'est tout pour les TPE-PME et bien un chef d'entreprise de TPE-PME il ne peut pas considérer que mon projet est contraire à ses intérêts.

C'est impossible parce que tout est fait pour eux que ce soit la politique localiste que je veux remettre en oeuvre que ce soit le patriotisme économique qui fait que les entreprises françaises seront avantagées évidemment dans les marchés publics que ce soit les mesures fiscales qui visent à supprimer la contribution la CFE la contribution faussière d'entreprise et bien tout cela en réalité est fait pour les TPE-PME donc je pense qu'il y a encore une fois une forme de révérence à l'égard du pouvoir peut-être de crainte par rapport au pouvoir qui est en situation mais le fait qu'il n'appelle pas qu'il ne donne pas de consigne de vote je pense que c'est aussi à mon avis vous dites que

39:42
Marine Le Pen

ceux qui n'appellent pas à des consignes de vote ceux qui ne n'appellent pas sciemment à voter pour Macron en réalité c'est une manière de dire qu'il faut voter pour vous en fait parce qu'ils n'osent pas aller plus loin ils n'osent pas le dire mais vous savez tous ces syndicats ces associations

39:55
Présentateur

ça veut dire que vous faites encore peur

39:56
Marine Le Pen

vous dites tout le temps

39:58
Présentateur

je ne fais plus peur ou je ne sais plus à qui visiblement à eux en tout cas vous faites peur je ne sais pas si c'est moi qui leur fais peur la vraie question que je vous pose depuis 5 minutes c'est est-ce que c'est moi qui leur fais peur ou est-ce que c'est le pouvoir en place ça je ne sais pas tout ce que je veux leur dire c'est que je veux les rassurer je veux les rassurer je veux dire le projet que je propose il y a encore du boulot le projet que je propose c'est celui-là que je mettrai en oeuvre voilà c'est clair ça fait 30 ans qu'on vit un modèle qui est un modèle dont le moins qu'on puisse dire c'est que les résultats sont mauvais ce modèle économique qui a été mis en oeuvre a échoué le modèle qui consiste à aider les plus gros parce qu'il va y avoir une forme de ruissellement qui va tomber à propos des plus gros vous avez entendu en goûte bienfaisante sur les petits ça ne fonctionne pas

40:40
Marine Le Pen

je voudrais vous dire un mot sur le salaire de Carlos Tavares le patron de Stellantis il a failli toucher 66 millions d'euros finalement un certain nombre d'actionnaires se sont opposés notamment les petits actionnaires à une partie donc ils se sont opposés à 19 millions d'euros mais enfin ça reste un très très très gros salaire est-ce que vous présidente vous vous opposeriez à ce genre de salaire Emmanuel Macron dit que c'est choquant

41:06
Présentateur

oui bien sûr que c'est choquant bien sûr que c'est choquant et c'est encore plus choquant d'ailleurs quand ce sont des chefs d'entreprise qui ont mis leur société en difficulté ça arrive assez souvent et qui touchent quand même des sommes qui sont considérables bien sûr que c'est choquant mais je crois qu'un des moyens d'atténuer ces rémunérations qui sont enfin je veux dire hors de proportion vous voyez par rapport à la vie économique c'est peut-être justement de faire entrer les salariés comme actionnaires moi je vais réfléchir oui pas seulement à la participation je pense que dans des sociétés telles que celle-là il faut réfléchir à un concept qui serait une sorte de réserve légale de titre qui soit partagé par tous les salariés réserve légale de titre qui serait partagé par tous les salariés à égalité totalement il n'y aurait pas les salariés les cadres qui auraient plus et puis les salariés qui leur seraient inférieurs qui auraient moins tout le monde en fait serait tous les salariés seraient propriétaires d'une partie en fait de cette de cette réserve légale mais dans les faits

42:13
Marine Le Pen

que vous voulez notamment augmenter les salaires ça c'est une des réponses je vous dis pourquoi

42:15
Présentateur

parce que

42:16
Marine Le Pen

mais comment vous allez les contraindre

42:17
Présentateur

quand quelqu'un comme Carlos Tavares arrêtez avec la contrainte on n'en peut plus de la contrainte je ne veux pas d'un pays qui contraint mais vous pensez que sans les contraintes les patrons vont augmenter leurs salariés spontanément oui ça fait deux ans qu'on est contraint tout le temps vous pensez que Carlos Tavares qui se prend ses 66 millions il va augmenter dans le même temps moi je suis pour l'incitation pas par la contrainte je suis pour l'incitation vous êtes la gentille et pourquoi pas oui oui par exemple je propose aux entreprises d'augmenter de 10% leur salaire jusqu'à 3 fois le SMIC pourquoi je le fais parce que je sais qu'elles savent qu'elles ont besoin d'augmenter leur salaire et que dans beaucoup d'endroits elles n'arrivent pas à trouver des salariés parce que les salaires sont trop bas par rapport aux emplois qui sont proposés et je leur dis si vous augmentez les salaires de 10% jusqu'à 3 fois le SMIC parce que je veux inclure les classes moyennes dans cette augmentation et bien je gèlerai pendant 5 ans les charges patronales la hausse en fait des charges patronales afférentes à cette augmentation de salaire oui je suis convaincu que ça va fonctionner oui je suis pour l'incitation fiscale

43:21
Marine Le Pen

pour les médecins là-dessus vous êtes exactement comme Emmanuel Macron qui dit on va inciter les patrons ça a été Elisabeth Borne la ministre du travail qui a dit on va inciter les patrons à faire des augmentations salariales dans les faits les augmentations salariales ne sont pas là

43:34
Présentateur

non je n'ai pas vu moi un dispositif du type de celui que je vous propose mis en oeuvre ou proposé par le gouvernement d'Emmanuel Macron je ne l'ai pas vu voilà je ne l'ai pas vu et pareil si vous voulez par exemple pour lutter contre les déserts médicaux plutôt que de contraindre les médecins pour aller dans les zones sous dense et bien je préfère leur proposer des incitations fiscales oui à chaque fois à chaque fois qu'on peut le faire autant passer par des incitations plutôt qu'en permanence sortir le bâton pour taper sur les français sur les entreprises sur les uns ou sur les autres je suis désolée ça c'est ma vision

44:09
Marine Le Pen

c'est beaucoup sur l'idée que la brutalité serait du côté d'Emmanuel Macron vous l'avez d'ailleurs dit et que vous vous ne seriez plus du tout ça c'est comme le mot de barrage quand vous faites exprès d'utiliser vous le mot de barrage à l'inverse de ce qui est utilisé habituellement dans le mot de barrage qui est barrage à Marine Le Pen ou barrage à l'extrême droite ou barrage au rassemblement national est-ce que c'est des mots comment on peut croire que vous êtes sincère là-dessus

44:30
Présentateur

il faudrait vous plaisanter vous savez l'image qu'a Emmanuel Macron auprès des français vous ne croyez pas qu'il y a des millions des dizaines de millions de français qui considèrent que le gouvernement d'Emmanuel Macron a été un gouvernement affreusement autoritaire qu'il a gouverné seul avec brutalité qu'il a réprimé des manifestations des manifestations de gilets jaunes des manifestations sociales des manifestations de pompiers qu'il a dirigé avec brutalité en méprisant l'Assemblée nationale en passant par les ordonnances travail en effondrant tout à fait le rôle essentiel des corps intermédiaires dans le fonctionnement de la démocratie mais il se trouve

45:10
Marine Le Pen

que ces corps intermédiaires ils continuent à voter pour lui

45:12
Présentateur

je ne crois pas je n'ai pas entendu moi la CGT a appelé Dieu merci d'ailleurs à voter Emmanuel Macron il y a un syndicat qui appelle à voter Emmanuel Macron qui est le syndicat qui est en réalité qui a soutenu l'intégralité de la politique d'Emmanuel Macron très bien moi et non quoi je veux dire c'est pas parce qu'un syndicat appelle à voter que les membres que les membres de ce syndicat vont obligatoirement voter pour Emmanuel Macron ce sont tous des citoyens ils se déterminent librement seuls en regardant précisément avec leur intelligence avec leur lucidité mais il est évident qu'Emmanuel Macron a été un dirigeant extrêmement autoritaire bien sûr mais non je ne le serai pas car encore une fois moi mon objectif c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple voilà c'est cela que je souhaite pour les années qui viennent et le peuple redeviendra souverain dans notre pays moi je veux une France unie je veux une France qui soit recousue des fracturations qui ont été créées par Emmanuel Macron je veux une France je vous l'ai dit fraternelle je veux une France de l'écoute une France de la discussion c'est la raison pour laquelle dans une tribune d'ailleurs j'ai proposé que dès le mois dès l'automne on fasse une grande conférence sociale pour redonner aux syndicats qu'ils soient syndicats de salariés ou qu'ils soient syndicats patronaux le rôle qui est le leur dans le fonctionnement normal de notre protection sociale

46:39
Marine Le Pen

vous avez revu Marion Maréchal depuis le prévu non vous voulez recoudre la France mais vous vous arrivez pas à vous recoudre entre vous oui non mais pardon non mais c'est compliqué

46:52
Présentateur

de dire je vais je vais réconcilier les français quand vous-même vous arrivez pas à vous réconcilier non mais excusez-moi madame de Malherme mais là vous atteignez ma vie privée non c'est la vie politique oui comme dirigeant je vais oui comme dirigeant je vais recoudre notre pays et les fracturations et les politiques qui ont été menées pour monter les français les uns contre les autres les difficultés familiales que nous avons que j'ai moi des français aussi vous savez on est tous les uns et les autres à un moment donné on peut avoir des divergences au sein de sa propre famille d'abord ça nous appartient madame alors moi je vais pas vous parler d'abord ça nous appartient moi ce que je peux vous dire mais alors c'est qu'à la parlant de Nicolas Bell est-ce que vous avez parlé avec Nicolas Bell non parce que vous voyez politiquement c'est pas votre neveu Nicolas Bell non mais pardon politiquement vous voyez Marion elle a appelé à voter pour moi au second tour ça c'est ce qui vous concerne tout le reste ça me concerne vous nous avez simplement

47:47
Marine Le Pen

quand même dit que vous ne l'aviez pas revu Stéphane Ravier Nicolas Bay Gilbert Collard

47:51
Présentateur

mais madame pardon mais ils sont partis tous ces gens là sont partis excusez-moi mais ils vont quitter ça n'est plus madame je voudrais comprendre ce que ça dit ça n'est plus mon problème ça n'est plus mon problème vous voyez ça c'est le problème du rassemblement national je ne suis plus la présidente du rassemblement national moi je suis candidate à l'élection présidentielle d'ici dix jours je serai peut-être élu par les français qui m'auront fait cette confiance à la tête de l'état je ne serai plus dans une ambiance partisane je serai au-dessus des partis au-dessus vous n'arrivez pas à vous le concilier au-dessus au-dessus des factions au-dessus au-dessus parce que je serai la présidente de tous les français y compris d'ailleurs au-dessus et seul non pas seul y compris de ceux qui n'auront pas voté pour moi d'ailleurs pas seul je le serai avec un gouvernement je le serai avec les forces vives du pays je le serai avec les partenaires sociaux je le serai avec tous ceux qui ont envie à nouveau d'être écoutés

48:47
Marine Le Pen

d'être entendus ils appellent à voter pour vous ils partagent vos idées ils font partie des rares justement je le disais il y en a beaucoup qui n'ont pas appelé à voter pour vous qui ont même appelé à voter contre vous il y en a quelques-uns qui appellent à voter pour vous vous le disiez Marion Maréchal Eric Zemmour et pour autant

49:02
Présentateur

vous dites qu'il n'en veut pas mais ils ont choisi un autre candidat voilà ils sont engagés dans une autre mais au deuxième tour vous n'êtes pas capable de vous réconcilier mais j'ai madame excusez-moi mais franchement non mais j'ai du mal parce que depuis tout à l'heure vous avez dit le rassemblement vous avez d'ailleurs changé le nom vous avez raison mais nous ne sommes pas dans une le rassemblement ça commence peut-être quand même par les siens mais oui bien sûr mais nous ne sommes pas dans une cour d'école et je n'ai pas 4 ans et demi donc vous voyez c'est absolument pas une cour d'école

49:25
Marine Le Pen

vous avez été dans une campagne politique vous avez été adversaire

49:30
Présentateur

le fait de se réconcilier me paraît pas être je veux dire on n'est pas dans une cour d'école où on dit à deux enfants les réconciliez-vous non précisément on a besoin de dire aux enfants aux adultes on n'en a pas besoin normalement moi si vous voulez je tends la main à tous les patriotes je l'ai fait je pense que ceux qui nous ont quittés qui sont allés soutenir la candidature d'Alex Zemmour sont des patriotes une partie d'entre eux d'ailleurs ont appelé à voter pour moi et tant mieux comme l'a fait Nicolas Dupont-Aignan et comme le font un certain nombre de personnes qui ont voté pour d'autres candidats d'ailleurs y compris des candidats de gauche tant mieux c'est le rassemblement que je veux mettre en oeuvre mais je suis d'ores et déjà si vous voulez au-dessus des engagements partisans voilà donc le problème de ceux qui nous ont quitté qui reviennent qui reviennent pas tout ça c'est le problème de Jordan Bardella c'est lui qui est le président du rassemblement national il n'y aura ni Rix et Kou ni Marion Maréchal dans votre gouvernement mon rôle à moi c'est de rassembler le peuple

50:24
Marine Le Pen

mais vous avez dit qu'il ne serait pas dans votre gouvernement donc vous n'êtes pas capable de gouverner avec des gens qui ont les mêmes idées que vous mais voilà comme ils sont partis

50:32
Présentateur

c'est tant pis pour eux je vais vous rappeler les institutions de la république française le président de la république choisit un premier ministre et c'est le premier ministre qui soumet au président de la république son gouvernement c'est comme ça que ça se passera

50:48
Marine Le Pen

Marine Le Pen prochaine étape ce sera le grand débat la semaine prochaine vous avez encore des déplacements aujourd'hui mais ensuite vous allez préparer le débat et vous mettre un peu en retrait de la campagne active

50:58
Présentateur

je vais préparer le débat c'est assez d'envers pendant deux jours je pense que c'est un moment important c'est un moment qui est attendu évidemment il y a des millions de français qui vont regarder ce débat voir les deux projets qui sont soumis à leur choix le projet patriote que je défends le projet national et puis le projet mondialiste d'Emmanuel Macron ça va tout changer évidemment ce choix pas seulement pour les cinq prochaines années d'ailleurs je pense presque pour probablement les décennies qui viennent parce que vous voyez par exemple les choix en matière énergétique c'est pas pour les cinq prochaines années c'est pour les décennies qui vont venir

51:36
Marine Le Pen

merci Marine Le Pen d'avoir accepté de répondre à mes questions

51:38
Présentateur

ce matin sur RMC BFM TV

51:39
Marine Le Pen

RMC présidentiel 2022