Sommet social : Macron change de ton #cdanslair 18.07.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 33 %Attaque 41 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:54OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron n'avait jamais reçu les partenaires sociaux à l'Elysée comme ça ?
- 4:55OuverteRéponse directe
À quoi ça sert un sommet social ? Est-ce qu'il se décide vraiment des choses ?
- 8:34OuverteRéponse directe
Les syndicats étaient contents d'y aller ?
- 10:29OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a un problème avec les partenaires sociaux ?
- 12:39OuverteRéponse directe
La rencontre était une première, les syndicats méfiants mais satisfaits ?
- 13:37OuverteRéponse directe
Le président a convenu que l'année dernière avait été à son rythme sans écouter beaucoup ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 20:06InvitéFait
« Les retraites, à la différence de tous les sujets antérieurs, ça concerne tous les Français. »
- 20:21InvitéFait
« C'est un système unique dont les différents systèmes vont être harmonisés dans le temps. »
- 25:49InvitéFait
« Il l'a fait sur les ordonnances, il a rectifié légèrement le tir mais au final, les trois quarts de la copie des ordonnances, c'est ce qui a été appliqué. »
- 30:49InvitéFait
« La crédibilité des syndicats auprès de l'opinion française ne cesse de décroître. »
- 33:31PrésentateurFait
« Emmanuel Macron l'avait annoncé pendant la campagne il veut modifier le rapport au travail des français »
- 33:35PrésentateurFait
« inciter les chômeurs à rechercher un nouvel emploi et pousser les entreprises à leur garantir des contrats longs »
- 33:41PrésentateurChiffre
« le taux de chômage qui s'élève toujours à un peu plus de 8,5% de la population active »
- 34:15InvitéFait
« Devant les parlementaires réunis à Versailles il devait venir fixer le cap de ces réformes déjà engagées »
- 35:35InvitéFait
« Son ambition mettre en place une allocation chômage universelle étendue aux indépendants et aux salariés des missionnaires »
- 35:48InvitéFait
« Vous pouvez en refuser une Une Pas deux Si vous refusez la deuxième vous sortez du système et vous n'êtes plus indemnisé »
- 37:24InvitéFait
« Dans ce cas de figure le gouvernement envisage de faire passer la sanction de 15 jours à un mois voire deux »
- 38:04InvitéFait
« Les partenaires sociaux eux doivent renégocier l'ensemble des règles de l'assurance chômage à la rentrée en vue d'une réforme au printemps 2019 »
- 38:57InvitéFait
« c'est l'objectif du gouvernement qui donne 4 mois en tout cas qui fixe aux partenaires sociaux une feuille de route »
- 40:28InvitéChiffre
« ce système coûte très cher à l'assurance chômage c'est plus de 4 milliards d'euros »
- 45:18PrésentateurFait
« le chômage c'est un échec pour Emmanuel Macron ça ne baisse pas »
- 46:18PrésentateurFait
« Emmanuel Macron il a fixé 7% lui à l'horizon de la fin du quinquennat »
- 51:57InvitéFait
« il y a eu un virage dans le discours de Geoffroy Roux-de-Bézieux »
- 59:37InvitéChiffre
« on parle aujourd'hui de 30 000 stages sur 43 000 enfants de 3e concernés dans les quartiers politiques de la ville »
- 1:01:58InvitéFait
« vous allez faciliter le licenciement »
- 1:03:29InvitéFait
« la peur de se retrouver devant les prud'hommes »
- 1:03:50InvitéFait
« la part des cotisations dans les ressources est faible en France par rapport aux autres pays européens »
Temps de parole
- Présentateur29 %
- Invité25 %
- Invité 218 %
- Invité 310 %
- Invité 46 %
- ?5 %
- Invité 53 %
≈ 35,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. La parenthèse Coupe du Monde se referme pour Emmanuel Macron. Après avoir longuement fêté le Sacre des Bleus, le président s'est remis au travail. Dès hier,
il
a reçu l'ensemble des partenaires sociaux le matin, puis les patrons de 100 grandes entreprises françaises l'après-midi. L'heure est au dialogue, après une première année souvent tendue, notamment avec les syndicats, et c'est aussi l'occasion pour le nouveau patron du MEDEF d'entrée en piste, Geoffroy Roux de Bézieux, élu le 3 juillet, et donc désormais un interlocuteur du président. Emmanuel Macron semble déjà préparer la rentrée et déclare vouloir s'appuyer sur les partenaires sociaux et sur les corps intermédiaires pour la suite des réformes, ce qui est nouveau et ce qui a surpris. Faut-il y voir pour autant un virage social, autant qu'un changement de méthode ?
On en parle ce soir avec nos invités. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match, cette semaine numéro spécial de 80 pages sur les bleus, numéro intitulé « Le plus beau jour ». Raymond Souby, vous êtes expert en gestion des ressources humaines et des politiques sociales, président des sociétés de conseil Alixio et Taddeo, et vous avez été conseiller social à l'Elysée auprès de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010. Fanny Guinochet, vous êtes journaliste en charge des questions économiques et sociales au journal L'Opinion, à lire aujourd'hui votre article intitulé Emmanuel Macron et les partenaires sociaux en marche vers la réconciliation.
Et
vous êtes chroniqueuse à France Info. Soisic Kemener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne, à la une de votre magazine cette semaine, Deschamps Président. Bonsoir à tous les quatre. – Bonsoir. – Merci
beaucoup
de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr, comme chaque soir, vos questions par SMS et Internet. Un semestre social, donc c'était inédit. En un an et un peu plus même de présidence, Emmanuel Macron n'avait jamais reçu comme ça les partenaires sociaux à l'Elysée ? – Oui, exactement. Il faut remonter, j'allais dire, au quinquennat précédent, celui de François Hollande, où il avait ritualisé ce sommet social tous les ans, un peu perdu de leur importance au fur et à mesure des années, peut-être aussi des déceptions.
Et Emmanuel Macron, quand il arrive, lui, il grond à peu près, surtout d'ailleurs, sur beaucoup de sujets, il grond en matière sociale et il ne reçoit plus comme ça tous les syndicats. Ils décident pendant cette première année, plutôt de se passer d'eux, en tous les cas de les recevoir en tête à tête, ce que les syndicats n'apprécient pas, parce qu'ils ont eu l'impression, en plus, qu
'ils
ne leur disaient pas à chacun la même chose. Donc ça a créé une relation compliquée. Il faut dire que Emmanuel Macron, dans la campagne, même s'il a peu abordé ces questions-là, a quand même laissé passer l'idée que les syndicats, c'était plutôt des freins à la réforme, plutôt que des accélérateurs de transformation du pays, ce qui est évidemment l'objectif du président. Donc cette réunion est une première.
C
'est peut-être, je ne sais pas s'il y aura, si c'est un tournant, s'il y aura un avant ou un après 17 juillet, comme l'a dit l'un des partenaires reçus à l'Élysée. Mais ce qui est certain, c'est qu'on voit bien que le président change de ton, ça a été apprécié par les syndicats, il change aussi de tactique, puisqu'il les reçoit tous. C'est peut-être aussi un changement de méthode, peut-être qu
'il
veut les placer devant leur responsabilité, au fond c'est leur dire, vous voulez co-construire les prochaines réformes, celles qui vont venir, et il y en a beaucoup, on va en parler, eh bien allons-y, chiche, allons-y ensemble. La réforme des retraites, les nouvelles règles d'indemnisation du chômage, et d'autres choses, tout ce qu'il y a sur la table, c'est un changement de ton. Je crois qu'aussi Emmanuel Macron sait qu'on ne peut pas gagner toutes les batailles avec la même tactique chaque année, il faut peut-être aussi envisager une nouvelle tactique pour les batailles à venir. Juste un mot Bruno,
je
dis sur la date. Le lendemain du retour de l'équipe de France, évidemment il s'est dit des choses très importantes, on en parle ce soir, mais c'est un peu passé inaperçu, non, auprès de l'opinion publique, du grand public. Oui, évidemment, de toute façon là en ce moment, tout passe sous les radars.
Il
n
'y a
que la victoire des Bleus qui est célébrée et qui va sans doute encore durer quelques jours, et peut-être même on va fêter ça tout l'été. Il n'empêche, le président avait dit lors de son discours au Congrès, au début du mois, qu'il allait tendre la main aux partenaires sociaux, cette réunion a eu lieu, qu'il recevrait les plus grandes entreprises, il le fait. C'est aussi le calendrier d'avant l'été. Je crois aussi que les syndicats se sont réunis de leur côté, c'est aussi un moyen de ne pas se laisser doubler par les syndicats qui eux allaient faire leur propre feuille de route, sans lui, il y avait un petit match dans le match.
Raymond Souby, avant de voir ce qui s'est dit dans cette rencontre, à quoi ça sert un sommet social ? Est-ce qu'il se décide vraiment des choses ? Ou est-ce qu'on fait avant tout de la communication ?
Un sommet social, ça a plusieurs objets.
Ça
a un premier objet de se tenir, comme dirait M. de La Palisse.
Et
donc c'est un théâtre.
La
scène est très élevée.
Et
donc tous les acteurs sont magnifiés de venir sur la scène. En clair, quand il y a un sommet social, quel que soit son contenu, et même quel que soit son résultat, les partenaires sociaux invités, patronat et syndicats, sont ravis d'être sur la scène, sous les feux des projets. Donc en soi, c'est un agenda. Alors qu'est-ce qu'on y fait concrètement
?
Eh bien, très généralement, depuis bien des années, Nicolas Sarkozy avait des réunions chaque année avec l'ensemble des dirigeants. François Hollande en a fait plutôt des grandes messes qui duraient deux jours, mais c'est la même idée. C'est de définir l'agenda social. Ce qui veut dire quoi
? C
'est que le président de
la
République dit « j'ai en ligne de mire tel, tel, tel projet ». Par exemple, la pauvreté, la dépendance, les retraites. Qu'en pensez-vous, mesdames, messieurs ? Qu'en pensez-vous
? Et
d'autre part, comment peut-on travailler ensemble pour faire avancer ces sujets
? Premier
point. Et puis deuxième point, et vous,
vous
avez des idées
de
sujets qu'on peut rajouter à l'agenda social ? D'ailleurs, ils ont dit, par exemple,
la
santé au travail. CFDT et FO. Donc, le président a dit « oui, la santé au travail ». Et puis le troisième sujet, très important, c'est comment va-t-on atteindre ces cibles ? En clair, quels sont les sujets qui relèvent
de
moi, président de la République, et de mon gouvernement
? Je
concerte, je vous écoute, mais c'est moi qui décide. Et quels sont les sujets qui relèvent de la négociation, c'est-à-dire pour lesquels vous négociez
entre
vous ? Par exemple, dans le cas de la dernière réunion, du dernier sommet, l'assurance chômage, c'est une négociation. Bon, et il y a d'autres sujets. Les retraites, ce n
'est
pas une négociation. Les retraites, ça va être une concertation. Donc, ça définit les réformes, l'agenda des réformes. Quelles sont les réformes ? Dans quel timing
? Y
a-t-il quelque chose à modifier dans les principes
?
Et qui fait quoi dans l'application des réformes ? Et en particulier, quel est le rôle des partenaires sociaux
dans
ces réformes ? Et comme l'a dit Bruno Jeudy il y a un instant, dans la première partie du quinquennat, au fond, il n'y a pas eu de négociation. Et bien, plutôt, il y en a eu une
sur
la formation professionnelle et le gouvernement n'a pas suivi ses conclusions. Donc, en fait, il a quand même tenu les partenaires sociaux à l'écart. Alors, pourquoi ? Tout simplement parce qu'Emmanuel Macron pensait, d'ailleurs, il n'a pas tort, il avait même raison, qu'il tenait un mandat de la nation,
qu
'il avait élu sur un programme où figuraient ses réformes et que ce n'était pas la peine de s'encombrer de négociations inutiles alors que le peuple s'était prononcé, premièrement. Et la deuxième raison,
c
'est qu'au fond, intellectuellement, Emmanuel Macron, personne d'Emmanuel Macron,
a
toujours pensé
et
parfois dit
que
pour lui, la négociation
avec
les syndicats doit se passer au niveau de la branche
et
de l'entreprise
et
pas au niveau de la construction de la règle politique et de la règle de droit national. Ce en quoi
il
était très différent
de
la CFDT
pour
qui
on
doit co-construire les réformes. Et là-dessus, il y avait un problème de logique politique profondément différent.
Donc, c'est un théâtre, comme le dit Raymond Souby, c'est inédit, comme le dit Bruno Jeudy, Fanny Guinochet. Finalement, tout ça représente un événement,
à
la fois pour le président de
la
République, bien sûr, mais surtout pour les partenaires sociaux. Ils étaient contents d'y aller, d
'avoir ce rendez-vous
avec le président ?
Ils
étaient tous très satisfaits, avant et après. Avant d'être enfin conviés, alors qu'ils ont l'impression, à juste titre, d'être snobés depuis plus d'un an. Et après, parce que ce sommet social, qui était quand même un mini-sommet, alors
ça a duré
plus longtemps que prévu, ça a duré trois heures, mais si on se réfère au grand raout qu'organisait François Hollande sur trois jours, ou même du temps de Nicolas Sarkozy, qui était souvent sur la journée, là, ça a duré trois heures au lieu de deux. Donc, c'était un mini-social, c'était un mini-événement, mais c'est vrai qu'après, ils sont sortis tous très contents. Je dis tous parce qu'il n'y
avait
pas une femme. Il n
'y a
pas une femme aujourd'hui à la tête d'une organisation patronale ou syndicale, donc ça n'était que des hommes, qui ont tous dit qu'ils avaient eu le sentiment d'être écoutés. Emmanuel Macron a fait un exercice de calinothérapie. Attendu, bienvenu, apprécié. Maintenant, ils sont tous aussi repartis en disant « on va voir la suite », parce que, quelque part, Emmanuel Macron les remet dans le jeu, il leur dit « vous voulez participer à la transformation de la France, vous dites que vous n'êtes pas assez écoutés, que je prends des décisions jupitériennes, ok, on y va ». Mais alors, le premier sujet, et on va en parler, qu
'il leur
met entre les mains, c'est l'assurance chômage. L'assurance chômage, il y a eu je ne sais combien de négociations qui, à chaque fois, ils n'ont jamais réussi à se mettre d'accord. Donc, Emmanuel Macron, d'un côté, leur remet la balle entre les mains en leur disant « je vous ai entendu », mais de l'autre, il leur
redonne
un peu la patate chaude, et c'est un cadeau presque empoisonné qu'il fait.
Soisie Kemener, Fanny Guinochet disait que les syndicats avaient le sentiment d'être snobés. Il a un problème avec les partenaires sociaux en général, les corps intermédiaires, Emmanuel Macron, ce
n'est
pas son truc.
Mais ça a été le choix, en fait, de ce début de quinquennat. – Effectivement, il a un mandat, il est installé avec un programme qui a été présenté aux Français. Donc, dans la première partie du quinquennat, il pense qu'il doit passer au-dessus d'eux pour aller vite, très vite et installer sa geste réformatrice. C'est-à-dire qu'il est dans une volonté de rupture absolue, ce qui n'est plus autant le cas une année plus tard. C'est-à
-dire
qu
'on
n'est plus aujourd'hui en train de le comparer en permanence, par exemple, à François Hollande et au rapport de François Hollande avec la CFDT. On est passé à autre chose, on est maintenant dans une autre époque, on est un an après. Donc, je pense que le discours du Congrès, il marque justement un basculement, non pas un virage social, je ne crois pas à ce virage social, mais un basculement de méthode et un basculement dans le discours en disant « je suis installé et maintenant, on ne
va
pas obligatoirement changer de rythme », parce que c'est le rythme qui est énormément mis en cause, qui est mis en cause d'ailleurs par le nouveau président du MEDEF, dans une de ses premières interventions sur France Inter, il remet en cause la vitesse des réformes. Mais en revanche, il dit « voilà, j'ai fait ce que je voulais, pendant un an ». Et maintenant, on va parler, mais pourquoi on va parler ? Parce qu'il
y a
des sujets très importants qui sont sur la table, des sujets qui touchent à ce qu'est la société française, les retraites, c'est très très important, ça va avoir un effet beaucoup plus important que par exemple la réforme du Code du travail,
ça
va toucher, tout le monde va comprendre tout de suite de quoi il en ressort. Idem pour la fonction publique, c'est des réformes qui sont très très attendues et qui vont être très dures. On voit bien d'ailleurs sur la réforme de l'État, cette espèce d'inquiétude même qui vient du gouvernement, on laisse de côté les rapports, on attend un petit peu. Donc là, on entre dans une nouvelle période. Et puis, il y a beaucoup de critiques sur le rapport d'Emmanuel Macron avec les syndicats et qui ne viennent pas seulement de la gauche, qui viennent aussi de la droite.
Quand on entend quelqu'un comme Gérard Larcher, le président du Sénat, qui dit « pourquoi Emmanuel Macron n'écoute-t-il pas Laurent Berger ? » Il ne comprend pas Gérard Larcher. Gérard Larcher, c'est un grand défenseur du paritarisme, mais même à droite, on ne comprenait pas la façon dont justement Emmanuel Macron snobait les syndicats.
La
rencontre hier entre le chef de l'État et les partenaires sociaux était donc une première. Les syndicats de salariés et les représentants du patronat étaient méfiants. Mais après trois heures de discussion, il n'était un changement de ton de la part du président Emmanuel Macron, qui recevait plus tard dans la journée une centaine de grands patrons français pour les inciter à embaucher des jeunes et assumer leur rôle de premiers de cordée. Myriam Zéard et Dominique Lemarchand.
Un
petit mot, M. Marchelec. Au lendemain du Mondial, Emmanuel Macron recevait hier une autre sorte d'équipe, moins habituée à jouer collectif. C'est même la première fois depuis l'arrivée du président à l'Élysée.
Autour
de la table, huit organisations syndicales, deux salariés et patrons, ensemble pour trois heures de réunion multilatérale.
Un
mini-sommet pour fixer un agenda social.
Un
changement de méthode de l'exécutif perçu par les syndicats,
qui
à la sortie veulent néanmoins rester prudents.
Un
piège du président.
Le
président de la République a convenu que l'année dernière avait été,
comment
dire, à son rythme à lui et sans écouter beaucoup. En tout cas, nous, on ne peut que souhaiter que ça change. J'ai senti, on a senti sans doute à plusieurs autour de la table, qu'il y avait une volonté de revenir à, selon les termes du président de la République, une république contractuelle et que la France devait revenir à une forme de dialogue entre organisations syndicales et patronales et Etats.
Renouer le lien quelque peu distendu avec les syndicats,
comme
un point d'étape avant d'aborder des négociations en septembre prochain sur l'assurance chômage. Et la liste des réformes à venir ne s'arrête pas là. Santé au travail, retraite, avenir du paritarisme, la promesse de discussion animée. Moi, je lui ai rappelé que si la méthode s'améliore ou si la forme s'améliore, c'est très bien. Maintenant, il reste le fond et que sur le fond, l'ensemble de la politique visant finalement à individualiser, à casser les droits collectifs ne nous va évidemment pas et que sur bon nombre de réformes, pour ne pas dire toutes, nous sommes extrêmement inquiets sur un plan social.
Une inquiétude motivée par les nombreux mouvements sociaux depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron.
Comme
lors des ordonnances sur la loi travail.
Ou
encore pour la réforme de la SNCF. Des manifestations lors desquelles Philippe Martinez regrettait déjà l'inflexibilité du gouvernement.
Ce qu'il faut qu'on prenne le gouvernement, c'est qu'il faut qu'ils arrêtent de nous prendre pour des imbéciles et de nous expliquer qu'ils veulent discuter. Chaque prise de parole du président ou d'un ministre, c'est pour nous dire
on
peut parler de tout mais on ne change rien. ça c'est pas notre conception du dialogue.
Une
année sous tension pour les syndicats de salariés qui s'inquiètent pour les droits des chômeurs. L'emploi que l'exécutif veut favoriser en incitant les entreprises à s'engager et à recruter les jeunes issus de quartiers difficiles.
C
'est en tout cas le message envoyé hier soir à l'Elysée où étaient reçus une centaine de patrons. Total, Danone, Accor ou encore Vinci, devant les géants du CAC 40, Emmanuel Macron plaide pour un nouveau contrat social en faveur des territoires en difficulté. Il y a aussi beaucoup d'endroits où la réussite économique
a
oublié
la
réussite territoriale celle du reste de la société.
C'est
pour ça que moi je
crois
à cet ensemble et j'ai voulu le traduire par cette image de la cordée.
Ça
déplait à beaucoup
donc
je vais continuer à l'utiliser parce que moi je trouve qu'elle parle.
La
cordée, il y en a un qui grimpe devant.
Il
est rare pour ceux qui font vraiment de
l
'alpinisme qu'il soit celui qui tire vraiment ce derrière.
Il
montre les prises. Enfin,
c
'est pas le premier de cordée qui tire les autres sur la corde. Chacun doit aller aspérité après aspérité prendre sa propre prise. Mais quelqu'un a ouvert la voie. Explication de texte d'une expression controversée pour conclure une journée sociale pleine de promesses avec un rendez-vous donné aux mêmes entrepreneurs dans six mois afin de dresser un premier bilan.
Revenons, Bruno Jeudy, sur les syndicats. On les a vus sortir en effet plutôt contents de cette réunion. C'est assez rare, il faut bien le dire, à l'issue d'une réunion à l'Elysée. Est-ce qu'on peut parler pour autant de réconciliation
? C
'est un peu trop tôt. C'est trop tôt. En tous les cas, c'est vrai qu'ils ont apprécié le ton. On les a entendus les uns après les autres, y compris Philippe Martinez. Ils ont apprécié le ton, ils ont apprécié évidemment la réunion, ça a été dit juste avant. Maintenant, ils restent méfiants. Il suffit d'entendre Pascal Pavageau, le nouveau patron de France Oubrière. Ils restent méfiants, évidemment, parce qu'ils se disent bon, OK, l'ordre du jour, déjà sur les règles de le premier dossier sur les indemnisations au chômage, ils ont proposé certains, un diagnostic partagé, ça a été repris. ils sentent bien qu'ils avancent sur ce terrain de façon prudente parce que le terrain est miné.
En plus, il y aura un texte, il y aura quelque chose qui viendra sanctionner cette négociation. Donc, ils se méfient. Moi, je ne parlerai pas de réconciliation aujourd'hui. Enfin, on vient de loin, on vient de passer une année où là, c'était vraiment chien et loup ou chien et chat, je ne
sais
pas comment on dit, mais en tous les cas,
c
'était très, très, très compliqué. Donc, ce n
'est
pas seulement revenir à l'Elysée qui leur fait plaisir, c'est le changement de ton. Après, Macron, il est stratège, il sait aussi qu'il a besoin de changer d'attitude parce qu'il bascule, lui, dans la deuxième année de son quinquennat et la deuxième année de son quinquennat, ce sont des réformes qui n'étaient pas prêtes, qui étaient posées sur la table pour certaines mais qui n'étaient pas prêtes, il va falloir les accoucher et peut-être que là, il
va peut
-être avoir besoin d'y associer les syndicats ou en tous les cas, d'avancer le plus loin possible avec eux. Si à la fin, ils ne
sont
pas d'accord, ils ne seront pas d'accord. Mais sur les retraites, par exemple, on sait que cette réforme, c'est toujours le juge de paix des mandats présidentiels et elle ne sera pas facile à faire. On voit bien que c'est une réforme qui n'était pas prête. Jean-Paul Delvoye, l'homme chargé du dossier, l'ancien ministre, est en train de faire le tour des syndicats, de tous les spécialistes. Ce ne sera pas simple. Oui, Emmanuel Macron est-il en train d'amadouer les syndicats et dans quel but ?
Amadouer, le mot est un peu fort. Je crois qu'au cours des derniers mois, on a vu
qu
'il y avait un vrai problème. Prenons l'exemple de la CFDT.
Voilà
une organisation dite réformiste, qui d'ailleurs l'est, prête à la négociation, souhaitant la négociation et, comme je disais tout à l'heure, souhaite co-construire les règles de droit.
En
plus, voilà une organisation qui n'était
pas
hostile aux réformes telles qu'elles étaient présentées.
Et
donc, elle voulait bien être impliquée dans le processus.
Et
elle se disait donc, je vais être impliquée. Mais elle ne l'était pas. D'ailleurs, elle se demandait pourquoi. Parce qu'après tout, elle se disait que c
'est
l'intérêt de nous, CFDT, mais c'est aussi l'intérêt du président de la République de nous impliquer.
Et
d
'ailleurs,
Laurent Berger avait des mots très durs sur le président de la République et sur cette méthode. Et dans cette deuxième année du quinquennat où, premièrement, il y a des sujets compliqués, notamment les retraites. Parce que les retraites, à la différence de tous les sujets antérieurs, ça concerne tous les Français.
Il
risque d
'y
avoir quelques millions de gagnants
et
quelques millions de perdants. parce que c'est un système unique. Je n'entrerai pas dans les détails pour ne pas accabler de téléspectateurs. C'est un système unique dont
les
différents systèmes vont être harmonisés dans le temps.
Ça
prend un ordre. D'abord, les gens vont vouloir comprendre, ils ne
vont
pas comprendre parce que c'est compliqué. Donc, il faudra leur expliquer une deuxième fois, une troisième fois.
Et
ensuite, il y aura des gens mécontents.
Et
puis,
il
y
aura
des inquiétudes. Donc, dans cette situation de vraie instabilité sociale, ce qu'on l'a vu dans toutes les réformes des retraites précédentes, le gouvernement, Or,
justement,
la CFDT dont je parlais, elle a toujours été partisan
de
cette réforme du basculement vers un système par points. Elle l'a assumée. Bon. Donc, l'intérêt objectif du président de la République est de jouer avec elle et quelques autres s
'ils
le veulent sur cette réforme. Et
enfin,
on entre dans une deuxième année du quinquennat. Les deuxièmes années sont plus difficiles que les premières années, généralement.
Et
les troisièmes années sont plus difficiles que les secondes. D'ailleurs, si on s'arrête sur les sondages une seconde, qu
'est
-ce qu'on voit
? On
voit quand même qu'il
y
a 40% des Français,
c
'est beaucoup, 40%,
c
'est pas qu'ils soient défavorables, c'est que 40% d'entre eux, ou près de 40% d'entre eux, sont très hostiles aux réformes.
Et
donc, c'est un contexte qui n
'est
quand même pas évident au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'onction de l'élection présidentielle. Donc, en clair, il a besoin de ne pas avoir trop d'hostilité et s'ils ne sont pas des alliés, des syndicats, du moins, il a intérêt à en neutraliser certains. Alors, il ne neutralisera pas la CGT qui continuera imperturbablement sa route. Il y a la CFDT qu'il faut traiter. Il faut un nouveau secrétaire général, Pascal Pavageau, qui est comme il est, mais réformiste, globalement, globalement, globalement réformiste. Bon, Pascal Pavageau, il ne cessait de dire les dernières semaines, il faut mettre la santé au travail à l'agenda.
À
la sortie de la réunion chez le président, la santé au travail est à l'agenda. Donc,
il
y a la CGT, la CFDT, la CGC, et il faut
qu
'ils sont dans une situation d'attentisme. Ils ne sont pas encore d'accord. Mais le président va assez loin. On parlait de l'assurance chômage tout à l'heure. L'assurance chômage,
ça
va être une négociation entre le patronat et le syndicat. On en parlera peut-être tout à l'heure. On parlait de la méthode.
Mais
ce que craignaient les syndicats et le patronat, route mes yeux, c'est que le gouvernement,
dans
le document de cadrage avant la négociation, ne les enferme de telle manière qu'en fait, ils ne soient qu'apparemment libres de négocier. Or, ce qui a été acté lors de la réunion cette semaine, c'est qu'il y aura une réunion, il y aura un diagnostic d'abord, commun, et il y aura une réunion tripartite, État, syndicat, patronat, pour
élaborer
ce document de cadrage. Donc, même dans le document de cadrage qui normalement doit être la responsabilité de l'État, à ce document-là, on associe les partenaires sociaux. Donc, il y a une série de gestes. Alors, sur quoi ça va aboutir ? On n'en sait rien. On ne sait pas sur quoi va aboutir la négociation sur l'assurance-chômage. Fédé Guillocher a très bien dit tout à l'heure que c'est un sujet très compliqué dans lequel ils ont échoué maintes fois. Donc, ce serait un miracle qui réussisse, enfin, les miracles,
ça
se produit, qui réussissent cette fois-ci. Mais enfin, ils ont le sentiment qu'enfin,
on
les considère, de là le sommet, enfin, qu'ils ont, comme disait un ancien secrétaire général, le FO, du grain à moudre, dont des négociations, qu'enfin, il
y
a des sujets qu'ils proposent qui sont pris en considération.
Et
bon, tout ça, globalement,
est
quand même plutôt positif par rapport aux dernières semaines.
Question SMS, qui est plus un commentaire d'ailleurs, qu'une question, Pani Guinochet. syndicat et patronat intégrés aux négociations, mais Macron décide à la fin, donc rien ne change, ni sur le fond, ni sur la forme. C'est ça, le risque au fond,
c
'est que ça
n
'aboutisse pas vraiment à des concertations ou des négociations ?
Fondamentalement, on les remet, effectivement, ils ont leur mot à dire, vont pouvoir faire leurs propositions, on va en prendre un petit peu, mais fondamentalement, Emmanuel Macron sait très bien où il veut aller, sur de nombreux sujets, même si les réformes sont moins prêtes qu'elles ne l'ont été, par exemple, sur les ordonnances où là, c'était vraiment très travaillé pendant la campagne et quand il est arrivé, il a mis en application ce qu'il avait prévu de faire.
Il va y avoir des changements à la marge sur les réformes qu'il est en train d'élaborer, que ce soit la retraite ou l'assurance chômage, mais si patronat et syndicat lui donnent le sentiment de freiner la réforme, je pense qu'il passera outre et ça, quelque part, c'est pour ça que c'est un piège aujourd'hui, les partenaires sociaux, comment voulez-vous qu'ils disent « ah ben non, finalement, on ne
va
pas aller à
l
'Élysée » alors qu'ils ont demandé d'être écoutés, on leur propose d'ouvrir une négociation, comment voulez-vous qu'ils disent non alors qu'ils disent « bon, on veut qu'on construire, on est là, on existe, on est les corps intermédiaires, il faut nous prendre en considération » ? À chaque fois, ils sont obligés de dire oui, sauf qu'à un moment quand Emmanuel Macron va estimer que s'il trouve un compromis, ça ne
va
pas assez loin parce que ça coûte encore trop cher, l'assurance chômage, il y
a
encore trop de déficit ou bien alors sur les retraites,
s
'il estime que les partenaires sociaux freinent parce qu'ils ne veulent pas lâcher les régimes spéciaux par exemple, il y
a
un moment, il va passer outre.
Il
l'a fait sur les ordonnances, il a rectifié légèrement le tir mais au final, les trois quarts de la copie des ordonnances, c'est ce qui a été appliqué. Donc il faut voir comment les partenaires sociaux et ça c'est un vrai enjeu pour eux, comment ils vont réussir à peser parce qu'ils peuvent entraver quand même le système. Ils peuvent mettre sur la table comme la lettre de cadrage et les sujets qui sont proposés sont relativement ouverts, ils peuvent très bien dire à Emmanuel Macron ok, bah chiche, on va réformer par exemple le statut des intermittents.
On sait très bien que le pouvoir n'a pas très envie qu'on aille sur ce sujet parce que c'est un sujet explosif, c'est un sujet qui touche aux médias, c'est un sujet un peu touchy et que pour l'instant par exemple le gouvernement n'a pas très envie d'ouvrir ce sujet-là. Ils peuvent sur certains points essayer d'exister. On va voir, il me semble que derrière l'affichage, le décorum, le théâtre, tout le monde est content, il va y avoir un petit bras de fer qui va se jouer et qui va être pour le coup assez intéressant.
Le rythme des réformes va-t-il ralentir à la rentrée Sousi Kemener
?
Non, non, il ne va pas ralentir. Alors peut-être qu'effectivement on va avoir ces moments de rencontre
avec
les syndicats comme le moment qu
'on
vient de vivre qui vont donner l'impression justement que les corps intermédiaires c'est quoi ?
C
'est les amortisseurs dans la société donc on va avoir l'impression que les amortisseurs servent et ça va servir finalement à donner l'impression qu'on est un petit peu ralenti mais non parce que c'est ce que disent les proches d'Emmanuel Macron c'est que si on arrête on tombe donc il faut continuer à avancer parce qu'Emmanuel Macron est la réforme il doit incarner la réforme c'est dans sa grammaire macronienne pour reprendre l'expression mais ce qui est intéressant pour prolonger ce que vous disiez tout à l'heure c'est qu'on a une vraie interrogation sur une espèce de colère sociale qui existe mais qui ne s'exprime pas est-ce qu'elle va s'exprimer dans une radicalité politique qu'est-ce qui va se passer ?
Et le fait de remettre les corps intermédiaires comme ça au premier plan c'est une façon aussi de pouvoir jouer avec les différentes avec l'accélérateur avec l'embrayage du pouvoir et de pouvoir dire à un moment peut-être qu
'il y a
une certaine forme de contestation mais qui repassera par les syndicats si elle n'y passait plus un moment donc c'est une façon aussi pour Emmanuel Macron de tenir une éventuelle colère sociale de dire regardez je reparle au syndicat d'ailleurs qu'est-ce qu'il leur dit au syndicat quand il les reçoit hier matin c'est une des premières phrases qu'il dit il dit j'ai entendu ce que vous m'avez dit donc il y
a
vraiment une main tendue on n'est pas en train de les amadouer à long terme mais en tout cas une volonté de dire à travers vous je vous entends et j'entends les salariés ou les personnes que vous représentez
l
'automne sera chaud l'automne social
je
ne
sais
pas il faut toujours se méfier d'annoncer des automnes très chauds on verra ce qui est certain c'est que Pascal Pavageau a dit dans plusieurs interviews s'est inquiété de la radicalité de la montée de la radicalité à la faveur des nombreuses manifestations qu'il y
a
eu pour le coup au printemps et ça c'est quelque chose forcément qu'Emmanuel Macron a dit on voit bien que de plus en plus chez les salariés qui ont fait grève notamment ceux de la SNCF beaucoup se disent la grève ne paie plus alors aussi les syndicats n'ont plus les moyens de bloquer le pays certains disent on envisage d'autres formes de protestation on ne sait pas quoi mais on sent bien que dans les mouvements de protestation qu'il y a eu pas seulement ce printemps mais depuis maintenant la fin du mandat précédent et cette première année
qui
a une radicalité incontestable qui monte dans la rue et qui n'est plus canalisée certainement par les syndicats mais qu'aussi la stratégie d'Emmanuel Macron qui a été au fond de se passer des corps intermédiaires pendant cette première année a sans doute accru ce sentiment qu'ont les responsables syndicaux et qu'ont tiré le signal d'alarme à juste raison parce que c'est vrai qu'on le veuille ou non dans ce pays les syndicats je disais une étude de l'Ipsos sur
les
corps intermédiaires et sur l'appréciation des français des grandes institutions les syndicats qu'on le veuille ou non restent encore appréciés ou en tout cas considérés par
plus
du tiers des français 34% exactement c'est beaucoup plus que les partis politiques c'est beaucoup plus que d'autres c'est beaucoup plus que le nombre de personnes syndiquées en France oui alors c'est le paradoxe de syndicats en France qui sont peu représentatifs qui ont de moins en moins d'adhérents mais qui restent quand même dans la discussion que les responsables gouvernementaux doivent avoir les syndicats sont considérés comme des interlocuteurs ils le restent dans le pays
oui
ce que je voulais dire c'est qu'ils le restent mais ils le sont beaucoup moins qu'ils l'ont été parce que lorsqu'on regarde les enquêtes sur 10 ans c'est court 10 ans c'est long 10 ans c'est court 10 ans on s'aperçoit que la crédibilité des syndicats
auprès
de l'opinion française ne cesse de décroître alors je dis citer le chiffre des récents sondages mais lorsqu'on regarde sur la durée on voit que la crédibilité baisse dans les enquêtes Cevipov qui est une autre enquête mais qui est sur longue période on voit qu'actuellement la crédibilité la légitimité des syndicats paradoxe épouvantable est au niveau de celle des banquiers
donc
elle est meilleure que celle des politiques mais quand même ils sont pris dans le mouvement de désintéressement par rapport à la politique et c'est un très mauvais signe parce que pour en revenir à votre question sur l'automne l'automne n
'est
jamais chaud contrairement à un adage c'est généralement ou alors c'est vers le mois de novembre décembre au début de l'hiver que ça devient que ça devient chaud bon et puis clairement on voit très bien que les risques aujourd'hui sont ces 40% dont j'ai parlé de bloquer l'espérance d'alternance politique qui est quand même un défoulement dans l'esprit des gens ou de beaucoup de gens
elle
n'existe pas puisqu'il n'y a pas sauf aux extrêmes d'espérance d'alternance politique les corps intermédiaires eux-mêmes dont on a parlé syndicats sont affaiblis
ce
qui veut dire que si un jour il y avait une poussée sociale comme la France en est et on ne peut jamais prévoir quand mais dans quelles conditions l'exemple
qui
seraient les intermédiaires qui seraient capables de canaliser les mouvements donc je crois que l'intérêt de tout gouvernement et de celui d'Emmanuel Macron en l'occurrence est quand même d'avoir des intermédiaires des corps intermédiaires forts
même
s'il se méfie d'eux même s'il se considère il a raison que ce n
'est
pas la panacée parce que en cas de coup dur c'est un vrai problème
quand
ils ne sont pas là et puis j'ajoute un point il veut favoriser la négociation dans les entreprises et dans les branches mais si on affaiblit les syndicats pour négocier il faut être deux
et
aujourd'hui on voit très bien que sur les ordonnances
au
fond aujourd'hui les entreprises sauf pour la constitution d'un animal qui s'appelle l'instance unique comité social économique il n'y
a
pas d'application les ordonnances et enfin dernier point et j'en terminerai là
la
réforme dont on a parlé tout à l'heure les retraites
n
'a rien à voir avec les réformes antérieures les ordonnances personne n'y comprenait rien sauf les personnes autour de cette table acceptez-moi quelques spéciales c'est très compliqué sur les sujets de droit du travail la formation on ne peut être que pour mais les retraites on vous fait une réforme des retraites
vous
commencez à vous dire
quel
est mon sort qu'est-ce que ça veut dire pour moi et si un si vous ne comprenez pas si deux vous avez des doutes et si trois surtout vous êtes inquiet vous vous agitez et c'est pour ça que les réformes des retraites il n'y a rien de mieux
pour
jeter des millions de gens dans la rue
pour
ça il faut être
prudent
Parmi les thèmes abordés hier figurent l'épineux dossier de l'assurance chômage Emmanuel Macron l'avait annoncé pendant la campagne il veut modifier le rapport au travail des français inciter les chômeurs à rechercher un nouvel emploi et pousser les entreprises à leur garantir des contrats longs le taux de chômage qui s'élève toujours à un peu plus de 8,5% de la population active Ambrine Bdida et Oanen Guyenne
Devant les parlementaires réunis à Versailles
il
devait venir fixer le cap de ces réformes déjà engagées
mais
surprise Emmanuel Macron
a décidé de changer les règles du jeu
modifier
la réforme de l'assurance chômage
alors
que le projet de loi est en plein
examen
Je
souhaite que les partenaires sociaux révisent les règles de l'assurance chômage
afin
que
dans
cette période de reprise économique
nous
puissions non seulement nous assurer qu'elle récompense bien davantage la reprise d'activité
mais
aussi qu'elle incite à la création d'emplois de qualité
La
réforme de l'assurance chômage c'est un peu le fer de lance d'Emmanuel Macron mais difficile d'en connaître les contours exacts
Il
veut d'abord s'attaquer aux recours excessifs de contrats courts
Les
partenaires sociaux doivent négocier un dispositif pour limiter leur usage
S
'ils n'y parviennent pas le gouvernement pourrait mettre en place un système de bonus-malus
Une
entreprise qui fait appel à trop de contrats courts devra s'acquitter de plus de cotisations patronales
Si
au contraire elle embauche en CDI un bonus lui sera appliqué
Une
idée aux effets pervers selon le nouveau président du MEDEF
Le
CDD est déjà surtaxé Qu'est-ce qui se passe si on va surtaxer le CDD ? L'activité partira au noir c'est-à-dire à un moment si le coût est prohibitif les gens sont employés différemment donc c'est pas la bonne solution
Déjà pendant sa campagne
le
candidat Macron ne cachait pas son intention de transformer le système social français
Son
ambition mettre en place une allocation chômage universelle étendue aux indépendants et aux salariés des missionnaires
Une
avancée avec des contreparties
Il
y a
dans
votre région telle
ou
telle offre d'emploi
Et
si je refuse ? Vous pouvez en refuser une Une Pas deux Si vous refusez la deuxième
vous
sortez du système et vous n'êtes plus indemnisé
Je
ne veux plus qu'on soit dans un pays où les gens peuvent encore nous dire Moi j'en ai vu J'ai vu un jeune ou un moins jeune Il a encore refusé l'offre Il est venu huit jours et puis il a abandonné C'est terminé Je veux un système qui responsabilise J'étends les droits
mais
je veux qu
'il
y
ait
des
devoirs
Mieux contrôler les chômeurs Accentuer la pression sur ceux qui ne chercheraient pas assez activement du travail Alors qu'aujourd'hui certaines sanctions pénalisent déjà les chômeurs
Vous faites
ça tous les
jours ?
Je fais ça tous les jours Je me lève à 5h du matin Je prends le service à 6h et puis c'est parti jusqu'à 2h30 de l'après-midi Frédéric Portejoie a dû reprendre son poste de chauffeur poids lourd contre l'avis des médecins
Cela
faisait un an qu'elle était au chômage avant d'être radiée 15 jours au mois de décembre
Vous
avez été informé de mon intention de procéder à votre radiation de la liste de demandeurs en emploi
La
raison invoquée par Pôle emploi
Une
recherche pas assez active
L
'envoi de justificatifs professionnels et médicaux n'a rien changé Donc en tout et pour tout pour le mois de décembre donc il y a 31 jours il y
a
Noël quand même
la
famille j'ai touché 270 euros pour faire tout le mois de décembre
Donc
dans les 270 euros il faut payer son loyer sans l'électricité il faut manger il faut le carburant l'assurance de la voiture enfin la vie courante quoi
Donc
j'étais un petit peu en galère on peut le dire
Dans
ce cas de
figure
le gouvernement envisage de faire passer la sanction de 15 jours à un mois voire deux Renforcer l'arsenal pour mieux contrôler les chômeurs une ineptie pour le mouvement national des chômeurs et précaires
On
est dans un déficit total de confiance du système en général vis-à-vis des chômeurs Quand je dis le système en général il ne faut pas blâmer Pôle emploi spécifiquement Pôle emploi les agents de Pôle emploi ils font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'on leur donne Moi mon problème c'est un étage au-dessus C'est les décisions politiques qui sont prises vis-à-vis des chômeurs qu'on pointe du doigt comme responsables de leur situation Et ça c'est intolérable
Pour
l'heure
les
intentions concrètes de l'exécutif restent encore
floues Les
partenaires sociaux eux doivent renégocier l'ensemble des règles de l'assurance chômage à la rentrée en vue d'une réforme au printemps 2019
On
le voit Fanny Guiné c'est de la nitroglycérine C'est sujet c'est extrêmement sensible Et alors Emmanuel Macron dit à
vous
de jouer Il dit ça aux partenaires sociaux
C
'est très sensible parce que c'est le quotidien des gens C'est très sensible parce que Emmanuel Macron veut vraiment changer de logiciel faire en sorte qu'il
y ait
une vraie différence entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas ou qui recherchent un emploi
Ça
rejoint d'ailleurs par bien des égards ce que disait Nicolas Sarkozy Il est pour le contrôle des chômeurs Il veut l'intensifier Il veut que le travail paye Donc derrière il va y avoir des changements de règles d'indemnisation c'est sûr En tout cas c'est l'objectif du gouvernement qui donne 4 mois en tout cas qui fixe aux partenaires sociaux une feuille de route qui leur dit vous allez faire un diagnostic ensemble C'était une proposition de la CFDT qui a repris l'Elysée et puis vous avez négocié jusqu'à janvier-février Si vous êtes d'accord si vous arrivez
ça
fera peut-être comme la formation professionnelle je ne prendrai pas ou bien alors je prendrai votre compromis
et
puis de toute façon j'acterai quelque chose j'acterai quelque chose pour que les règles elles changent
au
printemps prochain à l'été prochain il n'y aura pas les mêmes façons d'indemniser les chômeurs C'est ça très concrètement ce que dit Emmanuel Macron Et derrière il y a l'idée on l'a vu dans votre reportage sur la question des CDD et du bonus-malus c'est vrai qu'actuellement on a un marché de l'emploi où on a des gens qui travaillent et qui travaillent beaucoup en CDD qui tournent vraiment même s'il y a 80% de gens qui sont en CDI aujourd'hui vous avez des gens qui retrouvent des emplois mais en contrat très court et même en contrat très très court c'est moins d'une semaine une journée et ça coûte très cher à l'assurance chômage parce que les règles font que finalement vous travaillez sur des périodes de côte vous êtes indemnisé vous travaillez sur des périodes de côte vous êtes indemnisé et c'est assez favorable c'est un effet un peu pervers du système qui est assez favorable à la fois pour le demandeur d'emploi mais aussi pour les entreprises et vous avez des entreprises qui en jouent comme vous avez des demandeurs d'emploi sur certains métiers qui peuvent en jouer aussi et donc ce système coûte très cher à l'assurance chômage c'est plus de 4 milliards d'euros
quand
on sait que les comptes de l'assurance chômage ne vont pas très bien même s'ils s'améliorent avec la croissance s'ils
ne vont
pas très bien Emmanuel Macron a ça en ligne de mire mais maintenant ça veut dire quoi très concrètement ?
ça
veut dire que les syndicats vont devoir revoir les règles et dire on risque de revoir des droits en tout cas acquis pour les chômeurs donc ça arrive d'être un peu moins intéressant ou bien alors de l'autre côté du côté des patrons ils ne
sont
pas très chauds pour aller négocier parce que ce qu'a promis aussi de faire Emmanuel Macron c'est un système de bonus-malus qui est très bien expliqué dans votre reportage donc je n
'y
reviens pas sur entre ceux qui proposeront des CDI se verront incités alors que les patrons qui tournent avec des CBD eux vont payer donc des deux côtés il y a un intérêt à y aller en disant on existe mais sur le fond du dossier ça va être très compliqué de trouver l'intérêt à négocier
Soizé Kémener on voit bien que là c'est un tabou aussi auquel s'attaque l'Élysée regardez cette question SMS le but d'Emmanuel Macron n'est-il pas de diminuer le montant
et
la durée de l'allocation au chômage ça c'est un tabou
oui c'est toute la question et d'ailleurs on voit que c'est tellement c'est tellement compliqué qu'on est déjà à la troisième version depuis le début 2017 et là c'est quand même assez surprenant de voir un président de la République qui est en plein congrès dit finalement il y
a
une loi qui est en train d'être discutée qui est au Sénat et on va changer les choses et quand Muriel Pénicaud arrive au Sénat qu'est-ce qu'elle dit ? Elle dit finalement le gouvernement souhaite privilégier la primauté de l'intervention des partenaires sociaux donc je rejoins ce que vous disiez tout à l'heure c'est voilà on va vous laisser faire et faites un peu mieux en sachant que c'est très compliqué Geoffroy Roux de Bézieux pour le MEDEF ne veut absolument pas entendre parler de bonus-malus on touche effectivement à quelque chose de tabou parce que qu
'est
-ce qu'un chômeur aujourd'hui ? Est-ce qu'on regarde le chômage ? Est-ce qu
'on
regarde les chômeurs ? Est-ce qu'on culpabilise le chômeur ? Est-ce qu'on remet en cause sa façon d'être dans la société ? Donc il y a tout ça derrière donc effectivement c'est de la dynamite et c'est pour ça aussi que ce dossier a été repoussé et donné entre les mains des syndicats parce qu'il a besoin des syndicats pour franchir cette marche-là
Vraiment Soubi au-delà des points précis qu'on vient d'aborder changer le rapport au travail des Français c'est réaliste
? Oh
c'est un vaste sujet parce
qu'en
réalité ce sujet renvoie à beaucoup de sujets c'est le rapport des Français au chômage c'est le rapport des Français aux nouvelles formes de travail en dehors du salariat c'est le rapport des Français aux salariés qui sont sur les plateformes vous savez qui vous livrent etc. Donc en fait les sujets nouveaux
c
'est un point très important les sujets
qui
sont là pour les prochaines années en matière sociale de transformation de l'emploi des formes d'emploi des conditions du travail des implications pour les salariés sont absolument massives d'ailleurs parenthèse lors de la réunion du sommet de l'autre jour plusieurs ont insisté sur la nécessité de discuter entre eux
entre
syndicats et patronats des transformations technologiques des transformations de l'organisation du travail et des conséquences sur la vie des gens donc ça c'est un sujet je crois très important alors il n
'est
pas vraiment là à l'heure du jour puisqu'on parle on parle là de l'idique mais les sujets de l'idique si vous me permettez de terminer par ça
c
'est l'éternel retour
je
veux dire par là que les sujets
dont
on va discuter ça fait des années
qu
'on en discute le bonus malus c'est pas une idée récente
bon
alors le patronat est contre les syndicats sont pour
il
y a des économistes qui sont pour il y a des économistes qui vous disent il y a quand même des branches elles ont besoin de contrats courts autrement elles ne peuvent pas fonctionner donc si vous les pénalisez elles créeront donc c'est un débat qui n'a jamais abouti au niveau des partenaires sociaux et moi je pense que ce qui s'est passé avant le discours au concret je me lève considérablement au dessus de ma condition c'est que Emmanuel Macron a dû se dire je vais
à
l'occasion de ce discours annoncer le lancement d'une négociation laquelle
? mais
bien sûr l'assurance chômage et
ce
qui prouve que je suis pour la négociation mais comme le disait très bien Fanny Guillocher tout à l'heure je vais leur donner un sujet sur lequel ils n'ont pas été capables de se mettre d'accord depuis des années sous-entendu la probabilité qu'ils se mettent d'accord n'est pas très forte
mais
à ce moment là qu'ils en assument la responsabilité c'est pas moi moi j'interviendrai à leur demande et en dernier coup et je me demande si cette idée n'est pas sous-jacente dans la procédure qui a été lancée
un peu
coquine mais sous-jacente
Bruno Jeudy on voit bien encore une fois que ce sont des sujets sensibles qu'il y
a
sûrement des arrières pensées d'ailleurs de la part d'Emmanuel Macron mais ce sont des dossiers importants parce que pour l'instant le chômage c'est un échec
pour
Emmanuel Macron ça ne baisse pas c'est à dire que Emmanuel Macron a besoin de résultats maintenant
la
première année vient de se terminer ces réformes ont été mises en place certaines de ces réformes importantes et notamment les ordonnances travail de l'automne de la fin de l'année 2017 plus celles qu'on a eues au début de l'année sont en place forcément ça mettra du temps à produire des résultats comme toutes les réformes certaines ça mettra même très longtemps je pense au dédoublement des classes de CP qui fonctionnent bien mais qui mettront du temps sans doute à produire de vrais résultats elles sont en place en matière de chômage oui il y avait eu c'est vrai une hausse sensible à la fin de l'année 2017 suivie pour le premier trimestre 2018 d'une non c'était le contraire une baisse pour la fin de l'année 2017 et une hausse début 2018 donc effectivement on est toujours autour de 9% on a l'impression qu'on est tanqué pardonnez-moi l'expression autour de ce 9% de ce classique or Emmanuel Macron il a fixé 7% lui à l'horizon de la fin du quinquennat donc il va falloir y arriver donc il va essayer de jouer de tous les leviers pour accélérer cette baisse du chômage tant attendue par tous les biais alors la fin des contrats courts ou en tous les cas bonus-malus est-ce qu'il arrivera à ses fins il a réuni des chefs d'entreprise hier pour essayer de favoriser l'emploi chez les jeunes dans les quartiers populaires le taux de chômage des jeunes est très élevé en France jeunes qui sont souvent les principaux les principales cibles pour les contrats courts justement donc Emmanuel Macron a besoin de résultats et la deuxième année est sans doute celle où
l
'opinion va être moins bienveillante avec le président c'est-à-dire il a fait de beaux discours la première année où sont les résultats maintenant donc là il rentre dans le dur lui aussi et quelque part le fait de tendre la main au corps intermédiaire comme les syndicats mais aussi sur un autre terrain les élus locaux on voit bien que Emmanuel Macron il commence un peu aussi à lancer des bouées et pas seulement à mon avis par cynisme comme l'a dit elle n
'a pas dit
ça non mais je
vous
laisse le mot mais je partage votre analyse sur ce point là je pense qu'il est assez malin pour mettre les syndicats devant leur propre aussi responsabilité et leur propre contradiction cela étant il va avoir besoin de tout le monde pour obtenir des résultats le nouveau patron du MEDEF s'appelle donc Geoffroy Roude-Bézieux il a fait ses débuts hier lors de ce sommet social c'est un entrepreneur de 56 ans son arrivée marquait un changement évidemment après les années Gattaz voici son portrait avec Julien Lenay Dominique Lemarchand et Myriam Zéard
premier pas à l'Elysée dans le costume de patron des patrons convié hier avec les autres partenaires sociaux Geoffroy Roude-Bézieux cherche déjà à se faire entendre
bonjour
à tous
donc
nous avons rencontré le président de
la
république pendant trois heures j'ai rappelé d'abord la très grande difficulté qu
'ont
les entreprises aujourd'hui à recruter
une
situation quand même très paradoxale puisqu'on est à un chômage qui reste très élevé
un
peu plus tard dans la journée
les
dirigeants du CAC 40 avaient aussi rendez-vous au palais présidentiel
l
'occasion pour certains de donner leur avis sur le nouveau visage du MEDEF
qui
nous fassent sortir de nos frontières nos zones de confort qui soient un porte-parole qui nous bougent qui nous fassent réfléchir qui nous demandent de prendre des risques donc voilà c'est son job et donc moi je suis admiratif de gens qui prennent une partie de leur vie pour se mettre au service
des autres
donc voilà
formidable s'il est un peu couillu s'il est un peu ambitieux et il va remettre l'entreprise au cœur de la société pour donner envie aux Français de connaître l'arrière-cours de nos marques et puis aussi donner à nos cadres dans l'entreprise l'envie d'œuvrer d'être utile
et
c'était pas tout à fait le discours patronal ces dernières années
le MEDEF
vient donc de tourner la page Pierre Gattaz Geoffroy Roux-de-Bézieux en successeur après s'être présenté contre lui en 2013 ce récidiviste comme il aime à le dire réalise un rêve en accédant à cette fonction
soyons fiers d'appartenir au MEDEF soyons fiers d'être dans le premier mouvement patronal de France
âgé de 56 ans père de 4 enfants ce diplômé de l'ESSEC fait fortune dans le secteur de la téléphonie mobile après un début de carrière chez L'Oréal il se lance en 1996 dans l'entrepreneuriat en créant The Phone House
le
portable un marché alors en pleine explosion
les
gens comme dans l'automobile veulent renouveler et veulent acquérir un produit high tech et dernier cri
en 2000 Geoffroy Roux-de-Bézieux revend la société à un groupe anglais et empoche près de 40 millions d'euros le business puis la médiatisation avec son premier engagement patronal au sein de l'association Croissance Plus sur les plateaux télé la confrontation ne lui fait pas peur j'ai pris
tous les
risques j'ai créé des emplois donc ne
me dis pas comment on crée des emplois mais prenez les risques aussi
d'embaucher des jeunes et de leur faire
confiance mais c'est ce que je fais
j'ai embauché 1000 jeunes l
'année dernière et bien c'est formidable vous voyez que c'est possible et
bien c'est possible désormais très exposé avec ses nouvelles responsabilités au sein du MEDEF
il
se veut confiant sur son rôle de porte-voix d'autant que le dialogue avec l'exécutif lui semble possible
je
crois que ce qu'on doit faire nous MEDEF c'est d'essayer d'éclairer l'avenir c'est à dire que qui est mieux placé que les entrepreneurs
pour
prévoir pour essayer de prévoir en tout cas les changements technologiques qui vont bouleverser le monde du travail les entreprises et notre rôle est différent sous un gouvernement plutôt pro-business j'ai envie de dire ça comme ça que sous un gouvernement majoritairement anti-business qui était le cas du gouvernement précédent en tout cas dans sa première partie
Optimiste Geoffroy Roux-de-Bézieux pas si sûr comme les autres partenaires sociaux le rythme soutenu des réformes le préoccupe lui qui va maintenant devoir négocier celle de l'assurance chômage et des retraites
Question
SMS Macron et Roux-de-Bézieux sacralisant tous deux le numérique l'entrepreneuriat les start-up sont-ils voués à s'entendre ? Il est macroniste ?
Alors il ne
l
'a pas soutenu pendant la campagne mais ils se connaissent depuis 2007 puisqu'ils étaient ensemble dans la commission pour la libération de la croissance dirigée par Jacques Attali donc ça fait ils se fréquentent depuis longtemps ce qui est intéressant c'est qu'il y
a
eu un virage dans le discours de Geoffroy Roux-de-Bézieux c'est-à-dire qu'à l'été dernier il n'était pas encore patron du MEDEF et il disait qu'il y avait un effet Macron indéniable que Macron était pro-business et donnait une image attractive de la France et puis maintenant on voit qu'il est à la tête du MEDEF il essaie d'installer sa propre voie donc c'est pour ça qu'il parle notamment de la vitesse des réformes mais il y
a
un vrai problème pour Geoffroy Roux-de-Bézieux c'est ce qui est très dur d'être président du MEDEF quand on a un gouvernement ou un exécutif on voit Emmanuel Macron s'il a besoin de convoquer des chefs d'entreprise à l'Elysée mais il a besoin de passer par personne c'est-à-dire qu'il a une relation privilégiée de toute façon avec des chefs d'entreprise très différents pas seulement du CAC 40 depuis très longtemps il a été ministre de
l
'économie sous le gouvernement précédent enfin sous le quinquennat précédent pardon donc peut-être que finalement ce qui est paradoxal dans ce quinquennat pour le président du MEDEF c'est qu'il va falloir qu'il prouve l'utilité du MEDEF alors que finalement beaucoup des thèmes que défendait le MEDEF avant 2017 sont aujourd'hui portés par l'exécutif
Donc il peut éventuellement changer Fanny Guinochet la ligne du MEDEF ?
Il va être obligé de définir une ligne parce que déjà avec Pierre Gattaz souvent c'était quand même aussi en zigzag c'était très anti-Hollande très... mais bon c'était un discours vraiment sur la baisse des charges etc. Là Geoffroy Roux-de-Bézieux va essayer d'avoir un discours un peu plus positif sur l'entreprise ce qui n
'est
pas facile vu le contexte vu le rapport des Français avec l'entreprise est-ce que c'est au MEDEF ?
Est
-ce que le MEDEF va vraiment changer ça ? En tout cas il a un chantier devant lui qui est important il a eu le temps d'y réfléchir parce que ça fait votre reportage le disait un petit moment qu'il brigue le poste il avait voulu se présenter face à Pierre Gattaz puis comme il avait vu qu'il allait perdre il s'était rallié finalement à Pierre Gattaz donc ça fait 5 ans qui réfléchit au job comment il va le faire maintenant la difficulté pour Roux-de-Bézieux c'est effectivement il est un peu sur le même créneau qu'Emmanuel Macron alors ces deux hommes qui vont se parler franchement qui connaissent la tech qui aiment les start-up qui aiment la modernité etc.
il
peut manquer peut-être d'empathie à apparaître comme dit l'étant il a gagné beaucoup d'argent comme Emmanuel Macron d'ailleurs en faisant des affaires il faut voir ce qu'il ne faut pas oublier c'est que le MEDEF derrière Geoffroy Roux-de-Bézieux il y a des grosses fédérations la fédération de l'industrie c'est du lourd la fédération du bâtiment c'est aussi du lourd la fédération des banques des assurances et ce sont ces grands électeurs qui aussi vont donner le ton et on va le voir notamment ça va être un vrai test pour Geoffroy Roux-de-Bézieux que l'assurance cette négociation sur l'assurance chômage est-ce qu'il va y aller comment il va y aller qu'est-ce qu
'il
va exiger ou est-ce qu
'il
va mettre les lignes rouges ça va être un vrai test
est
-ce qu'il vaut mieux être patron du MEDEF sous un gouvernement de gauche c'est plus facile d'exister dans ces
conditions oui c'est sûrement plus facile surtout il faut se poser la question à quoi sert le MEDEF si vous me permettez donc à quoi sert le président du MEDEF moi je crois que le MEDEF donc le président du MEDEF serve un
à
faire du lobbying pour appeler un chat un chat donc à peser sur les décisions du gouvernement en matière fiscale sociale etc pour avoir de bonnes lois c'est clair des lois qui sont utiles pour les entreprises ça c'est sa première mission sa deuxième mission très importante en France c'est la négociation sociale
on
en a beaucoup parlé
et
Geoffroy Roux-de-Bézieux ne rompt pas avec cette tradition il a hésité un peu au début de sa campagne il s'est dit voilà je suis pour le paritarisme je suis contre finalement il dit je suis pour le paritarisme si du moins on est d'accord avec l'État sur les conditions du jeu et puis il
y a
un troisième point sur lequel Geoffroy Roux-de-Bézieux pourrait jouer un rôle important c'est que le rôle du président du Bézac c'est d'incarner l'entreprise de faire aimer l'entreprise de parler de l'entreprise de l'entreprise d'aujourd'hui et de l'entreprise de demain je suis pour une fois en désaccord pour une fois dans ma vie en désaccord avec un peu avec Fédé Guidocher c'est que les français aiment les entreprises en réalité je reprends mon enquête de Séni Pop dont je parlais tout à l'heure vous regardez ils aiment principalement leur entreprise plutôt que les autres mais quand même quand on leur parle de l'entreprise comme ça
c
'est mieux ils l'aiment de plus en plus donc l'idée d'avoir un président du Bélef qui porte cette affection qui la justifie en plus et qui explique ce que vont être les évolutions qui est plus moderne côté start-up etc. je crois que ça Geoffroy Roux-de-Bézieux peut mieux le faire
que
Pierre Gattaz mais ils sont dans une période très différente Pierre Gattaz il s'opposait à un gouvernement socialiste qui dans un premier temps a pris des mesures fiscales lourdes pour les entreprises contre les entreprises tandis que là c'est pas le cas et par conséquent il va pouvoir beaucoup plus déployer
vous
voyez cette idée je suis le défenseur de l'entreprise de demain
en
tout cas il a pour lui aujourd'hui d'être médiatique d'être à l'aise devant les micros d'avoir aussi l'expérience d'une sorte de nouvelle économie enfin c'est un personnage qui peut s'imposer oui c'est un personnage qui peut s'imposer alors bon il faudra qu'il fasse attention aussi à son expression être assez aussi trouver la bonne dose la prudence d'un partenaire social puisqu'il est plus seulement une figure du monde patronal quelqu'un qui a réussi dans la tech comme on dit donc oui mais sa tâche est franchement difficile dans un contexte politique qui pour un patron du MEDEF ne va pas être simple ça a été dit il est évident que le MEDEF de combat façon Gattaz sous le méchant Hollande entre guillemets c'était facile pour Gattaz pour exister même si lui bon il a approché aussi quelques erreurs le pins du 1 million ça c'est resté quand même
ça n'a
pas donné une bonne publicité au MEDEF
voici
maintenant vos questions SMS et internet
qui
peut croire qu'un chef d'entreprise embauchera parce que le président le lui demande ça c'est une allusion en effet à la réunion avec les 100 grands patrons Fanny Guineuchet c
'est sûr d'ailleurs ils sont venus mais quand vous les aviez en coulisses ou vous aviez leur staff ils disaient bon on est là effectivement c'est important mais on ne veut pas d'objectifs chiffrés c'est pas à Macron de nous donner la leçon maintenant Emmanuel Macron il est dans son rôle il dit chacun prenez votre part donc hier le but de la séquence c'était s'adresser au chef d'entreprise mais c'était aussi s'adresser à l'opinion publique en rappelant que oui il avait fait un certain nombre de réformes très pro-business et que maintenant comme il le demande aux français régulièrement en disant prenez votre part il le disait aussi au grand patron du CAC en disant votre rôle aujourd'hui c'est d'embaucher des jeunes et notamment d'embaucher des jeunes de quartier des jeunes surtout dans une période de coupe du monde ça
sentait quand même le plan de
rattrapage par rapport à son discours banlieue qui pour le coup a été assez mal compris voire pas apprécié du tout il y
a
eu des enquêtes
mais c'était une
opération de com c
'était une opération de com moi je trouve que c'était un peu une opération de rattrapage du genre bon mais je vais réexpliquer ce que je veux faire pour les quartiers populaires je veux impliquer les entreprises la fameuse émancipation par le travail
tout
ça un 17 juillet en pleine coupe du monde un soir moi je pense que
totalement sous
les radars c'était de la com et à mon avis ils ont perdu leur temps
mais
d'ailleurs c'était un peu de la com mezzo-voce parce qu'ils n'ont pas parlé d'emploi ils ont parlé de stage et ils ont parlé de mentorat ça c'est vraiment les deux choses sur
lesquelles
insiste l'Elysée donc on commence par des objectifs quand même assez modestes en sachant qu'on parle aujourd'hui de 30 000 stages sur 43 000 enfants de 3e concernés dans les quartiers politiques de la ville en sachant qu'aujourd'hui il y
en
a à peu près 15 000 de distribués donc on est sur 15 000 stages on est vraiment sur des choses assez modestes et on voit justement qu'il y a une volonté de ne
pas
donner d'autres chiffres qui auraient pu ensuite revenir comme un boomerang dans un an ou dans deux ans donc ils sont restés quand même assez prudents je trouve
autre
question le dialogue sera-t-il possible avec la CGT qui est restée dans ses baskets des années 60 ?
je ne crois pas que le dialogue si j'ose dire en employant ce mot changera beaucoup l'absence de dialogue plutôt changera beaucoup parce que la CGT là aujourd'hui est sur une ligne qui est une ligne qu'elle continue à avancer imperturbablement en reprenant ses schémas traditionnels et elle n'est absolument pas prête aujourd'hui dans son organisation ni dans son fonctionnement pour rentrer de manière concrète et positive dans de grandes négociations je crois que la CGT est comme elle est et que ce n'est pas tout ce qui se passe là maintenant qui la changera en quoi que ce soit mais
que faire alors de ceux et il y en a beaucoup qui préfèrent travailler en CDD
que
faire après si c'est leur choix s'ils sont dans des secteurs où ils peuvent travailler en CDD la difficulté quand même d'être en CDD c'est qu'aujourd'hui tout le reste de la société fonctionne sur la base du CDI que ce soit le logement que ce soit les crédits que ce soit donc le CDI en France pour le coup
le
changement de mentalité n'a pas été opéré on a beau changer les mutations du travail effectivement avoir de nouvelles façons de travailler le statut social passe par le CDI qui reste le Graal alors quand même la génération qui arrive certains refusent des CDI des CDI veulent sont prêts à accepter des CDD il faut voir mais globalement quand vous faites des enquêtes les gens ont envie d'avoir des CDI plus que d'être continuellement dans des contrats précaires
quelles
sont les retombées de la loi travail
c
'est une bonne question et c'est très difficile c'est très difficile de mesurer parce que quand on regarde il n
'y a
pas eu plus de licenciements mais ça tient aussi à la croissance parce que c'était une des craintes des organisations syndicales de dire vous allez faciliter le licenciement c'est difficile de le dire dans la mesure où il y a une croissance et donc des demandes des pénuries d'emploi et où les entreprises font plutôt des efforts pour garder leurs salariés plutôt que s'en séparer parce qu'elles ont besoin de main d'oeuvre en revanche du côté du dialogue social ça devait être un texte qui devait aider les salariés les entreprises à faire des textes des accords en commun en simplifiant le moins de délégués du personnel moins
d
'instances là ça a un petit peu de difficulté à se mettre en place
mais
un des éléments ces ordonnances visaient notamment à diminuer le nombre à favoriser le CDI pour l'instant on n'a pas de statistiques qui montrent que ça a favorisé les CDI au détriment
des CDI un élément quand même très positif c'est que quel que soit le contenu des ordonnances et leur application ça a été un signal positif
dans
l'esprit des chefs d'entreprise et des groupes étrangers
qui
les pratiquent beaucoup qui investissent en France donc même s'il n'y a pas d'effet pratique dans les entreprises et pour dire la vérité il n
'y
a pas aujourd'hui beaucoup d'effet pratique je suis d'accord avec Fadi en réalité c'est quand même très positif
dans
l'esprit des entreprises donc ça les encourage à avoir une image positive de la France donc à investir davantage c'est une sorte d'effet psychologique et indirect mais il est important et cet effet psychologique joue aussi sur la psychologie des petits patrons parce que beaucoup d'enquêtes montraient que c'était un frein à l'embauche que la peur de se retrouver devant les prud'hommes là comme c'est plus facile comme il y a moins cette inquiétude là visiblement ça devrait les inciter à embaucher
les
syndicats ont-ils encore leur utilité
ne
nous
coûte-t-il pas très cher
alors
écoutez il y a deux questions est-ce qu'ils coûtent cher d'abord ils ont peu d'adhérents donc ils ont peu de cotisations
et
par conséquent c'est vrai que la part des cotisations dans les ressources est faible en France par rapport aux autres pays européens sous-entendu c'est en partie l'état il y a des contributions de l'état c'est les détachements et c'est les entreprises qui financent plus les régimes paritaires pour partie qui financent le système donc en effet ça coûte assez cher mais est-ce que ça le vaut parce que la vraie question c'est est-ce que ça le vaut moi je crois que les syndicats ont beaucoup de
défauts qu'on
connaît bien
donc
je n
'y
ai pas mais ils ont le mérite immense d'exister
or
je crois qu'on a besoin de syndicats un pour défendre les salariés
il
ne
faut
pas laisser les salariés individuellement
face
aux chefs d'entreprise il y
a
beaucoup de cas donc il faut créer un rapport de force et les syndicats peuvent le faire et puis deuxièmement si on veut développer la négociation dans notre démocratie et on veut le faire apparemment y
compris
Emmanuel Macron il faut être deux donc il faut des syndicats et si on n'a pas des syndicats suffisamment forts il n'y aura jamais de négociation et il n'y aura jamais d'accord donc il n
'y
aura pas de politique contractuelle
Y
a-t-il
suffisamment de travail pour tous les demandeurs d'emploi
?
Après ça dépend de quel travail on parle parce qu'effectivement aujourd'hui il y
a
une difficulté sur le marché du travail c'est que vous avez des emplois mais vous n'avez pas les compétences les formations en face et c'est ce qui pose ce hiatus donc ça nécessite de la formation ça nécessite des adaptations de postes et ça c'est pas forcément le plus facile à faire
Emmanuel
Macron peut-il peser sur Geoffroy Roux de Bézieux
?
Peser ? Non mais ils vont trouver un système de fonctionnement après ils peuvent aussi se concurrencer parce que tous deux aiment prendre la lumière tous deux
aiment
représenter les entreprises quelque
part Il
n'a pas besoin de Roux de Bézieux
pour
faire venir les
100 plus grands chefs d'entreprise à l'Élysée
c'est impossible Oui Merci beaucoup à tous les quatre merci d'avoir participé à cette émission merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air ce soir La Redif est à 22h35 Très bonne soirée sur France 5