Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 18 juillet 2018 66 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprisesRetraites

Sommet social : Macron change de ton #cdanslair 18.07.2018

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 33 %Attaque 41 %Défensif 26 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:54OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron n'avait jamais reçu les partenaires sociaux à l'Elysée comme ça ?

  • 4:55OuverteRéponse directe

    À quoi ça sert un sommet social ? Est-ce qu'il se décide vraiment des choses ?

  • 8:34OuverteRéponse directe

    Les syndicats étaient contents d'y aller ?

  • 10:29OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a un problème avec les partenaires sociaux ?

  • 12:39OuverteRéponse directe

    La rencontre était une première, les syndicats méfiants mais satisfaits ?

  • 13:37OuverteRéponse directe

    Le président a convenu que l'année dernière avait été à son rythme sans écouter beaucoup ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 20:06InvitéFait
    « Les retraites, à la différence de tous les sujets antérieurs, ça concerne tous les Français. »
  • 20:21InvitéFait
    « C'est un système unique dont les différents systèmes vont être harmonisés dans le temps. »
  • 25:49InvitéFait
    « Il l'a fait sur les ordonnances, il a rectifié légèrement le tir mais au final, les trois quarts de la copie des ordonnances, c'est ce qui a été appliqué. »
  • 30:49InvitéFait
    « La crédibilité des syndicats auprès de l'opinion française ne cesse de décroître. »
  • 33:31PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron l'avait annoncé pendant la campagne il veut modifier le rapport au travail des français »
  • 33:35PrésentateurFait
    « inciter les chômeurs à rechercher un nouvel emploi et pousser les entreprises à leur garantir des contrats longs »
  • 33:41PrésentateurChiffre
    « le taux de chômage qui s'élève toujours à un peu plus de 8,5% de la population active »
  • 34:15InvitéFait
    « Devant les parlementaires réunis à Versailles il devait venir fixer le cap de ces réformes déjà engagées »
  • 35:35InvitéFait
    « Son ambition mettre en place une allocation chômage universelle étendue aux indépendants et aux salariés des missionnaires »
  • 35:48InvitéFait
    « Vous pouvez en refuser une Une Pas deux Si vous refusez la deuxième vous sortez du système et vous n'êtes plus indemnisé »
  • 37:24InvitéFait
    « Dans ce cas de figure le gouvernement envisage de faire passer la sanction de 15 jours à un mois voire deux »
  • 38:04InvitéFait
    « Les partenaires sociaux eux doivent renégocier l'ensemble des règles de l'assurance chômage à la rentrée en vue d'une réforme au printemps 2019 »
  • 38:57InvitéFait
    « c'est l'objectif du gouvernement qui donne 4 mois en tout cas qui fixe aux partenaires sociaux une feuille de route »
  • 40:28InvitéChiffre
    « ce système coûte très cher à l'assurance chômage c'est plus de 4 milliards d'euros »
  • 45:18PrésentateurFait
    « le chômage c'est un échec pour Emmanuel Macron ça ne baisse pas »
  • 46:18PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron il a fixé 7% lui à l'horizon de la fin du quinquennat »
  • 51:57InvitéFait
    « il y a eu un virage dans le discours de Geoffroy Roux-de-Bézieux »
  • 59:37InvitéChiffre
    « on parle aujourd'hui de 30 000 stages sur 43 000 enfants de 3e concernés dans les quartiers politiques de la ville »
  • 1:01:58InvitéFait
    « vous allez faciliter le licenciement »
  • 1:03:29InvitéFait
    « la peur de se retrouver devant les prud'hommes »
  • 1:03:50InvitéFait
    « la part des cotisations dans les ressources est faible en France par rapport aux autres pays européens »

Temps de parole

  • Présentateur29 %
  • Invité25 %
  • Invité 218 %
  • Invité 310 %
  • Invité 46 %
  • ?5 %
  • Invité 53 %

≈ 35,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Locuteur

Bonsoir

0:12
Présentateur

à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. La parenthèse Coupe du Monde se referme pour Emmanuel Macron. Après avoir longuement fêté le Sacre des Bleus, le président s'est remis au travail. Dès hier,

0:22
Locuteur

il

0:22
Présentateur

a reçu l'ensemble des partenaires sociaux le matin, puis les patrons de 100 grandes entreprises françaises l'après-midi. L'heure est au dialogue, après une première année souvent tendue, notamment avec les syndicats, et c'est aussi l'occasion pour le nouveau patron du MEDEF d'entrée en piste, Geoffroy Roux de Bézieux, élu le 3 juillet, et donc désormais un interlocuteur du président. Emmanuel Macron semble déjà préparer la rentrée et déclare vouloir s'appuyer sur les partenaires sociaux et sur les corps intermédiaires pour la suite des réformes, ce qui est nouveau et ce qui a surpris. Faut-il y voir pour autant un virage social, autant qu'un changement de méthode ?

On en parle ce soir avec nos invités. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match, cette semaine numéro spécial de 80 pages sur les bleus, numéro intitulé « Le plus beau jour ». Raymond Souby, vous êtes expert en gestion des ressources humaines et des politiques sociales, président des sociétés de conseil Alixio et Taddeo, et vous avez été conseiller social à l'Elysée auprès de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010. Fanny Guinochet, vous êtes journaliste en charge des questions économiques et sociales au journal L'Opinion, à lire aujourd'hui votre article intitulé Emmanuel Macron et les partenaires sociaux en marche vers la réconciliation.

1:36
Locuteur

Et

1:36
Présentateur

vous êtes chroniqueuse à France Info. Soisic Kemener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne, à la une de votre magazine cette semaine, Deschamps Président. Bonsoir à tous les quatre. – Bonsoir. – Merci

1:46
Locuteur

beaucoup

1:47
Présentateur

de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr, comme chaque soir, vos questions par SMS et Internet. Un semestre social, donc c'était inédit. En un an et un peu plus même de présidence, Emmanuel Macron n'avait jamais reçu comme ça les partenaires sociaux à l'Elysée ? – Oui, exactement. Il faut remonter, j'allais dire, au quinquennat précédent, celui de François Hollande, où il avait ritualisé ce sommet social tous les ans, un peu perdu de leur importance au fur et à mesure des années, peut-être aussi des déceptions.

Et Emmanuel Macron, quand il arrive, lui, il grond à peu près, surtout d'ailleurs, sur beaucoup de sujets, il grond en matière sociale et il ne reçoit plus comme ça tous les syndicats. Ils décident pendant cette première année, plutôt de se passer d'eux, en tous les cas de les recevoir en tête à tête, ce que les syndicats n'apprécient pas, parce qu'ils ont eu l'impression, en plus, qu

2:37
Locuteur

'ils

2:37
Présentateur

ne leur disaient pas à chacun la même chose. Donc ça a créé une relation compliquée. Il faut dire que Emmanuel Macron, dans la campagne, même s'il a peu abordé ces questions-là, a quand même laissé passer l'idée que les syndicats, c'était plutôt des freins à la réforme, plutôt que des accélérateurs de transformation du pays, ce qui est évidemment l'objectif du président. Donc cette réunion est une première.

3:02
Locuteur

C

3:02
Présentateur

'est peut-être, je ne sais pas s'il y aura, si c'est un tournant, s'il y aura un avant ou un après 17 juillet, comme l'a dit l'un des partenaires reçus à l'Élysée. Mais ce qui est certain, c'est qu'on voit bien que le président change de ton, ça a été apprécié par les syndicats, il change aussi de tactique, puisqu'il les reçoit tous. C'est peut-être aussi un changement de méthode, peut-être qu

3:24
Locuteur

'il

3:24
Présentateur

veut les placer devant leur responsabilité, au fond c'est leur dire, vous voulez co-construire les prochaines réformes, celles qui vont venir, et il y en a beaucoup, on va en parler, eh bien allons-y, chiche, allons-y ensemble. La réforme des retraites, les nouvelles règles d'indemnisation du chômage, et d'autres choses, tout ce qu'il y a sur la table, c'est un changement de ton. Je crois qu'aussi Emmanuel Macron sait qu'on ne peut pas gagner toutes les batailles avec la même tactique chaque année, il faut peut-être aussi envisager une nouvelle tactique pour les batailles à venir. Juste un mot Bruno,

3:57
Locuteur

je

3:57
Présentateur

dis sur la date. Le lendemain du retour de l'équipe de France, évidemment il s'est dit des choses très importantes, on en parle ce soir, mais c'est un peu passé inaperçu, non, auprès de l'opinion publique, du grand public. Oui, évidemment, de toute façon là en ce moment, tout passe sous les radars.

4:13
Locuteur

Il

4:13
Présentateur

n

4:13
Locuteur

'y a

4:13
Présentateur

que la victoire des Bleus qui est célébrée et qui va sans doute encore durer quelques jours, et peut-être même on va fêter ça tout l'été. Il n'empêche, le président avait dit lors de son discours au Congrès, au début du mois, qu'il allait tendre la main aux partenaires sociaux, cette réunion a eu lieu, qu'il recevrait les plus grandes entreprises, il le fait. C'est aussi le calendrier d'avant l'été. Je crois aussi que les syndicats se sont réunis de leur côté, c'est aussi un moyen de ne pas se laisser doubler par les syndicats qui eux allaient faire leur propre feuille de route, sans lui, il y avait un petit match dans le match.

Raymond Souby, avant de voir ce qui s'est dit dans cette rencontre, à quoi ça sert un sommet social ? Est-ce qu'il se décide vraiment des choses ? Ou est-ce qu'on fait avant tout de la communication ?

5:02
Invité

Un sommet social, ça a plusieurs objets.

5:05
Locuteur

Ça

5:06
Invité

a un premier objet de se tenir, comme dirait M. de La Palisse.

5:09
Locuteur

Et

5:09
Invité

donc c'est un théâtre.

5:11
Locuteur

La

5:11
Invité

scène est très élevée.

5:12
Locuteur

Et

5:13
Invité

donc tous les acteurs sont magnifiés de venir sur la scène. En clair, quand il y a un sommet social, quel que soit son contenu, et même quel que soit son résultat, les partenaires sociaux invités, patronat et syndicats, sont ravis d'être sur la scène, sous les feux des projets. Donc en soi, c'est un agenda. Alors qu'est-ce qu'on y fait concrètement

5:34
Locuteur

?

5:35
Invité

Eh bien, très généralement, depuis bien des années, Nicolas Sarkozy avait des réunions chaque année avec l'ensemble des dirigeants. François Hollande en a fait plutôt des grandes messes qui duraient deux jours, mais c'est la même idée. C'est de définir l'agenda social. Ce qui veut dire quoi

5:50
Locuteur

? C

5:51
Invité

'est que le président de

5:53
Locuteur

la

5:53
Invité

République dit « j'ai en ligne de mire tel, tel, tel projet ». Par exemple, la pauvreté, la dépendance, les retraites. Qu'en pensez-vous, mesdames, messieurs ? Qu'en pensez-vous

6:06
Locuteur

? Et

6:06
Invité

d'autre part, comment peut-on travailler ensemble pour faire avancer ces sujets

6:10
Locuteur

? Premier

6:12
Invité

point. Et puis deuxième point, et vous,

6:14
Locuteur

vous

6:14
Invité

avez des idées

6:15
Locuteur

de

6:16
Invité

sujets qu'on peut rajouter à l'agenda social ? D'ailleurs, ils ont dit, par exemple,

6:21
Locuteur

la

6:21
Invité

santé au travail. CFDT et FO. Donc, le président a dit « oui, la santé au travail ». Et puis le troisième sujet, très important, c'est comment va-t-on atteindre ces cibles ? En clair, quels sont les sujets qui relèvent

6:33
Locuteur

de

6:34
Invité

moi, président de la République, et de mon gouvernement

6:36
Locuteur

? Je

6:37
Invité

concerte, je vous écoute, mais c'est moi qui décide. Et quels sont les sujets qui relèvent de la négociation, c'est-à-dire pour lesquels vous négociez

6:46
Locuteur

entre

6:46
Invité

vous ? Par exemple, dans le cas de la dernière réunion, du dernier sommet, l'assurance chômage, c'est une négociation. Bon, et il y a d'autres sujets. Les retraites, ce n

6:57
Locuteur

'est

6:57
Invité

pas une négociation. Les retraites, ça va être une concertation. Donc, ça définit les réformes, l'agenda des réformes. Quelles sont les réformes ? Dans quel timing

7:06
Locuteur

? Y

7:08
Invité

a-t-il quelque chose à modifier dans les principes

7:10
Locuteur

?

7:10
Invité

Et qui fait quoi dans l'application des réformes ? Et en particulier, quel est le rôle des partenaires sociaux

7:15
Locuteur

dans

7:16
Invité

ces réformes ? Et comme l'a dit Bruno Jeudy il y a un instant, dans la première partie du quinquennat, au fond, il n'y a pas eu de négociation. Et bien, plutôt, il y en a eu une

7:24
Locuteur

sur

7:25
Invité

la formation professionnelle et le gouvernement n'a pas suivi ses conclusions. Donc, en fait, il a quand même tenu les partenaires sociaux à l'écart. Alors, pourquoi ? Tout simplement parce qu'Emmanuel Macron pensait, d'ailleurs, il n'a pas tort, il avait même raison, qu'il tenait un mandat de la nation,

7:41
Locuteur

qu

7:41
Invité

'il avait élu sur un programme où figuraient ses réformes et que ce n'était pas la peine de s'encombrer de négociations inutiles alors que le peuple s'était prononcé, premièrement. Et la deuxième raison,

7:51
Locuteur

c

7:51
Invité

'est qu'au fond, intellectuellement, Emmanuel Macron, personne d'Emmanuel Macron,

7:57
Locuteur

a

7:57
Invité

toujours pensé

7:58
Locuteur

et

7:59
Invité

parfois dit

8:00
Locuteur

que

8:01
Invité

pour lui, la négociation

8:02
Locuteur

avec

8:03
Invité

les syndicats doit se passer au niveau de la branche

8:06
Locuteur

et

8:06
Invité

de l'entreprise

8:07
Locuteur

et

8:08
Invité

pas au niveau de la construction de la règle politique et de la règle de droit national. Ce en quoi

8:14
Locuteur

il

8:16
Invité

était très différent

8:16
Locuteur

de

8:18
Invité

la CFDT

8:18
Locuteur

pour

8:19
Invité

qui

8:19
Locuteur

on

8:20
Invité

doit co-construire les réformes. Et là-dessus, il y avait un problème de logique politique profondément différent.

8:27
Présentateur

Donc, c'est un théâtre, comme le dit Raymond Souby, c'est inédit, comme le dit Bruno Jeudy, Fanny Guinochet. Finalement, tout ça représente un événement,

8:36
Locuteur

à

8:37
Présentateur

la fois pour le président de

8:39
Locuteur

la

8:39
Présentateur

République, bien sûr, mais surtout pour les partenaires sociaux. Ils étaient contents d'y aller, d

8:42
Locuteur

'avoir ce rendez-vous

8:43
Présentateur

avec le président ?

8:45
Locuteur

Ils

8:45
Invité

étaient tous très satisfaits, avant et après. Avant d'être enfin conviés, alors qu'ils ont l'impression, à juste titre, d'être snobés depuis plus d'un an. Et après, parce que ce sommet social, qui était quand même un mini-sommet, alors

9:02
Locuteur

ça a duré

9:03
Invité

plus longtemps que prévu, ça a duré trois heures, mais si on se réfère au grand raout qu'organisait François Hollande sur trois jours, ou même du temps de Nicolas Sarkozy, qui était souvent sur la journée, là, ça a duré trois heures au lieu de deux. Donc, c'était un mini-social, c'était un mini-événement, mais c'est vrai qu'après, ils sont sortis tous très contents. Je dis tous parce qu'il n'y

9:26
Locuteur

avait

9:26
Invité

pas une femme. Il n

9:26
Locuteur

'y a

9:26
Invité

pas une femme aujourd'hui à la tête d'une organisation patronale ou syndicale, donc ça n'était que des hommes, qui ont tous dit qu'ils avaient eu le sentiment d'être écoutés. Emmanuel Macron a fait un exercice de calinothérapie. Attendu, bienvenu, apprécié. Maintenant, ils sont tous aussi repartis en disant « on va voir la suite », parce que, quelque part, Emmanuel Macron les remet dans le jeu, il leur dit « vous voulez participer à la transformation de la France, vous dites que vous n'êtes pas assez écoutés, que je prends des décisions jupitériennes, ok, on y va ». Mais alors, le premier sujet, et on va en parler, qu

10:01
Locuteur

'il leur

10:01
Invité

met entre les mains, c'est l'assurance chômage. L'assurance chômage, il y a eu je ne sais combien de négociations qui, à chaque fois, ils n'ont jamais réussi à se mettre d'accord. Donc, Emmanuel Macron, d'un côté, leur remet la balle entre les mains en leur disant « je vous ai entendu », mais de l'autre, il leur

10:20
Locuteur

redonne

10:21
Invité

un peu la patate chaude, et c'est un cadeau presque empoisonné qu'il fait.

10:25
Présentateur

Soisie Kemener, Fanny Guinochet disait que les syndicats avaient le sentiment d'être snobés. Il a un problème avec les partenaires sociaux en général, les corps intermédiaires, Emmanuel Macron, ce

10:37
Locuteur

n'est

10:37
Présentateur

pas son truc.

10:38
Invité

Mais ça a été le choix, en fait, de ce début de quinquennat. – Effectivement, il a un mandat, il est installé avec un programme qui a été présenté aux Français. Donc, dans la première partie du quinquennat, il pense qu'il doit passer au-dessus d'eux pour aller vite, très vite et installer sa geste réformatrice. C'est-à-dire qu'il est dans une volonté de rupture absolue, ce qui n'est plus autant le cas une année plus tard. C'est-à

10:59
Locuteur

-dire

10:59
Invité

qu

10:59
Locuteur

'on

10:59
Invité

n'est plus aujourd'hui en train de le comparer en permanence, par exemple, à François Hollande et au rapport de François Hollande avec la CFDT. On est passé à autre chose, on est maintenant dans une autre époque, on est un an après. Donc, je pense que le discours du Congrès, il marque justement un basculement, non pas un virage social, je ne crois pas à ce virage social, mais un basculement de méthode et un basculement dans le discours en disant « je suis installé et maintenant, on ne

11:21
Locuteur

va

11:21
Invité

pas obligatoirement changer de rythme », parce que c'est le rythme qui est énormément mis en cause, qui est mis en cause d'ailleurs par le nouveau président du MEDEF, dans une de ses premières interventions sur France Inter, il remet en cause la vitesse des réformes. Mais en revanche, il dit « voilà, j'ai fait ce que je voulais, pendant un an ». Et maintenant, on va parler, mais pourquoi on va parler ? Parce qu'il

11:38
Locuteur

y a

11:38
Invité

des sujets très importants qui sont sur la table, des sujets qui touchent à ce qu'est la société française, les retraites, c'est très très important, ça va avoir un effet beaucoup plus important que par exemple la réforme du Code du travail,

11:50
Locuteur

ça

11:50
Invité

va toucher, tout le monde va comprendre tout de suite de quoi il en ressort. Idem pour la fonction publique, c'est des réformes qui sont très très attendues et qui vont être très dures. On voit bien d'ailleurs sur la réforme de l'État, cette espèce d'inquiétude même qui vient du gouvernement, on laisse de côté les rapports, on attend un petit peu. Donc là, on entre dans une nouvelle période. Et puis, il y a beaucoup de critiques sur le rapport d'Emmanuel Macron avec les syndicats et qui ne viennent pas seulement de la gauche, qui viennent aussi de la droite.

Quand on entend quelqu'un comme Gérard Larcher, le président du Sénat, qui dit « pourquoi Emmanuel Macron n'écoute-t-il pas Laurent Berger ? » Il ne comprend pas Gérard Larcher. Gérard Larcher, c'est un grand défenseur du paritarisme, mais même à droite, on ne comprenait pas la façon dont justement Emmanuel Macron snobait les syndicats.

12:35
Locuteur

La

12:36
Présentateur

rencontre hier entre le chef de l'État et les partenaires sociaux était donc une première. Les syndicats de salariés et les représentants du patronat étaient méfiants. Mais après trois heures de discussion, il n'était un changement de ton de la part du président Emmanuel Macron, qui recevait plus tard dans la journée une centaine de grands patrons français pour les inciter à embaucher des jeunes et assumer leur rôle de premiers de cordée. Myriam Zéard et Dominique Lemarchand.

13:03
Locuteur

Un

13:04
Invité

petit mot, M. Marchelec. Au lendemain du Mondial, Emmanuel Macron recevait hier une autre sorte d'équipe, moins habituée à jouer collectif. C'est même la première fois depuis l'arrivée du président à l'Élysée.

13:17
Locuteur

Autour

13:17
Invité

de la table, huit organisations syndicales, deux salariés et patrons, ensemble pour trois heures de réunion multilatérale.

13:25
Locuteur

Un

13:26
Invité

mini-sommet pour fixer un agenda social.

13:28
Locuteur

Un

13:29
Invité

changement de méthode de l'exécutif perçu par les syndicats,

13:32
Locuteur

qui

13:32
Invité

à la sortie veulent néanmoins rester prudents.

13:34
Locuteur

Un

13:35
Présentateur

piège du président.

13:37
Locuteur

Le

13:38
Présentateur

président de la République a convenu que l'année dernière avait été,

13:44
Locuteur

comment

13:44
Présentateur

dire, à son rythme à lui et sans écouter beaucoup. En tout cas, nous, on ne peut que souhaiter que ça change. J'ai senti, on a senti sans doute à plusieurs autour de la table, qu'il y avait une volonté de revenir à, selon les termes du président de la République, une république contractuelle et que la France devait revenir à une forme de dialogue entre organisations syndicales et patronales et Etats.

14:13
Invité

Renouer le lien quelque peu distendu avec les syndicats,

14:16
Locuteur

comme

14:17
Invité

un point d'étape avant d'aborder des négociations en septembre prochain sur l'assurance chômage. Et la liste des réformes à venir ne s'arrête pas là. Santé au travail, retraite, avenir du paritarisme, la promesse de discussion animée. Moi, je lui ai rappelé que si la méthode s'améliore ou si la forme s'améliore, c'est très bien. Maintenant, il reste le fond et que sur le fond, l'ensemble de la politique visant finalement à individualiser, à casser les droits collectifs ne nous va évidemment pas et que sur bon nombre de réformes, pour ne pas dire toutes, nous sommes extrêmement inquiets sur un plan social.

Une inquiétude motivée par les nombreux mouvements sociaux depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron.

14:58
Locuteur

Comme

14:59
Invité

lors des ordonnances sur la loi travail.

15:02
Locuteur

Ou

15:03
Invité

encore pour la réforme de la SNCF. Des manifestations lors desquelles Philippe Martinez regrettait déjà l'inflexibilité du gouvernement.

15:12
Présentateur

Ce qu'il faut qu'on prenne le gouvernement, c'est qu'il faut qu'ils arrêtent de nous prendre pour des imbéciles et de nous expliquer qu'ils veulent discuter. Chaque prise de parole du président ou d'un ministre, c'est pour nous dire

15:23
Locuteur

on

15:23
Présentateur

peut parler de tout mais on ne change rien. ça c'est pas notre conception du dialogue.

15:29
Locuteur

Une

15:29
Invité

année sous tension pour les syndicats de salariés qui s'inquiètent pour les droits des chômeurs. L'emploi que l'exécutif veut favoriser en incitant les entreprises à s'engager et à recruter les jeunes issus de quartiers difficiles.

15:41
Locuteur

C

15:42
Invité

'est en tout cas le message envoyé hier soir à l'Elysée où étaient reçus une centaine de patrons. Total, Danone, Accor ou encore Vinci, devant les géants du CAC 40, Emmanuel Macron plaide pour un nouveau contrat social en faveur des territoires en difficulté. Il y a aussi beaucoup d'endroits où la réussite économique

16:03
Locuteur

a

16:04
Invité

oublié

16:05
Locuteur

la

16:06
Invité

réussite territoriale celle du reste de la société.

16:09
Locuteur

C'est

16:09
Invité

pour ça que moi je

16:10
Locuteur

crois

16:11
Invité

à cet ensemble et j'ai voulu le traduire par cette image de la cordée.

16:15
Locuteur

Ça

16:15
Invité

déplait à beaucoup

16:16
Locuteur

donc

16:17
Invité

je vais continuer à l'utiliser parce que moi je trouve qu'elle parle.

16:20
Locuteur

La

16:20
Invité

cordée, il y en a un qui grimpe devant.

16:22
Locuteur

Il

16:23
Invité

est rare pour ceux qui font vraiment de

16:24
Locuteur

l

16:24
Invité

'alpinisme qu'il soit celui qui tire vraiment ce derrière.

16:26
Locuteur

Il

16:27
Invité

montre les prises. Enfin,

16:29
Locuteur

c

16:30
Invité

'est pas le premier de cordée qui tire les autres sur la corde. Chacun doit aller aspérité après aspérité prendre sa propre prise. Mais quelqu'un a ouvert la voie. Explication de texte d'une expression controversée pour conclure une journée sociale pleine de promesses avec un rendez-vous donné aux mêmes entrepreneurs dans six mois afin de dresser un premier bilan.

16:53
Présentateur

Revenons, Bruno Jeudy, sur les syndicats. On les a vus sortir en effet plutôt contents de cette réunion. C'est assez rare, il faut bien le dire, à l'issue d'une réunion à l'Elysée. Est-ce qu'on peut parler pour autant de réconciliation

17:05
Locuteur

? C

17:06
Présentateur

'est un peu trop tôt. C'est trop tôt. En tous les cas, c'est vrai qu'ils ont apprécié le ton. On les a entendus les uns après les autres, y compris Philippe Martinez. Ils ont apprécié le ton, ils ont apprécié évidemment la réunion, ça a été dit juste avant. Maintenant, ils restent méfiants. Il suffit d'entendre Pascal Pavageau, le nouveau patron de France Oubrière. Ils restent méfiants, évidemment, parce qu'ils se disent bon, OK, l'ordre du jour, déjà sur les règles de le premier dossier sur les indemnisations au chômage, ils ont proposé certains, un diagnostic partagé, ça a été repris. ils sentent bien qu'ils avancent sur ce terrain de façon prudente parce que le terrain est miné.

En plus, il y aura un texte, il y aura quelque chose qui viendra sanctionner cette négociation. Donc, ils se méfient. Moi, je ne parlerai pas de réconciliation aujourd'hui. Enfin, on vient de loin, on vient de passer une année où là, c'était vraiment chien et loup ou chien et chat, je ne

18:03
Locuteur

sais

18:03
Présentateur

pas comment on dit, mais en tous les cas,

18:04
Locuteur

c

18:04
Présentateur

'était très, très, très compliqué. Donc, ce n

18:08
Locuteur

'est

18:08
Présentateur

pas seulement revenir à l'Elysée qui leur fait plaisir, c'est le changement de ton. Après, Macron, il est stratège, il sait aussi qu'il a besoin de changer d'attitude parce qu'il bascule, lui, dans la deuxième année de son quinquennat et la deuxième année de son quinquennat, ce sont des réformes qui n'étaient pas prêtes, qui étaient posées sur la table pour certaines mais qui n'étaient pas prêtes, il va falloir les accoucher et peut-être que là, il

18:30
Locuteur

va peut

18:30
Présentateur

-être avoir besoin d'y associer les syndicats ou en tous les cas, d'avancer le plus loin possible avec eux. Si à la fin, ils ne

18:37
Locuteur

sont

18:37
Présentateur

pas d'accord, ils ne seront pas d'accord. Mais sur les retraites, par exemple, on sait que cette réforme, c'est toujours le juge de paix des mandats présidentiels et elle ne sera pas facile à faire. On voit bien que c'est une réforme qui n'était pas prête. Jean-Paul Delvoye, l'homme chargé du dossier, l'ancien ministre, est en train de faire le tour des syndicats, de tous les spécialistes. Ce ne sera pas simple. Oui, Emmanuel Macron est-il en train d'amadouer les syndicats et dans quel but ?

19:05
Invité

Amadouer, le mot est un peu fort. Je crois qu'au cours des derniers mois, on a vu

19:11
Locuteur

qu

19:12
Invité

'il y avait un vrai problème. Prenons l'exemple de la CFDT.

19:14
Locuteur

Voilà

19:15
Invité

une organisation dite réformiste, qui d'ailleurs l'est, prête à la négociation, souhaitant la négociation et, comme je disais tout à l'heure, souhaite co-construire les règles de droit.

19:26
Locuteur

En

19:27
Invité

plus, voilà une organisation qui n'était

19:28
Locuteur

pas

19:29
Invité

hostile aux réformes telles qu'elles étaient présentées.

19:33
Locuteur

Et

19:33
Invité

donc, elle voulait bien être impliquée dans le processus.

19:37
Locuteur

Et

19:37
Invité

elle se disait donc, je vais être impliquée. Mais elle ne l'était pas. D'ailleurs, elle se demandait pourquoi. Parce qu'après tout, elle se disait que c

19:43
Locuteur

'est

19:43
Invité

l'intérêt de nous, CFDT, mais c'est aussi l'intérêt du président de la République de nous impliquer.

19:50
Locuteur

Et

19:51
Invité

d

19:51
Locuteur

'ailleurs,

19:51
Invité

Laurent Berger avait des mots très durs sur le président de la République et sur cette méthode. Et dans cette deuxième année du quinquennat où, premièrement, il y a des sujets compliqués, notamment les retraites. Parce que les retraites, à la différence de tous les sujets antérieurs, ça concerne tous les Français.

20:12
Locuteur

Il

20:13
Invité

risque d

20:13
Locuteur

'y

20:13
Invité

avoir quelques millions de gagnants

20:14
Locuteur

et

20:15
Invité

quelques millions de perdants. parce que c'est un système unique. Je n'entrerai pas dans les détails pour ne pas accabler de téléspectateurs. C'est un système unique dont

20:23
Locuteur

les

20:24
Invité

différents systèmes vont être harmonisés dans le temps.

20:26
Locuteur

Ça

20:26
Invité

prend un ordre. D'abord, les gens vont vouloir comprendre, ils ne

20:29
Locuteur

vont

20:29
Invité

pas comprendre parce que c'est compliqué. Donc, il faudra leur expliquer une deuxième fois, une troisième fois.

20:34
Locuteur

Et

20:34
Invité

ensuite, il y aura des gens mécontents.

20:36
Locuteur

Et

20:36
Invité

puis,

20:36
Locuteur

il

20:36
Invité

y

20:36
Locuteur

aura

20:36
Invité

des inquiétudes. Donc, dans cette situation de vraie instabilité sociale, ce qu'on l'a vu dans toutes les réformes des retraites précédentes, le gouvernement, Or,

20:47
Locuteur

justement,

20:47
Invité

la CFDT dont je parlais, elle a toujours été partisan

20:51
Locuteur

de

20:51
Invité

cette réforme du basculement vers un système par points. Elle l'a assumée. Bon. Donc, l'intérêt objectif du président de la République est de jouer avec elle et quelques autres s

21:01
Locuteur

'ils

21:01
Invité

le veulent sur cette réforme. Et

21:03
Locuteur

enfin,

21:05
Invité

on entre dans une deuxième année du quinquennat. Les deuxièmes années sont plus difficiles que les premières années, généralement.

21:11
Locuteur

Et

21:11
Invité

les troisièmes années sont plus difficiles que les secondes. D'ailleurs, si on s'arrête sur les sondages une seconde, qu

21:18
Locuteur

'est

21:19
Invité

-ce qu'on voit

21:19
Locuteur

? On

21:20
Invité

voit quand même qu'il

21:21
Locuteur

y

21:21
Invité

a 40% des Français,

21:23
Locuteur

c

21:23
Invité

'est beaucoup, 40%,

21:25
Locuteur

c

21:25
Invité

'est pas qu'ils soient défavorables, c'est que 40% d'entre eux, ou près de 40% d'entre eux, sont très hostiles aux réformes.

21:35
Locuteur

Et

21:35
Invité

donc, c'est un contexte qui n

21:37
Locuteur

'est

21:37
Invité

quand même pas évident au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'onction de l'élection présidentielle. Donc, en clair, il a besoin de ne pas avoir trop d'hostilité et s'ils ne sont pas des alliés, des syndicats, du moins, il a intérêt à en neutraliser certains. Alors, il ne neutralisera pas la CGT qui continuera imperturbablement sa route. Il y a la CFDT qu'il faut traiter. Il faut un nouveau secrétaire général, Pascal Pavageau, qui est comme il est, mais réformiste, globalement, globalement, globalement réformiste. Bon, Pascal Pavageau, il ne cessait de dire les dernières semaines, il faut mettre la santé au travail à l'agenda.

22:16
Locuteur

À

22:16
Invité

la sortie de la réunion chez le président, la santé au travail est à l'agenda. Donc,

22:21
Locuteur

il

22:22
Invité

y a la CGT, la CFDT, la CGC, et il faut

22:27
Locuteur

qu

22:28
Invité

'ils sont dans une situation d'attentisme. Ils ne sont pas encore d'accord. Mais le président va assez loin. On parlait de l'assurance chômage tout à l'heure. L'assurance chômage,

22:35
Locuteur

ça

22:35
Invité

va être une négociation entre le patronat et le syndicat. On en parlera peut-être tout à l'heure. On parlait de la méthode.

22:41
Locuteur

Mais

22:41
Invité

ce que craignaient les syndicats et le patronat, route mes yeux, c'est que le gouvernement,

22:48
Locuteur

dans

22:49
Invité

le document de cadrage avant la négociation, ne les enferme de telle manière qu'en fait, ils ne soient qu'apparemment libres de négocier. Or, ce qui a été acté lors de la réunion cette semaine, c'est qu'il y aura une réunion, il y aura un diagnostic d'abord, commun, et il y aura une réunion tripartite, État, syndicat, patronat, pour

23:10
Locuteur

élaborer

23:11
Invité

ce document de cadrage. Donc, même dans le document de cadrage qui normalement doit être la responsabilité de l'État, à ce document-là, on associe les partenaires sociaux. Donc, il y a une série de gestes. Alors, sur quoi ça va aboutir ? On n'en sait rien. On ne sait pas sur quoi va aboutir la négociation sur l'assurance-chômage. Fédé Guillocher a très bien dit tout à l'heure que c'est un sujet très compliqué dans lequel ils ont échoué maintes fois. Donc, ce serait un miracle qui réussisse, enfin, les miracles,

23:36
Locuteur

ça

23:36
Invité

se produit, qui réussissent cette fois-ci. Mais enfin, ils ont le sentiment qu'enfin,

23:44
Locuteur

on

23:45
Invité

les considère, de là le sommet, enfin, qu'ils ont, comme disait un ancien secrétaire général, le FO, du grain à moudre, dont des négociations, qu'enfin, il

23:55
Locuteur

y

23:55
Invité

a des sujets qu'ils proposent qui sont pris en considération.

23:58
Locuteur

Et

23:58
Invité

bon, tout ça, globalement,

23:59
Locuteur

est

24:00
Invité

quand même plutôt positif par rapport aux dernières semaines.

24:03
Présentateur

Question SMS, qui est plus un commentaire d'ailleurs, qu'une question, Pani Guinochet. syndicat et patronat intégrés aux négociations, mais Macron décide à la fin, donc rien ne change, ni sur le fond, ni sur la forme. C'est ça, le risque au fond,

24:17
Locuteur

c

24:17
Présentateur

'est que ça

24:18
Locuteur

n

24:18
Présentateur

'aboutisse pas vraiment à des concertations ou des négociations ?

24:22
Invité

Fondamentalement, on les remet, effectivement, ils ont leur mot à dire, vont pouvoir faire leurs propositions, on va en prendre un petit peu, mais fondamentalement, Emmanuel Macron sait très bien où il veut aller, sur de nombreux sujets, même si les réformes sont moins prêtes qu'elles ne l'ont été, par exemple, sur les ordonnances où là, c'était vraiment très travaillé pendant la campagne et quand il est arrivé, il a mis en application ce qu'il avait prévu de faire.

Il va y avoir des changements à la marge sur les réformes qu'il est en train d'élaborer, que ce soit la retraite ou l'assurance chômage, mais si patronat et syndicat lui donnent le sentiment de freiner la réforme, je pense qu'il passera outre et ça, quelque part, c'est pour ça que c'est un piège aujourd'hui, les partenaires sociaux, comment voulez-vous qu'ils disent « ah ben non, finalement, on ne

25:11
Locuteur

va

25:11
Invité

pas aller à

25:12
Locuteur

l

25:12
Invité

'Élysée » alors qu'ils ont demandé d'être écoutés, on leur propose d'ouvrir une négociation, comment voulez-vous qu'ils disent non alors qu'ils disent « bon, on veut qu'on construire, on est là, on existe, on est les corps intermédiaires, il faut nous prendre en considération » ? À chaque fois, ils sont obligés de dire oui, sauf qu'à un moment quand Emmanuel Macron va estimer que s'il trouve un compromis, ça ne

25:33
Locuteur

va

25:33
Invité

pas assez loin parce que ça coûte encore trop cher, l'assurance chômage, il y

25:36
Locuteur

a

25:36
Invité

encore trop de déficit ou bien alors sur les retraites,

25:40
Locuteur

s

25:40
Invité

'il estime que les partenaires sociaux freinent parce qu'ils ne veulent pas lâcher les régimes spéciaux par exemple, il y

25:47
Locuteur

a

25:47
Invité

un moment, il va passer outre.

25:49
Locuteur

Il

25:49
Invité

l'a fait sur les ordonnances, il a rectifié légèrement le tir mais au final, les trois quarts de la copie des ordonnances, c'est ce qui a été appliqué. Donc il faut voir comment les partenaires sociaux et ça c'est un vrai enjeu pour eux, comment ils vont réussir à peser parce qu'ils peuvent entraver quand même le système. Ils peuvent mettre sur la table comme la lettre de cadrage et les sujets qui sont proposés sont relativement ouverts, ils peuvent très bien dire à Emmanuel Macron ok, bah chiche, on va réformer par exemple le statut des intermittents.

On sait très bien que le pouvoir n'a pas très envie qu'on aille sur ce sujet parce que c'est un sujet explosif, c'est un sujet qui touche aux médias, c'est un sujet un peu touchy et que pour l'instant par exemple le gouvernement n'a pas très envie d'ouvrir ce sujet-là. Ils peuvent sur certains points essayer d'exister. On va voir, il me semble que derrière l'affichage, le décorum, le théâtre, tout le monde est content, il va y avoir un petit bras de fer qui va se jouer et qui va être pour le coup assez intéressant.

26:47
Présentateur

Le rythme des réformes va-t-il ralentir à la rentrée Sousi Kemener

26:51
Locuteur

?

26:51
Invité

Non, non, il ne va pas ralentir. Alors peut-être qu'effectivement on va avoir ces moments de rencontre

26:56
Locuteur

avec

26:56
Invité

les syndicats comme le moment qu

26:59
Locuteur

'on

26:59
Invité

vient de vivre qui vont donner l'impression justement que les corps intermédiaires c'est quoi ?

27:04
Locuteur

C

27:04
Invité

'est les amortisseurs dans la société donc on va avoir l'impression que les amortisseurs servent et ça va servir finalement à donner l'impression qu'on est un petit peu ralenti mais non parce que c'est ce que disent les proches d'Emmanuel Macron c'est que si on arrête on tombe donc il faut continuer à avancer parce qu'Emmanuel Macron est la réforme il doit incarner la réforme c'est dans sa grammaire macronienne pour reprendre l'expression mais ce qui est intéressant pour prolonger ce que vous disiez tout à l'heure c'est qu'on a une vraie interrogation sur une espèce de colère sociale qui existe mais qui ne s'exprime pas est-ce qu'elle va s'exprimer dans une radicalité politique qu'est-ce qui va se passer ?

Et le fait de remettre les corps intermédiaires comme ça au premier plan c'est une façon aussi de pouvoir jouer avec les différentes avec l'accélérateur avec l'embrayage du pouvoir et de pouvoir dire à un moment peut-être qu

27:51
Locuteur

'il y a

27:51
Invité

une certaine forme de contestation mais qui repassera par les syndicats si elle n'y passait plus un moment donc c'est une façon aussi pour Emmanuel Macron de tenir une éventuelle colère sociale de dire regardez je reparle au syndicat d'ailleurs qu'est-ce qu'il leur dit au syndicat quand il les reçoit hier matin c'est une des premières phrases qu'il dit il dit j'ai entendu ce que vous m'avez dit donc il y

28:10
Locuteur

a

28:10
Invité

vraiment une main tendue on n'est pas en train de les amadouer à long terme mais en tout cas une volonté de dire à travers vous je vous entends et j'entends les salariés ou les personnes que vous représentez

28:18
Locuteur

l

28:19
Présentateur

'automne sera chaud l'automne social

28:22
Locuteur

je

28:23
Présentateur

ne

28:23
Locuteur

sais

28:23
Présentateur

pas il faut toujours se méfier d'annoncer des automnes très chauds on verra ce qui est certain c'est que Pascal Pavageau a dit dans plusieurs interviews s'est inquiété de la radicalité de la montée de la radicalité à la faveur des nombreuses manifestations qu'il y

28:36
Locuteur

a

28:36
Présentateur

eu pour le coup au printemps et ça c'est quelque chose forcément qu'Emmanuel Macron a dit on voit bien que de plus en plus chez les salariés qui ont fait grève notamment ceux de la SNCF beaucoup se disent la grève ne paie plus alors aussi les syndicats n'ont plus les moyens de bloquer le pays certains disent on envisage d'autres formes de protestation on ne sait pas quoi mais on sent bien que dans les mouvements de protestation qu'il y a eu pas seulement ce printemps mais depuis maintenant la fin du mandat précédent et cette première année

29:09
Locuteur

qui

29:10
Présentateur

a une radicalité incontestable qui monte dans la rue et qui n'est plus canalisée certainement par les syndicats mais qu'aussi la stratégie d'Emmanuel Macron qui a été au fond de se passer des corps intermédiaires pendant cette première année a sans doute accru ce sentiment qu'ont les responsables syndicaux et qu'ont tiré le signal d'alarme à juste raison parce que c'est vrai qu'on le veuille ou non dans ce pays les syndicats je disais une étude de l'Ipsos sur

29:40
Locuteur

les

29:41
Présentateur

corps intermédiaires et sur l'appréciation des français des grandes institutions les syndicats qu'on le veuille ou non restent encore appréciés ou en tout cas considérés par

29:50
Locuteur

plus

29:51
Présentateur

du tiers des français 34% exactement c'est beaucoup plus que les partis politiques c'est beaucoup plus que d'autres c'est beaucoup plus que le nombre de personnes syndiquées en France oui alors c'est le paradoxe de syndicats en France qui sont peu représentatifs qui ont de moins en moins d'adhérents mais qui restent quand même dans la discussion que les responsables gouvernementaux doivent avoir les syndicats sont considérés comme des interlocuteurs ils le restent dans le pays

30:19
Locuteur

oui

30:20
Invité

ce que je voulais dire c'est qu'ils le restent mais ils le sont beaucoup moins qu'ils l'ont été parce que lorsqu'on regarde les enquêtes sur 10 ans c'est court 10 ans c'est long 10 ans c'est court 10 ans on s'aperçoit que la crédibilité des syndicats

30:33
Locuteur

auprès

30:33
Invité

de l'opinion française ne cesse de décroître alors je dis citer le chiffre des récents sondages mais lorsqu'on regarde sur la durée on voit que la crédibilité baisse dans les enquêtes Cevipov qui est une autre enquête mais qui est sur longue période on voit qu'actuellement la crédibilité la légitimité des syndicats paradoxe épouvantable est au niveau de celle des banquiers

30:56
Locuteur

donc

30:57
Invité

elle est meilleure que celle des politiques mais quand même ils sont pris dans le mouvement de désintéressement par rapport à la politique et c'est un très mauvais signe parce que pour en revenir à votre question sur l'automne l'automne n

31:12
Locuteur

'est

31:12
Invité

jamais chaud contrairement à un adage c'est généralement ou alors c'est vers le mois de novembre décembre au début de l'hiver que ça devient que ça devient chaud bon et puis clairement on voit très bien que les risques aujourd'hui sont ces 40% dont j'ai parlé de bloquer l'espérance d'alternance politique qui est quand même un défoulement dans l'esprit des gens ou de beaucoup de gens

31:35
Locuteur

elle

31:36
Invité

n'existe pas puisqu'il n'y a pas sauf aux extrêmes d'espérance d'alternance politique les corps intermédiaires eux-mêmes dont on a parlé syndicats sont affaiblis

31:45
Locuteur

ce

31:46
Invité

qui veut dire que si un jour il y avait une poussée sociale comme la France en est et on ne peut jamais prévoir quand mais dans quelles conditions l'exemple

31:55
Locuteur

qui

31:55
Invité

seraient les intermédiaires qui seraient capables de canaliser les mouvements donc je crois que l'intérêt de tout gouvernement et de celui d'Emmanuel Macron en l'occurrence est quand même d'avoir des intermédiaires des corps intermédiaires forts

32:10
Locuteur

même

32:10
Invité

s'il se méfie d'eux même s'il se considère il a raison que ce n

32:14
Locuteur

'est

32:14
Invité

pas la panacée parce que en cas de coup dur c'est un vrai problème

32:18
Locuteur

quand

32:18
Invité

ils ne sont pas là et puis j'ajoute un point il veut favoriser la négociation dans les entreprises et dans les branches mais si on affaiblit les syndicats pour négocier il faut être deux

32:29
Locuteur

et

32:29
Invité

aujourd'hui on voit très bien que sur les ordonnances

32:32
Locuteur

au

32:32
Invité

fond aujourd'hui les entreprises sauf pour la constitution d'un animal qui s'appelle l'instance unique comité social économique il n'y

32:39
Locuteur

a

32:39
Invité

pas d'application les ordonnances et enfin dernier point et j'en terminerai là

32:43
Locuteur

la

32:43
Invité

réforme dont on a parlé tout à l'heure les retraites

32:45
Locuteur

n

32:46
Invité

'a rien à voir avec les réformes antérieures les ordonnances personne n'y comprenait rien sauf les personnes autour de cette table acceptez-moi quelques spéciales c'est très compliqué sur les sujets de droit du travail la formation on ne peut être que pour mais les retraites on vous fait une réforme des retraites

33:06
Locuteur

vous

33:07
Invité

commencez à vous dire

33:08
Locuteur

quel

33:09
Invité

est mon sort qu'est-ce que ça veut dire pour moi et si un si vous ne comprenez pas si deux vous avez des doutes et si trois surtout vous êtes inquiet vous vous agitez et c'est pour ça que les réformes des retraites il n'y a rien de mieux

33:21
Locuteur

pour

33:21
Invité

jeter des millions de gens dans la rue

33:24
Locuteur

pour

33:24
Invité

ça il faut être

33:24
Locuteur

prudent

33:25
Présentateur

Parmi les thèmes abordés hier figurent l'épineux dossier de l'assurance chômage Emmanuel Macron l'avait annoncé pendant la campagne il veut modifier le rapport au travail des français inciter les chômeurs à rechercher un nouvel emploi et pousser les entreprises à leur garantir des contrats longs le taux de chômage qui s'élève toujours à un peu plus de 8,5% de la population active Ambrine Bdida et Oanen Guyenne

33:55
Invité

Devant les parlementaires réunis à Versailles

33:57
Locuteur

il

33:58
Invité

devait venir fixer le cap de ces réformes déjà engagées

34:02
Locuteur

mais

34:02
Invité

surprise Emmanuel Macron

34:05
Locuteur

a décidé de changer les règles du jeu

34:08
Invité

modifier

34:08
Locuteur

la réforme de l'assurance chômage

34:10
Invité

alors

34:11
Locuteur

que le projet de loi est en plein

34:12
Invité

examen

34:14
Locuteur

Je

34:15
Invité

souhaite que les partenaires sociaux révisent les règles de l'assurance chômage

34:19
Locuteur

afin

34:20
Invité

que

34:20
Locuteur

dans

34:21
Invité

cette période de reprise économique

34:23
Locuteur

nous

34:24
Invité

puissions non seulement nous assurer qu'elle récompense bien davantage la reprise d'activité

34:28
Locuteur

mais

34:29
Invité

aussi qu'elle incite à la création d'emplois de qualité

34:33
Locuteur

La

34:33
Invité

réforme de l'assurance chômage c'est un peu le fer de lance d'Emmanuel Macron mais difficile d'en connaître les contours exacts

34:41
Locuteur

Il

34:42
Invité

veut d'abord s'attaquer aux recours excessifs de contrats courts

34:45
Locuteur

Les

34:46
Invité

partenaires sociaux doivent négocier un dispositif pour limiter leur usage

34:49
Locuteur

S

34:50
Invité

'ils n'y parviennent pas le gouvernement pourrait mettre en place un système de bonus-malus

34:56
Locuteur

Une

34:57
Invité

entreprise qui fait appel à trop de contrats courts devra s'acquitter de plus de cotisations patronales

35:03
Locuteur

Si

35:03
Invité

au contraire elle embauche en CDI un bonus lui sera appliqué

35:08
Locuteur

Une

35:08
Invité

idée aux effets pervers selon le nouveau président du MEDEF

35:12
Locuteur

Le

35:12
Présentateur

CDD est déjà surtaxé Qu'est-ce qui se passe si on va surtaxer le CDD ? L'activité partira au noir c'est-à-dire à un moment si le coût est prohibitif les gens sont employés différemment donc c'est pas la bonne solution

35:25
Invité

Déjà pendant sa campagne

35:27
Locuteur

le

35:28
Invité

candidat Macron ne cachait pas son intention de transformer le système social français

35:33
Locuteur

Son

35:33
Invité

ambition mettre en place une allocation chômage universelle étendue aux indépendants et aux salariés des missionnaires

35:40
Locuteur

Une

35:41
Invité

avancée avec des contreparties

35:43
Locuteur

Il

35:44
Invité

y a

35:44
Locuteur

dans

35:45
Invité

votre région telle

35:46
Locuteur

ou

35:46
Invité

telle offre d'emploi

35:47
Locuteur

Et

35:47
Invité

si je refuse ? Vous pouvez en refuser une Une Pas deux Si vous refusez la deuxième

35:52
Locuteur

vous

35:53
Invité

sortez du système et vous n'êtes plus indemnisé

35:55
Locuteur

Je

35:56
Invité

ne veux plus qu'on soit dans un pays où les gens peuvent encore nous dire Moi j'en ai vu J'ai vu un jeune ou un moins jeune Il a encore refusé l'offre Il est venu huit jours et puis il a abandonné C'est terminé Je veux un système qui responsabilise J'étends les droits

36:09
Locuteur

mais

36:10
Invité

je veux qu

36:10
Locuteur

'il

36:10
Invité

y

36:10
Locuteur

ait

36:10
Invité

des

36:10
Locuteur

devoirs

36:12
Invité

Mieux contrôler les chômeurs Accentuer la pression sur ceux qui ne chercheraient pas assez activement du travail Alors qu'aujourd'hui certaines sanctions pénalisent déjà les chômeurs

36:21
Locuteur

Vous faites

36:22
Invité

ça tous les

36:22
Locuteur

jours ?

36:22
Invité

Je fais ça tous les jours Je me lève à 5h du matin Je prends le service à 6h et puis c'est parti jusqu'à 2h30 de l'après-midi Frédéric Portejoie a dû reprendre son poste de chauffeur poids lourd contre l'avis des médecins

36:36
Locuteur

Cela

36:36
Invité

faisait un an qu'elle était au chômage avant d'être radiée 15 jours au mois de décembre

36:42
Locuteur

Vous

36:42
Invité

avez été informé de mon intention de procéder à votre radiation de la liste de demandeurs en emploi

36:48
Locuteur

La

36:49
Invité

raison invoquée par Pôle emploi

36:50
Locuteur

Une

36:51
Invité

recherche pas assez active

36:53
Locuteur

L

36:54
Invité

'envoi de justificatifs professionnels et médicaux n'a rien changé Donc en tout et pour tout pour le mois de décembre donc il y a 31 jours il y

37:02
Locuteur

a

37:02
Invité

Noël quand même

37:03
Locuteur

la

37:04
Invité

famille j'ai touché 270 euros pour faire tout le mois de décembre

37:09
Locuteur

Donc

37:10
Invité

dans les 270 euros il faut payer son loyer sans l'électricité il faut manger il faut le carburant l'assurance de la voiture enfin la vie courante quoi

37:18
Locuteur

Donc

37:18
Invité

j'étais un petit peu en galère on peut le dire

37:20
Locuteur

Dans

37:21
Invité

ce cas de

37:21
Locuteur

figure

37:22
Invité

le gouvernement envisage de faire passer la sanction de 15 jours à un mois voire deux Renforcer l'arsenal pour mieux contrôler les chômeurs une ineptie pour le mouvement national des chômeurs et précaires

37:35
Locuteur

On

37:36
Invité

est dans un déficit total de confiance du système en général vis-à-vis des chômeurs Quand je dis le système en général il ne faut pas blâmer Pôle emploi spécifiquement Pôle emploi les agents de Pôle emploi ils font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'on leur donne Moi mon problème c'est un étage au-dessus C'est les décisions politiques qui sont prises vis-à-vis des chômeurs qu'on pointe du doigt comme responsables de leur situation Et ça c'est intolérable

38:01
Locuteur

Pour

38:02
Invité

l'heure

38:03
Locuteur

les

38:03
Invité

intentions concrètes de l'exécutif restent encore

38:06
Locuteur

floues Les

38:07
Invité

partenaires sociaux eux doivent renégocier l'ensemble des règles de l'assurance chômage à la rentrée en vue d'une réforme au printemps 2019

38:16
Locuteur

On

38:16
Présentateur

le voit Fanny Guiné c'est de la nitroglycérine C'est sujet c'est extrêmement sensible Et alors Emmanuel Macron dit à

38:22
Locuteur

vous

38:24
Présentateur

de jouer Il dit ça aux partenaires sociaux

38:25
Locuteur

C

38:26
Invité

'est très sensible parce que c'est le quotidien des gens C'est très sensible parce que Emmanuel Macron veut vraiment changer de logiciel faire en sorte qu'il

38:34
Locuteur

y ait

38:34
Invité

une vraie différence entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas ou qui recherchent un emploi

38:39
Locuteur

Ça

38:40
Invité

rejoint d'ailleurs par bien des égards ce que disait Nicolas Sarkozy Il est pour le contrôle des chômeurs Il veut l'intensifier Il veut que le travail paye Donc derrière il va y avoir des changements de règles d'indemnisation c'est sûr En tout cas c'est l'objectif du gouvernement qui donne 4 mois en tout cas qui fixe aux partenaires sociaux une feuille de route qui leur dit vous allez faire un diagnostic ensemble C'était une proposition de la CFDT qui a repris l'Elysée et puis vous avez négocié jusqu'à janvier-février Si vous êtes d'accord si vous arrivez

39:14
Locuteur

ça

39:15
Invité

fera peut-être comme la formation professionnelle je ne prendrai pas ou bien alors je prendrai votre compromis

39:21
Locuteur

et

39:22
Invité

puis de toute façon j'acterai quelque chose j'acterai quelque chose pour que les règles elles changent

39:27
Locuteur

au

39:28
Invité

printemps prochain à l'été prochain il n'y aura pas les mêmes façons d'indemniser les chômeurs C'est ça très concrètement ce que dit Emmanuel Macron Et derrière il y a l'idée on l'a vu dans votre reportage sur la question des CDD et du bonus-malus c'est vrai qu'actuellement on a un marché de l'emploi où on a des gens qui travaillent et qui travaillent beaucoup en CDD qui tournent vraiment même s'il y a 80% de gens qui sont en CDI aujourd'hui vous avez des gens qui retrouvent des emplois mais en contrat très court et même en contrat très très court c'est moins d'une semaine une journée et ça coûte très cher à l'assurance chômage parce que les règles font que finalement vous travaillez sur des périodes de côte vous êtes indemnisé vous travaillez sur des périodes de côte vous êtes indemnisé et c'est assez favorable c'est un effet un peu pervers du système qui est assez favorable à la fois pour le demandeur d'emploi mais aussi pour les entreprises et vous avez des entreprises qui en jouent comme vous avez des demandeurs d'emploi sur certains métiers qui peuvent en jouer aussi et donc ce système coûte très cher à l'assurance chômage c'est plus de 4 milliards d'euros

40:29
Locuteur

quand

40:30
Invité

on sait que les comptes de l'assurance chômage ne vont pas très bien même s'ils s'améliorent avec la croissance s'ils

40:36
Locuteur

ne vont

40:36
Invité

pas très bien Emmanuel Macron a ça en ligne de mire mais maintenant ça veut dire quoi très concrètement ?

40:41
Locuteur

ça

40:41
Invité

veut dire que les syndicats vont devoir revoir les règles et dire on risque de revoir des droits en tout cas acquis pour les chômeurs donc ça arrive d'être un peu moins intéressant ou bien alors de l'autre côté du côté des patrons ils ne

40:53
Locuteur

sont

40:53
Invité

pas très chauds pour aller négocier parce que ce qu'a promis aussi de faire Emmanuel Macron c'est un système de bonus-malus qui est très bien expliqué dans votre reportage donc je n

41:01
Locuteur

'y

41:01
Invité

reviens pas sur entre ceux qui proposeront des CDI se verront incités alors que les patrons qui tournent avec des CBD eux vont payer donc des deux côtés il y a un intérêt à y aller en disant on existe mais sur le fond du dossier ça va être très compliqué de trouver l'intérêt à négocier

41:19
Présentateur

Soizé Kémener on voit bien que là c'est un tabou aussi auquel s'attaque l'Élysée regardez cette question SMS le but d'Emmanuel Macron n'est-il pas de diminuer le montant

41:28
Locuteur

et

41:29
Présentateur

la durée de l'allocation au chômage ça c'est un tabou

41:32
Invité

oui c'est toute la question et d'ailleurs on voit que c'est tellement c'est tellement compliqué qu'on est déjà à la troisième version depuis le début 2017 et là c'est quand même assez surprenant de voir un président de la République qui est en plein congrès dit finalement il y

41:45
Locuteur

a

41:45
Invité

une loi qui est en train d'être discutée qui est au Sénat et on va changer les choses et quand Muriel Pénicaud arrive au Sénat qu'est-ce qu'elle dit ? Elle dit finalement le gouvernement souhaite privilégier la primauté de l'intervention des partenaires sociaux donc je rejoins ce que vous disiez tout à l'heure c'est voilà on va vous laisser faire et faites un peu mieux en sachant que c'est très compliqué Geoffroy Roux de Bézieux pour le MEDEF ne veut absolument pas entendre parler de bonus-malus on touche effectivement à quelque chose de tabou parce que qu

42:13
Locuteur

'est

42:13
Invité

-ce qu'un chômeur aujourd'hui ? Est-ce qu'on regarde le chômage ? Est-ce qu

42:18
Locuteur

'on

42:18
Invité

regarde les chômeurs ? Est-ce qu'on culpabilise le chômeur ? Est-ce qu'on remet en cause sa façon d'être dans la société ? Donc il y a tout ça derrière donc effectivement c'est de la dynamite et c'est pour ça aussi que ce dossier a été repoussé et donné entre les mains des syndicats parce qu'il a besoin des syndicats pour franchir cette marche-là

42:37
Présentateur

Vraiment Soubi au-delà des points précis qu'on vient d'aborder changer le rapport au travail des Français c'est réaliste

42:43
Locuteur

? Oh

42:45
Invité

c'est un vaste sujet parce

42:46
Locuteur

qu'en

42:46
Invité

réalité ce sujet renvoie à beaucoup de sujets c'est le rapport des Français au chômage c'est le rapport des Français aux nouvelles formes de travail en dehors du salariat c'est le rapport des Français aux salariés qui sont sur les plateformes vous savez qui vous livrent etc. Donc en fait les sujets nouveaux

43:06
Locuteur

c

43:07
Invité

'est un point très important les sujets

43:09
Locuteur

qui

43:10
Invité

sont là pour les prochaines années en matière sociale de transformation de l'emploi des formes d'emploi des conditions du travail des implications pour les salariés sont absolument massives d'ailleurs parenthèse lors de la réunion du sommet de l'autre jour plusieurs ont insisté sur la nécessité de discuter entre eux

43:31
Locuteur

entre

43:31
Invité

syndicats et patronats des transformations technologiques des transformations de l'organisation du travail et des conséquences sur la vie des gens donc ça c'est un sujet je crois très important alors il n

43:43
Locuteur

'est

43:43
Invité

pas vraiment là à l'heure du jour puisqu'on parle on parle là de l'idique mais les sujets de l'idique si vous me permettez de terminer par ça

43:52
Locuteur

c

43:52
Invité

'est l'éternel retour

43:53
Locuteur

je

43:54
Invité

veux dire par là que les sujets

43:55
Locuteur

dont

43:56
Invité

on va discuter ça fait des années

43:58
Locuteur

qu

43:59
Invité

'on en discute le bonus malus c'est pas une idée récente

44:02
Locuteur

bon

44:03
Invité

alors le patronat est contre les syndicats sont pour

44:07
Locuteur

il

44:08
Invité

y a des économistes qui sont pour il y a des économistes qui vous disent il y a quand même des branches elles ont besoin de contrats courts autrement elles ne peuvent pas fonctionner donc si vous les pénalisez elles créeront donc c'est un débat qui n'a jamais abouti au niveau des partenaires sociaux et moi je pense que ce qui s'est passé avant le discours au concret je me lève considérablement au dessus de ma condition c'est que Emmanuel Macron a dû se dire je vais

44:30
Locuteur

à

44:31
Invité

l'occasion de ce discours annoncer le lancement d'une négociation laquelle

44:35
Locuteur

? mais

44:35
Invité

bien sûr l'assurance chômage et

44:38
Locuteur

ce

44:39
Invité

qui prouve que je suis pour la négociation mais comme le disait très bien Fanny Guillocher tout à l'heure je vais leur donner un sujet sur lequel ils n'ont pas été capables de se mettre d'accord depuis des années sous-entendu la probabilité qu'ils se mettent d'accord n'est pas très forte

44:53
Locuteur

mais

44:53
Invité

à ce moment là qu'ils en assument la responsabilité c'est pas moi moi j'interviendrai à leur demande et en dernier coup et je me demande si cette idée n'est pas sous-jacente dans la procédure qui a été lancée

45:04
Locuteur

un peu

45:06
Invité

coquine mais sous-jacente

45:08
Présentateur

Bruno Jeudy on voit bien encore une fois que ce sont des sujets sensibles qu'il y

45:11
Locuteur

a

45:11
Présentateur

sûrement des arrières pensées d'ailleurs de la part d'Emmanuel Macron mais ce sont des dossiers importants parce que pour l'instant le chômage c'est un échec

45:20
Locuteur

pour

45:21
Présentateur

Emmanuel Macron ça ne baisse pas c'est à dire que Emmanuel Macron a besoin de résultats maintenant

45:25
Locuteur

la

45:25
Présentateur

première année vient de se terminer ces réformes ont été mises en place certaines de ces réformes importantes et notamment les ordonnances travail de l'automne de la fin de l'année 2017 plus celles qu'on a eues au début de l'année sont en place forcément ça mettra du temps à produire des résultats comme toutes les réformes certaines ça mettra même très longtemps je pense au dédoublement des classes de CP qui fonctionnent bien mais qui mettront du temps sans doute à produire de vrais résultats elles sont en place en matière de chômage oui il y avait eu c'est vrai une hausse sensible à la fin de l'année 2017 suivie pour le premier trimestre 2018 d'une non c'était le contraire une baisse pour la fin de l'année 2017 et une hausse début 2018 donc effectivement on est toujours autour de 9% on a l'impression qu'on est tanqué pardonnez-moi l'expression autour de ce 9% de ce classique or Emmanuel Macron il a fixé 7% lui à l'horizon de la fin du quinquennat donc il va falloir y arriver donc il va essayer de jouer de tous les leviers pour accélérer cette baisse du chômage tant attendue par tous les biais alors la fin des contrats courts ou en tous les cas bonus-malus est-ce qu'il arrivera à ses fins il a réuni des chefs d'entreprise hier pour essayer de favoriser l'emploi chez les jeunes dans les quartiers populaires le taux de chômage des jeunes est très élevé en France jeunes qui sont souvent les principaux les principales cibles pour les contrats courts justement donc Emmanuel Macron a besoin de résultats et la deuxième année est sans doute celle où

47:02
Locuteur

l

47:03
Présentateur

'opinion va être moins bienveillante avec le président c'est-à-dire il a fait de beaux discours la première année où sont les résultats maintenant donc là il rentre dans le dur lui aussi et quelque part le fait de tendre la main au corps intermédiaire comme les syndicats mais aussi sur un autre terrain les élus locaux on voit bien que Emmanuel Macron il commence un peu aussi à lancer des bouées et pas seulement à mon avis par cynisme comme l'a dit elle n

47:28
Locuteur

'a pas dit

47:28
Présentateur

ça non mais je

47:29
Locuteur

vous

47:30
Présentateur

laisse le mot mais je partage votre analyse sur ce point là je pense qu'il est assez malin pour mettre les syndicats devant leur propre aussi responsabilité et leur propre contradiction cela étant il va avoir besoin de tout le monde pour obtenir des résultats le nouveau patron du MEDEF s'appelle donc Geoffroy Roude-Bézieux il a fait ses débuts hier lors de ce sommet social c'est un entrepreneur de 56 ans son arrivée marquait un changement évidemment après les années Gattaz voici son portrait avec Julien Lenay Dominique Lemarchand et Myriam Zéard

48:03
Invité

premier pas à l'Elysée dans le costume de patron des patrons convié hier avec les autres partenaires sociaux Geoffroy Roude-Bézieux cherche déjà à se faire entendre

48:13
Locuteur

bonjour

48:14
Présentateur

à tous

48:15
Locuteur

donc

48:15
Présentateur

nous avons rencontré le président de

48:16
Locuteur

la

48:16
Présentateur

république pendant trois heures j'ai rappelé d'abord la très grande difficulté qu

48:22
Locuteur

'ont

48:22
Présentateur

les entreprises aujourd'hui à recruter

48:23
Locuteur

une

48:24
Présentateur

situation quand même très paradoxale puisqu'on est à un chômage qui reste très élevé

48:29
Locuteur

un

48:29
Invité

peu plus tard dans la journée

48:31
Locuteur

les

48:31
Invité

dirigeants du CAC 40 avaient aussi rendez-vous au palais présidentiel

48:35
Locuteur

l

48:36
Invité

'occasion pour certains de donner leur avis sur le nouveau visage du MEDEF

48:42
Locuteur

qui

48:43
Présentateur

nous fassent sortir de nos frontières nos zones de confort qui soient un porte-parole qui nous bougent qui nous fassent réfléchir qui nous demandent de prendre des risques donc voilà c'est son job et donc moi je suis admiratif de gens qui prennent une partie de leur vie pour se mettre au service

48:57
Invité

des autres

48:57
Présentateur

donc voilà

48:58
Invité

formidable s'il est un peu couillu s'il est un peu ambitieux et il va remettre l'entreprise au cœur de la société pour donner envie aux Français de connaître l'arrière-cours de nos marques et puis aussi donner à nos cadres dans l'entreprise l'envie d'œuvrer d'être utile

49:15
Locuteur

et

49:16
Invité

c'était pas tout à fait le discours patronal ces dernières années

49:20
Locuteur

le MEDEF

49:22
Invité

vient donc de tourner la page Pierre Gattaz Geoffroy Roux-de-Bézieux en successeur après s'être présenté contre lui en 2013 ce récidiviste comme il aime à le dire réalise un rêve en accédant à cette fonction

49:39
Présentateur

soyons fiers d'appartenir au MEDEF soyons fiers d'être dans le premier mouvement patronal de France

49:44
Invité

âgé de 56 ans père de 4 enfants ce diplômé de l'ESSEC fait fortune dans le secteur de la téléphonie mobile après un début de carrière chez L'Oréal il se lance en 1996 dans l'entrepreneuriat en créant The Phone House

49:59
Locuteur

le

50:00
Invité

portable un marché alors en pleine explosion

50:03
Locuteur

les

50:04
Présentateur

gens comme dans l'automobile veulent renouveler et veulent acquérir un produit high tech et dernier cri

50:10
Invité

en 2000 Geoffroy Roux-de-Bézieux revend la société à un groupe anglais et empoche près de 40 millions d'euros le business puis la médiatisation avec son premier engagement patronal au sein de l'association Croissance Plus sur les plateaux télé la confrontation ne lui fait pas peur j'ai pris

50:29
Locuteur

tous les

50:29
Invité

risques j'ai créé des emplois donc ne

50:31
Locuteur

me dis pas comment on crée des emplois mais prenez les risques aussi

50:32
Invité

d'embaucher des jeunes et de leur faire

50:33
Locuteur

confiance mais c'est ce que je fais

50:33
Invité

j'ai embauché 1000 jeunes l

50:35
Locuteur

'année dernière et bien c'est formidable vous voyez que c'est possible et

50:37
Invité

bien c'est possible désormais très exposé avec ses nouvelles responsabilités au sein du MEDEF

50:43
Locuteur

il

50:44
Invité

se veut confiant sur son rôle de porte-voix d'autant que le dialogue avec l'exécutif lui semble possible

50:50
Locuteur

je

50:50
Présentateur

crois que ce qu'on doit faire nous MEDEF c'est d'essayer d'éclairer l'avenir c'est à dire que qui est mieux placé que les entrepreneurs

50:56
Locuteur

pour

50:57
Présentateur

prévoir pour essayer de prévoir en tout cas les changements technologiques qui vont bouleverser le monde du travail les entreprises et notre rôle est différent sous un gouvernement plutôt pro-business j'ai envie de dire ça comme ça que sous un gouvernement majoritairement anti-business qui était le cas du gouvernement précédent en tout cas dans sa première partie

51:16
Invité

Optimiste Geoffroy Roux-de-Bézieux pas si sûr comme les autres partenaires sociaux le rythme soutenu des réformes le préoccupe lui qui va maintenant devoir négocier celle de l'assurance chômage et des retraites

51:30
Locuteur

Question

51:31
Présentateur

SMS Macron et Roux-de-Bézieux sacralisant tous deux le numérique l'entrepreneuriat les start-up sont-ils voués à s'entendre ? Il est macroniste ?

51:42
Invité

Alors il ne

51:43
Locuteur

l

51:43
Invité

'a pas soutenu pendant la campagne mais ils se connaissent depuis 2007 puisqu'ils étaient ensemble dans la commission pour la libération de la croissance dirigée par Jacques Attali donc ça fait ils se fréquentent depuis longtemps ce qui est intéressant c'est qu'il y

51:57
Locuteur

a

51:57
Invité

eu un virage dans le discours de Geoffroy Roux-de-Bézieux c'est-à-dire qu'à l'été dernier il n'était pas encore patron du MEDEF et il disait qu'il y avait un effet Macron indéniable que Macron était pro-business et donnait une image attractive de la France et puis maintenant on voit qu'il est à la tête du MEDEF il essaie d'installer sa propre voie donc c'est pour ça qu'il parle notamment de la vitesse des réformes mais il y

52:16
Locuteur

a

52:16
Invité

un vrai problème pour Geoffroy Roux-de-Bézieux c'est ce qui est très dur d'être président du MEDEF quand on a un gouvernement ou un exécutif on voit Emmanuel Macron s'il a besoin de convoquer des chefs d'entreprise à l'Elysée mais il a besoin de passer par personne c'est-à-dire qu'il a une relation privilégiée de toute façon avec des chefs d'entreprise très différents pas seulement du CAC 40 depuis très longtemps il a été ministre de

52:34
Locuteur

l

52:34
Invité

'économie sous le gouvernement précédent enfin sous le quinquennat précédent pardon donc peut-être que finalement ce qui est paradoxal dans ce quinquennat pour le président du MEDEF c'est qu'il va falloir qu'il prouve l'utilité du MEDEF alors que finalement beaucoup des thèmes que défendait le MEDEF avant 2017 sont aujourd'hui portés par l'exécutif

52:55
Présentateur

Donc il peut éventuellement changer Fanny Guinochet la ligne du MEDEF ?

52:59
Invité

Il va être obligé de définir une ligne parce que déjà avec Pierre Gattaz souvent c'était quand même aussi en zigzag c'était très anti-Hollande très... mais bon c'était un discours vraiment sur la baisse des charges etc. Là Geoffroy Roux-de-Bézieux va essayer d'avoir un discours un peu plus positif sur l'entreprise ce qui n

53:18
Locuteur

'est

53:18
Invité

pas facile vu le contexte vu le rapport des Français avec l'entreprise est-ce que c'est au MEDEF ?

53:26
Locuteur

Est

53:26
Invité

-ce que le MEDEF va vraiment changer ça ? En tout cas il a un chantier devant lui qui est important il a eu le temps d'y réfléchir parce que ça fait votre reportage le disait un petit moment qu'il brigue le poste il avait voulu se présenter face à Pierre Gattaz puis comme il avait vu qu'il allait perdre il s'était rallié finalement à Pierre Gattaz donc ça fait 5 ans qui réfléchit au job comment il va le faire maintenant la difficulté pour Roux-de-Bézieux c'est effectivement il est un peu sur le même créneau qu'Emmanuel Macron alors ces deux hommes qui vont se parler franchement qui connaissent la tech qui aiment les start-up qui aiment la modernité etc.

54:04
Locuteur

il

54:04
Invité

peut manquer peut-être d'empathie à apparaître comme dit l'étant il a gagné beaucoup d'argent comme Emmanuel Macron d'ailleurs en faisant des affaires il faut voir ce qu'il ne faut pas oublier c'est que le MEDEF derrière Geoffroy Roux-de-Bézieux il y a des grosses fédérations la fédération de l'industrie c'est du lourd la fédération du bâtiment c'est aussi du lourd la fédération des banques des assurances et ce sont ces grands électeurs qui aussi vont donner le ton et on va le voir notamment ça va être un vrai test pour Geoffroy Roux-de-Bézieux que l'assurance cette négociation sur l'assurance chômage est-ce qu'il va y aller comment il va y aller qu'est-ce qu

54:39
Locuteur

'il

54:39
Invité

va exiger ou est-ce qu

54:41
Locuteur

'il

54:41
Invité

va mettre les lignes rouges ça va être un vrai test

54:43
Locuteur

est

54:43
Présentateur

-ce qu'il vaut mieux être patron du MEDEF sous un gouvernement de gauche c'est plus facile d'exister dans ces

54:50
Invité

conditions oui c'est sûrement plus facile surtout il faut se poser la question à quoi sert le MEDEF si vous me permettez donc à quoi sert le président du MEDEF moi je crois que le MEDEF donc le président du MEDEF serve un

54:59
Locuteur

à

55:00
Invité

faire du lobbying pour appeler un chat un chat donc à peser sur les décisions du gouvernement en matière fiscale sociale etc pour avoir de bonnes lois c'est clair des lois qui sont utiles pour les entreprises ça c'est sa première mission sa deuxième mission très importante en France c'est la négociation sociale

55:17
Locuteur

on

55:18
Invité

en a beaucoup parlé

55:20
Locuteur

et

55:20
Invité

Geoffroy Roux-de-Bézieux ne rompt pas avec cette tradition il a hésité un peu au début de sa campagne il s'est dit voilà je suis pour le paritarisme je suis contre finalement il dit je suis pour le paritarisme si du moins on est d'accord avec l'État sur les conditions du jeu et puis il

55:33
Locuteur

y a

55:33
Invité

un troisième point sur lequel Geoffroy Roux-de-Bézieux pourrait jouer un rôle important c'est que le rôle du président du Bézac c'est d'incarner l'entreprise de faire aimer l'entreprise de parler de l'entreprise de l'entreprise d'aujourd'hui et de l'entreprise de demain je suis pour une fois en désaccord pour une fois dans ma vie en désaccord avec un peu avec Fédé Guidocher c'est que les français aiment les entreprises en réalité je reprends mon enquête de Séni Pop dont je parlais tout à l'heure vous regardez ils aiment principalement leur entreprise plutôt que les autres mais quand même quand on leur parle de l'entreprise comme ça

56:08
Locuteur

c

56:08
Invité

'est mieux ils l'aiment de plus en plus donc l'idée d'avoir un président du Bélef qui porte cette affection qui la justifie en plus et qui explique ce que vont être les évolutions qui est plus moderne côté start-up etc. je crois que ça Geoffroy Roux-de-Bézieux peut mieux le faire

56:25
Locuteur

que

56:26
Invité

Pierre Gattaz mais ils sont dans une période très différente Pierre Gattaz il s'opposait à un gouvernement socialiste qui dans un premier temps a pris des mesures fiscales lourdes pour les entreprises contre les entreprises tandis que là c'est pas le cas et par conséquent il va pouvoir beaucoup plus déployer

56:41
Locuteur

vous

56:42
Invité

voyez cette idée je suis le défenseur de l'entreprise de demain

56:45
Locuteur

en

56:45
Présentateur

tout cas il a pour lui aujourd'hui d'être médiatique d'être à l'aise devant les micros d'avoir aussi l'expérience d'une sorte de nouvelle économie enfin c'est un personnage qui peut s'imposer oui c'est un personnage qui peut s'imposer alors bon il faudra qu'il fasse attention aussi à son expression être assez aussi trouver la bonne dose la prudence d'un partenaire social puisqu'il est plus seulement une figure du monde patronal quelqu'un qui a réussi dans la tech comme on dit donc oui mais sa tâche est franchement difficile dans un contexte politique qui pour un patron du MEDEF ne va pas être simple ça a été dit il est évident que le MEDEF de combat façon Gattaz sous le méchant Hollande entre guillemets c'était facile pour Gattaz pour exister même si lui bon il a approché aussi quelques erreurs le pins du 1 million ça c'est resté quand même

57:42
Locuteur

ça n'a

57:43
Présentateur

pas donné une bonne publicité au MEDEF

57:45
Locuteur

voici

57:46
Présentateur

maintenant vos questions SMS et internet

57:52
Locuteur

qui

57:53
Présentateur

peut croire qu'un chef d'entreprise embauchera parce que le président le lui demande ça c'est une allusion en effet à la réunion avec les 100 grands patrons Fanny Guineuchet c

58:02
Invité

'est sûr d'ailleurs ils sont venus mais quand vous les aviez en coulisses ou vous aviez leur staff ils disaient bon on est là effectivement c'est important mais on ne veut pas d'objectifs chiffrés c'est pas à Macron de nous donner la leçon maintenant Emmanuel Macron il est dans son rôle il dit chacun prenez votre part donc hier le but de la séquence c'était s'adresser au chef d'entreprise mais c'était aussi s'adresser à l'opinion publique en rappelant que oui il avait fait un certain nombre de réformes très pro-business et que maintenant comme il le demande aux français régulièrement en disant prenez votre part il le disait aussi au grand patron du CAC en disant votre rôle aujourd'hui c'est d'embaucher des jeunes et notamment d'embaucher des jeunes de quartier des jeunes surtout dans une période de coupe du monde ça

58:50
Locuteur

sentait quand même le plan de

58:51
Présentateur

rattrapage par rapport à son discours banlieue qui pour le coup a été assez mal compris voire pas apprécié du tout il y

58:59
Locuteur

a

58:59
Présentateur

eu des enquêtes

59:00
Locuteur

mais c'était une

59:01
Invité

opération de com c

59:02
Présentateur

'était une opération de com moi je trouve que c'était un peu une opération de rattrapage du genre bon mais je vais réexpliquer ce que je veux faire pour les quartiers populaires je veux impliquer les entreprises la fameuse émancipation par le travail

59:14
Locuteur

tout

59:14
Présentateur

ça un 17 juillet en pleine coupe du monde un soir moi je pense que

59:20
Locuteur

totalement sous

59:20
Présentateur

les radars c'était de la com et à mon avis ils ont perdu leur temps

59:23
Locuteur

mais

59:24
Invité

d'ailleurs c'était un peu de la com mezzo-voce parce qu'ils n'ont pas parlé d'emploi ils ont parlé de stage et ils ont parlé de mentorat ça c'est vraiment les deux choses sur

59:33
Locuteur

lesquelles

59:33
Invité

insiste l'Elysée donc on commence par des objectifs quand même assez modestes en sachant qu'on parle aujourd'hui de 30 000 stages sur 43 000 enfants de 3e concernés dans les quartiers politiques de la ville en sachant qu'aujourd'hui il y

59:48
Locuteur

en

59:48
Invité

a à peu près 15 000 de distribués donc on est sur 15 000 stages on est vraiment sur des choses assez modestes et on voit justement qu'il y a une volonté de ne

59:56
Locuteur

pas

59:56
Invité

donner d'autres chiffres qui auraient pu ensuite revenir comme un boomerang dans un an ou dans deux ans donc ils sont restés quand même assez prudents je trouve

1:00:03
Locuteur

autre

1:00:03
Présentateur

question le dialogue sera-t-il possible avec la CGT qui est restée dans ses baskets des années 60 ?

1:00:11
Invité

je ne crois pas que le dialogue si j'ose dire en employant ce mot changera beaucoup l'absence de dialogue plutôt changera beaucoup parce que la CGT là aujourd'hui est sur une ligne qui est une ligne qu'elle continue à avancer imperturbablement en reprenant ses schémas traditionnels et elle n'est absolument pas prête aujourd'hui dans son organisation ni dans son fonctionnement pour rentrer de manière concrète et positive dans de grandes négociations je crois que la CGT est comme elle est et que ce n'est pas tout ce qui se passe là maintenant qui la changera en quoi que ce soit mais

1:00:45
Présentateur

que faire alors de ceux et il y en a beaucoup qui préfèrent travailler en CDD

1:00:49
Locuteur

que

1:00:51
Invité

faire après si c'est leur choix s'ils sont dans des secteurs où ils peuvent travailler en CDD la difficulté quand même d'être en CDD c'est qu'aujourd'hui tout le reste de la société fonctionne sur la base du CDI que ce soit le logement que ce soit les crédits que ce soit donc le CDI en France pour le coup

1:01:08
Locuteur

le

1:01:08
Invité

changement de mentalité n'a pas été opéré on a beau changer les mutations du travail effectivement avoir de nouvelles façons de travailler le statut social passe par le CDI qui reste le Graal alors quand même la génération qui arrive certains refusent des CDI des CDI veulent sont prêts à accepter des CDD il faut voir mais globalement quand vous faites des enquêtes les gens ont envie d'avoir des CDI plus que d'être continuellement dans des contrats précaires

1:01:42
Locuteur

quelles

1:01:42
Présentateur

sont les retombées de la loi travail

1:01:45
Locuteur

c

1:01:45
Invité

'est une bonne question et c'est très difficile c'est très difficile de mesurer parce que quand on regarde il n

1:01:51
Locuteur

'y a

1:01:51
Invité

pas eu plus de licenciements mais ça tient aussi à la croissance parce que c'était une des craintes des organisations syndicales de dire vous allez faciliter le licenciement c'est difficile de le dire dans la mesure où il y a une croissance et donc des demandes des pénuries d'emploi et où les entreprises font plutôt des efforts pour garder leurs salariés plutôt que s'en séparer parce qu'elles ont besoin de main d'oeuvre en revanche du côté du dialogue social ça devait être un texte qui devait aider les salariés les entreprises à faire des textes des accords en commun en simplifiant le moins de délégués du personnel moins

1:02:28
Locuteur

d

1:02:28
Invité

'instances là ça a un petit peu de difficulté à se mettre en place

1:02:31
Locuteur

mais

1:02:32
Présentateur

un des éléments ces ordonnances visaient notamment à diminuer le nombre à favoriser le CDI pour l'instant on n'a pas de statistiques qui montrent que ça a favorisé les CDI au détriment

1:02:46
Invité

des CDI un élément quand même très positif c'est que quel que soit le contenu des ordonnances et leur application ça a été un signal positif

1:02:53
Locuteur

dans

1:02:53
Invité

l'esprit des chefs d'entreprise et des groupes étrangers

1:02:56
Locuteur

qui

1:02:57
Invité

les pratiquent beaucoup qui investissent en France donc même s'il n'y a pas d'effet pratique dans les entreprises et pour dire la vérité il n

1:03:04
Locuteur

'y

1:03:04
Invité

a pas aujourd'hui beaucoup d'effet pratique je suis d'accord avec Fadi en réalité c'est quand même très positif

1:03:10
Locuteur

dans

1:03:11
Invité

l'esprit des entreprises donc ça les encourage à avoir une image positive de la France donc à investir davantage c'est une sorte d'effet psychologique et indirect mais il est important et cet effet psychologique joue aussi sur la psychologie des petits patrons parce que beaucoup d'enquêtes montraient que c'était un frein à l'embauche que la peur de se retrouver devant les prud'hommes là comme c'est plus facile comme il y a moins cette inquiétude là visiblement ça devrait les inciter à embaucher

1:03:36
Locuteur

les

1:03:37
Présentateur

syndicats ont-ils encore leur utilité

1:03:38
Locuteur

ne

1:03:39
Présentateur

nous

1:03:39
Invité

coûte-t-il pas très cher

1:03:41
Locuteur

alors

1:03:42
Invité

écoutez il y a deux questions est-ce qu'ils coûtent cher d'abord ils ont peu d'adhérents donc ils ont peu de cotisations

1:03:49
Locuteur

et

1:03:49
Invité

par conséquent c'est vrai que la part des cotisations dans les ressources est faible en France par rapport aux autres pays européens sous-entendu c'est en partie l'état il y a des contributions de l'état c'est les détachements et c'est les entreprises qui financent plus les régimes paritaires pour partie qui financent le système donc en effet ça coûte assez cher mais est-ce que ça le vaut parce que la vraie question c'est est-ce que ça le vaut moi je crois que les syndicats ont beaucoup de

1:04:14
Locuteur

défauts qu'on

1:04:16
Invité

connaît bien

1:04:16
Locuteur

donc

1:04:17
Invité

je n

1:04:17
Locuteur

'y

1:04:17
Invité

ai pas mais ils ont le mérite immense d'exister

1:04:20
Locuteur

or

1:04:21
Invité

je crois qu'on a besoin de syndicats un pour défendre les salariés

1:04:26
Locuteur

il

1:04:26
Invité

ne

1:04:26
Locuteur

faut

1:04:26
Invité

pas laisser les salariés individuellement

1:04:28
Locuteur

face

1:04:29
Invité

aux chefs d'entreprise il y

1:04:30
Locuteur

a

1:04:30
Invité

beaucoup de cas donc il faut créer un rapport de force et les syndicats peuvent le faire et puis deuxièmement si on veut développer la négociation dans notre démocratie et on veut le faire apparemment y

1:04:40
Locuteur

compris

1:04:40
Invité

Emmanuel Macron il faut être deux donc il faut des syndicats et si on n'a pas des syndicats suffisamment forts il n'y aura jamais de négociation et il n'y aura jamais d'accord donc il n

1:04:49
Locuteur

'y

1:04:49
Invité

aura pas de politique contractuelle

1:04:51
Locuteur

Y

1:04:51
Invité

a-t-il

1:04:51
Présentateur

suffisamment de travail pour tous les demandeurs d'emploi

1:04:54
Locuteur

?

1:04:55
Invité

Après ça dépend de quel travail on parle parce qu'effectivement aujourd'hui il y

1:04:58
Locuteur

a

1:04:58
Invité

une difficulté sur le marché du travail c'est que vous avez des emplois mais vous n'avez pas les compétences les formations en face et c'est ce qui pose ce hiatus donc ça nécessite de la formation ça nécessite des adaptations de postes et ça c'est pas forcément le plus facile à faire

1:05:16
Locuteur

Emmanuel

1:05:17
Présentateur

Macron peut-il peser sur Geoffroy Roux de Bézieux

1:05:19
Locuteur

?

1:05:20
Invité

Peser ? Non mais ils vont trouver un système de fonctionnement après ils peuvent aussi se concurrencer parce que tous deux aiment prendre la lumière tous deux

1:05:29
Locuteur

aiment

1:05:30
Invité

représenter les entreprises quelque

1:05:32
Locuteur

part Il

1:05:32
Présentateur

n'a pas besoin de Roux de Bézieux

1:05:34
Locuteur

pour

1:05:34
Présentateur

faire venir les

1:05:36
Locuteur

100 plus grands chefs d'entreprise à l'Élysée

1:05:37
Présentateur

c'est impossible Oui Merci beaucoup à tous les quatre merci d'avoir participé à cette émission merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air ce soir La Redif est à 22h35 Très bonne soirée sur France 5