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interviewBFMTV· 17 novembre 2024 46 min

L'interview intégrale d'Arnaud Rousseau, président de la FNSEA

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

BFM TV, BFM politique, Néla Latrousse.

0:07
Arnaud Rousseau

Bonjour Arnaud Rousseau.

0:09
Présentateur

Bonjour Néla Latrousse.

0:09
Arnaud Rousseau

Merci d'avoir accepté l'invitation de BFM politique, le rendez-vous d'actualité du week-end, en partenariat avec La Tribune Dimanche. A mes côtés d'ailleurs pour vous interroger Jules Pécnin, journaliste politique à La Tribune Dimanche. Bonjour Jules et Amandine Attalaya, éditeur et artiste politique à BFM TV. Bonjour Amandine et bonjour chez vous, chers téléspectateurs, puisque je vous rappelle le principe de cette émission, vous pouvez vous aussi poser vos questions à Arnaud Rousseau grâce au QR code qui s'affiche à l'antenne. Vous scannez avec votre téléphone, vous envoyez votre question et nous la relayons à l'antenne.

Arnaud Rousseau, votre syndicat, la FNSEA et les jeunes agriculteurs appellent à des actions à partir de demain. La colère agricole est déjà présente et vous détaillerez dans quelques instants ce qu'il a ravive. Les mauvaises récoltes, des agriculteurs pris à la gorge financièrement et un accord de libre-échange à venir qui les inquiète. Mais d'abord pour bien comprendre ce qui va se passer à Arnaud Rousseau. On l'a vu à l'instant, des actions sont d'ores et déjà menées. Ce soir, en région parisienne, la N118 va être bloquée par les jeunes agriculteurs et la FNSEA. Le trafic sera de fait perturbé. Est-ce le programme pour la semaine qui arrive ? Une France à l'arrêt ?

1:23
Présentateur

Alors d'abord, notre ambition, c'est évidemment d'attirer l'attention des pouvoirs publics, français, européens, sur la situation dans laquelle se trouve l'agriculture. Et pour vous répondre précisément, à partir de cet après-midi et pour au moins 48 heures, l'ensemble de nos départements, près de 80 au moment où je vous parle, seront en action, avec la volonté évidemment d'attirer cette attention, mais aussi la volonté de ne pas bloquer les Français. Nous l'avons dit, l'ambition, ça n'est pas d'empêcher les gens d'aller au travail. Et pour ce qui concerne la N118, dès cet après-midi, il n'y aura pas de blocage. Alors que ça ralentisse la circulation, c'est probable.

Mais encore une fois, notre objectif n'est pas d'empêcher les gens qui circulent dans cette région de le faire.

2:04
Arnaud Rousseau

Vous n'allez pas bloquer des villes, des supermarchés ou des approvisionnements par exemple ?

2:07
Présentateur

Ça n'est pas notre objectif, encore une fois. Nous avons besoin, dans le moment dans lequel nous sommes, de prendre les Français à témoin de ce qu'est la situation de l'agriculture. Et donc l'objectif, ce n'est évidemment pas de les ennuyer, c'est de leur faire passer le message que la situation que vit l'agriculture aujourd'hui est une situation d'urgence, dramatique dans certains endroits. Et que si on veut conserver une assiette, auquel je crois, à cette heure-ci, avec le poulet qui est dans le four, les Français sont attachés, nous avons besoin de nous battre dans ce moment.

2:35
Arnaud Rousseau

– Quand la coordination rurale, qui n'est pas votre syndicat, qui est un autre syndicat agricole, parle de révolte agricole, est-ce la bonne expression ? Une révolte, c'est contre l'ordre établi, contre une autorité. Ce n'est pas ce que vous êtes en train de nous dire, ce n'est pas une révolte, c'est prendre les Français à témoin. – Oui, en tous les cas, nous… – Vous ne demandez pas la tête d'un ministre, du Premier ministre, du Président de la République ?

2:54
Présentateur

– On est dans une situation que tout le monde connaît, qui dure depuis un an. Ça fait un an qu'on a retourné les panneaux dans les villages français pour dire qu'on marchait sur la tête. Je crois que tout le monde a vu ce qui s'était passé au printemps, puis le travail qui a été réalisé, la dissolution malheureusement, enfin en tous les cas sur le plan de l'avancée de nos travaux, et aujourd'hui une situation qui n'est pas tenable. Et donc oui, il y a un sentiment dans un certain nombre d'endroits de travail non accompli qui donne, vous savez, soit une forme de découragement, soit une forme évidemment d'envie d'action.

Nous on a dit très clairement qu'on ne voulait pas d'atteinte aux biens et aux personnes, que notre objectif c'est d'atteindre les résultats sur lesquels nous nous sommes engagés et pour ça on a besoin que l'Europe se mobilise, que les pouvoirs politiques français se mobilisent et on a besoin évidemment de l'appui de l'opinion publique parce qu'encore une fois, ce qui est en jeu c'est leur assiette.

3:41
Invité

Nous allons revenir justement sur ces aspects politiques, vous avez fait allusion à la dissolution, mais avant, question très précise, à ce stade, combien d'actions sont prévues par la FNSEA, votre syndicat, et les jeunes agriculteurs, dans quelle ville, dans quel département actuel ?

3:56
Présentateur

Alors c'est près de 82 actions ce matin qui ont été recensées et qui prendront corps à partir de cet après-midi pour la première en Ile-de-France et qui s'étaleront demain, mardi, lundi ou mardi, lundi et mardi, essentiellement dans les préfectures et les sous-préfectures pour, là encore une fois, attirer l'attention des pouvoirs publics et puis aussi sur les avenues de l'Europe, les ronds-points de l'Europe parce que vous l'avez compris, demain s'ouvrira le G20 au Brésil et que pour nous évidemment c'est un sujet majeur.

4:26
Invité

C'est un point de départ, alors j'imagine que vous n'allez pas nous donner la date de la fin de cette mobilisation, mais est-ce que, dans tous les cas, ce sera stoppé avant Noël d'après vous ?

4:35
Présentateur

Oui, nous l'avons indiqué, pour ce qui nous concerne avec les jeunes agriculteurs, notre volonté c'est d'étendre notre mouvement parce que la première phase, c'est que nous ne voulons pas de cette Europe passoire, en tous les cas sur les produits agricoles, mais il y a d'autres enjeux, des enjeux nationaux et notamment celui de la simplification, du ras-le-bol quant aux normes, quant aux contrôles. Et puis on aura un sujet qui est un sujet central, qui est sujet du prix, du revenu des agriculteurs. Et donc tout ça va s'étaler jusqu'à la mi-décembre au plus tard, parce que, nous l'avons indiqué, nous ne souhaitons pas que les fêtes puissent être gâchées.

D'abord parce que les fêtes, c'est pour nous un rendez-vous de nos produits sur la table et dans l'assiette des Français.

5:12
Intervenant

Armandine ? Oui, vous avez rencontré jeudi le ministre de l'Intérieur. Est-ce que vous êtes formellement engagé auprès de lui sur le fait que vous pouviez garantir qu'il n'y aurait pas de violence, de dégradation ? Au printemps, on avait pu voir des violences parfois et des dégradations parfois, notamment vis-à-vis de supermarchés.

5:28
Présentateur

Ce que j'ai dit au ministre de l'Intérieur, M. Retailleau, c'est que nous, notre ambition, c'était encore une fois d'obtenir des résultats et que les atteintes aux biens et aux personnes n'étaient pas notre modèle d'action. Mais la réalité, c'est qu'à certains endroits, les agriculteurs n'en peuvent plus et ont l'impression qu'après les manifestations du mois de janvier, qui, disons-le, se sont tenues de manière extrêmement ferme et qui n'ont peu ou très peu ou pas du tout atteint aux biens et aux personnes, il y a des gens qui ont le sentiment qu'ils ont été floués.

Donc nous, on a redit très clairement à l'ensemble de notre réseau qu'on ne souhaitait pas qu'il y ait de débordement et d'atteinte aux biens et aux personnes. Maintenant, vous garantir que partout, on sera derrière chacun pour empêcher ça, ça n'est pas possible. Mais en tous les cas, le message que nous délivrons est très clair.

6:09
Arnaud Rousseau

Quand vous dites que des gens se sont sentis floués, c'est-à-dire que la colère est bien plus vive et peut s'exprimer sans que vous puissiez la contrôler de manière plus explosive, c'est ça ce que vous dites ?

6:19
Présentateur

Je voudrais vous rappeler quelle est la situation. Vous savez, il y a des gens qui se sont mobilisés massivement, syndiqués, non syndiqués, jeunes, des gens qu'on n'avait jamais vus, pour dire finalement que la situation n'était pas tenable. Depuis, on a eu un été très difficile. Très difficile sur le plan des grandes cultures, la plus faible école de blé depuis 40 ans. Très difficile sur le plan de la viticulture, avec des vendanges en retrait en moyenne de près de 25%. On a eu un été extrêmement difficile sur le plan sanitaire dans l'élevage. Et puis, sur le plan politique, une absence d'interlocuteurs dans cette période difficile.

On a mis près de deux mois à obtenir un Premier ministre et 15 jours supplémentaires pour obtenir un gouvernement. Tout ça donne le sentiment que finalement, nous ne sommes pas entendus, même si des progrès ont été réalisés depuis.

6:57
Arnaud Rousseau

Mais vous entendez dire chez vos adhérents, on a été trop sages et on n'a pas assez obtenu.

7:01
Présentateur

Oui, il y en a certains qui pensent qu'aujourd'hui, pour se faire entendre, il faut aller plus loin. Ce n'est pas ce que nous portons nous, mais nous voyons bien parce que des situations d'urgence existent. Je voudrais le rappeler, ce n'est pas un sentiment de la violence pour la violence, c'est que derrière le fait générateur, c'est qu'un certain nombre d'agriculteurs en France sont dans des situations intenables, dans des situations d'urgence majeures. Et que ça, ça doit trouver des solutions et des échos très rapidement.

7:24
Intervenant

Est-ce que vous trouvez cela dit raisonnable que la coordination rurale, par exemple, qui est la plus dure, appelle à bloquer le fret, à bloquer les approvisionnements, n'exclut pas une montée en gamme des actions ? Est-ce que vous leur dites, restons calmes, on ne va pas commencer comme ça ?

7:42
Présentateur

Écoutez, chacun prend ses responsabilités.

7:44
Intervenant

Des tracteurs iront jusqu'à l'Elysée s'il le faut.

7:46
Présentateur

De ma légitimité, il s'agit de la FNSEA en coordination avec le président des jeunes agriculteurs et ses équipes et que nous, nous sommes extrêmement clairs. Si d'autres ont d'autres modes d'action, veulent utiliser la violence ou, comme je l'ai entendu, veulent affamer, puisqu'il s'agissait d'affamer Toulouse, ça n'est pas notre mode d'action. Écoutez, chacun se définira, mais interrogez-les, je pense qu'ils vous répondront.

8:06
Arnaud Rousseau

Arnaud Rousseau, à ce stade, quand vous évoquez cette colère, cette déception par rapport à ce qui a pu se passer il y a quelques mois, en janvier, février, mars dernier, est-ce qu'aujourd'hui vous voyez une mesure, un dossier qui peut apaiser la colère ? Est-ce qu'il suffirait que Michel Barnier annonce une nouvelle enveloppe budgétaire ? Est-ce qu'il suffirait qu'Emmanuel Macron dise qu'il est contre un accord de libre-échange pour que les tracteurs rentrent à la ferme ?

8:29
Présentateur

Non, vous avez compris que c'est un ensemble de mesures. L'Europe passe-voir est une mesure. On parlera, j'imagine, du Mercosur, on pourrait parler de l'Ukraine, de la Chine ou de ce qui se passera aux États-Unis. On a évidemment les sujets de simplification et de contrôle, et puis les sujets des revenus. Donc il n'y a pas une mesure miracle qui serait de nature. Nous, ce qu'on avait demandé au printemps et que nous n'avons pas obtenu, en tous les cas, c'est le sentiment des agriculteurs, c'est le changement de logiciel.

C'est-à-dire que cette approche qui consiste à dire que notre souveraineté alimentaire est en danger et qu'on a besoin de mettre les moyens politiques, économiques, sociaux pour parvenir à surmonter ce moment difficile, le sentiment c'est que nous ne sommes pas au rendez-vous. Encore une fois, un certain nombre de points ont avancé, mais beaucoup de choses restent à obtenir.

9:08
Arnaud Rousseau

Juste pour avoir peut-être un chiffre, vous dites qu'il y a des agriculteurs qui ont des situations épouvantables aujourd'hui. Vous avez un chiffre du nombre d'exploitations en difficulté qui peuvent mettre la clé sous le tapis ?

9:20
Présentateur

Écoutez, aujourd'hui, on parle de plusieurs dizaines de milliers d'exploitations. J'étais dans le Lot vendredi, où j'ai rencontré les producteurs, notamment des producteurs qui produisent de la noix et qui sont en crise depuis trois ans dans des situations qui sont absolument intenables et qui ont besoin du concours de l'État.

Quand vous êtes un viticulteur des Pyrénées-Orientales, par exemple, où je suis allé il y a dix jours à Perpignan et qui n'ont pas ou très peu vu d'eau depuis maintenant près de trois ans, avec de la vigne qui est en train de mourir, ces situations qui sont extrêmement compliquées, avec des gens qui essayent de trouver des alternatives, parce qu'encore une fois, il faut aussi évoluer. Et je l'ai dit, il y a des situations très difficiles qui peuvent être aussi le fruit du climat. Mais ce qui compte pour nous, c'est de faire en sorte d'essayer de sauver le maximum. Mais on sait qu'aujourd'hui, plusieurs dizaines de milliers d'exploitations, si on ne fait rien, ne pourront pas passer.

10:04
Arnaud Rousseau

En pourcentage, c'est quoi ? 10% ? 20% ? 15% ?

10:06
Présentateur

Non, écoutez, encore une fois, tout ça est à prendre avec les plus grandes pincettes. Vous savez, les agriculteurs et les agricultrices de ce pays sont des chefs d'entreprise et on ne peut pas comme ça décréter sur un plateau quels seront ceux qui vont disparaître. Nous, on pense qu'il y a plusieurs dizaines de milliers d'exploitations qui sont en danger, entre 15% à 20% très rapidement si rien n'est fait. Et puis après, il y en a de nombreuses qui sont dans des difficultés chroniques.

10:27
Intervenant

Vous avez dit tout ça à Michel Barnier que vous avez rencontré début octobre. Que s'est-il passé depuis ? Est-ce que vous avez perçu un changement, une volonté d'être beaucoup plus efficace de sa part ou pas ?

10:39
Présentateur

Alors d'abord, ce qu'on a observé de la part du Premier ministre, c'est qu'il avait l'intention de reprendre les promesses qui avaient été faites avant lui et qu'elles se sont traduites pour un certain nombre d'entre elles dans le projet de loi de finances, dans le budget que vont voter les parlementaires. Mais encore une fois, tant qu'il n'est pas voté, en tous les cas, le signe donné par le Premier ministre de prendre en compte un moment où c'est extrêmement compliqué sur le cadre budgétaire, chacun le sait, malgré tout, il a la volonté sur la question agricole d'essayer d'apporter des réponses qui avaient été des promesses, je le redis, et de faciliter la vie d'exploitation.

11:12
Arnaud Rousseau

Mais la question, c'était que s'est-il passé depuis octobre ?

11:14
Présentateur

À un moment où on se parle, le budget n'est pas voté. Et donc sur ce sujet-là, on attend encore une fois les choses très concrètement. Il a aussi été très clair sur le Mercosur. Je pense qu'on y reviendra. Il connaît bien ses sujets. Voilà. Donc il est aujourd'hui, me semble-t-il, à l'écoute. Mais encore une fois, ce qui intéresse les agriculteurs, c'est les résultats concrets dans leurs fermes. Et au moment où on se parle, ils sont encore trop modestes.

11:38
Invité

D'autres... Toute la classe politique s'est emparée, évidemment, du sujet. Jordan Bardella, président du RN, a expliqué que le pronostic vital de notre agriculture était en danger. D'abord, est-ce que vous reprendriez ce terme ? Et par ailleurs, quel est le rôle du RN là-dedans ? On sait qu'ils essaient de s'implanter de plus en plus dans la coordination rurale, donc l'autre syndicat dont nous parlions tout à l'heure. Comment évaluez-vous cette immiction du RN dans le jeu du syndicalisme agricole ?

12:07
Présentateur

Bon, d'abord, le constat que la situation agricole est extrêmement difficile est fait par l'ensemble des partis politiques, RN compris.

12:15
Invité

Est-ce que vous trouvez que c'est trop démagogique, pronostic vital engagé, ce langage ?

12:19
Présentateur

Non, mais moi, sur la sémantique et les expressions, chacun porte les punchlines qu'il veut, comme on dit aujourd'hui. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le résultat concret qui sera apporté au monde agricole. Quant à la position du RN sur cette question, écoutez, nous, nous l'avons dit à la FNSO avec les JIA, nous avons au sein de nos adhérents des gens qui sont sur l'ensemble de l'échiquier politique. Et donc, il ne s'agit pas pour nous de faire ou d'être le relais de tel ou tel parti politique. Nous avons des revendications très claires. Si le RN reprend un certain nombre de nos revendications à son compte, eh bien, nous, évidemment, nous en sommes heureux.

Mais ce qui compte pour nous, ce n'est pas d'être supporters de tel ou tel parti. Ce qui compte, c'est, encore une fois, la vision de cette souveraineté alimentaire et comment elle sera partée. Par exemple, on se réjouit que 600 parlementaires aient signé une tribune pour dire qu'ils étaient hostiles au Mercosur venant de tous les partis politiques. Donc, les accointances de tel ou tel syndicat avec les tels ou tels partis politiques, ça n'est pas, en tous les cas, notre position à la FNSEA. Nous avons besoin de l'ensemble des parlementaires. Et à ce titre, j'ai rencontré un certain nombre de responsables du RN, comme j'en rencontre de l'ensemble des partis politiques.

13:32
Arnaud Rousseau

Vous discutez avec tout le monde dans les partis politiques ? Parce que la tribune que vous évoquez, par exemple, a été portée par un élu écologiste. Aujourd'hui, écologiste, insoumis, RN, vous venez de l'évoquer, s'il frappe à votre porte, vous les recevez, ce sont tous des relais d'influence.

13:46
Présentateur

Écoutez, vous savez, d'abord, ils ont été élus par les Français, ils sont légitimes, ils sont parlementaires, ils votent le budget et les lois. Et le rôle de la FNSEA, qui est un corps intermédiaire, c'est-à-dire qui représente une partie du monde agricole, c'est d'être ce relais auprès des parlementaires. Et donc, oui, nous voyons tout le monde, ce qui ne veut pas dire qu'on est d'accord avec les idées de tout le monde, mais nous le faisons sur une plateforme d'idées, de souhaits, de volonté d'atteindre des objectifs qui sont partagés avec tous les partis politiques. Et si certains sont d'accord avec ces objectifs et qu'ils nous aident, eh bien, c'est tant mieux.

14:15
Intervenant

– Vous aviez reçu beaucoup de promesses de la part d'Emmanuel Macron, on se souvient d'ailleurs des images au Salon de l'Agriculture, Gabriel Attal avait voulu s'engager à leur Premier ministre beaucoup sur le dossier. Et puis, ça n'a pas beaucoup avancé, dites-vous, 36% des mesures appliquées pour le moment, c'est ce que vous expliquez dans un document. Est-ce que vous en voulez à Emmanuel Macron d'avoir 10 sous l'Assemblée nationale ? Est-ce que c'est ça le grand problème ? Est-ce que c'est pour ça que ça traîne autant ?

14:40
Présentateur

– D'abord, on s'était mis au travail au printemps, souvenez-vous, à la fois sur des mesures qui tiennent du réglementaire, donc que l'État peut prendre, un certain nombre de décrets. Ensuite, nous étions mis au travail sur une loi, souvenez-vous, cette fameuse loi d'orientation agricole, dont on nous parle depuis deux ans et demi maintenant. Loi qui est arrivée à l'Assemblée et qui d'ailleurs a été votée en première lecture par les députés.

15:01
Intervenant

– Et ça, c'est précisément à cause de la dissolution ?

15:03
Présentateur

– Absolument.

15:04
Intervenant

– Un report au mois de janvier.

15:05
Présentateur

– Et la dissolution a écarté de facto deux choses. Alors, reporter tout le volet législatif. Et donc, on sait aujourd'hui que cette loi d'orientation agricole, dans sa lecture au Sénat, reviendra en janvier. Donc, on a perdu beaucoup de temps.

15:20
Intervenant

– Mais donc, est-ce que le monde politique a été respectueux vis-à-vis de vous, des engagements pris ? Parce qu'il savait très bien qu'il vous sacrifiait, vous, les agriculteurs, notamment en décision du Sud.

15:27
Présentateur

– Non, cette décision, elle appartient au chef de l'État, qui a considéré qu'au regard de ce qu'était le résultat des élections européennes, il souhaitait revenir devant le peuple. – Donc, vous ne lui en voulez pas particulièrement ? – Je ne commande pas cette décision. Mais encore une fois, c'est la prérogative du chef de l'État, il a pris cette décision. Je ne suis pour ma part pas un homme politique, et donc j'ai constaté la volonté de repasser devant les Français, dont acte. – Ce qui nous a ennuyés, c'est l'absence d'interface, puisqu'avec un gouvernement qui expédiait les affaires corrompes pendant tout l'été, nous n'avions quasi pas d'interlocuteurs.

Et par ailleurs, ce qui nous a ennuyés, c'est que la question européenne a été totalement obérée. Or, depuis le fameux 9 juin au soir, ce sujet européen qui est un sujet central pour l'agriculture française, parce que nombre de décisions, notamment les aspects budgétaires, se décident à Bruxelles. Et vous voyez qu'avant le 9 juin, on ne parlait pas du Mercosur. Personne ne parlait du Mercosur pendant la campagne des européennes, ni en France, ni dans les autres États membres.

16:24
Arnaud Rousseau

– Peut-être juste pour préciser à ceux qui l'en regardent, c'est le traité de libre-échange avec un certain nombre de pays d'Amérique du Sud.

16:30
Présentateur

– Absolument, c'est un traité qui a vu ces fondements se discuter il y a 25 ans, et qui a été rediscuté en 2019, et qui revient de manière réclamante.

16:42
Arnaud Rousseau

– On va y revenir dans quelques instants, mais sur la dissolution, ça a quand même renvoyé au calendre grec, si j'ose dire, un certain nombre de promesses. Le débat budgétaire ne s'est pas fait dans les conditions habituelles. La loi d'orientation agricole renvoyée en janvier. Un nouvel égalime pour régir les discussions avec les distributeurs qui devaient avoir lieu à l'été, ça a disparu.

17:04
Présentateur

– Mais c'est la raison pour laquelle les agriculteurs, à partir de cet après-midi, seront à nouveau mobilisés. – Oui, c'est aussi la faute du 9 juin. – C'est la faute, en tous les cas, ce serait un peu trop court, me semble-t-il. – Ça n'a pas facilité l'accélération et la compréhension de résultats importants. Je le redis, la situation d'urgence est telle qu'on ne peut pas attendre trop longtemps, et je vois bien qu'entre le temps politique et la réalité économique de ce que vivent un certain nombre d'agriculteurs, il y a aujourd'hui un fossé qui est en train de se creuser, on a besoin d'aller vite.

17:33
Arnaud Rousseau

– Arnaud Rousseau, vous dites 36% uniquement des engagements pris par le gouvernement Attal ont été mis en œuvre. Les équipes de Matignon de l'époque disent « mais on en a quand même fait beaucoup et on verra peut-être à l'antenne tout ce qui a pu être annoncé par Gabriel Attal au cours de ces quelques semaines ». Alors ça, c'était uniquement entre le mois de février et le mois de juillet. Depuis, Michel Barnier a annoncé un train de nouvelles mesures, des allègements de charges et de fiscalité, un nouveau fonds d'urgence pour les éleveurs, des prêts garantis par l'État à des taux réduits, un contrôle administratif unique.

Je me mets à la place des Français qui nous regardent et qui se disent « mais tout de même, aucune autre profession n'a bénéficié d'autant d'attention en si peu de temps ». Quand on égrène toutes les aides qui ont été annoncées en neuf mois, est-ce que vous comprenez que certains se disent « finalement, les agriculteurs sont peut-être des privilégiés ». Et qu'est-ce que vous leur répondez ?

18:24
Présentateur

– D'abord, je doute que les Français considèrent que les agriculteurs sont des privilégiés parce qu'ils savent quelle est la situation de l'agriculture française et je me réjouis du soutien.

18:31
Arnaud Rousseau

– Il n'y a pas un traitement différencié ou peut-être, nous dis-vous, il est mérité parce que c'est ce qu'il y a dans l'assiette des Français.

18:36
Présentateur

– Non mais c'est exactement ça, c'est qu'aujourd'hui, si nous en sommes là, c'est parce que tout le monde comprend que l'agriculture française, si elle n'est pas soutenue, si elle n'est pas accompagnée dans le moment dans lequel nous sommes, risque de disparaître. – Non mais vous savez, tous les secteurs économiques ont des problématiques. En tous les cas, pour ce qui nous concerne, on a eu un certain nombre d'annonces. Mais permettez-moi de prendre un exemple concret. Quand le Premier ministre, M. Attal, a dit « il faut des aides à la trésorerie », nous le demandions. Et il a été dit à l'époque par le ministre de l'Agriculture, M.

Fénaud, « elles feront l'objet d'un accompagnement par la BPI ». Et donc, le ministère a dit « ce travail est fait ». La réalité, au moment où on se parle de la trousse, c'est que pas un seul centime de prêt n'a été opéré. La ministre de l'Agriculture, Mme Genevard…

19:19
Arnaud Rousseau

– C'est important ce que vous nous dites, des avances de trésorerie vous ont été annoncées. Et aujourd'hui, on est six mois plus tard, huit mois plus tard même, pas un centime n'est arrivé sur les siècles des agriculteurs.

19:30
Présentateur

– C'est exactement ce que je vous dis. C'est que cette promesse d'un accompagnement entre les aides-orerie avec le soutien de la BPI qui avait été fait par le gouvernement Attal, confirmé par le ministre Fénaud, n'a pas vu le jour. Pas un seul prêt, pas un seul centime. Là, Mme Genevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire et de la Forêt, a annoncé des prêts. C'est une bonne nouvelle qui va dans le bon sens.

19:52
Intervenant

– Mais qu'est-ce qui bloque ? Pourquoi ça ne se fait pas ?

19:54
Présentateur

– Écoutez, je vous demanderai au gouvernement. Là, je sais qu'il y a eu des discussions entre l'État, les banques. Ce qui bloquait, c'est qu'en fait, il n'y avait pas les fonds qui étaient mis en face. Nous, aujourd'hui, ce qu'on a demandé, c'est qu'on puisse avoir des prêts bonifiés, dans lesquels l'État accompagne. Les banques font un effort, et je veux le souligner.

20:12
Intervenant

– On vous promet des enveloppes, mais finalement, qui ne sont pas allouées.

20:14
Présentateur

– Donc là, les banques font un effort.

20:15
Intervenant

– Vous n'avez pas besoin de plus d'enveloppes, mais déjà que celles qui vous ont été promises soient versées, c'est ça ?

20:19
Présentateur

– Absolument, absolument. Vous savez, ce qu'attend l'agriculteur, qui a un problème de trésorerie, qui ne sait pas comment il va passer l'hiver, c'est d'obtenir ce prêt. Et vous savez, soit il est sur son compte, et il peut payer ses factures, et il peut commander ce dont il a besoin pour faire fonctionner sa ferme, soit il ne l'a pas, c'est blanc ou c'est noir. Et le reste, ce sont des discussions. Et puisqu'il a déjà eu des promesses au printemps qui n'ont pas été tenues, vous comprendrez qu'il a une forme de méfiance dans le moment dans lequel on est.

Et donc, pour être honnête et objectif, nous avons regardé ce qui avait été obtenu, concrètement, et nous considérons aujourd'hui que c'est de l'ordre de 35% qui avait été promis, et qui est réalisé. Le reste, je ne dis pas que rien n'a été fait, je dis que c'est sur la table, mais qu'au moment où nous nous parlons, ça n'est pas encore concret.

20:58
Arnaud Rousseau

Dans quelques instants, Arnaud Rousseau, vous nous expliquerez pourquoi est-ce que l'agriculture française craint autant cet accord avec l'Amérique du Sud, avec un ensemble de pays d'Amérique du Sud, le Mercosur. Est-ce que c'est le dernier clou sur le cercueil de l'agriculture française ? Vous nous répondrez, on se retrouve dans quelques instants, Arnaud Rousseau.

21:32
Présentateur

FMTV, BFM Politique, Néla Latrousse.

21:37
Arnaud Rousseau

Avec Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, le premier syndicat agricole. Une question de Yves qui nous regarde, Arnaud Rousseau. Pourquoi les agriculteurs des autres pays ne manifestent-ils pas ? J'imagine que la question d'Yves fait référence à cet accord, le Mercosur, ce projet de traité avec le Mercosur, traité de libre-échange avec des pays d'Amérique du Sud. C'est vrai, l'hiver dernier, on avait vu des agriculteurs manifester un peu partout en Europe. Pourquoi pas cette fois ?

22:04
Présentateur

Alors d'abord, cette question d'Yves est une très bonne question. Il ne manifeste pas encore. Et je le dis parce que depuis dix jours, nous sommes en contact permanent avec nos homologues des autres syndicats européens. Nous sommes réunis dans un syndicat qui s'appelle le COPA et qui siège à Bruxelles, avec aussi les représentants des coopératives. Et je peux vous dire que la semaine dernière, nous avons pris une position commune dans tous les pays d'Europe pour dénoncer cet accord, y compris dans les pays dont les gouvernements souhaitent signer cet accord. Je pense à l'Allemagne, je pense à l'Espagne.

22:37
Intervenant

Est-ce que ça veut dire que vous manifesterez à Bruxelles, notamment ?

22:39
Présentateur

Non, ça n'est pas prévu à ce stade, mais nous ne l'empêchons pas, à Bruxelles ou à Strasbourg, d'ailleurs. Mais je peux vous dire qu'il est fort probable qu'un certain nombre d'autres pays européens, en tous les cas sur le plan agricole, se mettent en action dans les semaines qui viennent ou dans les jours qui viennent. Et pourquoi les Français sont les premiers ? Parce que la France est le premier pays agricole européen et que, évidemment, nous sommes les premiers exposés à ce sujet de cette Europe passoire qui, sur le plan du commerce, fait preuve de naïveté et le Mercosur étant la cerise sur le gâteau, si je puis dire, de ce que nous ne voulons pas déguster comme dessert.

23:15
Arnaud Rousseau

Alors, pour expliquer ce qu'est cet accord avec le Mercosur. D'abord, le Mercosur, c'est le marché commun entre plusieurs pays d'Amérique du Sud, l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay, le Paraguay et la Bolivie. L'idée du traité qui doit être signé, c'est que l'Europe puisse, voilà, on le voit à l'antenne, exporter des voitures et exporter éventuellement du vin, des machines vers cette zone de libre-échange d'Amérique du Sud et qu'à l'inverse, le Mercosur puisse exporter vers l'Union Européenne des produits pas chers comme le bœuf, le sucre, la volaille notamment, volets agricoles, avec des droits de douane préférentiels, voire supprimés.

Les agriculteurs français, premier pays producteur en Europe, vous venez de le rappeler, craignent tout simplement l'effacement de ce que l'on produit ici en France. Juste pour avoir un ordre d'idée, Arnaud Rousseau, sur la viande, par exemple. Si on prend un exemple d'un steak haché basique que les Français consomment, trouvent dans leur supermarché ou ailleurs. Combien coûte un kilo de steak haché aujourd'hui ? Et en face, combien ça coûterait si ce traité est signé ?

24:29
Présentateur

Alors moi, je vais d'abord vous parler de la production, Néa La Trousse, parce que le rôle de l'agriculteur, ce n'est pas le prix de la viande au consommateur, même si on parlera tout à l'heure de la relation avec les grandes distributions. Aujourd'hui, en France, pour prendre l'exemple de la viande bovine, on consomme 1 500 000 tonnes, les Français consomment 1 500 000 tonnes de viande bovine, dont un peu plus de 400 000 tonnes fait déjà l'objet d'importation. Donc au moment où on se parle, c'est près de 25% de notre viande bovine qui est importée. Notre modèle de production de viande bovine en France, c'est un modèle qui est essentiellement produit avec de l'herbe, dans des prairies.

Ça n'est pas le modèle d'autres pays, qui par ailleurs peuvent avoir d'autres modèles, ce n'est pas un sujet, mais surtout qui sont produits dans des conditions qui ne sont pas autorisées en Europe. Et je voudrais être très concret. Notamment dans un certain nombre de pays du Mercosur, on produit de la viande bovine avec des hormones de croissance. C'est interdit en Europe. Et, ce n'est pas moi qui le dis, c'est une enquête de la Direction Générale de la Santé Européenne qui est parue la semaine dernière, et qui dit que des traces d'une hormone qu'on appelle le stradiol 17 bêta a été retrouvée dans de la viande d'importation. Vous voyez, ça, ça pose un problème.

25:41
Arnaud Rousseau

Oui, mais on l'importe déjà, c'est ce que vous dites. C'est déjà le cas.

25:43
Présentateur

On l'importe déjà. D'abord, on n'est pas d'accord depuis le début pour importer des produits qui ne correspondent pas à nos standards européens. Ce que je veux vous expliquer, c'est que ça n'est pas un problème de commercer. Et je ne voudrais pas qu'on tombe dans la facilité de dire il faut fermer les frontières, on ne fait plus de commerce. D'abord parce qu'il peut y avoir des intérêts offensifs de toutes parts. Ensuite, parce qu'aujourd'hui, par exemple, l'Europe a besoin du soja brésilien pour peu qu'on vérifie qu'il ne soit pas déforestant et il n'y a pas de traçabilité au moment où on se parle. Ce qu'on veut, c'est un commerce qui soit fait. Et nous, ce qu'on dit, c'est que...

Et je veux être très clair, parce que j'entends ou je lis des choses qui laisseraient à penser qu'on peut y avoir une forme de négociation. Sur le volet agricole du Mercosur, tel qu'il est proposé, pour nous, c'est non.

26:26
Arnaud Rousseau

Il n'y a rien à améliorer, vous dites, c'est non.

26:28
Présentateur

Mais oui, peut-être, c'est non.

26:29
Arnaud Rousseau

Non, mais il n'y a rien à améliorer, vous dites, c'est non.

26:31
Présentateur

Cet accord agricole tel qu'il est aujourd'hui, c'est non. Voilà.

26:36
Arnaud Rousseau

Mais vous dites tel qu'il est aujourd'hui. Donc c'est là-dessus que... Mais non, mais tel qu'il est aujourd'hui.

26:39
Présentateur

Si demain, on nous explique qu'on a un accord dans lequel il y aura à la fois le respect des accords de Paris, à la fois la traçabilité, pas de matières actives qui sont interdites en Europe, ne nous fermons pas la possibilité de faire du commerce.

26:51
Intervenant

Mais vous savez...

26:51
Présentateur

Avec le Brésil ou avec d'autres pays du monde. Et la France en a besoin, je le redis. Y compris parce que nous avons des intérêts offensifs quand on parle des céréales, quand on parle des produits laitiers, quand on parle des vins et des spiritueux. Mais ne le faisons pas dans des conditions qui ne respectent pas le cadre qu'on impose aux Européens. Nous ne voulons pas d'une agriculture importée qui ne reste pas nos standards. N'importons pas l'agriculture dont nous ne voulons pas.

27:14
Arnaud Rousseau

Et dans le même temps, je vous écoute assidûment, Arnaud Rousseau, vous dites 1,5 million tonnes de viande consommées en France. Là, on parle d'un accord qui porterait sur à peine 100 000 tonnes de viande.

27:24
Présentateur

Non mais attendez, oui, cumulatif, à droit nul, dans des conditions de production qui ne respectent pas nos standards. Et ce qui est important, c'est de regarder l'effet cumulatif. Non mais ça, c'est l'argument qui nous est opposé en disant que ce soit 99 000 tonnes de viande bovine ou 180 000 tonnes de poulet, c'est une goutte d'eau plus de l'éthanol, plus du maïs. Mais le sujet, c'est la goutte d'eau plus la goutte d'eau plus la goutte d'eau qui rendent les choses imbuvables. Voilà, et encore une fois, ça pourrait être même 10 tonnes.

Si c'est produit dans des conditions qui ne respectent pas le cadre, moi je suis désolé, mais au moment où nos auditeurs, les gens qui regardent cette émission sont à table le dimanche, peut-être en train de manger un poulet en famille, je doute qu'ils aient envie d'un poulet aux hormones avec des antibiotiques accélérateurs de croissance. La flavomycine, par exemple, interdite en Europe depuis 2006, qu'on continue à faire entrer, que l'Europe ne contrôle pas, qu'elle contrôlera peut-être à partir de 2026, eh bien je suis désolé, mais ça pour nous, c'est non. Et moi j'ai cru comprendre que les Français nous soutenaient sur ce sujet.

Donc, oui à faire du commerce, pour peu qu'ils soient loyaux, non à ce type de pratiques.

28:31
Intervenant

Même le président de la République est d'accord avec vous, c'est-à-dire qu'il est très opposé à ce traité, il le dit, mais vous savez que le combat est très mal engagé néanmoins parce que la France au niveau européen est isolée dans son combat contre le Mercosur. Il y a beaucoup de pays qui, pour des raisons industrielles, le souhaitent, pour expliquer à ceux qui nous écoutent, comme par exemple l'Allemagne, l'Espagne ou l'Italie. Si ce traité est malgré tout signé parce que la France est trop seule, est-ce que c'est un test pour le leadership de la France en Europe ? Est-ce que ça veut dire que nous avons perdu le poids que nous avions avant ?

Il faut rappeler qu'aucune décision importante concernant un traité européen n'a été prise avant si la France s'y opposait.

29:09
Présentateur

Amandine Antalaya, au moment où nous sommes, il n'y a pas d'esprit de recul et on veut mener la bataille. Certes, ce sera sûrement très difficile, mais voyez-vous, pour nous, c'est une question de survie. Et moi, j'entends que d'autres pays aient des intérêts offensifs. Vous parliez des voitures, de l'industrie, des machines-outils, peut-être des technologies, je l'entends. Mais pour les agricultures européennes, c'est pas possible. Je vous l'ai dit, tous les agriculteurs européens sont alignés.

29:35
Intervenant

Mais la question concrète, c'est que pouvons-nous faire ? Très bien, on vous entend, mais que peut faire Emmanuel Macron pour bloquer ce texte alors ?

29:42
Présentateur

Écoutez, d'abord, tenter de convaincre un certain nombre d'autres États membres européens. L'Italie, à ce stade, n'a pas encore donné sa position. L'Espagne et l'Allemagne ont dit très clairement qu'ils souhaitaient que cet accord soit aligné, mais l'Italie n'est pas très claire encore et peut-être pourra-t-on la ramener vers nous. Idem pour la Pologne. En tous les cas, c'est ce travail de conviction qu'il faut faire dans les semaines qui viennent. Je le dis aussi parce qu'en Allemagne, nous voyons bien que la coalition est en train de modifier les lignes politiques. Donc, ce combat, nous devons le mener.

Si l'Europe décidait d'arbitrer la France, vous avez raison de dire que ce serait une première. Pour le moment, nous, nous sommes dans la bataille. Donc, je ne me positionne pas dans cette option. Mais si, au terme de la bataille, l'Europe devait s'asseoir sur la position de la France, ce serait inédit, vous l'avez dit. Et je crois que ce ne serait pas une bonne nouvelle pour la construction européenne parce que moi, je voudrais rappeler une chose. Je voudrais rappeler que la construction européenne, c'était le marché unique, c'était le marché intérieur. C'était la compétitivité. C'était l'harmonisation des conditions fiscales, sociales, environnementales en Europe.

Tout ce que promeut cet accord, c'est le contraire. Moi, il me semble que de détruire cette vision commune européenne, et je rappelle que la FNSOA est pro-européenne, mais pas une Europe qui est d'une naïveté totale et qui ouvre ses frontières. Une Europe qui nous construit un avenir commun, au moment où on voit bien que sur le plan géopolitique, l'Europe va avoir besoin de se resserrer. Et donner le signal que la France, finalement, serait arbitrée me paraît extrêmement dangereux, même si je respecte, encore une fois, la place de nos autres partenaires européens.

31:17
Invité

– Question complémentaire là-dessus, vous disiez, vous parliez de la construction européenne, elle s'est aussi faite par des coups d'éclat, comme le général de Gaulle avec la politique de la chaise vide. Est-ce que dans les années 60, est-ce que le président de la République, dont on sait en plus la situation politique difficile au plan national, est-ce qu'il doit aller jusqu'à en faire de même, dans son bras de fer, sur le sujet du Mercosur, c'est-à-dire appliquer la politique de la chaise vide ? – Écoutez, c'est sa responsabilité,

31:44
Présentateur

et encore une fois… – Est-ce que vous l'appelez à le faire ? – Non, mais nous, on a mobilisé l'ensemble des pouvoirs publics français. Moi, je me réjouis de voir que le président de la République a été très clair pour dire « nous ne signerons pas cet accord en l'État ». Je crois que le Premier ministre a été extrêmement clair, le gouvernement aussi, le monde agricole l'est, les parlementaires de tous bords politiques le sont, et l'opinion publique est avec nous. Écoutez, il n'y a pas tant d'occasion en ce moment en France

32:10
Invité

d'avoir une telle unité nationale sur un sujet. – À vous entendre, s'il n'y a pas de minorité de blocage en Europe suffisante pour bloquer cet accord, on vous appelait même à ne pas appliquer cet accord si jamais il est signé, malgré nous.

32:22
Arnaud Rousseau

– Non, mais attendez,

32:24
Présentateur

encore une fois, vous poserez la question au gouvernement français, nous, on a dit très clairement pour le moment, on était dans la bataille, et on faisait tout pour essayer de ramener sur une position qu'on considère être la position d'avenir de la production agricole européenne, pour faire en sorte que d'autres pays aient conscience que le sujet de la souveraineté alimentaire, de la capacité à continuer à produire notre alimentation, est central. Juste un chiffre, 50% de notre alimentation en France aujourd'hui est déjà importée. Que se passera-t-il le jour où, pour une raison que nous ignorons aujourd'hui de géopolitique, on se retrouvera en difficulté ?

Je crois que ça n'est pas responsable de jouer ça. Maintenant, je ne crois pas que la France ait envie d'être celui qui scie la branche européenne sur laquelle nous sommes collectivement ainsi, mais enfin, force est de constater qu'il faudra mener bataille. Et cette bataille, pour la gagner, il faut l'engager. En France, je crois que nous sommes tous très alignés. Maintenant, faisons la bataille pour convaincre nos partenaires. Pour ce qui concerne la FNSA et ses partenaires agricoles, nous avons mené cette bataille. Nous avons une position commune qui, encore une fois, est opposée. Je le dis, le syndicat espagnol est opposé, le syndicat allemand est opposé.

Faisons en sorte que nous soyons capables de convaincre des chefs des tailles de gouvernement de nous rejoindre sur cette position.

33:32
Arnaud Rousseau

Arnaud Rousseau, question un peu provocatrice au niveau européen, et si en France, tout le monde est d'accord. Pourquoi prendre en otage les Français, vous dit-il, et non les institutions européennes ? Je pense que Thierry réagit au fait que vous ayez dit qu'il n'y aurait pas de manifestation à Bruxelles. Enfin, peut-être pas à ce stade.

33:47
Présentateur

Non, mais encore une fois, d'abord, je voudrais dire à Thierry et à tous ceux qui nous écoutent que notre objectif n'est pas ni de bloquer, ni de nuire, ni d'ennuyer. Je viens de vous le dire, nous avons une unité nationale, encore une fois, peu commune, sur un sujet sur lequel, je crois, nous avons envie de nous battre. Et donc, évidemment, notre cible sur ce sujet, de leur passoire, c'est Bruxelles. Vous avez compris que nous avions d'autres sujets.

34:10
Intervenant

Mais ça commence par le blocage de la N118. Alors, vous aviez dit pas de blocage. Non, mais ils sont en droit de douter sur le fait d'être finalement très ennuyés. Je vous explique les raisons pour lesquelles

34:18
Présentateur

la FDSA d'Ile-de-France a choisi la nationale N118. C'est parce qu'il se trouve qu'elle est au pied de Villacoublet. Et que Villacoublet, c'est l'aéroport duquel décolle le chef de l'État quand il va là-bas. Et il se trouve qu'il est parti hier parce qu'il a prévu un passage en Argentine. Je redis que la N118 ne sera pas bloquée puisqu'il y a une voix sur le côté que je suis moi-même allé reconnaître et qui fait qu'on continue à circuler. Mais on a besoin de faire passer des messages à Mandina Talaya.

Et ce message, c'est qu'au moment où le chef de l'État a quitté la France pour aller au G20 au Brésil, il faut qu'il soit conscient que nous sommes derrière lui pour pas qu'il y ait d'esprit de recul et pour qu'on obtienne des résultats.

34:55
Arnaud Rousseau

Arnaud Rousseau, vous dites à plusieurs reprises depuis le début de cette émission l'opinion publique nous soutient, les Français connaissent nos difficultés, nous soutiennent, comprennent notre combat. Au fond, si l'accord avec le Mercosur entrait en vigueur, il y aurait certes des productions d'Amérique du Sud sur nos étals, mais les consommateurs, vous pouvez aussi leur lancer un appel et dire « consommez français ». Vous ne leur faites pas confiance ? Vous pensez que si cet accord est signé, les consommateurs iront massivement se jeter sur les productions d'Amérique du Sud ?

35:26
Présentateur

Alors, je ne le crois pas, non, mais il y a un sujet sous-jacent qui est l'étiquetage et l'origine des produits. Voyez-vous, pour la viande bovine, c'est une obligation aujourd'hui, mais pour tout un tas de produits, ça n'est pas une obligation. Et merci de me tendre la perche, mais nous sommes aussi très favorables à ce que, dans tous les produits, qu'ils soient bruts ou transformés, on puisse autrement travailler sur l'étiquetage pour que le consommateur puisse acheter en connaissance de cause un produit qu'il souhaite consommer. Et je le dis aussi, on peut, avec volonté, acheter des produits italiens, espagnols qui sont de qualité.

Donc ne laissons pas penser non plus qu'il n'y a que les Français qui travailleraient correctement, mais simplement, je crois que le consommateur veut le faire en connaissance de cause. Et si certains consommateurs veulent acheter du poulet brésilien, ils seront libres de le faire. Je n'avais pas compris que c'était ça, leur volonté.

36:16
Arnaud Rousseau

On en a parlé, Michel Barnier, Premier ministre. Est-ce que c'est un allié pour vous, compte tenu de son parcours ? Il a été ministre de l'Agriculture, il a été ministre de l'Écologie, il a été commissaire européen. Est-ce que vous voyez en sa personnalité, en son parcours, le fait qu'il puisse être peut-être un meilleur défenseur de vos intérêts que ses prédécesseurs ?

36:37
Présentateur

Bon, d'abord, le constat, c'est que le Premier ministre, M. Barnier, connaît bien le fonctionnement des institutions européennes. Et dans le moment dans lequel on est, avec la bataille qui s'engage, évidemment, c'est un atout d'avoir quelqu'un qui connaît bien les arcanes et le fonctionnement des institutions européennes, y compris des équilibres politiques et des endroits où il faut appuyer pour essayer de faire avancer le dossier. Donc, c'est un avantage. Il se trouve que, par ailleurs, M. Barnier a été ministre de l'Agriculture il y a maintenant une quinzaine d'années, mais qu'il connaît les grands enjeux de l'agriculture française, et ce qui ne nuit pas.

Ensuite, il a eu des propos, me semblait-il, très clairs, y compris encore il y a 48 heures, sur sa volonté d'accompagner l'agriculture.

37:14
Arnaud Rousseau

Il y a des marges de manœuvre ?

37:15
Présentateur

Ça, c'est le sujet. Évidemment, le sujet budgétaire, le sujet européen, je ne connais pas, en tous les cas, il me semble qu'il est mieux placé que moi pour connaître ce que sont les marges de manœuvre, et surtout, comment il veut rendre ses arbitrages. Ce que je constate, jusqu'à maintenant, dans la situation difficile dans laquelle se trouve la France sur le plan budgétaire, c'est que la ministre, Mme Gennevard, a plutôt été accompagnée pour gagner ses arbitrages auprès du Premier ministre, et pour nous, c'est plutôt une bonne nouvelle.

37:41
Intervenant

Un autre sujet, Arnaud Rousseau, c'est aura-t-il le temps, Michel Barnier, de mener à bien ses dossiers ? Parce que le Rassemblement national, par exemple, dit qu'il n'est pas complètement opposé à l'idée de faire une motion de censure après le budget. La gauche, pareil, est favorable à une motion de censure aussi vite que possible. Est-ce que vous, vous souhaitez qu'il reste pour avoir une vision pérenne de ces dossiers ? Et vous dites à ceux qui voudraient des motions de censure, laissez-nous travailler.

38:08
Présentateur

Non, mais d'abord, le président de la FNSOA, que je suis modestement, n'a pas la main sur les parlementaires, sur les objets de motions de censure. Nous, ce qu'on dit depuis...

38:15
Arnaud Rousseau

Non, mais vous pouvez lancer des appels.

38:16
Présentateur

Non, mais je ne vous inquiétez pas, je vais être très clair. Nous disons que depuis le début de l'année, un certain nombre de promesses qui nous ont été faites n'ont pas été tenues. Notamment, cette loi d'orientation agricole, dont je rappelle, qu'on nous en parle depuis deux ans, qui avait été votée, donc même si on la considérait comme incomplète, en tous les cas, elle avait un certain nombre d'éléments qu'on voulait voir validés, qu'elle était suspendue. Là, le Premier ministre nous a dit qu'on la reprendra sans délai, c'est ce qu'il a dit, mais sans délai sur le plan législatif, ce n'est pas avant le mois de janvier.

Vous voyez bien là encore le décalage entre la compréhension par l'agriculteur et la réalité du temps législatif, puisque ça arrivera rapidement après la fin du projet de loi de finances. Si M. Barnier, parce que son gouvernement serait démis après une motion de censure, voyait un autre Premier ministre qui ne reprenait pas les éléments, pour nous, ce serait à nouveau des délais, une incompréhension. Et vous voyez bien le degré d'urgence.

39:13
Intervenant

Donc vous avez besoin de stabilité, vous le dites clairement.

39:16
Présentateur

Oui, mais nous, on a besoin que des décisions soient prises. Encore une fois, les parlementaires décideront de ce qu'ils souhaitent faire. Nous, on a besoin de décisions du gouvernement, que ce soit celui de M. Attal avant, que ce soit celui de M. Barnier aujourd'hui, pour que les réalités des cours de ferme, qui sont d'une urgence absolue, comme je l'ai indiqué, puissent voir des solutions apportées. Je vous ai donné l'exemple du prêt qui me semble assez parlant. Il y a d'autres mesures qui sont attendues.

39:39
Arnaud Rousseau

Mais pardon, je vais me permettre de vous demander d'être encore plus clair, Anne Rousseau, si Michel Barnier était renversé par une censure, et que nous vivions le même scénario que celui de l'été dernier, c'est-à-dire plusieurs semaines d'un gouvernement démissionnaire, plusieurs jours pour trouver le nom de celui qui entrerait à Matignon, et plusieurs jours encore pour composer un gouvernement, pour vous, ce ne serait pas une bonne chose.

40:01
Présentateur

Voir ce serait une catastrophe. Non seulement pas une bonne chose, mais une catastrophe. Et mon propos n'est pas politique, ce n'est pas un propos de soutien à M. Barnier ou quel que soit. L'été qu'on a passé, avec l'absence de responsables gouvernementaux à l'action, c'est-à-dire des gens qui étaient dans leur bureau pour expédier les affaires courantes, a été une catastrophe. Je rappelle que si nous avions eu un gouvernement normal, un ministre, les ministres de l'agriculture auraient été sur le terrain tous les deux jours. Ça n'a pas été le cas. Il n'y avait personne en face. Je crois que c'est vrai pour l'agriculture, je crois que c'est vrai pour d'autres.

Ce qui est attendu du gouvernement, c'est qu'ils agissent. Ce que nous attendons des parlementaires,

40:32
Invité

c'est qu'ils agissent. On parle de la pérennité de ce gouvernement. Son prochain horizon, c'est l'adoption du budget. Dans le cadre des débats, il y a eu l'adoption d'une taxe sur les importations de bovins grâce à un soutien de la gauche et du RN. Est-ce que vous demandez à Michel Barnier de garder le principe de cette taxe dans le budget ?

40:57
Arnaud Rousseau

C'est un amendement symbolique si le Mercosur venait à signer avec l'Union européenne ce très libre-échange.

41:03
Présentateur

Oui, en tous les cas, tout ce qui concourt, d'abord, je le redis parce que dans le projet initial, il y a un certain nombre de mesures qui ont été reprises par le Premier ministre et qui vont dans le bon sens et on s'en réjouit. Pour peu qu'encore une fois, ce soit voté à terme. Donc ça, je le dis parce que ce sont y compris des efforts budgétaires qui sont réalisés dans un moment où j'ai compris que le Premier ministre cherchait des économies partout. Et donc, nous sommes conscients de l'effort qui est fait au profit de l'agriculture, encore une fois, si ça va à son terme. Ensuite, les parlementaires font un certain nombre d'amendements.

Tous les amendements qui permettent à l'agriculture d'être facilité, protégé, encadré, en tous les cas, vis-à-vis de concurrence déloyale, nous paraissent intéressants. Maintenant, je suis un petit peu méfiant sur le fait des rétorsions qui pourraient arriver. Je le dis aussi, nous sommes inquiets de ce qui va se passer avec l'arrivée de M. Trump aux Etats-Unis. Nous avons vu que sur des sujets qui n'ont rien à voir avec l'agriculture, je pense aux mesures européennes sur la taxation des batteries sur les véhicules électriques arrivant de Chine, les rétorsions sont pour l'agriculture. Les producteurs de cognac et d'armagnac aujourd'hui sont les victimes collatérales de ce type de décision.

Donc, tout ce qui va dans le sens d'une protection de la production agricole est plutôt quelque chose qui nous convient. Attention, malgré tout, aux effets collatéraux et je le dis notamment en termes de commerce.

42:25
Arnaud Rousseau

Je fais un pas de côté. Il y a effectivement des allégements de charges pour les agriculteurs. Il y a de l'autre côté des réductions d'allégements de charges pour les entreprises, réduction aussi des aides à l'apprentissage. Est-ce que ça, ça a un effet sur les agriculteurs ou pas ? Est-ce qu'on vous donne d'une main ce qu'on retire de l'autre ?

42:38
Présentateur

Bien sûr. Vous avez été très observatrice, Néla Latrousse. Un sujet, par exemple, c'est celui des aides aux travailleurs occasionnels. Vous savez, dans nos fermes, au moment de la cueillette des fruits, des légumes ou des vendances.

42:50
Arnaud Rousseau

On appelle communément les saisonniers.

42:52
Présentateur

Exactement. On a besoin de travailleurs qui viennent nous aider pour les saisons, pour la récolte. Ces travailleurs font l'objet, en tous les cas, sur le montant des charges sociales, d'une exonération qu'on appelle TODE. Elle a été, dans le cadre du projet de loi de la finance, pérennisée. Et en plus, elle concernera jusqu'à 1,25 SMIC. Ça va dans le bon sens. Et ça, c'est favorable à l'agriculture. Mais dans le même temps, la baisse de deux points qui est prévue sur l'ensemble des allégements de charges, notamment les TODE, fera que l'impact sera le double du gain qu'on a enregistré. Bien évidemment, ça, ce point spécifique, ne nous convient pas.

On comprend que le gouvernement est prêt à modifier, mais là encore, on attendra le vote final.

43:35
Arnaud Rousseau

J'ai deux dernières questions, Arnaud Rousseau. La première, sur les négociations avec les distributeurs. On se souvient qu'elles ont été tendues l'an dernier. Comment vont se dérouler les prochaines ? Est-ce qu'avec les distributeurs, tout est pardonné ?

43:49
Présentateur

D'abord, avec les distributeurs, et je le dis aussi avec l'industrie agroalimentaire, tout ça forme une chaîne dans laquelle, pour nous, le point essentiel sur lequel on se boit depuis des années, c'est le fait que la matière première agricole soit sanctuarisée pour qu'il n'y ait aucun producteur qui produise en dessous de ces coûts de revient. c'est assez simple à comprendre. Quand vous êtes un agriculteur et que vous vendez moins cher que ce que vous coûte votre kilo de viande ou votre litre de lait à produire, vous n'avez pas d'avenir. Ça a été trop longtemps le cas dans la relation avec l'industrie et la distribution. Ça va bien se passer cette fois-ci ? Écoutez, c'est notre vœu.

Nous, on a dit deux choses. Un, qu'on serait extrêmement vigilant parce qu'on nous avait avancé une loi EGalim 4 qu'on ne verra pas. Nous, on dit deux choses. Un, pas question qu'on touche à la matière première agricole et qu'on sera d'une vigilance totale. Et tous ceux qui, de près ou de loin, essaieront de contourner, nous verrons en phase 2. Et je le dis notamment pour les négociations qui auront lieu dans un cadre européen qui a pour objectif de contourner l'achat, en tous les cas, pour les produits agricoles français. Et la deuxième chose, c'est qu'on a besoin que la négociation se construise en marche avant.

Ce qu'on souhaite, nous, c'est que l'industrie agroalimentaire négocie avec les organisations de producteurs pour qu'ensuite, elle puisse aller négocier avec la grande distribution et faire en sorte que cette construction du prix en marche avant permette encore une fois la garantie aux producteurs de la juste rémunération de leurs produits.

45:11
Arnaud Rousseau

J'allais vous poser une question rapidement, mais on dit que je n'ai pas le temps. Est-ce que les prix plus chers, moins chers ? Oui ou non ?

45:16
Présentateur

Ça dépendra des formules. Mais en tous les cas, pour nous, pas de baisse

45:22
Arnaud Rousseau

d'ailleurs pas ma réponse. Merci en tout cas Arnaud Rousseau d'avoir été l'invité de BFM Politique. Merci Amandine et Jules de m'avoir accompagnés et à toute la régie pour la réalisation de cette émission.