Les mesures de Lecornu sur les carburants sont-elles à la hauteur ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:48OuverteRéponse directe
Les aides sont-elles à la hauteur ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Les ristournes des professionnels sont-elles prolongées ?
- 4:08OuverteRéponse partielle
Êtes-vous satisfaite de l'aide de 80 euros ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Votre budget carburant a augmenté de quel montant ?
- 6:48OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron peut-il faire baisser les prix des carburants ?
- 7:44OuverteRéponse directe
Peut-il agir en Europe sur la qualité du carburant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39PrésentateurChiffre
« 2,38 euros en moyenne pour le gazole »
- 0:41PrésentateurChiffre
« 2,15 euros pour le litre de 100 ponts 95 »
- 1:07InvitéChiffre
« Le gouvernement élargit le dispositif à 2,5 millions de travailleurs supplémentaires »
- 1:24InvitéPromesse
« aider les Français qui travaillent à hauteur de 40 centimes d'euros par litre de carburant d'octobre à décembre »
- 1:37InvitéChiffre
« une personne seule était éligible si elle gagnait moins de 1 508 euros net par mois »
- 1:44InvitéChiffre
« le seuil monte à 2 050 euros net par mois désormais »
- 1:49InvitéChiffre
« pour un couple, sans enfants, on est éligible si on gagne moins de 4 070 euros par mois »
- 1:55InvitéChiffre
« pour un couple avec deux enfants, le seuil est fixé à 6 100 euros »
- 2:34InvitéChiffre
« pour les pêcheurs, c'est 35 centimes par litre »
- 2:40InvitéChiffre
« pour le BTP, on est à 20 centimes d'euros par litre »
- 3:20InvitéFait
« un coup de pouce ciblé pour les infirmières libérales à domicile »
- 3:25InvitéChiffre
« Il s'agira d'une prime de 80 euros »
Temps de parole
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8h20, RTL Soir, avec Anne-Sophie Lapix.
Nous
avons conscience que la situation est très dure pour nos concitoyens, pour ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler tous les jours, notamment les plus modestes. Nous restons convaincus que c'est en concentrant nos aides sur ceux qui ont le plus besoin, que nous aurons un dispositif d'aide efficace et économe de nos deniers publics.
Vous aurez sans doute reconnu la voix de notre ministre de l'économie, Roland Lescure. C'est reparti pour un cycle d'aide au carburant, car non, la crise ne s'est pas réglée à la fin de l'été. Au contraire, les prix à la pompe ont atteint de nouveaux records. 2,38 euros en moyenne pour le gazole, 2,15 euros pour le litre de 100 ponts 95. Il y a un peu plus d'une heure, le gouvernement a rendu sa copie. Les aides sont-elles à la hauteur ? On pose la question dans la preuve par trois. D'abord, on va détailler les annonces du gouvernement avec vous, Mathilde Piquet. Bonsoir. Bonsoir, Anne-Sophie.
Les aides aux particuliers, gros rouleurs, sont reconduites, mais davantage de Français vont pouvoir en bénéficier
?
Exactement. Le gouvernement élargit le dispositif à 2,5
millions
de travailleurs supplémentaires. Au total, ce sont donc 5,5 millions de
personnes
qui sont concernées. Comme en printemps, elles pourront bénéficier d'un coup de pouce de 100 euros pour absorber une partie des dépenses de carburant. La logique,
c
'est d'aider les Français qui travaillent à hauteur de 40 centimes d'euros par litre de carburant d'octobre à décembre. Alors donc, quelles sont les nouvelles conditions pour y accéder
?
Alors, ce qui change, ce sont les conditions de revenus. Auparavant, une personne seule était éligible si elle gagnait moins de 1 508 euros net par mois. Très exactement, le seuil monte à 2 050 euros net par mois désormais. Même logique pour un couple, sans enfants, on est éligible si on gagne moins de 4 070 euros par mois. Et pour un couple avec deux enfants, le seuil est fixé à 6 100 euros. Il y a toujours le critère du nombre de kilomètres parcourus. Ça, ça reste inchangé. 15 kilomètres au quotidien entre son domicile et son lieu de travail ou 8 000 kilomètres par an. Un nouveau guichet sera mis en place pour cette nouvelle aide à partir du mois d'octobre.
Les ristournes des professionnels, ce qu'on appelle les aides sectorielles, sont également prolongées ? Les agriculteurs, le bâtiment, ils ont un rabais
sur le GNR
?
Exactement, les mesures ont été reconduites à l'identique. Pour les agriculteurs, on le rappelle, c'est une ristourne de 15 centimes par litre sur le gazole non routier. Pour les pêcheurs, c'est 35 centimes par litre. C'est le maximum autorisé par la Commission européenne. Pour le BTP, on est à 20 centimes d'euros par litre. Pour les entreprises en difficulté de manière globale, quel que soit le secteur, elles peuvent demander des prêts flash pour alléger leur trésorerie s'il y a des difficultés. Ce sont des prêts garantis par l'État.
Pour les transporteurs, en revanche, là, il y a un coup d'arrêt aux aides pour ce secteur au 30 septembre, à la fin du mois, car le gouvernement estime que ces entreprises de transport routier peuvent répercuter la hausse des prix du carburant sur leurs tarifs.
Il
y a
quand même une nouvelle profession qui va avoir un bonus ? Exactement, un coup de pouce ciblé pour les infirmières libérales à domicile, qui, jusqu'à présent, s'estimait lésées. Le coup de pouce concernera celles qui font plus de 100 kilomètres par jour, principalement en milieu rural. Il s'agira d'une prime de 80 euros. Elles sont 25 000 à être concernées. Et ça, ce sera en plus de l'aide grand rouleur dont on parlait à l'instant. Donc 100 euros supplémentaires d'ici la fin de l'année. A noter que le gouvernement conserve une logique d'aide toujours très ciblée, car il n'y a pas de coup de pouce supplémentaire pour d'autres professions, comme les taxis par exemple.
Merci beaucoup Mathilde.
On
va demander à Stéphanie Villain, vice-présidente du SNIL, le syndicat national des infirmiers libéraux, ce qu'elle en pense, elle qui espérait que sa profession bénéficierait d'une aide. Bonsoir. Bonsoir. Ce sera donc une aide, une prime de 80 euros pour les infirmiers libéraux, une prime territoire ruralité, c'est son nom. Est-ce que vous
êtes satisfaite
? Alors
forcément, les aides de l'État sont les bienvenues pour notre profession, qui constitue une réponse qui est attendue par la profession, qui bien sûr est un acteur clé du maintien à domicile, c'est le premier pas. Ce ne sera pas une réponse suffisante, il faudra engager des mesures structurelles pour nous accompagner vers l'électrification de nos véhicules, puisque vous parliez des 15 kilomètres et des 8000 kilomètres par an pour les salariés. Nous, c'est autour de 250 kilomètres par jour, et c'est entre 30 et 40 000 kilomètres par an que nous faisons pour aller au plus près dans les secteurs les plus reculés et sur les territoires ruraux.
Donc cette mesure avec ce bonus de 80 euros est bien sûr une mesure très spécifique aux infirmiers libéraux qui est corrélée à l'activité très spécifique des infirmiers libéraux qui sont toujours dans leur voiture. Cette aide,
elle se déclenche à partir de 200 kilomètres par jour. Vous, votre budget carburant, il a augmenté de quel montant ?
Alors
le mien, personnellement, il a augmenté d'à peu près entre 120 et 150 euros par mois, rien qu'avec l'augmentation, puisque moi je suis sur un budget de carburant en zone très rurale qui est entre 400 et 500 euros par mois de carburant, puisque moi je fais plus de 40 000 kilomètres par an pour aller voir mes patients dans un territoire très rural où on va voir des patients très isolés. Et alors comment vous faites ? Vous avez des parades ?
Alors
des parades, on n'en a pas beaucoup, puisqu'on loue nos véhicules, donc on essaye de rationaliser nos cours, on essaye surtout de rationaliser nos tournées. Malheureusement, on essaye aujourd'hui de ne pas réfléchir à la rentabilité isolée des actes, même si aujourd'hui la question se pose d'aller faire une injection isolée à 4,50
euros
quand vous allez devoir faire 20 minutes de route aller, 20 minutes retour et que vous allez en plus avoir une indemnité kilométrique qui ne couvrira pas vos frais de transport. Donc effectivement, cette mesure économique, elle est vraiment importante en être ponctuelle et on peut vraiment saluer que Stéphanie Riste ait eu l'ambition de prendre soin de ses soignants. Mais voilà, il va falloir engager des mesures plus structurelles sur l'électrification des véhicules pour qu
'on
soit moins dépendant à ces augmentations de carburant à l'avenir.
Merci beaucoup Stéphanie Villain. Le gouvernement fait des chèques pendant que le Président tente d'agir sur la scène internationale. Bonsoir David Rigoulet-Rose, spécialiste du Moyen-Orient, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique. Bonsoir. D'abord, Emmanuel Macron veut tenter de faire baisser les prix, mais aussi d'éviter les pénuries parce qu'il y a un risque.
Oui,
il y a un risque, évidemment.
Il
se trouve que dans l'immédiat, il n
'y a
pas de risque de pénibri de manière immédiate, mais comme il n
'y a
pas de visibilité sur la situation au-delà de huit semaines, évidemment, la question est posée. Elle est d'autant plus posée que l'oléoduc saoudien qui permettait d'exporter par voie terrestre jusqu'à la mer Rouge a été hypothéqué dans son fonctionnement après des frappes récentes. Et donc, il y a eu une rupture, effectivement, des contrats d'approvisionnement. Donc, même s'il y a la remise en d'état qui est en train d'être faite, ça prend un certain temps. Et la question est posée, effectivement, de la garantie de l'approvisionnement dont on a besoin.
Alors, est-ce qu'Emmanuel Macron peut faire baisser le prix des carburants, d'abord en Europe, en essayant d'assouplir les règles sur la qualité du carburant
? Oui,
mais ça, c'est par rapport à la norme européenne, effectivement, en mettant un pourcentage, notamment, d'éthanol ou autre. Mais sur le fond, ça ne résout pas le problème de la dépendance. De toute façon, on le voit avec la question du diesel, puisque l'essentiel du diesel vient de la région du Golfe-Fersic. Et donc, c'est d'autant plus important qu'il y a une capacité de raffinage qui est inadaptée. Elle est d'autant plus que les usines de raffinage, les centres de raffinage russes, sont attaqués régulièrement par l'Ukraine. Et donc, en réalité, il y a un déficit de raffinage qui explique mécaniquement, de toute façon, une hausse des prix au niveau du diesel, notamment.
Donc,
il a raison de se tourner vers Donald Trump. Il l'a rencontré hier à New York pour tenter de faire baisser les prix du carburant. Finalement, il faut régler le problème du détroit d'Hormuz, tout simplement ? Oui, on revient au problème central, de toute façon. Et ce n
'est
pas seulement le détroit d'Hormuz, c'est le Babel-Mandeb, aussi, de l'autre côté. L'autre
détroit
qui est aujourd'hui tenu par les
outils.
Qui sont considérés comme des mandataires, justement, de Téhéran. Et donc, ça impacte mécaniquement, effectivement, la fluidité du transit maritime. Et notamment, évidemment, de celui des hydrocarburants. Les bombardements ukrainiens sur les infrastructures énergétiques russes, ils ont aussi un effet sur les prix des carburants
? Oui,
ils ont un effet, parce que les Russes ont refusé, effectivement, l'exportation de diesel dont ils disposaient. Donc, au niveau mondial, il y a un manque, de toute façon. Et le prix de référence, aujourd'hui, du diesel, il se monte à près de 100 dollars. Donc, c'est tout simplement parce qu'il y a un problème d'accès physique à la ressource qui concerne tout le monde. Et le diesel, ce n
'est
pas uniquement la motorisation des automobiles. C'est l'agriculture, c'est le transport, le fret. Et donc, on voit à quel point c'est une question, évidemment, très sensible. Merci beaucoup, David Rigoult-les-Roses. Mettre fin aux guerres pour faire baisser les prix à la pompe, ça peut être utile aussi. Merci à vous trois. C'était La Preuve par Trois.