Renvoi d'un million d'étrangers, situation à droite et plus de sélection au bac... Le 8h30 franceinfo spécial présidentielle d'Eric Zemmour
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Bonjour Eric Zemmour, 8ème invité des matins présidentiels de France Info, vous répondrez tout à l'heure comme tous les candidats aux questions des auditeurs et des téléspectateurs de France Info. Je rappelle le numéro du standard, c'est le 0809 40 41 42. Avant d'entrer dans le détail de votre programme, Eric Zemmour, un mot de la guerre en Ukraine. Vous avez sans doute vu comme nous ces images en provenance de la ville de Boucha, près de Kiev, des dizaines de corps de civils, jonchant les rues de la ville. Certains ont les mains attachées dans le dos, d'autres une balle dans la tête. Le maire de cette commune parle de 350 civils tués par les russes, parfois jetés dans des fosses communes.
Si vous aviez Vladimir Poutine en face de vous, demain matin vous lui diriez quoi ?
Je lui dirais que c'est odieux, criminel, infâme et qu'il salit l'image même de son pays. Oui, si vous voulez, c'est un crime affreux, c'est un crime insupportable, c'est un crime ignoble. Mais en plus, pour lui, c'est vraiment salir l'image de la Russie. Je ne comprends pas, je vous dis, c'est vraiment horrible. Je l'avais dit, vous vous souvenez, depuis le début, je dis, les russes, quand ils sont en guerre, ils sont capables des pires horreurs et de la violence la plus folle. Je rappelle toujours que quand Napoléon les a battus, ils ont brûlé leur capitale pour ne pas lui laisser. Je l'avais prévenu depuis le début. Définitivement, vous ne rêvez plus d'un Poutine français.
Mais ça n'a rien à voir, ça n'a jamais eu rien à voir. Ça n'a jamais eu rien à voir. Je disais que Poutine était patriote et qu'il avait redressé son pays après la grande désintégration russe des années 90. Chirac ne disait pas autre chose, Sarkozy ne disait pas autre chose. C'est tout ce que j'ai dit. Après, j'ai toujours dit que j'étais français et que j'appliquerais les méthodes françaises. Voilà, les russes sont les russes, les français sont les français. Moi, je crois au peuple, contrairement à beaucoup de gens.
Ça veut dire que vous êtes allié sur la position de la France, sur la position d'Emmanuel Macron, qui considère qu'il s'agit de crimes de guerre. Il doit répondre de ses actes devant la Cour pénale internationale, Vladimir Poutine ?
Moi, je ne me gargarise pas de mots. Vous comprenez ? Dire qu'il doit répondre de ses actes devant la Cour pénale, ce sont des mots. En vérité, qui va aller le chercher ? Il faut être raisonnable, il faut être sérieux quand on est président de la République. Qui va être sérieux ? Qui va aller le chercher ? C'est un pays nucléaire, vous comprenez ça ? Vous croyez que c'est un pays comme ça, du tiers-monde, qu'on va aller prendre et qu'on va traîner devant la Cour pénale ?
Ça veut dire qu'on fait quoi ? On le laisse faire ? Il n'y a pas de crime de guerre, là, dans ce qu'on voit ?
Mais, si c'est avéré, ce qu'on voit, et que c'est les troupes russes qui l'ont fait, évidemment que c'est un crime de guerre. Mais, encore une fois, on ne va pas comme ça dire qu'il faut le mettre devant la Cour pénale internationale et le condamner. On n'y arrivera pas.
Alors, il ne faut pas le dire ? Vous convenez que c'est quand même un symbole de le dire ouvertement quand on est à la tête de la France ?
Moi, je veux être efficace. Depuis le début, je propose, justement, qu'on arrête cela le plus vite possible. Moi, je pense que, depuis le début, on aurait pu éviter cette guerre si les Américains avaient accepté que l'Ukraine est un statut de neutralité. Je le dis depuis le début. J'ai découvert, il y a quelques jours, par M. Gourdeau-Montagne, qui était le conseiller diplomatique de Jacques Chirac, que Jacques Chirac l'avait proposé dès 2006, et que les Russes l'avaient accepté, et que les Américains ont refusé. Je regrette cela.
L'Ukraine elle-même a refusé. Oui, bien sûr. Elle a le droit de disposer de sa souveraineté.
Oui, chère madame, vous avez raison. Elle est souveraine. Mais, le problème, c'est qu'on est aussi dépendant de sa géographie. Dans l'histoire, c'est comme ça. Et que l'Ukraine est collée à la Russie. Voilà. Vous savez, nous, on a été collés à l'Allemagne pendant un siècle, et ça nous a fait trois guerres. On est dépendant de sa géographie. On ne choisit pas sa géographie.
Éric Zemmour, au début de la guerre, vous avez hésité sur la question de l'accueil des réfugiés en France. Si vous êtes élu, à ceux qui sont déjà présents sur notre sol aujourd'hui, et à ceux qui veulent y venir, est-ce que vous direz, vous êtes les bienvenus, vous pouvez rester en France, vous êtes chez vous, le temps qu'il faudra ?
Je pense que ces réfugiés-là n'ont qu'une hâte, c'est rentrer chez eux. Et donc, dès qu'il y aura la paix...
Sauf si la guerre dure, évidemment.
Bien sûr.
Mais le temps de la guerre, ils sont les bienvenus en France. Vous pouvez dire ça ?
Mais bien sûr, le temps de la guerre, ils resteront. Vous êtes les bienvenus. Le temps de la guerre, ils resteront. Ils sont les bienvenus. Ils ont été déjà accueillis par les Français, car nous sommes le peuple le plus généreux du monde. Vous savez, j'ai toujours pensé qu'ils étaient des frères européens. On m'a assez reproché de faire la différence entre les Européens et les autres. Donc, on ne va pas me reprocher. L'inverse. Ce que j'ai dit simplement, c'était un devoir de prudence. Tout de suite, profitant de ces couloirs humanitaires, il y a eu un tiers de réfugiés maghrébins, africains, qui sont aussi passés. Ce n'est pas ce que disent les chiffres.
C'est ce que disait le Figaro et c'est ce que disait le président. Je sais que c'est votre journal, mais ça ne fait pas une source fiable en soi. Donc, il était fiable. 5% des réfugiés non européens. Non, non, monsieur, pardonnez-moi. Je donne simplement mon chiffre. Non, non, vous avez vos chiffres et moi, j'ai les chiffres de l'Office français. Non, non, non, non.
Chiffre officiel. 5% des réfugiés sont non européens en date du 31 mars dernier.
Ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur obtenus par la police aux frontières. L'Office français. Oui, mais la police aux frontières, elle ne vérifie pas tout le monde. La preuve, sinon, elle les renverrait. Et le Figaro vérifie ? Non, non. Attendez. Le Figaro tenait ses chiffres de l'Office français de l'immigration de M. Leschi, qui n'est pas un de mes amis spécialement.
Éric Zemmour, parlons maintenant de votre programme. La dernière fois que vous êtes venu sur ce plateau, vous avez dit « Avoir un appartement d'un million trois à Paris, ce n'est pas ce qu'on appelle être riche ». Est-ce que vous regrettez cette phrase ?
Non, pas du tout. Quand on a un appartement qu'on a acheté, je dis n'importe quoi, 200 000 euros, 300 000 euros, et que, quand il était en franc français, et que l'augmentation du prix de l'immobilier en 10 ans, en 15 ans, en 20 ans, a doublé, triplé, quadruplé, etc., le revenu qui va avec n'a pas forcément augmenté. Et donc, l'immobilier a tellement augmenté qu'il n'y a plus de correspondance entre les prix de l'immobilier dans les grandes villes, je parle évidemment, mais même ailleurs, et le revenu des gens. Je maintiens.
Mais ça fait de vous quelqu'un qui possède un patrimoine qui vous met dans les français les plus riches. On est d'accord là-dessus ?
Oui, parce que, si vous voulez, il y a beaucoup, les français se sont appauvris. Oui, vous avez raison. Et le simple fait de l'augmentation démesurée des prix de l'immobilier est une cause de cet appauvrissement. Mais pas seulement. C'est parce que nous sommes le peuple le plus taxé du monde, le plus imposé du monde. Et nous sommes le peuple le plus taxé du monde parce que nous sommes trop ouverts et que nous avons un modèle social ouvert au monde entier qui nous coûte très cher.
On va parler des impôts, de ce que vous prônez, Éric Zemmour, dans votre programme. Le temps du fil à fou à 8h40. Avec Solène Cresson, on se retrouve juste après.
Nous venons de passer la nuit la plus froide pour un mois d'avril depuis 1947, selon Météo France. Moins 6 degrés à Aurillac, à Nancy, moins 3 à Vannes, en Bretagne, ou moins 4 à Besançon. Du gel sur une grande partie du pays, les producteurs de fruits redoutent de perdre leur récolte. L'Ukraine accuse Moscou de génocide. 410 corps de civils retrouvés dans les territoires autour de Kiev, repris petit à petit par les Ukrainiens à Butcha, près de la capitale. Des corps jonchent les rues. Paris, Londres ou Berlin parlent de crimes de guerre. Pour Éric Zemmour, invité du 8h30 France Info, Vladimir Poutine salit l'image même de son pays avec ce crime, selon lui, odieux et infâme.
Il revendique une victoire exceptionnelle en Hongrie. Victor Orban remporte les élections législatives. Quatrième mandat consécutif pour le nationaliste critiqué pour être trop proche de la Russie. Un garçon et une fille de 16 ans jugés au tribunal pour enfants de Pontoise. À partir d'aujourd'hui, pour l'assassinat d'Alisha, 14 ans, jetés d'un pont au-dessus de la scène l'année dernière. Ils en courent jusqu'à 20 ans de prison. Et puis, Kylian Mbappé n'a toujours pas pris de décision sur son avenir. Restez ou non au PSG, le Paris Saint-Germain en tête du championnat avec 12 points d'avance sur Marseille. France Info
Élysée 2022, les matins présidentiels, Salia Braclia, Marc Fauvel.
Toujours avec Éric Zemmour, que vous pourrez interroger directement dans une vingtaine de minutes maintenant, en appelant dès maintenant le standard de France Info, le 0809 40 41 42. Questions toutes simples, Éric Zemmour. Si vous êtes élu président dans deux semaines, est-ce que les riches en France paieront plus d'impôts ?
Vous avez une façon de poser des questions ? Parce que ça me fait sourire, votre question, on se croirait, dans les années 70, au temps flamboyant de la lutte des classes. Je ne suis pas pour la lutte des classes. Les impôts, c'est la lutte des classes ? Oui, les impôts, ce n'est pas la lutte des classes. C'est simplement, moi, je pense qu'il n'y a aucun intérêt à faire fuir les riches, comme vous dites. Les riches, depuis 40 ans, ont été imposés plus lourdement. Qu'est-ce qui s'est passé ? Ils sont partis à l'étranger. Quel intérêt pour la France ? Aucun. Vous êtes comme Emmanuel Macron, vous croyez au ruissellement de l'économie. Je n'ai pas de théorie.
Ce que je sais, c'est que moi, je veux que tous les Français, qu'ils soient riches ou moins riches, puissent travailler en France, puissent vivre en France. Et que je considère qu'on ne gagnera rien à monter les riches contre les pauvres. Moi, ce que j'ai, c'est un programme où les plus modestes peuvent voir leur salaire net augmenter sans que les entreprises en pâtissent. Tout mon programme d'augmentation du pouvoir d'achat se fait selon ce principe-là. C'est-à-dire qu'un, on baisse les impôts. 28 milliards de baisses d'impôts globales pour les Français, si j'arrive au pouvoir. Et on baisse les impôts de tout le monde. Et on baisse les taxes de tout le monde.
Et en même temps, on augmente le salaire net et pas le salaire brut chargé. C'est-à-dire qu'on baisse la CSG, ce qui permet une augmentation des salaires modestes de 100 euros par mois. Ce qui fait à la fin un 3e mois. Un employeur peut donner une prime zéro charge, sans charge sociale, qui correspond à un 13e, un 14e, voire un 15e mois. On facilite la participation. Vous savez, les fameuses procédures de participation qu'on défiscalise. On rétablit le travailler plus pour gagner plus. Vous voyez, on fait des tas de mesures. Elles ont un principe commun, vous aurez remarqué. C'est qu'elles augmentent le salaire net, mais elles n'augmentent pas le salaire brut chargé pour les entreprises.
Sauf que, Kérig Zemmour, quand vous voyez la situation de la France, quand vous voyez par exemple que lors de cette crise Covid, les riches sont devenus encore plus riches, vous ne vous dites pas ? Ce serait pas mal qu'ils participent aussi à l'économie française un peu plus que les autres ?
Les chères madames, ils participent déjà beaucoup plus. Et ça dépend de ce que vous mettez dans les riches. Mais si vous mettez, comme François Hollande jadis, un riche à 4000 euros par mois, ils participent énormément. Mais vous, vous mettez qui dans les riches ? Ce sont eux qui payent la moitié de l'impôt sur le revenu.
Mais vous, vous mettez qui dans les riches ? On est riches pour vous, à partir de combien ?
Vous savez, je vous répète, je ne divise pas les Français comme ceux-là. Je ne suis pas pour la lutte des classes. Je suis pour le rassemblement des Français. Je pense que tous les Français ont un intérêt et ont envie de sauver la France et que la France reste la France. C'est ça mon thème. Mon thème n'est pas la lutte des classes. Je vous le répète. Moi, je ne suis pas Marine Le Pen. Je ne rétablis pas l'impôt sur la fortune de 81. Je ne suis pas socialiste. Je ne suis pas Jean-Luc Mélenchon. Vous voyez, moi, ce que je veux, c'est que la France reste la France. Je défends l'identité de la France.
Alors, justement, dans votre programme, il y a plusieurs dispositions pour booster la natalité en France. Vous proposez, par exemple, de distribuer une bourse de 10 000 euros pour toute naissance dans une commune rurale. Une commune rurale, c'est jusqu'à combien d'habitants pour vous ?
Ce n'est pas moi. C'est l'INSEE, pardonnez-moi. C'est 2000 habitants. Donc, définition d'une ville. C'est la définition de l'INSEE, 2000 habitants.
Donc, vous êtes 2000 habitants ?
Ou alors, un peu éloignés. Il faudrait pouvoir, mais éloignés d'un centre urbain. Il faut y habiter ou y accoucher ? Non, il faut y habiter depuis deux ans. Il n'y aura pas d'effet d'aubaine. Il faut habiter après pendant trois ans parce que les 10 000 euros sont distribués par tiers. Il ne faut pas bouger ensuite ? Non, c'est pendant trois ans. Donc, il faut passer cinq ans dans ce village pour avoir droit à la prime. Absolument. Sinon, on rembourse ? Sinon, il n'y a pas d'effet. Sinon, on ne paye pas. On paye au fur et à mesure. Un tiers, un tiers, un tiers. D'accord. Et en plus, vous avez oublié une mesure essentielle. Il faut être français. Après, c'est quand même important.
Mais si on déménage, du coup, on ne l'aperçoit plus ?
Après trois ans, si. Mais non, on ne touchera pas le reste. Je ne comprends pas votre question. Parce que je vous dis que c'est un tiers, un tiers, un tiers. On déménage au bout de deux ans, on aura touché deux tiers. D'accord. On déménage au bout d'un an, on aura touché un tiers.
Donc, on n'aura pas la totalité des 10 000 euros. Voilà. Mais vous savez que la plupart des communes rurales n'ont plus de maternité.
Mais justement, ça sera l'habitation, évidemment, pas la naissance. C'est une fois. Je fais ça, justement. Je fais ça, vous posez une bonne question. Parce que je fais ça, justement, pour qu'il y ait le retour des maternités, des écoles, des services publics. Je prends le problème à l'endroit et non pas à l'envers. Je ne dis pas, on va mettre des services publics là, comme ça. Et s'il n'y a pas de monde, tant pis. Je le ferai aussi. Mais ça sera provisoire. Ça sera dans l'urgence. Comme mon embauche de 10 000 médecins, vous savez, dans les endroits, dans les déserts médicaux. Évidemment, c'est une urgence. Ce n'est pas ad vitam aeternam, j'espère.
Éric Zemmour, je voudrais vous lire une phrase que vous avez plusieurs, même, que vous avez prononcée sur le plateau d'Itélé, à l'époque où vous parliez. D'Itélé, carrément. C'était dans votre vie d'avant, mais il n'y a pas si longtemps que ça.
Il y a longtemps, Itélé, ça n'existe plus depuis quelques années.
Ça s'appelle CNews, aujourd'hui. Vous parliez, à l'époque, des mères célibataires. Je vous cite. Vous avez lu mon programme.
Donc, ce n'est pas mon projet. Je maintiens que les familles monoparentales sont une plaie pour les mères et pour les enfants. Les pauvres, les femmes sont isolées, les femmes souffrent et il faut les aider. C'était pas le sens de votre phrase lorsque vous l'aviez prononcée. Comment ?
C'était pas le sens de votre phrase lorsque vous l'aviez prononcée.
Mais vous savez, on peut me sortir 10 000 phrases d'il y a 1 000 ans.
Si vous le permettez, quelques années après, vous avez été interrogé sur cette même phrase, Éric Zemmour, en 2013. Écoutez, écoutez. Attendez, je termine juste la question et je vous laissez pour l'après.
Non, non, vous terminez pas. Ce n'est pas dans mon projet. Point. Voilà. Ça, c'était l'Éric Zemmour d'avant. Non, mais c'était mon avant. Les femmes ont simplement remplacé la domination de leur mari par leur dépendance à l'État. Je suis candidat à l'élection présidentielle. Donc aujourd'hui, vous avez un projet, vous avez un programme et vous avez des déclarations du candidat. Donc vous ne pensez pas ce que vous avez dit à l'époque. Je ne commente pas ce que j'ai dit à l'époque.
Ça veut dire que le candidat dit l'inverse du polémique ?
Ça veut dire que le candidat dit ce qu'il veut. Et donc le candidat ne peut pas dire tout ce qu'il veut. Le candidat dit ce qu'il veut et vous avez à apprécier mes déclarations de candidat. Vous n'avez pas à apprécier mes déclarations de candidat. Éric Zemmour, tous les candidats qui passent ici-même et qui font...
Attendez, je termine simplement. Tous les candidats qui passent ici-même sont confrontés à ce qu'ils ont pu dire il y a 6 mois, 1 an, 2 ans, sur Vladimir Poutine, sur les impôts, etc.
Mais cher monsieur, vous avez le droit de me poser des questions et j'ai mes réponses. Donc mes réponses, c'est ce n'est pas dans mon projet.
Une autre question sur votre programme. Vous, président Éric Zemmour, est-ce que vous revenez sur la PMA pour toutes ?
Oui. Vous voyez, là, ça, c'est dans mon projet.
Est-ce que vous la bloquez même ?
Ça, vous l'avez toujours dit pour le coup. Vous voyez, vous voyez. Parfois, vous ne changez pas d'avis. Vous voyez, mais je ne change jamais d'avis. Simplement, je tiens compte de la réalité et je tiens compte d'un programme présidentiel. Ce n'est pas la même chose que de démettre des idées, des théories et qui peuvent se confronter pour la réflexion intellectuelle. Ce n'est pas la même chose. Vous faites semblant de croire que ce n'est la même chose, mais ce n'est pas la même chose. Vous mettez fin à la PMA pour toutes ? La PMA pour toutes, je pense que, pour le coup, c'est mauvais pour l'enfant. L'enfant, si vous voulez, n'est pas un objet. Il n'y a pas de droit à l'enfant.
On n'achète pas un enfant. Ce n'est pas l'objet dans la PMA. Oui, mais dans la GPA et dans la PMA, c'est le même principe.
C'est autre chose, la GPA.
Oui, je sais que c'est autre chose. Mais c'est le même principe. C'est-à-dire qu'on ne respecte pas les règles naturelles de la procréation. C'est-à-dire un père et une mère. Je pense qu'un enfant a le droit à un père et une mère.
Donc, ça veut dire que, pardon, même pour les couples homosexuels, vous dites non. Qui désirent avoir un enfant, vous dites non.
Je dis que, si vous voulez, pour avoir un enfant, il faut un père et une mère. Je ne dis que cela. Et qu'il est bon pour un enfant d'avoir un père et une mère. Donc, je pense qu'il ne faut pas désintégrer davantage ce lien pour l'enfant et pour la société.
Éric Zemmour, invité des matins présidentiel de France Info. Toute petite pause, le temps du fil Info à 8h50 avec Solène Cresson. Et on poursuit juste après.
Emmanuel Macron favorable à de nouvelles sanctions contre la Russie. Il y a des incidents très clairs. Il y a des risques de crimes de guerre, selon le chef de l'État. Après ces images de dizaines de corps retrouvés dans des territoires repris par l'armée ukrainienne autour de Kiev. L'Ukraine dénonce un massacre et parle de génocide. RTE vous demande de baisser un peu le chauffage ou d'éviter d'utiliser vos appareils électriques. Jusqu'à 10h ce matin, le gestionnaire du réseau parle d'une période de tension sans risque de coupure majeure et décorrélée de la crise du gaz ou du pétrole russe. C'est à cause de cette température négative jusqu'à moins 9 degrés au petit matin en Champagne.
Selon Météo France, c'était la nuit d'avril la plus froide depuis 1947. Volodymyr Zelensky au Grammy Awards aux Etats-Unis, les récompenses de la musique. Le président ukrainien a paru dans une vidéo pour demander du soutien face à la guerre. Parmi les sacres en musique, Olivia Rodrigo, révélation de l'année ou Bruno Mars, chanson et enregistrement de l'année avec son groupe Silk Sonic. France Info
Élysée 2022, les matins présidentiels, Salia Brachia, Marc Fauvel.
Éric Zemmour, il y a quelques jours, vous avez annoncé la création d'un ministère de la remigration. Si vous êtes élu pour expulser les personnes, notamment qui sont en situation irrégulière, quel est l'objectif que vous vous fixez sur l'ensemble du quinquennat ?
Alors, il n'y aura pas que les personnes... C'est pour ça que j'ai dit notamment. Bien sûr, bien sûr, c'est pour ça que j'ai bien entendu. Donc il y aura évidemment les personnes clandestines en situation irrégulière. Je vous rappelle simplement que déjà je rétablirai le délit. Parce que le délit de situation irrégulière n'existe plus depuis 2012. Donc les policiers aujourd'hui ne peuvent pas arrêter un étranger uniquement parce qu'il est clandestin. Je le rétablirai et je les expulserai. Puis j'expulserai les délinquants étrangers. Il y en a 15 000 dans nos prisons. Ils représentent 25% des prisonniers totaux.
Troisièmement, je déchoirai de la nationalité française tous les binationaux qui seront délinquants et criminels. Là aussi, ça fera du monde. Et troisièmement, j'expulserai aussi les fichiers S étrangers. Tout ça, mis bout à bout, ça fait combien sur l'ensemble du quinquennat ? Tout ça, mis bout à bout, ça devrait faire 1 million de personnes au bout du quinquennat. Emmanuel Macron a fait rentrer 2 millions de personnes. Moi, j'expulserai 1 million de personnes. Un mot sur les chiffres que vous donnez. Emmanuel Macron a fait rentrer 2 millions. Il y en a qui sont partis.
Non, non, non.
Ceux qui sont partis, c'est des Français qui partent à l'étranger.
Non, il y a aussi des étudiants qui sont venus et qui sont repartis.
Dans les 2 millions, pardon, il y a juste des Européens aussi. Ce n'est pas que des extra-européens. Pour ceux que vous l'expulsez, c'est que...
Des Européens, il y en a très peu, vous savez. Et ils ne sont pas comptés dans les étrangers d'entrée légale, puisqu'ils sont dans Schengen.
1 million d'expulsés sur l'ensemble du quinquennat, ça fait, si on compte bien, 200 000 par an, 600 par jour.
Comment vous faites ? Comment je fais ? C'est simple. Je fais comme Barack Obama quand il était aux Etats-Unis et qu'il a renvoyé dans son mandat 3 millions d'étrangers. Je prends déjà les policiers, les arrête, les emmène dans des charters et je les renvoie.
Des charters qui sont des charters de l'Etat ou vous utilisez des avions de ligne habituelles ?
C'est du détail, ce n'est pas grave. On affrêtera des charters. Tout ça, c'est des questions subalternes. L'important, c'est la volonté politique. Et on le fera, je vous dis, il y a d'autres pays qui le font. Nous sommes le seul pays à ne renvoyer personne.
Mais si les pays d'origine vous disent non ?
Vous avez tout à fait raison. Ils disent non parce qu'ils refusent de signer les fameuses au QTF. Et c'est ce qu'ils font beaucoup. Les Algériens le font, les Marocains le font, les Maliens le font. Ils refusent de reprendre. Alors là, j'ai des moyens de pression. C'est-à-dire, c'est très simple, en ayant crescendo, si vous voulez. D'abord, je supprime l'aide au développement. Si ça ne suffit pas, je bloque les visas de tourisme de tous les gens ressortissants de ces pays. J'interdis donc à ces gens de venir en France. Troisièmement, si ça ne suffit pas, je peux saisir les biens des dirigeants de ces pays en France. Et ils en ont beaucoup.
Et si ça ne suffit toujours pas, mais je pense que ça aura suffi depuis lors, je bloque les versements des étrangers en France par la Western Union à leurs familles.
Donc par exemple, vous prévenez là les Algériens, je prends un exemple, vous prévenez les Algériens que si vous arrivez au pouvoir, vous prévenez les dirigeants algériens, le président notamment, que ces avoirs ou ces biens pourraient être gelés en France.
Absolument.
Ou saisis.
S'ils refusent de signer les OQTF.
Un mot de la polémique McKinsey. Eric Zemmour, vous avez laissé entendre ces derniers jours que l'entreprise américaine McKinsey aurait récolté les données personnelles des Français pour les envoyer au gouvernement américain.
Non, je ne dis pas ça. Je dis que les entreprises américaines sont soumises à une réglementation américaine qui fait que si l'État américain a besoin de données prises à l'étranger, elles sont dans l'obligation de leur donner. C'est tout le problème avec les GAFAM. Et c'est la même chose avec McKinsey. Je trouve ça inconséquent que le gouvernement français et Emmanuel Macron donnent des informations sur la santé puisqu'ils ont participé à la mise en œuvre de la politique de la santé pendant le Covid. Et d'autres sujets à une entreprise américaine qui sera obligée de donner ces informations au gouvernement américain.
Mais je constate qu'Emmanuel Macron est le plus souvent soumis aux États-Unis. Je rappelle qu'Emmanuel Macron avait été celui qui était responsable de la vente d'Alstom Energy à General Electric avec les fameuses turbines Arabels.
Vous avez d'ailleurs lancé une pétition sur l'affaire McKinsey. Vous savez à qui vous avez confié le soin de gérer les adresses mail de tous les gens qui signent cette pétition ?
Je ne m'occupe pas de ça. Mon responsable, c'est Samuel Laffont et je ne m'en occupe pas.
C'est une entreprise américaine qui s'appelle Nation Builder et qui donc, si le gouvernement américain lui demande, fera quoi ? Vous voyez. Elle donnera les informations, absolument. Un partout à l'au centre ? Non, non, pas du tout. Je ne suis pas président de la République.
Non, je ne le savais pas. Je ne suis pas président de la République. C'est surtout que je ne suis pas président de la République.
Parce que les données de vos militants peuvent être données au gouvernement américain.
Mais bien sûr, vous avez raison. Mais c'est un problème. On n'a pas d'entreprise française pour cela. C'est un vrai problème. Mais McKinsey n'est pas dans l'informatique. McKinsey, c'est un cabinet d'experts. Ça n'a rien à voir. Je n'ai pas dit ça. Je ne comprends pas avoir dit que McKinsey... Non, non, mais parce que... Non, non, je parlais de l'entreprise. Et on a des hauts fonctionnaires qui peuvent faire le travail de McKinsey. Ce n'est pas mon cas.
Rappelons que McKinsey, ce n'est pas le seul cabinet de conseil auquel le gouvernement a fait appel. Absolument. Vous avez raison. Ce n'est pas le seul. Il y a eu des cabinets français aussi.
Vous avez tout à fait raison.
Que se passera-t-il dimanche soir, Éric Zemmour, si vous n'êtes pas qualifié pour le second tour ? Est-ce que vous reconnaîtrez immédiatement votre défaite, si c'est le cas ?
Évidemment. Si j'ai perdu, je reconnaîtrai ma défaite. Vous savez, moi, je suis un sportif. Donc, quand je perds, je reconnais ma défaite. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que je serai au second tour et que je veux lancer un appel solennel aux électeurs de droite. Je veux leur dire que s'ils ne doivent pas croire les sondages, c'est très important ce que je vous dis. Vous savez, j'ai été journaliste politique et j'ai observé les campagnes précédentes. Et je me souviens qu'en 1995, Édouard Balladur, à une semaine du scrutin, comme aujourd'hui, était donné 10 points derrière Jacques Chirac, qu'il a fini à 1,5 points.
Je me souviens aussi que Lionel Jospin était donné derrière et qu'il a fini devant à 23%. Je me souviens qu'en 2002, une semaine avant, personne, aucun sondage ne donnait Jean-Marie Le Pen au second tour. Et je me souviens que Marine Le Pen, en 2017, a perdu 5 ou 6 points par rapport au sondage de la veille. Et qu'en 2019, au régional, je finis, elle devait avoir 3, 4, 5 régions qu'elle n'en a eu aucune. Simplement pour dire qu'il ne faut pas que les gens se disent « Ah, mais il y a le vote utile, les sondages ont décidé, il n'y a pas de vote utile ». Il n'y a pas de vote utile, sauf pour Emmanuel Macron, parce qu'on sait que Marine Le Pen perdra face à lui. Et moi, je suis le vote vital.
Ce que vous dites, c'est que les sondages mentent, les Français peuvent encore changer d'avis, les sondages sont bons aujourd'hui, mais il y a beaucoup d'abstentionnistes.
Il y a les deux. Les sondages mentent parce qu'ils sont perdus. Ils ne peuvent pas nous dire, tous les sondeurs eux-mêmes me le disent, ils ne peuvent pas nous dire d'un côté « Marine Le Pen sera à 20% », et de l'autre, il y aura 30% d'abstention. Il peut y avoir l'un ou l'autre, mais il ne peut pas y avoir les deux ensemble. Donc, les sondages sont faux. Et je veux dire aux électeurs, enfin, de Mme Pécresse, les électeurs de LR, Mme Pécresse a déjà préparé son ralliement à Emmanuel Macron à 20h02. C'est déjà dans les tuyaux, tout le monde le sait à LR. Ce que je dis aux électeurs de LR, c'est ne vous laissez pas voler votre élection. Je suis le candidat de la droite.
Et je dis une dernière chose. Avec moi, il y aura une véritable recomposition politique. C'est-à-dire que, si Marine Le Pen est au second tour, rien ne bougera. Rien ne bougera. Aucun LR n'appellera à voter pour elle ou pas ? Aucun LR n'appellera à voter pour elle. Et vous ? En revanche, en revanche, ce n'est pas le sujet. En revanche, en revanche, si je suis au second tour, Éric Ciotti, François-Xavier Bellamy et bien d'autres, éventuellement Mme Morano, etc., appelleront à voter pour moi. Mais vous en avez la preuve de ça ? Ils l'ont dit publiquement. Bellamy et Ciotti l'ont dit publiquement. Il y aura donc une recomposition politique.
Et on pourra enfin se débarrasser du cordon sanitaire qui sépare artificiellement les électorats du Front National et de la droite LR. Nous ferons la réconciliation de ces électorats. Seul mon vote permet cela.
Éric Zemmour, vous restez avec nous. Les auditeurs et les téléspectateurs de France Info vous interrogent dans un peu plus de trois minutes maintenant. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info, pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
Éric Zemmour