Alain Pompidou : l'art cette bouée dans une vie politique tempétueuse
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:45OuverteRéponse directe
Que l'art a été une bouée de sauvetage dans la vie tempétueuse de vos parents ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Marseille a compté pour vos parents ?
- 3:45OuverteRéponse directe
Comment a débuté la carrière politique de votre père ?
- 6:09OuverteRéponse directe
Votre père était-il fier de la rénovation de l'Élysée ?
- 7:45OuverteRéponse directe
Comment le projet du centre Pompidou a-t-il vu le jour ?
- 10:03OuverteRéponse directe
Pourquoi les voies sur berge portent-elles le nom de votre père ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:46Invité politiqueFait
« il découvre le premier ouvrage sur réaliste, « La femme sans tête », le chiffre 100, « La femme sans tête » de Max Ernst »
- 3:18Invité politiqueFait
« mon père a décoré de la médaille militaire à titre militaire, parce que 200 soldats étaient morts autour de lui, alors qu'il était colonel »
- 3:39Invité politiqueFait
« mon père a devenu le principal collaborateur du général de Gaulle »
- 4:06Invité politiqueFait
« les politiques, ils en font, mais il y en a beaucoup trop »
- 6:02Invité politiqueFait
« Parce que, monsieur le président, je suis plutôt à gauche »
- 8:18Invité politiqueFait
« mais au moins, ça va faire crier »
- 10:19Invité politiqueFait
« Jacques Chirac, qui était maire de Paris, m'a appelé, et m'a dit, « Mais alors, mon cher Alain, qu'est-ce qu'on va faire pour votre père ? » »
Temps de parole
- Alain Pompidou74 %
- Présentateur22 %
- ?4 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Il est l'heure de notre grand invité du matin. Bienvenue à vous qui venez de nous rejoindre ce matin, ce vendredi matin. Je vous propose une plongée dans l'art et dans l'amour. Une plongée dans l'art et dans l'amour en compagnie de Georges Pompidou. Alors, ce n'est pas le président de la République forcément qui va s'exprimer, mais à ce micro, c'est son fils Alain Pompidou que j'accueille. Bonjour Alain Pompidou. Bonjour. Merci d'être avec nous dans la matinale rcf. Vous publiez pour l'amour de l'art une autre histoire des Pompidou. C'est aux éditions Plon.
Pour commencer, Alain Pompidou, que l'on fasse un petit peu connaissance avec vos parents et d'une manière générale, pour résumer peut-être l'histoire, peut-on dire que l'art a été une bouée de sauvetage dans la vie tempétueuse que vos parents ont connue ?
Je crois que vous avez mis de doigts et l'accent sur la réalité, dans la mesure où mon père, qui va devenir président, qui à trois ans savait lire, écrire et compter, dont le grand-père disait « ce petit-là, il sera président de la République », avec l'accent Auvergnat. Il était imprégné d'écriture classique, premier prix concours général de grec. En 1928, il entre à l'école normale supérieure, au lycée Henri IV, après avoir fait sa cagne au lycée Saint-Charles à Marseille.
Et là, sur le boulevard Saint-Michel, dans une librairie, il découvre le premier ouvrage sur réaliste, « La femme sans tête », le chiffre 100, « La femme sans tête » de Max Ernst, et qui est un livre de collage dont on a fait des gravures, et qu'il est absolument ému à ce moment-là par la puissance poétique de l'ouvrage. Il l'achète avec son argent de poche, c'est autant de moins pour sa bourse pour se nourrir. Et ce qui est extraordinaire, c'est qu'en 1928, il a 17 ans, et qu'il découvre « La femme sans tête », alors qu'il est de formation classique.
Déjà, cet amour de l'art, amour qui d'ailleurs le mettra sur le chemin de votre mère. Ils sont rencontrés en 1935, et quelques années plus tard, les voilà à Marseille. Alain Pompidou, Marseille, pour vos parents, c'est une ville qui va compter ?
À Marseille, ce qui est impressionnant, c'est que mon père et ma mère ont découvert la musique classique, Bach, Beethoven et Mozart, mais également l'opéra de Katsou, par exemple, et de Bertolt Brecht. Et puis, ils ont été dans les abeilles istersiennes, ils ont été en Arles, où sont les abeilles scones, et là, ils ont complètement oublié leurs attaches socialistes.
Alors, ça nous ramène, on va faire une petite pause après, si vous voulez bien, ça nous ramène assez vite après Marseille, il y a la guerre, mon père a décoré de la médaille militaire à titre militaire, parce que 200 soldats étaient morts autour de lui, alors qu'il était colonel, et ça nous ramène à la rencontre avec le général de Gaulle, et mon père et ma mère, sans l'échanger des vues, à la haute statuie du général, ils disent, on va s'engager, et c'est comme ça que mon père a devenu le principal collaborateur du général de Gaulle.
Alors, Alain Pompidou, avançant dans le temps, si vous le voulez bien, on arrive au début de la carrière politique de votre père, et si je vous ai bien lu, votre mère ne portait pas ce métier, si on peut le dire ainsi, spécialement dans son cœur, mais comment cela a débuté ?
En 1958, le général de Gaulle lui demande de devenir son directeur de cabinet, et ma mère détestait la politique, elle disait, les politiques, ils en font, mais il y en a beaucoup trop. Et mon père accepte, ma mère a un mot peut-être un peu désagréable, et pour se faire pardonner, elle va lui offrir un merveilleux petit Nicolas de Stal, les toits de Paris, que j'ai là, chez moi, dans mon salon, qui est une petite merveille. Et c'est vous dire combien ils étaient unis, parce qu'elle acceptait qu'il fasse la politique, et elle lui offre ce petit Nicolas de Stal, qui est une merveille.
En 1969, c'est l'élection présidentielle, et c'est l'année de l'arrivée à l'Elysée.
Il découvre à l'Elysée des appartements vétustes qui n'avaient pas été vraiment rénovés. Le général était plutôt un homme simple, et qui, malgré sa stature, aimait rester entre soi, et qui n'avait pas rénové, en fait, les appartements. Et à ce moment-là, il décide, mais mon père et ma mère, il décide de faire appel, sur les recommandations de Pierre Coural, le directeur du mobilier national, de faire appel à Pierre Paulin.
Pierre Paulin est en fait un décorateur-designer, auquel mon père et ma mère font appel, et il fait une superbe maquette, il a rendez-vous avec le président, et voyant cette maquette, Georges Pompidou lui dit, mais cette maquette est formidable, je tiens absolument à l'avoir, à ce que vous fassiez ce projet, et Paulin lui dit, mais, monsieur le président, je crains de ne pas pouvoir mener ce projet avec vous. Alors mon père l'engarde, mais pourquoi ? Parce que, monsieur le président, je suis plutôt à gauche. Et mon père lui dit, c'est encore mieux, parce qu'au moins, ça va faire crier.
Et alors, Alain Pompidou, votre père, il était très fier de la rénovation qu'il avait mise en place du Palais de l'Elysée, ça le rendrait presque gaffeur, notamment avec une reine, la reine Élisabeth. Vous nous racontez, Alain Pompidou ?
Vous savez, la reine Élisabeth, on ne lui adresse pas la parole en premier, on attend qu'elle vous parle, et surtout, on ne la touche pas. C'est un crime de lèse-majesté. Mon père la reçoit, et il la mène dans les appartements privés, on passe devant ce merveilleux salon à gamme, et en bon petit Auvergnard, mon père est fier de lui, d'avoir réalisé ce passage, et ce hall d'entrée, en quelque sorte, et il pond la reine par le bras, et il l'entraîne à l'intérieur du salon à gamme.
Alors là, ça a été absolument dramatique, parce que les chefs de protocole ont failli en virer aux mains, heureusement, Édouard Yves, qui accompagnait la reine, s'est précipité au piano, il a joué tout de suite une pièce, une sonate de Mozart, et tout s'est arrangé. C'est vous dire que Georges Pompidou, mon père, avait le sens de la provocation, et que pour lui, l'art était une forme de respiration dans l'exercice des hautes responsabilités auxquelles il était confronté.
Une forme de respiration. Alain Pompidou, cet art, votre père va nous le laisser, en héritage en quelque sorte, avec le centre Pompidou à Paris, ou même le musée d'Orsay qui va remanier, on va y revenir, mais pour revenir justement sur le centre Pompidou, comment le projet voit-il le jour ?
Alors, il y a pratiquement 200 projets. Sur les 200 projets, il y en a deux qui sont retenus, et notamment celui de Piano et de Rogers, et mon père décide de prendre celui de Piano et Rogers. et il dit à ses amis, mais au moins, ça va faire crier. Et donc, vous voyez, c'est toujours cette volonté de provoquer, le souhait de s'appuyer sur l'art, qui marque le caractère des Pompidou.
Le centre Pompidou sera inauguré après la mort de mon père en 77, et en même temps que le centre Pompidou va sortir de terre, mon père, sur la recommandation de Duhamel et de son directeur de cabinet, Duhamel étant ministre de la Culture, eh bien, il décide de rassembler toute l'étoile impressionniste de France qui était un peu éparpillée, et c'est comme ça qu'est né le musée d'Orsay qui a été réalisé ultérieurement par Giscard.
Voilà un peu l'histoire de Claude et Georges Fontidou, de leur relation à l'art, qui pour eux a été la possibilité, grâce à la faculté d'anticipation et de rêverie, et de se rapprocher de la poésie, bien évidemment, d'arriver à faire en sorte qu'ils ont réagi vis-à-vis de la politique qui était extrêmement contraignante dans des périodes difficiles, que ce soit 68, ou que ce soit des périodes de grève ou autre.
Alain Pompidou, on arrive doucement vers la fin de cet entretien, et dans l'ouvrage Pour l'amour de l'art, une autre histoire des Pompidou, je rappelle à nos auditeurs que c'est paru aux éditions Plon, vous racontez, avec presque un côté taquin, comment les voies sur berge à Paris se retrouvent à porter le nom de votre père. Vous pouvez nous raconter cette histoire ce matin ?
Alors, ça, vous avez tout à fait raison, parce que quand mon père est décédé, Jacques Chirac, qui était maire de Paris, m'a appelé, et m'a dit, « Mais alors, mon cher Alain, qu'est-ce qu'on va faire pour votre père ? » Et l'idée m'a traversé immédiatement. Je lui ai dit, « Mais on va faire, on va donner le nom de Georges Fontpidou à la voie sur berge. » Et pourquoi ?
Eh bien, parce que cette voie sur berge, elle est prise par pratiquement tous, tous les Parisiens, tous les jours, et je me suis dit, au fond, avec cette possibilité-là, la voie sur berge va être habitée, en quelque sorte, pour les Parisiens, et on prononcera le nom de Georges Fontpidou tous les jours, parce qu'il y aura forcément des embouteillages. Donc voilà un peu l'histoire de la raison pour laquelle cette voie sur berge, que certains appellent toujours la voie sur berge, comme certains disent toujours, le centre Beaubourg, alors que c'est la dénomination officielle, c'est le centre Fontpidou.
Eh bien, voilà comment est née la voie sur berge à Paris, qui permet, en dehors des dimanches, selon un axe entre l'Ouest et l'Est, de traverser Paris un peu plus rapidement, malgré les feux qu'on a mis sur place, mais du temps de mon père, il y avait, enfin, juste après, du temps de mon père, puisque c'est lui qu'il a réalisé, qui même qu'il a inauguré, et il n'y avait pas un seul feu et on pouvait traverser Paris en un quart d'heure. Il y avait moins de voitures aussi, moins de motos.
Oui, beaucoup moins de circulation, en effet. Merci beaucoup, Alain Pompidou, d'avoir été avec nous ce matin dans la matinale RCF. Je rappelle le titre de l'ouvrage que vous publiez ce matin, Pour l'amour de l'art, une autre histoire des Pompidou, c'est paru aux éditions Plon. Merci d'avoir pris le temps de venir nous raconter votre histoire et l'histoire de vos parents dans la matinale RCF.
Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Alain Pompidou