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Podcast / conversationFrance Inter (sur YouTube)· 11 avril 2025 4 minComplaisantDivertissementSolidarités & familleÉducation & rechercheTravail & emploi

Une carrière ou des enfants ? Aucun.

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Présentateur

Il y en a une qui n'a pas du tout compris, mais pas du tout, c'est Lisa, dès le moitié. Tu ne voulais pas faire ça comme ça, toi ? Non, vous savez, on me le reproche, mais moi, si je ne suis pas engagée dans un mouvement poétique, c'est avant tout pour m'occuper de mes enfants. Certes, je n'ai pas l'enfant, pourtant je les aime déjà, imaginez ce que je suis prête à faire pour eux. Vous êtes marrant, vous, mais ça se prépare, la maternité. Il faut arrêter de boire trois mois avant le début de la grossesse, arrêter de fumer quatre mois avant, et à un moment donné, toute responsabilité qui impose de quitter son canapé, si j'en crois mon calendrier, ouais, 33 ans avant, au moins.

Votre personnage, Béronis Béjot, dans Mexico 88, est engagée et... 86. 6, ouais, mais je voulais dire 8 pour appeler d'où je viens. Elle est exceptionnelle. Récupération. Elle est engagée et maman, puisqu'on l'a dit, elle est militante révolutionnaire guatemaltèque, tout en ayant un fils, et pour m'être déjà occupée d'un petit garçon, c'est vrai qu'il n'y a rien qui te motive plus à rejoindre une lutte armée. Franchement, de base, je ne suis pas une combattante, mais vous connaissez le seul événement plus traumatisant qu'un face-à-face mitraillette contre mitraillette avec l'agente militaire, une après-midi devant la patrouille. Après deux épisodes, j'avais rejoint le PKK, quoi.

Je ne suis même pas kurde, j'avais juste confondu avec le KKK. En réalité, c'est un vrai dilemme pour une femme, à la fois mère et militante, s'occuper du monde ou s'occuper de ses enfants. À nouveau, dilemme vite résolu pour moi. Le monde est casse-couille, certes, mais enfin, lui, au moins, il ne réclame pas de téter mes seins. Il faut le dire, quand même, c'est un dilemme qui ne se pose qu'aux mères. On l'a dit, un père absent pour la bonne cause, c'est un héros, une mère absente pour la bonne cause, c'est une mère indigne. Tu ne peux jamais gagner. Sachant que même quand tu fais tout bien, tu es une mère indigne. Moi, si j'étais mère, qu'est-ce que je ferais de la merde ?

De toute façon, tu es là, tu es étouffante, tu n'es pas là, tu es absente, tu donnes le sein, tu es malaisante, tu ne donnes pas le sein, tu n'es pas aimante. C'est quoi, si je ne peux pas gagner ? Comment je vais me faire un plaisir de perdre ? Oublie mon historien, je vais inventer l'éducation roue libre. Littéralement, je ne lui apprendrai même pas à regarder avant de traverser mon mouflet. Donc, chaque voiture qui passe, c'est potentiellement une roue libre dans sa gueule. En réalité, votre personnage, Bérenie, c'est vrai que ce dilemme, en confiant son fils à sa mère, ce qui, soyez temps passant, est une seconde raison de ne pas faire d'enfant.

Non seulement tu dois les élever, ces morpions, mais après, eux, ils font des morpions qui ne veulent pas élever. C'est contagieux, cette mère, c'est la maternité ou la gastro. Je te jure, ta fille qui se pointe chez toi avec son gosse, on dirait ton chat qui te ramène une souris. Merci pour le trophée, mais j'ai rien demandé, moi. Très peu de femmes ont cette solution. On dit que c'est un dilemme, mais que ce soit révolutionnaire ou juste femme active. L'arnaque du 21e siècle, c'est d'avoir dit aux femmes que leur plus grand challenge sera de choisir entre le travail et la maternité. Si seulement, en réalité, tu te tapes les deux.

Le combat, c'est spécifique, mais plus globalement, on s'est battus pour avoir le droit de travailler, parce que ça va l'air chouette quand les mecs le faisaient dans les années 50. Ils buvaient du whisky en réunion dès 11h, en s'enfilant des clopes en moins de temps qu'il faut pour dire « cancer de la gorge ». Ils plottaient la secrétaire qu'ils appelaient tous « mon petit », puis ils rentraient juste à temps pour foutre leurs pieds sous la table à 19h et se taper un gros gigot. Je ne parle pas de madame, je parle de la pièce sur le boucher. Nous, on s'est dit « trop bien, marre de passer la journée à cuire du gigot, on veut la même ».

Résultat, maintenant, oui, on a le droit de travailler et de rejoindre les luttes armées, mais déjà, au taf, on ne peut plus ni boire, ni fumer, ni plotter le secrétaire. Et quand on rentre à 19h, il faut faire à bouffer, ma grosse. Il ne va pas se cuire tout seul, ce gigot. J'admire beaucoup les femmes qui font les deux, les femmes comme votre personnage Bérénice, qui luttent entre leur engagement et leur rôle de mère. Mais moi, à choisir entre travailler et élever des enfants, je crois que je ne vais faire aucun des deux. Elle a tellement raison. Lisa Delmoitier !

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