Face à Face : Bruno Le Maire - 05/07
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Apolline Matin Face à face
Apolline de Malherbe Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Bruno Le Maire Bonjour Apolline de Malherbe Merci d'être dans ce studio ce matin Vous êtes le ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et économique Et je vais vous dire, on va parler de tout ça On va parler de l'économie, on va parler des finances Et on va parler aussi de l'industrie Et du renouvellement industriel de la France Mais d'abord, combien ça va coûter tout ça ? Et à qui ? Qui va finir par payer les dégâts, les pillages, les violences ? Est-ce que c'est les habitants eux-mêmes ? Est-ce que c'est les assureurs ? Est-ce que c'est l'État ? Est-ce que c'est les parents ?
Qui doit payer ?
C'est d'abord les assureurs qui vont payer Les commerces sont assurés Les assurances doivent jouer Et elles joueront Je les remercie d'ailleurs d'avoir accepté De simplifier les procédures D'allonger le délai de dépôt de plainte Et j'appelle tous les commerçants qui nous écoutent A déposer leur plainte le plus vite possible Même si le délai a été étendu à notre demande De 5 jours à 30 jours Et les assureurs ont accepté Ce qui était une demande forte du gouvernement De réduire les franchises Pour les commerçants indépendants Qui sont les plus touchés Parce qu'il faut bien mesurer Que c'est plus de 1000 commerces Qui ont été touchés C'est près de 500 débits de tabac C'est près de 400 agences bancaires C'est des centres commerciaux C'est des magasins de sport Tout ça pour rien Absolument pour rien C'est détruire pour détruire Abîmer le pays pour abîmer le pays C'est totalement inqualifiable Inexcusable Et injustifiable Et donc je voudrais avoir un mot de soutien Pas simplement un mot de soutien financier J'étais hier à Arpajon Avec la ministre des PME Olivia Grégoire Et j'ai vu le désarroi complet des commerçants Leur colère parfois Mais surtout leur tristesse profonde Leur abattement Quand vous avez 2 ans, 5 ans, 20 ans de travail Qui partent en fumée du jour au lendemain Quand on voit J'ai vu un fromager à Arpajon Sa vitrine a été saccagée Et l'intérieur saccagait aussi Mais pourquoi ?
Pour voler des fromages J'ai vu un cinéma à Arpajon Le cinéma a été lui aussi pillé La vitrine cassée Le cinéma avait été refait à 9 Pour les jeunes des quartiers Avec des séances à 4 euros la séance Spécialement pour les jeunes des quartiers Ils ont détruit la vitrine Et ils ont volé quoi ? Des chips et des canettes de coca Tout ça est absurde et révoltant Donc je veux dire vraiment avec beaucoup de coeur Mon soutien à tous les commerçants de France Je pense à vous Et nous ferons le nécessaire Avec les assureurs Et évidemment sur les charges sociales et fiscales Pour être à vos côtés dans les mois qui viennent
Quand vous dites sur les charges fiscales et sociales Est-ce que vous allez juste les reporter ? Ou est-ce que vous allez leur offrir ? Dire attendez on fait un vrai geste ? Parce que pour l'instant c'est surtout des reports Ce que vous faites Oui ce sera principalement des reports Mais là ils ont besoin de plus ?
Certains ont besoin de plus Lorsque tout votre débit de tabac a été brûlé Lorsque votre commerce ne peut pas redémarrer Nous annulerons les charges sociales et les charges fiscales
Annuler ?
Annuler oui Quand vous ne pouvez pas redémarrer Il y en a Il y a juste la vitrine qui a été cassée C'est très violent C'est très dur à vivre Mais on met des plaques en bois On reconstruit la vitrine Et on peut redémarrer dans quelques jours Il y en a d'autres Tout a été détruit Ça a été incendié une fois encore Pour rien Dans un acte d'une violence Et d'une bêtise absolument incommensurable Ces commerçants-là Nous annuleront les charges sociales et fiscales
Et que ferez-vous pour la perte d'exploitation ? C'est-à-dire pour tous ces jours Où ils ne pourront plus faire de schiste Il n'y a plus rien qui rentre
C'est là que l'annulation des charges sociales et fiscales Pourra jouer Mais vous avez la moitié des commerçants Qui sont couverts pour perte d'exploitation Donc ceux-là pourront faire jouer leurs assurances Et pour les autres On regardera une fois encore au cas par cas Et j'ai rétabli dans chaque préfecture Un conseiller à la sortie de crise C'est une personne physique Je tiens beaucoup à ce qu'il y a un contact physique Parce que les commerçants que j'ai vus Très souvent en larmes Ils n'ont pas besoin d'un ordinateur Ils ont besoin d'un regard en face d'eux Et d'une personne qui leur parle Et qui leur explique Voilà ce que l'on va faire Voilà comment on peut vous accompagner Donc je vous invite tous à consulter Le site impôts.gouv.fr Ils trouveront le 06 du conseiller à sortie de crise Dans la préfecture Et ils peuvent y aller Il y a des équipes à leur disposition
Mais je voudrais bien comprendre les choses Bruno Le Maire Vous nous dites ce matin Que pour ceux qui sont le plus durement touchés Vous êtes prêts à annuler Purement et simplement les charges Et à prendre en charge Une partie de la perte d'exploitation
Et nous verrons Et nous ferons encore Au cas par cas Dans le cadre des conseillers à sortie de crise Ce qui doit être fait L'annulation des charges sociales et fiscales C'est déjà un geste très puissant Ça va aider beaucoup la trésorerie Des commerçants les plus touchés S'il y a besoin d'aide spécifique Complémentaire Sur un commerçant ici Ou un commerçant là Nous serons
Vous ne vous interdisez rien ?
Je ne m'interdis rien Parce que je pense qu'il faut bien mesurer L'état de choc Dans lequel sont les commerçants Qui ont été agressés Et au-delà des commerçants Tous nos compatriotes La violence que nous avons vue depuis 5 jours A bouleversé nos compatriotes
Est-ce que les parents Doivent aussi payer pour leurs enfants ? Cette question elle revient Notamment du côté de la droite Depuis quelques jours Est-ce qu'il faut supprimer les aides ? Est-ce qu'il faut supprimer les allocations ? Est-ce qu'il faut aussi supprimer les aides au logement Pour des parents dont les enfants seraient jugés Condamnés pour ces émeutes ?
Alors qu'il y ait une responsabilité des parents Bien sûr L'un des faits saillants de ces émeutes C'est qu'il y a eu beaucoup de jeunes mineurs Des enfants de 13, 14, 15 ans Qui étaient dans la rue Qui ont saccagé Qui ont pillé Quand vous avez des enfants Vous en êtes responsable C'est pas facile quand c'est des adolescents Je le sais bien Mais vous en êtes responsable C'est vous qui vous occupez De les soigner De les éduquer De les élever C'est votre responsabilité Et je pense qu'il est important Dans ces moments troublés De rappeler des choses simples La responsabilité des parents Est d'éduquer Et d'élever leurs enfants Et de veiller sur eux
Avec des conséquences sur cette responsabilité ? Est-ce qu'effectivement Je vous repose la question
Il faut qu'il y ait des conséquences Pour les parents Lorsqu'ils ne respectent pas Ce qui est la règle Qui est d'élever Et d'éduquer leurs enfants Ça doit avoir des conséquences Pour les parents Lesquelles ? Il va y avoir beaucoup de propositions Moi je ne vais pas trancher ce matin Chaque fois il y a des sujets juridiques Il y a des sujets légaux Il peut y avoir aussi des sujets moraux Est-ce qu'il faut exclure du logement social ? Est-ce qu'il faut revenir Sur les allocations familiales ? Tout ça doit être considéré Avec beaucoup d'attention C'est des questions
Mais vous n'avez pas de réponse ?
Non parce qu'il faut avoir un débat Rien n'est si simple que cela Je ne veux surtout pas Que dans la précipitation Nous prenions des mesures Dont les faits seraient contraires A ceux qui recherchaient Prenez les allocations familiales Vous avez une femme seule Elle a 4 enfants L'aîné à 16 ans Il a pillé Les 3 derniers sont exemplaires à l'école Vous avez 2 filles, 1 garçon Ils sont exemplaires à l'école Ils travaillent bien Ils se donnent du mal Ils font leur devoir le soir Dans des conditions pas toujours évidentes Est-ce que c'est une bonne idée De lui supprimer les allocations familiales Parce que celui de 16 ans S'est mal comporté ?
Je ne sais pas Il y a peut-être des solutions Qui sont plus efficaces En tout cas Je veux qu'il n'y ait aucune ambiguïté Oui, il faut engager La responsabilité des parents Mais faisons-le de manière efficace
Et juste On a parlé des sous Pour rembourser les commerçants Qu'en est-il pour rembourser Le service public ?
Pour reconstruire Des services publics Qui étaient déjà quand même Pas flambants Et qui se retrouvent Carrément quasiment à l'arrêt Je recevais ce matin Le maire d'Aulnay-sur-Bois Bruno Béchisa Qui nous disait Qu'il n'a plus de cuisine centrale Il ne peut plus faire de plat chaud Pour les écoles Il n'est même pas sûr De pouvoir le faire à la rentrée Il a 50 voitures De la pénis municipale Qui ont cramé 50 véhicules Qui ont cramé Il a besoin de ça tout de suite Il dit C'est sympa On m'a reçu à l'Elysée hier Mais c'est de la salinothérapie Moi je veux des sous Je veux du sommeil trébuchant Le plus important
Ce que vous dites C'est le tout de suite Tout de suite c'est quoi ?
C'est d'abord modifier les règles Pour que nous puissions reconstruire Les mairies qui ont été saccagées Les écoles Les bibliothèques Qui ont été brûlées Le plus rapidement possible Et pour ça Qu'on puisse s'affranchir Des règles ordinaires Qui ralentissent les travaux Avec des autorisations Qui prennent des plombes Il faut que ça aille vite Le plus vite possible Donc nous allons Dès ce matin Au Conseil des ministres Examiner A la demande du Président de la République Les mesures Soit réglementaires Soit législatives Qui permettent de reconstruire vite D'être aux côtés des maires D'être aux côtés de nos concitoyens Et qu'on puisse effacer Le plus vite possible La trace de ces événements Pour avoir des bâtiments publics Qui soient reconstruits Ensuite Combien ça coûtera ?
Quelles sont les aides Qui seront nécessaires ? Ma porte est ouverte Pour en discuter C'est l'entour du quoi Qu'il en coûte ? Non certainement pas J'ai vu des chiffres Qui circulaient sur les commerçants Aujourd'hui le seul chiffre Le seul chiffre officiel disponible C'est celui de la Fédération Française d'Assurance 280 millions d'euros Pour les dégâts Qui ont déjà été déclarés Alors tous les sinistres Ne l'ont pas été Mais je pense qu'il est important De ne pas donner le sentiment Mais au final
Ce ne sera pas un milliard pour vous Je ne sais pas Comment ce sera
Mais soyons prudents Sur les chiffres
Farfelus du MEDEF
Soyons prudents sur les chiffres Il n'est pas question De revenir à quoi qu'il en coûte Il est question de soutenir Chaque commerce Qui a été touché Chaque maire Dont les bâtiments publics Ont été abîmés
Le chômage partiel Est-ce qu'il sera aussi Pris en compte ? Il y a une partie De ceux qui travaillaient Soit dans ces bâtiments Dans ces banches Dans ces magasins
Le chômage partiel sera utilisé Mais c'est le chômage partiel Dans sa version classique Pas dans sa version exceptionnelle Du Covid Avec un reste à charge Pour les entreprises
Nous sommes le 5 juillet Bruno Le Maire Et c'est donc le mois de juillet Je voudrais que vous écoutiez Ce que vous disiez A ce même micro Le 9 juin dernier
Je dis aux français Que dès le mois de juillet Sur un certain nombre De références et de produits Les prix baisseront En juillet Et nous le vérifierons Et nous sanctionnerons Ceux qui ne jouent pas le jeu
Vous la constatez Vous la baisse de prix ?
Comme quoi je ne dis pas Que des bêtises Parce que c'est exact Vous avez un certain nombre Oui vous avez un certain nombre De prix Qui ont commencé à baisser Au début du mois de juillet Et ça devrait s'accélérer Dans le courant du mois de juillet Je m'étais engagé A ce que l'inflation Ralentisse et diminue Au tournant de l'été C'est le cas J'ai toujours dit Que pour les prix alimentaires Ce serait plus lent Et que ce serait aussi le cas C'est le cas Aujourd'hui Tout le monde Commence à jouer le jeu Ça a été un bras de fer difficile Mais tout le monde A commencé à jouer le jeu Les distributeurs Qui ont fait oeuvre utile Dès le départ Avec le trimestre anti-inflation Et ensuite les industriels Qui ont été un peu plus difficiles A convaincre Mais ils s'y sont mis Donc vous allez avoir Dans le courant du mois de juillet Ça a déjà commencé Un certain nombre de produits Je pense à la volaille Je pense aux céréales Je pense aux pâtes Je pense aux huiles Dont les prix vont commencer à baisser Je sais bien Quand vous faites vos courses
Pour l'instant c'est du 0,1% C'est rien
Ça augmentait de 1, 2, 3% Chaque mois Avec des hausses Qui étaient de 13, 14, 15% par mois Par rapport au mois De référence de 2022 Là la baisse commence Et il faut qu'elle s'accélère Avec l'objectif Que d'ici l'automne Nous ayons cassé Cette spirale inflationniste Sur les prix
Vous considérez que ça y est L'inflation est quand même Le gros de l'inflation est derrière nous ?
Non je ne dis pas Que le gros de l'inflation est derrière nous Je dis qu'elle devait commencer à baisser A l'été Que c'était mon engagement Que cet engagement est tenu Qu'un certain nombre de prix De produits alimentaires Devaient baisser Cet engagement est aussi tenu Et qu'il faut accélérer Pour que ce soit visible Dans le panier des consommateurs Ça ce sera à l'automne Où vraiment je pense Vous n'aurez donc pas besoin
De sortir le bâton Vous aviez menacé De faire du Neyman Scheme Comme on dit C'est-à-dire de pointer du doigt Les industriels qui ne joueraient pas le jeu
Il reste 4 ou 5 Grands industriels Grandes multinationales Qui ne jouent pas le jeu Je suis en discussion avec elles Et soit on arrive à trouver Vous ne diriez pas lesquelles
Vous dites toujours que vous allez le faire Puis vous ne le faites pas
Parce que je constate Que la menace C'est parfois efficace Et que ce qui compte pour moi Ce n'est pas de me faire plaisir En citant des noms Et en les clouant aux pylories C'est que les prix baissent Pour le consommateur Donc je préfère jouer de ce levier Il y en a encore 4 ou 5 Qui ne jouent pas le jeu Certains pour des raisons économiques Parce qu'ils sont dans une situation Économique très difficile Ce que je peux comprendre Un ou deux Sans aucune raison valable A cela Soit ils obtent en paire Et ils jouent le jeu D'ici la semaine prochaine Soit nous donnerons leur nom Et puis les consommateurs Seront libres de choisir S'ils continuent à acheter leurs produits Ou non
C'est dans l'alimentaire ?
C'est des multinationales Qui ne se font pas que de l'alimentaire C'est aussi hygiène Produits de beauté Et autres produits
Unilever Je ne donne pas le nom
Ce matin Mais je le dis Si jamais Ces deux ou trois multinationales Qui ont les moyens De baisser les prix Ne le font pas Il faut que le consommateur le sache
D'ici la semaine prochaine On a bien compris Il y a aussi cette menace de taxer Vous aviez dit S'il le faut J'utiliserai l'outil fiscal Et pourquoi vous ne le faites pas ? C'est-à-dire quand on regarde le FMI Le FMI nous dit aujourd'hui Que 45% de la marge De la marge C'est-à-dire de ce qu'est De cette inflation De cette part Qui a augmenté 45% Pour toute l'Union Européenne 45% C'est dû A une augmentation Du chiffre d'affaires Des entreprises
Et nous avons récupéré Les marges excessives Qui ont été faites Par les producteurs d'énergie Ça nous a rapporté Plusieurs milliards d'euros Qui ont financé le bouclier Contre l'augmentation Du prix du gaz Et pourquoi vous ne voyez pas
Une taxe exceptionnelle ?
Parce que je préfère Que l'argent aille Dans la poche du consommateur La taxe ça va dans ma poche Alors je suis très content Comme ministre des Finances Ça remplit les caisses De l'État Mais ça ne remplit pas Les poches des Français Donc il est plus difficile Plus exigeant Mais dans le fond Plus juste et plus efficace Pour le consommateur D'obtenir des baisses de prix J'ai obtenu des baisses de prix Et ces baisses de prix Elles vont dans la poche Du consommateur Et moi mon obsession C'est le citoyen C'est le consommateur C'est pas de remplir Les caisses de l'État Avec une taxe C'est facile de faire voter une taxe Tout le monde est pour Donc vous arrivez au Parlement Vous proposez une taxe Vous pointez du doigt Les industriels Tout le monde est content Et à nouveau La France se singularise Avec des niveaux de taxes Trop élevés Et le consommateur Qui n'a rien vu Je pense d'abord Et avant tout Au consommateur
Une question sur le livret A Le livret A Bruno Le Maire Le taux du livret A Est aujourd'hui de 3% Et certains économistes Dissent qu'ils pourraient Attendre 4,1% Atteindre 4,1% Est-ce que vous confirmez Est-ce que c'est une perspective A laquelle vous êtes attaché ?
Je confirme rien du tout Je confirme juste Que le gouverneur De la Banque de France Me fera ses propositions En fin de semaine prochaine Donc j'examinerai Les propositions du gouverneur Sur le livret A Comme sur le livret Des pannes populaires Et puis je prendrai ma décision Après les recommandations
Mais vous confirmez Que le livret A Restera intéressant Plus intéressant que l'inflation
Le livret A Il est intéressant aujourd'hui Ce qui est le plus intéressant C'est le livret des pannes populaires Et je redis Nous avons réussi à faire augmenter De 20% Le nombre de titulaires D'un livret d'épargne populaire Mais il reste encore Plusieurs millions De nos compatriotes Qui pourraient avoir accès A se livrer des pannes populaires Avec un revenu garanti De plus de 6% C'est-à-dire maintenant Très au-dessus de l'inflation Donc je dis à ces millions De nos compatriotes Qui ont droit Au livret des pannes populaires Ouvrez un livret Des pannes populaires Il n'y a pas de meilleure protection De votre épargne Et quant au taux Une fois encore J'attendrai la proposition Du gouverneur
Il y a Carlos Tavares Le patron de Renault Qui s'exprime aujourd'hui Dans le journal Le Figaro Et qui a l'air de vous renvoyer Dans vos buts Vous aviez dit qu'il fallait Que notamment Renault Relocalise la production De la voiture électrique Vous avez parlé De la vallée De l'électricité désormais Et c'est vraiment là-dessus Que vous misez beaucoup Pour le renouvellement industriel De la France Sauf que lui il dit Bah non En fait l'Europe a déroulé Le tapis rouge Au constructeur chinois Et je veux surtout Que le ministère Me laisse tranquille Sur ma stratégie industrielle Et décider Si je veux relocaliser ou pas Il a l'air de dire d'ailleurs Qu'il ne va pas le faire
Nous verrons Bien content par ailleurs Monsieur Tavares Comme d'autres industriels De bénéficier Des aides françaises Des bonus Sur les véhicules électriques Du soutien A l'industrie française Moi j'ai un seul point Réel de désaccord Avec Carlos Tavares Quand on voit L'accélération Du changement climatique Quand on voit ce qu'on a connu Au mois de juin Je pense qu'il faut Accélérer la bascule Vers le véhicule électrique Et que la bonne stratégie économique C'est de s'engager totalement Vers le véhicule électrique Ensuite je sais que Carlos Tavares C'est un homme de défi Et qu'il les a relevés brillamment Dans sa carrière industrielle Il va continuer à construire Des véhicules en France Il construira des véhicules électriques
Il continuez oui Mais ce dont vous espériez Qu'il allait revenir Comme la E208 Il s'est engagé
Il me dit très clairement A produire des véhicules électriques Haut de gamme en France Mais il y a un défi Et bien je lui demande De relever ce défi Je souhaite qu'il relève ce défi De construire des petits véhicules électriques Comme la E208 en France Peut-être pas intégralement La production de l'E208 Mais pourquoi pas une partie Ce que je constate C'est que Luca Demeo Chez Renault Construit un petit véhicule La R5
Et pourquoi Célentis Et pourquoi Célentis le ferait pas ?
C'est justement la question que je pose Et je sais une fois encore Que Carlos Tavares Est un grand industriel Que c'est un homme de défi Qu'il a fait un travail exceptionnel A la tête de PSA Et maintenant à la tête de Célentis Là c'est la partie
Où vous dites qu'il est gentil Mais la vérité c'est qu'il vous provoque C'est pas une question de gentil ou de méchant Il vous provoque un peu là quand même
C'est juste une question De défi industriel Le défi industriel pour la France C'est de construire Non seulement des véhicules haut de gamme Mais aussi des petits véhicules électriques Comme la I-208 Sur notre territoire Moi je souhaite que Carlos Tavares Relève le gant Et relève ce défi
Vous le souhaitez mais il le fait pas ?
Mais nous verrons On va continuer la discussion
Enfin il le dit ce matin Il dit qu'il ne le fait pas
Mais il ne dit pas les choses Aussi clairement que cela Il dit qu'il peut faire Des véhicules électriques haut de gamme En France Que c'est plus difficile Pour les véhicules électriques De taille plus réduite Comme la I-208 Je dis voilà il y a un défi Mais relevons-le ensemble Nous nous apportons des aides Nous nous aidons l'industrie Nous nous essayons de favoriser L'achat de véhicules électriques Sur notre territoire Je souhaite que les industriels Fassent preuve aussi Tout simplement D'un peu de patriotisme économique L'économie C'est effectivement des comptes de résultats C'est des marges qu'il faut réaliser Mais c'est aussi Un peu de patriotisme
Enfin là Lui il dit Que l'Europe s'est trompée Qu'elle a tout fait à l'envers Qu'elle a déroulé Le tapis rouge Au constructeur chinois Et qu'il ne faut donc pas S'étonner aujourd'hui Qu'il n'ait pas Les moyens lui De faire revenir La production De la Peugeot 208
L'Europe a pris Je partage le constat Sur le fait que l'Europe A pris 5 à 10 ans de retard Sur le véhicule électrique Par rapport à la Chine Mais regardez sur les batteries Toutes les batteries électriques Qui étaient produites en Chine On a réussi à rattraper Notre retard Grâce à l'action Du président de la République Et du gouvernement On va ouvrir 4 gigafactories Produisant des batteries électriques Sur le sol français Donc le défi peut être relevé Et on me disait Il y a 5 ou 6 ans Mais abandonner Les batteries électriques Ça ne marchera jamais Nous y sommes arrivés Nous créons des emplois A Dunkerque A Douvrain Et ailleurs Je souhaite qu'on fasse La même chose sur le véhicule Sur les véhicules électriques Haut de gamme Mais aussi sur les petits Véhicules électriques
Et puisqu'on parle de voitures Il y a toutes ces voitures Qui ont brûlé De nombreux propriétaires De voitures brûlées Dans les émeutes Qui n'étaient pas assurées Pour l'incendie Pour le risque d'incendie Et qui se retrouvent Sans voiture pour aller travailler Sans voiture pour emmener Les enfants à l'école Qu'est-ce que vous allez faire pour eux ?
Bon je redis à quel point C'est révoltant Et à quel point La première leçon Attirée de Ces jours et ces nuits Des meutes Et de ces jours Que nous venons de vivre C'est le respect de l'autorité Le problème fondamental De notre nation C'est le respect de l'autorité L'autorité des policiers
De claques et au lit
L'autorité de l'école L'autorité du médecin L'autorité des institutions L'autorité du maire Il faut rétablir Le respect de l'autorité
De claques et au lit Non je ne sais pas
Non je ne sais pas du tout L'explication que je reprendrai Comme l'a dit le Le prêtre néo Justement L'autorité n'a pas besoin de claques L'autorité elle est naturelle Elle n'a pas besoin de claques Et c'est ça
Elle n'a pas l'air d'être naturelle Est-ce qu'il faut trouver d'autres solutions ?
L'autorité doit être naturelle Quand j'étais à l'école L'enseignant que j'avais en face de moi J'avais du respect pour lui C'est l'autorité Quand je rencontrais des personnalités J'avais du respect pour ses personnalités
Mais ça c'est un très joli tableau Quand vous avez le maire de la Hylé Rose Qui vous dit Quand un enfant tape une enseignante Qu'on le renvoie On a le père qui vient Et qui crache
A la figure de la directrice Je rejoins entièrement ce que dit Vincent Jeanbrun Qui est un ami Quelqu'un qui j'adresse une nouvelle fois Tout mon soutien à lui Et à sa famille Le respect de l'autorité Ne peut pas être négociable Parce qu'il n'y a pas de nation Sans règles communes Et sans valeurs communes
Moi j'ai l'impression que ça est très théorique
Non ça n'est pas théorique
Tout le monde est d'accord
Mais c'est ce vers quoi il faut s'engager Avec les sanctions appropriées Le moyen de faire respecter ses règles Sinon il n'y a plus de nation possible Il y a des communautés S'il y a d'un côté Les gens qui respectent les règles Et les autres qui ne les respectent pas Vous n'avez plus une nation Vous avez des communautés qui sont face à face Mais vous dites si
Mais c'est déjà le cas
Et c'est déjà le cas Dans un certain nombre de lieux du territoire Mais ça doit être notre défi collectif Le respect de l'autorité Je vous pose la question des voitures J'en reviens aux voitures Parce que c'est un sujet majeur Vous avez 4800 voitures
Parce qu'on a parlé des commerçants
10 à 15% des propriétaires de ces voitures Ne sont pas assurés Tous risques ont uniquement une garantie hautière Nous allons rétablir et utiliser Le fonds de garantie aux victimes Avec le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti Qui permettra d'indemniser Les personnes les plus modestes Ceux qui ont un revenu Pour être tout à fait exact Inférieur à 26 000 euros par an Elles pourront avoir une indemnisation Jusqu'à 4 600 euros
Mais c'est toujours pareil C'est très bien de mettre un montant Mais il y a ceux qui bossent Qui gagnent leur vie Mais pas suffisamment Pour s'en sortir Et juste au-dessus de ce plafond Qui n'ont plus de voitures Pour aller travailler
Oui mais il se trouve Que c'est les personnes Les plus modestes Qui ont été touchées Que le fonds de garantie des victimes Il est réservé aux personnes Qui ont les revenus les plus modestes Moi je pense tout simplement A la personne qui doit Aller travailler le matin Pour faire le ménage Chez Carrefour ou ailleurs Qui doit prendre sa voiture Sa voiture a brûlé Elle se retrouve au chômage technique Uniquement parce qu'elle a été L'objet d'une agression Qui est inqualifiable Et qui est absolument révoltante Je souhaite qu'elle puisse S'analyser le plus vite possible Pour se racheter un véhicule Avec ce fonds en priorité pour eux
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie Merci d'avoir répondu à mes questions Il est 8h54 sur RMC BFM TV
Bruno Le Maire