Affaire Lyhanna, loi intégrale, minute de silence... Le "8h30 franceinfo" de Yaël Braun-Pivet
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Bonjour Yael Brun-Pivet. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour Madame la Présidente, bonjour à tous. L'affaire Liana aurait-elle pu être évitée ? Vous allez nous dire ce que vous pouvez faire vous à votre échelle en tant que présidente de l'Assemblée Nationale. Mais d'abord alors que le suspect avait été visé par plusieurs procédures avant la disparition de la fillette de 11 ans sans jamais avoir été inquiétée. Gérald Darmanin exclut fermement de démissionner, bien que certains le réclament. Le garde des Sceaux estime que les défaillances dans cette affaire ne tiennent pas à ses instructions.
Yael Brun-Pivet, est-ce que Gérald Darmanin se défause sur les magistrats, sur les enquêteurs ?
Écoutez, en tout cas, je crois qu'il n'y a pas à rechercher un bouc émissaire quel qu'il soit. Donc que ce soit un ministre, que ce soit un magistrat, un procureur, des forces de l'ordre, le problème il n'est pas là. Et si on passe et on consacre nos jours aujourd'hui à rechercher un bouc émissaire, je pense qu'on est à côté de la plaque. Parce que le problème, il est beaucoup plus grand que cela. Il est systémique. On le sait tous, vous savez, moi je suis parlementaire. Je rencontre des victimes, je rencontre des gens qui viennent à ma permanence et qui m'expliquent ce que c'est le quotidien de cette justice de proximité.
Il n'y a pas une question de responsabilité quand même, on sait que le garde des Sceaux va être sur le grill lors des questions au gouvernement cet après-midi.
Oui, c'est le rôle du Parlement de contrôler l'action du gouvernement.
Gérald Darmanin n'a pas de responsabilité.
Il va pouvoir répondre aux questions. Il est garde des Sceaux, donc il a en charge le système judiciaire. Mais il hérite aussi d'un système qui a été sous-investi par des hommes et des femmes politiques depuis des dizaines d'années. Nous avons essayé de rattraper la hausse du budget de la justice qu'a défendu notamment Éric Dupond-Moretti, son prédécesseur, n'a jamais été aussi importante. Plus 55%, ça n'est pas rien. Pour autant, on est toujours en dessous de ce que l'on devrait faire. On est très à la traîne.
On est à la traîne. Par rapport aux autres pays européens aussi, quatre fois moins de procureurs en moyenne en France. Vous disiez, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, il a aussi été ministre de l'Intérieur. Et dans cette affaire, ce qui est mis en cause, c'est la responsabilité des magistrats et aussi des enquêteurs. Aujourd'hui, Gérald Darmanin, il dit, moi j'ai passé les consignes. En revanche, il y a sans doute eu des défaillances et si c'est confirmé, il y aura des sanctions qui auront du blâme jusqu'à la révocation. Quand même, est-ce que les juges ne sont pas des boucs émissaires aujourd'hui ?
Justement, il ne faut pas que les juges soient des boucs émissaires parce qu'ils font le maximum. Je les connais, je suis avocate, je vais souvent dans des juridictions. J'ai été présidente de la commission des lois à l'Assemblée nationale pendant cinq ans. Est-ce qu'il faut des sanctions ? Est-ce qu'il faut des sanctions ? Ce sont des hommes et des femmes qui se dévouent corps et âme. à leur mission. Donc, il ne faut pas les mettre en accusation. Ce serait une grave erreur parce que la difficulté, le problème, il est beaucoup plus large que cela.
Mais est-ce qu'on peut interroger quand même la responsabilité ? Oui, mais il y a le brune qui veut. Vous avez vu la colère de la foule qui était rassemblée hier devant le ministère de la Justice. C'est un rassemblement interdit d'ailleurs. D'ailleurs, ça, je n'ai pas bien compris pourquoi. Vous n'avez pas compris pourquoi ce n'était pas place en homme ?
Alors, je n'ai pas compris pourquoi ce rassemblement était interdit. Ce sont des femmes, ce sont des collectifs, des associations, des citoyens engagés qui luttent depuis des années pour défendre nos enfants, pour défendre les femmes de notre pays et donc qu'elles ne puissent pas manifester devant le ministère, où que ce soit d'ailleurs.
Vous dites ça aux préfets de police et aux ministres de l'Intérieur ?
Je dis ça aux préfets, aux ministres de l'Intérieur, aux ministres de la Justice aussi. Vous auriez dû pouvoir manifester par exemple ? Vous savez, moi, je suis présidente de l'Assemblée Nationale. J'ai toujours autorisé les manifestations devant l'Assemblée Nationale. Parfois, le préfet, parfois le ministre me disent « mais non, non, il ne faut pas ». Moi, je dis « c'est la maison du peuple ». Il est normal que le peuple puisse venir manifester et nous dire ce qu'il pense. Et je vais toujours devant des manifestants. Je pense que c'est ce qui aurait dû être fait.
Il faut autoriser toutes les manifestations, sauf s'il y a un trouble à l'ordre public manifeste, mais ça n'était pas le cas hier. Et il faut aller à la rencontre des gens qui manifestent, parce que nous sommes des responsables politiques et nous sommes responsables devant le peuple français. Et nous ne devons jamais craindre la parole de nos concitoyens. Jamais.
Vous dites qu'il fallait autoriser cette manifestation. Est-ce qu'il faut entendre aussi cette colère ? Parce que vous dites qu'il ne faut pas chercher des boucs émissaires. Mais dans cette foule en colère, il y avait des victimes qui racontaient « moi, ma fille a été violée par son père, et les juges n'ont pas décidé de la séparer de son père ». Elle est encore contrainte de voir son bourreau régulièrement. Est-ce qu'il n'y a pas aussi une question de responsabilité individuelle ? C'est ce que pointe Gérald Darmanin, c'est ce que pointe Édouard Philippe aussi, qui interroge notamment sur le pouvoir de syndicalisation des juges.
C'est ce que pointe Bruno Retailleau, qui dit qu'il faudrait que les juges soient plus souvent sanctionnés. Est-ce qu'on a le droit d'interroger cela ?
On a le droit d'interroger la responsabilité des magistrats, et il y a des sanctions qui sont prononcées. Est-ce qu'il faut revoir le pouvoir disciplinaire, la façon dont c'est organisé ? Pourquoi pas, il faut tout interroger. Mais franchement, si on pense que la réponse, elle est là, en jetant l'opprobre sur un magistrat, en considérant qu'il faut le sanctionner, lui ou elle, parce qu'il a fauté, on se tromperait de cible. Parce que le problème, il est beaucoup plus large. Le problème, ce n'est pas uniquement un dysfonctionnement dans l'affaire Liana. L'affaire Liana, elle est illustrative de ce qui se passe aujourd'hui dans notre pays pour des centaines et des centaines d'affaires.
Et c'est pour ça que vous parlez de ces parents qui ont des difficultés avec leurs enfants, avec le droit de garde, etc. Vous savez qu'aujourd'hui, nous avons une commission d'enquête à l'Assemblée nationale qui traite spécifiquement de ce sujet et qui rendra ses conclusions le 7 juillet prochain. L'Assemblée nationale ne cesse de faire des commissions d'enquête. Nous en avons fait 5 ces dernières années sur les violences sexuelles et sexistes, dans le cinéma, dans le sport, la question de l'aide sociale à l'enfance. Nous nous battons, nous, parlementaires. Oui, qu'est-ce qu'elles deviennent ces commissions d'enquête ? C'est peut-être le problème.
Alors, elles ont fait 247 propositions, j'ai compté. La ZEU, je me suis battue avec Isabelle Santiago, notamment avec d'autres parlementaires. Périne Goulet, présidente de la délégation au droit des enfants que j'ai créé en 2022 pour protéger nos enfants. Nous nous sommes battus et le gouvernement nous a écoutés puisqu'elle sera inscrite la semaine du 15 juillet à l'Assemblée nationale. Donc, vous voyez, il faut se battre, il faut se faire entendre, mais nous obtenons gain de cause pour nos enfants et pour les femmes de ce pays.
À propos de se faire entendre, vous avez pour la première fois hier fait une conférence de presse à l'Assemblée, c'est la première fois que vous faisiez ça, pour demander au gouvernement d'inscrire à l'agenda parlementaire la loi intégrale transpartisane sur les violences sexistes et sexuelles contre les femmes et les enfants. On sait que le Premier ministre va recevoir à 11h30 à Matignon cinq membres de son gouvernement, qu'il a lui aussi transmis au Conseil d'État, ce que vous avez fait aussi, mais qu'il temporise. Donc, première question, est-ce que vous pouvez nous expliquer qu'il y a dans cette loi ?
Et vous venez ce matin sur France Info pour lancer un appel au président de la République.
Alors, effectivement, c'est rare qu'une présidente de l'Assemblée nationale participe à une conférence de presse. Je l'ai fait à la demande de la députée, qui est du groupe socialiste, qui s'appelle Isabelle Thiemau-Martinez. Donc, c'est cette proposition de loi qui est consultable sur le site de l'Assemblée si vos auditeurs souhaitent la consulter. 79 articles. 79 articles. Donc, c'est une proposition de loi qui est très dense, qui a été travaillée, et c'est ça qui est intéressant, qui a été travaillée de façon transpartisane avec des députés qui appartiennent à tous les groupes politiques, sans les extrêmes, de l'Assemblée nationale.
Sans cesse qu'aux signataires qui vont du groupe communiste au groupe droite républicaine. Et c'est une proposition de loi qui a été travaillée avec les associations, des collectifs, 63 associations, et ça fait des mois qu'elles travaillent ensemble. La ministre Aurore Berger a aussi travaillé sur ce sujet. Donc, nous, nous sommes prêts à légitérer. Qu'est-ce qu'il y a dedans ?
Est-ce que ça aurait pu empêcher l'affaire Liana, c'est votre proposition-là ?
Alors, ce qui est sûr, c'est que cette proposition de loi prévoit une réorganisation territoriale du traitement de ces affaires. Et on voit que dans l'affaire Liana, il y a des problèmes de transmission et de passage de tribunal à tribunal. Et donc, dans cette proposition de loi, il n'y aurait pas eu ce passage de tribunal à tribunal. On prévoit notamment que la compétence du tribunal pourrait être liée au domicile de la victime, et non pas uniquement au lieu de l'infraction, etc. Donc, il y a des choses qui pourraient effectivement améliorer le fonctionnement de la justice. Mais ce qui est intéressant, c'est que c'est une loi qui est vraiment, qui est à 360 degrés.
On parle aussi de l'éducation nationale. C'est pour ça qu'on parle de loi intégrale. Parce que l'on pense collectivement que la difficulté, justement, elle n'est pas à un niveau de la chaîne, mais que c'est quelque chose de systémique, de collectif, et qu'il faut tout traiter ensemble. On a fait beaucoup de propositions de loi en la matière.
Mais pourquoi avoir attendu si longtemps ? Alors, pourquoi elle n'est pas déjà en vigueur, cette loi intégrale qui fait consensus ?
Alors, parce que, on a... Alors, elle a été déposée récemment, elle a été déposée, je crois, en décembre dernier. Mais on a traité ce sujet par petits bouts. Il y a eu beaucoup de propositions de loi sur le sujet des projets de loi. On a parlé... On a voté des sujets de prescription sur l'ordonnance de protection. On en a rallongé les délais. On a voté des budgets pour avoir plus de téléphones graves dangers, pour avoir des bracelets anti-rapprochement. On a fait plein de choses. Mais on les a faites de façon éparse, sans vision globale.
Et on voit bien, aujourd'hui, et c'est l'affaire Liana qui l'illustre, malheureusement, de façon absolument terrible et dramatique, on voit bien qu'on a besoin d'avoir une réponse globale. Est-ce que vous vous sentez entendue par le gouvernement ? Et donc, pour être très concrète, moi, hier, j'ai saisi le Conseil d'État puisque la proposition de loi est sur le bureau de l'Assemblée nationale et donc c'est de ma compétence. Donc, hier, la lettre est partie de saisine au Conseil d'État qui va nous rendre son avis argumenté, juridique, pour nous dire exactement quelles sont les mesures qu'il faut corriger.
Nous pouvons continuer à dialoguer avec les associations, les collectifs, et je serais très heureuse que le Parlement puisse enfin dialoguer sur ces sujets-là avec le gouvernement. Et moi, ce que je demande, c'est que...
Pardon, ça, c'est une critique en creux du gouvernement ?
Oui, parce qu'en fait, j'entends, je suis désolée, mais je suis un peu en colère parce qu'aujourd'hui, j'ai entendu, et c'est très bien que le Premier ministre réunisse des ministres sur le sujet.
En colère contre eux ?
Non, mais il faut voir les choses globalement à nouveau. C'est le mesure global. Vous voulez dire que le gouvernement a pris les choses par le petit bout de la lorgnette et aujourd'hui, vous dites que ça suffit ? Et moi, je demande à ce que le Premier ministre reçoive les associations, reçoive les parlementaires, qu'on travaille ensemble. Il ne s'agit pas de dire moi, je saisis le Conseil d'État, moi, je saisis le Conseil d'État, on va faire ci, on va faire ça, chacun de son côté. On veut une réponse globale. Mais la réponse globale, elle passe aussi par une association du Parlement, des collectifs, des victimes, des associations, des magistrats.
C'est tout le monde qu'il faut embarquer parce qu'autrement, on n'y arrivera pas. Et donc, moi, ce que je demande au Président de la République qui, lui, constitutionnellement, a le pouvoir de convoquer une session extraordinaire et donc, je lui demande d'inscrire à l'ordre du jour de la session extraordinaire qui aura lieu au mois de septembre cette loi intégrale. Nous devions nous réunir à partir du 20-21 septembre. Je demande à ce que nous nous réunissions avant. Nous aurons à ce moment-là l'avis du Conseil d'État. Nous aurons eu le temps de nous concerter davantage avec le gouvernement, les autorités judiciaires, les collectifs d'associations, etc.
Nous serons prêts et nous pouvons légiférer dès le mois de septembre sur ce sujet-là qui est un sujet qu'on doit mettre en haut de la pile. Je pense que c'est l'autre sujet aussi. On parle d'agenda.
Vous engendez Sébastien Lecornu pour parler directement au président.
Moi, c'est le président de la République qui a la compétence de convoquer la session extraordinaire et c'est le président de la République qui est garant, qui est élu par le peuple français. Il s'agit d'un sujet d'intérêt national et c'est aussi peut-être là où le bas a blessé. C'est qu'on n'en a pas fait une priorité nationale. C'est une grande cause et c'est très bien et c'est formidable. Il fallait le faire. Mais on voit bien que c'est un sujet qui doit être en haut de la pile partout pour le ministère du sport, le ministère de l'éducation nationale, la justice, l'intérieur.
Ce que vous dites, c'est qu'il n'y a pas eu de prise de conscience au niveau de l'exécutif et aujourd'hui, vous dites que tout le monde doit se réveiller, ce sujet doit être prioritaire et d'ailleurs, on le voit aussi dans les mesures. En France, on est très en retard. Vous disiez, on est en retard sur les moyens de la justice. On est aussi en retard sur la prévention et l'accompagnement des enfants victimes de violences sexuelles. Quand on compare au modèle nordique, par exemple, où il y a des maisons de l'enfance où tous les services sont regroupés, les magistrats, les policiers, en France,
familles notamment qui justement ont des équipements spécifiques, des formations spécifiques pour recevoir les plaintes des enfants dans des conditions vraiment parfaites et donc, on a avancé mais on ne va pas assez vite et on est un peu submergé par le nombre de plaintes et le nombre d'affaires et donc, il faut vraiment passer à la vitesse supérieure. Moi, je ne dis pas qu'on n'a rien fait parce que j'en serais responsable aussi. Mais il faut aller plus loin, il faut aller plus vite, il faut aller plus fort et c'est un petit peu à ça que ça sert ces mobilisations-là.
Vous voyez, je pense que les hommes et les femmes politiques doivent être profondément à l'écoute du peuple et être en connexion avec ce qui se passe dans une société et aujourd'hui, écouter, croire, protéger, ce sont les images que vous montrez. Et vous déploriez que la manifestation
devant le ministère de la Justice a été interdite. Que faire concrètement face à ces pédocriminels récidivistes ? On écoute le garde des Sceaux Gérald Darmanin sur BFM hier soir.
Je pense que les pédocriminels sont incurables. Il y a plusieurs mois que j'ai dit que pour ma part, vouloir réinsérer des pédocriminels me paraissait contraire à la vérité de ce qui se passait. Je pense que notre réponse pénale en ce qui concerne les pédocriminels ne doit pas avoir comme but dans la prison leur réinsertion future mais on doit les priver, me semble-t-il, de liberté le plus possible.
Est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat de Gérald Darmanin et si oui, quelles conclusions faudrait-il en tirer ?
Écoutez, c'est des sujets évidemment extrêmement compliqués. Quand on voit l'état de nos prisons, on sait que de toute façon, on a beaucoup de mal à faire un travail de réinsertion vis-à-vis de quelques détenus que ce soit. On a des prisons et là aussi, on est les mauvais élèves de l'Europe. On a des prisons qui sont dans un état déplorable et les personnes qui effectuent les surveillants ont bien du mal à pouvoir effectuer leurs missions qui sont justement aussi de réinsérer. Mais là, Gérald Darmanin parle de pédocriminels incurables.
Est-ce que ça veut dire qu'il faut les mettre hors d'état de nuire définitivement sans chercher à les réinsérer ?
Ça dépend des situations parce qu'on sait par exemple qu'on a un certain nombre de pénaux criminels notamment sur des infractions intrafamiliales qui ont des taux de récidive extrêmement faibles et c'est notamment ceux qui sont incarcérés dans une prison spécifique en Corse à Casabianda et donc il faut regarder ça de façon extrêmement nuancée mais en tout cas tant que nos prisons seront dans un tel état je pense qu'on ne peut pas tirer ce type de conclusion parce que le travail de réinsertion malgré les efforts incroyables que font nos surveillants nos services de réinsertion nos médecins qui sont en prison ne peut être fait dans des conditions optimales vous savez moi en 2018 j'avais proposé alors ça ne concerne pas du tout ces cas-là mais pour les jeunes mineurs délinquants on crée des centres de détention allégés pour pouvoir procéder à des incarcérations et ça aurait permis de régler une partie bien évidemment pas tout de la surpopulation carcérale sur ce sujet-là là aussi le Parlement n'a pas été entendu
le 830 France Info Agathe Lambret Paul Larouturou
avec Yelbron Pivet présidente de l'Assemblée Nationale Patrick Bruel aussi Paul suscite enfin le cas Patrick Bruel suscite de l'émotion et des réactions
le chanteur est en garde à vue depuis hier matin dans le cadre d'une enquête pour violences sexuelles qui concerne à ce stade 13 victimes présumées indiquées le parquet de Nanterre on écoute Flavie Flamand qui a porté plainte mimée contre Patrick Bruel
avant moi et c'est ça qui est particulièrement dégueulasse et qui provoque une véritable indignation chez moi avant moi il y a des femmes qui pendant des mois pendant des années ont essayé de se faire entendre et il a fallu la médiatisation de ma plainte pour que les choses avancent
Yelbron Pivet vous avez déjà dit qu'à titre personnel vous n'iriez pas le voir en concert est-ce que vous vous dites comme Flavie Flamand il était temps ?
quand on voit le nombre de plaintes il est important que la justice puisse faire son travail et puisse enquêter donc c'est ce qu'on fait les forces de l'ordre et donc l'acte de garde à vue est toujours en fait lorsqu'il y a une personne qui est impliquée dans plusieurs affaires quelque chose qui est tout à fait habituel et classique et il est finalement assez sain que dans notre système judiciaire qu'on soit puissant ou misérable on soit soumis au même traitement et donc la justice suit son cours l'enquête se produit et donc on va la laisser faire son travail le plus sereinement possible ce qui est forcément difficile quand une affaire est à ce point médiatisée il a bien fait que les personnes en cause sont médiatisées mais en tout cas c'est bien et c'est rassurant pour nos concitoyens qu'ils sachent que la justice fait son travail quelles que soient les personnalités des mises en cause
est-ce que Patrick Bray l'a bien fait ?
il va pouvoir se défendre aussi il va pouvoir présenter aux forces de l'ordre sa version ses explications et c'est important dans un système un état de droit nous avons besoin de cet équilibre là il y a la parole des victimes il y a la parole des mises en cause et c'est maintenant le travail des enquêteurs de pouvoir se faire une opinion
est-ce qu'il est présumé innocent ? est-ce qu'il a bien fait de se mettre en retrait ? il ne participera pas aux enfoirés ? il a annulé ses concerts cet été ? est-ce que c'est une bonne décision ?
c'est une bonne décision c'est ce qu'il fallait faire lorsque l'on voit les mois et le nombre de victimes potentielles qui ont porté plainte il est important que l'on retrouve de la sérénité et le fait de maintenir ces concerts et ces événements publics empêchait de toute évidence cette sérénité là et donc je pense que c'est bien
est-ce que la question Yael Brom-Pivet de la prescription dans ce type de dossier se pose on parlait tout à l'heure des mineurs certains disent qu'ils veulent l'imprescriptibilité des crimes pour les mineurs aujourd'hui c'est 30 ans à compter de la majorité des crimes sexuels la question peut se poser aussi pour les majeurs quelle est votre position ?
Moi je suis opposée à revenir sur la question de la prescription l'imprescriptibilité aujourd'hui n'existe que pour une sorte de crime les crimes contre l'humanité c'est une spécificité considérant la nature hors norme de ces crimes concernant les autres crimes je pense que la prescription qui est un des fondements de notre droit est nécessaire et doit être sauvegardée pour les faits de victimes les violences sexuelles faites aux mineurs nous avons beaucoup progressé justement durant ce mandat en allongeant le délai de prescription à 30 ans après la majorité ce qui pousse le délai à 48 ans pour l'âge de la victime et je pense que c'est suffisant parce qu'il y a des amnésies traumatiques
et on ne s'en rappelle pas pendant 30 ans 40 ans
et nous avons travaillé aussi sur une prescription glissante en fait lorsqu'il y a un auteur qui commet plusieurs actes vis-à-vis de plusieurs victimes la prescription n'est pas acquise pour une victime quand bien même les faits seraient extrêmement anciens et cette prescription n'est pas acquise du fait de la survenance de nouvelles infractions par le même auteur donc je pense qu'on a été au bout j'entends ce débat sur l'intescriptibilité
notamment à cause de l'amnésie traumatique on peut se rappeler des faits des décennies plus tard
je l'entends
et il est trop tard
je l'entends mais il faut bien voir que si l'on si l'on dit à la victime qu'elle va pouvoir porter plainte de façon indéfinie et qu'il pourra y avoir un procès il faut bien voir que la constitution de preuve va être de plus en plus difficile à mesure que le temps s'écoule et donc il va être très difficile pour les magistrats de pouvoir entrer en voie de condamnation de pouvoir constituer tout simplement un dossier qui va leur permettre de se faire une opinion parce que nous sommes dans un état de droit et donc c'est une des raisons pour lesquelles il faut à un moment donné que la prescription puisse faire son oeuvre je sais que c'est très douloureux pour les victimes il y a des propositions qui peuvent être faites mais en tant que juriste en tant que tenante de l'état de droit moi je suis opposée à l'imprescriptibilité vous avez été avocate
d'ailleurs et on a quelques questions politiques avant la question qui un âge de départ à la retraite à 67,6 ans en 2070 c'est la piste explosive pour équilibrer les retraites que suggère le conseil d'orientation des retraites dans son nouveau rapport parce qu'on le sait le déficit sera beaucoup plus important que prévu en raison du recul de la natalité est-ce que un candidat devrait avoir le courage de dire qu'en 2070 on va tous partir à la retraite à 67 ans
alors ce qui est sûr c'est qu'un candidat doit avoir le courage de dire qu'on a un réel problème de financement de notre système de retraite du fait de problèmes tout simplement démographiques et de réduction du nombre de cotisants par rapport au nombre de retraités donc le problème il est devant nous on le sait tous c'est la raison pour laquelle nous avions légiféré en la matière pour retarder l'âge de la retraite à 64 ans maintenant je note dans le rapport je note dans le rapport du corps que ce qu'ils disent c'est si on ne bouge qu'un seul curseur qu'un seul curseur l'âge de la retraite nous devons aller jusqu'à 67 ans moi je crois qu'il faut bouger d'autres curseurs que l'âge de la retraite il y a évidemment le curseur de l'âge mais il n'y a pas que celui-là et c'est-à-dire qu'est-ce que vous voulez faire mais il y a la question du financement on entend et moi je suis assez favorable au fait de proposer une dose de capitalisation je suis aussi assez favorable pour qu'on regarde d'autres sources de financement du fait de la réduction de la population active on va avoir la révolution on l'a déjà de l'intelligence artificielle potentiellement il peut y avoir de la réduction à nouveau d'emplois dans notre pays dû à cette technologie-là et donc il faut qu'on revoie et qu'on repose les choses sur la table mais là aussi pas tout seul dans notre coin moi j'entends déjà certains candidats dire ça sera comme ci ça sera comme ça ça sera comme ça ça marche pas comme ça en fait il faut qu'on discute avec les organisations syndicales mais c'est surtout il faut qu'on noue un grand pacte avec les français autour de cette question de la retraite ça concerne tout le monde ça concerne les retraités qu'il faut probablement mettre davantage à contribution et c'est ce que je proposais lorsqu'on a examiné le précédent budget suppression de leur avantage fiscal de 10% non-indexation des retraites les plus élevées donc il y a cette mise à contribution et il faut aussi que l'on regarde comment on rééquilibre notre système
c'est l'heure de la question qui madame la présidente de l'assemblée ce matin la question qui Noam du nom de ce prénom de ce jeune de 19 ans mort après une agression à Metz ses proches dénoncent un crime homophobe plusieurs associations et la France insoumise vous demandent une minute de silence à l'assemblée nationale y êtes-vous favorable
écoutez on en discutera tout à l'heure en conférence des présidents dès que je vais vous quitter dans une heure je suis avec tous les présidents quelle est votre position ? écoutez c'est compliqué parce que pour le moment en tout cas pour le moment à date les enquêteurs n'ont pas retenu la circonstance aggravante
vous l'avez fait pour Quentin Deran alors que l'étude n'était pas l'enquête n'était pas finie non plus
et donc nous avons aujourd'hui une situation compliquée moi je vais proposer à la conférence des présidents de faire une minute de silence pour ce jeune homme Noam pour Liana et pour un gendarme qui est décédé ce week-end dans l'exercice de ses fonctions merci beaucoup il y a eu donc c'est la république on est en retard merci d'avoir répondu
aux questions de France Info merci Paul merci à toi
Yaël Braun-Pivet