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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 26 novembre 2012 11 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTransports

Jean-Louis Borloo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    L'UMP que vous aviez rejoint il y a 10 ans au moment de sa fondation, est-elle morte hier soir ?

  • 2:38OuverteRéponse directe

    Beaucoup d'anciens adhérents de l'UMP, parmi les 6 000 que vous avez, dites-vous, accueillis, ou en tout cas 6 000 adhésions que vous avez enregistrées depuis une semaine ?

  • 3:45OuverteRéponse partielle

    Pierre Méheniori, figure du centrisme, vous a rejoint. Il a annoncé son départ de l'UMP. Il y a quelques jours, il sera suivi, à votre avis, éventuellement, par les parlementaires ?

  • 4:36OuverteÉludée

    Nicolas Sarkozy, en pacificateur du conflit, vous y croyez, Jean-Louis Borloo ?

  • 4:52RelanceRéponse directe

    Jean-François Copé, par exemple, a dit qu'il ne laisserait pas refaire l'UDF. Je lui recommande de s'occuper de l'UMP.

  • 5:36RelanceRéponse directe

    Donc, l'UMP est voué à se fracturer, ou à scissionner, ou à se séparer en deux, ou à se dissoudre, ou à disparaître ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Invité politiqueFait
    « En tous les cas, elle est affaiblie. Elle est même très affaiblie. »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « Nous avons voté à l'unanimité notre ligne politique, nous avons un président élu à l'unanimité, nous avons des dizaines de milliers de nouveaux militants qui arrivent tous les jours »
  • 3:16Invité politiqueChiffre
    « Je revoyais un sondage qui est sorti chez un de vos confrères vendredi dernier, qui place déjà l'UDI comme la force politique préférée des Français, comme le Parti Socialiste, à la même hauteur, mais il y a moins d'avis défavorable, loin devant nos amis de l'UMP. »
  • 5:13Invité politiqueChiffre
    « 50% des sympathisants de l'UMP souhaitaient un accord avec l'UDI, et 50% avec le Front National. »
  • 8:05Invité politiqueChiffre
    « Il y a 2200 personnes sur le site, mais il y en a 22 000 en France, et la filière globale, c'est 75 000. »
  • 9:46Invité politiqueChiffre
    « 500 000 camions qui seraient transférés sur la voie d'eau, c'est des dizaines de milliers d'emplois dans le Nord »

Temps de parole

  • Jean-Louis Borloo77 %
  • Présentateur23 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen. Le président de l'UDI est notre invité ce matin. Bonjour Jean-Louis Bordeaux. Oui, bonjour. L'UMP que vous aviez rejoint il y a 10 ans au moment de sa fondation, est-elle morte hier soir ?

0:15
Jean-Louis Borloo

Ecoutez, en tous les cas, elle est affaiblie. Elle est même très affaiblie. Nous avons créé à quelques-uns l'UDI il y a peu de temps, au Parlement il y a 4 mois, à la mutualité il y a un peu plus d'un mois. Dans le cas d'une coalition avec l'UMP, nous souhaitions d'ailleurs prendre le leadership de cette coalition. C'est bien parti ? Je constate l'affaiblissement de l'UMP et donc c'est mon devoir aujourd'hui, face à un gouvernement qui ne prend pas les décisions qui s'imposent face à une crise dont j'imagine on va parler à l'instant. Il nous appartient, c'est notre devoir d'incarner aujourd'hui le leadership de cette opposition, cette foi forte et sereine dont le pays a besoin.

Jean-Louis Bordeaux, chef de l'opposition ce matin. Ecoutez, en tous les cas, l'affaiblissement provisoire de l'UMP est tel que nous avons une proposition politique assez simple.

C'est assez simple, nous avons voté à l'unanimité notre ligne politique, nous avons un président élu à l'unanimité, nous avons des dizaines de milliers de nouveaux militants qui arrivent tous les jours et nous essayons de rassembler tous ceux qui ont au moins la même vision que nous, c'est-à-dire une France ouverte qui n'a pas peur de l'avenir, qui ne veut pas de ligne Maginot dans la tête, dans les cœurs, autour des frontières, qui soit européenne, qui soit républicaine, qui soit respectueuse de l'autre, qui défend la liberté d'entreprise, qui croit au progrès économique et au progrès social.

1:57
Présentateur

Bref, le centre-droit, la droite modérée, contre la droite décomplexée de Jean-François Copé, c'est ça ?

2:04
Jean-Louis Borloo

Oui, et pour tout vous dire, c'était frappant, on avait à la mutualité samedi dernier, les nouveaux adhérents qui étaient là, la plupart d'entre eux n'ont jamais été encartés, beaucoup viennent, avaient voté François Hollande, et sont aujourd'hui terriblement déçus par la politique conduite par ce gouvernement, et d'autres viennent de la droite républicaine, effectivement, ou des gens qui défendaient une écologie, ou qui défendent une écologie responsable, un développement durable, et qui ne se retrouvent pas dans l'écologie politique actuelle.

2:38
Présentateur

Beaucoup d'anciens adhérents de l'UMP, parmi les 6 000 que vous avez, dites-vous, accueillis, ou en tout cas 6 000 adhésions que vous avez enregistrées depuis une semaine ?

2:49
Jean-Louis Borloo

Un peu plus que ça, mais en fait, vous savez, c'est tout simplement les gens qui ont envie qu'on regarde la France comme un pays qui n'a pas peur, qui sait qu'il est en mutation, qu'il y a des décisions à prendre, sérieuses, mais en même temps qui pensent que la peur, le repli sur soi, l'enfermement, n'est pas la réponse à notre pays. Donc, ils viennent un peu de partout. Ce qui est clair, c'est que, dans le cœur des Français, ça existe déjà fortement.

Je revoyais un sondage qui est sorti chez un de vos confrères vendredi dernier, qui place déjà l'UDI comme la force politique préférée des Français, comme le Parti Socialiste, à la même hauteur, mais il y a moins d'avis défavorable, loin devant nos amis de l'UMP. Donc, voilà, maintenant, il faut le structurer, l'organiser.

3:37
Présentateur

C'est bien. Vous, vous croyez au sondage, au moins. Pierre Méheniori, figure du centrisme, vous a rejoint. Il a annoncé son départ de l'UMP. Il y a quelques jours, il sera suivi, à votre avis, éventuellement, par les parlementaires ?

3:48
Jean-Louis Borloo

Ce qui est important, ce n'est pas ce qu'on va faire les parlementaires. Moi, j'appelle tous les Français qui souhaitent un pays ouvert, qui prépare l'avenir à nous rejoindre. On a compris. Il suffisait de cliquer parti-udi.fr.

4:04
Présentateur

On a parfaitement compris, et ceux qui sont dégoûtés par les chicaillades de l'UMP sont les bienvenus, c'est ça, vous leur dites bienvenue.

4:12
Jean-Louis Borloo

Ou approchement déçus par ce gouvernement, qu'ils soient ouvriers du public et du privé, abîmés, c'est le moins qu'on puisse dire, par les heures supplémentaires, et surtout, parce que j'espère qu'on va en parler deux minutes, de la situation économique et sociale actuelle.

4:26
Présentateur

Vous êtes avec nous jusqu'à 9h moins 5, ne vous inquiétez pas. Vous êtes avec vous aussi, je dois rassurer. Juste quelques mots encore sur l'UMP. Nicolas Sarkozy, en pacificateur du conflit, vous y croyez, Jean-Louis Borloo ?

4:40
Jean-Louis Borloo

Mais je n'en ai pas la moindre idée. Depuis longtemps, j'ai décidé une fois pour toutes de ne pas commenter ce qui se passait à l'UMP.

4:48
Présentateur

Bon, mais en revanche, l'UMP commente ce qui se passe chez vous. Jean-François Copé, par exemple, a dit qu'il ne laisserait pas refaire l'UDF. Je lui recommande de s'occuper de l'UMP. Oui, il y a eu le travail, effectivement.

5:01
Jean-Louis Borloo

Mais vous refaites l'UDF, comme l'a dit Copé ? Dans le même sondage, ce qui était frappant, parce que ce n'est pas un sondage d'intention de vote, celui de vendredi, du BVA, 50% des sympathisants de l'UMP souhaitaient un accord avec l'UDI, et 50% avec le Front National. Ça s'appelle réellement une fracture. Moi, je croise beaucoup de ces Français modérés, de centre-droits, de centres-gauches, qui ne se retrouvent ni dans le Parti Socialiste, ni dans l'UMP.

5:36
Présentateur

Donc, l'UMP est voué à se fracturer, ou à scissionner, ou à se séparer en deux, ou à se dissoudre, ou à disparaître,

5:44
Jean-Louis Borloo

puisque d'un côté, il y a l'UDI, de l'autre, le Front National. Ce qui est important, c'est les familles politiques et le projet. Ce ne sont pas les organisations techniques ou partisanes. Or, ma conviction, je vais vous la dire, c'est que les Français, dans cette période de mutation très grave, sont beaucoup plus généreux, qu'on ne pense. Beaucoup plus prêts à se retrousser les manches, qu'on ne pense. Beaucoup plus prêts à préparer leurs enfants à l'avenir, plutôt qu'essayer de se replier sur eux-mêmes. C'est ma conviction. Je pense que ça, c'est la vraie force politique de notre pays.

6:16
Présentateur

La question des appareils partisans va se poser, vous le savez, Jean-Louis Borloo, pour les prochaines échéances électorales. Est-ce que l'UDI, par exemple, a vocation à être partenaire ou concurrente de l'UMP, si cette formation survit ? Vous irez partout, sous vos couleurs, au municipal, ou est-ce qu'il y aura des listes communes avec l'UMP au premier tour ? C'est une question.

6:36
Jean-Louis Borloo

C'est une question, et la réponse est claire. Toutes les démocraties fonctionnent avec des coalitions. Toutes, vous avez la coalition du Front de Gauche, des Verts et du Parti Socialiste. Vous avez le principe, pour nous, qui est clairement affirmé depuis le début, d'une coalition avec l'UMP. Nous souhaitons simplement que nos idées, notre vision l'emportent et qu'on prenne le leadership intellectuel et politique d'une telle coalition. Dans certaines villes, il y aura des listes séparées. Dans d'autres villes, il y aura des listes communes. Ça pourra arriver. Ça dépendra des circonstances, bien entendu. Dans tout ce qui représente les...

Vous savez, ce grand tissu, je pense, au grand nord-ouest, toute une partie de la France, où, au fond, tout est passé à gauche, parce qu'il n'y avait pas d'offre modérée de centre droit. Ça, ce qui s'est passé, en réalité, nous avons vocation, clairement, à prendre le leadership.

7:35
Présentateur

Quelques questions d'actualité. Arnaud Montebourg annonce qu'il ne veut plus de Mittal en France. Il confirme travailler un projet de nationalisation transitoire du site de Florence et peut-être des autres sites, du coup, de Mittal en France. C'est une bonne idée ?

7:50
Jean-Louis Borloo

Écoutez, l'idée qui consiste à dire « je ne veux pas d'un tel ou d'un tel », présenté comme ça, n'est pas une bonne idée. En revanche, l'idée, et je pense que c'est ça le sujet, qui consiste à dire « la filière sidérurgique française doit vivre ». Il y a 2200 personnes sur le site, mais il y en a 22 000 en France, et la filière globale, c'est 75 000. Et que l'État, avec le FSI, avec des partenaires comme Eramet, AscoMetal, réfléchisse à un contrôle public transitoire, à condition de reprendre toute la sidérurgie, tout Mittal, et pas uniquement la partie qui est en difficulté. Parce qu'il y a des technologies extraordinaires chez Arcelleur Mittal.

À partir du moment où c'est un outil technique provisoire pour rebâtir, comme ça a été fait aux Etats-Unis, comme Raymond Barre l'a fait en 1978, comme Alstom, l'État était intervenu massivement, l'outil technique qui consiste à passer par un contrôle public provisoire ne me paraît pas inadapté. Voilà, je le dis clairement, moi je n'aime pas la nationalisation punition, en revanche, passer par un contrôle technique public transitoire pour bâtir une filière sidérurgique française me paraît adapté.

9:09
Présentateur

Autre question, Notre-Dame-des-Landes, pourquoi demander à votre tour la suspension du chantier contre, d'ailleurs, l'ensemble des élus de droite, les élus locaux qui ont soutenu ce projet d'aéroport ?

9:20
Jean-Louis Borloo

Ce qu'on a demandé, nous, c'est que l'ensemble des infrastructures, l'ensemble des infrastructures soient revues. Je m'explique. Il est surprenant de ne soutenir que l'aéroport de M.

Héros, alors que, comme ça, tranquillement, on vient de décider d'arrêter le canal Seine-Nord qui est absolument majeur pour l'emploi dans le Nord et pour le CO2, enfin, je rappelle, c'est 500 000 camions qui seraient transférés sur la voie d'eau, c'est des dizaines de milliers d'emplois dans le Nord pour faire des plateformes logistiques, arrêter le programme TGV, arrêter le programme de régénération ferroviaire, c'est-à-dire de mise à niveau des voies régionales ou des voies secondaires, Donc, si on fait Notre-Dame-de-Lande, il faut faire tous les grands projets qui ont été arrêtés. D'arrêter les tramways.

Non, mais, je veux dire, s'il doit y avoir un débat sur les infrastructures, de grâce, reprenons le débat sur l'ensemble des infrastructures et qu'on n'arrête pas nuitamment, discrètement, ce que sont, en fait, les grands programmes d'infrastructures durables de notre pays.

10:26
Présentateur

Jean-Louis Borloo, invité de France Inter jusqu'à 9h-5. On vous retrouve dans quelques minutes dans un instant, la revue de presse.