Antisémitisme, nouveau gouvernement... L'interview en intégralité de Fabien Roussel
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BFM TV face à face. Apolline de Malherbe.
Il est 9h32 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Fabien Roussel.
Bonjour Apolline de Malherbe et bonne rentrée.
Merci, vous êtes effectivement le premier invité de la rentrée. Je dois vous avouer que quand on s'est quittés tous, Gabriel Attal était Premier ministre mais venait de démissionner. Puis on se retrouve, Gabriel Attal est toujours Premier ministre, démissionnaire. On va évidemment dans un instant revenir sur ce que vous attendez des prochaines déclarations d'Emmanuel Macron et qui vous espérez à Matignon. Mais je voudrais quand même qu'on revienne d'abord sur ce que l'on a appris hier soir des projets de l'assaillant de la synagogue de la Grande Motte. Vous étiez d'ailleurs sur place dès samedi pour apporter votre soutien à la communauté juive.
On a appris donc hier soir que non seulement il avait incendié cette synagogue, il pensait qu'il y avait dedans des fidèles à cause d'un horaire sans doute erroné sur le site internet et il attendait, caché, muni d'une hache pour, semble-t-il, tuer. Le plus grave a été évité, a dit Gérald de Darmatin. Comment vous vivez ça, Fabien Roussel, aujourd'hui ? Qu'est-ce que vous voulez déclarer ?
D'abord, effectivement, moi j'étais à Montpellier pour nos universités d'été. Quand j'ai appris cet acte criminel, au départ, on n'en savait pas plus, j'ai tout de suite exprimé le souhait de pouvoir aller là-bas pour exprimer d'abord tout mon soutien à la communauté juive de la Grande Motte, mais aussi de toute la France, et puis mon soutien à la population de la Grande Motte et aux maires. Dans cette station balnéaire, franchement, un acte de cette nature, c'est traumatisant. Et c'est traumatisant pour toute la communauté juive de France, parce que les actes antisémites se développent, on va en reparler.
En tout cas, ce que j'ai vu sur place, puisque j'ai été constaté, ce qu'ils m'ont expliqué, c'est qu'effectivement, c'était un acte prémédité qui avait l'objectif de tuer, et de tuer beaucoup de monde. Il s'est trompé d'horaire, entre les heures d'été et les heures d'hiver, sur le nombre de personnes qui devaient être présentes à cette heure-là. Et il y avait quand même le rabbin qui était présent, il y avait cinq personnes à l'intérieur, et il était muni d'une arme de poing, et il y aurait pu y avoir beaucoup, beaucoup de victimes. Il y a quand même eu un policier municipal qui a été blessé. Mais en tout cas, il aurait pu y avoir beaucoup de victimes parmi la communauté juive.
Ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut pas sous-estimer ce qui se passe dans notre pays en matière de montée du racisme, d'antisémitisme, de climat de haine, et qui conduit à ce que des hommes, et j'espère que la justice pourra nous éclairer sur ses motivations, ce qui a conduit cet individu à commettre cet acte que je qualifie de terroriste. Que le parquet national antiterroriste s'est saisi. Tout à fait. C'est bien qu'il soit vivant, et qu'on puisse l'interroger, et comprendre ce qui le pousse, ce qui la conduit à commettre cet acte.
C'est extrêmement grave, et je veux pouvoir dire à tous nos compatriotes juifs de France, mais qu'ils doivent se sentir en sécurité et protégés dans notre pays.
Vous avez dit à l'instant le mot antisémitisme, vous avez dit le mot juif, vous avez dit qu'il ne fallait pas sous-estimer l'antisémitisme dans notre pays. Vous avez bien vu que depuis 24 heures, la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sont pointés du doigt par un certain nombre, non seulement de responsables politiques, mais aussi de responsables de la communauté juive. Rahim Korsia, le grand rabbin de France, dit que ce sont des larmes de crocodile lorsque Jean-Luc Mélenchon s'exprime. Gérald Darmanin va même juste à estimer qu'il y a une forme de responsabilité d'une partie de la gauche. Je voudrais que vous l'écoutiez.
On voit bien qu'il y a une partie de la gauche, malheureusement, qui tient ce discours d'encouragement, de haine envers nos compatriotes juifs, quand on n'est pas capable de qualifier d'antisémite ce qui s'est passé.
Quand on n'est pas capable de qualifier d'antisémite, ce que je disais, c'est que vous avez prononcé ce mot, vous avez prononcé le mot juif, ce que n'a pas fait Jean-Luc Mélenchon, qui parle d'une attaque contre les croyants, la laïcité. Est-ce qu'il y a une forme de responsabilité ?
Je trouve vraiment honteux de la part des responsables politiques, comme Gérald Darmanin, de dire que la gauche porte une responsabilité dans ce qui se passe. D'abord parce que je fais partie des responsables politiques qui ont construit cette coalition du nouveau Front populaire.
Et vous étiez immédiatement à la grande vote, comme vous le disiez à l'instant.
Je me suis rendu directement là-bas, comme l'auraient fait certainement les autres responsables politiques, s'ils avaient été à côté.
Oui, mais ne jouez pas la comédie, vous le savez très bien, il ne parle pas de vous, il parle de Jean-Luc Mélenchon.
Je vais vous dire deux choses. La première, c'est que dans le programme que nous avons construit et présenté aux électeurs et électrices de France, et j'y ai participé à la construction de ce programme, avec aussi place publique, puisqu'on était là tous les cinq autour de la table, nous avons mis, inscrit dans ce programme, noir sur blanc, que la lutte contre le racisme et l'antisémitisme étaient une priorité de notre combat. Et nous avons fait un chapitre à part, spécifique, concernant l'antisémitisme, en notant qu'il avait une histoire propre, particulière dans notre pays, que les actes s'aggravaient, et qu'il fallait augmenter les moyens pour pouvoir lutter contre ce fréau.
Oui, mais ça me frappe, Fabien Roussel, vous reprochez. Non, mais vous reprochez. Notre programme, il est clair là-dessus. Oui, votre programme est clair, mais... Tout comme Manuel Bompard, hier, lors de ses universités d'été, et au moment de... dans son discours de conclusion, il a commencé son discours, comme moi je l'ai fait d'ailleurs, à Montpellier, en rendant, en apportant toute sa solidarité, toute son émotion, Et c'est aussi pour ça qu'on commence cette interview par ça, parce que vous avez tous considéré que c'était un acte. En direction de nos compatriotes juifs.
Donc pour vous dire que nous, les responsables politiques, nous sommes d'accord sur le fait que c'est un fléau contre lequel il faut se battre et s'unir.
Fabien Roussel, vous dites, en gros, c'est un scandale que Gérald Denarmanin en fasse de la politique. Mais moi j'ai bien entendu votre première réponse. Vous avez dit, il ne faut en aucun cas sous-estimer ces actes. Vous savez très bien qu'en disant ça, tout le monde va penser. Qui a dit que l'antisémitisme était résiduel dans ce pays ? Jean-Luc Mélenchon. Donc vous-même, vous l'avez en tête.
J'aimerais bien que Jean-Luc Mélenchon et d'autres de ses députés, d'ailleurs, qui n'ont pas été clairs sur ce sujet, clarifient leur position. Et c'est à eux qu'il faut poser la question. Ce que je peux vous dire, c'est que dans le programme que nous défendons, dans le gouvernement que nous souhaitons mettre en place, pour nos concitoyens, pour la France, pour la République, nous voulons une République laïque et universaliste. Nous voulons augmenter les moyens pour lutter contre l'antisémitisme et le racisme. 300% d'augmentation d'actes antisémites dans notre pays.
Arfi, ce matin, il dit que c'est un pompier péromane, Jean-Luc Mélenchon.
Mais moi, ce que je veux dire, c'est que Jonathan Arfi, je l'ai rencontré hier. Il était à vos côtés, à la Grande Motte. À la Grande Motte. Je l'ai croisé de nouveau ce matin dans vos locaux. C'est que nous avons beaucoup de moyens à mettre en œuvre dans les sanctions, mais aussi dans la prévention. Beaucoup de personnes, de responsables de la Communauté juive de France disent que nous avons beaucoup à faire dans l'éducation de nos enfants, beaucoup à faire dans les clubs sportifs, beaucoup à faire dans les lieux de travail. Il y a un grand plan de formation de nos agents de la fonction publique, de nos associations sportives.
Il y a un plan qui a été présenté par Elisabeth Borne, première ministre, en janvier 2023, pour lutter contre racisme, antisémitisme. Un plan qui se déclinait en 50 propositions. Où on en est de ce plan ? Ça fait 18 mois, il n'y a aucune évaluation, aucun moyen qui a été mis en œuvre.
Donc vous demandez à ce que la loi soit renforcée ?
Donc moi je réponds à Gérald Darmanin, qui nous stigmatise et nous rend responsables. Je dis lui, lui qui est ministre depuis tant d'années, qu'est-ce qu'il a fait ? Qu'est-ce qu'il a fait concrètement comme moyen, lui et son gouvernement, en matière de formation, d'éducation, de prévention ? Comment se fait-il que nos enfants, collégiens, lycéens, tous, tous devraient avoir au moins une visite dans leur scolarité d'un lieu de mémoire, pour apprendre la guerre, le nazisme, l'extrême droite, la Shoah ? Tous devraient avoir la possibilité de le faire. Les principaux des collèges, des lycées, n'ont pas les moyens d'organiser ces visites.
Ça nécessite donc, en face de ces propositions, d'y mettre des moyens. C'est ce que nous, nous proposons. Nous, la gauche et les écologistes. Nous, nous voulons véritablement mettre les moyens pour que nos enfants, la France, la République, respectent chacun de nos concitoyens, quelle que soit leur couleur ou leur religion.
Partagez-vous toujours les mêmes valeurs avec Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel ?
Je partage un programme, et seul le programme compte, et nous avons inscrit dans ce programme les moyens que nous voulons mettre en œuvre pour lutter contre le racisme et l'antisémitisme.
Quand était la dernière fois que vous vous êtes parlé, Fabien Roussel ? Jean-Luc Mélenchon et vous ?
Ça fait très longtemps. Vous ne vous parlez plus ? Non, parce que moi je parle avec les responsables de la France Insoumise, et notamment Manuel Bombard.
Vous n'avez pas l'impression que c'est lui qui tire les ficelles de la France Insoumise ?
Non, pas du tout, parce que c'est avec Manuel Bombard, je vous dis qu'on écrit nous ce que nous faisons, et ça nous sert de base de travail pour un futur gouvernement, c'est sur cette base-là que nous travaillerons à construire des majorités. Alors précisément, parlons-en de cette majorité.
Je suis quand même surprise que vous ne soyez dans cette période politique. Vous ne vous êtes pas parlé, vous ne vous souvenez même plus de la dernière fois que vous avez échangé ensemble.
On échange avec l'ensemble des forces de gauche et écologistes régulièrement. On a passé nos vacances à travailler ensemble, à faire des visios avec Lucie Casté.
Il y a quand même ce qu'on appelle un éléphant dans la pièce, comme on dit en anglais.
Aujourd'hui, il y a un éléphant dans la pièce. C'est le peuple français. Et le peuple français, aujourd'hui, il est bafoué, méprisé. On ne l'écoute pas. Emmanuel Macron ne l'écoute pas, ne le respecte pas. Et s'il y a un éléphant aujourd'hui qu'on ne voit pas, c'est le peuple français. Et ce sont ses exigences de changement. Vous essayez de nous en tirer là-dessus, mais en l'occurrence, s'il venait de toute façon, Emmanuel Macron... Quand le sage montre la Lune, l'imbécile regarde le doigt. Allez-y, on peut s'étonner
que quelqu'un qui est aussi central que Jean-Luc Mélenchon dans le nouveau Front populaire, c'est quand même le premier à avoir pris la parole à 20h le soir des élections, et c'est quelqu'un avec qui vous n'avez plus d'échange. C'est quand même étrange dans une même famille politique.
Oui, mais ça, c'est le jeu médiatique. Vous pouvez me dire qu'il n'est pas central. C'est la personnalité de Jean-Luc Mélenchon qui aime bien aussi être sur tous les 20h.
Un gouvernement sans la France insoumise, est-ce que c'est souhaitable ? Est-ce que c'est acceptable ? Est-ce que finalement, au vu de tout ce qu'on vient de se dire, vous vous dites « bon, bah, c'est pas plus mal ».
Mais la question, c'est d'abord un gouvernement qui répond aux attentes de changement des Français. On rentre dans une crise démocratique extrêmement grave. C'est pas une crise institutionnelle, pour moi. C'est pas la question du respect des institutions, c'est le respect de la parole du peuple. Le peuple français, les Français ont voté aux élections européennes, aux élections législatives, et majoritairement, qu'ils aient voté à l'extrême droite ou qu'ils aient voté à gauche, ils ont dit « la politique d'Emmanuel Macron, nous n'en voulons plus ». Nous voulons du pouvoir d'achat, nous voulons des salaires, nous voulons des services publics, nous voulons de la sécurité, nous voulons tout ça.
Vous l'avez rencontré la semaine dernière, ils continuent à consulter aujourd'hui. Qu'est-ce que vous attendez d'Emmanuel Macron ?
Et Emmanuel Macron, le camp présidentiel, a dit, comme si en plus c'était de leur prérogative, bon, ils sont arrivés en tête, c'est vrai, c'est la coalition qui a le plus de députés, nous pourrions avoir un gouvernement du nouveau Front populaire, mais sans la France insoumise. Franchement, d'abord, c'est honteux de faire ça, je considère même que c'est de l'enfumage, parce que là, aujourd'hui, ils disent « sans les insoumis », demain, ils vont dire « sans les communistes » parce qu'ils mangent encore les enfants, après, ils vont dire « sans les écologistes » parce qu'on veut des corridors en France, et puis après, ça va être quoi ?
Après, ça va dire « on ne veut pas d'augmentation du SMIC », après, ils vont dire « oui, mais il ne faut pas qu'ils abrogent la réforme des retraites », etc. Aujourd'hui, je leur pose la question « qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils veulent supprimer le peuple ? Ils veulent supprimer les élections ? » C'est ça la question qui est posée quand même. Il y a eu des élections, des gens ont voté, ils ont mis en tête une coalition avec un programme, nous avons été clairs, nous sommes la seule coalition à avoir présenté notre programme de manière unie.
Eh bien, nous demandons, nous demandons à ce qu'une coalition et un gouvernement issus de cette coalition travaillent à la mise en œuvre de ce programme en construisant des majorités, en travaillant avec les organisations syndicales, la société civile. En construisant des majorités ? Mais bien sûr.
En construisant des majorités, mais qui irait jusqu'où ?
Mais en fonction des textes que nous allons aborder. Et d'ailleurs, la composition même de ce gouvernement, nous l'avons dit au président de la République, la composition même de ce gouvernement sera un gouvernement ouvert, ouvert, à d'autres groupes, ouvert à la société civile. Nous ne disons pas, nous, que c'est tout le programme du NFP, rien que le programme du NFP et avec un gouvernement du NFP. Non, non, mais parce que... Mais c'est tout le problème, parce qu'en effet, alors pardon de revenir à lui, mais c'est vrai que celui qui avait donné la ligne le sort même, c'est-à-dire Jean-Luc Mélenchon qui avait pris la parole
et qui avait dit tout le programme du NFP, rien que le programme du NFP.
Oui, mais vous, vous vous accrochez à ça ? Moi, je ne m'accroche pas du tout à ça. Si, si, vous répétez ça nous, nous disons qui dirige la coalition ? C'est nous. Qui sera première ministre ? Qui nous proposons ? C'est Lucie Casté. Lucie Casté ne dit pas ça. Nous ne disons pas ça. Ni moi, ni Manu Bompard, Ni Olivier Faure,
Ni Marine Tondeville. Vous n'êtes pas d'accord avec leurs propos.
Nous voulons construire un programme des réformes qui répondent aux demandes des Français. Nous voulons tout de suite, tout de suite, mettre en place le prérecutement de professeurs et de soignants pour nos écoles et pour nos hôpitaux. Nous voulons tout de suite augmenter les salaires des Français, du public comme du privé. Ça veut dire que nous allons tout de suite... Avec quel budget ? Nous allons tout de suite mettre à l'ordre du jour la hausse de 10 points du point d'indice des fonctionnaires pour que tous les salaires de la fonction publique augmentent dans les hôpitaux, dans les écoles, dans nos communes. Et en même temps... Avec quel budget ?
Et en même temps, nous allons demander aux partenaires sociaux de mettre en place tout de suite une conférence salariale, afin que... Et le SMIC augmente, mais aussi l'ensemble des salaires qui vont au-dessus du SMIC parce que tous les Français souffrent de salaires trop bas qu'ils soient au SMIC ou qu'ils soient dans les classes moyennes.
Avec quel budget ?
Nous allons mettre en place tout de suite une réforme...
Si vous n'avez pas le carnet de chèques...
Une réforme fiscale qui va mettre deux mesures à l'ordre du jour immédiate. Le rétablissement d'un impôt sur la fortune afin que les plus riches contribuent au financement de ces mesures. Et ensuite, une taxation des super profits afin que le capital participe aussi au financement de ces mesures. Ces deux mesures, nous rapporteront 30 milliards d'euros et nous proposons donc nous de ne... Alors ce ne sont pas les Français qui vont être taxés, c'est le capital et les grandes fortunes.
Parce que c'est des Français quand même.
Oui d'accord, mais ce ne sont pas les classes populaires, les classes moyennes, les PME, les TPE, ce n'est pas celles-là qui sont concernées. Ce n'est pas celles-là. Et donc c'est pareil, je tords le coup à ces rumeurs qui disent la gauche arrive, les impôts vont augmenter. C'est faux. Les plus riches, le CAC 40, les super profits, c'est ça que nous allons taxer. Et nous voulons répondre, nous voulons répondre aux attentes de toute la France, de nos services publics, des travailleurs, des services publics, c'est ça notre priorité.
La guerre, c'est quand même de pouvoir tenir le chéquier. Ça, c'est si vous obtenez une majorité pour voter un budget qui serait celui que vous venez de décrire. Est-ce que vraiment, vous pensez pouvoir avoir une majorité,
pouvoir échapper à une censure ? Mais maintenant, la balle, elle est dans le camp du président de la République. Qu'est-ce que vous lui dites là ? Puisque le président de la République, M. Attal, M. Béroud, M. Philippe, le camp présidentiel, disent un gouvernement NFP mais sans les insoumis. Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Bompard font un geste. Ils disent si ça bloque, on n'ira pas, on soutiendra sans participer. La balle est dans leur camp.
Nous demandons, je demande au président de la République, au camp présidentiel, maintenant, de dire qu'ils sont d'accord pour qu'il y ait un gouvernement dirigé par Lucie Casté pour mettre en œuvre le programme que nous avons présenté aux Français et de ne pas censurer ce gouvernement et de respecter la parole présidentielle qui nomme le Premier ministre, la Première ministre. Donc nous demandons à laisser le gouvernement du nouveau Front populaire de mettre en place un exercice budgétaire, de travailler et de laisser les Français jugent. Mais ce sont les Français qui sont les arbitres de ce gouvernement.
de ne pas censurer. Je reprécise les choses. Quand vous dites un gouvernement de Lucie Casté sans ministre LFI, vous avez acté l'idée qu'il n'y aura pas de ministre LFI. C'est acté. Il y aura des ministres communistes ?
Oui. Nous serons dedans. Nous ferons tout pour qu'il y en ait. Chez nous, on interroge les adhérents. Il y a une consultation. Nous sommes un parti démocratique. On les consultera. Mais nous ferons tout pour que ce gouvernement réussisse. En tout cas, la balle est dans le camp présidentiel. Si le président de la République nomme Lucie Casté, il faudra la laisser gouverner. Vous n'avez pas l'impression d'un grand bluff ? Mais le président de la République peut décider de nommer quelqu'un de son camp. Mais y compris de votre côté.
Est-ce que vous n'avez pas l'impression de jouer la comédie d'une première ministre ?
Non, mais la situation, elle est grave. C'est une crise démocratique dans laquelle on rentre. Bien sûr. Mais je veux dire, dans ce rôle de chacun qui prétend qu'il aurait
une majorité dont on ne sait qu'il ne l'a pas.
Les Français ont voté par deux fois. Il y a une cocotte qui boue dans notre pays. Les attentes qui sont énormes. Il y a 50% de femmes retraitées qui vivent avec moins de 1 000 euros par mois. L'inflation, elle est encore présente. Les maires de nos communes, je m'adresse à eux, les maires de nos communes aujourd'hui, comme chez moi, certainement les ont, on ne peut pas mettre en place le budget, on ne peut pas voter de budget pour 2025 parce qu'on ne sait même pas à quelle sauce les communes vont être mangées.
Est-ce que nous allons avoir des dotations en hausse indexées sur l'inflation comme nous le proposons nous à gauche ou est-ce que nous aurons des dotations encore gelées et donc impactées par l'inflation comme le fait le camp macroniste ? Mais vous vous rendez compte que la République, elle est bloquée et c'est bien pour ça que nous rentrons dans une crise politique, démocratique extrêmement grave et qu'il va falloir que le président de la République mesure la responsabilité énorme qu'il est en train de prendre en bloquant, en bloquant la démocratie dans notre pays.
Et ça pourrait se débloquer dans les 24 ou 48 heures. Fabien Roussel, un dernier mot, vous l'avez entendu, Ibrahim Malouf, le musicien, devait être membre du jury du film du festival du film américain à Deauville. Il a été écarté en raison d'un malaise, dit la directrice du jury pour des questions de MeToo. Il avait été pourtant innocenté par la justice. Il s'insurge. Il dit, c'est scandaleux, j'ai été innocenté, je n'ai pas été condamné et pourtant, on m'écarte pour des raisons morales. Comment vous voyez ce moment, Fabien Roussel ? D'abord,
vous m'apprenez cette information que je découvre complètement. Oui, je vous assure.
Vous n'avez pas écouté les journaux ce matin, pourtant vous avez dit avoir écouté...
Si, j'ai écouté les journaux, mais peut-être pas jusqu'au bout, mais en tout cas, ce n'était pas dans les premiers titres de l'actualité, donc je découvre, excusez-moi. Moi, je me réfère toujours en tout cas à la justice d'abord. Quand il n'y a pas de décision de justice, c'est difficile et effectivement, préventivement, les choix que nous faisons et qu'il est préférable de faire, c'est d'écarter les personnes qui peuvent être suspectées. Mais dans l'attente. Mais quand le jugement est tombé... Mais quand il y a une décision de justice qui est tombée, je pense qu'il faut d'abord les respecter.
Maintenant, moi, je ne connais pas les tenants et les aboutissants de cette affaire, donc je ne peux pas m'exprimer plus en avant.
Mais pour vous, la justice doit être
la référence. Si on ne peut plus tenir compte des décisions de justice et qu'on se permet d'aller au-delà ou qu'il y ait une deuxième justice faite, ça devient compliqué. Après, je sais aussi que chaque organisme, que ce soit une entreprise, un festival, une association, un parti, est libre aussi de dire, bon, certes, il y a eu une décision de justice, certes, il y a eu ça, mais on ne préfère pas. Ça, c'est la liberté aussi de chacun en République.
Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, merci d'avoir été mon invité ce matin. Il est 8h52. 1h50.
1h50. 1h50. 1h50. 1h50.
Fabien Roussel