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interviewC à vous (sur YouTube)· 4 février 2026 12 min

P. Lellouche, C. Jacob & A. Jardin : jusqu’où peut-on aller par amour ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - P.Lellouche: Vous n'êtes pas très bavarde, vous. - A.-E.Lemoine: On avait adoré J.Balasko et M.Blanc dans une pièce devenue un film culte avec T.Lhermitte, "Nuit d'ivresse".

Vous allez adorer C.Jacob Et P.Lellouche, qui reprennent au théâtre de la Madeleine leur rôle.

Il y a un chausse-trappe. Salut, Philippe et Alexandre! Bienvenue à tous les trois.

On est ravis de vous réunir ce soir sur le plateau de "C à vous" pour parler d'amour. "Nuit d'ivresse" est une comédie qui parle d'amour à sa manière. Une rencontre, en tout cas.

L'amour est votre sujet de prédilection, Alexandre. Vous êtes né pour aimer, c'est ce que vous avait dit votre père. - A.Jardin: Il m'a dit ça très tôt.

Il m'a très vite fait comprendre, quand j'avais 7-8 ans, que j'étais né pour ça et que le moment important dans ma vie serait le moment où j'allais m'éveiller. - A.-E.Lemoine: Et tomber amoureux. - A.Jardin: Il avait employé ce verbe, "s'éveiller". - A.-E.Lemoine: C'est ce que vous expliquez dans ce livre, que l'amour est un éveil de la civilisation. - A.Jardin: C'est la plus grande force d'éveil. - A.-E.Lemoine: Même si c'est une invention européenne culturelle, avec la parution des 1ers romans d'amour...

Bien avant, en Chine, il y a 3000 ans, il y avait une 1re tentative? - A.Jardin: Oui.

La plupart des gens qui nous écoutent pensent que l'amour fait partie, comme l'eau ou le feu...

C'est une invention culturelle. C'est la plus géniale des inventions culturelles. Toutes les civilisations ne rêvent pas les rapports à travers ce mythe extraordinaire du réveil.

Les Chinois ont démarré il y a 3000 ans. Ce sont les premiers qui ont écrit le mot. Pour écrire le kanji "amour", il fallait le concevoir.

J'ai voulu raconter le roman de la fille qui créé ce kanji. - A.-E.Lemoine: Cette fameuse princesse Xi.

On ne sait pas si c'est vrai ou pas, si c'est un mythe ou une légende, mais peu importe. - A.Jardin: C'est très compliqué de savoir. - A.-E.Lemoine: C'était essentiel de raconter ce mythe, justement parce que c'est un élan de vie, de rappeler l'éveil à l'amour, mais que c'est aussi très fragile comme sentiment? - A.Jardin: Je le fais parce que je suis pas d'accord avec ce qu'on vit.

Je suis pas d'accord pour vivre dans une société où l'amour n'est pas aimé. L'amour global...

Vous ne voyez pas d'hommes ou de femmes politiques qui parlent d'amour lorsqu'ils parlent de leur pays. Le 18 juin 40, c'est un acte d'amour pur. Mandela, c'est un acte d'amour pur.

C'est comme ça qu'il bloque la guerre civile. Est-ce qu'on est encore capables de basculer dans cette puissance de réveil, dans cette énergie qui a une force de transformation? C'est ce qu'elle fait, elle.

Au début, elle ne comprend rien. Elle n'a pas le concept. Quand elle le comprend et qu'elle le dessine, et que ça devient une épidémie, elle comprend que c'est la plus grande force de transformation de la société.

Quand on aime, on dit "je". - A.-E.Lemoine: On prend le pouvoir.

Vous avez connu le grand amour, une femme avec laquelle vous avez commencé à échanger pendant une autre épidémie, celle du covid. Un 1er commentaire qu'elle laisse sous un de vos posts. Dans la foulée, 6000 pages de messages en 10 mois.

Vous êtes fou amoureux. Vous êtes sûr que c'est la bonne. Vous achetez une maison pour abriter votre amour sans jamais la rencontrer.

C'est assez fou. - A.Jardin: Non, c'est pas fou, justement.

Dans un amour secondaire, c'est fou. Quand vous êtes dans un réveil très profond en face de quelqu'un et que vous accédez à votre puissance, à votre force poétique...

J'ai compris, à ce moment-là, que c'était pas une variation d'intensité ou de degré. C'est un changement de nature. C'est probablement là que ce roman est né, au moment où j'ai compris que j'avais rien compris, que j'avais toujours écrit ou fait des films qui rêvaient de ce que je ne connaissais pas.

Je ne savais pas ce qu'était cette puissance d'éveil. Vous pouvez entrer dans une agence et dire: "Je veux une maison pour une femme que je n'ai jamais vue." - A.-E.Lemoine: Vous auriez fait ça, vous, Catherine? - C.Jacob: Non! - A.-E.Lemoine: Pourquoi? - C.Jacob: Prudence. - A.-E.Lemoine: Philippe, quand vous l'avez croisée pour la 1re fois, il y a eu un coup de foudre...

Arrêtez de dire "non"! La parole n'est pas finie. Catherine fait "non" de la tête.

On peut avoir la version de Philippe? - C.Jacob: Il va mentir... - P.Lellouche: Dans la pièce ou dans la vraie vie? - A.-E.Lemoine: Dans la vraie vie. - P.Lellouche: C'est une comédienne absolument remarquable.

Il n'y a qu'elle. Je l'ai croisée à plusieurs reprises. On se disait "bonjour" poliment.

Même le "bonjour" peut mal se passer, avec elle. "Bonjour..." Déjà, là, il y a une marque d'affection. - P.Lescure: La route est large. - P.Lellouche: Dans son oeil, on détecte, je crois, quand il y a de la sympathie ou pas.

Au-delà de ça, elle a fait tout un tas de films marquants. A mon sens, elle est la seule à être ce personnage. Il y a C.Jacob, la Jacob.

Jacob, c'est un personnage. - A.-E.Lemoine: Vous arrêtez pas de dire qu'il dit n'importe quoi... - A.Jardin: Elle l'a pensé si fort qu'il l'a entendu! - C.Jacob: Je dois le projet à B.Castaldi.

Je ne savais pas du tout où j'allais. J'avais pas vu le film. Mais j'ai vu la captation.

La captation, c'est 2 amis. C'est des gens qui se connaissent extrêmement bien, J.Balasko et M.Blanc. - L.Sénéchal: Cette pièce créée en 1985.

C'était déjà sur la scène du Splendid. - J.Balasko: "Nuit d'ivresse", Ga commence dans un bistro.

C'est le seul endroit où peuvent se rencontrer des gens aussi différents que Simone, c'est-à-dire moi...

C'est un des costumes de la pièce. J'ai pas trop l'habitude de me promener comme ça. - Dommage! - Ca flatte le corps. - Moi, par contre, j'ai l'habitude de me promener comme ça, le soir, pour dîner, vers 19h30. - L.Sénéchal: Votre robe, il n'y a pas de photos.

Pour la voir, il faut la découvrir sur scène. - C.Jacob: Il faut payer.

On voit à quel point Josiane était très mignonne. On a écrit la pièce en essayant de la dévaloriser, mais on la voit dans sa robe rouge, elle est très chouchou. J'évite le strass...

Je fais dans le volant. C'est monstrueux! Je remercie la créatrice, une amie. - L.Sénéchal: Il n'était pas question pour vous d'imiter J.Balasko. - C.Jacob: C'est une adaptation.

On a rencontré Josiane 2 fois. Sous son contrôle, il y a eu des coupes. La pièce est beaucoup plus resserrée.

Elle fait 1 heure 25. Ensemble, on a vu des choses qu'on pouvait changer. Personnellement, j'ai rajouté plus de fautes de français, ce qui me fait marrer...

Ils sont tous les 2 titis parisiens. Il y a un son qui doit arriver tout de suite, un son Balasko-Blanc, et qui, après, est autre chose. C'est un endroit où il y a un autre personnage, le barman.

C'est un triangle isocèle, 3 personnes qui n'ont rien à voir. - A.-E.Lemoine: Et qui se rencontrent un soir dans un bar, dans une gare. - P.Lellouche: La gare Saint-Lazare. - A.-E.Lemoine: Ils sont pas censés se voir.

Votre personnage, un animateur télé, se fait plaquer par sa petite amie. - P.Lellouche: C'est un mec assez infect. - A.-E.Lemoine: Vous rêviez de jouer ce rôle? - P.Lellouche: Ouais.

Il est intéressant. Ce qui est très bien écrit dans la pièce de Josiane, c'est que, supposément, il est infect. Au fond, il cache tout un tas de blessures invraisemblables.

Il va tomber amoureux de cette simplicité qu'interprète Catherine. C'est la rencontre de 2 univers qui n'ont absolument rien à voir. L'idée est de rire avec la caricature d'un mec odieux au début et qui s'adoucit après. - A.-E.Lemoine: Entre-temps, ils vont vivre des péripéties incroyables jusqu'au bout de cette nuit d'ivresse.

Un réveil un peu compliqué, parce qu'il a tout oublié. C'est vous, Jacqueline...

Catherine, qui êtes tombée dans ce trou de mémoire. - B.Chameroy: Oui, Muriel. "Nuit d'ivresse", c'est une pièce et un film cultes, et des répliques qui le sont tout autant. - P.Lellouche: "Clac, l'affaire est dans le sac!" - B.Chameroy: Quelle est votre réplique préférée? - P.Lellouche: Celle du début de la pièce: "T'es pas très bavarde.

Sois belle et tais-toi! Enfin, surtout, tais-toi!" - B.Chameroy: Et la vôtre? - C.Jacob: C'est quelque chose que je dois à Josiane.

Elle nous a expliqué que ça venait de sa grand-mère. Il y a une petite phrase avant, qui est: "Je suis pas du genre à suivre le premier venu. Je suis pas celle qui s'allonge en lui demandant de s'asseoir." - A.-E.Lemoine: Conformément au texte de la pièce originale, vous faites une démonstration de majorette qu'il y a eu dans le film, dans un parking.

Là, ça a lieu dans un bistro. Faire la majorette sur scène, ça fait partie des beautés de ce métier. - C.Jacob: Oui.

Ce métier est une école d'humilité où, parfois, il faut mettre un peu la sourdine, donner son corps à la science et puis voilà, se lancer dans le vide! Je peux pas dire que ce soit follement gratifiant, mais c'est un délice de s'entendre se foutre de sa gueule. - P.Lescure: Rien que pour ça, on va y retourner! - C.Jacob: Ca fait une minute! - A.-E.Lemoine: Qui va passer dans l'histoire. - P.Lellouche: Elle le fait 2 fois.

Elle le fait une fois quasiment à blanc...

Elle le fait très bien. C'est très drôle. Il y a une réplique où je lui dis: "Tu devrais le faire avec la musique.

Ca donne de l'ampleur." Elle le refait avec la musique. C'est jouissif. - A.-E.Lemoine: Vous lancez haut le bâton? - C.Jacob: Je fais ça de façon un peu bidon...

C'est pas ça, le pire. - A.-E.Lemoine: Ca donne envie d'aller vous applaudir.

P. Lellouche, C. Jacob & A. Jardin : jusqu’où peut-on aller par amour ? — Christian Jacob · Pourquijevote