Hausse des franchises médicales : "C'est une piste sur la table", indique Aurélien Rousseau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
Saluez-vous ce prix Nobel ? Est-ce qu'il dit à une époque où le consentement à la vaccination peut sembler fragilisé ?
- 1:48RelanceRéponse directe
Pensez-vous que les jurés du Nobel ont voulu souligner la robustesse de l'ARN messager et répondre aux antivax ?
- 3:18RelanceRéponse partielle
Pourquoi avoir exempté les écoles privées de la campagne de vaccination papillomavirus ?
- 3:28OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est face à une nouvelle vague de Covid ?
- 4:40OuverteRéponse directe
Comment allez-vous convaincre les plus de 60 ans de se faire vacciner cette année ?
- 5:48RelanceRéponse directe
Pourquoi la France est-elle en retard sur la vaccination papillomavirus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« Je pense d'abord que c'est une très belle nouvelle et que ces deux chercheurs, Kathleen Carrico et Drew Weissman, ont changé la face de l'humanité il y a quelques années, parce que le vaccin ARN messager, tout le monde en doutait, et puis après tout le monde l'a voulu. »
- 1:30Invité politiqueFait
« Et concrètement, c'est ce qui a changé, qui nous a permis de stopper la pandémie, en tout cas dans l'ampleur qu'elle avait. »
- 1:52Invité politiqueFait
« Oui, c'est sûr qu'il y a quelque chose qui est incroyable dans le monde et en France en particulier, c'est qu'il y a toujours une suspicion généralisée au pays du vaccin. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Là, on est dans une reprise épidémique réelle. »
- 3:40Invité politiqueFait
« Donc, depuis hier, on peut à nouveau être vacciné. »
- 4:54Invité politiqueFait
« Je n'ai pas, pardon, d'objectif chiffré. »
- 5:04Invité politiqueChiffre
« parce qu'il y a eu encore l'an dernier des morts et des centaines de morts du Covid. »
- 5:13Invité politiqueFait
« Je leur dis qu'on a un vaccin qui est plus efficace, il est plus efficace que celui de l'an dernier. »
- 5:22Invité politiqueFait
« Il correspond parfaitement aux souches. »
- 5:25Invité politiqueFait
« On sait qu'on n'a pas d'effet secondaire. »
- 7:00Invité politiqueChiffre
« Il y a eu 300 millions de doses dans le monde. »
- 9:54Invité politiqueFait
« François Braun, il a fait le choix courageux d'en acheter. »
- 10:05Invité politiqueFait
« Les sociétés savantes, elles disent 10% parce que c'est une première et en France, le rapport, etc. »
- 10:10Invité politiqueChiffre
« Il y a 4 pays au monde qui achètent du Befortus. »
- 10:22Invité politiqueChiffre
« Il se trouve, et c'est une excellente nouvelle, qu'en maternité, on a un taux d'adhésion entre 60 et 80%. »
- 10:40Invité politiqueChiffre
« les cas les plus graves l'an dernier dans les 45 000 hospitalisations pour bronchiolites, ceux qui sont allés en réa pédiatrique, c'est les tout-petits, c'est des enfants de quelques jours. »
- 11:31Invité politiqueChiffre
« ce que je peux vous dire, c'est que depuis l'an dernier, on a mis 450 médicaments sous surveillance. »
- 11:49Invité politiqueChiffre
« la production de 25 médicaments stratégiques. »
- 12:03Invité politiqueFait
« aujourd'hui, d'un point de vue global, on a les stocks pour l'hiver, en matière notamment, vous citiez la moxiciline, donc l'antibiotique le plus courant. »
- 15:33Invité politiqueFait
« Il y a encore évidemment une armature et une couverture en médecin qui est exceptionnelle en France. »
- 16:11Invité politiqueFait
« En 2018, le président de la République, il a décidé de mettre fin au numerus clausus. »
- 16:47Invité politiqueFait
« Dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, deux mesures. Vous avez une cystite, vous pouvez aller chez le pharmacien. »
- 16:50Invité politiqueChiffre
« Les cystites, aujourd'hui, c'est 3 millions de visites chez les médecins. »
- 16:54Invité politiqueChiffre
« Une angine, vous pouvez aller chez le pharmacien, c'est 6 millions de visites. »
- 17:04Invité politiqueChiffre
« 26 millions de personnes qui posent ce qu'on appelle des lapins, qui ne viennent pas au rendez-vous. »
- 17:17Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, trois quarts de la population est dans ce qu'on appelle les communautés professionnelles de santé territoriales. »
- 18:15Invité politiqueFait
« D'abord, un arrêt maladie de plus de 3 jours, ça n'est pas rien. »
- 18:27Invité politiqueChiffre
« quand il y a 7% de plus d'arrêts maladie sur une année, on veut voir ce qui se passe et comprendre ce qui se passe. »
- 18:40Invité politiqueFait
« aujourd'hui, on regarde, l'assurance maladie regarde, ceux qui sont à x3 ou x4 par rapport à la moyenne. »
- 19:24Invité politiqueFait
« Il y aura des éléments sur le cannabis thérapeutique qui n'ont pas forcément besoin du PLFSS. »
- 19:39Invité politiqueFait
« On est comme beaucoup de pays, je le dis en Europe, qui avons expérimenté ça. »
- 20:13Invité politiqueChiffre
« Si on laissait tout filer comme aujourd'hui, il augmenterait de 3 milliards et demi, de plus. »
- 20:31Invité politiqueFait
« on doit faire des économies quand même. »
- 20:54Invité politiqueFait
« Oui, la réponse est oui. »
- 21:09Invité politiqueFait
« avec un plafond de 50 euros sur les deux. »
- 21:31Invité politiqueFait
« Moi, j'étais DG de l'ARS, directeur général de l'agence régionale de santé d'Île-de-France il y a quelques années. »
- 21:40Invité politiqueFait
« On diffusait beaucoup d'éléments là-dessus. »
Temps de parole
- Aurélien Rousseau67 %
- Invité16 %
- Présentateur11 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le ministre de la Santé et de la Prévention dans le grand entretien du 7-10. Question, réaction, amis auditeurs, amis auditrices, 01-45-24-7000 et l'application de France Inter. Aurélien Rousseau, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, beaucoup de questions à vous poser ce matin, mais d'abord, votre réaction au prix Nobel de médecine, décerné hier à la hongroise Kathleen Carrico, vice-présidente de BioNTech, et à l'américain Drew Weissman, professeur de vaccinologie à l'université de Pennsylvanie, pour leur contribution à la mise au point du vaccin à ARN messager et à la mise au point du vaccin anti-Covid. Saluez-vous ce prix ?
Est-ce qu'il dit à une époque où le consentement à la vaccination peut sembler fragilisé ou la suspicion à l'égard des vaccins s'est accrue ?
Je pense d'abord que c'est une très belle nouvelle et que ces deux chercheurs, Kathleen Carrico et Drew Weissman, ont changé la face de l'humanité il y a quelques années, parce que le vaccin ARN messager, tout le monde en doutait, et puis après tout le monde l'a voulu. Puis l'histoire personnelle de Kathleen Carrico, elle est juste exceptionnelle, cette femme née en Hongrie, partie avec son mari aux Etats-Unis, lui est ingénieur, il devient homme de ménage, sa conviction sur l'ARN messager l'a fait rétrograder à l'université. C'est aussi une histoire de ténacité, une histoire de femme, c'est voilà.
Et concrètement, c'est ce qui a changé, qui nous a permis de stopper la pandémie, en tout cas dans l'ampleur qu'elle avait.
Vous n'êtes pas dans leur tête, mais pensez-vous que les jurés du Nobel ont aussi voulu souligner, faire un message politique, souligner la robustesse de l'ARN messager et des vaccins qui en découlent et répondre par là même aux antivax qui ont beaucoup mis en cause ce nouveau procédé, cet ARN messager.
Oui, c'est sûr qu'il y a quelque chose qui est incroyable dans le monde et en France en particulier, c'est qu'il y a toujours une suspicion généralisée au pays du vaccin. Moi, j'étais il y a quelques jours avec les collègues ministres de la Santé à l'ONU, avec les collègues de l'OMS, quand on pense à tous ces pays qui attendent un vaccin, un nouveau vaccin contre la tuberculose, contre les tuberculoses résistantes, qui ont attendu pendant le Covid que la générosité aussi des pays du Nord pour en avoir, je me dis, on a des réactions quelquefois stupéfiantes. La vaccination, c'est la prévention et c'est le progrès tout de suite. On est sorti du Covid grâce à ça.
On peut peut-être éviter la bronchiolite dans quelques semaines parce qu'on a trouvé un traitement, un anticorps monoclonal qui va nous en protéger. On peut avoir une génération sans cancer du col de l'utérus dans 20 ans. Ça s'appelle le progrès. Alors, c'est sûr que c'est troublant. Et en même temps, les Français ont les directifs, etc. Quand on a lancé la vaccination RN messager fin 2020, début 2021, tout le monde en a voulu. Et là, on a les stocks de Befortus pour la bronchiolite.
On va y venir à la bronchiolite, mais quand même, vous dites, on en a fini grâce au vaccin, on a fini du Covid. Bon, pas tout à fait. Là, il y a les chiffres qui augmentent nettement ces dernières semaines. Est-ce qu'on est face à une nouvelle vague ? Est-ce qu'on est face à une nouvelle vague forte de Covid ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur l'état du Covid en ce moment ?
D'abord, j'ai dit qu'on en a fini avec la pandémie dans sa version la plus violente. Là, on est dans une reprise épidémique réelle. C'est pour ça que moi, j'ai décidé il y a 15 jours d'avancer de 15 jours la vaccination. Donc, depuis hier, on peut à nouveau être vacciné. On peut être vacciné avec un très bon vaccin. Je dis ça pourquoi ? Parce que l'an dernier, à la même date, on avait deux souches sur le territoire national. Aujourd'hui, on en a une qui est très largement dominante. Et le vaccin correspond à cette souche.
Donc, il faut absolument, pour les personnes fragiles, pour ceux qui sont en contact avec les personnes fragiles, pour les femmes enceintes, il faut faire ce rappel vaccinal. On n'a pas d'alerte sur la dangerosité particulière de la nouvelle souche. On a effectivement, on le voit tous autour de nous, pas mal de gens qui ont le Covid. Et il faut que, alors, je sais bien, ça paraît lassant à force de le dire, mais c'est le masque, les gestes barrières qui vont nous permettre de franchir cette étape-là. Et petit à petit, les immunités croisées, comme on dit, vont faire que l'impact sera moins fort. Mais pour l'instant, il faut protéger les personnes fragiles.
L'an dernier, seuls 20% des plus de 60 ans éligibles à la nouvelle dose en avaient reçu une. L'Ordre des médecins parlait alors d'un déficit d'engouement. Cette année, comment vous allez les convaincre alors ? Et est-ce que vous avez un objectif sur cette classe d'âge-là et en population générale, un objectif de taux de vaccination ?
Je n'ai pas, pardon, d'objectif chiffré. En tout cas, effectivement, 20, c'était un chiffre beaucoup trop faible. Et je pense qu'on a une responsabilité collective vis-à-vis des personnes fragiles, parce qu'il y a eu encore l'an dernier des morts et des centaines de morts du Covid.
Oui, mais en fait, on ne va pas les forcer. Donc comment vous pouvez convaincre ce matin ceux qui nous écoutent d'aller tout à l'heure se faire vacciner ?
Je leur dis qu'on a un vaccin qui est plus efficace, il est plus efficace que celui de l'an dernier. Il correspond parfaitement aux souches. Et on a un vaccin dont maintenant, on a trois ans de recul. On sait qu'on n'a pas d'effet secondaire. Et donc, il faut y aller. Et par ailleurs, on est dans un climat global où j'espère qu'on arrive à porter sur papillomavirus, sur la bronchiolite, sur le Covid, sur la grippe. Donc, il y a une dynamique où je veux montrer que la prévention, la vaccination, c'est le progrès.
Et que ça marche. La papillomavirus, je n'y arrive jamais. Le papillomavirus, c'est la grande campagne de vaccination que vous avez lancée hier. On rappelle que la France est très en retard. Seulement 42% des filles de 15 ans ont été vaccinées, 8% des garçons. Et si on compare par exemple à la Grande-Bretagne, c'est 80% qui sont vaccinés. L'Australie, c'est 90%. Ils ont quasiment réussi à mettre fin, à éradiquer le cancer du col de l'utérus, qui est donc le produit de ce papillomavirus. Vous avez donc décidé qu'en France, tous les enfants de 5e, garçons et filles, pourront être vaccinés avec l'accord de leurs deux parents. Tous les enfants de 5e, sauf les élèves du privé, même sous contrat.
C'est-à-dire 20% des élèves français. Pourquoi vous avez signé, ce n'est pas vous, c'était votre prédécesseur, avec le ministre de l'Éducation nationale de l'époque, Papendia, et pourquoi vous avez exempté les écoles privées, même sous contrat, de cette campagne de vaccination ? Pourquoi vous avez fait ça ?
Aujourd'hui, il y a 7000 collèges dans lesquels il va y avoir des opérations de vaccination, dont 1500 qui sont dans le privé. Et moi, évidemment à la fin, ce sont les enfants et leurs parents qui décident. Mon objectif, il est très clair, c'est d'avoir la meilleure info possible. Vous l'avez dit, c'est un vaccin sur lequel on a beaucoup de recul. Il y a eu 300 millions de doses dans le monde. Et tous ceux qui agitent quelque chose autour de, ça serait une incitation à la débauche ou que sais-je.
Ça c'est les écoles privées, parlons clairement. Et qu'est-ce qui se passe avec les écoles privées sur ça ?
Il y a un blocage ? Il y a quelque chose autour de, si on prononce les mots, ça protège de quoi ? Ça protège du cancer du col de l'utérus, du cancer de l'anus, du cancer du vagin, du cancer de la vulve. Peut-être que certains trouvent que c'est choquant de dire ces mots. Les enfants de 5e, ils ont tous entendu ça, qu'ils soient dans le public ou dans le privé. Et je vais vous donner un scoop. On injecte un vaccin, on n'injecte pas le démon. Donc du coup, moi je le dis, que les parents et les enfants en conscience ne veuillent pas faire la vaccination, je comprends. Mais que des établissements ou des structures disent qu'on n'organise pas, là on a un problème majeur.
Mais vous les avez aidés, parce que vous avez signé une circulaire pour leur dire que vous avez le droit de choisir.
Non, aujourd'hui il y a 1500 établissements privés, et on va vérifier qu'ils soient engagés. Et puis par ailleurs, c'est une campagne qu'on fera chaque année. Et donc moi je crois aussi beaucoup à ce qu'on peut collectivement progresser. Et oui, on peut éradiquer... Enfin c'est un angle mort, là, vous le reconnaissez. C'est un angle mort qui est à ce stade petit. Mais sur les 1500, il y a 7000 collèges, on a 200 équipes, on va vacciner dans les collèges. Pour l'instant on a une assez bonne...
Pourquoi vous ne caissez pas cette circulaire ? Pardon, je ne comprends pas. C'est vous-même qui signez une circulaire pour exempter les écoles privées, après vous nous dites c'est un angle mort.
Alors ça n'est pas moi qui ai signé de circulaire, je le redis. Parce qu'une campagne de vaccination, pardon, c'est une logistique énorme. Donc on est parti sur cette idée aussi, commencer une campagne par une polémique sur un petit sujet, enfin en volume, je parle en volume. Voilà, et moi je pense que la raison, au sens le plus noble du terme, va l'emporter sur tout le reste.
Aurélien Rousseau, autre sujet, la bronchiolite. Sanofi et AstraZeneca ont commercialisé le Befortus, traitement contre cette maladie. Alors là, succès foudroyant, vous tabliez sur 20% d'adhésion des parents, on est à 80%, il y a pénurie dans les pharmacies. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que vous dites aux parents qui n'en trouvent pas pour leur bébé ? Patience, ça arrive ? Ou il va vraiment falloir attendre ?
Alors d'abord, je retourne en arrière de quelques mois. Juste parce que mon prédécesseur, François Braun, en mars, les labos que vous avez cités, viennent le voir en leur disant, on a un traitement, on pense que ça va marcher, on n'a aucune autorisation, est-ce que vous en achetez ? François Braun, il a fait le choix courageux d'en acheter. Les sociétés savantes disent, on aura 10% d'adhésion parce que c'est une première. Les sociétés savantes, elles disent 10% parce que c'est une première et en France, le rapport, etc. Bon, François Braun fait le choix d'en acheter 30% de la classe d'âge, donc 200 000 doses. Il y a 4 pays au monde qui achètent du Befortus.
Aujourd'hui, n'aurait-on pas eu l'autorisation ? On serait en train de jeter des doses d'un truc qu'on aurait acheté qui ne marche pas ? Je pense que j'aurais une autre discussion avec vous. Il se trouve, et c'est une excellente nouvelle, qu'en maternité, on a un taux d'adhésion entre 60 et 80%. Et donc, à partir de là, c'est là que le politique, d'une certaine manière, doit reprendre ses droits et décider. Et moi, je me suis entouré évidemment de scientifiques qui disent, les cas les plus graves l'an dernier dans les 45 000 hospitalisations pour bronchiolites, ceux qui sont allés en réa pédiatrique, c'est les tout-petits, c'est des enfants de quelques jours.
Donc, la priorité des priorités, c'est les maternités. Donc, les maternités, elles auront du Befortus tout au long de la saison. Et il y a eu déjà 50 000 doses qui ont été mises en pharmacie. Croyez bien que chaque jour, à peu près, je parle aux dirigeants de ces labos pour augmenter les productions, pour en avoir plus, pour voilà. Mais en attendant, tous les nourrissons seront protégés, qui le voudront quand ils naissent en maternité.
Puisqu'on est sur les médicaments et les éventuelles pénuries de médicaments, est-ce qu'on va revivre les pénuries de médicaments de l'hiver dernier ? Est-ce qu'on trouvera, vous garantissez ce matin, qu'on trouvera du Clamoxil, de l'Augmentin, du Doliprane dans les pharmacies, dans cet hiver, ou ça va être la galère encore ?
Alors, ce que je peux vous dire, c'est que depuis l'an dernier, on a mis 450 médicaments sous surveillance. L'Agence nationale de sécurité du médicament surveille au jour le jour les stocks des pharmacies. Elle d'ailleurs, elle fera un point cet après-midi. Simultanément, on relocalise en France, et le président de la République l'a annoncé, la production de 25 médicaments stratégiques. Aujourd'hui, et c'est là qu'il faut toujours être dans les mots prudents, aujourd'hui, d'un point de vue global, on a les stocks pour l'hiver, en matière notamment, vous citiez la moxiciline, donc l'antibiotique le plus courant.
Mais par contre, on a des répartitions, et notamment les plus grosses pharmacies, qui ont fait des surstocks, comme ça peut exister. Donc, moi, j'ai pris la décision de redonner à ceux qui font la répartition, la responsabilité que toutes les pharmacies, y compris les plus petites, aient accès à ces stocks. Globalement, on a les stocks d'amoxiciline, on les a, et puis, évidemment, ça va dépendre de l'intensité des épidémies. C'est pour ça qu'on se bagarre sur la bronchiolite, c'est pour ça qu'on se bagarre sur la vaccination, sur la grippe aussi.
On passe au standard d'Inter. Bonjour, Michaela. Bonjour. Bienvenue, on vous écoute.
Merci. Bonjour, monsieur le ministre.
Bonjour, madame.
Je vais être rapide concernant le Covid long. Ce que j'aimerais savoir, c'est ce que vous comptez faire pour faire avancer la recherche française et donner le moyen aux médecins qui travaillent sur ce sujet de pouvoir aider les malades et leurs familles, qui sont quand même confrontés à une maladie qu'on connaît peu et qui a des répercussions très graves sur leur vie professionnelle, sociale, etc. Mais vous le savez.
Vous accompagnez vous-même un malade souffrant d'un Covid long, c'est ça ?
Oui, écoutez, je suis l'accompagne d'un malade qui souffre du Covid long depuis deux ans, dont la sœur souffre de Covid long, des formes graves de Covid long, et en étant vacciné, je précise. Donc, que faire ?
Que faire pour le Covid long ? Merci. Merci, Michaela. Aurélien Rousseau vous répond.
D'abord, le Covid long, ça existe. Donc, je le redis, oui. Et il faut le redire parce que, quelquefois, dans les premiers mois, on a semblé dire, les gens se font des idées où c'est dans la tête. Ce n'est pas dans la tête. Il y a des symptômes. Donc, on augmente les moyens de la recherche. Il y a des équipes de recherche dans des centres hospitaliers universitaires qui font un boulot remarquable. Le sujet aujourd'hui, c'est toujours pareil. On en reparlera peut-être sur l'endométriose. C'est que les médecins généralistes puissent orienter dans les bonnes filières de prise en charge.
Parce que de la bonne prise en charge de Covid long, ça peut être de la neuro, ça peut être de la kiné, ça peut être beaucoup de choses. Et on a, je le dis très simplement, on a encore à s'améliorer sur cette prise en charge. Mais il n'y a aucun déni sur le fait que c'est un sujet de santé publique, aujourd'hui, majeur. Henri, au standard. Bonjour, bienvenue.
Merci, monsieur le ministre. Je vis dans une ville de 12 000 habitants du sud de la France. Mon médecin traitant va prendre sa retraite incessamment, à la suite de trois autres récemment, non remplacés. Les quelques médecins encore en activité, exercent sur rendez-vous et sont dans l'incapacité d'accueillir de nouveaux patients. 6 millions de Français sont, semble-t-il, aujourd'hui privés de médecins référents. Pour ce qui nous concerne, les soins les plus accessibles se déportent peu à peu à 30, voire 50 kilomètres, en tenant des frais supplémentaires pour les patients.
Alors, face à cette avancée du désert médical, où ce sont les plus précaires et qui sont directement impactés, comment, monsieur le ministre, comptez-vous agir concrètement pour faire en sorte que le droit à la santé pour tous soit la norme et non pas l'exception réservée désormais aux plus aisés ?
Merci Henri pour cette question parfaitement formulée, à laquelle Aurélien Rousseau répond.
Bonjour monsieur. D'abord, on n'est pas dans la norme et l'exception. Il y a encore évidemment une armature et une couverture en médecin qui est exceptionnelle en France. Et oui, vous avez raison, il y a des territoires. Je le vois chez moi, dans le Gard, la recherche d'un médecin traitant, y compris pour des proches, et quelquefois, souvent, une galère sans nom.
Alors, on n'a que ça, sur l'appli d'Inter. Je vous le dis tout de suite. Ben, j'habite une ville de 40 000 habitants dans le sud-est de la France. Pas du tout un désert médical, mais cinq médecins partis cette année. Certains ont des accords avec la sécurité sociale. Timothée, je suis médecin généraliste dans les Hauts-de-Seine. Je vois mes collègues partir à la retraite ou retirer leur plaque sans être remplacé. Que comptez-vous faire pour sauver la profession ?
Sauver la profession.
Sauver la profession et lutter contre les déserts médicaux.
En 2018, le président de la République, il a décidé de mettre fin au numerus clausus. Donc, aujourd'hui, en formation, il y a beaucoup plus de médecins qui n'y en avaient. Et, simultanément, ce qu'on est en train d'organiser, de faire, c'est qu'autour du médecin, on a l'organisation des professionnels qui ne sont pas médecins, paramédicaux notamment, pour prendre en charge une partie de ces patients. Je prends deux exemples, parce que c'est parlant. Dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, deux mesures. Vous avez une cystite, vous pouvez aller chez le pharmacien. Les cystites, aujourd'hui, c'est 3 millions de visites chez les médecins.
Une angine, vous pouvez aller chez le pharmacien, c'est 6 millions de visites.
Qui donnera les antibiotiques.
Qui donnera les antibiotiques. Et puis, par ailleurs, on a aussi un sujet qui préoccupe beaucoup les médecins auxquels on veut s'attaquer, 26 millions de personnes qui posent ce qu'on appelle des lapins, qui ne viennent pas au rendez-vous. Et le cœur du cœur, c'est l'organisation entre les différents professionnels de santé en fonction de leurs compétences. Aujourd'hui, trois quarts de la population est dans ce qu'on appelle les communautés professionnelles de santé territoriales. Et on va organiser ça. Mais on a devant nous, et je ne vais pas le dire l'inverse, on a devant nous des années qui vont être tendues. Mais on s'organise. Et c'est aussi pour ça qu'on se bagarre.
Il faut 10 ans pour retrouver un nombre de médecins.
Oui, et puis par ailleurs, les nouveaux médecins ne travaillent pas de 7 heures à 23 heures. Mais on voit que là où ils s'installent, là où ils se mettent en groupe, ils se répartissent la tâche, ils se répartissent mieux la tâche. Et on arrive à avoir des prises en charge, notamment en les libérant des tâches administratives.
Monsieur le ministre, il nous reste 4 minutes et il y a beaucoup de questions. Je vais vous demander d'être court. On va accélérer vraiment parce qu'il y a beaucoup de sujets qu'on aimerait encore aborder avec vous. Une question, puisque vous parlez du PLFSS, du budget de la sécurité sociale. Les arrêts maladie de plus de 3 jours délivrés en téléconsultation ne seront plus acceptés. Vous voulez lutter contre les arrêts maladie et vous voulez mettre les médecins qui donnent trop d'arrêts maladie sous surveillance ? C'est ce que j'ai lu ou j'ai mal lu ?
Ça n'est pas exactement ça. D'abord, un arrêt maladie de plus de 3 jours, ça n'est pas rien. Donc oui, par téléconsultation, on veut les contrôler, sauf si c'est le médecin traitant qui les donne. Et oui, quand il y a 7% de plus d'arrêts maladie sur une année, on veut voir ce qui se passe et comprendre ce qui se passe. Parce que ces 7% d'arrêts maladie qu'on paye, c'est du fric qu'on ne peut pas mettre ailleurs dans le budget de la sécurité.
Vous avez une liste de médecins qui font trop d'arrêts maladie ?
Aujourd'hui, on regarde, l'assurance maladie regarde, ceux qui sont à x3 ou x4 par rapport à la moyenne.
Et ils sont quoi ? Ils sont mis sous tutelle ?
Non, il y a d'abord un médecin, un conseil de l'assurance maladie qui discute avec eux parce qu'ils peuvent avoir une patientèle qui est particulièrement difficile. Il n'y a pas de stigmatisation ou de mise à l'index. On doit discuter avec eux.
Sur le cannabis thérapeutique, une expérimentation a été lancée en France auprès de 3000 patients atteints de maladies graves et en impasse thérapeutique. Les conclusions, selon le monde de cette étude, ont montré des améliorations significatives des symptômes. Il n'y a pas d'effet secondaire inattendu, ni abus dans les usages, ni dépendance. Pas un mot sur le sujet dans le PLFSS. Pourquoi ?
Il y aura des éléments sur le cannabis thérapeutique qui n'ont pas forcément besoin du PLFSS. On va, à partir de la rentrée, à partir de janvier, mettre un cadre ad hoc. On est comme beaucoup de pays, je le dis en Europe, qui avons expérimenté ça. Et on n'a pas, à l'échelle européenne, d'autorisation de mise sur le marché parce que c'est compliqué d'avoir des données scientifiques. Mais globalement, vous avez raison, c'est concordant sur une certaine pathologie, des douleurs profondes, etc. Donc il y aura un cadre ad hoc et il ne va pas y avoir de rupture de la prise en charge avec du cannabis thérapeutique pour les personnes qui sont aujourd'hui prises en charge comme cela.
Vous aviez parlé de doubler les franchises médicales sur les médicaments et les consultations médicales. Finalement, dans le PLFSS, ça n'existe pas. Ça veut dire quoi ? Que les médicaments ne vont pas augmenter, pour être très clair ?
Alors, non, ça ne veut pas dire ça. Ça veut dire qu'aujourd'hui, on a le budget de la Sécu et de l'assurance maladie va augmenter de 8 milliards. Si on laissait tout filer comme aujourd'hui, il augmenterait de 3 milliards et demi, de plus. Donc on doit faire des économies quand même.
Ça veut dire, dites-nous exactement, les franchises vont augmenter ?
Donc on a dans le paysage toute une série de mesures et on en parlera, on en discutera au Parlement, parce que contrairement à ce qui est dit, il y aura bien un débat au Parlement sur ces sujets-là, puisqu'il y a dans les tableaux de chiffres du PLFSS, il y a des économies et on parlera de celles qui sont les plus pertinentes.
Donc il y aura des augmentations des franchises de médicaments ?
Oui, la réponse est oui. Non, je vous ai répondu. Il y aura le débat au Parlement, c'est une des pistes qui est sur la table. Et pour les consultations ? Et pour ces franchises, si elles sont faites, ce sera sur les médicaments et sur les consultations, avec un plafond de 50 euros sur les deux.
Dernière question sur la terreur du moment, les punaises de lits. On découvre qu'il y en a au cinéma, dans les TGV, dans les aéroports. Mathilde Panot, la députée insoumise, dit, ce que nous demandons, c'est que le punaises de lits soit reconnu comme un problème de santé publique. On arrête de dire aux gens de se débrouiller tout seul. Qu'est-ce que vous leur dites ? C'est un problème de santé publique aujourd'hui ?
D'abord, on ne dit pas du tout aux gens de se débrouiller tout seul. Moi, j'étais DG de l'ARS, directeur général de l'agence régionale de santé d'Île-de-France il y a quelques années. On diffusait beaucoup d'éléments là-dessus. Moi, ce qui me préoccupe, c'est que les gens ne se fassent pas gruger avec des boîtes qui leur font payer 2000 ou 3000 euros. Donc, il y a des gestes simples. Il faut d'abord qu'on reconnaisse que c'est vraiment des punaises de lits. Il y a des gestes simples et il y a des professionnels agréés. Il y a des abus quand on vous fait payer 2000 balles pour votre appart. C'est un abus.
Donc, il y a 450 professionnels ou 480 qui sont aujourd'hui agréés qu'on retrouve sur le site du gouvernement. Et on va essayer. Moi, je veux travailler à ça, notamment à la limitation de ces tarifs parce que là, il y en a qui se font du dos.
C'est un vrai problème de santé publique parce que tout le monde ne parle que de ça. Vous dites quoi ? Halte à la panique générale ? Ou non, il y a un vrai gros problème à un nom des gens ?
Je pense qu'il n'y a pas de motif à une panique générale. Mais quand vous êtes, et vous avez dû avoir autour de vous, quand vous avez des punaises de lits chez vous, c'est l'enfer. Et voilà. Mais il n'y a pas de panique générale. On n'est pas envahi par les punaises de lits. Ça n'a rien à voir avec l'immigration. S'il fallait le redire, je le redis. Voilà.
Ça n'a rien à voir avec l'immigration ?
Ça n'a rien à voir avec l'immigration. Ça n'a à voir avec la mobilité. Quand vous revenez de l'étranger, vous pouvez porter des punaises de lits en étant cadre et dans un avion tout nickel. Donc, ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, aujourd'hui, il y a des gestes simples. Si ça ne marche pas, il y a des entreprises agréées. Et on va travailler à ce qui n'est pas d'abus. Parce que les gens, après, dans ces situations-là, ils sont quelques fois prêts à payer des prix qui sont démons.
Merci. Merci, M. le ministre Aurélien Rousseau, d'avoir été au micro-dentaire ce matin.
Aurélien Rousseau