Emmanuel Macron appelle Israël à "renoncer à ses visées territoriales" au Liban
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le président du conseil des ministres du Liban, d'être venu aujourd'hui à Paris en cette période d'épreuve pour le peuple libanais. L'obtention d'un cessez-le-feu temporaire il y a quelques jours est un soulagement après plusieurs semaines d'un conflit meurtrier que le Liban et les Libanais n'ont pas souhaité. Je tiens à cet égard à saluer la mobilisation des Etats-Unis de plusieurs Etats de la région.
C'est aussi la preuve que l'approche courageuse poursuivie par votre gouvernement est la bonne. C'est la voie diplomatique avec les discussions directes que le Liban a proposé de tenir avec Israël et que la France à appuyer sans réserve, qui peut apporter des résultats tangibles pour les Libanaises et les Libanais. Je veux ici aussi saluer les décisions historiques prises par le président et par votre gouvernement pour établir la souveraineté de l'Etat sur l'ensemble de son territoire, ainsi que votre engagement résolu en faveur des réformes, malgré les défis exacerbées.
C'est nécessaire à toutes les composantes du peuple libanais. La priorité aujourd'hui est d'oeuvrer ensemble à la consolidation de cette trêve, qui demeure fragile, nous le savons. La France le sait et elle l'a ressenti aussi dans sa chair, puisqu'elle a perdu l'un de ses enfants, l'adjudant Florian Montauriau, samedi, dans une attaque inacceptable contre la finule, dont tout porte à croire que la responsabilité incombe au Hezbollah et pour laquelle nous attendons que les perpétrateurs soient arrêtés et traduits en justice.
Des mécanismes existent pour assurer la mise en œuvre du cessez-le-feu. Ils doivent être réactivés et la trêve devra être étendue afin de permettre l'amorce d'une véritable dynamique de stabilisation. Mais cette stabilisation durable du Liban et de la région ne pourra passer que par un retrait israélien du territoire libanais, un désarmement du Hezbollah par les Libanais eux même avec le soutien de la communauté internationale et la reconstruction du Liban, en particulier du sud-Liban afin de permettre le retour de l'ensemble des déplacés.
Cela implique que le Hezbollah, qui, je le rappelle, a fait une erreur stratégique majeure en entraînant le Liban dans la guerre, cesse de viser Israël et de prétendre se substituer à l'Etat dans l'exercice de ses prérogatives. Cela implique aussi qu'Israël renonce à ses visées territoriales et comprenne que la condition de sa sécurité est un Etat libanais fort et non une politique du chaos. La seule voie pour cela est celle d'un accord politique entre Israël et le Liban qui garantisse la sécurité des deux pays, l'intégrité territoriale du Liban et pose les jalon de la normalisation de leurs relations.
Monsieur le Président du Conseil des ministres, comme elle l'a toujours fait et le fera toujours, la France, vous le savez, se tiendra aux côtés du Liban dans ses prochaines étapes. La France vous soutient dans vos efforts pour répondre à la crise humanitaire et aux besoins des populations déplacées. Nous avons, à cet égard, engagé une aide humanitaire d'urgence afin de répondre aux besoins plus immédiats de la population civile.
Nous avons déjà acheminé jusqu'à l'aéroport de Beyrouth 60 tonnes de frais humanitaires. Nous participons activement au pont humanitaire euro-arabe qui s'est mis en place, et par le biais duquel nous acheminerons dans quelques jours près de 10 tonnes de matériel humanitaire supplémentaire. Nous poursuivrons cet effort et nous sommes également à l'initiative pour que la finule puisse s'intensifier son soutien aux opérations humanitaires au sud Liban.
Dans cette période difficile, nous devons aussi préserver l'avenir et la résilience du Liban face aux défis considérables auxquels il fait efface. La France s'engagera pour la reconstruction des zones touchées par les bombardements. L'avenir, c'est aussi la jeunesse.
Nous poursuivrons notre appui au fonds d'urgence pour l'éducation qui a été mise en place. Nous avons aussi décidé plusieurs réformes importantes pour permettre aux étudiants libanais, aux élèves libanais de poursuivre dans les meilleures conditions possibles leurs scolarités et être accueillis aussi dans nos universités. La France apporte aussi son soutien aux forces armées, aux forces de sécurité libanaises, y compris à travers son déploiement au sein de la Finule.
Nous avons tous conscience aujourd'hui plus que jamais de la nécessité que l'État libanais puisse exercer pleinement ses missions de souveraineté. Le monopole des armes ne se fera pas d'un coup de baguette magique, il s'inscrira dans une stratégie politique d l'ensemble, mais il faut relancer les efforts en ce sens. Nous nous tiendrons prêts à y apporter un appui concret avec nos partenaires régionaux et internationaux, en reprogrammant la conférence de soutien aux forces armées et aux forces de sécurité libanaises, dès que vous le jugerez utile.
Si c'est le souhait du Liban, la France se tient également prête à maintenir son engagement sur le au terrain après le départ programmé de la Finule à la fin de l'année, aux côtés de ses partenaires les plus mobilisés dans un cadre qu'il nous faudra définir ensemble. Monsieur le Président du Conseil des ministres, vous pourrez compter sur le soutien de la France car nous croyons dans la pertinence de votre action. La France a toujours été présente aux côtés du Liban, dans les moments critiques de son histoire et elle continuera de l'être.
Merci encore d'être aujourd'hui à Paris, merci encore pour l'action de chaque jour courageuse que vous conduisez et continuez de conduire pour votre pays. Vous nous savez à vos
Emmanuel Macron