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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 17 novembre 2025 14 min

"La politique économique du gouvernement est anti-entreprise", se plaint le vice président du Medef

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Toujours avec Lud Dragnel, Joseph Massescaron, Jean-Sébastien Ferge, Laticia Guinand a le plaisir d'accueillir Fabrice le Sacher. Bonsoir à vous. Vous êtes vice-président du MDF.

Vous représentez les patron les petits, les grands, pas que les grands d'ailleurs. On a aujourd'hui un sommet qui s'appelle Shoes France. On a l'habitude, ça fait 7 ans que ce sommet existe.

On a l'impression qu'aujourd'hui et c'est d'ailleurs Marc Fiorentino qui le dit, c'est plutôt pour encourager les patrons français à pas quitter la France que à faire venir les investisseurs étrangers. Mais bon, je lui laisse la formule. Euh en revanche, on a un premier ministre qui s'est adressé au chef d'entreprise en leur disant "Rassurez-vous, rassurez-vous.

Alors rien que de le dire, ça les fait flipper." Écoutez Sébastien Lecnu et je vous passe la parole. Les ministres ont besoin euh d'avoir des acteurs du monde économique qui parlent clairement, qui rassurent leur base sur les problèmes qui n'existent pas.

Comme l'a dit la ministre, vous avez des taxes qui n'existent pas. On fait peur actuellement à une partie du pays avec des taxes qui n'auront jamais d'application parce qu'elles ne sont pas constitutionnelles, parce qu'elles n'ont pas d'assiette. Ne vous inquiétez pas trop de ce qu'il y a dans le budget.

Avant tout, inquiétez-vous du fait qu'il y ait bien un budget. Ensuite, sur ce qu'il y a dans le budget, inquiétons-nous de ce qui peut vraiment y être. Pas de ce qui n'existe pas.

Voilà pour Sébastien Lecnu. Excusez-nous mais les bras nous entendombent. Alors, lesquels n'existent pas ?

Dine taxes. Donc, il faut être précis. Lesquels tax et lesquels vont sauter ? 53 milliards d'euros en plus après un budget l'année dernière où il y a eu 15 milliards d'euros en plus pour les entreprises 6 milliards pour les ménages, 15 milliards pour les entreprise.

Cette année, on est à 53. Sur les 53, quelles taxes sont celles qui adviendront et celles qui n'adviendront pas ? Pour le moment, ce sont des amendements qui ont été votés par l'Assemblée nationale.

Nous, nous sommes très cartésiens. On a pris notre calculatrice et c'est 53 milliards d'euros, c'est un record, on va être à 44 % de prélèvement obligatoire en France, un record. Donc, on a besoin d'activité économique.

En fait, le seul sujet qui doit nous occuper, c'est comment on produit plus en France pour gagner plus en France. Ça intéresse tous vos spectateurs. Comment on peut gagner plus en produisant plus, en ayant des services, des biens manufacturers qui ont une plus forte valeur.

C'est de l'investissement, c'est de l'innovation. Mais si on pompe les entreprises tout le temps pour de la fiscalité, pour ne pas réduire les dépenses, elles vont pas beaucoup innover, elles vont pas beaucoup investir. Ce qui veut dire que vous êtes dans une position d'attentisme totale parce que quand vous avez quelqu'un qui vous dit confiance, alors là c'est panique à bord franchement.

Non mais soyons sérieux, les chiffres montrent qu'il y a sauf le 3è trimestre un ralentissement des investissements privés en France. D'ailleurs, les ménages, c'est la même chose hein. Il y a une augmentation de l'épargne qui est très importante et donc et donc ça veut dire que ni les particuliers ni les entreprises n'ont de visibilité, non de confiance dans ce budget.

Et ce qui est important, c'est d'être très au clair sur ce qui va se passer parce qu'on peut pas dire au chef d'entreprise aujourd'hui mais attendez vous verrez le Sénat il va détricoter mais il va détricoter quoi ? Qu'est-ce qui va rester ? Parce que si on commence avec une douloureuse à 53 milliards d'euros et qu'on termine avec une petite addition à + 20 milliards d'euros après plus 15 milliards d'euros, chez nous ça fait plus 35 milliards d'euros en en calcul.

Donc c'est terrible concrètement ça veut dire gel des investissements, gel des embauches, gel de tout en réalité. Oui. Le chômage remonte.

Le chômage remonte. Et si et surtout même si on se place dans la perspective de l'État des recettes fiscales, lorsqu'on tape les entreprises, on fait chuter les recettes fiscales. Je prends un exemple très simple. taxe sur les aéroports.

Aujourd'hui, quatre fois moins euh de euh passagers en France que chez nos voisins. Lorsque vous rajoutez 120 € sur un euh billet d'avion euh long courrier et euh plusieurs euros sur des courts courriers ou des vols intérieurs, et ben vous avez une chute et vous voyez que les lowcaust vont ailleurs, que les hubs se font ailleurs. Je prends cet exemple de l'aérien, mais vous pouvez multiplier sur tous les secteurs puisqu'on a des taxes sectorielles dans l'agroalimentaire, on a des taxes sectorielles quasiment partout aujourd'hui.

Et donc ça s'empile, ça s'empile, ça s'empile et en même temps on fait pas les réformes. Où sont passées les économies ? Avis de recherche.

Où sont passées les économies avis de recherche sur ses news et Europa ? Une question de drang. Alors Fabrice, le sachez comment est-ce que vous qualifierz la la politique actuelle du gouvernement politiquement ? anti-entreprise.

Aujourd'hui, c'est anti-entreprise très clairement. On a euh mis, on a tourné la page de la politique entre guillemets, de l'offre qui avait produit quelques effets puisque le chômage avait baissé. Oui.

Oui. Mais le chômage a baissé en France entre 2017 et 2024, il a baissé. On a eu un sol de net d'usine faiblement mais plus 316 usines entre 2017 et 2024.

Il y a eu des choses parce qu'on s'est battu pour ça. Il y a eu la flat taxe qui a permis de rendre plus attractif l'investissement en capital, même si la France c'est un des pays pour le rendement sur le capital qui est le plus faible d'Europe. Mais on s'est battu sur ça, on a réussi à supprimer l'ISF, on a baissé un peu les impôts de production, on a réformé le marché du travail, la valisation des prédom et tout ça a eu un un effet et c'est ça qu'on est en train de mettre à la poubelle bien sûr.

Mais mais alors parce que le MEDEF est supposé proche de la politique d'Emmanuel Macron. Euh si on schématise aujourd'hui, quel est l'état de vos relations avec Je termine juste ma question. Quel est l'état de vos relations avec euh le ministre de l'économie des finances, le premier ministre, ministre du budget, comment ça se passe ?

Ça se pose pas du tout comme comme ça. Nous, on n'est pas proche de de partis politiques. Nous, on est libre, on est indépendant, on est proche d'une politique économique qui qui peut fonctionner.

Et donc nous, on est proche de la politique de l'offre, c'est-à-dire qui renforce les entreprises, qui permet aux entreprises de se développer, de recruter, de payer mieux, d'investir, d'innover. on est proche de ça et donc que ça soit le président de la République, que ce soit François Hollande en 2017 avec le avec le CICE qui le fait, nous on salue quand il y a des avancées pour les entreprises et donc on se positionne pas politiquement. Joseph Massescaron, je vous vois perplexe.

Non, non, mais je j'entends très bien cette argumentation qui est justement de mettre le curseur non pas sur les hommes ou sur le mais sur la politique économique. Je voudrais juste revenir sur une question qui est quand même une question qui vous concerne en premier lieu, c'est la dette. Est-ce que vous avez été étonné de la sortie de monsieur le maire, ministre de l'économie pendant longtemps sur la dette sur les investissements qui les avertissements pardon qu'il avait adressé à Emmanuel Macron ?

Si on prend la dette depuis 2017, un peu plus de 800 milliards d'euros de dette, 44 % c'est les retraites. Pas monsieur le maire qui a créé le système de répartition. Le sujet de la dette, c'est majoritairement, il y a bien d'autres choses, mais c'est majoritairement les retraites.

C'est pour ça que nous on pousse absolument à réformer et je dirais qu'aujourd'hui vous couvrez les retraites seulement à 2/ tiers avec des cotisations. Ça veut dire que pour un/ers des retraites, vous êtes obligé de vous endetter ou trouver d'autres ressources. Tant qu'onadresse pas le sujet des retraites que tous nos voisins ont fait, d'ailleurs en changeant l'âge légal de départ souvent autour de 67 ans, on aura de l'endettement ou alors il faudra baisser les pensions ou augmenter le coût du travail.

Et donc cette suspension de la réforme des retraites par exemple n'est pas de nature à stabiliser la situation des finances publiques. D'accord. Il y a juste quelque chose, pardonnez-moi, euh je suis beaucoup plus vieux que vous et je me souviens qu'il y a une époque je sais pas très jeune dans votre tête.

Oui, dans la tête. Mais je me souviens que il y a une époque, pardonnez-moi, où le patronat donnait le sur les thématiques, les thématiques qui permettaient de renouveler les les problématiques à gauche, à droite et cetera. Et notamment, il y avait une thématique qui était cher au patronat, c'était justement la question des retraites, la différence entre publique et privé.

Et ça vous avez totalement abandonné cette thématique. Je voudrais savoir pourquoi. Non, on l'a pas abandonné mais peut-être qu'on n pas suffisamment mais justement je suis là ce soir et donc je le dis, on a absolument on a absolument pas abandonné toutes les différences entre secteur public et secteur privé sont fondamentales mais néanmoins on est pragmatique.

Aujourd'hui, on gère un système complémentaire qui s'appelle agir carco qui est équilibré qui fonctionne plutôt bien. Et donc nous ce qu'on souhaite c'est avec un agenda autonome de négociation avec les syndicats, c'est avancer sur les sur les sujets. Mais très souvent on a l'État qui vient s'imisser dans ces discussions et pas de la meilleure des façons.

Quand voulait remettre la main sur Bah bien sûr parce que c'est un système qui fonctionne donc si c'est pour faire quelque chose qui fonctionne pas le sach. Vous voulez pas faire de politique au sens de soutenir X ou X, mais ce que je comprends moins en réalité, c'est que vous ne faites peut-être pas assez de politique parce qu'on voit bien que tous les débats français, ne serait-ce que la culture économique du pays, est-ce qu'il ne faudrait pas à un moment beaucoup être beaucoup plus offensif que ce que vous faites ? Y compris d'ailleurs parce que on a entendu que cit la politique de l'offre.

Enfin, on a quand même pas fait grand-chose pendant les quinquena. Vous parliez des chiffres du chômage, ils ont évolué exactement comme la courbe du chômage au niveau européen. Est-ce qu'il faut pas être beaucoup plus offensif pour dire mais ce qui m'a et assumer finalement un gros mot le capitalisme libéral ?

Moi je suis pas là pour défendre qui que ce soit. Moi je vous dis ce sont les entreprises. Non mais politiquement politiquement les entreprises.

Nous ce qu'on a fait c'est qu'on a créé depuis 2017 plus de 2 millions d'emplois. C'est un solde net. Dans ça, il y a beaucoup d'apprentis et d'alternants et je pense qu'on doit tous se féliciter d'être passé de 300000 apprentis dans notre pays à 1 million parce que c'est pas avec des a simplement que vous boostez l'apprentissage.

Si un jeune il a pas envie de choisir cette voie, c'est pas parce qu'il y a l'entreprise qui a une une compensation qui va choisir cette voie. Donc il y a une révolution culturelle sur l'apprentissage, il y a une révolution culturelle sur l'entrepreneuriat et le MEDF y est pour quelque chose. Il y a beaucoup de jeunes qui ont envie de réussir dans ce pays et d'ailleurs on les entend pas suffisamment.

On entend toujours des gens qui se plaignent mais il y a beaucoup de gens qui ont envie de réussir et le parti des gens qui ont envie de réussir et qui ont envie que ce pays produise innuve, il est plus important que celui qui que le parti de ceux qui veulent bloquer. C'est une grande partie aujourd'hui de l'ascenseur social. C'est par l'entreprise en fait qu'il se fait et pas par l'éducation.

Mais alors donnez-nous une seule raison aujourd'hui pour rester en France pour une entreprise. [rires] Allez-y prouvez. Non, mais il y il y en a beaucoup parce que on on parle pas de rien.

Il y a quand même on est en train on a accueilli aujourd'hui le président de DF. Ce qui est en train d'être fait sur le nucléaire, donc sur le prix de l'énergie, c'est un avantage comparatif français et de redéployer des réacteurs. Donc il y en a six et peut-être plus et il y a des équipes à PANL qui sont en train déjà, il y a 1000 personnes à PanLe qui sont en train de terrasser, de travailler.

Oui. Bah l'énergie c'est un des facteurs de compétition. On a des grandes banques, on a un secteur financier qui est puissant que certains voulaient, c'était même leur leur ennemi, mais c'est une force de de de la France.

On a des un secteur aéronautique qui est extrêmement puissant. On a un secteur cosmétique, on a des industries de la mode et du luxe. D'ailleurs, c'est incroyable de voir que on est leader mondial dans ce secteur et qu'on a des taxes qui visent des objets de de luxe, hein, puisque c'est fameuse if impôt qui fait son grand rentré dans le dictionnaire français de la fiscalité, la fortune improductive.

Ça vise la joillerie. On a des grands joyers français. C'est hallucinant.

C'est ce qu'on exporte. C'est un savoir-faire. C'est notre culture, c'est une tradition.

Et donc on le voit surtout le réflexe de l'attaque, c'est des buts contre notre camp. Fabrice, le sachez. Qu'est-ce que vous dites aux jeunes qui veulent entreprendre, qui veulent se lancer dans l'entreprise ? leur dit tout n'est pas foutu dans ce pays, on peut encore réussir.

Mais par contre, il faut choisir des filières à forte valeur ajoutée. Par exemple, bah par exemple, si vous êtes dans le transport routier, vous avez 1 ou 2 % de marge aujourd'hui, c'est difficile. Si vous êtes dans le dans les services, dans le trading, dans les industries de la mode et du luxe, vous avez des marges beaucoup plus élevées et donc proportionnellement les charges, les impôts, la fiscalité sont moins fondamentales dans le modèle économique de votre entreprise.

On est condamné à ne pas être une économie low cost. On est condamné à être une économie qui crée beaucoup de valeurs. Les industries de l'armement, de la défense, forte valeur ajoutée, l'aéronautique, je l'ai dit, forte valeur ajouté et cetera.

Et il y a pas un sujet sur le coût du travail, vous l'évoquez, les charges qui pèsent sur les salaires, les gens ne vivent pas de leur salaire aujourd'hui et c'est le vrai problème de ce pays. Ben oui, il y a une étude de l'FCE parce que à longueur de journée, on a l'impression qu'on vit dans un enfer social. On est le pays le plus redistributif.

Euh l'OFCE a fait, on peut pas accuser l'OFCE d'être parti prix, a fait une étude. C'est en France dans le partage de la valeur que les salaires ont le plus augmenté dans le partage de la valeur. Parce qu'on dit les actionnaires se gavent, c'est des dividendes à gogo en France, c'est pas du tout euh vrai.

Il y a des dividendes mais parce que on va pas se plaindre d'avoir des fleurons un CAC 40 qui est présent dans le monde entier et d'ailleurs il fait très largement ses profits ailleurs qu'en France. Tant mieux qu'il les ramène en France. On devrait les applaudir.

Et sur les salaires, comment on fait ? Et sur les salaires, ben on a une différence entre le net perçu et c'est pour ça qu'on a sorti une calculatrice au MEDF pour que les gens rentrent leur salaires et voient ce qui toucherait en net dans un autre pays en Allemagne, en Italie, en Espagne. Et pourquoi il y a ça ?

Parce qu'il y a des choses entre les deux. Il y a des choses entre les deux. À de à 3000 € c'est plusieurs centaines d'euros en plus en être dans votre poche.

Pourquoi ? Parce que entre les deux, entre ce que l'entreprise pay, ce que le salarié reçoit, il y a des cotisations. Dans les cotisations, il y a tout le modèle social français, les retraites, la famille et cetera.

Est-ce que la famille c'est du ressort au strict auens du monde du travail ? Peut-être pas. c'est la solidarité nationale et on n' pas revu ça depuis des décennies et ça augmente et évidemment bah les gens touchent moins et les entreprises payent toujours plus.

D'accord. Donc il y a quand même des solutions. Il y a que des solutions.

L'intelligence artificielle c'est un réservoir d'emploi. Ah ben évidemment pas que l'intelligence artificielle, il y a plein de il y a plein de métiers et il y a pas être pessimiste. La France c'est un grand pays et on a tout pour réussir en France.

Dernière question Louis Dragnel. Ouais. Moi, moi alors c'est une question un peu plus pessimiste, pardon, mais comment est-ce que vous expliquez comment vous expliquez la la très faible culture économique aujourd'hui de l'élite politique française ?

Mais je sais pas si euh je je crois pas que ce soit une faible culture économique. Je pense que c'est conscient et siam euh dépose des amendements. Alors pas tous, mais il y en a certains qui sont dans dans un jeu politique 1 + 1, ça fait pas 5 quoi.

Oui, je veux dire il y a des il y a des élus qui sont dans un jeu politique. Euh ils sont pas tous totalement à l'ouest sur les questions économiques. Ils savent ce qu'ils font mais ils ont des contraintes que peut-être nous on comprend pas qui sont politiques et aujourd'hui bah c'est pas positif pour les entreprises.

Voilà. Bon ben écoutez, on va essayer de politique l'utilité de revenir en politique comme c'est Jean-Sébastien disait ou d'où l'utilité d'être un peu plus vocal et de venir un peu plus expliquer nos points. Et ben revenez quand vous voulez monsieur le Sacher, vous avez de l'énergie et une vision plutôt optimiste.

Donc tant mieux. Merci à vous d'être revenu ce soir dans Punchline sur News et