Discours du Président Emmanuel Macron à la communauté française au Canada.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
dans la ville qu'il a contribué à bâtir. Il ne suffit que de se promener dehors, dans les rues du Vieux-Montréal, pour voir toute l'ampleur de l'histoire qui unit la France et le Canada. Les rues elles-mêmes en sont des témoins, et la langue des citoyens en est le lègue. Si l'héritage de la France au Canada se limitait seulement aux vestiges de notre histoire, je ne serai pas en train de prendre la parole devant vous en français. Notre langue française, on l'écrit, on la lit, on la chante, on la vit. Montréal est au cœur de la francophonie québécoise et canadienne, et le français est au cœur de l'identité canadienne. Et nous pouvons tous en être très fiers.
Dans quelques jours, on va se retrouver, encore une fois, à Paris pour célébrer le Sommet de la francophonie. Vous le savez, appartenir à la francophonie, ce n'est pas juste partager une langue, c'est partager nos cultures, nos idées et même nos espoirs. Ça explique peut-être pourquoi tant de Canadiens et de Français partagent aussi une vision commune pour l'avenir. Un avenir ancré dans la justice, l'égalité, la liberté et la défense des droits de la personne. We're also firmly aligned to protect the environment and fight climate change.
Et dans cette lutte contre les changements climatiques, quand on avait besoin d'aide, on a pu compter sur vous, qui êtes venus en grand nombre pour combattre les feux de forêt et protéger nos communautés à nos côtés. Merci. À travers le monde, on voit les conséquences des changements climatiques, on voit des conflits armés, on voit des acteurs malveillants s'attaquer à la démocratie, aux droits internationaux et aux droits de la personne. On voit partout sur le globe une montée du populisme et des extrêmes qui deviennent une véritable menace au progrès et au vivre ensemble. Tant ici au Canada qu'en France, cette menace est réelle.
Et donc, dans ces moments marqués par de grands défis, c'est une valeur inestimable de pouvoir compter sur nos alliés, le peuple français. Je sais que beaucoup de Canadiens chérissent comme moi cette amitié. Cette fraternité entre nos deux pays, elle se vit également au quotidien par nos entrepreneurs et travailleurs qui ne ratent jamais l'occasion de travailler ensemble. Les entreprises canadiennes et françaises ont bâti des partenariats qui ont créé des opportunités et de la prospérité pour tous des deux côtés de l'Atlantique.
Et les liens entre nos économies continuent de s'approfondir avec les années, particulièrement depuis l'application de l'ASCG, ou comme on dit en bon français, le CETA. Cet accord entre le Canada et l'Union européenne, qui, depuis sa mise en place, a permis une croissance importante du commerce entre nos deux pays. Juste cette année, on a continué de renforcer ces relations avec la création d'un Conseil à faire, France-Canada. En 2023, le commerce entre nos deux pays a représenté près de 13 milliards de dollars et c'est la source de plus de 150 000 emplois. Ça représente des retombées importantes pour les secteurs agricoles, nucléaires, celui des minéraux critiques, et j'en passe.
Ces échanges-là encouragent aussi l'innovation et font progresser la recherche scientifique. C'est d'ailleurs au cœur de la mission du Comité mixte en sciences, technologie et innovation qu'on a lancé ensemble en 2023. Nous pouvons tous visiter le positif impact de nos partenaires économiques aujourd'hui, mais quand nous travaillons ensemble, comme nous faisons, pour atteindre le progress de la science scientifique, comme sur l'AI, nous pouvons seulement imaginer le positif impact qu'il va avoir demain pour nos citoyens.
C'est vrai qu'on vit un moment géopolitique complexe, mais il y a juste quelques mois, nous commémorions ensemble le courage et le sacrifice de milliers de Canadiens qui ont franchi les plages de la Normandie il y a 80 ans afin de redonner au peuple français sa liberté. Lorsque la terreur de l'occupation nazie a frappé la France, nous avons répondu « présent ». Plus de 14 000 Canadiens sont débarqués sur la plage Juno et plus de 5 000 Canadiens sont tombés sur les champs de bataille de la Normandie. Nous ne nous souviendrons à jamais de l'ampleur de leurs sacrifices.
Ils nous rappellent que la démocratie, la liberté et la paix sont au cœur de qui nous sommes comme nation et de notre capacité de surmonter ensemble les épreuves auxquelles nous faisons face. Mon cher Emmanuel, notre partenariat est ancré dans nos valeurs et notre histoire, mais renforcé par notre ambition commune. Nous ne sommes pas que des cousins, mais bien des alliés et des amis.
Merci beaucoup, M. le Premier ministre, cher Justin, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les élus, M. le député, cher Roland, Mesdames et Messieurs les élus consulaires français également ici présents, Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités, chers amis, Merci pour tes mots et pour l'accueil. Et je suis très heureux d'être de retour parmi vous. Ça m'avait manqué. Et en fait, me souvenant du voyage de 2018 et depuis hier étant à vos côtés, nos amis allemands ont un proverbe qui dit heureux comme Dieu en France, façon de célébrer notre art de vivre, etc.
Et je me disais, en étant avec vous depuis hier, heureux comme un Français au Canada. Parce qu'il y a ici quelque chose de formidablement américain mais d'irréductiblement européen et réciproquement. Un attachement à des valeurs communes, vous venez de le rappeler admirablement, M. le Premier ministre, un attachement à une certaine idée de la liberté, à des valeurs démocratiques qui doivent toujours être défendues, à une justice sociale et une équité, un souci de l'environnement que nous portons l'un et l'autre et que vous incarnez ici. Et puis, il y a cette capacité à défendre et aimer la France depuis ici.
Et nous, Français, qui nous battons toujours pour défendre nos intérêts avec une forme de fierté légitime que d'aucuns qualifient négativement, à tort, mais qui sommes fiers de cela, c'est une récompense extraordinaire de voir les Canadiens défendre et la langue, et les valeurs, et les cultures, et l'histoire comme vous le faites. Je voulais vous le dire avec beaucoup de gratitude, une immense gratitude. Donc, je me sens bien parmi vous. Notre histoire est enracinée à travers les siècles. Votre aventure familiale, cette odyssée que vous avez rappelée, en est l'un des témoignages.
Et je sais qu'aujourd'hui, parmi nous, beaucoup d'entre vous ont des noms encore marqués par la France et des destins encore marqués par ces traversées. Et vous l'avez rappelé, Juno Beach résonne aussi dans nos oreilles et nos mémoires. et nous savons de l'autre côté de l'océan ce que notre liberté vous doit. Avec beaucoup d'émotion, et nous l'avons réévoquée en juin dernier ensemble, faisant écho en particulier à Léo Major, ce tireur d'élite légendaire que redoutaient tant les Allemands. Mais ce n'est pas que l'histoire, vous l'avez dit, le lien qui nous unit et fait aussi des femmes et des hommes qui sont là et qui, chaque jour, l'entretiennent. C'est pour ça qu'à l'invitation, M.
le Premier ministre, je vous remercie, mais avec votre participation et tout, je voulais vous remercier très sincèrement. Ce lien, il est étudiantin, il est de recherche, il est académique, il est culturel, il est entrepreneurial, il est politique. les femmes et les hommes que vous êtes portent la vitalité de ces relations bilatérales. Elles ont des siècles, elles se sont renforcées durant ces décennies et je crois qu'ensemble, nous les avons beaucoup renforcées ces dernières années parce que nous avons ensemble essayé de bâtir sur cette force existante mais en essayant de relever par ce partenariat les défis du moment.
Alors oui, nous sommes allés beaucoup plus loin sur les investissements croisés et comme vous, je défends le CETA et donc cet accord commercial qui a été bien négocié entre le Canada et l'Union européenne.
Il a été signé avant que je sois élu, nous l'avons confirmé, le Parlement l'a ratifié, l'Assemblée nationale l'a voté et quoi que vous puissiez entendre et quel que puissent être les péripéties, nous l'appliquons comme convenu de manière provisoire aujourd'hui mais il est bon, nous l'avons ensemble amélioré, il est cohérent avec notre conviction dans l'économie ouverte et le climat, il est juste des deux côtés et pour tous ceux qui le contestent en France, je les invite à regarder les chiffres, il est bon, y compris pour ceux qui le redoutaient et donc vous avez devant vous un vrai défenseur pas naïf mais exigeant avec vous et convaincu de cet accord.
Celui-ci vient servir un écosystème aussi que nous avons renforcé en matière d'innovation.
Je sais tout ce qu'on doit à la French Tech ici, tout ce qu'on doit aussi à ce que nous avons bâti en particulier sur l'intelligence artificielle et je veux ici dire mon admiration pour les chercheurs, les entrepreneurs canadiens en la matière, vous dire que vous avez de l'autre côté de l'océan des Français qui sont tout autant vibrants, ambitieux et qui croient dans l'innovation et qui veulent que cette innovation de l'intelligence artificielle soit au service de l'humanité et au fond, il y a un chemin franco-canadien qui ressemble à ce que je disais au début de mon propos, qui croit dans l'innovation mais qui croit aussi dans une éthique de l'innovation qui veut que celle-ci soit au service d'une meilleure santé, d'une démocratie plus respectueuse, d'une productivité plus importante dans nos entreprises et qui veut en quelque sorte, en effet, bâtir une intelligence artificielle au service de l'humanité.
C'est ce que nos G7 consécutifs en 2018 et 2019 avaient porté et c'est ce que nous allons porter avec le sommet que la France organisera en février prochain, ton G7 puis le nôtre à nouveau. Là aussi, on a beaucoup avancé et vous y êtes pour beaucoup. C'est la même chose en matière de recherche, en matière de bourse étudiante, combien de jeunes sont là et heureux d'être là et combien nous voulons développer encore ces échanges croisés de recherche, d'étudiants de part et d'autre, mais aussi de femmes et d'hommes de culture. Daniela Ferrière est avec nous ce soir, mais il est dans la délégation française.
Ce qui montre quand même le talent inédit d'un auteur haïtien que les Canadiens revendiquent et que les Français ont fait immortels. Il est une forme de métaphore de notre aventure commune. Mais ce lien bilatéral, nous le renforçons encore et encore davantage dans des investissements que nous voulons aussi en matière d'énergie, de minerais critiques, de nucléaires. Vous êtes devenus d'immenses acteurs en la matière par aussi des investissements récents. Et nous voulons aussi le faire en matière de défense. Nous sommes dans un monde qui va investir de plus en plus. Nous avons des alliances communes, l'OTAN.
Nous avons des engagements communs et je veux saluer et remercier ton engagement au Sahel à nos côtés. Vous avez été remarquable. Et nous le voyons dans un monde de plus en plus bousculé. Un partenariat de défense et de sécurité entre nos deux pays est clé. Et nous allons, sur cette base, faire encore davantage. Je vais vous le dire avec beaucoup de force. Car oui, le monde dans lequel nous vivons est en grand chambardement. Nous vivons dans celui-ci. Nous avons affronté ensemble l'épidémie de Covid avec amitié, avec solidarité. À chaque fois que nous sommes touchés, nous nous aidons et nous partageons la même vision des choses.
Et je dois vous dire que, alors que la guerre est revenue sur le sol européen, avoir un partenaire comme le Canada qui, dès le premier jour, a été avec nous, n'a pas de prix. Parce que vous êtes la démonstration vivante que ce n'est pas une guerre qui concerne seulement l'Europe, mais bien nos valeurs communes, le respect de la charte des Nations unies et la possibilité de vivre en paix dans ce monde. Merci de cette solidarité.
C'est la même voix que nous portons en ce moment sur le conflit au Proche-Orient, condamnant l'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre avec clarté et force, reconnaissant le droit d'Israël de se défendre, mais comme toute démocratie en respectant le droit international, appelant dès octobre 2023 à un cessez-le-feu, essayant ensemble de bâtir une solution politique durable par les deux Etats et nous oeuvrerons ensemble sur ce chemin dans les mois qui viennent et aujourd'hui, oeuvrant de concert pour protéger le Liban chéri de toute escalade régionale dans un moment si crucial.
Alors je veux vous le dire, qu'il s'agisse des guerres, qu'il s'agisse du changement climatique, du changement technologique, nous sommes là ensemble, venant d'une histoire lointaine mais avec au fond une même vision du monde et c'est cela qui compte et avec la solidité de partenaires qui se connaissent, de ces cousins qui avancent et même si les temps sont durs, même si tout cela nous bouscule, nous le faisons ensemble. Et puis je terminerai mon propos en vous disant que tout cela évidemment se fait au service d'une cause qui est plus grande que nous, la langue.
Je vois évidemment nos amis québécois ici, nos amis acadiens, j'étais ce matin avec tous les francophones, y compris en toute façon minoritaire, ces truchements, ces hasards de l'histoire, de dérangements, l'histoire successive nous lie et il nous lie dans cette espèce d'originalité de l'histoire qu'est la francophonie parce que la francophonie, ce n'est pas les Français qui l'ont voulu. Nous n'oublions jamais. Ce sont des présidents de pays à peine décolonisés qui ont voulu cette organisation pour dire quoi qu'ayant décidé de nous décoloniser, nous voulons garder la langue parce qu'il y a toujours un rapport de pouvoir à la langue et cette langue est très importante.
Vous la préservez et merci de cela et nous, nous avons besoin que vous continuiez ici.
On fera tout ce qu'on peut pour que les enfants continuent à pouvoir apprendre en français, que les étudiants étudient en français, mais c'est un trésor et je remercie Monsieur le Premier ministre, le Premier ministre du Québec, nos amis d'Acadie, tous les francophones qui sont là d'être la semaine prochaine au sommet de la francophonie qui se tiendra à Villers-Cotterêts parce que nous allons continuer et avancer ensemble à investir dans nos écoles, à investir dans les traductions, à investir dans la formation des maîtres de français partout à travers le monde parce qu'on en a besoin, continent africain, les Caraïbes, le Pacifique, à bâtir ce dictionnaire des francophonies qui ne concurrence pas le dictionnaire de l'Académie, loin de là, mais qui reconnaît les innovations littéraires de part et d'autre.
Et puis nous allons essayer aussi dans l'appel de Villers-Cotterêts de poser ensemble les principes que nous partageons pour l'intelligence artificielle, ceux que j'évoquais tout à l'heure. Oui, cette langue nous lie et cette langue nous dépasse. À Villers-Cotterêts, François 1er avait décidé de faire du français la langue de la justice et de l'administration. C'est ce qui a unifié le pays. Tenez-vous-le pour dit, la France est une par la langue au 1er chef. Elle a eu un pouvoir unificateur plus puissant que toutes les conquêtes et les guerres entre les suzerains et les vassaux. Et cette langue nous a échappés. Elle est en partage. Vous la faites vivre ici.
Elle nous lie et la francophonie continuera de nous unir. Voilà, mes chers amis, mesdames et messieurs, ce que je voulais vous dire en étant parmi vous ce soir. Je ne vais pas tatouiner et je dois conclure en vous redisant l'amitié profonde qui nous lie, lui et moi, nous et vous, nos deux pays, nos peuples, et que cette amitié solide, nous en avons besoin plus que jamais pour nous-mêmes et les défis que nous avons à relever et compte tenu du monde tel qu'il va.
Alors ce soir, je ne suis pas simplement heureux comme un Français au Canada, mais je suis conscient d'être chanceux d'avoir ici des amis comme vous et conscient d'être chanceux d'avoir des Français ici qui servent cette amitié, qui servent la cause et se battent pour elles chaque jour. Merci. Vive l'amitié entre le Canada et la France.
Emmanuel Macron