Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 31 mars 2022 24 min

Fabien Roussel : "Depuis combien de présidentielles demande-t-on aux électeurs de voter par défaut ?"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

C'est la suite de nos douze grands entretiens spéciaux avec les douze candidats à l'élection présidentielle. Tous se succéderont au micro d'Inter d'ici le premier tour et vous le savez désormais, amis auditeurs, vous avez une large place dans ces interviews puisque vous avez toute liberté d'interroger candidates et candidats sur les sujets qui vous intéressent ou vous préoccupent. J'attends donc vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Fabien Roussel, bonjour. Bonjour Nicolas Demorand, ça va ? Ça va très bien et bienvenue sur Inter, vous êtes le candidat du parti communiste dans cette présidentielle. Pas que.

Pas que, un mot rapide du menu, trois questions sans filtre pour commencer, des réponses rapides s'il vous plaît, une dizaine de minutes d'interview sur votre programme et l'actualité avec Yael Gauze. Avant de donner la main aux auditeurs d'Inter, nous finirons par quelques questions plus personnelles.

0:54
Invité

Première question, bonjour Fabien Roussel. Bonjour Yael Gauze. Un auditeur communiste du 7-9 a appelé hier matin pour interroger Jean-Luc Mélenchon et il lui a demandé « Essayez de me convaincre de voter pour vous dès le premier tour », ce à quoi le candidat insoumis a répondu « Je suis le vote le plus concret pour éliminer l'extrême droite dès le premier tour ». Que diriez-vous ce matin Fabien Roussel à votre camarade Stéphane pour qu'il ne vote pas Jean-Luc Mélenchon ?

1:19
Fabien Roussel

J'entends tout là depuis quelques jours. Vote utile, vote efficace, vote responsable, vote intelligent, vote concret. Ça va quoi. Ça fait combien de présidentielles ou un coup au nom de la montée de l'extrême droite, un coup au nom du rassemblement de la gauche ? On nous sort tous ces votes et on demande aux citoyens de voter par défaut, de ne pas voter pour leurs idées, pour ce qu'ils pensent vraiment, ce qu'ils veulent défendre vraiment. Donc, je crois que Jean-Luc Mélenchon sur votre antenne a dit aussi hier qu'il n'y avait pas de vote utile, que chacun pouvait voter ce qu'il voulait.

Eh bien j'invite ce monsieur Stéphane, j'invite Stéphane, à voter pour des jours heureux, à faire en sorte de donner du poids et de la force à la candidature que j'incarne, candidature d'une gauche populaire, républicaine, laïque et qui s'est saisie de plein de sujets que d'autres candidats à gauche n'ont pas voulu prendre.

2:17
Présentateur

Alors votre slogan de campagne, c'est justement la France des jours heureux, et vous avez sans cesse ces derniers mois revendiqué l'idée du bonheur possible pour les français, vous en avez souvent joué avec humour, Fabien Roussel, mais dans un monde qui est aujourd'hui rattrapé par la guerre et ses conséquences, les jours heureux n'est-ce pas un peu courts, voire totalement décalés ?

2:38
Fabien Roussel

Mais vous n'entendez pas, vous, vos auditeurs, ou dans la rue, ceux que vous côtoyez, vous dire qu'on a marre de ce climat dépressif, noir, sur l'avenir pessimiste. Il existe ? Oui, mais il existe, et donc on continue, on met une pièce dans la machine, et on se dit dans les 5 ans qui viennent, oulala, ça va être difficile, il va falloir travailler plus, vous chauffer moins, faire attention à votre prénom aussi, j'en entends certains à l'extrême droite, et puis il ne faut plus construire une maison parce que ce n'est pas bon pour le climat, n'utilisez plus votre voiture, mais vous savez quoi ?

Je dis, j'assume que j'ai le programme le plus efficace économiquement, parce que moi je fais le pari que les Français, la France sera plus forte si les Français demain sont respectés, s'ils ont des bons salaires, s'ils sont bien soignés, s'il y a des bonnes écoles, s'ils sont bien formés, s'ils sont heureux. Aujourd'hui, une France déprimée, ça fait une France qui ne va pas savoir se reconstruire. Et donc oui, je milite pour des réformes heureuses, positives, rendre du pouvoir d'achat aux Français, faire en sorte que le travail paye, qu'il nous donne de la dignité, et qu'on soit épanouis.

Mince, on a su le construire en 81, on a su soulever ces immenses espoirs de bonheur et de progrès social,

3:53
Invité

je veux incarner ça. Il y a la guerre aujourd'hui, si demain vous êtes élu président, qu'est-ce que vous dites à Vladimir Poutine lors de votre premier échange téléphonique avec lui ?

4:02
Fabien Roussel

Bon, tout dépendra de ce qu'en sera la situation, vous avez bien vu que ça évolue d'heure en heure. Donc, je continuerai d'échanger avec Vladimir Poutine, fermement, pour obtenir le plus rapidement possible, un cessez-le-feu, un corridor humanitaire pour l'évacuation des civils, un corridor alimentaire pour pouvoir sortir les céréales qui sont coincées là-bas, pour pouvoir nourrir la planète.

4:30
Invité

Vous avez vu que ça bouge ce matin, vous avez vu que les Russes permettent, à partir de 10h, un cessez-le-feu à Mariupol pour évacuer les civils, est-ce que vous voyez le signe d'une désescalade ou c'est une concession de Moscou qui ne change rien ?

4:41
Fabien Roussel

C'est bien pour ça que je vous dis, si je suis président de la République le 26 avril prochain, on verra bien où en est la situation. Je vous parle à l'heure d'aujourd'hui, là, ce matin, sur France Inter. Et donc, s'il n'y a pas de cessez-le-feu, s'il n'y a pas de corridor humanitaire, je ne peux pas vous dire s'il va avoir lieu à 10h, je ferai tout pour qu'il intervienne. L'urgence, c'est le cessez-le-feu, c'est de faire cesser ces bombes qui tombent sur des civils, c'est l'urgence humanitaire d'aujourd'hui. Je maintiendrai la pression la plus forte sur Poutine.

Nous avons encore des sanctions économiques qui peuvent augmenter à l'encontre des oligarques russes, à l'encontre de ce gouvernement. Et donc, il faudra mettre toute la pression pour faire respecter le droit international, la souveraineté de l'Ukraine.

5:23
Présentateur

On a appris cette nuit, Fabien Roussel, que le patron du renseignement militaire français, le général Eric Vido, avait été remercié et allait donc quitter ses fonctions en cause l'expertise insuffisante de ses services sur l'invasion russe de l'Ukraine. C'est une décision logique, selon vous ?

5:42
Fabien Roussel

Écoutez, tout ça, c'est sous le saut du secret. Sinon, ce ne seraient pas les services secrets, c'est la DGSE. J'espère que la commission défense de l'Assemblée nationale du Sénat sera informée des raisons pour lesquelles une telle décision a dû être prise. Donc, c'est difficile pour moi de la commenter dans la mesure où je ne suis pas président de la République ni chef des armées.

6:05
Présentateur

Le renseignement américain a été de très grande qualité.

6:08
Fabien Roussel

Le renseignement américain...

6:09
Présentateur

Et accueilli d'ailleurs avec un certain scepticisme avant le déclenchement des opérations en Europe et même en Ukraine.

6:14
Fabien Roussel

Tout à fait. D'où l'intérêt d'avoir un service de renseignement extérieur puissant avec des hommes et des femmes. Je préfère moins investir dans l'être humain que dans des drones et l'informatique, même s'il faut aussi investir là-dedans. Mais le renseignement humain avec des forces présentes partout, c'est important, la preuve.

6:35
Invité

Les entreprises françaises sont prises dans la tourmente, Fabien Roussel. Certaines, comme Renault, ont décidé de quitter la Russie. D'autres, comme Auchan ou Leroy Merlin, d'y rester. Bruno Le Maire disait hier que c'est aux entreprises d'apprécier elles-mêmes sur le terrain leur situation, quitte à prendre des décisions différentes. Est-ce que vous êtes sur la même ligne ? Vous êtes pour le cas par cas dans cette attitude de nos entreprises françaises en Russie ?

6:59
Fabien Roussel

D'abord, je demanderai aux entreprises de respecter les choix que fera la France en la matière. Si la France décide demain d'augmenter l'embargo, le boycott économique de la Russie, et demanderai à toutes ces entreprises de quitter la Russie, elles devront le faire. Aujourd'hui, ce n'est pas le choix qui est fait. Je fais une différence entre le peuple russe, les travailleurs russes, les familles russes, et leur dirigeant Poutine. Nous devons tout faire pour ne pas faire la guerre contre le peuple russe, mais bien cibler les oligarques et le dirigeant Poutine.

Dire aujourd'hui à toutes ces entreprises françaises, je ne parle pas de Total, je parle aux champs, je parle de ceux qui alimentent et permettent de nourrir aussi la population russe. Si demain, du jour au lendemain, ils quittaient la Russie, ça provoquerait, je pense, là-bas, de la colère, de l'incompréhension, de la colère. Ça risquerait de radicaliser les Russes et de les solidariser vers Poutine. Et donc, j'ai ça aussi en tête.

7:59
Invité

Pourquoi vous mettez Total à part ? Expliquez-nous.

8:01
Fabien Roussel

Oui, parce que Total, aujourd'hui, est celui qui nous permet de nous approvisionner en gaz russe. Et je dis que nous avons besoin du gaz russe, sauf à provoquer une récession importante. Donc vous êtes 100% désaccord avec Yannick Jadot sur le point de Total ? Complètement, oui. Oui, parce que je ne veux pas que la guerre qui se mène en Ukraine, elle se mène aussi dans les porte-monnaies des Français. C'est déjà le cas aujourd'hui et c'est inacceptable. J'en veux pour preuve les spéculateurs qui jouent avec le cours du blé, mais aussi avec le cours du gaz. Et nous avons besoin, aujourd'hui, de maintenir notre approvisionnement en gaz et à bas prix.

C'est important pour notre économie, c'est important pour le pouvoir d'achat des Français. Et ils sont extrêmement soucieux de cela. En tant que président de la République, je ne prendrai pas de décision qui aurait des conséquences fortes sur le pouvoir d'achat des Français. Enfin, on est là aussi pour le protéger. Et tout faire pour que ce conflit n'embrasse pas l'Europe et ne vienne pas ici attaquer aussi nos emplois et notre pouvoir d'achat. Et donc, oui, je suis défenseur aussi du pouvoir d'achat des Français. Et je fais attention en Russie, je ferai attention en Russie, à ce que le peuple russe, au contraire, se dise « Notre dirigeant nous emmène dans le mur.

» Et donc, il faut commencer à exercer pression sur lui. C'est ça qu'il faut faire.

9:22
Présentateur

On le voit et on en parle à l'instant. La guerre en Ukraine remet évidemment au premier plan la dépendance de l'Europe au pétrole et au gaz russe. Dans ce contexte, le nucléaire redevient dans cette campagne un élément clé du débat sur la souveraineté énergétique. Vous êtes pro-nucléaire assumé, Fabien Roussel. Vous voulez la construction de 6 EPR au minimum. Hier, à ce micro, Jean-Luc Mélenchon confirmait lui sa volonté de sortir du nucléaire d'ici 2045. Et il soulignait que le nucléaire est un danger. C'est ça ce que nous apprend l'Ukraine. Un coup sur la centrale de Nogent, en amont de Paris. Et c'est fini. C'est le néant pour la France. Que lui répondez-vous sur ce point ?

10:00
Fabien Roussel

C'est un sujet sérieux et qu'il ne faut pas jouer avec les peurs des Français. D'abord, vous dites que je suis un pro-nucléaire. Je voudrais rectifier, si vous me permettez. Vous n'aimez pas le mot. Je suis un pro-mix énergétique. Je demande à investir autant dans le nucléaire que dans les énergies renouvelables. C'est-à-dire aussi l'éolien, le solaire, l'hydroélectrique, la géothermie et les barrages hydrauliques dont on ne peut pas augmenter la puissance mais que l'on doit conserver dans un service public. Donc je suis pour un pro-mix énergétique, nucléaire, renouvelable dans un grand service public. Et ensuite, agiter les peurs du nucléaire de cette manière, c'est irresponsable.

10:38
Invité

Sans agiter les peurs, Fabien Roussel, il y a la dépendance. La dépendance de la peur.

10:41
Fabien Roussel

Je vais vous dire pourquoi. Est-ce que, selon le même raisonnement, si on suivait ce raisonnement-là, on ferme les 1300 sites Céveso que nous avons en France, l'industrie chimique, qui nous permet d'avoir notre souveraineté aussi industrielle, dans différents domaines. D'ailleurs, on doit reconquérir celle du médicament. Il y a des sites Céveso en France, sécurisés, protégés. Nous devons investir dans cette protection et dans cette sécurité. Mais si au risque, au nom du risque, que demain, il y ait une bombe qui nous tombe dessus, on devait fermer tous ces sites et nos centrales nucléaires, mais on fait quoi ? On se chauffe avec des pédalos ? Enfin, il faut être sérieux quand même.

11:19
Invité

Sur le nucléaire, Fabien Roussel, minimum 6 EPR en plus avec vous. Est-ce que vous savez qu'on importe trois quarts de notre uranium de l'étranger ? Quatre pays ? Kazakhstan, Australie, Niger, Ouzbékistan. C'est ça l'indépendance de la France dans le nucléaire ?

11:32
Fabien Roussel

Et je peux même vous dire qu'avec le stock d'uranium que nous avons chez nous, et si nous poursuivions les recherches, notamment le projet Astrid, nous pourrions avoir une utilisation de l'uranium pour produire de l'énergie nucléaire qui consommerait beaucoup plus de ce stock d'uranium.

11:51
Invité

Pour résumer, c'est le recyclage des déchets.

11:53
Fabien Roussel

C'est plus que le recyclage. Le recyclage des déchets, c'est encore autre chose. Là où nous sommes le plus avancés, et là où la recherche est la plus avancée, c'est qu'aujourd'hui, nous ne consommons que 1% du minerai d'uranium et que nous pourrions en consommer beaucoup plus pour produire de l'énergie nucléaire. Ça veut dire qu'il y a beaucoup plus de rentabilité, d'efficacité à avoir sur le minerai et donc d'être beaucoup moins dépendant de l'étranger. Nous en avons des stocks suffisants pour les années qui viennent et c'est ça qui est important et donc faire confiance à la science. Vous entendez ce que je dis ? Faire confiance à la science.

Je l'ai dit sur les vaccins, je le dis sur le nucléaire. C'est important d'investir dans la recherche et de faire confiance à la science.

12:36
Invité

Si on faisait un nuage de mots, Fabien Roussel, sur vos meetings et votre campagne, on verrait clignoter le mot viande. C'est presque devenu un slogan quotidien, multi-quotidien, de la bonne viande pour tous, de qualité, bon marché, made in France, de la viande, de la viande, de la viande. Vous avez été très applaudi hier devant la FNSEA qui a interrogé les candidats. Mais on a du mal à vous suivre. Vous dites qu'il faut défendre l'élevage français en même temps qu'il faut manger moins et mieux de viande. C'est le en même temps de la viande de Fabien Roussel ?

13:03
Fabien Roussel

Bien sûr, c'est tout le projet révolutionnaire que je porte. On doit manger nos modes de consommation, de déplacement, d'habitation. Non, ça c'est le défi climatique. L'alimentation... Changer ou manger ? Changer. Il faut manger moins de viande. En manger mieux de la bonne et en manger de la française. La filière viande française, aujourd'hui, nous sommes dépendants de l'étranger. Nous importons 50% de notre viande. On peut en parler des étrangers. Moi, je vais vous parler du poulet étranger, je vais vous parler du mouton étranger, je vais vous parler du bœuf étranger que l'on importe, transformé ou tel quel au lieu de le produire en France.

Donc, si nous voulons garantir à tous les Français, y compris à ceux qui ont des difficultés de se nourrir correctement, si on veut qu'on arrête, qu'ils mangent de la merde, voilà, tout simplement, et qu'ils mangent de la bonne viande, car ils y ont droit. Nous avons tous droit à cela.

Eh bien, je dis, mangeons en moins, réduisons notre consommation de viande, mais mangeons 100% de viande produite en France sur des systèmes herbagés, en plein air, c'est-à-dire de la bonne viande élevée en plein air qui respecte les prairies, qui respecte les animaux, le vivant, et qui nous permettent d'avoir accès à la plus belle des nourritures, en plus avec une gastronomie qui est ici, du niveau du sacré, tellement elle est belle.

14:23
Présentateur

Avant de donner la parole aux auditeurs d'Inter, êtes-vous pour revenir, à cause aussi de la guerre en Ukraine et de ses conséquences sur l'agriculture européenne et aussi mondiale, pour revenir sur le verdissement de la PAC, sur les jachères, la réduction de moitié de l'usage des pesticides, de 20% de celui des engrais, de tout ce qui était donc prévu avant que n'éclate cette guerre ? Faut-il un moratoire, entre guillemets, ou repousser certaines échéances ?

14:52
Fabien Roussel

Il faut à tout prix, alors oui, il faut revoir la PAC pour que la politique agricole commune incite, préserve les petites exploitations, les exploitations de taille moyenne, familiale, et donc je suis pour une autre distribution de la PAC, d'abord en priorité et plus forte pour les petites exploitations et plafonner pour que les gros, les grosses, en bénéficient moins. Il faut inciter à ce que des agriculteurs, des jeunes, s'engagent dans cette profession. Mon objectif, c'est qu'il y ait 500 000 paysans en 2030. Il faudra réformer la PAC dans cette histoire. Mais est-ce qu'il faut produire plus ? C'est ça la question là, de manière urgente.

Si nous voulons garantir à chacun des fruits, des légumes et de la viande et ne plus dépendre de nos importations, oui, il faut produire plus parce que les deux filières où nous sommes dépendants, c'est les fruits et légumes et c'est la viande. Vous savez que les haricots verts que vous trouvez dans vos bocaux, majoritairement, ils viennent du Kenya, du Maroc, ils viennent d'Afrique, ils ne viennent pas de chez nous, c'est quand même fort de café.

15:52
Présentateur

France Inter, 8h39. Fabien Roussel est l'invité de cette matinale spéciale présidentielle et vous avez la parole maintenant, amis auditeurs, vous êtes nombreux au standard pour dialoguer avec lui. La parole à Lilian pour commencer. Appel de la ville de Bordeaux. Eh bien, bonjour ! Et bienvenue sur Inter. On vous écoute.

16:18
Auditeur

Bonjour, voilà, moi je voudrais poser la question à M. Roussel parce que sur son programme, pas plus que sur les autres, la question de l'euthanasie. Partir digne, pas d'acharnement thérapeutique. Qu'en pense ce monsieur ?

16:38
Présentateur

Merci pour cette question, Fabien Roussel vous répond.

16:40
Fabien Roussel

Merci pour cette question, madame. Je vais vous dire sincèrement que sur cette question, ces dernières années, j'ai évolué, j'ai changé à force de témoignages, à force de rencontres que j'ai eues. C'est une question qui est extrêmement sensible. Je dirais même que c'est ni de gauche ni de droite. C'est un sujet de société et quand je vous dis que j'ai évolué, c'est qu'aujourd'hui je suis favorable à ce que nous mettions en place une loi qui aille plus loin que la loi Claes-Léonetti. D'abord, la loi Claes-Léonetti doit pouvoir être mise en application, elle ne l'est pas assez mise.

Mais oui, je suis favorable à ce que l'on n'aille plus loin et à ce que l'on permette une fin de vie digne, choisie, pour celles et ceux qui le demandent.

17:23
Présentateur

Au standard, Vincent, bonjour, bienvenue. Bonjour. On vous écoute.

17:28
Auditeur

Ma question pose sur le poids d'achat. Comment concilier réduction du temps de travail, civilité favorable, et hausse du poids d'achat en même temps ?

17:37
Présentateur

Merci.

17:38
Auditeur

Je vais faire un peu d'humour.

17:39
Présentateur

Merci. Comment concilier baisse du temps de travail et augmentation du pouvoir d'achat ? Fabien Roussel vous répond.

17:48
Fabien Roussel

Eh bien, je vais vous répondre par le concret. Je fais partie de ceux qui disent qu'il est possible de réduire le temps de travail et d'imaginer la semaine de 4 jours dans certaines filières. Je ne l'imposerai pas par la loi pour tous de manière brutale et immédiate, je le précise. Je souhaite le mettre en place petit à petit et en commençant par les filières où les métiers sont les plus durs, les plus pénibles et où on a du mal à recruter. Et quand je vous dis que je vous réponds par le concret, c'est qu'aujourd'hui, dans la restauration et l'hôtellerie, des patrons décident de mettre en place la semaine des 4 jours.

Déjà, ils le mettent en place pour pouvoir rendre leur métier plus attractif, moins pénible et susciter des vocations. Et donc, ça se met en place aujourd'hui comme quoi c'est possible et je souhaiterais accompagner les entreprises qui le feront. Je souhaite pouvoir les aider, notamment les plus petites et c'est comme ça que l'on rendra certainement le travail plus efficace.

18:48
Invité

Question de Pierre sur l'application France Inter. Le bonheur pour tous qu'ils préconisent, c'est bien, mais cela a un coût et quel coût ? Où trouve-t-il l'argent, Fabien Roussel, pour nous offrir le bonheur sur un plateau ? J'ajoute à cette question que votre projet est chiffré à peu près à 287 milliards d'euros par an de dépense. Rapidement, s'il vous plaît, Fabien Roussel.

19:07
Fabien Roussel

Rapidement, merci. D'abord, quand le candidat Macron annonce, il y a trois semaines, 100 milliards d'euros pour le plan de relance, on ne vient pas lui dire, mais comment vous faites ? Il a annoncé 100 milliards d'euros, ça paraît normal et c'est tout. Moi, quand je propose un plan pour la France pour investir dans l'industrie, les services publics pour notre pays, eh bien, je vais chercher l'argent là où il est. Je m'attaque à la fraude et à l'évasion fiscale. Ça, ça fait mal à notre pays. Il manque 100 à 120 milliards d'euros par an. Je mettrai donc en place le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales. McKinsey et compagnie, c'est terminé. Et puis, ensuite, j'augmente...

Vous parlez d'évasion fiscale pour McKinsey ? Ah mais, carrément, oui. McKinsey a touché de l'argent de l'État. C'est honteux ce qui a été fait parce qu'on a substitué leur travail à celui de l'administration à qui ce gouvernement ne fait plus confiance. Mais le siège de McKinsey se trouve au Delaware, aux États-Unis, qui est un petit État où il y a 900 000 habitants et 1 100 000 boîte aux lettres entreprises qui ne produisent rien sauf de la fraude fiscale. Bercy a répondu.

20:14
Invité

Parlons de McKinsey ces deux secondes. Bercy a répondu hier soir en expliquant que le recours au cabinet de conseil était une pratique habituelle, utile, ne représentant que 0,3% de la masse salariale totale de l'État.

20:25
Fabien Roussel

C'est ça, leur projet ? Ils veulent arnaquer l'État de manière habituelle, avec parcimonie. C'est des voleurs. C'est honteux. Mais ça va de pair avec leur projet de supprimer l'ENA et la haute fonction publique. Ils ne font plus confiance à l'administration fiscale. Ils s'inscrivent dans l'EPA de Sarkozy qui avait supprimé 90 000 emplois de fonctionnaires et Hollande derrière. On ne remplace pas un fonctionnaire sur deux. Résultat, après on fait appel à des cabinets conseils qui vous disent comment faire des économies sur les APL, sur nos écoles, etc. Et en plus de ça, on fait appel à des boîtes étrangères qui font de la fraude et de l'évasion fiscale. C'est scandaleux.

Il faut y mettre un terme. Et j'augmenterai le budget de l'État notamment par ce biais-là.

21:02
Présentateur

Jérôme au Standard Question politique. Bonjour, bienvenue. Bonjour. On vous écoute.

21:08
Invité

Alors, effectivement, vous le savez, le communisme a toujours combattu le fascisme. Aujourd'hui, on voit que dans les derniers sondages, Marine Le Pen, non seulement, elle est très bien placée pour arriver au second tour. Mais là, je parle notamment du dernier sondage Elad. Elle est même en position éventuellement d'être présidente de la République. Alors, je me pose quand même la question, est-ce que maintenant, le vote mélange-roux, il n'est pas nécessaire ? Est-ce que vous ne pourriez pas faire quelque chose ? Parce que ça sera une très grande responsabilité pour vous.

21:41
Présentateur

Merci Jérôme pour cette question. Mario, sur l'application, Fabien, il te reste une semaine pour retirer ta candidature au profit du mieux placé à gauche. Sur cette question de la responsabilité, Fabien Roussel.

21:52
Fabien Roussel

Bon, d'abord, on n'a pas présenté de candidat à l'élection présidentielle en 2012, on ne l'a pas fait en 2017. Là, il vous pose

21:58
Présentateur

la question précise. Non,

22:01
Fabien Roussel

mais en 2027 non plus, mais on peut aussi fermer la porte. Et puis, voilà, écoutez, d'abord, je vais répondre sur l'extrême droite. Et je m'adresse aux électeurs d'extrême droite s'il y en a qui nous écoutent. L'extrême droite en France n'a jamais été aussi haut ces 15-20 dernières années. Pour qu'est-ce qu'ils ont apporté à la France ? Qu'est-ce qu'ils ont apporté comme progrès pour le monde du travail, pour les salaires, pour le mieux vivre, pour notre industrie ? Que dalle ! Voter pour l'extrême droite, ça ne rapporte rien. Imaginez en retour qu'à la place de l'extrême droite qui est aujourd'hui à 15-20%, imaginez un parti communiste qui se trouve lui à 15-20%.

Et bien quand c'était le cas dans notre pays, il y a eu du progrès social. Parce que nous avons fait à chaque fois le choix du rassemblement de la gauche et nous avons fait à chaque fois le choix du monde du travail de travailler avec le mouvement social et de gagner des conquêtes sociales.

22:50
Présentateur

Allez, quelques questions de fin rapide pour terminer. Il nous reste une minute environ si vous êtes élu. Qui appelez-vous au soir du 24 avril à 20h ?

22:59
Fabien Roussel

J'appelle le chancelier allemand pour pouvoir le rencontrer au plus vite et échanger sur la situation de l'Europe et de la guerre en Ukraine.

23:09
Invité

Votre meilleur souvenir chez les Marchais puisque vous avez fait les 400 coups avec son fils Olivier Marchais ?

23:15
Fabien Roussel

Ce sont les vacances que nous avons passées ensemble. Quand nous étions adolescents, la première fois que nous sommes partis en vacances, nous avions 18 ans et on a fait le tour de Corse en autostop avec notre sac sur le dos et une toute petite tente et c'était des souvenirs inoubliables.

23:33
Présentateur

Votre plus grosse erreur dans cette campagne ?

23:37
Fabien Roussel

Alors là, vous me... Pas de mi-ac-culpa, pas d'erreur. J'en ai pas qui me viennent spontanément. J'en ai certainement commise mais...

23:49
Présentateur

Votre plus grosse colère alors dans cette campagne ? Votre plus grosse colère ?

23:52
Fabien Roussel

On débriefera après. Les plus grosses colères, je vois pas, je suis pas un colérique je m'en porte pas. Je suis désolé de vous décevoir mais certainement que si je cherchais je trouverais mais j'ai pas là comme ça naturellement.

24:06
Présentateur

Et bien on en reste cela. Merci Fabien Roussel d'avoir été au micro d'Inter ce matin. France Inter

Fabien Roussel : "Depuis combien de présidentielles demande-t-on aux électeurs de voter par défaut ?" — Fabien Roussel · Pourquijevote