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interviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 19 juin 2026 5 min

L'invité d'Apolline Matin : Jean-Rémi Girard - 19/06

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. 7h42 et c'est 40 degrés qui sont attendus aujourd'hui. L'école suffoque. Bonjour Jean-Rémi Girard. Vous êtes le président du SNAC, le syndicat des enseignants de la petite section jusqu'au lycée. Des pics de chaleur historiques à partir d'aujourd'hui et jusqu'à la semaine prochaine. Les écoles et les collèges tentent de s'adapter. Certains ferment. Les oraux du bac sont décalés dans l'académie de Poitiers. Est-ce qu'on a suffisamment anticipé ou est-ce qu'on bricole ?

0:30
Invité politique

On bricole, Apolline de Malherbe, puisque l'an dernier, on avait à peu près la même situation, à peu près à la même époque. On voit qu'un an après, il ne s'est rien passé de nouveau. On est dans les mêmes conditions, il fait les mêmes températures, il fait même plus chaud dans nos salles de classe. Et on n'a pas de solution très concrète, à part effectivement de devoir décaler, reporter, fermer, parce que notre bâti scolaire n'est pas adapté à ces chaleurs.

1:01
Présentateur

Le bâti scolaire toujours pas adapté. Et ça, j'ai l'impression effectivement qu'année après année, à chaque fois on dit, il faudrait faire ci, il faudrait faire ça. Mais les chantiers ne sont pas lancés. Il y a un guide ministériel qui vous recommande de boire de l'eau quand il fait chaud. Et puis, on a l'impression que chaque établissement s'adapte. D'abord parce qu'ils n'ont pas la même tutelle. Pour les écoles, c'est la mairie qui décide. Pour les collèges, c'est le préfet. Est-ce qu'il y a un manque de lisibilité chez vous ?

1:25
Invité politique

Il y a un manque de lisibilité. Et puis, il y a surtout un problème de prise de décision et aussi de financement. C'est-à-dire que nous, notre employeur, c'est l'État. C'est l'État qui doit veiller notamment à notre santé, à notre sécurité. Mais les bâtiments, ce sont les collectivités locales. Les profs, c'est l'État.

1:42
Présentateur

Le bâti, c'est la collectivité locale.

1:44
Invité politique

C'est ça. Donc, ça fait des jeux de ping-pong absolument merveilleux. Où les uns disent qu'on n'a pas suffisamment d'argent. L'autre dit oui, mais ce n'est pas notre responsabilité. Et finalement, il ne se passe rien.

1:55
Présentateur

Certaines décisions ont été préfectorales. C'est le cas, par exemple, pour ces oraux du bac français qui ont été décalés dans l'académie de Poitiers. Et puis, on a l'impression que chaque école s'adapte au cas par cas. Conseil aux parents, s'ils le peuvent, de venir chercher leurs enfants l'après-midi, notamment pour les deux premiers jours de la semaine prochaine. On a entendu ça dans un certain nombre d'écoles. Mais c'est vraiment, j'allais dire, non seulement au cas par cas, mais surtout en fonction de ce que peuvent faire les gens.

2:21
Invité politique

Oui, c'est en fonction de ce que peuvent faire les gens. C'est en fonction des prises de décision des préfets, éventuellement des maires à l'école primaire, parfois même des chefs d'établissement en collège et en lycée. Mais en réalité, on se rend bien compte qu'on n'est pas dimensionné pour gérer cette vague de chaleur et que d'ailleurs, renvoyer les élèves, j'allais dire chez eux, mais les parents travaillent, donc ce n'est pas chez eux la plupart du temps, ce n'est pas une solution viable. Or, là, on n'est pas dans quelque chose d'exceptionnel à l'avenir. Ça va se reproduire très, très régulièrement, les vagues de chaleur que l'on connaît.

Donc, il va falloir à un moment réellement se dire, là, il faut changer structurellement le fonctionnement de l'école, les locaux, la climatisation. Et avoir un plan. J'ai des réunions au ministère, les salles sont climatisées. C'est ce que j'allais vous dire, pourquoi la clim,

3:16
Présentateur

c'est une des questions que je poserai d'ailleurs à Jean-Marc Jancovici, qui sera mon invité à 8h30, mais au fond, les transports, pour la plupart, sont climatisés, les ministères sont climatisés, les musées sont climatisés, un certain nombre de bureaux sont climatisés, et pourquoi chez, effectivement, les particuliers, ce serait une telle souffrance ? Souffrance, d'ailleurs, que les enfants vivent dans leur corps. Vous avez entendu une auditrice ce matin, Victor ?

3:41
Auditeur

Ce matin, c'est Julie qui nous a appelé au 32-16 pour nous dire qu'hier, elle avait été contrainte d'aller chercher son enfant en primaire. Pourquoi ? Parce qu'il a vomi, parce qu'il a eu un coup de chaud, et ça n'a été pas que le cas pour lui, mais aussi pour un de ses camarades, et elle nous disait, le dicteur n'a pas reçu de directive.

3:55
Présentateur

Alors, il y a évidemment ceux qui travaillent en plein air, il y a les plus jeunes, et puis il y a ceux qui travaillent en restauration. Jenny nous appelle depuis l'Hérault. Bonjour, Jenny. Oui, bonjour. Jenny, vous, vous êtes chef de cuisine. ça va ? Vous vous tenez le coup ?

4:09
Auditeur

Ah ben, il va commencer à faire très chaud. L'an dernier, pendant la canicule, on avait mesuré 56 degrés auprès des plans de chat dans la cuisine.

4:19
Présentateur

56 degrés auprès des plans de chat dans la cuisine ? Comment vous vous adaptez, Jenny ? Comment vous avez réussi à survivre ?

4:27
Auditeur

Eh ben, on boit beaucoup d'eau, et puis on se met des torchons au frais, mouillés, pour se rafraîchir, mais c'est très très chaud.

4:36
Présentateur

Et il n'y a pas de clim, il n'y a pas de ventilateur, il n'y a pas de moyen de, de toute façon, de baisser la température ?

4:41
Auditeur

Non, chez nous, non, les ventilateurs, c'est interdit, et puis les clim, non, c'est pas trop possible.

4:47
Présentateur

C'est pas trop possible ? Vous en parlez avec vos collègues ?

4:50
Auditeur

Je suis chef de mon restaurant, donc on n'a pas la possibilité d'installer des clim. Tout est ouvert, voilà.

4:59
Présentateur

C'est dur, c'est dur. Franchement, on pense à vous, on pense à vous, Jenny, vous avez raison, il faut aussi penser à ceux qui travaillent en intérieur, on parlait depuis ce matin de ceux qui travaillent en extérieur, mais ceux qui travaillent en intérieur, je parlais aussi de ceux qui travaillent dans des rôtisseries ou sur les marchés.