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Podcast / conversationFrance Inter (sur YouTube)· 18 juin 2026 9 minComplaisantDivertissement

Camille Tissot, humoriste - Nouvelles têtes

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Présentateur

Et maintenant c'est Daphné Burki et maintenant c'est sa nouvelle tête. Bien sûr et ma nouvelle tête qui s'appelle Camille Tissot, elle est humoriste, elle fait salle comble sur scène avec son spectacle Heureuse. Elle fait partie du club pas très sélect de celles et ceux qui souffrent du syndrome de l'imposteur. Levez la main et pourtant elle aggravit tous les échelons possibles de l'humour, les petites scènes, les comédies club, les chroniques, les premières parties, les grands noms du stand-up, les vidéos sur les réseaux sociaux et qui cumulent des millions de vues. C'est une hypersensible, une grande angoissée, une obsessionnelle revendiquée.

Et oui, Camille Tissot possède peut-être ce terreau magnifique, cet humus de l'humour qui fait que tout devient blague, tout devient vannes et que tout le monde s'en sort. Elle d'abord, puis son public avec elle. Bonjour Camille Tissot, bienvenue sur France Inter. Merci, carrément je suis déjà hyper émue lui dire ça comment. Oui, parce qu'il faut se sauver d'abord pour pouvoir sauver son voisin, ses enfants, sa famille, un peu comme dans l'avion quand on vous explique qu'il faut mettre le masque à oxygène avant d'aider les autres ou sur le Titanic. Oui, c'est vrai, il faut se... Ça vous va si je dis obsessionnelle ? Vous savez pourquoi j'ai mis Titanic ? Non.

Vous avez vu une quinzaine de fois, il paraît, le film quand il est sorti au cinéma ?

1:14
Invité

Oui, j'étais un peu obsédée par ce film et je ne regardais que le début quand il ne mourait pas. Parce qu'après, forcément, il voulait quitter ces deux personnages.

1:22
Présentateur

Une obsession pour Léonardo DiCaprio à l'époque aussi.

1:25
Invité

Énormément d'obsession, j'avais accroché sa photo sur mon lit et je l'embrassais. Et un jour, mon frère m'a surpris en train de le faire. Et malheureusement, quand il est pris, je l'ai vraiment embrassé en mode, à tout à l'heure. Et là, je me retourne et mon frère était là, genre, ok, j'étais là. C'est pas ce que tu crois, mais malheureusement, c'est ce qu'il croyait, évidemment.

1:45
Présentateur

Alors, on gardera le mot obsessionnel qui pourrait être dans la bio Insta et votre spectacle qui s'intitule donc Heureuse. Alors, est-ce que ça veut dire Heureuse, tout simplement ? Ou Heureuse et hyper bien organisée contre tout ce qui constitue les plus grandes angoisses, les aléas de la vie et de l'univers ? Avant et après moi, jusqu'à ce que la mort nous sépare. Et peut-être bien qu'il n'y a rien derrière, donc autant y aller.

2:04
Invité

Qu'est-ce que c'était cette question ? Oui, bien sûr, bien sûr. Heureuse, qu'est-ce que veut dire Heureuse pour vous ? Eh bien, justement, je me pose toujours la question. Donc, je travaille énormément en psychanalyse. Heureuse, en fait, j'ai l'impression que c'est un peu le déni. Genre, vraiment, quand tout va mal, je cherche vraiment à toujours me dire « je suis heureuse ». J'ai envie de sourire face à l'adversité, parfois. Et donc, c'est un peu mon mot valise. En mode « non, mais je suis heureuse, en fait ! » Je suis heureuse malgré tout. Voilà.

2:32
Présentateur

Est-ce que dans votre cas, je me suis dit en lisant un petit peu votre vie, est-ce qu'on peut dire « merci à une dépression » ?

2:38
Invité

Franchement, oui. Moi, j'ai fait une dépression, j'ai eu cette chance, alors c'est bizarre de dire ça, de faire une dépression très jeune, ce qui m'a permis aussi de m'affronter assez rapidement et de grandir assez vite. Et finalement, je trouve que c'est toujours hyper intéressant de faire une dépression parce qu'on se remet en question, on apprend à se connaître. Non, mais c'est vrai. Et puis, parce que moi, à 50 ans, je ne vais pas dire « mais attends, qui suis-je à 50 ans ? » C'est bon, j'ai déjà fait un travail de fond. Donc, je trouve que des fois, c'est une chance, en vrai.

3:06
Présentateur

Et ce sont aussi. Alors, pourquoi Bad Bunny ? Vous voyez une petite obsession après Bad Bunny, Rosalia, mais surtout une obsession de la langue espagnole, de l'accent tout court d'ailleurs, espagnol. Il y a un personnage qui vous a fait connaître, qui a surgi en vous, sur les réseaux sociaux. Un personnage totalement hors de contrôle, mais qui a rencontré son public. Qu'est-ce qui s'est passé avec cet accent espagnol ?

3:46
Invité

En fait, je ne sais pas, j'ai une adoration pour l'Espagne. Et j'ai l'impression que l'espagnol, c'est vraiment mon personnage heureux. Voilà, j'ai l'impression que quand je suis… Mais il y a des connexions familiales, quand même. Oui, oui. C'est vrai que moi, je suis d'origine pied-noir. Donc, en fait, j'ai grandi avec beaucoup d'espagnols. Parce qu'au Maroc, tout le monde parle espagnol. Ma tante est porto-ricaine, donc forcément. Et donc, je me suis mis à les imiter, en fait. Et voilà.

4:09
Présentateur

Et pas pour ça. C'est presque votre double, ce personnage espagnol. C'est mon moi heureuse. Est-ce que votre double a la foi ? Oui, il a la foi.

4:18
Invité

Parce qu'en fait, justement, au début, je disais, tu sais, j'étais assise sur une pierre. Et puis, les larmes ont coulé sur mon visage. Et en fait, je ne savais plus comment faire pour trouver en moi le courage. Donc, j'ai levé les yeux au ciel. Et là, j'ai vu la lumière. Et j'y écroue. Et c'est vrai que j'en ai connu des fantômes, des fantômes de l'amour, tu sais, qui passent comme un courant d'air par la porte des sorties de ce cours. Et tous ces mensonges, comme Marie, ça m'a fait de la peine. Or, je ne suis plus une enfant. Et j'en ai marre, en fait, de faire semblant. Je crois qu'au fil du winter est rentré en vous. On fait l'invierno.

Est-ce que tu embrasses des cartes de l'Espagne aussi ? Non, parce que je ne fais qu'un avec l'Espagne, c'est vrai.

5:06
Présentateur

J'aimerais vous offrir une clémentine quand vous faites des choses comme ça, ce matin. J'ai que du café, parce que, quand même, on est à la grande matinale du France Inter. C'est déjà pas mal d'avoir du café, moi, je trouve. Vous sortez souvent de scène avec quelques clémentines dans les poches. Pourquoi ?

5:18
Invité

Oui, parce que c'était la manière dont mon père me disait « je t'aime ». Donc, c'était un moment de mon spectacle où, pour me dire « je t'aime », mon père m'offre des clémentines avec un petit clin d'œil. Il fallait un peu déchiffrer chez moi. Et donc, du coup, souvent, j'ai des clémentines, des artichauts, des pastèques. Ce qui fait que j'ai beaucoup de déclarations d'amour de mon père avec un abonnement chez le primeur. Et du coup, j'en ai toujours une dans la poche, en mode « bon ben voilà, la vie continue ».

5:46
Présentateur

Quand on ne sait pas se dire « je t'aime ». En parlant d'amour, vous avez consacré votre travail universitaire, parce que vous vouliez être écrivaine, à Manon Lescaut. Manon, c'est une héroïne qui aime trop, qui désire trop, qui vit trop fort pour rentrer dans les cases. Ça a bien nourri votre terreau, aussi, cette histoire.

6:02
Invité

Ben ouais, c'est vrai que finalement, j'ai choisi que des personnages qui sont un peu névrosés, un peu perdus, finalement. Qui finissent horriblement mal, surtout. C'est vrai que Manon Lescaut, il ne finit pas hyper bien. Mais en fait, ce qui me... Pas mieux que Leonardo DiCaprio dans Titanic. Pas mieux. Il ne faut pas tout spoiler. Non, mais moi, ce qui m'intéressait, c'était plutôt l'homme qu'il aimait. Mais ouais, c'est vrai. J'ai choisi toujours des choses très heureuses. Surtout, surtout, racontez pas la fin de Manon Lescaut, ça vient de sortir. Il n'y a pas de la fin de Titanic, le spoil n'est pas.

6:34
Présentateur

Et pas la fin de Titanic. Je spoil n'aurai pas la fin du spectacle, d'ailleurs. Mais on s'en sort quand même. Vous ne voulez pas faire ce métier à la base ? Vous ne voulez pas être humoriste ?

6:45
Invité

Non, mais j'ai l'impression que depuis que je suis petite, je fais ça, en fait, chez moi. Je faisais des spectacles et tout. Donc au bout d'un moment, ma mère m'a dit, va au cours fleurant avec des gens comme toi. Et calme-toi un peu.

6:56
Présentateur

C'est grâce à un stage, sur le tard, comme on dit. J'aimerais bien que les auditeurs sachent ça. On peut toujours changer de direction à un moment donné. Et un stage, comme ça, poussé par votre famille, qui fait que tout d'un coup, il y a une connexion avec la scène.

7:09
Invité

Oui, complètement. J'étais journaliste au départ. Et je me suis dit, finalement, est-ce que je ne gagnerais pas mieux ma vie en étant comédienne ? Et non. Et du coup, je faisais les deux. Et en vrai, je me suis dit, mais en fait, c'est là où je veux être. Donc oui, après, ça m'a pu lâcher. En effet, heureusement.

7:26
Présentateur

Camille, ce matin, on va prendre un peu plus le temps que d'habitude de faire une dédicace au micro de France Inter. Comme vous êtes une obsessionnelle, il y aura peut-être un son qui vous accompagnera. Le micro de France Inter est à vous pour votre dédicace.

7:38
Invité

Ok. Alors, c'est vrai que j'aurais pu arriver en espagnol et peut-être j'aurais eu un autre diagnostic que les antidépresseurs, peut-être j'aurais eu.

7:45
Présentateur

C'est toujours au moment où votre psy vous dit que la séance est terminée que c'est le moment où on trouve le débit de réponse.

7:52
Invité

Et souvent, on finit toujours par un mot un peu nul. Et moi, souvent, je finis par un mot toujours un peu cata, genre j'ai un problème avec la... Bon, je ne sais pas si je peux le dire là. Vous pouvez tout dire au micro. J'ai un problème avec la bite. Et il me dit, c'est la fin de notre séance. Merci beaucoup et à la semaine prochaine. C'est le mot de la fin. Eh bien, c'est la fin de notre émission.

8:12
Présentateur

Merci beaucoup et à la semaine prochaine. Ce sera le titre. Voilà, j'arrête la grande matinale là, sur le mot bit. Mais avant de se quitter quand même, il y a un mot qui sonne, un peu comme un titre de noblesse ou une pension romaine résidente. Camille Tissot sera la première humoriste résidente de l'été sur France Inter. Vous la retrouverez dans Grand Bien Vous Fasse, l'été des varoques qu'on embrasse du 29 juin au 3 juillet pour une chronique quotidienne. Et en attendant, vous pouvez déjà prendre des places pour son spectacle heureuse au théâtre de 10h à partir du 23 septembre. Merci d'avoir accepté. Merci vous. La séance est terminée.

La séance est terminée, comme je l'ai dit moi-même avec énormément d'autorité. C'est donc la fin de la grande matinale.