Franck Riester : "Nous avons besoin de rassembler large si nous voulons gagner"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Pour quelles raisons avez-vous choisi de soutenir Alain Juppé ?
- 1:24OuverteRéponse directe
Vous avez été l'un des rares députés de droite à voter la loi sur le mariage homosexuel. François Fillon veut défaire une partie de cette loi.
- 2:07OuverteRéponse directe
Estimez-vous que François Fillon est trop influencé par la religion politique et les mouvements comme Sens commun ?
- 2:45OuverteRéponse directe
À quel point les accusations d'antisémitisme et de salafisme contre Alain Juppé ont-elles pesé dans la campagne ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Nicolas Sarkozy a fait oublier les deux courants de la droite. Ces deux droites pourront-elles travailler ensemble ?
- 5:26OuverteRéponse directe
François Fillon a 15 points d'avance. Les jeux sont-ils pliés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueFait
« Moi, je sens la colère monter dans le pays. Elle fera un score très important. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Si nous voulons gagner 2017, il faut choisir le plus rassembleur. »
- 1:41Invité politiqueFait
« de rouvrir ce débat, de rouvrir les discussions autour de ce débat est, à mon avis, une très mauvaise chose. »
- 1:54Invité politiqueFait
« Regardez les tensions qu'il y a eu dans la société à cause de ça. »
- 2:17Invité politiqueFait
« Moi, je suis loin de ce que défend la Manif pour tous, ça c'est clair. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Le candidat dit qu'il ne revenait pas sur le mariage pour tous, mais qu'il rouvrait le débat. »
- 2:55Invité politiqueFait
« Dans l'électorat de droite, traditionnel, François Bayrou est perçu comme un chiffon rouge. »
- 4:25Invité politiqueFait
« nous avons besoin d'investir, notamment en matière de sécurité. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Alain Juppé veut remettre des effectifs dans la police, pas François Fillon. »
- 5:35Invité politiqueFait
« il y a une énorme surprise au premier tour de cette élection primaire, je pense qu'il peut y avoir une surprise au deuxième tour »
- 6:35Invité politiqueChiffre
« François Fillon explique comment il peut supprimer 500 000 postes de fonctionnaires »
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France Inter. Catherine Boulet. Eric Delvaux. Le 5-7. Votre invité ce matin, Eric Delvaux, c'est le député Les Républicains, Franck Riester, qui était, jusqu'à dimanche soir, le porte-parole de Bruno Le Maire dans la primaire de la droite et du centre. Bonjour Franck Riester. Bonjour. Contrairement à Bruno Le Maire, vous avez donc choisi, vous, de soutenir la candidature d'Alain Juppé. Pour quelles raisons ?
Pour deux raisons majeures. D'abord, la première, c'est que je suis convaincu que l'élection de 2017 n'est pas gagnée. n'est pas d'ores et déjà gagnée pour la droite et le centre. Et donc, nous devons choisir le meilleur candidat pour nous permettre de battre Marine Le Pen. Parce que c'est un vrai danger. Moi, je sens la colère monter dans le pays. Elle fera un score très important. Si nous voulons gagner 2017, il faut choisir le plus rassembleur. Et Alain Juppé a démontré, depuis le début de cette campagne, qu'il était celui qui ressemblait le plus les différentes sensibilités de la droite et du centre et les différentes générations de la droite et du centre.
Et puis, deuxièmement, sur les sujets de société, je me sens évidemment beaucoup plus proche de la vision de la société humaniste, rassembleuse d'Alain Juppé pour toute une série de raisons, notamment les questions d'égalité des droits entre les hommes et les femmes, la question, bien évidemment, du mariage pour tous. Bref, sa vision d'une société où chacun, quelles que soient ses différences, pourrait se sentir valorisé, respecté, me correspond tout à fait.
Oui, on va dire aussi que vous avez été l'un des rares députés de droite à voter en faveur de la loi sur le mariage homosexuel. François Fillon veut défaire une partie de cette loi Taubira en supprimant, non pas le mariage homosexuel, mais ce qu'on appelle la possibilité d'adoption plénière, celle qui supprime tout lien avec la famille d'origine.
Il a été plus ou moins clair sur cette question-là, mais quoi qu'il en soit, de rouvrir ce débat, de rouvrir les discussions autour de ce débat est, à mon avis, une très mauvaise chose. Regardez les tensions qu'il y a eu dans la société à cause de ça. Franchement, vous ne croyez pas qu'on a autre chose à faire ? Vous ne croyez pas qu'on a besoin plutôt de rassembler, d'apaiser les Français entre eux, plutôt que d'ouvrir des débats qui divisent et qui stigmatisent ?
C'est-à-dire que vous estimez que François Fillon est trop influencé par la religion politique et les mouvements comme sens commun, cette émanation de Manif pour tous ?
Après, il peut être soutenu par qui veut, mais c'est sûr que... En tout cas, moi, je suis loin de ce que défend la Manif pour tous, ça c'est clair. Pour autant, ce qui compte, c'est ce que dit le candidat. Le candidat dit qu'il ne revenait pas sur le mariage pour tous, mais qu'il rouvrait le débat. Et particulièrement, on rouvre le débat sur une partie du texte, on rouvre les tensions dans la société. Franchement, on a mieux à faire.
Hier soir, sur France 2, Alain Juppé a expliqué qu'il avait été victime d'une certaine déstabilisation, notamment accusé d'antisémitisme, de salafisme. A quel point ça aurait pesé, ça, dans la campagne d'Alain Juppé, selon vous ?
Je ne crois pas. Je crois que ce qui a plus pesé, c'est les attaques contre ces soi-disant accords pré-électoraux avec François Bayrou. Dans l'électorat de droite, traditionnel, François Bayrou est perçu comme un chiffon rouge. Pour autant, ce qu'il faut dire aux Français, c'est que nous ne gagnerons pas la droite et le centre sans rassembler plus large que simplement le cœur de notre électorat. Et puis, pardon, mais quand j'entendais Nicolas Sarkozy nous expliquer que c'était un scandale de faire alliance avec François Bayrou, alors qu'en bureau politique, auquel je participais régulièrement, il nous a dit qu'il fallait faire alliance avec François Bayrou. Et il avait raison.
Si on a gagné les régions, un grand nombre de régions, notamment la région Île-de-France ou la région Rhône-Alpes-Auvergne, c'est parce qu'on a fait l'alliance avec François Bayrou. Alors, deux poids, deux mesures, ça suffit. Nous avons besoin de rassembler large si nous voulions gagner en 2017 et conduire les réformes dont le pays a besoin. Et donc, moi, j'appelle vraiment toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette volonté d'Alain Juppé de réformer le pays, mais de le faire d'une façon rassembleuse et pas d'une façon différente.
Nicolas Sarkozy était parvenu à faire oublier qu'il y a peut-être deux principes au courant à droite, deux droites républicaines, la droite bonapartiste, on va dire autoritaire, qu'incarnerait François Fillon, et puis la droite plus orléaniste, plus ouverte, effectivement, qu'incarnerait Alain Juppé. Ces deux droites, un peu comme Valls disait, des deux gauches irréconciliables, est-ce que ces deux droites vont pouvoir travailler ensemble dans le futur ?
Il faudra, mais encore une fois, à condition que celui qui sera choisi soit en capacité de rassembler. Et donc, quand j'entends le discours d'Alain Juppé, je vois quelqu'un qui veut restaurer l'autorité de l'État, il est très clair, nous avons besoin d'investir, notamment en matière de sécurité. D'ailleurs, on voit une différence majeure, paradoxalement, entre François Fillon et Alain Juppé. Alain Juppé veut remettre des effectifs dans la police, pas François Fillon.
Donc, on voit bien que, contrairement à ce que parfois les images peuvent être véhiculées, nous avons un Alain Juppé qui, sur les sujets régaliens, est décidé à restaurer l'autorité de l'État, sur les sujets économiques et sociaux, de réformer pour davantage de liberté, pour faire davantage confiance aux entrepreneurs, davantage confiance aux talents de chaque Français, et en même temps, sur les sujets de société, beaucoup plus en phase, à mon avis, avec la société telle qu'elle l'est, et pas telle qu'on souhaiterait qu'elle soit, ou telle qu'elle était, il y a 50 ans.
Nous avons besoin de nous projeter dans l'avenir, avec quelqu'un qui voit la société telle qu'elle est, le monde tel qu'il est, et qui veut faire en sorte que chaque Français puisse, dans ce monde-là, être, je dirais, maîtriser son destin, et s'épanouir dans cette société-là, et ne pas avoir le sentiment de ne pas être respecté par la République.
François Fillon a tout de même près de 15 points d'avance sur Alain Juppé, est-ce que vous estimez, comme on l'entend depuis dimanche soir, finalement que les Jeux sont pliés ?
Ça va être difficile, mais il y a une énorme surprise au premier tour de cette élection primaire, je pense qu'il peut y avoir une surprise au deuxième tour, il y a une semaine de campagne, il y a des meetings, je vais ce soir rejoindre Alain Juppé à Toulouse, il y a un débat majeur, qui sera celui de jeudi soir, où il y aura, je dirais, un débat contradictoire entre les différents projets, et je pense qu'Alain Juppé est déterminé à montrer en quoi son projet est plus à même de réussir, parce que ce qui compte, c'est d'avoir des résultats après 2017, pour gagner en 2017, et ensuite pour réussir les réformes qui sont importantes, et puis la mobilisation, parce qu'aujourd'hui les projecteurs sont sur le projet de François Fillon, vous voyez bien, alors que pendant cette campagne du premier tour, nous avons eu plutôt le projecteur sur le projet d'Alain Juppé, sur le projet de Nicolas Sarkozy.
Mais sur quel point précis Alain Juppé peut-il retourner la vapeur dans son programme ? Je vous le dis, sur les questions de société, sur les questions aussi de crédibilité de mise en oeuvre du projet, c'est vrai qu'il va falloir que François Fillon explique comment il peut supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, sans toucher au statut de la fonction publique territoriale, pourquoi Bruno Le Maire avait proposé de réduire d'une façon importante les emplois publics, et pas forcément les fonctionnaires, c'est parce que notamment, il touchait au statut de la fonction publique territoriale, c'est-à-dire qu'on transformait des emplois publics en emplois de statut privé.
Et puis deuxièmement, il supprimait les emplois aidés dans le secteur public, ce que ne veut pas faire François Fillon. Donc là, il y avait une masse d'emplois publics qu'on pouvait supprimer, sans que ça remette en cause le bon fonctionnement de nos administrations. Attention ! En matière de justice, en matière de sécurité, en matière de santé, nous avons besoin de davantage d'effectifs.
Parmi les anciens soutiens de Bruno Le Maire, je crois que vous êtes le seul, désormais, à soutenir Alain Juppé. Est-ce que vous pensez être suivi ? Pour l'instant. Pour l'instant. Est-ce que vous serez suivi par d'autres ? Je pense à Hervé Morin ou Yves Gégaud ? Écoutez, il faudra leur demander, mais pour l'instant, ils ne se sont pas prononcés.
Vous avez eu des échos ? J'ai eu des échos. Vous en saurez plus prochainement.
Merci beaucoup, Franck Triester, donc Républicain. Les Républicains, porte-parole jusqu'à dimanche soir de Bruno Le Maire, et votre choix désormais pour le candidat Alain Juppé. Merci à vous. Et bonne journée.
Franck Riester