Situation en Guadeloupe, retour du service militaire... Le "8h30 franceinfo" de Michel Barnier
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Bonjour Michel Barnier. Bonjour. 8 jours de grève générale en Guadeloupe, des incendies, des pillages également par endroits. Est-ce que le gouvernement a raison de tenir bon sur l'obligation vaccinale des soignants ?
C'est une règle générale qui s'applique pour la sécurité et la santé publique. En Guadeloupe, il faut à la fois de l'autorité et du dialogue. Il faut davantage sans doute de compréhension, de moments de dialogue et d'écoute, des préoccupations locales. Vous avez une situation un peu particulière en Guadeloupe et en Martinique, notamment en raison d'une sorte de méfiance qui existe depuis assez longtemps, pour toute la parole qui vient de Paris. Et ça, c'est lié à une situation locale, que je connais bien, qui est celle du chlordécone, qui a empoisonné, qui continue d'empoisonner les terres, qui a été trop longtemps utilisée dans notre pays. Et là, il y a une méfiance.
Donc, il faut comprendre ça. C'est un département, ce sont des départements d'outre-mer qui doivent être dans la République et traités comme tous les autres. Et je pense qu'il faut du dialogue. En plus de l'autorité, parce que ce qu'on a vu là, des pillages, des armes qui sont volées, des personnes qui sont menacées, ce n'est pas normal. Donc, il faut de l'autorité.
Du dialogue, mais on ne renonce pas à l'obligation vaccinale des soignants, ni au pass sanitaire sur l'île, comme le réclament ceux qui bloquent aujourd'hui.
Oui, mais ceux qui bloquent doivent prendre aussi leurs responsabilités. Le dialogue doit permettre d'aller vers les soignants, d'aller vers les élus locaux un peu mieux qu'on ne l'a fait dans les semaines qui passent.
Ou la création d'une instance de dialogue annoncée hier par Jean Castex.
Oui, mais encore une fois, ça fait déjà plusieurs semaines qu'on a des problèmes spécifiques dans les départements d'outre-mer. D'ailleurs, de manière inégale, j'étais à La Réunion il y a quelques jours, la situation est différente. Donc, Guadeloupe, Martinique, Guyane, je pense qu'on aurait dû anticiper ce besoin de dialogue et de compréhension avec les élus locaux et avec les soignants.
Certains soignants refusent les vaccins à ARN messager, ceux qui refusent toujours de se faire vacciner. Est-ce qu'il faut accéder à leurs demandes et leur permettre de se faire vacciner avec d'autres vaccins ? Du moins qu'ils aient le choix.
Moi, je n'ai pas la science infuse, je ne suis pas médecin, je ne vais pas prétendre répondre à toutes les questions compétentes que vous posez. Mais franchement, ne me demandez pas cela. S'il faut trouver un autre vaccin, il y en a d'autres. Moi, j'ai été vacciné avec Pfizer, donc on peut vacciner avec d'autres vaccins. Si c'est ça la condition pour être vacciné, on peut peut-être accéder à cela. Je pense aussi que dans le moment où nous sommes, avec ce virus qui revient, qui est très agressif, avec d'autres formes, je pense que si ça continue à s'amplifier, à s'aggraver, je pense qu'il faudra revenir sur la gratuité des tests.
Pour les non-vaccinés ?
Pour les non-vaccinés. Je pense qu'il faut s'adapter, anticiper, et je pense que l'idée de refaire ces tests gratuits pour qu'on sache, parce que c'est aussi une manière de prévenir. La prévention coûte toujours moins cher que la réparation.
Là, vous parlez pour tout le monde, en métropole et dans l'outre-mer.
Oui, je parle de la France métropolitaine et d'outre-mer.
Est-ce qu'il faut, Michel Barnier, des mesures de restriction supplémentaires ? Je ne parle plus simplement de la Guadeloupe et de la Martinique, je parle de l'ensemble du territoire français face à l'envolée des cas constatés. On est quasiment à 20 000 cas par jour ces derniers jours.
Oui, j'avais anticipé votre question.
En dehors du retour de la gratuité des tests.
Remettre en place la gratuité, c'est une manière de s'adapter, de prévenir. Et puis, réinsister, il faut toujours faire de la pédagogie, parce que les Français ont été très responsables. Il y a eu beaucoup d'esprits civiques depuis un an et demi. Franchement, ce virus a touché beaucoup de gens, beaucoup de morts, beaucoup de malades, beaucoup de solitude, notamment chez les jeunes. Donc, il faut respecter les Français, il faut leur faire confiance. Et puis, il faut les informer, peut-être davantage par la voie des médecins que par la voie des ministres.
L'esprit civique suffira, vous pensez, à passer la vague ?
Je pense que les Français sont intelligents, ils sont capables de comprendre un certain nombre de recommandations. Il faut généraliser le pass sanitaire, il faut avoir des gestes barrières, faire attention. Tant que ce virus est là, sous une forme ou sous une autre, je pense qu'il faut faire attention.
Vous dites que le gouvernement a raison de conditionner le pass sanitaire à cette dose de rappel qui est désormais accessible aux plus de 40 ans ?
Le gouvernement est une chose...
Pour le moment, il est conditionné aux plus de 65 ans.
Oui, moi, je pense que si les autorités sanitaires, et je veux qu'on fasse confiance aux autorités sanitaires, un peu plus qu'on ne l'a fait dans le passé. J'ai observé depuis un an et demi que cette crise a été gérée par le Conseil de défense à l'Élysée. Le Président de la République décide de tout sur tout pour tout. Je pense qu'il aurait été plus normal de gérer de manière plus sanitaire avec des médecins cette crise. Bon, et moi, je fais confiance aux autorités sanitaires. Donc, si les autorités sanitaires disent... Si les autorités sanitaires disent qu'il faut généraliser la troisième dose, il faut le faire et au-delà des 50 ans.
Et quand les autorités sanitaires, en l'occurrence, le Conseil scientifique disait qu'il fallait reconfiner, on aurait dû reconfiner le pays ? Moi, je ne crois pas. Je vous ai dit faire confiance. Donc, il faut parfois désobéir aux scientifiques aussi quand on est politique ?
Oui, il faut prendre ses responsabilités et faire confiance aux gens. Mais qu'est-ce que ça veut dire reconfiner tous ceux qui n'ont pas été vaccinés ? Je ne crois pas que ce soit possible. Donc, généraliser le pass sanitaire, le rendre obligatoire dans toutes les réunions. Oui, mais faire confiance aux gens et expliquer.
Le pass sanitaire obligatoire, même dans les meetings politiques, on entre dans une campagne présidentielle qui va être donc jalonnée de meetings politiques. Il faut le pass sanitaire pour tous les participants ?
Oui, je pense que c'est une précaution nécessaire pour tout le monde. Hier, j'étais à Paris avec tous les adhérents de Paris. Il y avait près de 500 personnes dans la réunion que j'ai tenue au siège de notre famille politique, les Républicains. J'ai été contrôlé. En entrant personnellement comme candidat, j'ai été contrôlé. Et les 500 personnes qui sont rentrées ont été contrôlées à l'entrée. Ça me paraît... C'est simple. Vous savez, ce n'est pas un geste compliqué. Et c'est simple. Et c'est une précaution collective.
Le Premier ministre, Jean Castex, on l'a appris hier soir à attraper le Covid. Il n'était qu'à contact depuis quelques heures, semble-t-il, contaminé par sa fille de 11 ans qui n'est donc pas vaccinée. Il souffre de légers symptômes, nous dit-on pour l'instant à Matignon. Que lui souhaitez-vous, Michel Barnier ?
Je lui souhaite un bon rétablissement. Ce virus est agressif, je peux le dire en conscience, puisque je l'ai eu au tout début en mars 2020. Et donc il faut se protéger, il faut faire attention, il faut se soigner. Donc je lui souhaite un bon rétablissement.
Michel Barnier, vous voyez bien qu'autour de nous, en Europe, l'épidémie repart de plus belle, encore plus fort en Allemagne, en Autriche. Est-ce qu'il faut fermer les frontières avec ces pays-là ?
Vous n'allez pas fermer la frontière avec l'Allemagne. On l'a fait dans des moments exceptionnels. Il faut que, d'abord, on coordonne davantage. J'espère qu'on tirera les leçons de cette crise, de cette pandémie. Il y en aura d'autres, malheureusement. Il faut se préparer à des temps difficiles avec la mondialisation. Et donc plus on préparera ensemble, moins on aura de difficultés pour réparer.
Là, on ne prend pas de précautions particulières en fonction de ce qui se passe maintenant.
Non, mais il y a des coordinations, j'imagine. Je ne suis pas au gouvernement pour l'instant. Et je pense qu'il y a une coordination. Mais par exemple, j'avais proposé en 2006 la création d'une force européenne de protection civile pour faire face à des catastrophes qui dépassent le seul État d'un pays. Ça peut être de grandes inondations, ça peut être un tsunami, ça peut être une catastrophe industrielle, ça peut être de grands incendies, et ça peut être une grande pandémie. J'avais identifié ce cas parmi les sept situations de catastrophes très importantes et très graves pour qu'on soit communautarisés, on mutualise la réponse.
Et donc j'espère que ce que j'avais proposé en 2006 pourra se faire maintenant, à la lumière, d'une certaine improvisation au moment de la crise du Covid. Et donc coordonner, oui, coordonner les mesures barrières, coordonner la solidarité dans les soins. Je pense qu'il y a des leçons à tirer de cette crise.
Michel Barnier, candidat à l'investiture des Républicains, et on va en parler dans quelques instants. Elle a invité du 8.30 France Info, le fil 1 fois 8h40 avec Mélanie Delonnet.
La Ligue de football, la fédération des représentants, des clubs, des arbitres, au ministère de l'Intérieur, ce matin réunion pour trouver la parade aux incidents dans les stades, deux jours après l'interruption du match entre Marseille et Lyon. 40% de moyens financiers en plus pour lutter contre la détresse des agriculteurs, une profession davantage touchée que les autres par les suicides. Le ministre de l'Agriculture, Julien de Normandie, l'annonce sur France Info ce matin. Appel au calme et volonté de convaincre les professionnels de santé réticents. C'est ce qui ressort de la Réunion à Matignon sur la situation en Guadeloupe. Une instance de dialogue va être créée.
On a été écouté, mais pas entendu, réagit sur France Info, le président de la région. Tout mis bout à bout, cela représente 500 euros de plus par mois. Les syndicats hospitaliers aboutissent à un accord sur la rémunération des sages-femmes avant un nouveau week-end de mobilisation. Et puis la série française 10% primée aux Etats-Unis, aux International Emmy Awards, la série qui est portée par son succès sur la plateforme Netflix.
France Info Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel
Toujours avec Michel Barnier, candide à la candidature Les Républicains à l'élection présidentielle. Le bras de fer avec les Britanniques sur la question de la pêche continue. 150 bateaux français attendent toujours une autorisation des autorités anglaises. En parallèle, votre responsabilité dans la situation est mise en cause. On rappelle que c'est vous qui avez négocié l'accord du Brexit avec les Anglais. Écoutez, Christophe Castaner, le président du groupe En Marche à l'Assemblée nationale.
On voit bien qu'y compris ceux qui d'ailleurs ont négocié le traité de sortie avec le Brexit et nous avaient dit ne vous inquiétez pas, tout va bien, par exemple, on constate qu'effectivement il y a des imprécisions dans le texte sur lesquelles joue le Royaume-Uni. Alors derrière cela, il y a des femmes et des hommes, des pêcheurs. Et donc ils ont notre soutien, ils ont mon soutien et on va tout faire pour qu'ils puissent continuer à exercer le métier qui est le leur. Vous rendez Michel Barnier responsable de la situation actuelle ? Écoutez, si le Royaume-Uni peut mettre en avant qu'il y a un loup dans le texte, c'est qu'effectivement, il n'a pas été négocié au mieux.
Michel Barnier, ce qui se passe aujourd'hui, c'est votre faute, ça vous fait sourire, ce que dit Christophe Castaner.
Je ne vais pas perdre du temps à polémiquer avec ce monsieur. Monsieur Castaner, c'est d'ailleurs cette déclaration qui date de trois semaines, si vous me permettez de le préciser. Vous auriez dû le préciser, parce que moi j'ai entendu le porte-parole du gouvernement dimanche, monsieur Attal, dire exactement le contraire. Dire que la négociation était bien conduite par Michel Barnier.
Donc l'accord sur le Brexit était bon sur ce point de la pêche ?
Vous savez, chacun sait ses responsabilités. Quand monsieur Castaner a fait cette déclaration un peu polémique, cette petite polémique politicienne, qui ne m'étonne pas de lui, je lui ai recommandé d'interroger le président de la République. Et le président de la République, lui, il sait de quoi il parle, parce qu'il a négocié avec tous les autres chefs d'État et de gouvernement à mes côtés jusqu'au bout, et il a approuvé la conclusion de cet accord. Alors évidemment, au moment de cet accord, j'ai dit moi-même qu'il va alors faire très attention à sa mise en œuvre. Et c'est exactement ce qui se passe.
Peut-être qu'on aurait d'ailleurs dû être un peu plus attentifs plus tôt, parce que les Britanniques se comportent, je veux dire, en flibustiers. Il n'y a pas de bonne foi de leur part, ni sur la pêche, ni sur l'Irlande. Ils reviennent sur deux sujets sur lesquels ils ont été obligés de faire des compromis à la fin, et ça a duré jusqu'au 24 décembre, à 4 heures de l'après-midi sur la pêche. Et nous avons tenu tous ensemble pour dire aux Britanniques, que si vous voulez un accord de commerce général, et ils le voulaient, vous devez accepter un accord raisonnable sur la pêche. Et donc on a fait cet accord raisonnable, j'ai d'ailleurs tenu des pêcheurs informés. Maintenant, il faut l'appliquer.
Et là, il n'y a pas de bonne foi, parce qu'ils refusent de donner une centaine de licences à des bateaux qui ont pourtant droit.
Dans ces conditions, est-ce que ça vaut encore le coup de négocier avec Boris Johnson, dont vous nous dites que sa parole du mois de décembre n'est plus celle...
Non, on ne négocie pas avec lui. On essaie d'obtenir qu'ils appliquent ce qu'ils ont accepté de signer au mois de décembre, et sur l'Irlande, et sur la pêche. Et s'ils refusent, on fait quoi ? Eh bien, il y a des mesures... D'abord, il faut que la Commission fasse son travail, et elle le fait. Il faut qu'on se prépare à mettre en œuvre des mesures de rétention qui sont prévues dans le traité. Soit on rétablit des tarifs sur les produits de pêche, soit on contrôle davantage les bateaux de pêche britanniques, soit on peut prendre des mesures de suspension partielle de telle ou telle partie du traité. Moi, j'aimerais bien que M. Johnson mette tout ce qui se passe en perspective.
Nous avons besoin d'une bonne relation avec le Royaume-Uni pour faire face à tellement de défis, le terrorisme, le changement climatique, et d'autres défis encore, que je trouve vraiment grave, qu'en faisant preuve de mauvaise foi, sur ces deux sujets, ils mettent en cause...
Oui, il défend ses intérêts, mais est-ce que vous déplorez l'attitude du gouvernement ? Vous avez parlé de résignation, de renoncement de la part du gouvernement. Oui, parce que l'autre jour, la ministre de la Mer
a annoncé des mesures de sortie de pêche d'un certain bateau, elle a annoncé des crédits. En disant qu'elle était prête à indemniser les bateaux... Oui, s'il faut aider les prêcheurs au bout de la route, c'est bien que le Brexit a des conséquences. Vous savez, je veux dire une chose à ceux qui nous écoutent, c'est que s'il n'y avait pas eu d'accord, si je n'avais pas fait l'accord le 24 décembre, tous les bateaux de pêche européens seraient sortis des eaux britanniques. Tous, tous, tous. Et donc, ça aurait été extrêmement grave.
Bien sûr, il n'y aurait plus de relation commerciale normale, il y aurait eu des tarifs douaniers, des quotas, sur tous nos échanges, au détriment d'ailleurs de beaucoup de producteurs européens et français, des industriels et des agriculteurs. J'ai l'honneur d'être le ministre de la Pêche, je serai toujours aux côtés des pêcheurs français, j'ai aussi l'honneur d'être ministre des agricultrices et des agriculteurs, et je pense à eux en ce moment, où on vient de redire à nouveau le drame en quoi consistent les suicides dans l'agriculture.
Et vous êtes aujourd'hui l'un des cinq candidats à l'investiture des Républicains. Michel Barnier, on est à dix jours désormais du vote des militants. Qu'est-ce qui vous fait dire que vous êtes le meilleur ? Mais je ne dis pas cela. Ah, bon, alors qu'est-ce qui vous fait dire qu'il faut voter pour vous, même si vous n'êtes pas forcément...
Non, mais ça, ce sont des mots, je ne vais pas faire preuve de prétention. Vous savez, j'ai beaucoup de sérénité dans cette campagne, et il en faut, parce que la gestion de notre pays, dans l'État où il est fracturé, divisé avec tellement d'agressivité, on le voit tous les jours, ça va être très difficile. Donc il faut être calme.
Vous avez sans doute entendu samedi dernier, il était à vos côtés, Xavier Bertrand, à la tribune, dire pour arriver à l'Élysée, finalement, il faut de l'énergie. Oui, mais bien sûr. C'est à l'énergie qu'on gagne cette bataille. Est-ce que beaucoup ont interprété comme une critique en creux de vous, qu'on dit un peu trop...
Mais l'énergie, ça ne consiste pas, excusez-moi. à crier plus fort que les autres, à faire preuve d'agressivité. L'énergie, c'est la capacité à rassembler, et je pense avoir cette capacité-là, de rassembler ma famille politique, que personne ne soit laissé au bord du chemin, que tout le monde soit associé, que tout le monde s'en sorte la tête haute, que tout le monde soit utile au lendemain du vote, rassembler ma famille, ensuite rassembler avec ma famille, la famille centriste, et rassembler les Français. Il faut... L'énergie, c'est la capacité de rassembler, la capacité d'agir.
Et je vous prie de croire, si quelqu'un en doute, il a tort, que j'ai toujours la même énergie depuis la première élection, quand j'avais 22 ans en Savoie, et j'en ai fait preuve tout le long. La capacité de rassembler, la capacité de faire, c'est ça la bonne énergie. C'est pas d'agiter les bras et de crier plus fort que les autres.
Vous dites, c'est ma famille, aujourd'hui, les Républicains. Ça veut dire que, si vous n'êtes pas choisi par les militants, dans une dizaine de jours, vous vous rallierez à celui qui l'aura, quel qu'il soit, y compris, vous voyez venir ma question, si c'est Éric Ciotti.
Mais la règle du jeu a été établie par tous les candidats, nous l'avons tous acceptée, il y aura un seul candidat de cette famille politique, je pense que je serai...
Mais est-ce que vous irez faire meeting à côté d'Éric Ciotti, l'homme qui dit, je préfère Zébou à Macron ?
Je viens de vous dire que j'espère gagner, je pense entraîner cette famille vers son union, et vers la victoire, et ce que j'ai dit d'ailleurs dans le tout dernier débat, et donc je pense que cette question ne se posera pas.
Et si ce n'était pas le cas ?
Nous respecterons tous la règle du jeu. Voilà ma réponse à votre question. Et donc, moi j'ai confiance. J'ai confiance, hier soir, j'étais encore avec 500 personnes à Paris, je serai ce soir à Troyes. J'ai confiance dans le sentiment que je sens de soutien à cette candidature que je présente, qui est une candidature sérieuse, et en même temps de rassemblement et d'action. Voilà. J'étais dans un village d'Occitanie, et j'ai une femme, une dame s'est approchée de moi sur le marché. J'aime bien être sur le marché, parce qu'on est à portée de tous les citoyens. et elle me dit, il faut que vous vous présentiez, M. Barnier, parce qu'on a besoin d'un président qui rassure et qui agit.
Vous voulez dire qu'elle n'était pas au courant que vous étiez candidat ? Non, c'était au mois de juin.
Ah, pardon.
Et donc c'était au mois de juin. Oui, mais elle m'a encouragée.
Vous voyez, vous l'oubliez dater, Christophe Castaner.
Non, elle m'a encouragée, parce qu'elle m'a encouragée. C'est en partie à cause de cette femme que j'ai décidé de candidat. Un président qui agit et qui rassure, et qui rassemble.
Vous entendez, vous avez sans doute lu l'interview de Gérald Darmanin dans le Parisien, aujourd'hui en France, le ministre de l'Intérieur, qui affirme que l'immigration est devenue votre obsession chez les Républicains. On l'a vu lors des trois derniers débats, où la question de l'immigration était au centre des échanges. Il dit que les Républicains calent leur pas sur ceux de l'extrême droite. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
J'aimerais bien que ce soit l'obsession de M. Darmanin. Parce que la question, moi je ne calmais pas sur personne d'autre. Je n'ai pas besoin de tel ou tel pour comprendre et écouter le sentiment des Français par rapport à une immigration que plus personne ne contrôle, ni en France ni en Europe, et par rapport à une autre responsabilité de M. Darmanin, qu'il découvre un peu à la fin de ce mandat, qui est celle de la sécurité publique, de l'autorité de l'État. Il y a deux sujets qui sont des préalables pour retrouver de la tranquillité dans le pays.
Les trois derniers débats des Républicains sur les questions d'immigration et de sécurité, ce n'est pas trop ?
Ce sont des sujets importants, très graves, ce ne sont pas les seuls, mais on ne peut pas évidemment parler de sécurité publique si on ne parle pas d'emploi, de travail et d'éducation. On ne peut pas parler d'immigration si on ne parle pas de la France dans le monde ou de la sécurité écologique qui va provoquer de grands mouvements de migration. Donc moi je suis prêt à parler de tout, et tout compte. Évidemment, on a mis l'accent sur ces questions, à la demande d'ailleurs souvent des journalistes qui nous interrogent.
Les candidats peuvent toujours dire non, vous me posez une question.
Oui, mais pour en parler d'autres choses, déjà le dernier débat a été plus ouvert, on a parlé enfin de culture, j'espère qu'on parlera de sécurité écologique, de la gestion des risques, de la biodiversité, de l'agriculture dont on n'a pas du tout parlé, et qui est un très grand sujet de préoccupation et d'espérance aussi. Donc il y a plein de sujets dont on n'a pas parlé, de l'ascenseur social, de l'accueil des personnes handicapées. Je veux qu'on parle de tous ces sujets, et c'est l'objet de la campagne que j'ai engagée.
Et bien nous on va parler d'une proposition que vous venez de faire, dans cette dernière ligne droite, dans un instant, Michel Barnier, c'est le retour du service militaire. Quand, pour qui, à quelles conditions ? On vous posera toutes ces questions dans un instant, après le fil info à 8h51 avec Mélanie Delonnet.
Les contrôles des passes sanitaires, multipliées par trois depuis octobre, après un relâchement des gestes barrières, notamment au restaurant, selon le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Un conseil de défense sanitaire va se tenir demain, pour parler entre autres du rappel de vaccins pour tous. Il est désormais préconisé par le conseil scientifique. Les contaminations augmentent, et parmi les personnes positives au Covid, le Premier ministre Jean Castex, son emploi du temps va être adapté, il va rester à l'isolement pendant 10 jours. C'est donc par visioconférence qu'il a participé hier à la réunion avec les élus de la Guadeloupe.
Elle aboutit à la création d'une instance de dialogue, à un appel au calme. Il y a eu des tirs contre des policiers. Selon le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, on va y aller en Guadeloupe, le promet-il, mais pas maintenant, car ce serait une surcharge pour les forces de l'ordre. Les jeux vidéo reprisés pendant le confinement ont réuni encore plus d'adeptes cette année. Près de 6 Français sur 10 allument leur console pour jouer au moins une fois par semaine, selon une étude du syndicat professionnel du secteur. Et c'est de plus en plus souvent en famille avec les enfants.
France Info. Le 8.30 France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel. Toujours avec Michel Barnier, Jacques Chirac l'avait supprimé. Vous plaidez donc pour le retour du service militaire, mais vous dites, si je suis élu, je lancerai une grande concertation et je soumettrai ensuite cette idée aux Français. Parce que ça veut dire que vous n'êtes pas sûr de vous.
Bon, je veux écouter. D'abord, une campagne présidentielle, c'est l'occasion de poser tous les débats. Ne me reprochez pas d'ouvrir tous ces débats, parce que c'est ça, une campagne présidentielle.
Mais c'est la grande mode en ce moment des référendums. Plutôt que de dire je le ferai ou pas, on dit je le soumettrai aux Français.
Deuxièmement, il y a une culture que moi j'ai apprise, notamment dans les fonctions internationales et européennes, c'est la culture de l'évaluation. Je trouve qu'en France, on fait des lois et puis on considère qu'elles sont bonnes pour toujours. Je pense qu'il faut évaluer. Évaluer, évidemment, qu'est-ce qui s'est passé depuis la suppression du service national, qui a été supprimé pour de bonnes raisons par Jacques Chirac. Et puis qu'est-ce qui s'est passé avec toutes les idées qu'on a vues, clore et émerger depuis le service national universel, qui d'ailleurs n'est pas universel, il concerne 15 000 personnes. Donc on voit bien que tout le monde cherche des idées pour faire quoi ?
Pour recréer du lien, du lien civique et du lien républicain, pour reconstruire, pour tous ceux pour lesquels il est un peu abandonné, le sentiment d'appartenance à la nation et à la République.
Alors attendez, s'il a été supprimé pour de bonnes raisons, pourquoi le rétablir ?
Je pose cette question et je dis que je vais en effet soumettre à un débat parlementaire, après l'évaluation de toutes les initiatives qui ont été prises, plus ou moins réussies, à l'idée de recréer un service de 6 mois obligatoire que j'ai appelé service militaire de sécurité et de protection civile. Donc il sera ouvert de manière plus souple, plus flexible aux jeunes pour passer un temps à recréer entre eux ce lien, ce brassage social et ce lien républicain et ce lien national.
Quels jeunes ? C'est quel âge ?
Entre 18 et 21 ans.
Garçons et filles, tout le monde.
Garçons et filles, je pense qu'il y a besoin de recréer ce lien pour l'unité de notre pays. Je ne prétends pas, je n'ai pas la science infuse, je sers à poser les questions. Je vois le risque pour notre pays de cette désagrégation de ce sentiment national qui disparaît progressivement. Et ce n'est pas bien et c'est une faiblesse pour tout le monde.
Sauf que vous entendez les critiques, Michel Barnier, déjà sur la mise en œuvre d'un service militaire, notamment les réticences des armées qui disent « Mais ce n'est plus possible, on n'a plus de caserne, qui va encadrer ces jeunes ? Comment on va faire ? » Et ça coûte très très cher.
Ça coûtera cher, ça coûtera peut-être un milliard et demi ou deux milliards d'euros. Je parle de six mois, donc c'est la moitié d'une classe d'âge, 350 000 jeunes. Et on donnera les moyens pour faire ce service aux armées, en plus de ce qu'on doit leur préserver pour soutenir la capacité militaire, le fonctionnement des armées, auxquelles je veux rendre hommage pour le travail qu'elles font, à la fois sur des théâtres extérieurs et dans notre pays. Donc il y aura des moyens supplémentaires. On ne va pas faire ça au détriment des armées. Mais je pense qu'il faut se poser tous la question de reconstruire ce lien avec la nation, avec la République.
Mais par exemple, pour celles et ceux qui feraient le choix de faire ce service militaire dans l'armée, il y aurait maniement des armes ?
On discutera de tout cela. Je vais parler d'un service militaire, d'un service de sécurité, d'un service de protection civile.
Parce que service militaire, on ne touche pas des armes.
Ne me demandez pas de décider de tout dans le détail. C'est pour ça que je veux faire l'évaluation de ce qui a été fait et que je veux ouvrir le débat avec la future majorité et la future opposition, parce que ce sera un débat pluraliste et je pense un débat d'intérêt national.
Michel Barnier, est-ce que vous aussi vous sentez micro-agressé quand vous passez au pied de la statue Colbert près de l'Assemblée nationale ?
Vous parlez d'une citation, là. Dites-le parce que...
Ramayad, dans l'Express, dit qu'elle se sent micro-agressée quand elle passe devant cette statue.
Si vous ne dites pas, personne ne peut comprendre de quoi vous parlez.
Je voulais votre sentiment à vous.
Oui, mais vous devez dire que c'est la micro-agression évoquée par Mme Ramayad qui a perdu une occasion de se taire. Non, je ne me sens pas du tout agressé par le passage que j'ai et elle-même a d'ailleurs participé à tellement de réunions de Salle Colbert sans qu'elle dise à cette époque rien comme ministre. Non, franchement, là, l'agression qui n'est pas une micro-agression, c'est celle de toutes ces théories, ces idéologies d'extrême-gauche qui viennent des États-Unis et qui veulent détruire notre appartenance à une histoire commune.
Personnellement, comme président de la République, j'assumerai l'histoire de France dans toutes ses dimensions avec ses ombres et ses lumières, des lumières qui sont d'ailleurs plus nombreuses que ses ombres, avec tous les hommes, y compris Colbert ou Napoléon. Je ne m'excuserai pas pour cette histoire. Je ne vais pas passer mon temps à faire de la repentance comme on l'a vu depuis quelques années. Nous allons assumer cette histoire qui est une grande histoire. Et la micro-agression, c'est le problème de Mme Ramayad, mais moi je trouve qu'il y a une agression actuellement contre laquelle nous allons lutter.
Ce sont ces mouvements du wokisme et d'autres qui viennent des États-Unis et qui veulent désagréger ce sentiment national et ce sentiment d'appartenance à une histoire commune, à une culture commune.
Est-ce qu'elle a raison tout de même de poser la question de la représentation dans l'espace public ? Par exemple, un seul exemple, 6% des noms de rues seulement sont donnés à des femmes en France. Ça veut dire que les femmes sont une minorité. Aujourd'hui, quand on se promène dans les rues d'un village ou d'une ville en France, est-ce qu'au moins, ce débat-là, il faut l'ouvrir ?
Mais moi, je ne vais pas passer mon temps à accepter qu'on déboulonne des statues, qu'on mette en cause Colbert-François.
Là, il s'agit de poser des plaques en plus.
Oui, mais très bien s'il y a une volonté municipale dans chaque commune pour honorer des femmes. Et Dieu sait si nous avons eu de grandes femmes d'État, de grandes scientifiques, de grandes femmes dans la culture. Tant mieux, très bien.
Et de personnes issues de la diversité, c'était l'idée d'Emmanuel Macron, il y a un an, de proposer des personnages qui ont marqué leur temps ? Ajouter plutôt que supprimer.
Tout ça, dans le même sens, je vous ai dit, le sentiment national, il doit prendre en compte la diversité, le pluralisme des expériences et des histoires. Mais franchement, on ne va pas passer notre temps à nous excuser et à nous diviser à cause d'une histoire. Et juger l'histoire des siècles passés avec les critères d'aujourd'hui, franchement. On a autre chose à faire. Moi, je veux placer mon quinquennat sous le signe de l'autorité et de l'unité nationale.
Merci, Michel Barnier. Un mot et un seul, si vous vous permettez, pour définir votre état d'esprit à 10 jours du vote. Un seul.
Il est déterminé.
Déterminé. Merci à vous, Michel Barnier. Bonne journée. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. Sous-titrage ST' 501
Michel Barnier