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InterviewC à vous (sur YouTube)· 9 janvier 2023 7 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSécuritéEurope & international

Brésil : la démocratie attaquée - Bernard Guetta - C à Vous - 09/01/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:43OuverteRéponse directe

    Comment qualifier cette attaque des lieux de pouvoir hier à Brasilia ? Et était-ce prévisible ?

  • 3:33RelanceRéponse directe

    Mais ça pourrait fonctionner un jour ou l'autre, Bernard Guetta ?

  • 4:36OuverteRéponse directe

    Ce qui est inquiétant aussi, c'est l'attitude des forces de l'ordre, hier, qui n'ont pas été très rapides à intervenir.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27InvitéFait
    « Il y a plusieurs indications qu'il y a eu fraude, qu'il y a eu corruption. »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « C'était largement prévisible, puisque depuis l'élection, les partisans de Bolsonaro contestaient le résultat. »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire que le trumpisme s'étend comme une pandémie à travers le monde. »
  • 3:09Invité politiqueChiffre
    « D'après les sondages, il est perdant et largement perdant. »
  • 3:40Invité politiqueFait
    « C'est une réelle menace, parce que Lula, le président élu, a repris la situation en main. »
  • 5:16Invité politiqueFait
    « Et non seulement elles n'ont pas fait grand-chose pour ne pas dire rien du tout, pour empêcher cet invraisemblable vandalisme auquel on a assisté »
  • 5:56Invité politiqueFait
    « il ne faut pas oublier qu'une partie importante, non seulement des forces de l'ordre, mais aussi de l'armée, est profondément hostile à Lula »
  • 6:15PrésentateurFait
    « Du début des années 60 à 85. »
  • 6:22Invité politiqueFait
    « Il y a une véritable fragilité, d'autant que la culture démocratique au Brésil est fragile, en vérité, pour ne pas dire plus. »

Temps de parole

  • Bernard Guetta69 %
  • Invité13 %
  • Présentateur11 %
  • Présentateur 24 %

4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le palais présidentiel, la Cour suprême, le Congrès attaqués, plusieurs heures d'anarchie. Hier, le Brésil a connu un remake de l'invasion du Capitole à Washington il y a deux ans. Et comme aux Etats-Unis, une foule qui conteste l'élection présidentielle une semaine après l'investiture du président de gauche Lula, victorieux de Jair Bolsonaro.

0:24
Invité

On ne pense pas que les élections ont été démocratiques. Il y a plusieurs indications qu'il y a eu fraude, qu'il y a eu corruption. Les personnes, ces vandales, que l'on pourrait dire de nazistes fanatiques, de stalinistes fanatiques, ou mieux, de stalinistes, non, de fascistes fanatiques, ils font ce qui n'a jamais été fait dans l'histoire de ce pays.

1:42
Présentateur

Bernard Guetta, deux questions. Comment qualifier cette attaque des lieux de pouvoir hier à Brasilia ? Et était-ce prévisible ?

1:49
Bernard Guetta

C'était largement prévisible, puisque depuis l'élection, les partisans de Bolsonaro contestaient le résultat. Il y avait ces manifestations devant les casernes de l'armée, en appelant les officiers, les généraux, à, disaient-ils, rétablir la liberté, rétablir la vérité du scrutin, puisqu'ils considèrent que... Je crois qu'ils sont largement sincères pour beaucoup d'entre eux, puisqu'ils considèrent que le scrutin a été truqué. Donc oui, c'était largement prévisible. Et puis maintenant, comment qualifier ? Très simplement d'extrêmement grave. D'extrêmement grave, pourquoi ?

Parce qu'il est bien évident que ces Brésiliens se sont inspirés, plus que largement, de ce qui s'était passé au Congrès américain il y a deux ans. C'est-à-dire que le trumpisme s'étend comme une pandémie à travers le monde. Alors, pour l'instant, ce n'est que le Brésil. Mais ça peut être demain, dans six mois. Il y a des élections dans six mois en Turquie. Et ça peut être, si M. Erdogan, l'actuel président, perdait les élections, ce qui est une possibilité, d'après les sondages. D'après les sondages, il est perdant et largement perdant. Eh bien, on peut parfaitement imaginer qu'ils disent « Non, non, ces élections ont été truquées ».

Alors, ça devient une habitude de contester les résultats électoraux en disant qu'ils ont été truqués. Et ça devient une habitude des extrêmes droites à travers le monde, qui en vérité conteste la démocratie elle-même.

3:31
Présentateur

Pour l'instant, ça ne fonctionne pas. Mais ça pourrait fonctionner un jour ou l'autre, Bernard Guetta ?

3:35
Bernard Guetta

Écoutez, au Brésil, moi, je suis inquiet.

3:38
Présentateur

C'est une réelle menace sur la démocratie brésilienne.

3:40
Bernard Guetta

C'est une réelle menace, parce que Lula, le président élu, a repris la situation en main. La démocratie a repris la situation en main. Mais n'oublions pas que la situation économique du Brésil est extraordinairement difficile, que le pays est profondément divisé en deux blocs pratiquement égaux, en vérité pratiquement égaux, et que Lula va avoir d'immenses difficultés à satisfaire son électorat, tout en respectant un minimum d'équilibres économiques. Bref, la tâche est vraiment difficile pour lui.

Et il est évident que ces gens-là, les bolsonaristes insurrectionnels, pendant ce temps-là, sape les institutions, sape la démocratie, sape le fonctionnement normal d'un pays normal, et que donc, ben oui, c'est inquiétant.

4:36
Présentateur

– Émilie. – Ce qui est inquiétant aussi, c'est l'attitude des forces de l'ordre, hier, qui n'ont pas été très rapides à intervenir. On a même pu déceler, dans une sous-catégorie de la police, la police militaire, une complicité avec ces manifestants bolsonaristes. Est-ce que ça, c'est une vraie menace pour la démocratie, pour le nouveau président Lula ?

4:52
Bernard Guetta

– Non, mais bien sûr, il est absolument évident, vous aviez des précautions de langage qui vous honorent, je plaisante pas, qui vous honorent, parce que bon, il n'y a pas de preuves, etc. Mais enfin, il y a des choses quand même plus que troublantes. Enfin, il est évident que les forces de l'ordre dans la capitale fédérale, à Brasilia, ne pouvaient pas ne pas être au courant de ce qui se préparait. Ça se voyait, tout simplement, ça se voyait. Et non seulement elles n'ont pas fait grand-chose pour ne pas dire rien du tout, pour empêcher cet invraisemblable vandalisme auquel on a assisté, mais en vérité, il y a eu des scènes de fraternisation entre les forces de l'ordre et ces insurgés.

Ils prenaient des selfies ensemble, tout sourire, comme s'ils étaient déjà victorieux, comme s'ils étaient déjà victorieux. Et donc il y a un immense point d'interrogation, parce qu'il ne faut pas oublier qu'une partie importante, non seulement des forces de l'ordre, mais aussi de l'armée, est profondément hostile à Lula, sort totalement de la neutralité que les institutions devraient leur imposer, et en vérité soutiennent cette insurrection bolsonariste.

6:10
Présentateur

Et on n'oublie pas que le Brésil a vécu sous le régime d'une dictature militaire très longtemps.

6:15
Bernard Guetta

Du début des années 60 à 85.

6:17
Présentateur

Jusqu'au milieu de 1985. Donc il y a une véritable fragilité.

6:22
Bernard Guetta

Il y a une véritable fragilité, d'autant que la culture démocratique au Brésil est fragile, en vérité, pour ne pas dire plus. Je n'ai pas de la nature.

6:39
Locuteur

Je n'ai pas de la nature.