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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 mai 2025 24 min

Chômage des séniors, conférence sociale, présidence LR... Le 8h30 franceinfo d'Astrid Panosyan-Bouvet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Astrid Panosian-Bouvet. Bonjour. Le chômage a donc légèrement augmenté au premier trimestre, plus 0,1%. On a appris de chiffres ce matin. Alors on se souvient que le trimestre précédent, déjà dernier trimestre de 2024, avait déjà vu une hausse la plus importante en 10 ans. Est-ce qu'il faut comprendre qu'on est quand même plutôt parti pour une longue série de hausses ?

0:27
Astrid Panosyan-Bouvet

Non, il faut être très vigilant en fait sur la question du chômage. On a effectivement cette très légère remontée de plus 0,1% sur le dernier trimestre et une baisse de moins 0,1% quand on compare par rapport au trimestre de 2024. Sur un an. Sur un an, exactement. Donc ça veut dire qu'il y a toujours un rythme d'embauche qui reste soutenu, même par rapport à l'année dernière et certainement par rapport à l'année, à tout ce qui était pré-crise Covid. Il y a toujours 430 000 emplois non pourvus. Il y a toujours un employeur sur deux qui dit que les recrutements sont difficiles.

Et puis, on a également une augmentation de 18% des inscriptions à France Travail suite à des licenciements économiques. Donc la réalité, elle est nuancée, ce qui veut dire qu'il faut être extrêmement vigilant. En plus, on parle statistique. On voit qu'il y a deux réalités. Il y a une réalité statistique un peu froide qui montre une quasi-stabilité, mais également cette réalité que subissent les travailleurs et notamment les plans sociaux dont vous parlez. Et donc, action résolue, notamment sur les sujets jeunes, seniors, reconversion.

1:35
Présentateur

7,4%, ça veut dire quand même qu'on s'éloigne de ce que Emmanuel Macron promettait, le plein emploi 2027. On va rappeler que c'est 5%.

1:44
Astrid Panosyan-Bouvet

Alors, il y a plusieurs manières de mesurer, en fait, le taux d'activité d'un pays. Il y a la question du chômage, effectivement, mais il y a aussi celui du taux d'activité qui mesure les personnes ou les taux d'emploi, ceux qui sont en emploi par rapport à une population active.

1:58
Présentateur

Le taux d'emploi, dont on rappelle qu'il est trop faible, dit-on, pour les seniors et pour les jeunes.

2:02
Astrid Panosyan-Bouvet

Justement, c'est ce que moi, je vous invite à regarder dans les statistiques de ce dernier qui sont parus ce matin. C'est que déjà, sur le taux d'emploi, donc les gens qui sont en emploi par rapport à la population active, on atteint un niveau historique depuis qu'il est mesuré, depuis ces 40 dernières années. Et on voit surtout, et c'est ça qui est quand même une nouvelle très positive, c'est la question des seniors, où non seulement il est en augmentation, mais il est en augmentation de 2 points sur les plus de 55 ans. Mais quand même, je reviens...

Non, mais saluons aussi ce qui est positif dans une vision qui est beaucoup plus nuancée, ce qui veut dire qu'il faut rester quand même déterminé et vigilant.

2:37
Présentateur

Alors, on peut effectivement regarder et changer le thermomètre, parler du taux de chômage ou du taux d'emploi, etc. Et les deux ont leur pertinence.

2:44
Astrid Panosyan-Bouvet

Le taux de chômage le plus bas depuis ces 25 dernières années aussi.

2:46
Présentateur

Est-ce qu'à vos yeux, le plein emploi en 2027, c'est encore possible ?

2:50
Astrid Panosyan-Bouvet

L'ambition doit être la même. L'ambition doit être la même. Parce que même quand on regarde le taux d'emploi, qui est de 69% aujourd'hui, quand on le compare par exemple à l'Allemagne qui est autour de 78%, ou d'ailleurs à l'objectif qui est celui de l'Union Européenne de 78%, on voit qu'on n'est pas encore là. Et donc, ça veut dire qu'il faut poursuivre résolument. Et l'accompagnement des demandeurs d'emploi vers l'emploi, c'est tout ce qu'on a fait, c'est tout ce qu'on est en train de faire maintenant avec les bénéficiaires du RSA.

C'est continuer sur le sujet des compétences, de la formation continue, des reconversions, que ce soit sur l'apprentissage, sur ce que j'ai demandé avec Catherine Vautrin, aux partenaires sociaux, de se mettre autour de la table et le feront dès lundi sur le sujet des reconversions. Il y a tout un agenda extrêmement déterminé et offensif pour continuer l'ambition du plein emploi.

3:39
Présentateur

Astrid Panne, si on pouvait, vous parlez des seniors et de chiffres que vous jugez encourageants. Dans ce contexte-là, les règles d'indemnisation qui ont changé au 1er avril, on rappelle qu'on était durcies pour bénéficier de l'indemnisation rallongée de 22 mois et demi, c'est plus à 53 ans, mais à 55 ans. Et pour être couvert 27 mois, il faut maintenant attendre 57 ans. Est-ce que ce n'est pas prendre le risque quand même de faire tomber toute une série de seniors dans la précarité ?

4:06
Astrid Panosyan-Bouvet

Je vous remercie de rappeler cet accord et ces règles qui sont issues d'un accord qui a été signé par les partenaires sociaux, trois organisations syndicales et toutes les organisations patronales en novembre dernier. Donc on est dans l'application stricte de règles qui ont été fixées par les partenaires sociaux. Il y a effectivement cette volonté aujourd'hui de pouvoir se dire que sur les seniors, le taux de chômage de longue durée est non pas une fatalité, mais quelque chose qu'on peut combattre à travers d'abord un maintien en emploi en activité et puis des politiques plus actives de recrutement et de formation des seniors.

Ce qu'on avait aujourd'hui depuis des années, c'était qu'on s'était habitué, on s'était habitué à montrer le chemin de la sortie des personnes de plus de 50 ans dans notre pays. Ça date des réformes de Barr, ça, de Raymond Barr. En tout cas, moi, ça ne me rajeunit pas. Donc je dis simplement que ce qui a été décidé, encore une fois, par les partenaires sociaux, de dire que maintenant, les règles préférentielles de durée d'indemnisation du chômage, elles ne compensent pas à 53 ans, mais à 55 ans, c'est quand même une manière d'acter l'amélioration du taux d'emploi, je le rappelle, de deux points des plus de 55 ans dans notre pays.

5:21
Présentateur

Est-ce que du peu de recul que vous avez, et c'est sans doute évidemment trop tôt, mais vous voyez déjà des effets bénéfiques à ce changement de règles ? Ou c'est trop tôt pour en parler ?

5:28
Astrid Panosyan-Bouvet

Début avril, c'est beaucoup trop tôt. Par contre, on voit un effet bénéfique depuis une dizaine d'années de l'augmentation du taux d'emploi des seniors, avec la réforme de 2010 sur les retraites. C'est ce qu'on appelle l'effet horizon et l'effet horizon de 2023.

5:44
Présentateur

Vous dites que la logique, c'était de par ici la sortie, jusque-là ? Oui, c'est ce que beaucoup de nos concitoyens disent,

5:51
Astrid Panosyan-Bouvet

de tout niveau de qualification.

5:52
Présentateur

Mais il y a des aspects, il y a ce plan senior pour l'emploi des seniors qui a été présenté en Conseil des ministres la semaine dernière, avec des aspects qui sont un peu troublants de ce point de vue-là, parce que précisément, des mesures pour partir en retraite progressive 4 ans avant l'âge légal, contre 2 actuellement, ça n'avouisse pas l'emploi.

6:08
Astrid Panosyan-Bouvet

Moi, je fais confiance au dialogue social. Ce que j'ai présenté en Conseil des ministres, c'est précisément ce que 4 organisations syndicales et 3 organisations patronales ont décidé en novembre dernier. Les retraites progressives, ça veut dire quoi ? C'est étrange comme logique, vous voyez ? On veut faire reviser l'emploi des seniors, on dit par ici la retraite. Parce que Mme Bérangère-Bonte, il faut arrêter avec cette logique binaire où on est à 100% temps plein au travail ou 0% on n'y travaille pas. Il y a derrière les taux d'activité très importants des seniors dans les pays d'Europe du Nord, c'est aussi du temps partiel.

Parce que passé 60 ans, on a envie peut-être soit de continuer à fond, soit de se mettre un petit peu en recul, soit parce qu'il y a les sujets des danses familiales, etc. Et donc derrière les taux très élevés de taux d'activité de Suède, d'Allemagne, il y a du temps partiel. Et ça permet tout simplement la retraite progressive de se dire à partir de 60 ans, eh bien en accord avec mon employeur, je travaille 3 jours, 4 jours, et il y a un jour où je commence à percevoir mes droits à la retraite. Ça c'est vraiment ce qui marche dans les autres pays et c'est un changement culturel, ça prend du temps, mais c'est ce qu'il faut vraiment qu'on instille.

Et je suis très très heureuse que les partenaires sociaux aillent sur cette voie.

7:21
Présentateur

Le CDI senior, on en a beaucoup parlé, mais je ne suis pas sûre que tout le monde ait en tête. En quoi il va inciter les chefs d'entreprise à embaucher ?

7:27
Astrid Panosyan-Bouvet

Alors effectivement, il y a le sujet du maintien en emploi, on en reparlera peut-être parce que c'est très très très important, et puis il y a le sujet du recrutement, parce que le chômage, les gens de plus de 55 ans, ils sont deux fois plus longtemps au chômage que les gens qui ont entre 20 et 49 ans. Donc il y a un vrai sujet de recrutement des seniors, de changement de regard, on en reparlera. Le contrat de valorisation, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que pour beaucoup d'employeurs, il y avait une réticence à vouloir recruter des personnes à partir de 57 ou 58-60 ans, parce que s'ils disaient, je risque de garder cette personne dans mes effectifs jusqu'à 70 ans, qui est l'âge de départ de retraite d'office, excusez-moi, à la retraite. Et donc, en quoi consiste ce contrat ? C'est simplement de donner de la lisibilité à l'employeur, en disant, voilà, à telle date, ce qui est la date de possibilité de départ à la retraite à taux plein, je peux avoir le choix de me séparer de cet employeur. Cette option de séparation, ce qui lève un frein à l'emploi, parce qu'encore une fois, il y a le sujet du maintien en emploi.

Et donc, dans cet accord qui a été signé en novembre et qu'on va retranscrire dans la loi avec un premier passage au Sénat le 5 juin, il y a une négociation d'abord annuelle où on parle de ces sujets enfin dans les entreprises de plus de 300 salariés, pour qu'on parle enfin de l'emploi des seniors. Et puis, il y a aussi un entretien demi-carrière où on fait un 360 compétences pour pouvoir envisager peut-être des reconversions, des aménagements de postes. Et puis, santé, parce qu'il y a aussi des problématiques de santé qui peuvent arriver, notamment pour ceux qui tiennent les métiers pénibles.

9:04
Présentateur

Donc, ça, c'est les moyens. L'objectif, c'est quoi, en fait ? Est-ce que vous avez un objectif chiffré de taux d'emploi des seniors grâce à ces mesures ?

9:13
Astrid Panosyan-Bouvet

Alors, moi, mon objectif, notre objectif, c'est de rejoindre les taux d'activité des seniors des pays d'Europe du Nord et d'Allemagne.

9:22
Présentateur

Accessoirement, on dit que ce serait très utile du point de vue des finances publiques.

9:25
Astrid Panosyan-Bouvet

On sait que le président est aussi très engagé sur la convergence franco-allemande, notamment sur les questions sociales. Mais on voit que c'est possible. On voit que ce n'est pas une fatalité. Ça fait depuis 40 ans.

9:35
Présentateur

Mais c'est à échéance 10 ans, 20 ans ou à échéance 4 ans ?

9:39
Astrid Panosyan-Bouvet

Alors, moi, je pense qu'il faut être très réaliste aussi sur cette question. Parce que les pays, je parlais de la Suède, mais la Finlande, qui se sont engagés sur ce chemin, l'ont fait il y a plus d'une quinzaine d'années. Mais on voit que les choses avancent très vite puisque sur ce taux d'activité des seniors, on a enfin passé la barre des 60 % pour les plus de 55 ans. On est à 61,5 %, une augmentation de 2 points en un an. Donc les choses et surtout les mentalités, le changement de regard, on valorise enfin l'expérience, change enfin. Et c'est une très, très bonne chose pour tous ceux qui nous écoutent ce matin.

10:11
Présentateur

Dans les chiffres de ce matin, sur les 15-24 ans, il y en a un qui n'est vraiment pas encourageant, qui est celui des 15-24 ans. Oui, tout à fait. Plus 1,1 % sur un an, ça fait 19 % de cette population-là. Des jeunes dont on pense souvent, à tort manifestement, qui sont indisciplinés, qui sont terminairement insatisfaits, qui ne veulent pas bosser, etc. Or, il y a cette étude de l'Institut Montaigne qui dit l'inverse, en tout cas en partie. Qu'est-ce que vous retenez de ça ?

10:37
Astrid Panosyan-Bouvet

Alors moi, je retiens d'abord de cette étude dont il faut parler, exactement, qu'il faut qu'on arrête avec les préjugés, que les jeunes ne voudraient pas travailler, etc. Le travail reste le facteur d'émancipation dans la société, à tout niveau, à toute qualification, et à tout âge, et en particulier pour les jeunes, c'est le moment où on quitte souvent le domicile familial et qu'on termine la période des études.

11:02
Présentateur

Je vous donne un chiffre pour qu'on comprenne. 42% disent se déclarent prêts à obéir sans réserve. 48% disent OK, pour exécuter les ordres, sous réserve d'être convaincus. Ce qui s'entend. Bien sûr. Ce qui s'entend.

11:15
Astrid Panosyan-Bouvet

Et ce qui oblige aussi à une forme de changement des pratiques managériales dans notre pays qui, comparé à d'autres pays, reste quand même parfois très verticale. Mais pour en venir à la question des jeunes, vous parliez de l'accord des règles d'assurance chômage. Ce qui a été décidé aussi par les partenaires sociaux en novembre dernier qui va être voté à l'Assemblée nationale, c'est précisément un assouplissement des règles d'assurance chômage pour les primo-arrivants, pour les jeunes. Parce qu'effectivement, quand le marché se tend, on le voit, on en discutait des statistiques qui sont parues ce matin, les premières victimes sont souvent les jeunes et ceux qui sont intérimes.

Voilà, exactement. On va pouvoir assouplir les règles pour que les jeunes puissent être indemnisés, éligibles à l'assurance chômage plus facilement. Mais il faut surtout continuer, continuer, continuer l'effort sur la formation et la question de l'apprentissage, en particulier de l'insertion professionnelle qui est plus longue et qui est plus difficile en France par rapport à l'Allemagne.

12:17
Présentateur

Le 830 France Info et Roger Bond, Adrien Beck. Et Astrid Panosian-Bouvé, ministre chargée du Travail et de l'Emploi. Alors, l'énorme paradoxe de ce pays et de l'emploi en France, c'est qu'on a 2,4 millions de chômeurs indemnisés d'après les chiffres de ce matin. On peut à peu près doubler en réalité, si on considère... Votre chiffre, c'est quoi, le nombre de demandeurs d'emploi en France ?

12:42
Astrid Panosyan-Bouvet

Non, on est sur... Alors, il y a différentes catégories, mais effectivement, c'est le 2,4 millions de personnes qui sont au chômage. Après, on a ce qu'on considère le halo du chômage. Ça, c'est aussi intéressant, même si... Enfin, on ne va pas non plus s'encombrer de chiffres, mais de montrer que ce halo diminue, en fait, parce que ça veut dire qu'il y a des personnes qui ne recherchaient pas de l'emploi et qui se mettent à rechercher de l'emploi. C'est tout l'effort qu'on fait aujourd'hui sur les bénéficiaires.

13:08
Présentateur

Il y a l'eau, c'est toutes les personnes aussi qui sont sans activité, qui ne sont pas que des chômeurs, forcément.

13:13
Astrid Panosyan-Bouvet

Ils ne sont pas que des chômeurs. Justement, chômeurs, ça veut dire qu'on est aussi en recherche. Donc, des gens qui n'étaient pas nécessairement en recherche et qui se mettent à rechercher de l'emploi. Et c'est aussi quelque chose de très favorable.

13:25
Présentateur

En face de ça, il y a des besoins énormes de main-d'oeuvre dans les métiers en tension. Est-ce que vous confirmez le chiffre du think tank Terra Nova avec le Credoc ? La France aura besoin d'accueillir jusqu'à 300 000 travailleurs étrangers par an pour maintenir l'économie française et pour financer la protection sociale.

13:40
Astrid Panosyan-Bouvet

On est sur 430 000 emplois aujourd'hui qui nous sont non pourvus, effectivement. Et c'est vrai que sur tout le débat très polarisant et passionné sur la question de l'immigration, il faut aussi qu'on ait un débat beaucoup plus construit sur la question de l'immigration de travail. Aujourd'hui, l'immigration de travail, c'est 50 000 visas de travail qui sont délivrés chaque année. Il en faut davantage ? Tout niveau de qualification. Il y a un tiers de masters qui sont des gens qui sont des ingénieurs, des data scientists ou des médecins qui tiennent nos hôpitaux. Mais de toute évidence,

14:11
Présentateur

ce n'est pas assez puisque...

14:13
Astrid Panosyan-Bouvet

On a besoin de deux choses. Non, non, non. On a besoin de deux choses. On a besoin de continuer à avoir un discours préférence-travail quand il s'agit de l'immigration avec une immigration qualifiée en particulier parce qu'il y a aujourd'hui une guerre des talents. On le voit au niveau mondial aussi vis-à-vis des Etats-Unis. Et puis, il y a aussi la nécessité de travailler en France sur les emplois qui sont non pourvus à la fois en adaptant mieux notre système de formation là où les métiers dont ont besoin les entreprises. Oui, parce que quand on parle

14:46
Présentateur

dans l'hôtellerie, la restauration, le bâtiment, ce n'est pas des data scientists.

14:50
Astrid Panosyan-Bouvet

Voilà, il y a deux sujets. Il y a deux sujets. Reconversion. Et donc, ça, c'est ce que l'on a demandé aux partenaires sociaux de se mettre autour de la table pour que des personnes qui sont dans des restructurations industrielles, etc. Et il y a un deuxième sujet. Il y a un deuxième sujet qu'il ne faut pas... C'est le sujet de l'attractivité des métiers. Parce qu'on voit bien que sur les 430 000 emplois qui sont non pourvus, il y a des emplois qui sont considérés comme pénibles, qui sont mal payés avec des forces d'amplitude horaires. Et là, c'est aussi au patronat de s'organiser pour offrir des meilleures conditions de travail et des meilleures

15:18
Présentateur

Et bien préciser parce que c'est important quand Terra Nova et le Credoc disent 300 000 travailleurs étrangers, c'est une fourchette qui vous semble juste ou est-ce qu'on est dans la fourchette hausse ou à l'inverse dans la fourchette basse ?

15:31
Astrid Panosyan-Bouvet

Pour tout vous dire, je n'ai pas lu cette étude. 300 000 par an. Alors moi, je pense que 300 000 par an quand on est à 50 000 et qu'on a surtout des besoins non pourvus en France alors qu'on a un taux de chômage, il y a d'abord aussi une vraie question et sur quel emploi ? Donc moi, je pense qu'il faut d'abord travailler sur les deux bouts, c'est-à-dire travailler sur une meilleure qualification de l'immigration de travail en France et c'est vrai qu'en France, on a fait le choix par rapport à d'autres pays d'être aussi sur une part importante du regroupement familial comme effectivement des visas étudiants et travailler aussi sur les métiers aujourd'hui en tension.

Parce que vous me parlez de l'immigration de travail. Le taux de chômage des personnes immigrées en France, il est de 15%. Il est exactement deux fois supérieur à celui du taux de chômage national. Donc plutôt que de faire venir effectivement des personnes, je préfère faire venir aussi, et c'est ce qu'on fait avec France Travail, travailler sur l'insertion professionnelle des personnes immigrées qui sont déjà en France. Juste en un mot.

Et là où je le dis, parce que je n'ai pas de langue de bois, là où on a des progrès considérables à faire, c'est sur l'apprentissage du français en langue étrangère parce que les études de France Travail le montrent, une fois que la barrière de la langue est levée, le taux d'insertion professionnelle d'un demandeur d'emploi immigré, il est le même que d'un demandeur d'emploi national ou en tout cas qui parle parfaitement français.

17:04
Présentateur

La liste des métiers en tension qui était prévue dans la loi immigration 2023, elle n'est toujours pas publiée pour régulariser les sans-papiers dans ces métiers-là. C'est pour quand ? C'est pour la fin du mois.

17:13
Astrid Panosyan-Bouvet

Il y a encore des ajustements à faire mais c'est pour la fin du mois et ça je peux vous assurer que ce sera pour la fin du mois.

17:18
Présentateur

Ce qui bloque c'est par exemple parce que quand on entend Bruno Retailleau qui dit cette semaine que les capacités d'accueil de la France sont déjà saturées, c'est parce que politiquement c'est compliqué ? Non,

17:29
Astrid Panosyan-Bouvet

c'est un arrêté sur lequel on a travaillé avec le ministère de l'Intérieur, on a fait une concertation au niveau des régions et des partenaires sociaux, on a travaillé avec France Travail pour voir précisément quels sont les besoins en main d'oeuvre, c'est-à-dire les métiers par région sur lesquels il y a des vraies difficultés de recrutement. Tout ça, ça prend du temps ce n'est pas juste une liste comme ça. Elle va être très différente de celle qu'on connaissait déjà ?

Oui, tout à fait, elle sera différente parce qu'elle prend en compte les nouveaux métiers notamment liés aux besoins démographiques, au vieillissement de la population, au métier du soin, elle prend également d'autres métiers mais ce sera publié très prochainement je peux vous l'assurer.

18:06
Présentateur

Astrid Panosian-Bouvet, Emmanuel Macron a évoqué mardi à la télévision sur TF1 le financement du modèle social avec l'idée de convoquer une conférence sociale sur le sujet juste d'un mot le président de la République c'est aujourd'hui lui qui décide encore de quand on convoque une conférence sociale ?

18:25
Astrid Panosyan-Bouvet

Je pense que le président est dans son droit de donner des orientations comme il l'a toujours fait, comme les présidents de la République ou en tout cas depuis le quinquennat l'ont toujours fait. Et vous allez le suivre du coup ?

Moi je suis très heureuse qu'on parle enfin du financement de la protection sociale dans notre pays c'est des messages également que partage Catherine Vautrin on a une protection sociale qui par rapport à d'autres pays européens je pense à l'Allemagne ou aux pays d'Europe du Nord est financée de manière anormalement élevée par le travail et c'est ce qui explique pour nos auditeurs nos auditeurs quand ils voient leur fiche de paye l'écart entre le super brut et ce qu'ils ont dans la poche Mais vous l'avoulez quand

19:09
Présentateur

cette conférence sociale ?

19:10
Astrid Panosyan-Bouvet

Alors moi je voudrais qu'elle on veut qu'elle commence relativement bientôt puisque c'est-à-dire ça je ne peux pas vous dire Avant l'été idéalement ? Je ne me prononcerai pas là-dessus tout simplement mais je vous dis simplement qu'il faut qu'elle commence sans trop tarder Il faut qu'elle commence

19:26
Présentateur

au président de la République peut-être qu'il sera

19:27
Astrid Panosyan-Bouvet

Non, non, non, non pourquoi ? Pourquoi je vais vous dire ça ? Parce que qu'est-ce qu'ils font les partenaires sociaux en ce moment ? Ils sont justement en train de discuter de deux choses et des retraites jusqu'à mi-juin On a d'ailleurs eu une réunion extrêmement intéressante extrêmement instructive avec Catherine Vautrin Jean-Jacques Marrette qui s'occupe de cette délégation paritaire avec les représentants des groupes politiques à l'Assemblée nationale et au Sénat Ils s'occupent de deux choses les partenaires sociaux Il y a les retraites et il y a ce sujet extrêmement important J'y reviens Transition Reconversion Essentiel

19:59
Présentateur

Vous dites ça pèse trop sur le travail le président va plus loin il dit pas assez sur la consommation ça, ça veut dire TVA sociale ? Ça veut dire qu'il faut que les partenaires sociaux

20:08
Astrid Panosyan-Bouvet

regardent ce sujet et je suis aussi très heureuse que Medef comme CFDT Medef comme CFDT ont aussi évoqué ce sujet ça a été évoqué à deux reprises pendant les réunions du conclave donc on voit que maintenant il faut qu'on discute de ces questions ça veut dire qu'il faut qu'on discute de ces questions parce que moi je vais vous dire le travail a pour vocation dans la logique des assurances sociales financer et protéger les travailleurs par rapport à des risques associés au travail c'est-à-dire les retraites le chômage les accidents du travail bien entendu mais le travail s'est mis aujourd'hui depuis des années et ça c'est vraiment une particularité française à financer aussi la protection liée à des risques universels qui ne concernent pas que le travail la santé la famille et aussi la perte d'autonomie et le grand âge

20:58
Présentateur

sur le sujet des retraites

20:59
Astrid Panosyan-Bouvet

il faut revoir parce que sinon ça pèse sur le travail le recrutement le maintien d'emploi et puis surtout le pouvoir d'achat de nos travailleurs

21:06
Présentateur

mais de fait on a vu et vous en avez même vous-même d'ailleurs fait l'expérience que le sujet des retraites par exemple quand on évoque la question pourquoi pas de faire contribuer les retraités par exemple c'est un sujet qui est complexe là si on parle de TVA social c'est de nouveau pas que les actifs

21:22
Astrid Panosyan-Bouvet

mais aussi les actifs sur les retraites moi je vous invite à revoir cette lettre d'objectifs qu'ont partagé lettre d'objectifs partagés qu'ont signé les organisations syndicales et patronales qui sont autour de la table de cette fameuse délégation qui ont quatre objectifs dont celui de l'effort partagé entre les parties prenantes donc on voit que les questions voilà les regards s'élargissent sur cette problématique et qu'il n'y a plus de tabou nécessaire

21:51
Présentateur

une question politique un ministre macroniste devrait-il dire ça Bruno Retailleau votre collègue qui est en fin de campagne de présidence pour LR qui multiplie les sorties pas très sympathiques pour le macronisme on va dire qui ne survivra pas d'après lui à Emmanuel Macron un de vos camarades députés renaissance Eric Bottorel souhaite une obligation de quitter le gouvernement une OQTG pour Bruno Retailleau vous êtes d'accord ?

22:15
Astrid Panosyan-Bouvet

Moi je crois que cette logique qui consiste à dire qu'il y a des choses à prendre à la fois à gauche et à la fois à droite elle doit persister au-delà de 2027 ça c'est ma conviction je suis un adversaire du même temps c'est ma conviction et bien je pense que la politique de l'offre telle qu'elle a été mise en oeuvre depuis 2017 a effectivement ses vertus on le voit à un moment où le contexte économique se durcit et le taux de chômage se maintient ou reste stable n'augmente pas fortement et puis il y a des choses à gauche je le dis c'est notamment

22:55
Présentateur

j'entends votre point mais vous êtes une macroniste si l'on peut dire assez originelle presque du premier jour etc quand vous entendez un ministre de droite qui siège avec vous dans le même gouvernement qui dit de toute façon le macroniste macronisme c'est mort et enterré ça ne survivra pas

23:10
Astrid Panosyan-Bouvet

alors moi je le mets sur le compte des derniers jours de campagne ça peut parfois partir un peu dans les tours on connait tous les derniers jours de campagne ça ne vous dérange pas ça ne vous heurtre pas et ensuite moi il s'avère que je travaille je travaille au quotidien avec Bruno Retailleau que ce soit sur des choses très concrètes des métiers en tension ou que ce soit enfin aussi sur le français en enseignement le français langue étrangère où on a des progrès considérables à faire et il en est bien conscient lui aussi il est plus consensuel

23:42
Présentateur

quand vous le voyez en tête à tête

23:43
Astrid Panosyan-Bouvet

je travaille tout à fait très bien avec Bruno Retailleau voilà tout à fait je veux dire il faut qu'on arrête avec ces petites phrases ils sont en campagne c'est pas des petites phrases c'est une cohérence ils sont en campagne n'importe quoi en campagne non c'est pas ça c'est qu'ils sont en campagne c'est les derniers jours voilà c'est comme ça

24:00
Présentateur

s'il est élu président de l'air dimanche il peut rester ministre de l'intérieur pour vous

24:04
Astrid Panosyan-Bouvet

mais bien sûr dans son costume de président de parti oui bien sûr bien sûr tout à fait enfin moi je n'en vois aucune difficulté à partir du moment où il continue et c'est le cas et qui ne s'oppose pas au gouvernement peut-être oui à s'insérer dans la politique définie par le premier ministre aujourd'hui

24:21
Présentateur

tout à fait merci beaucoup Astrid Panosian-Bouvet ministre chargée du travail et de l'emploi d'avoir été l'invité du 830

24:27
Astrid Panosyan-Bouvet

merci bonne journée à tous