Delphine Jubillar : que peuvent encore révéler les ossements ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'affaire Jubilard restera sans doute l'une des affaires criminelles les plus retentissantes de ce début de siècle. Après avoir avoué être l'auteur du meurtre de Delphine, disparu il y a plus de 5 ans, Cédric Jubilard a amené les enquêteurs hier vers les restes de son épouse. Des ossements ont été retrouvés enterrés à une dizaine de kilomètres seulement du domicile familial. Comment ces ossements vont-ils être analysés ? Pour tout savoir, je suis avec le médecin légiste Bernard Marc. Bonjour docteur. Bonjour, bonjour à vous. Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio, vous êtes l'auteur du livre médecin légiste pour les morts et les vivants. C'est aux éditions Marailles.
Disons-le docteur, il fait peu de doute que les ossements retrouvés soient ceux de Delphine Jubilard. Néanmoins, il va falloir quand même formellement l'identifier. Comment ça se passe dans ces cas-là exactement ?
Une identification formelle, puisqu'on a des fragments, des os qui semblent séparés, va être par l'ADN. Il y a effectivement un ADN de comparaison. Les enquêteurs ont déjà l'ADN effectivement de Delphine Jubilard et vont pouvoir le comparer à des fragments. Il reste dans les os un peu de moelle, un peu d'éléments utiles dans les travées osseuses qui permettent de faire des tests.
Ça peut prendre du temps ou pas justement d'identifier formellement ces restes docteur ?
Alors, bien évidemment, les problèmes qui vont être faits vont permettre une comparaison ADN très rapide. Ça va être sans doute un terme de journée, véritablement. Il suffit de passer ces éléments et de pouvoir les faire. Évidemment, ils vont être sur le haut de la pile. C'est très logique.
Ça se passera à Pontoise, à l'IRCG, l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale. Les légistes qui vont tenter de déterminer ensuite les causes possibles de la mort. Que peuvent révéler de tels ossements à ce niveau ?
Eh bien, tout va dépendre de ce qui a été récupéré et de ce qui peut être exploité. On comprend bien qu'il y a des os qui sont extrêmement parlants dans ce type de décès. La boîte crânienne pour rechercher une fracture du crâne qui a pu occasionner un traumatisme important. Des côtes, parce qu'il y a peut-être eu des fractures de côte, un traumatisme. Il est question d'une bagarre, d'une dispute importante. Et puis, évidemment, le larynx et ce fameux osseoïde, cet os qui est celui qui est en haut des cartilages du larynx, qui est celui qui est abîmé lorsqu'il y a des strangulations.
Puisque, si on entend bien différents récits ou différentes confidences qu'il a pu faire, il l'aurait étranglé, il l'aurait. Et donc, cet os, il a toute son importance. Par contre, c'est tout petit, c'est très fragile. Et nous sommes cinq ans plus tard. Est-ce que cette pièce essentielle a été récupérée ? C'est un grand problème.
Pour l'instant, ce qui a été récupéré, a priori, de ce qu'on sait, ce sont deux os, des membres inférieurs, des fémurs. Alors, ça, pour l'instant, sur ces os-là, l'utilité, elle est forcément faible, j'ai envie de dire, docteur ?
Dans ce cas, elle est effectivement tout à fait faible. Elle pourra avoir une grande utilité s'il y a eu un traumatisme routier ou effectivement des lésions qui sont en général des lésions des membres inférieurs. Là, ils vont permettre l'identification formelle. Ils vont permettre des éléments supplémentaires de comparaison. Ils vont donner une idée de combien de temps le corps a été à cet endroit. Et a-t-il été toujours à cet endroit ? C'est une nouvelle question.
Mais il s'est passé beaucoup de choses et beaucoup de fragmentations ont pu être faites par des phénomènes naturels, par la pluie, le ruissellement, les saisons qui sont passées, ce qui a poussé, c'est en bord d'un champ, les cultures, etc. Tout ce qui a pu intervenir et faire que les fragments de ce corps se soient disloqués, dispersés et gênent effectivement l'accès vers la vérité.
Il y a un risque, en tout cas en l'état, compte tenu des os pour l'instant qui ont été retrouvés, il y a un risque de ne pas connaître, de ne jamais pouvoir déterminer les causes de la mort de Delphine ?
Si on en reste à la découverte de deux fémurs, la réponse est oui. Il n'y aura jamais de possibilité de savoir de quoi est décédée la personne. Déjà, c'est un travail qui est un travail difficile, parce qu'on doit regarder des lésions qui ont pu être mortelles et qui ont aussi touché l'os. Mais il peut y avoir des lésions mortelles sans toucher l'os, ou donner une plaie, un coup de couteau au niveau du cou. Les vaisseaux sont atteints, mais évidemment pas d'os. Donc là, il faudrait des lésions qui associent les deux. Mais effectivement, si on est sur des découvertes aussi parcellaires, ça va être extrêmement difficile.
En tout cas, on va suivre cela de très près, bien évidemment, docteur. Merci beaucoup, docteur Bernard Marc. Légiste, médecin légiste, et je rappelle que vous êtes l'auteur du livre, pour ceux qui veulent aller plus loin, médecin légiste pour les morts et les vivants. C'est aux éditions Mareuil. Merci et très bonne journée à vous, docteur. Il est 7h40 sur Sud Radio. On revient dans un instant avec de nouveaux portraits que va nous offrir, dans un instant, Guy Carlier. En musique, comme toujours, on va découvrir l'une des voix que vous entendez, que vous avez l'habitude d'entendre sur Sud Radio. Et puis avant cela, on va faire un petit tour avec Rémi André dans ses escapades. A tout de suite.
7h10h, le Grand Matin Sud Radio.