Immigration : Nicolas Pouvreau-Monti analyse le programme de Raphaël Glucksmann
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Oui, c'est très évident. Euh l'exemple espagnol que vous citiziez a été le dernier cas en date qui nous a démontré qu'existe bien un phénomène dont on nous explique pourtant souvent qu'il n'existe pas, qui est précisément le phénomène de l'appel d'air et qui prend deux formes. Il y a d'abord un appel d'air lié au signal qui est envoyé par les régularisations.
C'est ce qu'on a vu àouta ces dernières semaines. Mais il y a aussi un appel d'air très mécanique et qui est notamment lié au fait qu'à partir du moment où un clandestin est régularisé, qu'il obtient un titre de séjour, au bout de 18 mois, c'est le regroupement familial qui est protégé à tous les niveaux de nos juridictions, et bien ce clandestin peut faire venir son épouse, ses enfants mineurs. Il y a un effet d'immigration en chaîne si vous voulez.
Peut-être que le clandestin en question travaille si c'est le critère de régularisation de Raphael Luxman. il travaille en situation illégale, ce qui pose des questions de principe pour lui comme pour son employeur. Ça devrait en poser en tout cas à l'état que Raphaël Guxman souhaite incarner.
Mais son épouse ne travaillera peut-être pas, sans doute pas. On sait que la la moitié euh des femmes algériennes, marocaines ou tunisiennes en France ne sont ni en emploi, ni en étude, ni à la retraite. Les enfants ne travailleront pas non plus.
Et à partir du moment où vous êtes régularisé, vous avez accès par ailleurs à l'ensemble de la gamme des prestations sociales, les prestations familiales, les aides au logement. Donc il y a un effet multiple si vous voulez multiplicatif. de chiffres, il comprend bien qu'il y a un danger politique s donne plusieurs centaines de milliers de personnes à régulariser mais pour vous une telle mesure ça pourrait engendrer combien de régularisation et quand vous parlez de famille effectivement ça pourrait concerner combien de personnes si demain un nouveau président socialiste promet de régulariser les travailleurs sans papier ?
Écoutez, c'est très difficile à modéliser. Ce qu'on sait de la population des clandestins aujourd'hui en France, c'est qu'elle est sans doute située entre 700000 et 900000 personnes. Euh parmi ces clandestins, euh il est probable qu'une minorité travaille, une minorité non négligeable, mais une minorité quand même.
Fran Ter d'asil, qui est présidée par Najobelkassem avait envisagé il y a il y a un an avait proposé la régularisation de 250000 clandestins qui travailleraient aujourd'hui. Donc c'est leur estimation et je suis absolument pas certain de ce qu'elle de ce qu'elle recouvre mais en tout cas c'est un ordre de grandeur. La question qui se pose néanmoins, c'est que ce que RP même si on prend ce chiffre, donc 200000 si on prend ce chiffre00 250000 euh on dit que les 2500 sont tous en couple, on passe à 500000 euh ils ont un enfant donc 700 7500 allez ils en ont deux et hop et il faut garder en tête que quand on régularise une personne en vérité on assure l'entrée sur le territoire d'une ou deux personnes supplémentaires.
C'est ce qui se passe. Et mais ce que Raphaël Gluxman propose de faire en vérité, là où il a raison quand il évoque l'hypocrisie, c'est que il le propose politiquement, explicitement, alors pas aussi explicitement qu'il le devrait parce qu'il ne donne pas de de nombre. Et on a vu dans le cas espagnol que quand on donne un nombre, on est parfois dépassé par la dynamique.
Le gouvernement Sanchez misait sur 500000 [raclement de gorge] régularisations. Il y a eu plus d'un million de demandes qui ont été déposées. Là où il a raison de pointer l'hypocrisie, c'est que nos gouvernements régularisent déjà.
Ils le font au long cours. Ils ne font pas de grandes vagues de régularisation. on régularise 30 à 35000 personnes par an, voyez, sur 15 ans, ça fait les 500000 régularisations que le gouvernement espagnol souhaitait faire.
Donc c'est c'est moins spectaculaire mais ça n'en est pas moins problématique et ça pose aussi la question au-delà de ce que souhait Raphaël Gluxman de la responsabilité de ceux qui sont déjà aujourd'hui au pouvoir. Ah.
Raphaël Glucksmann